Ce roman que je ne finirai pas de lire : je suis Pilgrim

Voilà, c’est décidé. Au bout de presque 400 pages, ma sentence est irrévocable : Je suis Pilgrim va rejoindre la petite pile des livres que je n’ai pas terminés (alors que je suis allée au bout d’Ulysse, un des livres les plus abandonnés du monde). Sauf que c’est décidé, cette pile, elle va grossir un peu plus : j’ai pas assez de temps à consacrer à la lecture pour me gâcher ça avec un mauvais roman.

Je suis Pilgrim

Passons rapidement sur le pourquoi ce roman m’a saoulée. Je dirais « beaucoup trop américain ». On tombe sur un héros trop fort, trop intelligent façon Robert Langdon ou Darwin Minor. Ou Jason Bourne manifestement vu que l’on compare généralement les deux mais je n’ai vu aucun Bourne donc je vais y aller mollo sur cette affirmation. Donc c’est raconté à la première personne du singulier sur un ton « je fais un peu genre que je suis modeste mais je sais que je suis le plus fort », un flic héros, un méchant terroriste musulman qui pop dans le roman totalement gratos, le tout arrosé à la sauce « c’est nous les Américains, c’est nous les gentils ». Amy m’ayant confirmé que ça allait être ça sur les 500 pages suivantes, j’ai laissé tomber.

Jason Bourne

Et c’est pas une démarche si évidente pour moi. Que je n’ai pas la fin de l’histoire, je m’en contrefous : on sait que le terroriste musulman va presque y arriver mais que le héros (qui ne s’appelle toujours pas Pilgrim alors que j’approchais de la moitié du roman) va le contrecarrer. Quant à l’enquête policière initiée en début de roman… ben vu qu’on ne sait pas qui est la victime à mi-roman, je me fous bien de savoir qui l’a tuée (même si je pense que c’est la random bonnasse qui a interrogé notre héros en début de roman et qu’elle a été tuée par random bonnasse n°2, celle de la conférence de presse. Les personnages féminins sont super bien écrits, elles ne sont vues qu’à travers le désir qu’elles suscitent ou leur lien de parenté avec le flic héros ou le terroriste. Mais on a quand même droit au laïus en mode sourcils froncés du terroriste musulman qui a une vision arriérée de la femme). Souvent, je m’accroche a des romans moyens pour voir si j’ai bien deviné qui était l’assassin mais là, 900 pages pour savoir qui a été tué par qui et découvrir que le terroriste musulman n’a pas réussi à propager sa variole, pas l’envie et surtout pas le temps.

11 septembre

Oui, évidemment, le 11 septembre n’est pas oublié

Parce que j’ai une pile à lire démentielle. En ce moment, je lis assez peu : ma liseuse est déchargée depuis bien un mois car j’écris. Là par exemple, je suis dans le RER, voyez… Donc j’écris des articles dans le métro le matin, j’écris des romans dans le métro le soir, j’écris mon journal intime et un peu de roman avant de dormir… mais je continue à lire. Parce que mes fictions ne me suffisent pas, parce que j’adore lire, pénétrer de nouveaux univers, me faire embarquer dans un récit. Quand j’écris, le suspense est un peu limité, même si je prends parfois des chemins auxquels je ne m’attendais pas…

pile à lire

Du coup, je ne dois pas perdre de temps. En l’occurrence, ce livre, je l’ai pas acheté mais emprunté a maman donc je peux l’abandonner sans état d’âme. Mais je laisse sa chance au produit. Là par exemple, j’ai débuté un nouveau roman, La promesse de l’ange, qui me laissait un peu dubitative mais ça commence à devenir intéressant vers la page 100. Ouf. Sinon, je l’aurais rangé dans la catégorie « roman que j’ai pas fini et dont je vais dire du mal ». Même si ça me suscite pas mal d’idées d’articles. Hmm.

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Jésus, ou le succès d’une secte

Par Lucas

Rappelez-vous.

C’était il y a quelques semaines.
Je vous quittais sur un laïus avec cette promesse d’article sur la religion et Tatiana avait marqué sa désapprobature  sur le sujet, en sentant venir Victor (vous ne connaissez pas polémique Victor ?)
Bref, venons-en aux faits au lieu de faire de fulgurants traits d’esprits qui ne lassent pas de lasser Diane laissée esseulée, si si, cela se lit sans lazis.


