Je ne sais pas écrire d’histoires d’amour

J’avais pensé commencer à écrire cet article en vous expliquant que je n’aimais pas tellement les histoires d’amour. J’insiste sur le mot “histoire”, c’est pas l’amour qui me gêne dans cette histoire. Mais dans toute romance, vous savez déjà comment ça va finir : ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Mais quel ennui ! Mais en fait, en y pensant deux secondes, je mens : j’adore les histoires d’amour.

A christmas prince sur Netflix

Je vous parlais des podcasts Transferts la semaine dernière où, parmi les différentes histoires de vie, se nichent quelques récits de rencontre amoureuse, histoires heureuses ou malheureuses. Et ce sont mes préférés. De la même façon, je suis avide des jolies histoires des gens de mon entourage, je rêvasse un peu sur cette magie du moment où tout bascule, ce premier baiser qui fait passer la relation dans une nouvelle dimension… Mais curieusement, je déteste les romances fictionnelles. Les comédies romantiques me font soupirer, je n’ai jamais réussi à fini After (en même temps, c’est pas une histoire d’amour, c’est l’histoire d’une pauvre fille tombée entre le griffes d’un pervers narcissique et j’espère qu’à la fin, elle le largue et se rend compte qu’elle mérite mieux que ça), j’ai hésité à me motiver à lire des Twilight ou Fifty shades of grey (tiens, en anglais, ça aurait été une idée) qui me paraissent être des modèles du genre mais…l’ennui. J’ai lu le premier tome de Gilles Legardinier avec une histoire d’amour sans intérêt, plein de chick litt avec des filles maladroites et la conquête du prince, j’ai même un jour débuté la lecture d’un bouquin de collection Harlequin (emprunté dans la bibliothèque du bateau de croisière, là). J’ai dû lâcher au bout de trois pages. Idem sur les Marc Lévy et Guillaume Musso : l’ennui, l’ennui, l’ennui.

Lire dans le jardin

Et en conséquence, je n’arrive pas à écrire une histoire d’amour qui soit au coeur du récit. Des histoires d’amour, j’en ai toujours un peu truffé mes récits, d’aussi loin que je me souvienne. Dans Technopolis, il y avait la romance entre Oceany et Ethan (et qui pourrait disparaître dans Technopolis reload sur lequel je travaille actuellement, déjà 46 pages et pas l’ombre d’un Ethan pour le moment…), certes. Dans d’autres, il y a toujours de la romance mais ce n’est pas le coeur, jamais, du récit. Dans le roman de Maja (un jour, je le relirai pour réécrire une ultime fois, promis), Maja a certes des romances mais la vraie histoire, c’est la lutte contre le nucléaire et le questionnement sur les formes de lutte… Parce qu’en fait, les histoires d’amour seules me paraissent ennuyeuses au possible.

Ted et Stella, une des pires histoires d'amour

En fait, quand je décide de tenter le coup (je le fais de temps en temps notamment via le projet Audrey que je relance une fois tous les 36 du mois, un peu), je me lasse vite. En fait, j’ai parfois des scènes romantiques (au sens romance du terme) qui me viennent en tête… notamment à la suite de quelques rêve érotiques qui m’émoustillent. Je me dis “ah mais oui, belle histoire !”, je commence à écrire… Et au bout de cinq pages, j’en ai déjà marre. Parce que je n’ai aucune chair pour enrober la colonne vertébrale de mon récit. Il faut du drama pour raconter une histoire d’amour et je vomis ce modèle. Parce que toute production de romance t’explique que l’amour se mérite, qu’il faut se battre… du coup, quand tu rencontres quelqu’un avec qui ça se passe bien, si y a pas de drama, de tension… ben c’est que ce n’est pas la “passion” donc ça n’est pas le vrai amour.

Coeur blessé par un couteau

En vérité, je crois qu’écrire des histoires d’amour ne devrait être qu’un exercice limité à des nouvelles, juste pour travailler la fameuse montée de la tension érotique, le premier baiser, pourquoi pas la première nuit pour les plumes audacieuses mais après… raconter un quotidien normal ennuie. Personne n’a envie de lire ce qu’il expérimente déjà, surtout si on ne cherche pas à se sortir de ce quotidien, justement…

Lire en couple sur le divan

Des nouvelles, oui. D’ailleurs, entre le moment où j’ai prévu d’écrire cet article et son écriture effective, j’ai lu un livre qui m’a un peu turlupinée précisément sur ce sujet. Je vous en parle dimanche.

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Ciel, mon style est influencé !

Et je ne parle pas de style vestimentaire parce que pour le coup, je n’en ai aucun. Je parle bien évidemment de mon obsession, de ma passion, de ce qui m’occupe dès que j’ai deux secondes de libre : l’écriture. Et force est de constater que mon écriture est pire qu’une éponge et je réalise que, souvent, mon style est influencé.

écriture-trouver son style

Déjà sur ce blog qui est dans un style très parlé, les gens qui me connaissent pourraient le lire avec ma voix, je suppose. Et pourtant j’absorbe des tics de langages dans tous les sens. Je pense que si je relisais les premiers articles de ce blog (et je n’ai pas très envie de le faire, pour être parfaitement honnête), je retrouverais des expressions, tournures de phrases que j’utilisais à l’époque sorties très certainement de séries que je regardais, de livres que je lisais… Aujourd’hui, j’intègre dans mon écriture de blog un style très… youtubesque. J’écris parfois à la Karim Debbache, je m’en rends un peu compte…

Ecrire un brouillon

Mais à la limite, le blog, on s’en fout, c’est un truc tapé à la va-vite le dimanche en regardant des séries légères comme Dynastie, Jane the virgin ou Pretty little liars (que je devrais remater, je voulais écrire plein d’articles dessus, je ne me souviens plus du tout lesquels). Mais mes romans, là, ça se soigne. Il y a un premier jet puis une relecture (un an que je dois relire le roman de Maja et toujours pas, hein…). Cet été, j’ai donc lu La zone du dehors d’Alain Damasio, un livre qui m’a marquée pour de bonnes raisons qui feront l’objet d’un prochain article que pour des mauvaises à savoir que je trouvais ce livre trop verbeux, pompeux et… me voilà soudain à écrire des phrases aux circonvolutions compliquées… Mais, est-ce bien mon style, ça ?

