Petite incompréhension ou manipulation politicienne ?

Hey ça va ? Moi bien, je reviens d’une petite semaine de vacances et qu’est-ce que je vois ? Qu’on en n’a pas fini avec cette histoire de fichage politique qui m’agaaaaaaaace, surtout quand je vois le bordel propagé par des politiciens ou proches qui me paraissent assez capables intellectuellement parlant et toucher un peu leur bille en informatique, numérique et tutti quanti. Alors quoi ? Leur confusion est-elle sincère ou… une petite manipulation des familles ?

Manipulation

Je parle de ce cas-là car je maîtrise les bails mais comprenez bien que ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, on pourrait parler récemment de Valérie Boyer qui a partagé une intox sur les augmentations de prix piquée sur Facebook, quelques politiques qui retweetent du Gorafi ou du Nordpresse pour donner une caisse de résonance à leurs idées ou propos. Là, dans cette affaire Benalla, on se retrouve donc avec une volonté de nous faire avaler un bougli-boulga indigeste à base de fichage politique consécutif à des suspensions suspectes de comptes Twitter, tout ça, c’est de la censure, de la surveillance pour récupérer nos coordonnées téléphoniques… A moins que ce ne soit de la paranoïa ou, encore une fois, de la bonne vieille manipulation des familles.

Manipulation

“Mais Nina, tu atterris, tu croyais vraiment en la pureté des politiques qui n’agissent que dans la défense de belles causes en combattant uniquement de façon noble et honnête”. Non, évidemment. Et ce n’est pas parce que j’en ai conscience que je l’accepte. Revenons sur cette histoire de fichage politique, là. D’abord, on aurait pu s’indigner à raison de la très mauvaise conduite de cette étude qui n’a été guidée que par des biais de confirmation, tout sauf scientifique donc. Mais du coup… Ben c’est juste de la merde qui ne méritait pas dans de cris d’orfraie. La réaction normale aurait dû être “ok, on a vu la tentative de manipulation de cette pseudo ONG soit disant indépendante. Leur crédibilité est réduite à néant, revenons à l’affaire Benalla et surtout tout ce qui tourne autour”. Mais non, on en a fait des caisses et des caisses, chacun exposant le moindre caillou trouvé comme une preuve de… de je ne sais même pas quoi. On a même eu une facture chopée sur les Macronleaks pour preuve qu’ils avaient payé un outil de social listening… Le même genre d’outil que j’utilisais moi-même il y a peu et qui est utilisé par la plupart des grandes marques et, très certainement, par les partis politiques pour choper les dernière tendances. Bref, continuez à creuser, c’est pas là qu’il y a le pétrole.

Raffinerie

Alors je comprends tout à fait la tentative. A l’ère des complots et des “fake news” (que je hais ce terme), c’est facile d’entraîner son troupeau dans son sens avec ce simple argument “nous ne sommes pas dupes, nous détenons la vérité, ceux qui ne nous croient pas sont des moutons”. J’avoue qu’aujourd’hui, dès que j’entends le terme “mouton”, je me sens parfaitement méfiante… Comment ne pas avoir envie de rejoindre le camp des persécutés, ceux qui se battent pour la vérité mais sont censurés par les GAFAM (et Twitter) car leur vérité dérange. Rhétorique que l’on retrouve dans n’importe quel camp, au passage, on a eu le même côté extrême-droite quand le FN a été sommé de rembourser ses dettes, on a même appris par la même occasion que le FN était le premier parti d’opposition. Moi j’aurais dit LR (ou la FI si on se réfère à la ligne éditoriale du compte Team Macron PR…) comme quoi…

Moutons mignons

Mais pour moi, du coup, ça crée un effet secondaire plus que désagréable. Deux choses l’une : soit les gens qui s’expriment sont peu futés et ne percutent pas. Soit… ils pensent que je ne suis pas futée et qu’il vaut mieux me raconter des sornettes faciles à avaler plutôt que de taper sur du réel, du concret parfois compliqué à appréhender. C’est peut-être la conséquence d’une ère des réseaux sociaux, on calibre nos slogans et propositions en 280 caractères. En vérité, je pense que non, que ça a toujours été le cas, juste que là, y a plus de bruits. Mais plus que jamais, je suis persuadée qu’il faut se renseigner par soi-même, croiser les sources. Un politique ou associé parle d’un sujet qui vous interpelle ? Cool, creusez le sujet ! Enfin je dis vous, je m’inclus dans le truc. Parce que la fast culture est la meilleure façon de nous faire avaler les couleuvres…

Couleuvre

Tiens, ce sera un bon sujet pour une prochaine fois.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Romance everywhere

Samedi 19h, j’observe. Face à moi Ibrahim et Rosalie discutent. Ils sont bien jolis tous les deux. Il ne s’agit pas d’un couple, non, du moins pas encore ? Je souris en coin en guettant les gestes. Ah, il lui touche le bras ! Bon, ok, il est naturellement tactile mais quand même, ils iraient bien ensemble… Et oui, je suis comme ça : je vois de la romance partout.

Flirt romance

Déjà 3 ans et demi que je suis dans une relation de type monogame et parfois, l’étincelle me manque un peu. Vous savez, ce moment où ça commence à crépiter, que vous n’êtes pas encore tout à fait sûr que ça va le faire mais que, quand même, y a de la tension dans l’air. Bon, après, je me souviens que la séduction, c’est bien galère, que tu tombes parfois (souvent) sur des connards et que parfois, tu te retrouves à planter frénétiquement ta paille dans la glace  pilée de ton cocktail en te disant que tu serais in fine bien mieux chez toi à manger des chocapics en matant une série à la con. Alors du coup, j’ai ma méthadone : j’imagine des romances dans mon entourage.