Bref disais-je,

Lucas est un intégriste.
Pardon je vous la refais.
Je suis un intégriste (autant assumer).
Intolérant au possible,
Fermé à tout débat,
Incapable de subtilités pour convaincre le croyant,
Brut de décoffrage,
Et je le vis trrrrrrrrrès bien.

Cette attitude est le résultat de 15 ans de discussion avec des cathos.
Ceux qui ne sont pas d’accord avec moi peuvent rester dans leurs convictions, moi je nage dans l’absurde et j’y suis fort aise. Vous savez l’absurde, la philosophie de Camus. Cette idée comme quoi notre présence sur Terre n’a aucun sens et…
mais je m’écarte du sujet…

Je suis un intégriste disais-je.
Pratiquant forcené.
Je suis athée.
Non, pas agnostique, athée.
Sur Jésus Christ, j’ai fait une croix. (merci Vincent Baguian pour cette canzone)

Voila 20 ans que je parle religion avec des croyants sans qu’on réussisse à faire avancer le débat.
J’ai donc renoncé à avoir une discussion intelligente sur le sujet.
J’ai surtout renoncé à avoir une tolérance.
Car  je ne comprends pas.

Je ne comprends pas le fait que moult personnes croient qu’il y a un Dieu là haut.

ATTENTION !
Je précise tout de suite.
Je ne veux même pas admettre l’existence d’un créateur omnipotent.
Tous les scientifiques s’accordent sur le fait que notre voie lactée, voire même plus largement l’univers connu n’est qu’un atome d’un ensemble encore plus immense, un ensemble même pas concevable à notre échelle humaine. Comme si un acarien voulait s’imaginer la planète Terre, toute proportion gardée c’est un peu ça et encore, je minimise…

Mais quand bien même une force indescriptible et incommensurable serait à l’origine de tout ça,
Pourquoi faire d’elle une divinité à qui il faudrait donner allégeance et / ou respecter les règles instaurées avec des ppes de vie à la con et des impératifs dénués de fondements ?

Même si on admet qu’il y a un Dieu là haut, quess qui nous dit qu’il n’a pas crée notre univers comme d’autres mâchent leurs crottes de nez ou font des sudoku : pour s’occuper…

Ce que je comprends encore moins avec les gens qui croient en un Dieu quelconque, ce qui me rend fou furieux, c’est cet enrobage chrétien, musulman, bouddhiste, que sais-je encore. Hey les gens, Allah, Dieu le père, etc, sont-ils tous une seule et même personne ou se font-ils des belotes entre potes ?
Parfois je me dis que Jesus, Marie et Joseph, ont été inventé par Raoul, le précurseur des sectes et que la sienne a graaaaaave marché. Ou tout simplement un mec qui voulait assoir son pouvoir sur les autres avec un c’est pas moi qui le dit moi chuis qu’un instrument, un messager…

Aujourd’hui en 2008 j’ai l’impression d’assister à un retour à la religion, comme les américains l’ont fait il y a 10 ans, comme si ca rassurait la population de se dire qu’une force au dessus va peut-être… (mais faire quoi au juste ?)
Quand je vois l’évolution de l’humanité, les millions d’années pendant lesquelles l’être humain s’est façonné, de Lucie à Neanderthal, je me pose des questions. Tiens, je vais les poser seulement aux chrétiens…

Pourquoi Dieu ne nous a pas fait parfait dès le départ et qu’il a attendu ses millions d’années pour que notre cerveau progresse ?
Pourquoi Dieu nous a-t-il fait croire à ces personnages loin des australopithèques et d’ores et déjà formés, ces êtres que sont Adam et Eve ?
Pourquoi les chefs de la religion catho ont-ils toujours stigmatisé le plaisir et notamment le sexe ?
Pourquoi Dieu a-t-il attendu Cro Magnon pour envoyer Jicé faire son David Copperfield ?
Je pourrais continuer les questions ad libitum mais on n’a pas que ça à faire.

En fait, à mes yeux, une religion c’est une sorte de système conçu par un être humain, un mec (ou une nana) qui invente des règles, des principes, tout ça, et qui a lu et compris « Petit Traité de Manipulation à l’usage des Honnêtes Gens ».
Après tout, le catholicisme à Rome, n’est ce pas le triomphe d’une secte sur la religion d’Etat ?

