J’ai eu 38 ans

Vendredi, c’était mon anniversaire. 38 ans. Et pour ceux qui me connaissent, petit bug : “mais attends, c’était ton anniversaire et tu n’as pas écrit d’article le jour J ?”. Hé non. Et c’est précisément le coeur de mon article d’anniversaire : va falloir arrêter de se faire bouffer.

J'ai 38 ans

Normalement, mon anniversaire est toujours l’occasion de me la jouer “bilan et perspectives”, un de mes exercices préférés car j’adore croire qu’il suffit de modifier un paramètre ou deux pour atteindre le bonheur. Sauf que là, je suis en phase d’épuisement avancé. Mes vacances m’ont à peine rechargé mes batteries, mon boulot me bouffe, prend toute la place, me vide. Je n’écris plus beaucoup, je ne fais plus de sport, j’ai de vagues projets dans des cartons mentaux mais je ne m’y attelle pas du tout.

Femme rêveuse sur la plage

Certains le diront “heu, meuf, t’es pas un peu en dépression ?” Non, je ne pense pas, je suis très heureuse le week-end, pendant les vacances et même le matin, entre le moment où j’ai quitté le lit (toujours un petit déchirement, j’aime la paresse)  et celui où j’enfile mon manteau, je suis plutôt de bonne humeur. Parfois même, dans le métro, quand j’arrive à écrire, j’ai comme un instant de grâce, comme on dit. Et puis, je ne suis pas une experte mais il me semble que la dépression est une sorte de grande indifférence et je ne suis pas très indifférente, j’ai plutôt la rage. Et le dimanche, toujours une belle motivation pour améliorer ma vie. Dommage que mes belles intentions soient ruinées dès lundi matin.

Femme en plein burn out

Et c’est peut-être là que je dois travailler. J’ai des ambitions. Non des rêves. Sauf que… ben, je rêve, justement. Alors je ne vais absolument pas vous faire le sketch du “qui veut peut”, “ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait”, “ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles” ou encore “il faut vivre ses rêves et non pas rêver sa vie” et tutti quanti parce que ces mantras m’agacent dans l’absolu. Mais il y a un fond de vérité pour moi. Et je dis bien “pour moi”, je conçois absolument que le ”qui veut peut” n’est pas une réalité absolue.  Mais je dois admettre que je me mens quand je dis que je n’ai pas le temps. Oui, il y a des moments où je me fais bouffer par le boulot, que je dois y passer des soirées et des week-ends MAIS il y a aussi des soirs où je ne fais rien, des trajets où je pourrais lire ou écrire au lieu de jouer à Candy Crush… Des moments un peu tout le temps où je traîne sur les réseaux sociaux pour lire des messages en 280 caractères maximum, aller m’énerver contre des inconnus qui sont pourtant trop cons pour que je gaspille la moindre seconde pour eux. J’ai déjà mis en place deux ou trois trucs : déjà, mon journal intime qui va toujours bien et même un Bujo. Un Bujo ? Oui, le fameux bullet journal, celui qui est censé changer ma vie en faisant des to do lists à l’envi. J’ai fait mon modèle… et arrêté au bout de 2 jours… essentiellement parce que c’était plus vexant que motivant.

Mon bullet journal

Et si finalement, le souci n’est-il pas la peur de faire ? Comprenons bien : on a droit à la flemme, à la paresse, ce n’est pas grave. Sauf que là, ça bloque mes envies et ça me frustre. J’ai fini d’écrire le roman de Maja en septembre, y a plus de 6 mois, j’ai toujours pas entamé la relecture parce que “j’ai pas le temps”. Si, je l’ai. Je n’ai certes pas toujours l’énergie mais le temps, je l’ai. Mais au moins, tant que je le relis pas, je ne tente pas de l’envoyer à quelques maisons d’édition que je n’ai toujours pas sélectionnées et je ne prends pas de lettres de refus. Alors qu’en fait… ben c’est pas si grave. J’essaie beaucoup de dédramatiser l’échec, surtout quand il n’est pas si dramatique. Le roman de Maja, c’est juste un roman parmi d’autres, j’en ai écrit avant, j’en écrirai après et c’est pas grave. Au pire, je le mets en auto édition et il aura sa petite vie, quoi. Idem sur le boulot. J’essaie réellement de me déconstruire là-dessus. J’ai toujours été la bonne élève de service, “travailler bien” et “être brillante”, ça fait un peu partie de mon ADN… Pas que je prétende être plus intelligente ou quoi que ce soit mais j’ai toujours appris que les bonnes notes, c’est important dans la vie. Même quand on est adulte. Alors que mon travail, je le sais que c’est un bullshit job, j’ai même rêvé un instant que je pourrais me faire virer et ce serait merveilleux… Mais voilà : j’ai beau n’avoir aucune considération pour mon secteur, je reste angoissée à l’idée de rendre un mauvais travail… et je bosse le soir et ou le week-end pour arriver à produire quelque chose qui fera l’unanimité. Oui, on reparlera un jour de ma surcharge désormais permanente de mon travail, pas maintenant…

Rêveuse

Bref, plutôt que de chercher à grappiller des minutes de ci de là pour arriver à être plus heureuse, il faut que je commence à oublier un peu le boulot. Après tout, je le fais pour gagner ma croûte, pas par passion et je ne suis que salariée donc bon… Après tout, j’ai 38 ans, il est peut-être temps de ne plus confondre “ma vie” avec un boulot alimentaire outrageusement trop bien payé au vu de ce qu’il apporte aux gens. La quarantaine approche, il est temps de décider de ce qui est important et de ce qui ne l’est pas… Et de tenter enfin d’avoir une vie qui me va mieux. Après tout, tout va bien quand je rentre chez moi… essayons de l’étendre au reste de ma journée.