Romance à la plage

Ainsi, je me suis écrit l’histoire de Clémentine et Nicolas. Deux de mes anciens collègues. Bien jolis tous les deux, y avait comme un crépitement quand ils étaient proches l’un de l’autre. Mais il y avait Ludivine aussi qui avait partagé une danse fort remarquable avec Nicolas lors d’une soirée, le triangle amoureux s’annonçait tendu. Sauf que j’avais oublié Antoine dans l’équation. Antoine ? Un autre collègue qui partage de nombreuses apartés avec Ludivine, quelques gestes un peu discrets, des langages corporels qui ne laissent guère la place au doute. La vérité ? Je ne la saurai peut-être jamais mais en fait, je m’en fous : j’ai l’histoire dans ma tête et dans mon petit cerveau, pas de fin en eau de boudin. Pas de fin du tout puisque seul le début m’intéresse.

Romance en cuir

Tout ça, c’est de la matière. Dans les romans, il y a souvent des débuts d’histoire. Peu importe le contexte, que vous soyez dans un roman policier, du médiéval fantastique, de la dystopie ou ce que vous voulez, il y a souvent un début d’histoire dans l’histoire, un “ce que vous vivons est trop fort pour le vivre seul”. Et j’aime bien tenter de créer une tension romantico-érotique dans mes romans, poser le premier baiser comme quelque chose soit d’attendu, soit de soudain… Je dis “tenter” car je ne suis pas sûre de toujours bien le faire, notez. Dans le roman de Maja, par exemple (toujours pas relu malgré mon intercontrat), je suis assez contente d’une scène de premier baiser, pas du tout d’une autre que je vais refaire. Du coup, j’observe, je note dans ma tête.

Romance : le premier baiser

Alors ça pourrait faire un peu cancanière, la fille qui “espionne” les gens pour savoir si y aurait pas de la rumba dans l’air. Sauf que déjà, je partage pas mon ressenti avec la terre entière (pour Ibrahim et Rosalie, j’en ai parlé à Victor qui a dit “ah oui, non, je sais pas”, pour les autres, à ma collègue chouchoute qui m’a bien aiguillée sur le duo Ludivine-Antoine, j’avoue) et puis… ben si j’ai tort, je resterai sur un “dommage, ils allaient bien ensemble je trouve” et si j’ai raison… et bien je serai ravie pour eux. Et j’en resterai là. Je n’ai pas besoin de regarder à travers le trou de la serrure pour assouvir une quelconque curiosité. Je suis outrageusement romantique (quoi que je prétende), pas scopophile

Je suis romantique

Aujourd’hui, je commence mon nouveau boulot… J’espère que je vais avoir matière à imaginer de nouvelles romances !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Plot twist et motivation des personnages : la grande incrédibilité

On parle toujours de mon roman horribilus, bonjour. Heureusement que j’avais pris des notes, c’est fou comme un roman de 160 pages très mal écrit peut susciter comme réaction. C’est un peu mon Uwe Boll à moi (sauf que je cesserai l’expérience à un seul livre, je privilégie la bonne came… et j’ai déjà à peine le temps de lire des livres qui me tentent alors bon…)(c’est pour ça que j’ai jamais fini After, d’ailleurs). Donc après le choix du ton, le personnage débile et l’auto spoiler, on revient sur le suspense avec le plot twist de fin et la motivation des personnages… Parce que j’ai toujours pas compris, en fait.

La motivation des méchants

Donc petit récapitulatif : notre héroïne Mickey et son pyjama troué Hello Kitty (non mais j’en peux plus rien que d’écrire cette phrase) a été embarquée dans un faux camp de concentration par son ex avec fausse exécution et tout. Ca, on le sait parce qu’elle nous le dit, dès le départ. On va donc avoir un plot twist et on le sait… Alors pourquoi pas, dans l’absolu, on est drogués à ça depuis 6e sens, Sex crimes ou je ne sais quoi mais quand on te prépare à un mindfuck, ça ne marche pas. Non mais imaginez, vous allez voir un film au ciné et le mec d’à côté n’arrête pas de vous dire “c’est pas ce que tu crois, c’est pas ce que tu crois”. Du coup, inévitablement, vous ne suivez l’histoire que d’un oeil tout en guettant le moindre indice et quand la vérité explose… ben on avait deviné (sauf si c’est vraiment bien mené mais en général…).

Last Child plot twist bodies for babies

(Hihi)

Concernant notre roman horribilus, j’avais bien vu venir le plot twist genre avec panneaux de néons… mais j’ai toujours pas compris en fait. Pour faire bref : Mickey se retrouve chez la nouvelle Présidente de la République, Ruby Labenne (je suis si fatiguée par tant de subtilité), pour un week-end chasse. Comme notre super autrice nous a bien prévenu que les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être et nous fait bien comprendre que les comédiens du camp de concentration sont tous là, on sent le climax final arriver. Bon, en gros, Mickey se retrouve à assister à l’exécution de la Présidente sous l’oeil de caméras. Pourquoi ? Et c’est là qu’on se met à salement pédaler dans la choucroute.