Pangramme

En voilà une bonne question, tiens. En fait, c’est quoi mon style ? De ce que j’en sais (je ne me relis que peu, j’avoue que je n’aime pas, je me trouve plus géniale dans mes souvenirs que face à ce que j’ai pu écrire, voyez), je suis assez fan de l’accumulation et d’une succession un peu saccadée de phrases longues et phrases courtes, j’ai même certaines phrases qui ne font qu’un mot ou deux, il me semble, pour insister. Un truc genre “Elle entra dans la pièce et le découvrit sans le moindre vêtement. Nu”. Une connerie de ce type (je n’ai jamais écrit ça mais je voudrais vous parler de romance et de sexe dans les prochaines semaines, je pose un peu le décor l’air de rien, hin hin hin). Mais en vérité, je me demande : est-ce que j’ai un réel style ou il évolue en fonction de ma “consommation culturelle” (avec un petit c, ne nous emballons pas). Je pose la question mais je connais la réponse, hein…

Boire du thé et lire des livres

Et est-ce si mal en soi ? Est-ce que tout artiste (petit a) qui essaie de créer un truc avec ses dix doigts n’a pas un périple créatif enrichi par ce qu’il découvre en chemin. Métaphore cheloue mais voyez l’idée. Déjà, rien qu’en terme d’inspiration. J’ai écrit le roman de Maja car j’ai lu un article dans Society sur Chaïm Nissim, celui qui tira au lance-roquette sur la centrale de Creys-Malville en 82 (et je découvre à l’instant qu’il est décédé). J’écris Uchronia parce que le roman d’Un monde à l’autre de Jodi Taylor m’a autant inspirée qu’énervée (et que j’ai rêvé du nom de l’héroïne, aussi, je me suis réveillée avec son nom qui tournait en boucle dans ma tête… Ca m’a fait pareil avec Amalfi l’autre jour, ville qui est parfois citée dans le roman que je suis en train de lire). Technopolis est une resucée des décors du Cinquième élément et de Gotham City… la version Joel Schumacher qui était furieusement gothique dans mes souvenirs mais qui  est en vrai dégueulasse, contrairement à la version Burton qui satisfait absolument mon appétit de gigantisme sombre. Bref, oui, je suis influencée, évidemment, je suis influencée, je vis dans un bain de culture (petit c) où je lis, je regarde, j’écoute. Tout est inspiration.

Gotham City

Mais parfois, il se passe un autre phénomène troublant : on lit le livre qu’on est en train d’écrire ou qu’on a en tête… sans pour autant en être l’auteur.

 

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Islanova : un roman au cœur de la ZAD

Souvent, je m’agace, je vitupère, j’égratigne ces films ou ces romans qui m’ont raconté un joli synopsis mais derrière, c’est tout moisi. Je me suis répandue sur des articles sur le roman horribilus, je reste avec un goût amer après la lecture d’Un monde après l’autre de Jodi Taylor. Sans doute parce que j’en attendais quelque chose qui me transporte, qui me capte… pas des pages qui le donnent envie de gifler des êtres d’encre et de papier. Alors quand je tombe sur un roman qui me plaît fort, je jubile. Aujourd’hui, on va donc parler d’Isla Nova de Nathalie Hug et Jérôme Camut.

islanova couverture

L’histoire en bref : la famille recomposée Macare-Stark coule des jours heureux dans les Vosges… jusqu’à ce que le père, Julian découvre sa fille, Charlie, dans le même lit que Leni, fils de sa compagne Wanda. Un malheur n’arrivant jamais seul, un terrible incendie ravage la vallée, allumé par des extrémistes écologistes décidés à accélérer la 6e extinction de masse (donc faire disparaître l’humanité). Pendant que Julian essaie de sauver sa maison et son chien, Leni et Charlie prennent la poudre d’escampette et le train pour une ZAD installée sur l’île d’Oléron. On va donc assister à l’installation de nos tourtereaux dans la zone, les affrontements avec la police et la prise d’un espèce de Center Park construit par la Chine qui sera proclamé territoire indépendant nommé Islanova. Mais tout n’est pas rose à la ZAD, Leni le découvre à ses dépends tandis que Charlie devient un des éléments forts de la nouvelle contrée.

Une maison dans les arbres

En gros. C’est assez compliqué à résumer car il se passe plein de choses donc je vais m’arrêter là pour l’histoire et vous dire pourquoi j’ai aimé ce roman et pourquoi il m’a bien inspirée. Non parce que je dis toujours “ah non, ce livre est nul, faut pas faire ça, ça et ça” mais faut aussi étudier ces romans qui nous séduisent. On va commencer par ce qui m’a un peu dérangé dans le roman : les personnages masculins. Je n’ai aucune idée de comment travaillent notre couple d’auteurs (oui, c’est un couple, je trouve ça chou) mais j’ai trouvé trouvé les personnages masculins principaux très faibles, un peu beaucoup bourrin, surtout Julian et Leni (Vertigo et Aguir sont mieux balancés). Julian, c’est un peu un prototype Vin Diesel-Jason Statham, tout en force, malgré la grosse faille qu’on lui a collée (et que je trouve assez mal exploitée, globalement). Leni subit. Durant tout le roman, il suit des femmes en chouinant, grosso modo. Du coup, les scènes les concernant m’intéressaient moins. A l’inverse des personnages féminins que je trouve bien mieux gérés, notamment Charlie. On parle d’une ado de 16 ans un peu naïve, follement passionnée, parfois trop gentille mais qui n’a pas froid aux yeux et j’ai bien aimé ce personnage qui nous fait découvrir la ZAD dans toute sa réalité.