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Réécrire son œuvre : Neon genesis Evangelion

Pendant notre virée japonaise, j’ai été très étonnée de voir Evangelion partout. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, il s’agit d’une série animée japonaise de la toute fin des années 90 que j’avais adoré pour cause de robot géant, mysticisme chelou et ambiance poisseuse. On suit Shinji, jeune ado lambda qui se retrouve pilote d’une Eva (les robots géants) car son père est directeur de la Nerd, consortium militaire chargé de défendre un Tokyo futuriste face à l’attaque des anges, des créatures mi-étranges, mi-degueulasses. Oui, si vous avez vu Pacific Rim, vous avez un peu idée du truc. Bref, la série m’avait fort plu, les oav pas du tout. Mais au Japon, je remarque une forte hype et surtout le personnage de Kaworu en tenue de pilote EVA et une jeune fille totalement inconnue.

Evangelion Rebuild, les 4 pilotes

Ils ont fait un reboot ! À peine rentrés en France, j’exige donc de voir. Il s’agit d’une série d’OAV qui sort au rythme d’un tous les deux ans environ. Le prochain devrait sortir cette année d’où un Shinkansen aux couleurs de l’Eva 1. Et je fus un peu désappointée de rater ça.  L’histoire ? Presque la même au début à quelques nuances près. Genre maintenant, la mer est rouge à cause du sang des anges, ces derniers sont faits en 3D qui jure un peu avec le reste du décor. Mais ce qui me dérange le plus, c’est le manque d’introduction total des personnages. Je connais l’univers Evangelion donc je vais peut-être dire une connerie mais je ne vois pas comment une personne qui n’a jamais vu la série originale peut s’intéresser à ce reboot. Les personnages sont littéralement bombardés dans l’histoire « hé, regarde, y a Rei !  Et Misato ! Et voilà Asuka ! ». C’est juste du fan service, ils pourraient quasiment tous être interchangeable. J’en veux pour preuve la fille inconnue, la 5e pilote d’Eva (Kaworu en est un aussi)? Mari. Je suis obligée d’aller sur Wikipedia* pour récupérer son prénom !  En plus, elle n’apporte rien, c’est juste le double d’Asuka. Non mais vraiment : étrangère, tête brûlée très sûre d’elle, une relation ambiguë avec Shinji (pour les 2 mn et 3 lignes de texte qu’ils échangent), c’est totalement Asuka. Même sa scène d’intro est faite pour nous montrer que c’est la même ! On voit une femme casquée combattre et j’étais là « ah, voilà Asuka… mais pourquoi elle pilote l’EVA 05 ? ». Ce n’est que,quand elle enlève son casque qu’on découvre que ce n’est pas Asuka mais une fille dont on ne nous donne même pas le prénom. Elle sert juste à mettre un combattant en plus dans le combat final du 4e épisode.

Shinkansen Evangelion

Pourtant, il y avait de bonnes idées comme remplacer Toji (4e pilote EVA dans la série originale) par Asuka dans l’EVA contaminée … bon, ça aurait été mieux si la relation entre eux deux avait été un peu plus creusée mais bon, vous allez me dire, on est sur des OAV, on a moins de temps. Oui mais on en prend pour intégrer Mari « Asuka like » alors que son personnage ne sert quasi à rien. C’était intéressant aussi de plus travailler la relation Shinji-Rei, surtout quand on sait qui est Rei en vérité…

Evangelion Rei & Shinji

En fait, sur le papier, je trouve intéressant de reprendre un univers et de rebattre les cartes pour raconter l’histoire différemment. Bon, là, je n’ai pas adhéré à ce nouveau résultat mais je trouve la démarche audacieuse. A mon humble niveau, je suis en train de réécrire Technopolis, le roman de mes 20 ans en changeant pas mal d’éléments et je commence déjà à me dire que sur le roman de Maja que j’ai toujours pas relu (mmm…), faudrait peut-être revoir la fin… enfin, réécrire un truc que je trouve bancal. Et c’est là que je me demande : existe-t-il réellement un point final ? Vous allez me dire que oui, quand on a publié une œuvre (ou réalisé une série), nous avons un produit fini. Oui sauf que… est-ce qu’on ne passe pas nos vies à réécrire encore et encore la même histoire ? Pour ma part, je n’arrête pas d’écrire des dystopies avec pour décor de fond une ville futuriste. D’ailleurs, c’est assez faux de parler de décor de fond, la ville fait entièrement partie de mon histoire, elle est le cœur du système. Augura et Neocittà ne sont que des versions rebootées de Technopolis… enfin, surtout Neocittà, Augura a été imaginée avec mes connaissances plus poussées sur l’urbanisme écologique.

Tokyo - Evangelion

Mais malgré moi, j’en reviens toujours à ces mêmes thèmes, ces mêmes questionnements : comment on tombe en résistance ? Parce que peu importe le décor, l’époque..  ça reste mon sujet principal. Je peste parfois quand je tombe sur des romans qui me rappellent le précédent de l’auteur, un peu comme Victoria Hislop ou, dans une moindre mesure, Frank Thilliez mais est-ce parfaitement conscient ? Pour certains, je pense que oui, il y a une « recette » du succès sans nul doute mais les autres ?

