Trop bonne, trop conne

Longtemps, j’ai mis ma lose sentimentale sur le fait que les hommes préféraient les chieuses et que j’en étais pas une. Aujourd’hui, je réalise que ma lose ne vient pas de ma non chianterie mais… De ma bonne poire attitude.

En couple, je suis conciliante. Très. Trop. Un peu par lâcheté, un peu par flemme : est-ce bien la peine de faire des scènes pour si peu et de dépenser une énergie folle alors que le boulot a déjà pompé 75% de ma batterie. Sauf trucs inacceptables de mon point de vue, je laisse pisser, le couple étant pour moi une sorte d’havre de paix, un domaine que je rêve facile et paisible.

Gentille ? Complètement gourde oui ! Parce que du coup, ces messieurs ne me respectent guère, se disant que je me laisserai jeter sans histoire, comme un papier froissé. Du genre prince-charmant-devenu-crapaud qui crut que jouer a) le silence radio (2 fois en plus) et b) la quête de ma compassion lui permettrait de se débarrasser facilement de moi. Elle est gentille, Nina, elle va me taper sur l’épaule et aller attendre dans son coin des fois qu’un soir, j’ai envie d’aller tirer mon coup. Mouahah ! Erreur, mon ami, faudrait voir à être plus subtil dans le foutage de gueule…

Oui, je suis empathique et prompte à prêter mon épaule pour consoler. Sauf que ce que je considère comme une qualité humaine au départ se retourne in fine contre moi et ça file légèrement la gerbe. Si je te mate dès le départ en te soumettant à mes humeurs et mon bon plaisir, tu resteras tel un fidèle toutou bien dressé ? Quelle tristesse. Tu n’as rien compris. Cette compassion, cette présence, cette gentillesse et cette patience que je t’ai offert, c’était de la confiture donnée aux cochons. Alors maintenant, il suffit. Oh non, je vais pas devenir une sale garce manipulatrice. Je vais juste cesser de jouer la copine ultra compatissante et très disponible. Il s’avère que je suis pas mauvaise en lead, je vais le prendre et donner le tempo. Et poser les limites. Parce que se faire marcher sur les pieds, c’est pas sexy.

En 2013, j’arrête d’être la fille mouchoir.

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Où trouver l’homme ? Episode 15 : la balade post café post musée

(Lecteurs chéris et lecteurs pas chéris aussi, je te rappelle que tout ceci n’est qu’une fiction donc cette scène n’a jamais eu lieu en vrai. Mais tu vas voir que j’ai intégré des éléments du réel, essaie de deviner lesquels).

A la recherche du prince charmant

Nous voici donc sortis du café et je ne sais plus du tout à quoi m’attendre. J’avais sorti le grand jeu de l’odiosité et normalement, le mec devrait partir en se disant que je suis une connasse et ciao. Les hommes préfèrent-ils donc réellement les chieuses ? Ou alors il veut finir notre joute verbale sur un autre terrain ? Larguée, je suis.


On s’enfonce petit à petit dans la rive gauche, du côté de St Germain, en discutant littérature, pour changer. Apparemment, les tensions se sont calmées. Alors qu’on marche, mon nez commence à me chatouiller. Ca m’arrive souvent, je laisse faire. Zut, mes yeux commencent à frotter. Plus de doutes : j’entame un épisode allergique. Je fouille dans mes poches et y pêche un malheureux kleenex déjà entamé. Ok, avec de la chance, ça ne va pas durer.

« Kchou ! Kchou ! »

J’ai un éternuement très mignon, entre le chaton et la petite fille et là, ça attendrit toujours un peu mais faut voir à ne pas en abuser…Parce que là, je suis en pleine rafale d’éternuements, ça n’arrête plus et mon nez commence à couler. En général, il y a une loi mathématique qui dit que le pouvoir de séduction est inversement proportionnel à la morve qui coule de mon nez. Et là, mon pauvre kleenex a déjà perdu la guerre, il se disperse en lambeau et je n’en ai pas d’autres. En un mot : c’est la lose.

Mon compagnon de balade (oui, avec un b et pas avec un m prononcé avec un nez pris) semble fort impressionné par ma décrépitude soudaine et à chaque éternuement, fait un imperceptible pas sur le côté pour s’éloigner de moi.

« Heu… Ca va ?

– Oui…gggg… C’est rien…gggg… Allergies… »

Je ne le sens pas super ravi de la nouvelle mais peu importe, faut que je trouve un remplaçant à mon kleenex et accessoirement que je me lave les mains… Oui, à ce moment là du récit, j’ai perdu tout mon glamour, mon pouvoir de séduction, mon charisme, tout ce que tu veux. Je suis le Titanic et la fuite, elle vient de mon nez.

« T’as pas un bouchoir…gggg… ?

– Non… Tiens, y a un marchand de journaux, ils en vendent des fois, viens. »

Il ne me prend pas par la main, ce qui est compréhensible puisque là, elle est totalement sinistrée, mais m’amène quand même au kiosquier qui, oui, vend des kleenex. J’en déplie un tout propre et souffle de tout mon cœur dedans. Y a vraiment des fois où je suis impressionnée par les prouesses du corps humain : comment ai-je pu fabriquer autant de miasmes en si peu de temps.

« Bon, écoute, on va rentrer, je pense, c’est mieux pour toi.