Nathalie Hug et Jérôme Camut

Autre point : les auteurs sont audacieux à un niveau… En fait, vers le milieu du roman, il se passe un truc que je ne dévoilerais pas et j’étais là “Non… Nooooon ? Non mais je suis sûre y a arnaque, ils ont pas pu faire ça… Ah mais si putain !”. Ce qui m’agace dans pas mal d’oeuvres de fiction, c’est une sorte de volonté de ne pas choquer, entre guillemets, qui fait que tu ne sens pas tellement de tension, pas d’enjeu. Typiquement sur la survie en bonne santé des personnages. On peut penser ce que l’on veut de The walking dead ou Game of thrones par exemple mais il faut du courage pour tuer ou mutiler des personnages (dans les versions écrites, les deux mâles alpha que sont Jaime et Rick perdent leur main, par exemple) et tu lis avec inquiétude car tu n’as aucune garantie que tout le monde va s’en sortir sans trop de casse. Idem sur le manichéisme de très nombreuses oeuvres où les gentils gagnent et les méchants perdent. Si tu sais que la cause d’un personnage est bonne, peu importe les circonvolutions de l’intrigue, tu sais qu’à la fin, il triomphera… Alors que là, tu n’as aucune idée de l’issue, tu ne sais même plus qui a de nobles intentions et qui n’en a pas. 

The walking dead, morts

Et justement, on touche là LE point qui m’a fait aimer ce roman : il n’y a pas de bien ou de mal en soit. Déjà, selon qui tu suis, le point de vue sur la ZAD peut énormément évoluer, il y a pas mal de violence et nous-mêmes, en tant que lecteurs, on est un peu ballotés. Il y a d’un côté la cause. Belle, forte, elle est unanimement reconnue par tous les personnages mais certains sont rebutés par la violence d’Islanova (dans la défense de son territoire) et par la méthode de lutte (prise d’autorité d’un centre aquatique pas encore ouvert). Et ça touche ici le sujet qui me fascine depuis des années : la lutte, comment. C’était un peu tout le propos du roman de Maja (que j’ai toujours pas commencé à relire malgré ma semaine d’intercontrat… Je suis une loseuse) et c’est hyper bien amené car il n’y a, dans son roman, aucune vérité. Oui, la cause est juste mais est-ce qu’on peut agir ainsi ? Oui pour les soutiens de la ZAD (dont Charlie), non pour ses opposants (Julian en tête), ça dépend pour les dirigeants même de la ZAD car même dans un même camp, il y a des différends.

Croquis du futur centre aquatique à Lormont par Stark

J’avoue que j’ai acheté le roman avec un peu de crainte : je ne pouvais résister puisque le sujet me branchait mais j’avais peur d’un traitement un peu réac de la ZAD. Il n’en est rien, on n’est pas non plus dans une admiration béate. Les personnages féminins sont bons, les masculins moins mais je me demande limite si ce n’est pas fait exprès, notamment Leni qui ne fait que suivre différentes femmes dans le roman sans vraiment servir à grand chose. Bref, je l’ai lu en vacances (dans un centre thalasso, la mise en abyme était un peu troublante) et je l’ai dévoré. Donc puisqu’on est pile dans la saison où l’on passe beaucoup de temps à lire… foncez.

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Romance everywhere

Samedi 19h, j’observe. Face à moi Ibrahim et Rosalie discutent. Ils sont bien jolis tous les deux. Il ne s’agit pas d’un couple, non, du moins pas encore ? Je souris en coin en guettant les gestes. Ah, il lui touche le bras ! Bon, ok, il est naturellement tactile mais quand même, ils iraient bien ensemble… Et oui, je suis comme ça : je vois de la romance partout.

Flirt romance

Déjà 3 ans et demi que je suis dans une relation de type monogame et parfois, l’étincelle me manque un peu. Vous savez, ce moment où ça commence à crépiter, que vous n’êtes pas encore tout à fait sûr que ça va le faire mais que, quand même, y a de la tension dans l’air. Bon, après, je me souviens que la séduction, c’est bien galère, que tu tombes parfois (souvent) sur des connards et que parfois, tu te retrouves à planter frénétiquement ta paille dans la glace  pilée de ton cocktail en te disant que tu serais in fine bien mieux chez toi à manger des chocapics en matant une série à la con. Alors du coup, j’ai ma méthadone : j’imagine des romances dans mon entourage.

Romance à la plage

Ainsi, je me suis écrit l’histoire de Clémentine et Nicolas. Deux de mes anciens collègues. Bien jolis tous les deux, y avait comme un crépitement quand ils étaient proches l’un de l’autre. Mais il y avait Ludivine aussi qui avait partagé une danse fort remarquable avec Nicolas lors d’une soirée, le triangle amoureux s’annonçait tendu. Sauf que j’avais oublié Antoine dans l’équation. Antoine ? Un autre collègue qui partage de nombreuses apartés avec Ludivine, quelques gestes un peu discrets, des langages corporels qui ne laissent guère la place au doute. La vérité ? Je ne la saurai peut-être jamais mais en fait, je m’en fous : j’ai l’histoire dans ma tête et dans mon petit cerveau, pas de fin en eau de boudin. Pas de fin du tout puisque seul le début m’intéresse.