Car enfin si le Dieu catho existait pourquoi aurait il laissé les Romains, les Grecs, les Phéniciens, tout ça, balancer leurs Junon, leurs Hera et tout le bazar pdt des années et des années avt de se dire : ça suffit maintenant, JC tu descends mettre le holà…
(ce que la bible ne dit pas c’est que à ce moment là, Dieu était tellement vénère qu’il a fait un dobeul jeu de mot, mythique, en disant : « Purée, ça va chier, j’vous prie d’me croire ! » [merci Vincent Baguian]

Je pourrais aller plus loin.
Et parler de toutes ces personnes qui se disent non croyantes mais qui vont se marier à l’église parce que tu comprends c’est plus festif et grandiose qu’à la mairie. Bah non j’comprends pas et je trouve que c’est une hypocrisie odieuse qui vient dénaturer la pureté de l’engagement.

Parfois je me dis que la seule chose qui pourrait nous faire croire en Dieu c’est l’invention de l’orgasme. Ce qui nous pousse à nous reproduire et maintenir l’espèce : c’est peut-être par fainéantise qu’un dieu a inventé ce stratagème de l’orgasme pour en faire un automatisme.

Je vous laisse sur ce grand n’importe quoi et je vais aller me pencher sur la possibilité de me faire du fric en commercialisant des osties au gout malabar.

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Faut-il engueuler les copines quand elles déconnent (selon nous ?)

Dans la vie, j’ai plusieurs sphères : boulot, famille, amours (enfin euh…) et amis. Tout ça n’est pas imperméable, bien entendu. Aujourd’hui, je voudrais vous parler de la sphère amicale. En fait quand un(e) ami(e) déconne, faut-il l’engueuler ou pas ?

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Début janvier, après une rupture pas bien violente mais qui fait un peu chier quand même, j’ai la bonne idée d’aller me consoler dans les bras d’un ancien amant. Arrivée 23h30, départ de chez lui 0h30 parce que le monsieur m’a gentiment indiqué qu’il avait encore du boulot et que si je voulais bien partir… Je raconte ça à Lucie qui s’énerve : « je te préviens que si tu le revois celui-là, tu vas avoir affaire à moi ». Gloups ! Ce qui est bien, c’est que si ma conscience me lâche à la perspective d’une brouette, la perspective de me prendre un tir par Lucie me calme instantanément. Non parce que Lucie, c’est une amie du genre « putain mais t’as fini tes conneries, oui ? ». Dans le genre secouage de puces, on fait difficilement mieux.

Ce n’est pas toujours facile de jouer la méchante copine. Ben oui, c’est plus facile de toujours acquiescer genre « je suis ton amie que tu adores parce que je te contredis jamais ». Sauf que quand on est amie, on est pas censé dire à ceux qu’on considère comme tels qu’ils déconnent quand ils le font ? C’est pas évident comme question. Par exemple, j’ai une copine qui « sort » avec un type pas toujours très correct avec elle, y a des fois où il me fout bien les boules quand même et je me prive pas pour le faire remarquer à la copine. C’était pareil avec Zoé à l’époque, des fois, je m’énervais un peu : « mais tu bloques ta vie pour lui des fois qu’il t’appelle à 23h parce qu’il a envie de te voir. Tu sors plus, tu vois plus personne, tout ça pour même pas le voir ! ». Donc en tant qu’amie, mon rôle est de souligner que certaine situations sont pas normales, quand même. Mais. Oui, il y a un mais. Non parce que je suis quand même pas leur mère à ces demoiselles donc une fois que j’ai souligné la connardise de ces messieurs et que j’ai fait mon laïus « mais te laisse pas traiter comme ça, impose-toi », ben, il n’est pas décent d’insister. Enfin, je crois.

Parce que leur vie n’est pas la mienne et même si j’ai pas envie de les voir malheureuses à cause de M. Connard, je vais pas non plus camper chez elles pour vérifier qu’elles ne le voient pas quand même. Parce que je suis pas leur mère, comme je disais, et puis qui suis-je pour décider si tel mec est bien ou pas ? Même quand il prouve sa connardise de façon flagrante, parfois. Mais j’ai exposé mon avis et point. Je les appelle pas toute la nuit pour vérifier qu’elles sont seules parce que la nuit, je dors, d’abord. Puis je suis censée être amie, pas tôlière.


