La nature, c’est plus fort que nous

Mais jamais on ne l’admettra. La semaine dernière, j’ai retrouvé mon âme d’enfant car il a neigé et j’adooooore ! Bon, bien sûr, ce fut la galère pour pas mal de gens mais Paris sous la neige, ça a quelque chose de magique, d’apaisant, la neige étouffe le bruit. Quelques enfants jouent dans la neige. La nature dans toute sa splendeur. “Ouais mais moi, j’ai galéré à aller bosser, c’est intolérable !”. Oh oui ?

Paris sous la neige

Alors on va évacuer un truc de suite : il neige comme ça une fois tous les cinq ans et encore donc on va arrêter le drama du “quoiiiii ? tout n’est pas prêt pour pallier ça ?”.  Nous sommes dans un cas exceptionnel. Mais surtout, ce qui me fascine dans cette histoire, c’est cette morgue, cette prétention de croire qu’en aucun cas, la nature peut venir perturber notre vie. Alors oui, la neige, c’est pas normal que ça bloque, il font comment au Canada, bla bla bla (ils galèrent pareil si ça peut vous rassurer). Alors déjà, le Canada ou la Russie, ils sont légèrement plus exposés que nous à la neige en hiver donc ils ont un matos un peu plus développé que le nôtre. Nous, en général, on sale 4 fois les trottoirs par an et basta, merci. Et d’ailleurs, si on continue sur le même trend, on salera de moins en moins et ce sera de plus en plus la panique au moindre flocon, hein…

Des enfants jouent dans la neige à Paris

Mais surtout, je trouve que la nature nous rappelle à quel point nous lui sommes soumis, quoi qu’on se raconte. Vous vous souvenez du volcan Eyjafjallajökull qui avait paralysé l’Europe il y a quelques années. J’avais tellement adoré cette histoire et surtout à quel point elle nous a rappelé que nous ne sommes rien face à la nature. Et pourtant, qu’est-ce qu’on se la raconte. 3 flocons et la France semble au bord de l’apocalypse (enfin, Paris, le reste de la France s’est bien foutu de notre gueule). Avec en plus toutes les personnes très intelligentes qui sont allées prendre leur voiture alors qu’elles ne savent pas conduire sur la neige. Oui, la neige, ça nous paralyse parce que hé ! Ca reste exceptionnel. Nos trains ne sont pas hyper équipés et il faut savoir l’accepter.

La nature sous la neige

Et ce qui est magique, c’est qu’avec le dérèglement climatique,on risque de manger des situations météorologiques hors normes de plus en plus souvent. Alors peut-être qu’au lieu de chialer sur les infrastructures, traiter les fonctionnaires de fainéants, admettons tout simplement que la nature n’est pas disciplinable et qu’on peut effectivement s’en retrouver victime. C’est une meuf qui n’a pas vu le Mont Fuji alors qu’elle avait prévu une magnifique balade qui vous le dit. Peut-être qu’il est peut-être temps de réorganiser la société en prenant en compte cet élément plutôt que de crier au scandale dès qu’on a du retard sur nos trains ou que les routes sont saturées. Par exemple, il serait temps de revoir un peu la question du télétravail. On en rediscute semaine prochaine.

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Comment se déconstruire ?

Bonne année tout le monde ! On continue 2018 comme j’avais fini 2017 : en étant la reloue qui disserte sur les oppressions et plus spécifiquement sur le féminisme. Seulement, je me rends compte que peu importe comment j’emballe le paquet, c’est souvent ressenti comme une agression, t’as beau écrire en toutes lettres “arrêtez avec vos not all men”, des hommes débarquent à CHAQUE fois m’expliquer que eux ne sont pas comme ça, pia pia pia. On finit même par me dire que je suis extrême… Je pense que vous ne savez pas ce que c’est l’extrême (comme quand vous placez Mélenchon à  l’extrême gauche, par exemple…). Mais j’ai eu moi même ces réticences et je me demande : qu’est-ce qui m’a fait évoluer ? Comment se déconstruire ?