Romance en cuir

Tout ça, c’est de la matière. Dans les romans, il y a souvent des débuts d’histoire. Peu importe le contexte, que vous soyez dans un roman policier, du médiéval fantastique, de la dystopie ou ce que vous voulez, il y a souvent un début d’histoire dans l’histoire, un “ce que vous vivons est trop fort pour le vivre seul”. Et j’aime bien tenter de créer une tension romantico-érotique dans mes romans, poser le premier baiser comme quelque chose soit d’attendu, soit de soudain… Je dis “tenter” car je ne suis pas sûre de toujours bien le faire, notez. Dans le roman de Maja, par exemple (toujours pas relu malgré mon intercontrat), je suis assez contente d’une scène de premier baiser, pas du tout d’une autre que je vais refaire. Du coup, j’observe, je note dans ma tête.

Romance : le premier baiser

Alors ça pourrait faire un peu cancanière, la fille qui “espionne” les gens pour savoir si y aurait pas de la rumba dans l’air. Sauf que déjà, je partage pas mon ressenti avec la terre entière (pour Ibrahim et Rosalie, j’en ai parlé à Victor qui a dit “ah oui, non, je sais pas”, pour les autres, à ma collègue chouchoute qui m’a bien aiguillée sur le duo Ludivine-Antoine, j’avoue) et puis… ben si j’ai tort, je resterai sur un “dommage, ils allaient bien ensemble je trouve” et si j’ai raison… et bien je serai ravie pour eux. Et j’en resterai là. Je n’ai pas besoin de regarder à travers le trou de la serrure pour assouvir une quelconque curiosité. Je suis outrageusement romantique (quoi que je prétende), pas scopophile

Je suis romantique

Aujourd’hui, je commence mon nouveau boulot… J’espère que je vais avoir matière à imaginer de nouvelles romances !

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J’ai eu 38 ans

Vendredi, c’était mon anniversaire. 38 ans. Et pour ceux qui me connaissent, petit bug : “mais attends, c’était ton anniversaire et tu n’as pas écrit d’article le jour J ?”. Hé non. Et c’est précisément le coeur de mon article d’anniversaire : va falloir arrêter de se faire bouffer.

J'ai 38 ans

Normalement, mon anniversaire est toujours l’occasion de me la jouer “bilan et perspectives”, un de mes exercices préférés car j’adore croire qu’il suffit de modifier un paramètre ou deux pour atteindre le bonheur. Sauf que là, je suis en phase d’épuisement avancé. Mes vacances m’ont à peine rechargé mes batteries, mon boulot me bouffe, prend toute la place, me vide. Je n’écris plus beaucoup, je ne fais plus de sport, j’ai de vagues projets dans des cartons mentaux mais je ne m’y attelle pas du tout.

Femme rêveuse sur la plage

Certains le diront “heu, meuf, t’es pas un peu en dépression ?” Non, je ne pense pas, je suis très heureuse le week-end, pendant les vacances et même le matin, entre le moment où j’ai quitté le lit (toujours un petit déchirement, j’aime la paresse)  et celui où j’enfile mon manteau, je suis plutôt de bonne humeur. Parfois même, dans le métro, quand j’arrive à écrire, j’ai comme un instant de grâce, comme on dit. Et puis, je ne suis pas une experte mais il me semble que la dépression est une sorte de grande indifférence et je ne suis pas très indifférente, j’ai plutôt la rage. Et le dimanche, toujours une belle motivation pour améliorer ma vie. Dommage que mes belles intentions soient ruinées dès lundi matin.

Femme en plein burn out

Et c’est peut-être là que je dois travailler. J’ai des ambitions. Non des rêves. Sauf que… ben, je rêve, justement. Alors je ne vais absolument pas vous faire le sketch du “qui veut peut”, “ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait”, “ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles” ou encore “il faut vivre ses rêves et non pas rêver sa vie” et tutti quanti parce que ces mantras m’agacent dans l’absolu. Mais il y a un fond de vérité pour moi. Et je dis bien “pour moi”, je conçois absolument que le ”qui veut peut” n’est pas une réalité absolue.  Mais je dois admettre que je me mens quand je dis que je n’ai pas le temps. Oui, il y a des moments où je me fais bouffer par le boulot, que je dois y passer des soirées et des week-ends MAIS il y a aussi des soirs où je ne fais rien, des trajets où je pourrais lire ou écrire au lieu de jouer à Candy Crush… Des moments un peu tout le temps où je traîne sur les réseaux sociaux pour lire des messages en 280 caractères maximum, aller m’énerver contre des inconnus qui sont pourtant trop cons pour que je gaspille la moindre seconde pour eux. J’ai déjà mis en place deux ou trois trucs : déjà, mon journal intime qui va toujours bien et même un Bujo. Un Bujo ? Oui, le fameux bullet journal, celui qui est censé changer ma vie en faisant des to do lists à l’envi. J’ai fait mon modèle… et arrêté au bout de 2 jours… essentiellement parce que c’était plus vexant que motivant.

Mon bullet journal

Et si finalement, le souci n’est-il pas la peur de faire ? Comprenons bien : on a droit à la flemme, à la paresse, ce n’est pas grave. Sauf que là, ça bloque mes envies et ça me frustre. J’ai fini d’écrire le roman de Maja en septembre, y a plus de 6 mois, j’ai toujours pas entamé la relecture parce que “j’ai pas le temps”. Si, je l’ai. Je n’ai certes pas toujours l’énergie mais le temps, je l’ai. Mais au moins, tant que je le relis pas, je ne tente pas de l’envoyer à quelques maisons d’édition que je n’ai toujours pas sélectionnées et je ne prends pas de lettres de refus. Alors qu’en fait… ben c’est pas si grave. J’essaie beaucoup de dédramatiser l’échec, surtout quand il n’est pas si dramatique. Le roman de Maja, c’est juste un roman parmi d’autres, j’en ai écrit avant, j’en écrirai après et c’est pas grave. Au pire, je le mets en auto édition et il aura sa petite vie, quoi. Idem sur le boulot. J’essaie réellement de me déconstruire là-dessus. J’ai toujours été la bonne élève de service, “travailler bien” et “être brillante”, ça fait un peu partie de mon ADN… Pas que je prétende être plus intelligente ou quoi que ce soit mais j’ai toujours appris que les bonnes notes, c’est important dans la vie. Même quand on est adulte. Alors que mon travail, je le sais que c’est un bullshit job, j’ai même rêvé un instant que je pourrais me faire virer et ce serait merveilleux… Mais voilà : j’ai beau n’avoir aucune considération pour mon secteur, je reste angoissée à l’idée de rendre un mauvais travail… et je bosse le soir et ou le week-end pour arriver à produire quelque chose qui fera l’unanimité. Oui, on reparlera un jour de ma surcharge désormais permanente de mon travail, pas maintenant…