Témoin muet d'Agatha Christie

Toute cette histoire a donc été organisée par l’ex de Mickey, Esmerald, qui a monté tout un truc très complexe juste pour que Mickey se retrouve au week-end de chasse pour être témoin et écrire ce qu’il s’est passé. Pourquoi ? Parce que “tu es la meuf la plus égocentrique du monde, je savais que tu serais en train d’écrire ton nouveau livre et que tu ne suivrais pas l’actu donc je pourrai monter tout ce traquenard pour te faire venir ici et que tu écrives ensuite sur la mort de ma tante”. Je… hein ? On va juste un peu récapituler : au début du roman, on nous explique qu’à l’élection de la Labenne, des manifestations ont lieu donc on peut supposer qu’il y a un peu plus de 3 opposants… Du coup pourquoi prendre la meuf qui s’en fout le plus au monde (et qui écrit affreusement mal) pour écrire un témoignage sur cette nuit sanglante ? Parce qu’elle avait déjà écrit un roman pour dénoncer le Bloc National (un roman de vengeance de gamine) ? La meuf s’en fout, tout le roman tourne autour du fait qu’elle s’en fout, qu’elle ne pense qu’à elle, qu’elle est réellement stupide et inculte, peut-on imaginer pire comme témoin de l’histoire ?

Egocentrisme

Cette photo est problématique

Bref, déjà que je ne suis pas convaincue de la nécessité d’un plot twist à tout prix car c’est quelque chose de difficile à manier, le faire reposer sur un raisonnement totalement illogique des personnages, ma foi… A la limite, le roman aurait pu avoir de profondeur si le camp de concentration était réel et que Mickey se battait pour sa survie mais même si elle ne sait pas que tout est faux, elle s’en branle. Elle.s’en.branle. Je pourrais aimer l’idée que l’Histoire t’appelle, par exemple. Mais non, là, rien n’a de sens.

Nombril de femmes

Mais je ne vous ai pas encore parlé de la méchante de l’Histoire, la Sorcière au sens propre du terme, à bien y penser : Rubis Labenne. Je vous en parlerai une prochaine fois parce que niveau subtilité, sans surprise, on repassera.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Relisons les dystopies

Je lis. Beaucoup, souvent, partout. J’aime imprégner chacun de mes voyages d’un livre, me créer des lieux de lecture exceptionnels. Et en tant que bibliophage assumée, je ne suis guère difficile dans les genres : des grands classiques aux polars en passant par la fantasy, la science fiction ou le développement personnel… Je sors d’ici les essais que je lis plus par envie de savoir pour le coup. Pour ne pas m’enfermer dans un genre, je me suis créé une routine sur ma liseuse : un roman de saga (actuellement l’Epée de vérité), un Philip K. Dick, un classique de la littérature, un développement personnel et un polar (sur ma liseuse, je lis d’autres trucs à côté). Mais je me dis que dans ma jolie liste, il manque un genre que je vais devoir rajouter d’urgence : les dystopies.

Hunger games - Lire les dystopies

J’adore les dystopies, j’en écris d’ailleurs régulièrement. Enfin, j’en ai écrit une il y a quelques années, Technopolis, puis j’ai dû en débuter une demi-douzaine d’autres se déroulant dans un univers plus ou moins éloigné dans le temps parce que je trouve que c’est un formidable terrain de jeu. Déjà, comme je fus une tricheuse feignante, je trouvais plus simple d’aller installer mon histoire dans un univers alternatif comme ça, pas besoin de recherche… Non parce que là, pour mon roman de Maja, j’en suis à checker la topologie suédoise pour vérifier que ce que je raconte, ça marche un peu… Alors que bon soyons honnêtes, je doute que beaucoup de personnes susceptibles de lire un jour cette histoires connaissent vraiment Dyviksudd. Moi-même, avant de choisir un peu un endroit pour une partie de mon récit, je ne connaissais pas et autant vous dire que je n’y ai jamais mis les pieds (je me suis arrêtée à Göteborg)(faut vraiment que je me fasse un Scandinavian trip). Mais surtout, ça permet d’imaginer le pire… Et parfois, le pire, c’est pas si loin de la vérité.

escalade à Dyviksudd

Le saviez-vous ? Dyviksudd est un très beau spot d’escalade

D’après ce que j’ai vu passer dans mon flux Twitter, les ventes de 1984 ont explosé depuis l’élection de Trump, surtout rapport à ses alternative facts. Si vous n’avez pas lu 1984, il faut le lire parce que… en fait, je vais vous dire, je vais vous parler de dystopies. Plein, tout le temps. J’en ai lu quelques uns, les classiques de type 1984, bien sûr, Farenheit 451, le meilleur des mondes, Ravage (j’ai toujours eu une grande affection pour Barjavel malgré son côté résolument réac) ou même Globalia de Ruffin. Et je parle de livres mais y a aussi beaucoup à dire sur certains films. J’ai caressé du doigt la partie dystopique de Cloud Atlas, y a Divergente aussi (méééé), le Labyrinthe (mééééééé mais en fait, ça dépend, rapport au twist final), Hunger games que j’ai pas vu… Puis les séries de type Dark Angel, Trepalium et si on abuse un peu The walking dead (mais à partir de la saison 5 selon moi puisque la dystopie décrit plus un système sociétal et politique qu’un monde qui survit à une catastrophe).