Evangelion

Bref, tout ça pour dire que j’ai envie de revoir Evangelion, la série originale dont je vous remets le générique qui met de bonne humeur, je trouve :

 

* En vrai, elle n’apparaît pas dans Wikipedia, j’ai retrouvé son prénom sur le wiki dédié à Evangelion, en fait…

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Choisir un prénom pour ses héros

En tant que nullipare, je n’ai jamais eu à choisir un prénom pour un autre être humain. J’en ai trouvé un pour mon chat, grosse responsabilité, déjà, et il m’arrive d’en donner de façon autoritaire aux gens dans ma tête du type « lui, il a une tête à s’appeler Guillaume, elle Tamara… ». Ce qui est un peu lourd car parfois, je suis amenée à travailler avec ces gens et je n’arrive plus à savoir s’ils s’appellent vraiment Guillaume ou Tamara ou si c’est moi qui ai décrété ça. Gênant.

Badge prénom

Alors que bon,on aurait des badges prénoms, ce serait plus simple… (lien de la boutique en cliquant sur l’image)

J’ai donc décidé d’écrire une fiction basée sur les fantasmes autour de Melania Trump mais pour commencer, je dois lui trouver un nouveau nom. A Donald aussi accessoirement (Mickey, ça passe ou j’abuse ? Quoi que non, ça va trop me rappeler le roman horribilus…). Pour choisir un prénom de héros ou héroïne, nous avons plusieurs façon de procéder. Je pourrais par exemple regarder what milliards de photos de Melania et faire ma bonne vieille technique du « elle a une tête de Veronica ». Par exemple. Je pourrais également prendre un dictionnaire des prénoms et faire défiler les pages. Flora ? Non, pas assez First Lady (même si j’aime bien). Svetlana ? Non, ça fait trop prénom typique des meufs de l’est, on n’est pas dans Premiers baisers non plus…

Svetlana Premiers Baisers

Je pourrais également donner du sens à ce prénom. Pour Ofelia, c’était clairement le côté dramatique du prénom qui m’avait séduite. Et j’aime bien la sonorité. Pour Oceany… J’aimais juste bien la sonorité de ce mot et la sensation d’évasion qui en émane (et ça fait plus prénom que Polynésie, par exemple). Et il semble que j’ai une petite passion pour les prénoms en O. Par exemple, dans la liste des prénoms de notre future progéniture qui ne verra sans doute jamais le jour, y a un petit paquet de prénoms en O… bref, je pourrais ouvrir le Grand livre d’histoire des femmes de pouvoir (qui n’existe pas à ma connaissance mais il faudrait y songer…)(tiens, une nouvelle idée projet) et l’appeler Victoria, Catherine (Katy ou Cathie), Alienor, Cleo ou Olympe (encore un prénom en O)… Ou encore me la jouer pas super subtile et prendre un prénom proche genre Martina. Ou Mélanie, la first lady pourrait être française après tout. Mais les Mélanie que je connais sont toutes si douces, ça colle pas.

Mélanie Laurent

Quoi que, quoi que… Elle serait pas mal en ma Melania, elle

Ici, je n’ai pas trop le souci de trouver un prénom « local » : ma Melania, je peux la faire venir d’où je veux. Ce n’était pas le cas dans le roman de Maja que je situais en Suède ou Ofelia en Italie. Encore, l’Italie, ça va, j’en connais quelques un des Italiens mais la Suède… non parce que dans un souci de réalisme, je voulais éviter de prendre des prénoms désuets. Non parce qu’imaginez un roman se passant en France écrit par un auteur étranger qui nous narre les aventures de Eudes et Cunegonde… Comment dire… du coup, j’ai ma technique ! Au début, je cherchais les participants de The Voice ou Big brother mais je galérais à trouver le nom des participants et surtout, c’est pas tellement une garantie de tomber sur des prénoms typiques de la jeunesse, quand je vois les prénoms de nos candidats français. Alors je puise dans le cinéma. Je consulte les synopsis et les fiches casting et quand je croise plusieurs fois le même prénom, je prends. Et les noms de famille ? Je prends celui d’un ministre ou d’un journaliste dans le canard local.

Shanelle

Genre avec ma technique de candidats de téléréalité, j’aurais pu appeler un personnage Shanelle (alors qu’elle s’appelle Julie)

Mais souvent, le choix est au coup de cœur, un prénom qui me plaît bien vu que je vais l’écrire des centaines de fois. Je dois en aimer la sonorité, avoir comme un sentiment positif en entendant ce prénom.

Choisir un prénom

Du coup, pour Melania, j’hésite : Martina, Cleo, Cathy (ou Katy ?), Olympe ou Victoria. Si vous avez un avis…

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La méchante de l’histoire : la subtilité aux oubliettes !

Fin de ma revue du roman horribilus, je crois avoir tout abordé. Et j’en ai parlé déjà beaucoup trop mais je trouve intéressant de réfléchir à ces sujets. En fait, si j’avais le temps (non), je réécrirais ce petit étron à ma sauce pour voir ce que ça donne. Et en changeant le prénom des personnages. Mais aujourd’hui, focusons sur la méchante de l’histoire : Ruby Labenne.

La méchante de l'histoire : la reine de coeur dans Alice

Donc pour rappel, Ruby Labenne est la nouvelle présidente de la République française issue du Bloc National dont son père était l’ex Président. TOUTE RESSEMBLANCE… Alors bon, je vais pas tant critiquer le fait d’avoir utilisé une Marine like, partons du principe que l’autrice ne voulait pas se lancer dans une réelle politique fiction. Le problème, c’est que la Ruby a droit à un portrait au vitriol… avarié.

