La romance, ingrédient indispensable du roman ?

J’écris. Je gratte, gratte sur les feuilles blanches, tape avec frénésie sur les touches de mon clavier. J’ai mon histoire en tête, mes personnages en place. J’imagine naturellement que John et Annabelle finiront ensemble sauf que parfois, les lignes de texte les éloignent l’un de l’autre, jusqu’à ce que leur relation devienne illogique, inattendue… et non souhaitée. Mais est-ce que la romance est indispensable dans un roman ?

Spencer et Caleb dans Pretty little liars

Pas compris la pseudo liaison créée entre ces deux là

En ce moment, je réécris Technopolis. Dans la version 1 du truc (que je dois mettre en autoédition un jour, ça doit faire un an que je me dis que je dois le faire mais faut que je fasse ma couv et prffffffffff), il y avait une histoire d’amour au coeur du truc. Je réécris et je fais démarrer l’histoire avant, quand Oceany rencontre les rebelles et du coup… ben plus j’avance, moins je vois l’intérêt de la maquer avec Ethan (alors que Juan se positionne plutôt bien). Mais encore, Oceany, je peux la caser avec quelqu’un d’autre, au pire. Alors que voici Madeleine. Je lui avais prévu une petite histoire sympa mais plus j’avance dans mon écriture, moins cette histoire n’a de raison d’exister. On serait à la limite du rebondissement malhonnête, un peu le côté “ah mais j’arrive sur la fin du roman et j’ai oublié la romance… bon bah embrassez-vous, les deux-là, merci”.

Joey et Rachel s'embrassent

Et au fond, est-ce grave ? Je me pose vraiment la question, je n’ai pas un avis tranché. Si je prends la liste des derniers romans que j’ai dévorés, il y a parfois des romances (L’amie prodigieuse), parfois sans grand intérêt (La zone du dehors), parfois sortie un peu de nulle part parce qu’on a l’impression que ça faisait partie d’une liste à cocher (Le pouvoir de Naomi Alderman dont je dois vous parler, d’ailleurs), des fois pas du tout (Metro 2033). Et y a des fois où vraiment, c’est agaçant cette sensation que chacun doit trouver sa chacune (chacun/chacune, oui). Genre Un monde après l’autre ou encore la saga La ballade de Pern de Anne McCaffrey où un des romans qui liait John et Jane en mode “ah bé ils restaient qu’eux deux, de toute façon”, m’avait lassée et je crois que je n’ai jamais fini la saga parce que bon, à un moment, les romances forcées, ça me gonfle un petit peu…

Les dragons de Pern

Seulement, est-ce qu’on ne regarde pas un film ou ne lit-on pas un livre en espérant sa petite dose de romance ? Faut dire que dans les années 80-90 (là où j’ai constitué mon imaginaire, en fait), le héros ramassait toujours l’héroïne à la fin, le personnage féminin n’était généralement qu’un love interest sans grande épaisseur, belle et c’est bien tout ce qu’on lui demande. Sauf que moi, j’ai pas envie de reproduire ce schéma là vu que c’est pas super féministe, déjà… Si romance il y a, ce sera entre deux personnes parfaitement indépendantes qui ne seront ensemble que par envie et non par besoin ou par nécessité  mathématique de chacun veut sa chacune.

Dolores, le love interest par excellence

Seulement, la romance peut ajouter un enjeu. D’abord scénariser une montée en tension érotique entre deux personnages et si c’est bien foutu, le lecteur ou la lectrice va dévorer les pages jusqu’à ce premier baiser tant attendu. Bon, peut-être plus des lectrices mais je n’en sais rien, en fait, est-ce qu’il existe une étude là-dessus ? Bref, ça peut encourager de pages en pages et puis… ça peut rajouter une raison d’agir. Alors une fois de plus, attention au cliché de la demoiselle en détresse, ce n’est pas tant le sujet, mais l’amour peut donner une raison de se battre, quelqu’un à protéger. Ca pourrait faire un article intéressant, les MacGuffin des personnages…

Princess Bride, une romance rigolote

Mais la semaine prochaine, on va parler des petits gestes ambigus, toujours dans cette idée de romance, j’ai pas mal de choses à développer, encore.

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Les tue l’amour

(Aujourd’hui, je suis malade donc j’écris un article rigolo et inutile, en attendant les aventures de Victoire, Océane, Fulbert, Anne et moi-même)
 
Allongée sur mon lit, écrasée par la chaleur et par la fièvre, j’ai eu une conversation édifiante avec Victoire en fin d’après-midi, par téléphone interposé. J’ai donc décidé de
rédiger un petit article sur ce qui tue l’amour chez les hommes. Je précise avant tout à mon lectorat que j’ai de la fièvre donc si cet article part dans un verbiage délirant, vous comprendrez pourquoi.
 
Imaginez la scène suivante : cela fait six mois que vous courez après Paolo, votre charmant voisin aux yeux verts étincelants et aux fesses délicieusement bombées. O Seigneur,
Paolo se rend enfin compte de votre existence et, mieux, il vous propose d’aller prendre un verre. Cette invitation est-elle pleine de sous-entendus ? Vous décidez que oui donc opération épilation, gommage, autobronzant (j’ai découvert ce produit, hier, j’ai une mine ravissante malgré ma fièvre, mais j’ai une vilaine trace sur le bras !), vous enfilez votre string fétiche (celui qui donne envie d’être enlevé), vous vous parfumez dans les coins stratégiques… En somme, vous vous faites belle pour la brouette du siècle.
 