Rêveuse

Bref, plutôt que de chercher à grappiller des minutes de ci de là pour arriver à être plus heureuse, il faut que je commence à oublier un peu le boulot. Après tout, je le fais pour gagner ma croûte, pas par passion et je ne suis que salariée donc bon… Après tout, j’ai 38 ans, il est peut-être temps de ne plus confondre “ma vie” avec un boulot alimentaire outrageusement trop bien payé au vu de ce qu’il apporte aux gens. La quarantaine approche, il est temps de décider de ce qui est important et de ce qui ne l’est pas… Et de tenter enfin d’avoir une vie qui me va mieux. Après tout, tout va bien quand je rentre chez moi… essayons de l’étendre au reste de ma journée.

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Réécrire son œuvre : Neon genesis Evangelion

Pendant notre virée japonaise, j’ai été très étonnée de voir Evangelion partout. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, il s’agit d’une série animée japonaise de la toute fin des années 90 que j’avais adoré pour cause de robot géant, mysticisme chelou et ambiance poisseuse. On suit Shinji, jeune ado lambda qui se retrouve pilote d’une Eva (les robots géants) car son père est directeur de la Nerd, consortium militaire chargé de défendre un Tokyo futuriste face à l’attaque des anges, des créatures mi-étranges, mi-degueulasses. Oui, si vous avez vu Pacific Rim, vous avez un peu idée du truc. Bref, la série m’avait fort plu, les oav pas du tout. Mais au Japon, je remarque une forte hype et surtout le personnage de Kaworu en tenue de pilote EVA et une jeune fille totalement inconnue.

Evangelion Rebuild, les 4 pilotes

Ils ont fait un reboot ! À peine rentrés en France, j’exige donc de voir. Il s’agit d’une série d’OAV qui sort au rythme d’un tous les deux ans environ. Le prochain devrait sortir cette année d’où un Shinkansen aux couleurs de l’Eva 1. Et je fus un peu désappointée de rater ça.  L’histoire ? Presque la même au début à quelques nuances près. Genre maintenant, la mer est rouge à cause du sang des anges, ces derniers sont faits en 3D qui jure un peu avec le reste du décor. Mais ce qui me dérange le plus, c’est le manque d’introduction total des personnages. Je connais l’univers Evangelion donc je vais peut-être dire une connerie mais je ne vois pas comment une personne qui n’a jamais vu la série originale peut s’intéresser à ce reboot. Les personnages sont littéralement bombardés dans l’histoire « hé, regarde, y a Rei !  Et Misato ! Et voilà Asuka ! ». C’est juste du fan service, ils pourraient quasiment tous être interchangeable. J’en veux pour preuve la fille inconnue, la 5e pilote d’Eva (Kaworu en est un aussi)? Mari. Je suis obligée d’aller sur Wikipedia* pour récupérer son prénom !  En plus, elle n’apporte rien, c’est juste le double d’Asuka. Non mais vraiment : étrangère, tête brûlée très sûre d’elle, une relation ambiguë avec Shinji (pour les 2 mn et 3 lignes de texte qu’ils échangent), c’est totalement Asuka. Même sa scène d’intro est faite pour nous montrer que c’est la même ! On voit une femme casquée combattre et j’étais là « ah, voilà Asuka… mais pourquoi elle pilote l’EVA 05 ? ». Ce n’est que,quand elle enlève son casque qu’on découvre que ce n’est pas Asuka mais une fille dont on ne nous donne même pas le prénom. Elle sert juste à mettre un combattant en plus dans le combat final du 4e épisode.

Shinkansen Evangelion

Pourtant, il y avait de bonnes idées comme remplacer Toji (4e pilote EVA dans la série originale) par Asuka dans l’EVA contaminée … bon, ça aurait été mieux si la relation entre eux deux avait été un peu plus creusée mais bon, vous allez me dire, on est sur des OAV, on a moins de temps. Oui mais on en prend pour intégrer Mari « Asuka like » alors que son personnage ne sert quasi à rien. C’était intéressant aussi de plus travailler la relation Shinji-Rei, surtout quand on sait qui est Rei en vérité…

Evangelion Rei & Shinji

En fait, sur le papier, je trouve intéressant de reprendre un univers et de rebattre les cartes pour raconter l’histoire différemment. Bon, là, je n’ai pas adhéré à ce nouveau résultat mais je trouve la démarche audacieuse. A mon humble niveau, je suis en train de réécrire Technopolis, le roman de mes 20 ans en changeant pas mal d’éléments et je commence déjà à me dire que sur le roman de Maja que j’ai toujours pas relu (mmm…), faudrait peut-être revoir la fin… enfin, réécrire un truc que je trouve bancal. Et c’est là que je me demande : existe-t-il réellement un point final ? Vous allez me dire que oui, quand on a publié une œuvre (ou réalisé une série), nous avons un produit fini. Oui sauf que… est-ce qu’on ne passe pas nos vies à réécrire encore et encore la même histoire ? Pour ma part, je n’arrête pas d’écrire des dystopies avec pour décor de fond une ville futuriste. D’ailleurs, c’est assez faux de parler de décor de fond, la ville fait entièrement partie de mon histoire, elle est le cœur du système. Augura et Neocittà ne sont que des versions rebootées de Technopolis… enfin, surtout Neocittà, Augura a été imaginée avec mes connaissances plus poussées sur l’urbanisme écologique.