The walking dead, Rick et Michonne

La dystopie est un outil idéologique dans la mesure où un auteur va tisser un monde noir autour de dérives possibles et qu’il souhaite dénoncer. On y retrouve en général un totalitarisme, assumé ou subtil, passant généralement par un contrôle total de la culture et du divertissement, un leader réel ou fantasmé despotique, une réécriture des faits et de l’histoire. On peut considérer qu’elles ne sont que peu crédibles mais elle nous alertent sur les dérives possibles, presque naturelles, de toute société ivre de pouvoir. C’est ce dont je parlais dans Idiocracy : si je ne crois pas forcément en une bêtise crasse congénitale, force est de constater que notre système médiatique actuel ne nous pousse pas à nous élever, loiiiiiin de là. Parce qu’on nous fait croire que la détente, c’est surtout ne pas réfléchir. Parce qu’on nous répète souvent que les études littéraires, c’est de la merde, que ça nous apprend pas un vrai métier… Pourtant, connaître notre histoire serait la meilleure façon de se garantir du “plus jamais ça” qu’on brandit avec morve à chaque commémoration de la Libération mais dont on nie les avant-signes pourtant de plus en plus flagrants (point Godwin ? La meilleure arme de ceux qui préfèrent ne pas voir, peut-être…). La culture est dévaluée et si on n’en est pas encore à l’étape de brûler des livres, on commence à titiller sans même s’en cacher la…mmmm… réinterprétation de l’histoire.

Portrait géant de Mao Zedong

Certains les ont cru fous quand ils racontaient leur avenir sombre, peut-être avaient-ils juste anticipé, juste compris que l’ivresse du pouvoir et du contrôle pouvait entraîner le pire. Et je vous parlerai de temps en temps de ces grands romans, films, séries, BD ou même, pourquoi pas, jeu vidéo… car peu importe le format, pourvu qu’on ait la dystopie

Rendez-vous sur Hellocoton !

Eteins cette chaîne d’info en continu

Depuis quelques temps, l’actualité s’emballe : Nuits debouts, manifestations, les Migrants, la guerre, les attentats… Ça fuse dans tous les sens. En écho au fond, vaguement le Brésil, un peu plus le Brexit, le défilé des milliers d’aspirants candidats aux primaires des Présidentielles qui viennent sur les plateaux répéter toujours les mêmes choses. Difficile de tout suivre, de tout comprendre. Alors allumons la télé sur une chaîne d’info en continu et voyons ce qu’il se passe.

Allumer sa télé pour mettre une chaîne d'info en continu pour comprendre le monde

Alors non, juste non. Plus jeune, je ne ratais pas la grande messe du 20h car, aspirante journaliste, je me devais de suivre l’actualité. Je me la pétais meuf informée car je ne ratais aucun JT ou émission de reportages et le soir, quand il n’y avait plus grand chose à regarder à la télé, je me branchais sur I télé, écoutant distraitement Thierry Dugeon commenter l’actualité. Et c’est ainsi que j’avais vécu la détresse en direct de Jimmy Jean-Louis lors du tremblement de terre à Haïti, un moment violemment malaisant. Mais j’étais au courant et c’était bien ça qui comptait.

Thierry Dugeon, journaliste sur une chaîne d'info en continu, I télé

Sauf que non, toujours. Revenons en arrière, au printemps 2003. J’animais à l’époque une émission sur un radio associative toulousaine avec une petite équipe d’historiens et nous étions avides d’apprendre. Quand l’association a proposé un stage en collaboration avec une télé pirate dans les anciens locaux de la Préfecture aka l’immense squat d’artistes du centre-ville, on a dit oui. A un moment, on se retrouve à faire un exercice où il fallait montrer qu’un coin de Toulouse était nase quand une autre équipe devait précisément montrer l’inverse. Et voici comment en jouant sur les angles et les montages, tu fais passer une place pour un havre de paix et de beauté ou pour un coupe-gorge sinistre et poussiéreux (pour ceux qui connaissent Toulouse, on avait fait ça sur la place St Georges).

La place St Georges à Toulouse

Dire que j’y passais tous les matins pou aller en cours… Toulouse me manque tellement

L’image a un pouvoir insensé : elle fait preuve. Ca existe, j’ai vu les images. Toutes les vidéos complotistes vous démontreront assez facilement que non, l’image n’est pas une preuve. Je ne parlerai pas de trucage ici car tel n’est pas le sujet mais ce n’est pas l’image seule qui raconte l’histoire mais la juxtaposition qui crée le sens. Et vous savez ce que vendent les chaînes d’info ? L’anxiété, la peur, le suspense, l’attente. J’exagère ? Bah posez-vous la question : pourquoi regardons-nous les chaînes d’info ? Pour se tenir au courant de ce qu’il se passe. En somme, s’il ne passe rien, on n’a aucune raison de regarder. Alors on brode, on scénarise. Pendant les attentats, on a beaucoup parlé pour ne rien dire mais ce n’est pas nouveau. A l’époque de l’attentat à Boston, je matais pas mal les chaînes d’info en continu que je mettais en fond pendant que j’écrivais ou jouais à Yahoo! jeux et je passais la soirée sur Itélé à essayer de comprendre le pourquoi du comment. Et j’ai eu droit à ces fulgurances d’un expert en expertise “oh ben vous savez, Obama, il vient d’être réélu et il est Noir alors faudrait peut-être regarder du côté du Tea Party, c’est sans doute un attentat raciste”. Mmmmm… You lose Mr l’expert, revenez la semaine prochaine.