La soirée se déroule à la perfection, vos jambes et vos mains se frôlent, vous lisez dans ses yeux la promesse d’une nuit des plus torrides. Vous lui proposez habilement de venir boire un dernier verre chez vous. L’ambiance est parfaite : un délicieux vin rouge, des bougies, une douce conversation et, inévitablement, vos lèvres finissent pas se croiser. Les caresses se font de plus en plus précises, ses mains commencent à se promener sous vos vêtements. Excitée comme une puce, vous le traînez dans votre chambre et entreprenez de vous effeuiller mutuellement. Au moment de lui retirer son jean parfaitement moulant, quelle surprise : le monsieur a pris l’initiative de porter un string… Evidemment, voir le paquet de monsieur moulé dans ce ridicule bout de tissu qui s’insinue entre les fesses déclenche un irrésistible fou rire. A partir de là, la brouette est définitivement compromise : outre le fait qu’une bonne tranche de rigolade n’entretient pas vraiment la libido, l’ego de monsieur sera irrémédiablement froissé.
 
J’aimerais savoir qui a eu l’idée d’inventer les strings masculins… Avec Victoire, nous rigolions sur les dessous masculins : rien n’est vraiment sexy mais le string, c’est
vraiment l’optimum du ridicule. Messieurs, pour vos rendez-vous galants, préférez un boxer, c’est ce que nous aimons le plus.
 
Parties à délirer sur les tue l’amour, nous en sommes donc arrivés aux chaussettes. Vous savez, les vieilles chaussettes de tennis blanches qui virent au gris avec les deux bandes de couleur, en haut… J’avoue que mon ex avait une passion pour ces chaussettes et adorait sortir de la salle de bain avec les chaussettes montées jusqu’aux genoux et le slip sloggy remonté jusqu’à la taille… Rassurez-vous, cet attirail n’avait pour but que de me faire rire, pas de m’exciter.
 
Les tue l’amour sont nombreux et varient selon les personnes, je pense qu’il y aura bien quelqu’un pour me dire qu’il aime les strings masculins (tous les goûts sont dans la nature…)… Pour ma part, je suis assez allergique à la saleté. L’autre jour, je discutais avec un jeune homme qui m’avait plu, dans le temps, et soudain, j’ai eu un choc. Ses dents étaient jaunes ! Mais depuis quand ne s’était-il pas lavé les dents, celui-là ? Et dire que j’avais voulu mettre ma langue là-dedans à une époque ! Profondément troublée, je ne voyais plus que ces quenottes et je suis partie assez vite, dégoûtée… Gauthier m’a raconté qu’une fois, il avait ramené un jeune homme chez lui mais une fois qu’il l’avait déshabillé, il l’avait renvoyé chez lui illico, tant le jeune homme était d’une propreté douteuse. Je pense que, dans la société où l’on vit, prendre une douche par jour quand on en a la possibilité n’est pas un luxe mais un réflexe. Coucher avec un crado, il n’y a pas moyen.
 
Ne soyons pas mesquines, il y a également des tue l’amour chez les femmes… Nous en parlions avec Victoire, tout à l’heure : le collant. Déjà, il faut trouver la bonne taille
et ce n’est pas évident : pour ma part, soit le collant s’arrête à mi-hanches, soit il monte jusqu’à la cage thoracique… De plus, les hommes ont du mal à se débattre avec un collant, ce n’est pas pratique à enlever. Si vous avez une brouette de planifiée, préférez des bas. J’ai d’ailleurs remarqué que les bas inspirent beaucoup les hommes et la plupart préfèrent ne pas les enlever, réminiscence de leur adolescence passée devant les films pornographiques. Autre dessous peu engageant : la vieille culotte petit-bateau qui vire au gris et qui poche au niveau des fesses. Mesdemoiselles, les hommes aiment la soie et la dentelle ! Et puis la soie, c’est doux sur notre peau si délicate, pourquoi ne pas en profiter ? Ça fait plaisir à tout le monde…
 
Et l’épilation ? Je ne connais pas beaucoup d’hommes qui apprécient de caresser une jambe poilue. La nature nous a ainsi faites, pourquoi vouloir à tout prix lutter contre
notre pilosité ? Je peste à chaque fois que je m’épile mais, honnêtement, je me trouve plus séduisante avec des aisselles lisses et des jambes imberbes… Il est intéressant de voir à quel point j’ai intégré cette norme. Un jour que je discutais avec des amis dans mon ancienne université à tendance anarco-communiste, une jeune fille s’approcha de nous pour nous demander une cigarette. Vêtue d’un débardeur, elle laissait voir des aisselles velues qui m’ont interpellées. Une femme poilue, je ne suis vraiment pas habituée et, pour être honnête, je trouve ça inesthétique.
 
Enfin, il y a des paroles qui vous cassent une ambiance. Gauthier m’a raconté qu’une fois, il était en préliminaires avancé avec un gars qui lui a lâché un poétique « bourre-moi »… Suite au fou rire de Gauthier, la brouette n’a pas été conclue.
 
Un peu d’autodérision : alors que j’étais avec mon ex, nous étions bien partis, aussi, quand j’ai lâché un guttural « oh oui !!!! »… A ce moment-là, j’avais une voix très féminine. Mort de rire, mon ex m’a regardé et m’a demandé : « Robert ? ». Bon, comme je l’ai dit plus haut, une fois qu’on est parti à rire, il est difficile, voire impossible, de rattraper une brouette.
 
De façon générale, je crois que dans ces moments-là, il vaut mieux se taire et savourer car c’est fou ce qu’on peut dire sous le coup de l’excitation. Et des fois, ça tue
l’amour !
 
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