La Reine de coeur et les roses rouges

Il me semble vous avoir parlé de cette rédaction de français en 4e où je n’avais pas eu une très bonne note : je devais écrire l’épilogue d’un roman que je n’avais pas du tout aimé et j’étais partie dans un grand délire de tuer tout le monde tandis qu’un autre élève avait fait ressuscité un mort l’air de rien. Même sentence pour nous deux : too much, trop noir ou trop blanc, pas assez yin & yang (quand j’étais ado ce signe était furieusement tendance). Et bien là, accrochez vous bien à votre slip car notre autrice, elle n’en a rien à foutre du yin & yang et de tout ça. Noir, c’est noir, il n’y a plus d’espoir.

Yin and yang, version carpe

Donc au début du roman, Mickey se branle la nouille en se remémorant à moult reprises comme elle a trop eu du succès avec son roman vengeance où elle racontait les petits secrets du Bloc National. Tous sauf un. C’est bien répété ça, tous sauf un. Je me demande si ça va avoir une incidence sur le roman, dis donc. A dire vrai… non, en fait. Donc la méchante Ruby, est non pas la tante de Esmerald comme tout le monde le pense mais sa mère… et le père n’est autre que son propre père à elle. En décodé : “et ce serait comme si Marine et Jean-Marie, ils se feraient des choses la nuit, hihi”. Voilà. Et le fait que Esmerald soit le fils et non le neveu de la Présidente n’a aucune incidence. On a aussi droit à une navrante histoire de nuisette moutarde mais on va laisser ça de côté.

Nuisette moutarde

Alors pourquoi ? Je veux dire on a déjà une femme qui est leader d’un parti raciste, je pense que ça suffit à en faire quelqu’un de fort peu sympathique. Qu’est-ce que c’est que cette histoire d’inceste qui, je le répète, NE SERT A RIEN. J’ai vraiment l’impression de lire une histoire écrite par une ado et une ado pas très fufu… Cf mon histoire 2 paragraphes plus hauts (et déduisez-en que je n’étais pas une ado très fufu). D’après ce que j’ai pu trouver comme info sur l’autrice, elle serait avocate et âgée de 32 ans… Je.

Adolescente niaise qui écrit

Neeeeeeeeee !!

Bref, grâce à cette petite série d’articles, j’ai déjà une petite pile de “trucs à éviter”. Maintenant, on va un peu parler de processus créatif, je continue de me poser des tas de questions, tandis que j’ai changé de fusil d’épaule quant à mes romans en cours… et toujours pas commencé la relecture du roman de Maja. Un jour. Promis. (Promis à moi parce que je pense que vous vous en foutez un peu et c’est légitime)

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Faut-il décrire ses personnages ?

A présent que j’ai terminé le roman de Maja (et séché la réécriture, je savais que ça allait me saouler, ça n’a pas manqué…) et que j’ai entamé l’écriture d’Ofelia (déjà 31 pages à l’heure où j’écris, dimanche fin de journée), je me pose un peu une question : dois-je décrire mes personnages ? Je veux dire, donner des caractéristiques physiques particulières, ok, mais dois-je, par exemple, leur donner une couleur de peau particulière ? Faut-il décrire ses personnages ou laisser aux lecteurs la possibilité de leur donner les traits qu’ils souhaitent ?

Dessiner un corps humain

Dans le roman de Maja, par exemple, j’ai mis un peu de couleur : Maja et son frère sont vietnamo-suédois, le professeur est typé Méditerranéen, une fille a une couleur “caramel”. Svea, l’espèce de doppelganger de Maja, à l’inverse, est une beauté suédoise type, à base de cheveux blonds et yeux bleus. Dans Ofelia, j’ai donné une relative description physique d’Ofelia, actrice donc décrite comme très mince et assez grande mais je n’ai pas détaillé plus, son compagnon a également quelques caractéristiques physiques propres mais pas de couleur donné. Mais on sait qu’ils sont blancs par rapport à une présentatrice télé noire qui explique à Ofelia avoir de la chance d’être à son poste alors qu’elle est une femme, jeune, et Noire de surcroît.

Kady Adoum-Douass

La question de la description physique peut paraître anodine mais elle ne l’est pas tant que ça. Evidemment, quand je base mes histoires à Stockholm ou Rome comme ici, on peut s’attendre à ce que les personnages soient blancs et c’est s’ils ne le sont pas qu’on va avoir tendance à préciser. Effectivement, je le confesse, dans Ofelia, la seule personne pour le moment dont je décris la couleur de peau, c’est celle, justement, qui n’est pas “comme les autres”. Ce qui peut avoir un certain sens dans l’histoire. De la même façon, j’ai choisi de donner un métissage à Maja et son frère car dans leur décision de se lancer ou non dans l’activisme se pose la question de respecter le pays d’accueil de leur mère.

Mylène Jampanoï

Mais la couleur n’est pas tout, il y a également la silhouette. J’avais besoin qu’Ofelia soit mince pour un ressort précis de l’histoire, ça peut coller avec son métier d’actrice (modulo l’histoire se passe en Italie, les actrices italiennes mythique sont plus pulpeuses). J’avais besoin que Svea soit musclée pour une partie précise du récit. Par contre, je ne crois pas parler un seul instant de la silhouette de Maja, ni même de sa taille. Son métissage et ses cheveux longs sont ses seules caractéristiques physiques. Les caractéristiques physiques doivent-elles être évacuées du récit à partir du moment où il n’y a pas d’incidence sur le récit ?