Jolies tasses en porcelaine, service à thé

Sans aucun rapport avec la choucroute, juste que j’aime bien les tasses en porcelaine fleuries

Ah oui, les experts, parlons en. Il paraît normal, pour décrypter la course de l’humanité vers sa destruction finale suite à une terrible guerre de civilisation (oui, à force de regarder ces chaînes, vous en êtes à peu près là), de faire appel à ceux qui ont le savoir. Sauf que… pour faire de la télé, on ne prendra pas forcément la personne la plus compétente mais celle qui passe le mieux à la télé. Pour vous en convaincre, je vous renvoie à la très bonne vidéo d’Usul sur le philosophe, aka BHL, le “philosophe de service” (supplanté depuis quelques temps par Raphaël Enthoven, de ce que je comprends). Les experts qui vous assènent des vérités n’en savent in fine guère plus que vous sur un sujet donné. Prenons par exemple l’expert en aéronautique Christophe Naudin, qui navigue de plateaux en plateaux à chaque avion qui plante. Alors son fait de gloire : il a énoncé en 1er que le MH17 avait sans doute été abattu par un missile Sol-Air. Bien joué… Mais à force de balancer des hypothèses dans l’attente de nouvelles informations, à un moment, tu peux toucher juste. Et si tu te plantes ? Ca fera plaisir aux conspirationnistes qui diront que si, si, c’est un missile, ils l’ont entendu à la télé mais le gouvernement nous ment, ils cachent la vérité. Sinon, pour finir sur Naudin, c’est le même qui a affirmé que la pièce trouvée à la Réunion ne pouvait en aucun cas appartenir au MH370 (alors que si) et il est actuellement mouillé dans l’affaire Air Cocaïne car il a aidé les deux pilotes impliqués à s’évader. Voilà un petit portrait rapide de celui dont vous avalez les paroles.

Les différents scenarii du crash du MH370

Parce que oui, on touche là le souci majeur du média télé : ça va vite, on avale ça sans recul et on finit par imprimer une vision subjective du monde, on finit par avoir peur de son prochain, surtout s’il est basané, on finit par imaginer des plages envahies de burkinis et des métros pleins de burqas, on pleure pour une chemise déchirée ou une Porsche brûlée sans penser aux dizaines ou centaines de familles qui se retrouvent acculées à la misère suite à un licenciement… Parce que eux, en fait, on ne vous les montre pas. On tendra toujours plus volontiers le micro à un Zemmour, nauséabond, menteur et manipulateur mais qui fait le “buzz” qu’à des citoyens lambdas broyés par une machinerie capitaliste, par exemple. Parce que la misère, c’est chiant, c’est pas télégénique alors qu’une bonne polémique qui pue le rance, ça passe : on ne diffuse pas encore en odorama.

Couverture du livre d'Eric Zemmour "Un quinquennat pour rien", chroniques de la guerre de civilisations, un livre qui pue la merde

Ah bah vous voyez, quand je parlais de fantasme de guerre de civilisations (je ne savais même pas que ce livre existait avant de faire une recherche icono pour Zemmour)

Bref, vous avez envie d’être informés ? Alors éteignez cette télé, lisez. Les dépêches AFP si vous voulez du (relatif) factuel, des magazines ou journaux à la pelle et croisez, croisez encore vos sources, toujours. Allez chercher l’info à l’extérieur dans la mesure du possible si votre maîtrise d’une langue étrangère le permet. Parce que rien n’est objectif, il y a toujours des objectifs de vente derrière, ne nous mentons pas. Mais lire étant déjà une activité plus active que simplement regarder (surtout que j’aimerais savoir qui regarde la télé, surtout ces chaînes là, sans faire autre chose en même temps), il est plus facile de mettre en branle son esprit critique… surtout que grâce à Internet, on est toujours qu’à un clic d’une info complémentaire sur quelque chose qui nous interpelle un peu.
Bref, ouvrez-vous, fermez la télé.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Mange pas ça, tu vas attraper le cancer

Avant nous vivions dans le noir. Faiblement éclairés par quelques voix médiatiques, nous mangions des tas de merde sans savoir que ça nous tuait à petit feu. Imaginez, avant les Internet, on consommait de l’aspartame à gogo (à ce sujet, est-ce qu’on peut ENFIN se mettre d’accord sur la dangerosité du truc ou non ? Ca me fatigue un peu les études qui se contredisent tous les 3 matins. C’est pas que j’en consomme beaucoup mais ça finit par fatiguer, ce débat), du gluten, du lait, de la viande aux hormones et du poisson à la progestérone… Et bah du coup, on avait plein de cancers, sans savoir.

LACHAPELLE-BURGER-01

Heureusement, l’interweb est arrivé, le flambeau de la vérité à la main et vient nous éclairer de sa sagesse. Tout ça, c’est dégueulasse pour toi. Si t’en manges, tu mourras du cancer. Alors que les baies de goji, elles t’en sauveront, magie* ! Ou d’autres produits, ça dépend qui est en train de te vendre ses pilules magiques. Car c’est bien là que je veux en venir : curieusement, ce sont toujours ceux qui vendent des compléments alimentaires “anti cancer” (déjà paie ta promesse de vente) qui voient des aliments cancérigènes partout. Coïncidence ? Je ne crois pas.