Après tout, moi aussi, j’ai eu des connards, je suis pas forcément la mieux placée pour faire la leçon. Et même quand mes copines viennent pleurer sur mon épaule, j’évite le glacial « ah ben je te l’avais bien dit ! » bien sec genre « et ben c’est ta faute, t’avais qu’à arrêter quand je l’ai dit ! ». Non, je suis pas une vraie méchante copine. Parce que j’aimerais me planter quand je dis « c’est un connard qui te fera souffrir », j’aime mieux quand mes copines sont heureuses parce que le bonheur, c’est toujours un peu contagieux. Et puis j’aime bien qu’on me montre que « non, regarde, les mecs biens, c’est pas un mythe, je sors avec l’un d’entre eux ! ». Bon, je dis ça mais j’en ai eu des biens aussi, hein ! Non parce que faut pas croire que j’essaie de démontrer à mes copines que leurs mecs sont des enfoirés parce que je suis jalouse d’elles, c’est pas ça du tout.

Donc voilà, ma copine en ce moment, je lui ai dit 150 fois que « il te respecte pas, envoie le chieeeeeeeeeer ! », elle a reconnu que des fois, il avait été en dessous de tout. Mais maintenant, si elle retourne dans ses bras, suis-je censée lui faire la gueule ? L’engueuler comme du poisson pourri ? Lui rappeler pourquoi c’est un connard ? Ou alors me taire, juste signaler que je n’approuve pas et attendre de voir. Après tout, peut-être qu’il se rattrapera. Sinon, on fera une soirée kleenex, c’est pas mes préférées mais l’amitié, c’est pas que quand tout va bien.

Bref, copine, tu fais ce que tu veux (mais notre contrat court toujours, mouarf !), je ne t’engueulerai pas. Parce que je suis pas ta mère, quoi, et j’aime pas engueuler les gens, j’ai suffisamment à faire avec Kenya !

 

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Nina prend le taxi

Il était une fois une jeune fille de 25 ans, pleine d’espoir en la vie et belle comme le jour… Non, je plaisante ! Il était donc une fois moi, une fille de 25 ans qui avait la lose, mais à un point inimaginable. En fait, cette fille alterne chance et malchance à une vitesse incroyable, si bien qu’une belle histoire peut se transformer en catastrophe.
 
Dimanche soir, je me couche, totalement enrhumée. Je pleure du nez, j’ai chaud, ça ne va pas du tout. Lundi, pareil, mardi, pas mieux. Mercredi matin, je me sens un peu mieux. 11 h, téléphone : je suis réveillée mais je paresse au lit. Au bout du fil, Bouc et Moustache : « je te réveille ? ». Bon, on discute un peu puis il m’annonce : « pour le boulot, tu vas être convoquée bientôt, tiens toi prête ! ». Oui car Bouki quitte son poste et à qui il a pensé pour lui succéder ? A moi, of course (bon, il a aussi pensé à Helmut Perchu, un de ses fans assidus et néanmoins ami) ! Mercredi soir, alors que j’écris des articles pour un webzine (même pas pour mon blog !), téléphone à nouveau, je reconnais le numéro de Bouki.
« Tu fais quoi, ce soir ? me demande-t-il.
Rien de spécial, j’ai des articles à écrire.
Bon et tu fais quoi demain ? Ça te dit une brouette ? [non, je plaisante, il n’a pas dit la dernière phrase]
Heu rien.
Bon, à 17h15, tu es attendue à la mairie de Ste Agathe des Chemins pour ton entretien. »
Oh, Seigneur ! Je raccroche et prudente, je cherche comment me rendre à la mairie de Ste Agathe des Chemins [ça n’existe pas en vrai, ne cherchez pas !]. Et là, le cauchemar : la RATP ne connaît pas cette ville et refuse de me dire comment m’y rendre. Je passe donc deux heures à trouver un trajet, secondé par mon adorable Guillaume qui sentait que je commençais à paniquer. Bon, je finis par trouver un trajet : train n°1, train n°2, bus. 1h20 de transports, tout va bien, je gère. Le souci majeur, c’est que je ne me sens pas au top de ma forme avec mon foutu rhume, j’ai peur que ça me desserve un peu. Surtout que Bouki m’a honnêtement précisé que je serai en concurrence avec Helmut Perchu dont je ne connais absolument pas le parcours mais, curieusement, de savoir que nous ne sommes que deux sur le poste, ça me fout un stress terrible surtout que je te rappelle, lecteur, que je n’ai jamais eu d’expérience en tant que salariée.
 