Décrire ses personnages

Car les descriptions peuvent être parfois un peu sexistes. J’avais lu un thread il y a fort longtemps sur le sujet sur Twitter (pas le courage de le rechercher) où une personne signalait à juste titre que dans pas mal de romans, les personnages masculins étaient à peine décrits tandis que les personnages féminins étaient longuement décrit jusqu’à la couleur de leur téton, limite. Parce que ça colle avec pas mal de produits culturels : où le héros n’a pas besoin d’être particulièrement beau ou svelte tandis que la femme, elle, sera toujours parfaitement mince et correspondra aux canons de beauté en vigueur. D’ailleurs, je ne vous apprends rien en soulignant que les actrices au physique “atypique” (vraiment dans le sens pas en accord avec l’ultra exigence des canons de beauté des mass medias) seront plus facilement cantonnées aux séries alors que les acteurs atypiques peuvent parfaitement percer et tenir la tête d’affiche. Je veux dire, ok, on a eu des George Clooney, Brad Pitt et Johnny Depp (pré alcoolisme pour les deux susnommés) mais on nous vend aussi des romances avec Adam Sandler, Benedict Cumberbatch, Vincent Cassel ou encore Javier Bardem… que je trouve pour ma part totalement sexy mais qui est loin d’un lisse Clooney ou Pitt de la belle époque, voyez. Alors qu’en actrice, côté beauté atypique, on a… hmmm. Quelques unes dans le cinéma français, je dis pas, mais sinon, c’est formaté, formaté. Le pire : j’ai tapé “actrice moche” dans Google pour trouver des noms, j’ai trouvé trente articles “les actrices qui sont moches au ciné/à la télé mais belles en vrai” alors que pour ces messieurs, on a droit à un “ils sont moches mais sexy”. Vous le sentez le double standard ? Alors j’essaie tant que faire se peut d’éviter de tomber dans ce cliché. Même si ma nouvelle héroïne est une actrice de cinéma donc potentiellement complètement dans les normes de beauté actuelles.

Diane Kruger

Alors ne décrire que ce qui a son importance dans le récit ? Ok mais est-ce que ça ne risque pas de totalement tuer le suspense ? Si je dis qu’un personnage a une cicatrice mais que ça ne semble pas jouer sur sa personnalité ou son histoire, est-ce que ce ne serait pas évident que cette cicatrice va, à un moment, avoir une importance dans l’histoire ?

Dalius cicatrice

Décrire ou ne pas décrire, quelle question…

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Quand tu écris le mot FIN

C’est enfin arrivé, je n’y croyais pas. Ca y est, enfin, je l’ai écrit en toutes lettres tremblotantes sur mon cahier : le mot fin. J’ai terminé l’écriture du roman de Maja.

écrire le mot FIN

Admirez donc ma douce écriture

C’est toujours un peu triste une fin. Le roman de Maja, je l’ai commencé en novembre et me voici donc avec un manuscrit de 226 pages avec écrit en énorme à la fin “FIN”, justement. Pas tout à fait la fin de l’aventure puisque j’ai un gros travail d’ultime relecture/réécriture qui ne m’enchante pas trop mais bon, on va pas s’arrêter en si bon chemin, après tout…

Corriger un manuscrit

C’est toujours un peu étrange de terminer une histoire, on est presque surpris d’y arriver, d’écrire la dernière phrase et puis… et puis, c’est tout en fait. Tous les personnages ont fait ce qu’ils avaient à faire, dit ce qu’ils avaient à dire. Dans ce cas, en plus, je n’ai pas prévu de suite comme je l’avais fait pour Technopolis, par exemple, je savais que je retrouverais Oceany et ses amis (je me demande si je vais pas lui changer de prénom, tiens, vu que je suis en train de réécrire le truc) dans de nouvelles aventures que je n’ai jamais terminé. Mais la fin était moins amère, moins définitive. Un peu ce cafard de fin de vacances quand tu quittes un lieu que tu adores mais que tu sais que tu reviendras l’an prochain et que tu retrouveras tes copains.

Là, la fin est définitive. J’ai peut-être l’idée d’une préquelle, comme on dit, sur l’un des personnages mais les autres n’y apparaîtront même pas et je ne suis pas convaincue de l’écrire de toute façon. Finir un roman, ça fait un petit vide, un petit moment d’errement où on se demande un peu ce qu’on va faire après. J’avais déjà des tas d’idées sur les romans que je pouvais écrire après, j’avais quelques lignes de ci, de là… Mais même si mon nouveau projet me motive, j’ai un peu de mal à m’y mettre, mon écriture n’est pas si fluide, je sèche quelques séances d’écriture pour lire, à la place. Et surtout, je crains que la dizaine de pages de l’histoire d’Ofelia n’aille pas loin et que je finisse par switcher sur une autre histoire. C’est un peu la relation pansement de l’écriture.

Ophelia par Waterhouse

Mais quand même. Ce mot “fin”, sur ce roman, il a une résonance particulière pour moi, au delà des généralités du “oh bé ça fait un peu vide, quand même”. 15 ans. Ca faisait 15 ans que je n’avais pas terminé un roman. J’avais des milliers de débuts mais rien de plus. Ca peut paraître con mais c’est une sorte de renaissance pour moi, quelque chose de très symbolique, je retrouve enfin la passion d’écrire que je n’exprimais que sur ce blog. Et autant vous dire que je ne m’arrêterai plus. Même si ça ne donne rien après, c’est pas grave, j’ai donné naissance à une nouvelle histoire qui a un début, un milieu et une fin. Quand j’aurai envoyé mon manuscrit, je vais m’offrir une journée détente au spa. Je l’ai méritée, je crois.