Se déconstruire

L’éducation nous apprend à rentrer dans un cadre, à ne pas faire de vagues parce que “ça sert à rien”. C’est curieusement très ancré ça alors que les preuves du contraire pullulent, des preuves qui ont même parfois eu lieu de notre vivant. Vous vous souvenez le CPE, par exemple. Le souci est que Hollande nous a bien fait le coup de la grenouille dans l’eau qui bout au fur et à mesure : son étiquette “gauche” fièrement brocardé sur sa poitrine, il a commencé à nous faire une politique de droite ni vu ni connu, nous envoyant défiler pour le mariage pour tous. Une jolie cause sans nul doute mais quand on voit comment ils ont dégainé du 49.3 pour éviter tout débat “houleux”, ça fait un peu mal au cul pour nos camarades LGBT de s’être faits insulter pendant quasi un an pour une mesure qui aurait pu passer beaucoup plus vite… Bref, désormais, la mythologie veut que les manifestations ne servent à rien, que la rue n’a jamais rien obtenu. Même les congés payés de 1936, on te raconte que c’est arrivé comme ça mais on oublie la grève générale qui les a précédé pour inciter le Front Populaire à tenir sa promesse…

Grève générale de mai à juin 36 pour les congés payés

Bref, on apprend toute notre vie qu’on n’obtient rien par la force ou la violence, qu’il faut demander poliment. J’aime beaucoup la politesse, vraiment, tout comme le savoir-vivre MAIS ça ne fonctionne pas quand il s’agit de rééquilibrer une balance. Parce que personne ne veut lâcher ses mini privilèges. Un truc qui m’a toujours choquée par exemple, c’est tout ce qui touche les allocs. J’ai remarqué que ceux qui crachaient le plus sur les allocataires sont ceux qui le sont, justement. Je me souviens d’une discussion où une nana nous sortait le discours merdeux classique “non mais les étrangers, ils viennent pour prendre nos allocs alors que nous, on a rien !” et son mec de lui rappeler qu’il était lui-même au RSA alors qu’il bossait au black. C’est fou cette mythologie de “ils ont tout, nous n’avons rien” quand on sait que le RSA s’élève aujourd’hui à 545 €/mois, bon courage pour vivre avec ça. Du coup, comment on renonce à ses petits privilèges acquis soit-disant de haute lutte pour mieux partager le gâteau ?

Gâteau en billet de banque

Le bon goût <3

Ah oui, parce qu’il y a ça, aussi : le mérite et la galère. Je sais pas pourquoi mais dès qu’on parle des difficultés structurelles d’un groupe dominé, t’as toujours un membre du groupe dominant qui va chialer pour dire qu’il en a chié aussi. Tenez, sur mon article sur les privilèges, un petit blanc est venu chialer parce qu’il n’a pas de meuf ni d’amis. On a beau sortir toutes les études, stats et co, le petit Blanc a pas de copine alors tu n’as pas le droit de dire qu’il est privilégié. En tant que femme, tu risques l’agression sexuelle chez toi, dans la rue, au travail mais lui, une fille lui a dit non alors ça va, hein, ce sont les femmes qui mènent le jeu. Sauf que parler de groupes privilégiés vs groupes oppressés, ce n’est pas nier la galère des uns et des autres. J’ai mis un an et demi à trouver un emploi en CDI après mon bac+5 (certes pas acheté dans une école info-comm-marketing) malgré ma blanchité, issue d’un milieu aisé et bourgeois, ma bonne éducation et ma validité. Mais je sais pertinemment que j’ai quand même eu des atouts pour mettre facilement mon premier pied à l’étrier et depuis, je ne galère pas vraiment dans ma carrière. Finalement, mes principaux obstacles ont été dus à de mauvais choix imputables uniquement à ma personne.

Le mauvais choix

Alors ok mais comment je me suis déconstruite, moi ? Si tant est que mon expérience puisse servir, bien sûr. Parce que y a beaucoup de hasards de la vie dans mon histoire : je suis allée dans une fac rouge qui m’a permis de fréquenter des gens très différents, donc des syndicalistes étudiants, les gens de gauche que j’ai fréquentés, des gens de gauche radicale, mon Victor, le “Politburo” (c’est comme ça que j’appelle mon groupe d’action dans mes conversations, personne ne comprend jamais)… et Twitter, plus que n’importe quel réseau social avec tous les threads des concernés que j’ai pu lire, les débats auxquels je ne participais pas… en écoutant les gens. Ecouter… tiens, voilà un élément intéressant, on s’y arrêtera une prochaine fois (parce que cet article est déjà trop long)

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Le jeu de l’’interview

Quand on est journaliste, il est un exercice auquel on ne peut couper : l’interview. Il y a bien sûr l’interview classique qu’on reproduit telle quelle dans le journal mais aussi l’interview qui sert de base pour écrire un article, avec citation à l’appui. Par exemple, quand je bossais dans le milieu du rugby, j’interviewais les joueurs à la fin du match mais je les intégrais dans l’article de résumé du match.
TV reporter with microphone, Tv interview 