boisson-miracle

Ainsi quand je furète sur mon Facebook (pas vu sur Twitter mais sans doute car je suis pas de personnes susceptibles de relayer ces conneries), je vois régulièrement des statuts de type “ah, je savais bien que le lait/l’aspatarme/le soja/le sel/le sucre/ta mère donnait le cancer, la preuve !” avec le lien vers un article de blog dont l’url contient bien entendu santé. OH MON DIEU ON VA TOUS MOURIR ! Non, non, respirons et examinons ça de plus près. Déjà, ne trouvez pas bizarre que l’immense majorité des articles concernent le cancer ? Ok, tout ça fait peur mais quand même… Donc nous avons à peu près 50% d’articles “tous les aliments de la terre filent le cancer” et 50% “mais y a des produits miracles et comme je suis sympa, je vous les vends, hopla !”. Juste un point avant de poursuivre : aucun aliment ne prévient ou, pire, ne guérit le cancer. Au mieux, vous avez des aliments bourrés d’antioxydants qui ne vous feront pas de mal mais ensuite… et encore, je dis ça, va bien y avoir une étude pour nous démontrer que ça file le cancer.

antioxydant

Car c’est là que le bât blesse furieusement : dans ces articles, il est toujours question d’études “des études ont démontré”. Oui ok mais je veux en savoir plus : quelles études ? Qui a conclu ça selon quel protocole ? Combien de personnes testées ? Sur combien de temps ? De 1, curieusement, on n’a jamais la référence de la moindre étude et de 2, il faut aussi se méfier du résultat des “études”, pas mal sont finalement soit bidons soit totalement réinterprétés pour coller au discours. Parce que finalement, le vice de ces articles, c’est de jouer avec deux ou trois chiffres, deux ou trois “études”, les tordre un peu puis saupoudrer tout ça de théorie du complot et voilà : vous allez regarder votre verre de lait avec angoisse et ne plus vacciner vos gosses parce que le vaccin, ça file l’autisme**. Oui, oui, les chiffres (lesquels ?) le prouvent, ya une corrélation entre vaccin contre la rougeole et autisme. Le fait qu’on soit mieux armés pour reconnaître plus tôt cette maladie n’a rien à voir, non non. Sinon autre statistique intéressante : grâce à cette folie anti vaccin qui-file-l-autisme, 288 Américains ont contracté la rougeole entre janvier et mai de cette année dont 90ù de non vaccinés, 1 malade sur 7 a fini à l’hôpital. Et je rappelle que la rougeole chez les jeunes enfants peut être fatale…

la-rougeole-une-maladie-encore-bien-presente-o15594

Mais pourtant, ça fonctionne. Pourquoi ? Parce que ça fait appel à deux mécanismes simples : la peur (notamment sur son enfant) et le fait de se sentir éclairés : “nous vous révélons ce que les lobbies pharmaceutiques veulent taire à tout prix”. Alors réfléchissons un peu : les gouvernements, de droite, de gauche, du centre et d’où tu veux, tous se tairaient dans un immense complot mondial pour permettre aux labos de faire leur beurre. Okayyyy, donc si on cumule gouvernements et tous ceux des labos “qui savent”, ça me paraît faire beaucoup pour un seul complot mais bon… Ensuite, il me semble que, quand même, certains produits dangereux produits par ces mêmes labos ont été dénoncés et interdits à la vente à partir du moment où leur dangerosité a été démontrée. Par ailleurs, je ne vois pas bien l’intérêt des gouvernements de laisser perpétrer ce genre d’empoisonnement à grande échelle : ça leur coûtera toujours bien plus cher de soigner les gens que de taper sur les doigts des grands labos et interdire la vente de vaccins problématiques. Enfin, sur la question du lobby, il me semble que le lobby du tabac et celui de l’alcool sont également très puissants et représentent une manne financière importante, c’est pas pour autant qu’on n’a pas droit à notre petit lot de messages de prévention.

fumer-tue

Et si jamais tu as un doute, tu lis le blog du Pharmachien qui est trop super, il te parle des édulcorants, du gluten, du lait et des vaccins (plutôt deux fois qu’une). Etre attentif à ce que l’on consomme, c’est bien, mais croisez les sources avant d’affirmer sur votre Facebook que manger trop de salsifis file le cancer. Quoique, curieusement, on ne s’attaque qu’aux produits de très grande consommation, t’as vu ?

salsifis

*Note pour moi-même : faire un article sur la tendance “healthy” sur les réseaux sociaux

** L’autisme est une maladie génétique, il semble difficile de la refiler par vaccin. Les seules causes non génétiques envisagées (envisagées, même pas confirmées) sont toutes liées à la grossesse comme par exemple une trop forte absorption d’alcool par la mère

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Désinformations

Le pouvoir magique des réseaux sociaux. Vendredi dernier, je rentre aux petites heures de la nuit et fonce sur Internet pour me mettre au courant de l’accident de Brétigny. Je devais, le lendemain, prendre un Intercités Toulouse-Limoges-Paris et je me doutais bien que mon train serait annulé. Je finis par faire un tour sur Twitter et découvre cette histoire de caillassage des secours diffusé en boucles avec commentaires plus ou moins racistes à l’appui. Oui maintenant, quand on parle de caillassage, on assimile ça aux jeunes de cité donc aux Arabes. Classe, vraiment…

1182365603_haine_05

Et puis on découvre que ahah, pas du tout. Y a bien eu un vol de portable et quelques badauds énervés de se faire refouler des lieux de l’accident mais personne n’a rapporté d’émeute telles que décrites sur Twitter. Sauf que la rumeur a grossi et que les démentis semblent peu écoutés. C’est la guerre civile, les sauvageons attaquent, raaaaah !! Cet épiphénomène me paraît intéressant à deux niveaux.