Tokyo - Evangelion

Mais malgré moi, j’en reviens toujours à ces mêmes thèmes, ces mêmes questionnements : comment on tombe en résistance ? Parce que peu importe le décor, l’époque..  ça reste mon sujet principal. Je peste parfois quand je tombe sur des romans qui me rappellent le précédent de l’auteur, un peu comme Victoria Hislop ou, dans une moindre mesure, Frank Thilliez mais est-ce parfaitement conscient ? Pour certains, je pense que oui, il y a une « recette » du succès sans nul doute mais les autres ?

Evangelion

Bref, tout ça pour dire que j’ai envie de revoir Evangelion, la série originale dont je vous remets le générique qui met de bonne humeur, je trouve :

 

* En vrai, elle n’apparaît pas dans Wikipedia, j’ai retrouvé son prénom sur le wiki dédié à Evangelion, en fait…

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Choisir un prénom pour ses héros

En tant que nullipare, je n’ai jamais eu à choisir un prénom pour un autre être humain. J’en ai trouvé un pour mon chat, grosse responsabilité, déjà, et il m’arrive d’en donner de façon autoritaire aux gens dans ma tête du type « lui, il a une tête à s’appeler Guillaume, elle Tamara… ». Ce qui est un peu lourd car parfois, je suis amenée à travailler avec ces gens et je n’arrive plus à savoir s’ils s’appellent vraiment Guillaume ou Tamara ou si c’est moi qui ai décrété ça. Gênant.

Badge prénom

Alors que bon,on aurait des badges prénoms, ce serait plus simple… (lien de la boutique en cliquant sur l’image)

J’ai donc décidé d’écrire une fiction basée sur les fantasmes autour de Melania Trump mais pour commencer, je dois lui trouver un nouveau nom. A Donald aussi accessoirement (Mickey, ça passe ou j’abuse ? Quoi que non, ça va trop me rappeler le roman horribilus…). Pour choisir un prénom de héros ou héroïne, nous avons plusieurs façon de procéder. Je pourrais par exemple regarder what milliards de photos de Melania et faire ma bonne vieille technique du « elle a une tête de Veronica ». Par exemple. Je pourrais également prendre un dictionnaire des prénoms et faire défiler les pages. Flora ? Non, pas assez First Lady (même si j’aime bien). Svetlana ? Non, ça fait trop prénom typique des meufs de l’est, on n’est pas dans Premiers baisers non plus…

Svetlana Premiers Baisers

Je pourrais également donner du sens à ce prénom. Pour Ofelia, c’était clairement le côté dramatique du prénom qui m’avait séduite. Et j’aime bien la sonorité. Pour Oceany… J’aimais juste bien la sonorité de ce mot et la sensation d’évasion qui en émane (et ça fait plus prénom que Polynésie, par exemple). Et il semble que j’ai une petite passion pour les prénoms en O. Par exemple, dans la liste des prénoms de notre future progéniture qui ne verra sans doute jamais le jour, y a un petit paquet de prénoms en O… bref, je pourrais ouvrir le Grand livre d’histoire des femmes de pouvoir (qui n’existe pas à ma connaissance mais il faudrait y songer…)(tiens, une nouvelle idée projet) et l’appeler Victoria, Catherine (Katy ou Cathie), Alienor, Cleo ou Olympe (encore un prénom en O)… Ou encore me la jouer pas super subtile et prendre un prénom proche genre Martina. Ou Mélanie, la first lady pourrait être française après tout. Mais les Mélanie que je connais sont toutes si douces, ça colle pas.

Mélanie Laurent

Quoi que, quoi que… Elle serait pas mal en ma Melania, elle

Ici, je n’ai pas trop le souci de trouver un prénom « local » : ma Melania, je peux la faire venir d’où je veux. Ce n’était pas le cas dans le roman de Maja que je situais en Suède ou Ofelia en Italie. Encore, l’Italie, ça va, j’en connais quelques un des Italiens mais la Suède… non parce que dans un souci de réalisme, je voulais éviter de prendre des prénoms désuets. Non parce qu’imaginez un roman se passant en France écrit par un auteur étranger qui nous narre les aventures de Eudes et Cunegonde… Comment dire… du coup, j’ai ma technique ! Au début, je cherchais les participants de The Voice ou Big brother mais je galérais à trouver le nom des participants et surtout, c’est pas tellement une garantie de tomber sur des prénoms typiques de la jeunesse, quand je vois les prénoms de nos candidats français. Alors je puise dans le cinéma. Je consulte les synopsis et les fiches casting et quand je croise plusieurs fois le même prénom, je prends. Et les noms de famille ? Je prends celui d’un ministre ou d’un journaliste dans le canard local.

Shanelle

Genre avec ma technique de candidats de téléréalité, j’aurais pu appeler un personnage Shanelle (alors qu’elle s’appelle Julie)

Mais souvent, le choix est au coup de cœur, un prénom qui me plaît bien vu que je vais l’écrire des centaines de fois. Je dois en aimer la sonorité, avoir comme un sentiment positif en entendant ce prénom.

Choisir un prénom

Du coup, pour Melania, j’hésite : Martina, Cleo, Cathy (ou Katy ?), Olympe ou Victoria. Si vous avez un avis…

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La méchante de l’histoire : la subtilité aux oubliettes !

Fin de ma revue du roman horribilus, je crois avoir tout abordé. Et j’en ai parlé déjà beaucoup trop mais je trouve intéressant de réfléchir à ces sujets. En fait, si j’avais le temps (non), je réécrirais ce petit étron à ma sauce pour voir ce que ça donne. Et en changeant le prénom des personnages. Mais aujourd’hui, focusons sur la méchante de l’histoire : Ruby Labenne.

