Travailler moins pour vivre heureux

Je n’aime pas le monde du travail. Premièrement parce que c’est un monde particulièrement injuste et j’ai l’impression qu’aucun milieu n’est épargné. Il n’y a pas besoin d’être bon dans ton métier si tu es maître dans l’art des ficelles à tirer. Parfois, les usurpateurs finissent par tomber mais parfois pas… On en prend pour 40 ans d’humiliation, de torchage de pied sur notre ego qui n’avait rien demandé, de magouilles et manipulations sans intérêt… Chaque jour chômé quel qu’il soit devient pour moi une véritable fête, une bouffée d’air frais. Parce que mon bonheur, c’est travailler moins.

Le bonheur de se reposer

Je n’ai rien contre la notion de travail. J’écris ce blog depuis bientôt 13 ans (wow !), ce qui représente 2800 articles (re wow), j’écris des romans, j’écris, j’écris, j’écris. Ce qui n’est certes pas rémunéré maiiiiiiiiiis ça reste du travail, surtout certains articles où je dois faire deux ou trois recherches pour étayer mes propos. Ces articles que je produis gratuitement peuvent servir au pire à divertir ou passer le temps, au mieux à éveiller quelques consciences ou aider dans une argumentation future, au plus parfait vous faire découvrir des choses. Il n’est certes pas essentiel à la société mais… mon taf non plus en fait. Mais y en a un pour lequel je suis payée, l’autre non.

Travailler moins pour son patron et plus pour soi

On a une notion très ROIste du travail (retour sur investissement pour les chanceux qui ne bossent pas dans le marketing) : le travail, c’est ce qui me rapporte des sous, qui me fait payer des impôts et consommer des trucs dont je n’ai pas besoin la plupart du temps. Le truc qui me permet de vivre mais pas de m’épanouir. En fait, dans la start-up nation, on te fait croire que le bonheur au travail, c’est monter sa start-up dans un secteur que t’aimes trop car quand tu bosses dans ta passion, tu n’auras pas l’impression de bosser une seule journée, hihi. Bullshit, hein, près de 9 startups sur 10 ne passent pas les 5 ans et ça reste un rêve réservé aux CSP+ avec une bonne famille en back up quand surviendra la faillite… Pour les autres, ça va être “baisse la tête et bosse pour mériter ton salaire, tu vas pas finir comme ces feignasses de chômeurs qui vivent grassement grâce aux allocs, nan ?”. J’essaie de comprendre comment on peut vivre grassement des allocs mais j’ai beau envisager tous les calculs, j’y arrive pas et quand je demande à ceux qui vocifèrent ça de m’expliquer, ils ne répondent jamais. Bref, pour (sur)vivre, il faut travailler dur, longuement et ne pas être trop difficile non plus. Tu prends ce qu’il y a et si ça te va pas, t’as qu’à lancer ta start-up, donc.

Lancer sa start-up

Sauf que je ne comprends pas qu’on poursuive sur cette voie. D’abord, du taf, il y en a de moins en moins, le CDI devient une chimère, les stagiaires occupent des postes à part entière tout en étant payés une misère. Et puis tiens, le salaire, parlons-en. Dès que tu demandes une augmentation, t’as l’impression de demander à tes interlocuteurs de s’arracher un bras pour te le donner, on te fait chialer dans les chaumières en mode “la conjoncture”, “mais t’es déjà la mieux payée”, “ok, on te file une augmentation mais chut, le dis pas, tu es la seule à en avoir une”. Alors de 1: on se parle entre collègues donc arrêtez de mentir. Et de 2 : je ne suis responsable ni de la conjoncture ou d’éventuels mauvais choix de ma boîte ni du salaire de mes collègues… Mais par contre, je constate que mon loyer et mes frais augmentent et que du coup, plus je reste dans une boîte, moins je vis bien… Mais bon, qui suis-je pour me plaindre, j’ai un CDI, je devrais m’estimer heureuse.

Une salariée et des post-its

Et c’est vrai que je gagne bien ma vie et que la boule au ventre que j’ai le matin en me levant n’est pas liée à mon avenir. Cependant, une société qui sacralise à ce point le travail et les sacrifices qui sont censés y être liés, qui glorifient les gros bosseurs, ceux qui dorment peu, qui font beaucoup, dans un pays où l’on souffre de burn out, bored out, brown out, où le chômage a du mal à baisser… Est-ce qu’il n’y a pas une petite erreur de calcul ? Pourquoi toujours bosser plus alors que ça va, in fine, nous coûter toujours plus, à minima notre santé (et pas que physique). Est-ce qu’il ne serait pas temps d’entamer une décroissance du temps de travail pour nous offrir plus de temps pour nous, pour notre bonheur et, soyons fous, pour être réellement utiles à la société ? Les 32h, utopie ou conclusion logique ? Pour moi, la réponse est évidente : donnons-nous plus de temps pour vivre, créons des emplois en réduisant notre emploi du temps, arrêtons de nous obséder avec le chiffre d’affaires et payons correctement tous les collaborateurs, y compris les stagiaires. Rendons le travail moins pénible, moins vide de sens en rendant de la vie aux travailleurs.

Etre heureux au travail... en travaillant moins ?

Est-ce que je rêve d’une vie aux 32h ? Carrément. Et vous savez ce qui me fait frémir d’envie aussi ? Le revenu universel. Je vous en parle la semaine prochaine.

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Pourquoi tu votes si tu t’en fous de la politique ?