Par contre, ce carnet d’écrivaine est loin de se refermer, j’ai encore plein de choses à dire et à partager !

 

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Quand la fin approche

Je le sais, elle est là, je la vois arriver. Chaque moment prévu, chaque scène imaginée est née sur papier, certaines attendant encore d’être retapées. Alors qu’au dehors défilent la Grèce puis la Croatie et les Alpes (écrire dans un avion a un côté très magique), je mets les mots sur cette scène là, celle que je n’avais pas réussi à caler juste là et après… Une dernière scène forte, quelques discussions et ce sera la fin. Et je commence à galérer.

Quand la fin approche

Je me penchais l’autre jour sur le pourquoi de l’écriture, le fait que ce que je kiffe, c’est le processus plus que le succès final et il m’arrive aujourd’hui ce qui m’arrive souvent quand j’approche de la fin d’un projet chronophage : je me disperse. Concrètement, pour l’écriture, ça donne que j’ai de plus en plus de mal à terminer mon roman de Maja et je suis en train de voir lequel attaquer ensuite (nous avons pas mal de challengers et puis, je suis résolue à réécrire Technopolis pour en faire une oeuvre plus mature, plus “j’ai 17 ans de plus que la gamine qui a pondu ça, je vais un peu lui apprendre la vie”), commencer à plus réfléchir au début de ma prochaine aventure d’écriture qu’à la fin de celle-ci.

Tableau de répartition des tâches

C’est un peu quand on arrive à la fin d’un séjour chouette, qu’on sait qu’on va bientôt reprendre l’avion ou le train et que pour se consoler, on envisage déjà le prochain voyage, histoire d’avoir une perspective. C’est tout à fait ça, moi, je crois que je ne supporte pas de ne pas avoir de verbes à conjuguer au futur, je ne suis pas trop capable de prendre des vacances de projet, en quelques sortes.

Projets professionnels

Sauf qu’à me projeter, j’oublie que j’ai pas fini mon roman de Maja. J’ai toujours eu ce travers là. Je me souviens, quand j’étais jeune et que j’écrivais tout le temps, je commençais toujours un roman avant d’avoir fini celui d’avant, c’était plus fort que moi. A noter d’ailleurs que ce roman commencé avant la fin de l’autre finissait toujours à la poubelle mais j’ai un espèce d’enthousiasme d’écriture qui fait que quand j’ai une idée, je dois l’écrire maintenant. Et comme le roman de Maja n’occupe plus tellement mes pensées, je pense forcément aux autres histoires et…

groupe qui s'ébat dans l'eau

Et j’ai récidivé, j’ai commencé à réécrire Ofelia même si je sens déjà mon envie de celui-là faiblir. Ceci étant, j’ai commencé à écrire un nouveau roman mais en vérité, je vous le dis… A l’heure où vous lisez cet article, j’ai déjà écrit le mot fin sur le roman de Maja (du moins dans sa version manuscrite). Quelques pages à retaper encore et ce sera la fin pour de vrai… Ca mérite un article à part !

 

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La scène que tu n’arrives pas à écrire

Chacun sa technique d’écriture. Comme j’ai déjà dû le dire cent fois, quand je débute un roman, j’ai en gros le début, la fin et quelques scènes éparses à recoller dans le récit. Une sorte de squelette avec la tête, les pieds, la colonne vertébrale et quelques côtes de ci de là. Au fur et à mesure de l’écriture, je donne chair (et os manquants) à mon squelette sauf que tout à coup, j’arrive à une côte imaginée depuis longtemps… et j’arrive pas à la coller au puzzle. La maudite scène que tu n’arrives pas à écrire.

Panne d'écriture

Il ne s’agit pas de la différence entre ce que tu as dans la tête et ce que tu produis effectivement. Non, c’est autre chose. Cette scène, ce rebondissement, tu l’as en tête depuis le départ, tu écris ton histoire pour en arriver à ce point là et soudain, stupeur et tremblements, ça ne marche pas. C’est précisément ce qu’il m’arrive actuellement dans mon roman de Maja, à tel point que j’ai mis quelques jours à reprendre ma plume, officiellement parce que je voulais finir un incroyable polar dans le RER plutôt que d’écrire (Rage de Zygmunt Miloszewski dont je vous ai déjà parlé pour ses précédents romans Les impliqués et Un fond de vérité, c’est son 3e avec le plus en plus insupportable Teodor Szacki mais le fond du roman est excellent) mais aussi parce que les personnages tournaient en rond dans des dialogues sans fond pour expliquer un comportement… inexplicable. Merde, je suis tombée dans le travers de toute comédie romantique ou romantic litt malsaine à la Beautiful Bastard ou After : ils se haïssent tellement qu’en fait, à la fin, ils s’aiment.

Couple : de la haine à l'amour

J’ai écrit la scène une première fois, me rendant compte du moisi du truc mais je me suis dit que la réécriture allait nettoyer tout ça. Du coup, j’ai réécrit. Deux fois. Et y a un truc pas net. Et ça me saoule un peu car c’est un arc narratif important pour la fin et même moi, quand j’écris les justifications des personnages, je lève les yeux au ciel en mode “non mais arrêtez vos conneries, ça n’a pas de sens”. Tiens, d’ailleurs, y en a un qui va le sortir ça, que ça n’a pas de sens, ce sera clair, au moins. Limite, je suis à CA d’écrire “oh ben parce que l’autrice voulait intégrer cet élément modificateur dans l’histoire mais elle savait pas trop comment l’amener alors elle l’a posé là, merci, bisous”. Ce serait pas pire…

La scène que tu n’arrives pas à écrire

Et ce blocage est agaçant. J’essaie d’avancer en me disant que de toute façon, j’ai l’ultime relecture derrière qui me permettra peut-être de dénouer le noeud car je touche bientôt au but. Mais j’ai comme la sensation que j’ai construit une maison plutôt pas trop mal mais que j’ai soudain eu l’ambition de rajouter dessus une tour avec un observatoire en haut qui est en train de menacer tout l’équilibre et risque de faire s’effondrer le tout, vous voyez ?