La méchante de l'histoire : la reine de coeur dans Alice

Donc pour rappel, Ruby Labenne est la nouvelle présidente de la République française issue du Bloc National dont son père était l’ex Président. TOUTE RESSEMBLANCE… Alors bon, je vais pas tant critiquer le fait d’avoir utilisé une Marine like, partons du principe que l’autrice ne voulait pas se lancer dans une réelle politique fiction. Le problème, c’est que la Ruby a droit à un portrait au vitriol… avarié.

La Reine de coeur et les roses rouges

Il me semble vous avoir parlé de cette rédaction de français en 4e où je n’avais pas eu une très bonne note : je devais écrire l’épilogue d’un roman que je n’avais pas du tout aimé et j’étais partie dans un grand délire de tuer tout le monde tandis qu’un autre élève avait fait ressuscité un mort l’air de rien. Même sentence pour nous deux : too much, trop noir ou trop blanc, pas assez yin & yang (quand j’étais ado ce signe était furieusement tendance). Et bien là, accrochez vous bien à votre slip car notre autrice, elle n’en a rien à foutre du yin & yang et de tout ça. Noir, c’est noir, il n’y a plus d’espoir.

Yin and yang, version carpe

Donc au début du roman, Mickey se branle la nouille en se remémorant à moult reprises comme elle a trop eu du succès avec son roman vengeance où elle racontait les petits secrets du Bloc National. Tous sauf un. C’est bien répété ça, tous sauf un. Je me demande si ça va avoir une incidence sur le roman, dis donc. A dire vrai… non, en fait. Donc la méchante Ruby, est non pas la tante de Esmerald comme tout le monde le pense mais sa mère… et le père n’est autre que son propre père à elle. En décodé : “et ce serait comme si Marine et Jean-Marie, ils se feraient des choses la nuit, hihi”. Voilà. Et le fait que Esmerald soit le fils et non le neveu de la Présidente n’a aucune incidence. On a aussi droit à une navrante histoire de nuisette moutarde mais on va laisser ça de côté.

Nuisette moutarde

Alors pourquoi ? Je veux dire on a déjà une femme qui est leader d’un parti raciste, je pense que ça suffit à en faire quelqu’un de fort peu sympathique. Qu’est-ce que c’est que cette histoire d’inceste qui, je le répète, NE SERT A RIEN. J’ai vraiment l’impression de lire une histoire écrite par une ado et une ado pas très fufu… Cf mon histoire 2 paragraphes plus hauts (et déduisez-en que je n’étais pas une ado très fufu). D’après ce que j’ai pu trouver comme info sur l’autrice, elle serait avocate et âgée de 32 ans… Je.

Adolescente niaise qui écrit

Neeeeeeeeee !!

Bref, grâce à cette petite série d’articles, j’ai déjà une petite pile de “trucs à éviter”. Maintenant, on va un peu parler de processus créatif, je continue de me poser des tas de questions, tandis que j’ai changé de fusil d’épaule quant à mes romans en cours… et toujours pas commencé la relecture du roman de Maja. Un jour. Promis. (Promis à moi parce que je pense que vous vous en foutez un peu et c’est légitime)

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Faut-il décrire ses personnages ?

A présent que j’ai terminé le roman de Maja (et séché la réécriture, je savais que ça allait me saouler, ça n’a pas manqué…) et que j’ai entamé l’écriture d’Ofelia (déjà 31 pages à l’heure où j’écris, dimanche fin de journée), je me pose un peu une question : dois-je décrire mes personnages ? Je veux dire, donner des caractéristiques physiques particulières, ok, mais dois-je, par exemple, leur donner une couleur de peau particulière ? Faut-il décrire ses personnages ou laisser aux lecteurs la possibilité de leur donner les traits qu’ils souhaitent ?

Dessiner un corps humain

Dans le roman de Maja, par exemple, j’ai mis un peu de couleur : Maja et son frère sont vietnamo-suédois, le professeur est typé Méditerranéen, une fille a une couleur “caramel”. Svea, l’espèce de doppelganger de Maja, à l’inverse, est une beauté suédoise type, à base de cheveux blonds et yeux bleus. Dans Ofelia, j’ai donné une relative description physique d’Ofelia, actrice donc décrite comme très mince et assez grande mais je n’ai pas détaillé plus, son compagnon a également quelques caractéristiques physiques propres mais pas de couleur donné. Mais on sait qu’ils sont blancs par rapport à une présentatrice télé noire qui explique à Ofelia avoir de la chance d’être à son poste alors qu’elle est une femme, jeune, et Noire de surcroît.

Kady Adoum-Douass

La question de la description physique peut paraître anodine mais elle ne l’est pas tant que ça. Evidemment, quand je base mes histoires à Stockholm ou Rome comme ici, on peut s’attendre à ce que les personnages soient blancs et c’est s’ils ne le sont pas qu’on va avoir tendance à préciser. Effectivement, je le confesse, dans Ofelia, la seule personne pour le moment dont je décris la couleur de peau, c’est celle, justement, qui n’est pas “comme les autres”. Ce qui peut avoir un certain sens dans l’histoire. De la même façon, j’ai choisi de donner un métissage à Maja et son frère car dans leur décision de se lancer ou non dans l’activisme se pose la question de respecter le pays d’accueil de leur mère.

Mylène Jampanoï

Mais la couleur n’est pas tout, il y a également la silhouette. J’avais besoin qu’Ofelia soit mince pour un ressort précis de l’histoire, ça peut coller avec son métier d’actrice (modulo l’histoire se passe en Italie, les actrices italiennes mythique sont plus pulpeuses). J’avais besoin que Svea soit musclée pour une partie précise du récit. Par contre, je ne crois pas parler un seul instant de la silhouette de Maja, ni même de sa taille. Son métissage et ses cheveux longs sont ses seules caractéristiques physiques. Les caractéristiques physiques doivent-elles être évacuées du récit à partir du moment où il n’y a pas d’incidence sur le récit ?