Bien le bonjour mes amis, voici une question qui me taraude depuis quelques temps. Avant de poursuivre mon raisonnement, petit point : j’espère que cet article ne suintera pas condescendance et mépris (de classe ?) car tel n’est pas mon but et si j’échoue, n’hésitez pas à me taper les doigts en commentaire ou sur les réseaux sociaux, là où on se croise en général. Mais vraiment, alors que la présidentielle arrive en avant-dernière ligne droite, je veux savoir “ pourquoi tu votes si tu t’en fous de la politique ?”

Pourquoi tu votes

Evidemment, on nous a toujours appris que voter, c’est important, droit acquis dans le sang et les larmes, droit d’autant plus important quand on est une femme. J’ai moi-même longtemps conspué les abstentionnistes du premier tour en mode “ohé, zut, c’est important, vote blanc au pire”. Depuis, j’ai raté un deuxième tour des législatives pour cause de Sicile et voté blanc à presque tous les second tours. Cette année, je voterai au premier tout en fonction de mes convictions… et soit par procuration soit pas du tout au second vu que je serai à Barcelone pour faire du yoga. Bref, mon discours sur la nécessité du vote a évolué, non à cause de mes vacances mais parce que je comprends aujourd’hui que face à la bêtise crasse et à la malhonnêteté de ceux qui nous gouvernent, on finisse par laisser tomber. Moi-même, je me demande pourquoi j’insiste… et non, je ne parlerai pas de vote utile ou de front républicain… j’en parlerai un autre jour. Peut-être (oui parce que mine de rien, l’élection, c’est déjà demain, gasp)

Affiches électorales 2007

Je suis donc la campagne de loin, un peu blasée, beaucoup énervée. D’abord par les discours de peur des uns et des autres, technique grossière pour faire croire aux gens que le mal qu’on leur fait, c’est pour leur bien (mais manifestement, ça marche), du rejet de ceux qui ne sont pas comme nous. Saoulée parce que j’ai l’impression qu’ils nous promettent tous les quatre cavaliers de l’apocalypse si on ne se serre pas encore la ceinture un cran de plus… sauf certes Mélenchon et Hamon. Mais surtout, je suis saoulée de voir qu’en France, on n’était pas tellement choqué par les malversations et autres petits combines des uns et des autres (mais bon, surtout de certains) parce que, hé, “tout le monde le fait”. Alors je ne jurerai pas de la totale honnêteté de ceux qui n’ont pas de nuages au dessus de leur tête car je ne sais pas, en mon âme et conscience, s’ils sont totalement honnêtes ou s’ils ont juste réussi à ne pas se faire prendre mais il semblerait que certains aient encore un minimum de conscience. Nous avons donc sur nos onze candidats à la présidentielle deux mis en examen, un avec une enquête préliminaire pour favoritisme (ok, pas lui directement mais le boulet se rapproche) et ces trois là sont en tête de tous les sondages… Alors ok, les sondages ont la valeur qu’on leur donne et je suis à peu près persuadée que Macron, dans six mois, tout le monde aura oublié son existence mais il n’empêche que ça m’interroge… Comment peut-on voter en toute sincérité pour une personne qui vole, triche, ment ? Surtout quand ces gens là nous parlent de faire des efforts parce que tu comprends, la France va mal. Je vais pas trop insister sur ce point, je vais finir par être vulgaire.

La France va mal

Taper « la France va mal » dans google images est une expérience très désagréable…

Et puis il y a les programmes sur lesquels des gens plus experts que moi se penchent, qu’ils t’expliquent que ça et ça, ce n’est pas réalisable, possible, que c’est juste du blabla politicard pour te faire voter pour eux et que, t’inquiète, ça n’arrivera jamais. Et non, je ne parle pas ici du revenu universel, Piketty t’expliquera mieux que moi)(faut vraiment que je lise son bouquin d’ailleurs). Et pourtant, on votera quand même pour elle, pour lui, parce que c’est notre famille politique, tu comprends. Non, je comprends moyen en fait. Alors c’est sûr, à gauche, nous, on a deux candidats (non, pas Macron, non) donc si l’un se révèle pourri jusqu’à la moelle, on peut éventuellement se rabattre sur l’autre. Je parle bien sûr ici de voter en fonction d’une couleur politique et pas d’un programme. Mais si mon champion était impliqué dans what milliards d’affaires judiciaires, non désolée, j’irai au pire voter blanc mais je ne lui donnerai pas ma voix. Parce que voter pour lui parce que “tu comprends, je ne veux pas la droite/la gauche au pouvoir”, non sérieux, faut arrêter. Voter pour une personne qui n’est pas rigoureusement honnête, c’est donner l’autorisation de continuer à s’en foutre toujours plein les poches pendant que nous, on repasse à la caisse pour combler les trous. Je n’ai aucun souci à payer des impôts, juste que j’aimerais que cet argent soit remis à ceux qui en ont vraiment besoin.

La corruption en politique

Alors pourquoi tu votes, toi qui t’en fous des malversations mais qui choisit une couleur politique pour des raisons X ou Y ? Pourquoi tu votes, toi qui t’en fous de t’informer ? Pourquoi je vote, moi qui n’y crois plus ? Je me dis souvent que notre système politique est malade et qu’il faudrait le réformer. Qu’il faudrait trouver un système pour qu’il n’y ait plus de carrière politique, qu’on ne soit plus gouvernés par des mecs qui ne connaissent du monde du travail que ce qu’ils en voient dans les rapports qui échouent sur leurs bureaux. Mais là, c’est trop tard, de toute façon… Et il y a de fortes chances que je vous ressorte le même refrain dans cinq ans. Youpi…

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