J’avoue que l’interview est, de très loin, mon exercice préféré. La raison est très simple : ça permet de rencontrer des gens et discuter avec eux. Evidemment, rien ne vaut l’interview en face à face mais c’est pas toujours possible surtout que le journalisme, aujourd’hui, ça se passe surtout par téléphone. Donc bon, dès qu’il y a possibilité d’aller sur le terrain, je suis ravie. Pourtant, l’interview n’est pas toujours facile, réservés s’abstenir. Bon, bien sûr, y a les interviews faciles en face à face dans un lieu tranquille (généralement un café) mais après, y a les interviews de type micro-trottoir, le but du jeu étant de sauter sur les gens dans la rue pour qu’ils répondent à des questions. Et c’est parfois très drôle. Je me souviens d’une fois où je faisais un micro-trottoir avec Julien pour la radio, on se balade donc avec notre mini disc enregistreur équipé d’un micro. A un moment, on aborde une nana de 25 ans à peu près avec sa mamie pour un micro-trottoir sur les femmes. On pose nos questions et tout puis à la fin, la nana nous fait : « c’est pour la télé ? ». Heu, comment dire ? On n’a pas de caméras, ça te donne pas un indice ?

 

Bon, les interviewés, y a des bons et des mauvais. Oui parce que moi, je suis une super journaliste, je pose que des questions pertinentes ! Qu’est-ce qu’un mauvais interviewé. Tout connement quelqu’un qui n’a rien à dire et qui ne répond rien d’autre que « oui », « non », « je sais pas ». Le cauchemar. Non parce que quand vous avez un papier à faire, on vous impose une longueur et les monosyllabes, ça aide pas. Bon, c’est vrai que dans les micro-trottoirs, c’est pas évident que les gens soient inspirés par mes questions. Je me souviens une fois où je devais faire un micro-trott’ sur une foire aux vins à côté de chez moi. « Vous allez dans les foires aux vins ?

– Non
– Pourquoi ?
– C’est mon mari qui achète le vin, je n’y connais rien.
– Mais vous pensez que c’est bien ces foires aux vins ?
– Heu… Oui, sans doute. »

Allez, toi aussi, rédige un article avec ça. Du coup, pour remplir un peu, je faisais du « Si je vais dans les foires aux vins ? J’avoue que non car c’est mon mari qui se charge de ça. Moi, je n’y connais rien mais je pense que les foire aux vins sont une manifestation intéressante pour ceux qui s’y connaissent ». Tatan ! Mais y a aussi ceux qu’on interroge sur leur métier, sur un domaine qu’ils connaissent sur le bout des doigts, mais que vous faites visiblement chier. Eux aussi pratiquent la monosyllabe et faut les bombarder de questions pour arriver à avoir de quoi rédiger quelques lignes. Une vraie joute verbale…

 

Mais après, y a les interviewés de rêve, ceux qui ont des choses à dire et qui le disent bien. Ce genre de personnes à qui vous n’avez presque pas besoin de poser de questions tellement ils ont de choses à dire. Limite, vous leur filez le stylo et ils écrivent le papier tout seul. Je me souviens d’une fois où je couvrais un festival, j’avais interviewé un organisateur bien mignon qui m’avait donné de quoi écrire un livre sur le festival, limite. L’histoire du festival, la programmation de l’année avec moults détails, des anecdotes, des artistes qui se sont produits précédemment… Il m’avait fait faire le tour du village transformé pour l’occasion, me montrant les installation, et tout. Du pain béni.

 

Hier, j’ai eu l’interview de rêve, aussi. J’avais rendez-vous avec Emilie Maume, j’ai parlé de son livre il y a quelques temps ici même. A 18h, je retrouve donc la jeune demoiselle à Montparnasse et le bon contact est plutôt rassurant : elle est souriante et jolie, Emilie (ok, elle est pourrie ma blague, on doit lui faire 50 fois par jour mais d’un autre côté, s’appeler Emilie et ne pas entendre « ah Emilie jolie ! », ça doit être vexant, finalement). Une petite brunette au charme naturel, elle m’a fait penser à LilVirgo, dans le style. Bon, vu qu’on a presque le même âge, on passe direct au tutoiement et on commence l’interview. Bon, alors par rapport à ce que j’ai dit la dernière fois, Emilie a galéré elle aussi et ne se plaint pas juste parce qu’elle sort de Science Po. D’abord, elle a fait plein d’autres trucs et ce qu’elle dit, moi, je suis tout à fait d’accord. En plus, c’est marrant, on a fait des études d’histoire toutes les deux et quand je lui demande son sujet, elle me répond « les Indiens du Québec à l’époque moderne ». Bon, Emilie, c’est ma nouvelle meilleure amie ! Bref, Emilie, c’est l’interviewée rêvée : non seulement, elle a des choses à dire mais elle le fait bien. Du coup, j’ai juste qu’à retranscrire, aucun travail de réécriture, l’idéal.