Edifice branlant

Mais bon, je dois passer outre et poursuivre car au bout du chemin, je vois la lumière. Et oui, je ne suis plus trop loin de la fin à présent. Et les derniers mètres sont les plus durs.

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Comment je réécris souvent Starmania

Et ce malgré moi. Je vous parlais dimanche [dernier mais semaine de merde, pas eu le temps de le publier avant] de Starmania et vous avais promis de vous expliquer un peu plus l’empreinte que ça a laissé dans mon imaginaire de scribouilleuse. Donc pour la petite histoire, j’ai découvert Starmania à 13 ou 14 ans suite à un séjour au ski où les animateurs chantaient Starmania (et j’en ai raté les ¾ car je regardais Mystères dans la chambre). Ma mère avait acheté le CD (la version 94 qui venait de sortir), j’écoutais ça sans connaître l’histoire, vraiment… Puis je suis allée voir la représentation au Palais des Sports de Toulouse… et depuis, je réécris souvent Starmania.

Starmania, l'opéra rock

Vous ai-je parlé d’Ofelia ? De ci de là mais sans rentrer dans les détails. Mon histoire d’Ofelia, qui vit dans une sorte de néo Rome, c’est peu ou prou celle de Cristal et Johnny. J’avais d’ailleurs commencé ce roman (de 8,5 pages, j’ai connu des notes d’intentions plus étoffées) en l’imaginant très clairement comme une légère réinterprétation de Starmania. Et du coup, d’avoir relancé ma playlist Starmania vendredi dernier, j’ai une furieuse envie de le reprendre (mais je dois d’abord finir le roman de Maja). Sauf que quand j’ai commencé à écrire Ofelia, ça m’a donné la sensation de réécrire un truc que j’avais déjà pondu… ah oui, c’est ça Technopolis.

New York, la mégapole vue de Central Park

Pour les plus vieux lecteurs de ce blog, vous en avez lu quelques pages mais voici l’histoire pour les autres : une ville futuriste, une jeune fille riche qui se rebelle contre le système… à la nuance près qu’ici, ce n’est pas Cristal (ou Ofelia) qui est kidnappée et qui épouse la cause de ses ravisseurs mais Ethan… C’est marrant, à 20 ans, j’étais un peu dans une déconstruction féministe finalement… bien malgré moi, cependant. Mais toujours cette idée de gigantesque, de maître de la ville, de tour immense avec sommet qui tourne (de mémoire)… Mmmm. Ah et pour ceux qui suivent bien, j’avais dit que j’allais balancer Technopolis en auto-édition mais je me rends compte que je dois le re réécrire. Oui, je l’avais fait y a 10 ans (vertige) mais j’ai maturé plein de trucs donc je dois re recommencer. Puis peut-être changer deux ou trois trucs vu que j’avais envisagé ça comme une quadralogie dans ma prime jeunesse et j’en resterai là, finalement. Oui, laissez-moi imaginer que vous attendez tous ça avec impatience, ne tuez pas mes rêves.

jeune femme rêveuse et fleurs dans les cheveux

Alors pourquoi j’en reviens toujours là, même pas forcément consciemment. Question tout aussi d’actualité sur le roman de Maja, d’ailleurs. Ce qui m’interroge dans ces histoires, c’est la rébellion, la révolte ou, dans une moindre mesure, la désobéissance civile. Comment tu sors de la troupe des “moutons” pour te dire que y a quand même quelque chose qui ne tourne pas rond, quand est-ce que tu ouvres les yeux ? Et surtout quand est-ce que tu décides d’agir ? Des choses qui rentrent légèrement en écho avec certaines de mes interrogations, parfois. Non que je vise une quelconque illégalité (on va pas se mentir, je suis quand même une flipette, mon fait de “gloire” doit être d’avoir planqué un peu d’herbe dans un sachet de serviette hygiénique) mais ça reste à m’interroger : comment est-on à un moment poussé à agir pour tenter de changer le monde… ou du moins la société où l’on vit.

Fillette super héroïne

Mais surtout, la vraie question c’est : jusqu’où va-t-on ? Quelle est la limite ? Violence ou non-violence ? Dégradation de biens, vols, kidnappings ? Je suis toujours interrogative face au glissement vers la violence : à quel moment tu bascules. A quel moment tu considères que ta cause vaut la casse. D’ailleurs, j’avais envisagé de faire mon mémoire de maîtrise sur le FLQ (mais j’ai lâché pour cause de sources compliquées à récupérer). Le plus dur est finalement de rester sur le fil : ne pas juger, juste raconter une histoire. Parce que oui, le terrorisme, c’est mal mais quand il gagne, on appelle ça… la résistance.