Jeudi matin, je me lève (et ne bouscule personne, comme d’habitude), je travaille sur mon press book en matant les maternelles, en attendant qu’on me livre mon bureau. Le bureau arrive, mon press book est prêt, je mets en page mes articles pour mon webzine. Je suis au point ! Je fouille sur le site de Plume sur Berges pour trouver les bulletins municipaux, je prends des notes : je suis parée ! Une petite douche, un peu de parfum et de maquillage, je suis au top !
 
15h43, je quitte mon appart : le train est à 15h48, tout va bien. Arrivée sur le quai à 15h45, mon sang se glace : j’ai oublié mon press book ! Je cours chez moi, je le récupère mais drame : quand je ressors, le train est déjà à quai. Même en courant, je ne l’aurai pas. Je fonce à la deuxième gare à pied, train n°2 est à 15h59, j’y arrive à 16h02… Bon, c’est la panique totale, le prochain train passe une demi heure plus tard. Il est hors de question d’arriver en retard donc aux grands mots, les grands remèdes, je décide de prendre un taxi. Oui, je suis fauchée mais c’est pas grave, je n’ai plus le choix.
 
Je trouve une station de taxi et monte dans le premier qui se présente. Je me pose et déjà, premier constat : ma ceinture ne marche pas.
« Vous pouvez me conduire à Ste Agathe des Chemins dans le ** ?
– C’est où ?
– Pas loin de Sainte-Hortense les Foins.
– Ah, d’accord ! ».
Bon, confiante, je m’enfonce dans le siège. Il est 16h10, une heure pour rejoindre la mairie, c’est jouable. Le mec démarre et là, je commence à douter : tandis qu’il conduit de la main gauche (menaçant les ailes de toutes les voitures à nos côtés), il fouille sur un plan de la droite. Finalement, au bout de dix minutes, il se gare et appelle un ami pour lui demander le chemin. Car évidemment, il n’a pas de GPS. Je sais pas pourquoi, je le sens mal.
 
On se retrouve sur une nationale, le temps défile et je commence à angoisser, dans ma tête, sublime dialogue :
« Pas de panique, ça va aller
– Non, tu n’y seras jamais, c’est pas possible ! »
Stressée, je décide de partager mon angoisse avec Guillaume (charmante que je suis). Le trafic est dense mais fluide, ça va aller, j’aurai même le temps de me fumer une cigarette avant l’entretien. 16h45… Le monsieur recommence à regarder son plan, c’est plutôt mauvais signe, il me semble… 16h55, je lui demande d’une voix tremblante : « on est bientôt arrivés ? Non parce que j’ai un rendez-vous très important à 17h15… » Bon, non, on n’y sera pas. J’appelle donc Bouki qui me demande où on est et quand je lui explique, il me fait : « mais comment t’as fait pour te retrouver là ?
– Ben j’ai pris le taxi.
– Mais en partant d’où ?
– De chez moi…
– Ah, intéressant ! ».
S’ensuit une belle balade en campagne, je suis désespérée : voilà, je suis en retard. Je harcèle le pauvre Guillaume de textos : « Le chauffeur de taxi est perdu, je vais me pendre », « comment perdre 100 euros et un boulot dans la même journée par Nina. J’ai envie de pleurer ». Parce que, franchement, j’ai très envie de pleurer : je suis tombé sur le seul chauffeur de taxi qui ne sait pas lire une carte ! Ça ne pouvait arriver qu’à moi, tiens ! Donc je prends une résolution : je vais à mon entretien et une fois rentrée chez moi, je pleure toutes les larmes de mon corps. Mais pas avant, ça ne le fait pas de se présenter avec du maquillage dégoulinant.
 
Le chauffeur de taxi, sentant mon angoisse, me fait poliment : « Ne vous inquiétez pas pour le prix, hein !
– C’est pas pour le prix que je m’inquiète mais pour le boulot que je viens de rater ! ». Bon, il m’a dit ça sans doute parce qu’il avait vu que j’avais recopié sa plaque sur un papier… Enfin, à 18h, on arrive sur place mais comme je suis très en retard, Helmut doit passer avant moi. Le monsieur du taxi me fait une ristourne de près de 25 euros (je paie quand même 70 euros), je cours à la mairie.Je fume une clope à une vitesse hallucinante et je monte à l’étage, m’installant dans les confortables sièges. Après avoir lu deux, trois articles pour mon webzine, je me plonge avec délectation dans la lecture de 1984 d’Orwell, en attendant.
 