Décrire ses personnages

Car les descriptions peuvent être parfois un peu sexistes. J’avais lu un thread il y a fort longtemps sur le sujet sur Twitter (pas le courage de le rechercher) où une personne signalait à juste titre que dans pas mal de romans, les personnages masculins étaient à peine décrits tandis que les personnages féminins étaient longuement décrit jusqu’à la couleur de leur téton, limite. Parce que ça colle avec pas mal de produits culturels : où le héros n’a pas besoin d’être particulièrement beau ou svelte tandis que la femme, elle, sera toujours parfaitement mince et correspondra aux canons de beauté en vigueur. D’ailleurs, je ne vous apprends rien en soulignant que les actrices au physique “atypique” (vraiment dans le sens pas en accord avec l’ultra exigence des canons de beauté des mass medias) seront plus facilement cantonnées aux séries alors que les acteurs atypiques peuvent parfaitement percer et tenir la tête d’affiche. Je veux dire, ok, on a eu des George Clooney, Brad Pitt et Johnny Depp (pré alcoolisme pour les deux susnommés) mais on nous vend aussi des romances avec Adam Sandler, Benedict Cumberbatch, Vincent Cassel ou encore Javier Bardem… que je trouve pour ma part totalement sexy mais qui est loin d’un lisse Clooney ou Pitt de la belle époque, voyez. Alors qu’en actrice, côté beauté atypique, on a… hmmm. Quelques unes dans le cinéma français, je dis pas, mais sinon, c’est formaté, formaté. Le pire : j’ai tapé “actrice moche” dans Google pour trouver des noms, j’ai trouvé trente articles “les actrices qui sont moches au ciné/à la télé mais belles en vrai” alors que pour ces messieurs, on a droit à un “ils sont moches mais sexy”. Vous le sentez le double standard ? Alors j’essaie tant que faire se peut d’éviter de tomber dans ce cliché. Même si ma nouvelle héroïne est une actrice de cinéma donc potentiellement complètement dans les normes de beauté actuelles.

Diane Kruger

Alors ne décrire que ce qui a son importance dans le récit ? Ok mais est-ce que ça ne risque pas de totalement tuer le suspense ? Si je dis qu’un personnage a une cicatrice mais que ça ne semble pas jouer sur sa personnalité ou son histoire, est-ce que ce ne serait pas évident que cette cicatrice va, à un moment, avoir une importance dans l’histoire ?

Dalius cicatrice

Décrire ou ne pas décrire, quelle question…

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Quand tu écris le mot FIN

C’est enfin arrivé, je n’y croyais pas. Ca y est, enfin, je l’ai écrit en toutes lettres tremblotantes sur mon cahier : le mot fin. J’ai terminé l’écriture du roman de Maja.

écrire le mot FIN

Admirez donc ma douce écriture

C’est toujours un peu triste une fin. Le roman de Maja, je l’ai commencé en novembre et me voici donc avec un manuscrit de 226 pages avec écrit en énorme à la fin “FIN”, justement. Pas tout à fait la fin de l’aventure puisque j’ai un gros travail d’ultime relecture/réécriture qui ne m’enchante pas trop mais bon, on va pas s’arrêter en si bon chemin, après tout…

Corriger un manuscrit

C’est toujours un peu étrange de terminer une histoire, on est presque surpris d’y arriver, d’écrire la dernière phrase et puis… et puis, c’est tout en fait. Tous les personnages ont fait ce qu’ils avaient à faire, dit ce qu’ils avaient à dire. Dans ce cas, en plus, je n’ai pas prévu de suite comme je l’avais fait pour Technopolis, par exemple, je savais que je retrouverais Oceany et ses amis (je me demande si je vais pas lui changer de prénom, tiens, vu que je suis en train de réécrire le truc) dans de nouvelles aventures que je n’ai jamais terminé. Mais la fin était moins amère, moins définitive. Un peu ce cafard de fin de vacances quand tu quittes un lieu que tu adores mais que tu sais que tu reviendras l’an prochain et que tu retrouveras tes copains.

Là, la fin est définitive. J’ai peut-être l’idée d’une préquelle, comme on dit, sur l’un des personnages mais les autres n’y apparaîtront même pas et je ne suis pas convaincue de l’écrire de toute façon. Finir un roman, ça fait un petit vide, un petit moment d’errement où on se demande un peu ce qu’on va faire après. J’avais déjà des tas d’idées sur les romans que je pouvais écrire après, j’avais quelques lignes de ci, de là… Mais même si mon nouveau projet me motive, j’ai un peu de mal à m’y mettre, mon écriture n’est pas si fluide, je sèche quelques séances d’écriture pour lire, à la place. Et surtout, je crains que la dizaine de pages de l’histoire d’Ofelia n’aille pas loin et que je finisse par switcher sur une autre histoire. C’est un peu la relation pansement de l’écriture.

Ophelia par Waterhouse

Mais quand même. Ce mot “fin”, sur ce roman, il a une résonance particulière pour moi, au delà des généralités du “oh bé ça fait un peu vide, quand même”. 15 ans. Ca faisait 15 ans que je n’avais pas terminé un roman. J’avais des milliers de débuts mais rien de plus. Ca peut paraître con mais c’est une sorte de renaissance pour moi, quelque chose de très symbolique, je retrouve enfin la passion d’écrire que je n’exprimais que sur ce blog. Et autant vous dire que je ne m’arrêterai plus. Même si ça ne donne rien après, c’est pas grave, j’ai donné naissance à une nouvelle histoire qui a un début, un milieu et une fin. Quand j’aurai envoyé mon manuscrit, je vais m’offrir une journée détente au spa. Je l’ai méritée, je crois.

Par contre, ce carnet d’écrivaine est loin de se refermer, j’ai encore plein de choses à dire et à partager !

 

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