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Quand tu as un plan de vie mais que la vie s’en fout

Vendredi soir, 21h, je jette mon sac dans l’entrée et m’effondre sur le canapé, un peu heureuse d’en avoir fini avec cette semaine de merde, un peu inquiète de celle qui suit. Fin mars, je faisais un peu ma maline en mode “héhé, en avril et mai, je fais pas une semaine complète, ahahah!”. Et effectivement, j’ai inauguré la semaine dernière ma première semaine de 5 jours depuis début avril et autant vous dire que j’ai salement payé l’addition… Ruinant au passage mon joli plan de vie. C’est quoi l’issue, en fait ?

Quand t'es sous l'eau

Alors j’ai absolument conscience que ma chouinerie du jour transpire le problème de riche mais voilà, ça m’agace. Pardon ça m’agaaaaaaaace. Voyez, depuis ma sublime épiphanie, j’avance dans mes projets de vie parfaite. Ca se résumerait en : écrire mon roman (le roman de Maja est le seul projet que je tiens bien, 186 pages recopiées actuellement et partie 4 (sur les 4) entamées), écrire des articles et réaliser des vidéos de “résistance” (on en est même pas à un mois de Macronisme que je suis déjà en souffrance), monter mes vidéos de vacances (faut que je vous parle de tout ça, d’ailleurs), lancer mon blog bien-être, faire du sport tous les jours, reprendre mon Morning miracle, finir ma robe qui attend depuis décembre sa parmenture, coudre en général… Ah et oui, consacrer 8h par jour au travail.

plan de vie sous forme de bullet journal

Je voulais me faire un bullet journal aussi mais j’ai un souci avec le fait que j’ai une écriture dégueulasse

Sauf qu’entre la vision que j’ai de mon boulot désormais (job alimentaire) et la réalité, il y a une certaine marge. C’est à dire que je sais bien à quelle heure j’arrive le matin mais jamais à quelle heure je partirai le soir et autant vous dire qu’à part lundi, je n’ai pas réussi à filer à une heure qui commence par 1… Et comme en plus, le retour de la clim me nique les yeux (je pense à cause de la poussière accumulée en hiver qu’on me souffle gentiment à la figure maintenant), je rentrais chez moi avec la nuit, épuisée, cramée, finie. Oh, j’ai ma part de responsabilité, certainement : appelez ça la conscience… ou plutôt la bonne poire, je crois. Bref, je m’en sors toujours mais comme je disais à notre petit junior (qui fait deux têtes de plus que moi) “je sais que je vais y arriver, je m’en sors toujours… et je crois que c’est justement là, le problème”.

Xena la guerrière

Parce que j’ai beau n’en avoir rien à faire de mon travail, j’arrive pas à bâcler vraiment. Un vieux relent du syndrome de la bonne élève qui ne me lâche pas, sans doute. Connerie. Non parce que dans le monde du travail, tout ne va que dans un sens : je me crève le cul pour des queues de cerises (2% d’augmentation en 2 ans et cette année, je vais m’asseoir dessus. C’est pas comme si j’avais appris un nouveau boulot toute seule comme une grande) mais je n’arrive pas à lâcher prise, m’en foutre que ça le fasse plus. En fait, ce qui m’agace le plus dans l’histoire, c’est clairement moi, sachez-le. Mais du coup, en cas de grosse semaine comme ça (et celle qui débute au moment où vous lisez cet article ne s’annonce guère mieux), ma vie rêvée est reportée. Encore et encore. Jusqu’à quand ?

Une femme essaie de s'envoler avec un parapluie

J’essaie de m’organiser, caler le max de trucs dans mes journées. Même ma présence au boulot est hyper minutée. Mais ça ne rentre pas. J’aimerais que ce soit quelque chose comme :

– 6h15-6h45 : sport

– 6h45-7h15 : écriture

– 7h15-8h30 : aller réveiller mon adoré, câlin, douche, habillage, maquillage, petit déj.

– 9h30-10h : un peu de veille au bureau pour me cultiver un peu

10h-12h : travail

12-13h : pause dej

13-14h : écriture

14h-17h : travail

17h-17h30 : repos

17h30-18h : veille boulot

18h-18h30 : travail (administratif)

19h30 : maison

Et no pression pour la soirée, je profite avec mon adoré. Et pour le week-end, je me rêvais un truc genre : samedi écriture et cuisine et le dimanche travaux manuels mais ça, j’ai déjà abandonné. Alors vous allez me dire que je ne consacre “que” 5h30 au travail mais dans les faits, less is more, comme on dit et puis personne ne peut bosser 8h d’affilée sans glander à un moment ou à un autre.

difficultés de concentration, rêvasserie

Moi en réunion quand je préfère imaginer la suite de mon roman que d’écouter les gens qui parlent de trucs ne me concernant pas

Alors comment on fait en fait ? Comment on arrive à équilibrer sa vie quand on bosse dans un milieu où le premier qui part a perdu, qu’on ne tolérera pas que tu n’aies pas fini ton boulot à temps, peu importe l’heure à laquelle tu finis (parce que le problème, c’est forcément toi, pas le sous-= staffing)(et j’ai malheureusement très bien intégré cette vision, j’arrive pas à la déconstruire). Et encore, moi, j’ai pas d’enfants, ce sont juste mes projets de ma vie rêvée qui sont en péril, hein. Certains me diront que je cherche à faire d’autres choses mais : y en a qui y arrivent et surtout, c’est ça qui me rend heureuse, au fond. Faire pleiiiiin de trucs, faire comme si je vivais plusieurs vies.

Atelier créatif, machine à coudre, matériel

Bon, je vais chercher des stages en affirmation de soi et dire non sans avoir peur de se faire virer. Si j’arrive à le caser dans mon emploi du temps.

 

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