Enfin, c’es mon tour, je discute deux minutes avec Helmut que je ne connaissais pas encore puis je rentre dans la petite salle, j’ai face à moi quatre personnes : deux personnes je me souviens plus qui c’est, le maire et Bouki, donc. C’est mon premier entretien pour un boulot et ça me rassure un peu d’avoir un ami dans le lot. Bon, je me vends comme je peux avec ma voix nasillarde, je démonte à peu près 800 fois mon stylo en un quart d’heure (oui, faut toujours que je tripote un truc, même quand je suis calme), je montre que j’ai bossé mon entretien en parlant du journal, je mets en avant mon expérience dans un journal local. A un moment, question qui tue : « quelle est votre principale qualité et votre principal défaut ? me demande le maire.
– Heu… Défaut : je suis impatiente ! Qualité…hum… je pense que je suis conciliante. Ah et je suis curieuse, c’est pour ça que j’ai voulu faire du journalisme » et me voilà partie sur un laïus sur ma vocation, l’envie de toujours apprendre, de faire des rencontres…
 
Fin de l’entretien, je sors discuter un peu avec Helmut et je lui montre mon press book puis Bouki arrive et nous traîne au bar. Là, je m’offre un Blue Lagoon parce que je l’ai vraiment mérité ! On discute, Bouki regarde un peu mon press book et découvre en avant-première mon interview de Nicolin pour Over Blog. Il me dit que je devrais faire attention à cacher un peu mes tremblements (oui, c’est naturel chez moi alors si on rajoute le facteur stress, ça fait limite Parkinson) et de pas jouer avec mon stylo quand je parle. On repart ensuite à la gare, Bouki me suit jusqu’à ma gare car il prépare un nouveau billet rose. En trajet, on discute un peu, je commence à lui raconter que je suis dégoûtée par cette histoire de taxi et par ma maladie qui fait que je n’ai pas été au top pour mon premier entretien. A un moment, il est un peu inquiet car mes yeux brillent et mes joues sont rouges mais je me sens pas particulièrement émue donc c’est soit l’alcool, soit un accès de fièvre (au choix).
 
On se quitte à la gare (hé oui, ce n’est pas moi le billet rose), je rentre tranquillement chez moi et là, la lose continue. Je prends mon courrier, j’enfonce la clé dans la serrure, je pousse et je ne peux ouvrir la porte que de quelques centimètres : que se passe-t-il ? Je regarde par terre, pensant que Kenya avait fait quelque chose et, là, sueur froide : cette andouille a réussi à bloquer la porte avec une tige en métal qui sert de verrou intérieur ! Oui, vous savez, les tiges en métal qui enserrent un clou et qui permettent d’ouvrir la porte de quelques centimètres sans que l’intrus puisse entrer… Ben ma chatte est super intelligente, elle a réussi à la mettre toute seule. Je m’escrime un peu, impossible d’ouvrir la porte. Je referme le battant et j’appelle Guillaume, totalement désemparée et au bord de la crise de larme. A peine a-t-il décroché que j’entend un grincement particulier : Kenya a enlevé la tige ! Non parce que ma dernière option était casser un carreau et passer par la fenêtre… Je rappelle à mon lectorat que nous sommes presque en hiver, il fait froid…
 
Et puis pour en rajouter encore un peu, hier soir, j’ouvre une lettre de mes parents qu’ils me disent qu’ils m’aiment et que je dois m’accrocher pour réaliser mon rêve. Ben, là non plus, j’ai pas pleuré mais c’était vraiment pas loin… Faut vraiment que j’apprenne à ouvrir les vannes quand c’est nécessaire…
 
Je finis donc la journée sur les rotules, j’en peux plus, j’ai évité trois crises de larmes in extremis… Tout ça pour quoi ? Ben, pour ne pas avoir le poste. Motifs invoqués : j’habite trop loin et Helmut a plus d’expérience que moi. L’histoire ne dira pas si la distance avait joué contre moi si j’étais arrivée à l’heure. Toujours est-il que je vois le positif de la situation : c’était mon premier entretien pour un boulot et c’est toujours ça de gagné. En plus, Bouki m’a dit ce que je devais améliorer, je vais en prendre note. En attendant, aujourd’hui, j’ai réaménage mon appart !
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