guerre-civile

Niveau 1 : la force de la rumeur


Tout part d’Europe 1 qui tend son micro à une membre d’Alliance, syndicat policier d’extrême droite. Les chaînes d’info en continu diffusent l’info à tout va, les twittos commencent à retweeter en masse avec quelques commentaires charmants. Les instances sur place étant légèrement occupées à tenter de sauver des vies, personne ne vient démentir avant le lendemain, trop tard, le poison s’est distillé. Ce qui est intéressant ici, c’est de voir que personne n’a l’idée d’attendre un peu avant de répandre la rumeur. Cas de plus en plus classique sur Twitter ou tu peux tuer un people d’un simple “RIP people” repris en boucle ou par un tweet trop court pour préciser une vérité…

deraillement-a-bretigny-des-victimes-depouillees

Amusant de voir aussi que les gens qui fustigeaient les journalistes qui ne vérifient pas leurs informations sont très prompts à retweeter la moindre information sans même se questionner sur sa valeur. Un RT ne vaut pas un article ? Certes mais c’est précisément ce qui a emballé la rumeur, ce qui lui a donné vie. Ce qui fait qu’aujourd’hui, on doute de la véracité des faits, on part un peu plus dans des délires sur un gouvernement dictatorial qui tait la vérité. Pourtant, j’aimerais savoir comment les « sauvageons » ont pu accéder au wagon pour piller les morts vu que, justement, les tensions étaient dues au périmètre de sécurité trop élargi. Donc d’un côté, il y a des échauffourées à cause de trop de précautions de sécurité mais de l’autre, on a des jeunes qui pillent les cadavres, peinards. Sans qu’aucune photo ne soit prise alors que les photographes amateurs surconnectés
ont tous partagé des clichés pris de loin de l’accident. Censure, censure, censuuuuuure sans doute. Bref, gros bullshit, la nana d’Alliance (qui n’était même pas sur les lieux) a finalement juste crié au loup… et vous avez tous rentrés vos moutons, effrayés.

peur-du-loup

Niveau 2 : les mauvaises intentions gagnent toujours
L’un des premiers tweets que j’ai vu passer, c’est un mec de Brétigny ou des environs proposant son aide aux rescapés pour les héberger. Tellement perdu dans le flot de vos indignations que personne ou presque n’a relevé. Personne n’a parlé de l’élan spontané de certains habitants Brétignois venus proposer spontanément leur aide. Le délire va même jusqu’à prétendre que ces gens ont voulu aider pour en vrai piller les cadavres. Vous n’avez pas honte de ces discours de merde ? Bien sûr que la France va mal, on ne retient que ce qui ne va pas, même si ça n’existe pas. L’indignation sur commande. Faut dire qu’en un an, on en a remué de la merde : entre le racisme assumé lors des dernières élections et l’homophobie décomplexée, faut pas s’étonner que les gens ne doutent pas une seule seconde que les sauvageons de la cité ont forcément voulu piller des morts. C’est la guerre civile, on n’est plus chez nous, blablabla.

racisme

La circonspection n’est pas une faiblesse. Attendez de savoir avant de propager une rumeur. On y gagnerait tous. Et notons que les habitants de banlieue ne sont pas tous des charognards sans foi ni loi… On a encore raté l’occasion de démontrer que Brétigny, c’est pas le « Bronx ».

Notez aussi que vous n’êtes pas obligés d’avoir un avis sur tout. Renseignez-vous avant de réagir.

Un peu de lecture intéressante pour finir :

Brétigny et les pillards de l’apocalypse

Emballement à Brétigny (2)

Rendez-vous sur Hellocoton !

Beau parleur

Par Mister Big

Quid des beaux parleurs ? Je m’explique… Parfois, on tombe sur des cons, qui nous traitent comme des cons, on les sent venir, et on se prépare à les jeter comme des vieilles savates dès la rencontre… Au mieux, ça sera juste sexuel, au pire, ça se limitera à un verre ou un café dans un bar… Mais parfois, on tombe sur LE mec, celui qui vous dit ce que vous avez besoin d’entendre, qui vous fait sentir ce que vous avez besoin de ressentir, qui est attentif, qui vous promet mariage et châteaux en Espagne… Du coup, devant tant de bons sentiments dégoulinants, on ne peut que fondre et craquer, se laisser espérer à une relation parfaite et épanouissante, celle qui nous manquait tant, celle qu’on attend tous.