– Nan, nan… ggg… Ca ba aller…gggg… Ca ba pazer, je le sais…gggg…

– Oui mais non mais là, c’est pas possible. Les nez qui coulent, ça m’écoeure. »

Je le regarde par-dessus mon mouchoir : effectivement, il est légèrement vert. Mais j’avoue que là, je suis tellement préoccupée par mon allergie que je m’en fiche un peu. Il était bien trop tôt dans notre relation pour qu’il me voie dans cet état, c’était clair que ça ne pouvait pas durer. Les faiblesses et les nez qui coulent, jamais au premier rendez-vous. Déjà que vomir au deuxième n’est pas toujours une bonne idée [c’est du vécu, souviens toi]…

Alors on se quitte. On ne se donne pas nos numéros, on se dit quand même à une prochaine des fois qu’on se croiserait par hasard dans la rue. En attendant, vu que je me retrouve avez un nez tout irrité, je doute de pouvoir attraper quelqu’un de suite, de suite. Pourtant la prochaine fois, je vais à la bibliothèque.

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Les Hommes Préfèrent les Chieuses

Par Lucas

Cet article se lit mieux avec la chanson ci-dessous

free music

Voilà, c’est mon dernier coup de folaille sur Facebook : j’ai adhéré à un groupe masochiste : les Hommes préfèrent les Chieuses. Le
développement qui est fait à la suite est limpide et cet article en reprend les grandes idées. Idées que j’avais brossées il y a 2 ans juste avt mon accident/coma mais qui ont le mérite d’être clairement dites sur ladite page : je ne vais faire que développer certains points. Bouh pas bien le plagiat.

 

Alors, oui, on kiffe les chieuses parce qu’elles disent clairement leur point de vue et qu’elles ont un sacré tempérament. Plus que tout, dans un couple, je trouve que la nana doit avoir du répondant. Or, je suis sur que si on parle de chieuse, le terme vient pallier une absence de définition précise, celle d’une femme qui s’estime vraiment l’égale de son mec et qui lui fait comprendre clairement. Je dérive 3s pour dire que si un jour je trouve une nana pour un bout de chemin ensemble, je ne vois pas pourquoi c’est elle qui
devrait se taper des RTT post accouchement pour s’occuper du chiard. Un couple équilibré c’est ça aussi. Fin de la dérive.

Donc quess qu’on cherche chez la chieuse ?

Peut-être à évincer une monotonie post coup de foudre, quand le stade amoureux devient de l’amour. Ouhai soit. Il y a quand même plein de couples où la femme a cette énergie sans être une emmerdeuse pour autant. Peut-être aime t-on chez la chieuse cette propension à n’être jamais satisfaite, à vouloir toujours aller plus wohaut où l’on oublie ses souvenirs, aller plus ohhhhhhh, se rapprocher de l’avenir… Voire même à dire clairement ce qui ne va pas dans le couple au lieu de laisser une situation stérile perdurer…
Ce qui est génial dans la chieuse c’est qu’elle fait voler en mille morceaux l’image du pater familias antédiluvienne et que pour le coup la femme est vraiment l’égale de l’homme.

Je sens que cette phrase va me valoir plein de comm de nanas offusquéees par mon propos et me rappellant qu’il n’y a pas b’soin d’être une chieuse pour être à égalité avec son mec. Mais p’tete justement que nous les mecs de manière implicite on définit la chieuse comme telle parce que, quelque part, elle dispute l’hégémonie archaique du male dans le couple. Bon, OK, déjà chez moi entre
mes parents c’est le cas : ya pas une semaine sans engueulades !

Je crois que la chieuse est tellement éprise d’excellence qu’elle déguise parfois un manque de confiance en elle derrière une façade de
winneuse. Réussir à débusquer en elle cette fragilité, savoir être présent pour elle, anticiper une crainte, une angoisse qu’elle pourrait manifester par une agression verbale, c’est ça aussi la gestion de la chieuse. C’est un challenge de tous les jours, subtil et autrement plus intéressant que la nana qui papillonne autour de toi avec des yeux béats d’admiration et la bave aux lèvres…
Je caricature ? Si peu…

Au delà de ces portes ouvertes que je défonce avec allégresse, je crois que la chieuse est une humaniste en puissance qui veut sublimer sa vie et rendre son quotidien plus joli. Je crois que la chieuse c’est un peu comme la mère qui légitime ses emmerdements en disant « C’est pour ton bien ».

Adopter une chieuse est donc une procédure réfléchie ! C’est un effort de tous les jours pour comprendre les circonvolutions de son caractère (une chieuse a toujours un caractère affirmé, c’est une pléonasme mais surtout elle est d’une richesse et d’un relief qui nous offrent des surprises tous les jours aux détours du chemin. La vie avec une chieuse n’est pas une promenade, c’est une randonnée.)

Si une nana est aussi volontaire, c’est la preuve qu’elle ne compte pas sur le fait que son couple s’endorme. D’ailleurs, se faire plaquer par une chieuse est un signal d’alarme. Ca montre qu’on a peut-être perdu son caractère humain, cette propension à s’étonner, cette capacité à changer son regard sur les choses, à anticiper ou comprendre ce que l’autre ressent ou ce dont elle a besoin. La chieuse nous transforme en SAMU, prêt à répondre à tout moment. Voire même à l’envoyer balader le cas échéant : hors de question que la chieuse devienne dominatrice.

N’oublions pas un dernier trait de la chieuse, bien utile..
Sortir avec une chieuse empêche les boudins de trop coller l’éphèbe que je suis et de chercher à tout prix à me séduire. La chieuse est un repoussoir de qualité. Incisive, directe, sans détours.
Elle a cette qualité immense de dire clairement les choses sans chercher à biaiser. On ne sera jamais assez reconnaissant aux chieuses pour ça !

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