Et là, deux choix possible : premier choix, c’est l’homme parfait, on l’aime, on l’épouse ! Ce cas de figure ne se présente qu’une fois sur 100 000 en moyenne, on a des stats, on vous les montrera. Second choix : on le rencontre, il est très gentil, très prévenant, tellement qu’on ne se rend pas compte qu’on a parlé ensemble que 3 minutes avant de finir dans un lit, et là, chlica-chlica, un don du sperme, et hop ! Douche et cloppe comprise, il a disparu en 8 minutes montre en main en prétextant un rendez-vous important avec son gynécologue à 23h30 ! On se dit « c’était tellement bien… je dois le rappeler ou attendre son coup de fil ? » et là commence une attente épique digne de celle endurée par cette pauvre Pénélope attendant le retour de son Ulysse chéri (qui lui, prenait du bon temps sur son rafiot avec une tripotée de mâles musclés et tous plus grecs les uns que les autres ! 20 ans pour rentrer chez lui, on me fera pas croire que c’est seulement à la force du poignet qu’il a résisté aux sirènes !). Puis on attend. On attend toujours, donc on rappelle même si on s’était promis de ne pas le faire. Répondeur. Normal, il est très occupé comme garçon. Tellement que ça fait deux semaines qu’on a plus de nouvelles, d’ailleurs. Puis la vérité commence à se profiler à l’horizon… Il voulait juste tirer son coup. Et merde ! Dire qu’on s’était promis de ne plus jamais tomber dans le panneau ! Mais nous voilà encore victime du Beau Parleur dans toute sa splendeur !!! Encore un de ces connards qui sait quoi dire, à quel moment le dire, et comment s’en servir pour arriver à ses fins ! Un de ceux qui vous font miroiter monts et merveilles et qui, au final, ne vous offre que quelques minutes de plaisir (et encore, certains sont plus doués en parlotte qu’en sexe) et une capote pleine… On ne devrait pas les sentir venir, depuis le temps ? On est habitué à ce genre de type ! Alors pourquoi on se fait toujours avoir ? Hein ? Ne devrait-on pas créer un site sur le net recensant tous les connards de cette espèce ? Genre la Black-List à consulter quand le mec en face de soi semble trop prévenant ? C’est une idée à développer… Ou alors la castration au cutter rouillé, mais c’est plus délicat comme situation, car, bizarrement, ce type parfait ne pouvait pas vous rencontrer chez lui : sa moman était là pour un WE surprise, et donc on ne sait toujours pas où il habite. Mais n’empêche qu’on s’est encore fait avoir. On se sent minable comme pas permis, mais bon, c’est la vie, on n’est pas au premier crapaud embrassé qui se transforme en… salaud ! Il faut dire que ces types sont étonnement psychologues, car ils arrivent à lire entre les lignes, souvent, et à dénicher ce qu’il faut dire et ce qu’on n’attend désespérément d’entendre.

Mais le problème, dans tout ça, c’est que j’ai l’impression que moi aussi je suis un beau parleur… Et là, ça me pose problème ! Mais je me rassure en me disant que je ne suis pas du même genre qu’eux. Si je ne veux que tirer mon coup, je ne vais pas lui faire des propositions de mariage. Je sais comment baiser pour baiser. Par contre, il est vrai que quand je commence une relation qui me parait promise à un bel avenir, j’ai tendance à sortir mes ressources cachées et à déballer mon argumentation comme un démonstrateur Tupperware un dimanche matin sur la place du marché de Roquefort-la-Bédoule… Je me suis rendu compte de cela il y a quelques jours seulement. Je sais quoi dire, je sais quand le dire, et sinon, je sais comment amener la conversation là où elle m’arrange et déballer mon baratin. Je n’aime pas penser que je suis comme ceux qui se servent de cette méthode juste pour baiser, car je ne pense pas l’être, mais je me sers quand même de la même méthode pour arriver à mes fins, c’est-à-dire harponner mon gibier et le ramener à bord, autrement dit : à me caser avec lui. Et comment ai-je été amené à mener cette petite introspection, me dites-vous ? J’ai compris cela en écoutant mes mots à mon cher et tendre actuel. Là aussi, je parle beaucoup avec lui. Et je lui dis plein de choses qu’il a besoin d’entendre. Mais là où j’ai réalisé ma vilenie avec mes précédentes relations, c’est que quand je leur disais ce qu’ils voulaient entendre, je sentais que je le faisais parce que c’était ce qu’ils voulaient entendre. Mais là, avec mon cher et tendre, mon Mumur comme je l’appellerai désormais, tout ce que je lui dis sonne différemment… C’est en cela que j’ai eu la révélation sur mes précédentes expériences et sur ma façon de les appâter à coups de belles paroles. Avec mon Mumur, je ne me force nullement. Tout ce qui me vient à l’esprit et à la bouche vient naturellement. Je le dis car j’ai envie de le dire. Je lui fais des promesses car je les pense vraiment. Est-ce la première fois que je suis vraiment amoureux, me direz-vous ? Non, j’ai déjà aimé, ça, c’est sur. C’est juste la première fois (à 26 ans, il était temps !) que je me sens si bien avec quelqu’un que je serais prêt à faire bouger des montagnes rien que pour lui, la première fois que je me sens prêt à tout faire pour le garder, mais surtout pour le rendre heureux. Et je peux vous dire que ça fait bizarre comme sensation. Quand je baratinais les autres, c’était pour mon bonheur, pour me les garder pour moi. Là, je lui parle beaucoup, notamment de lui, car il a, comme nous tous, des fantômes à exorciser, et que je ne souhaite qu’une chose, qu’il se sente bien. Dans un sens, c’est égoïste, car s’il est bien avec moi, il me restera, certes, mais je préfère résumer ça en une phrase simple aux accents surannés : son bonheur fait mon bonheur. Je ne cherche pas mon bonheur, je cherche juste le sien, et ça, c’est ce qui me rend heureux. Quitte à le laisser partir au loin (CF les articles sur les Murs), quitte à le perdre, je préfère le sentir heureux et libre que de l’enfermer dans une petite cage pour le garder pour moi. Il faut laisser les belles fleurs s’épanouir, car les cacher du soleil pour les garder jalousement, ça ne peut que les faire faner… Certes, s’il m’oublie, si sa nouvelle vie ne laisse plus de place pour moi, j’en souffrirai, mais je préfère ça à le sentir prisonnier de notre relation.

Oui, vous ne rêvez pas : je suis parti d’un article sur les beaux parleurs pour finir par une déclaration d’amour, le tout en passant par une petite introspection. Ca fait beaucoup pour un seul article, je vais m’arrêter là, je pense. Je ne rajouterai qu’une chose : mon homme, je t’aime.

Rendez-vous sur Hellocoton !