 

Du coup, je suis partie de cet entretien enchantée. J’adore travailler quand tout se déroule parfaitement comme ça, un vrai bonheur ! D’ailleurs, à la fin de l’interview, on s’est dit que ce serait sympa d’aller boire un verre dans un cadre moins formel. Hé ouais, le boulot, c’est pas toujours chiant !  

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Mexique suite et fin

Par Tatiana

je vous ai gardé le meilleur pour la fin !

 

Ca fait tellement longtemps que je ne sais plus où j’en étais. Ah oui ! les Caraïbes. Rien que le nom ça laisse rêveur. Les plages de sable fin et blanc, les palmiers, la mer bleu turquoise. Et bien oui, chers webolecteurs c’est bien comme ça les Caraïbes. Avec en prime une eau bien chaude, c’est à dire assez chaude pour qu’il n’y ait pas de choc thermique en rentrant dedans, et assez froide pour vous rafraîchir de l’horrible chaleur extérieure. L’île est vraiment belle, même s’il n’y a que des Etats-Uniens (oui faut être précis dans la vie), et que tout est écrit en anglais. J’ai un peu l’impression d’avoir quitté le Mexique. Comme souvent la partie touristique est bien distincte de la partie autochtone. Ca fait du bien de rester plus d’un jour dans une même ville, c’est un vrai bonheur. Surtout que les gens de l’île sont sympas et encore plus quand ils voient que vous parlez leur langue maternelle. On a rencontré deux français là-bas. Enfin plus précisément, un québécois et une française. La nana fait des vêtements super sympas et vraiment pas cher. Des trucs tendance à Paris qui coûteraient la peau du cul, ici c’est le prix d’un truc à Pramod (comme dirait Anna Gavalda). Elle bosse avec un mec qui fait des bijoux avec des coquillages et il nous a indiqué où en trouver sur l’île. Donc on a fait une petite expédition à la pointe nord de l’île pour descendre dans une crique sauvage. C’était bien drôle, et on a vu des coquillages énormes. J’ose même pas imaginer les bestioles qu’il devait y avoir à l’intérieur. On a vu plein d’iguanes super gros, qui vivent peinards en liberté car peu de gens vont dans ces coins là. On a aussi fait du snorkeling (c’est quand vous faites de la plongée avec palmes et tuba), pour voir de jolis poissons tropicaux. J’ai eu un peu les boules car on était vraiment au milieu des poissons. D’ailleurs je m’excuse auprès de ceux que j’ai du malencontreusement assommer à coups de palmes. On s’est aussi taper une intoxication alimentaire, bien comme il faut. Les trois nénettes vu qu’on avait mangé la même chose. Du coup on a du partir un jour plus tard que prévu car impossible de bouger de la chambre, et surtout des toilettes. Plus ca va et plus je me dis que ce voyage est parfait à faire en couple. Ca ne m’étonne pas que l’autre (cf articles précédents) ait changé d’avis en revenant. En parlant de couple, j’ai réussi à me faire scotcher par un relou à l’auberge de jeunesse sur l’île, alors qu’elle était pleine de pétasse cette auberge. Ben non, il a fallu qu’il vienne me voir moi. Alors qu’il y avait un super beau blond (mais qui le savait car il passait son temps à se balader en boxer), qui, lui, aurait pu me parler. Faut dire que ce jour la j’avais mis ma tenue de pétasse.

18 mai

Bon, j’ai grave pris du retard dans mes comptes rendus, donc je fais un rez rapide pour que vous raccrochiez les wagons. Le tout en regardant un charmant jeune homme qui s’exhibe devant nous car il a remarqué qu’on le matait. Pour info, là on est de retour à Playa del Carmen. Après Isla Mujeres, on est allées à Playa del Carmen, The destinachionne of the couples. C’est hyper touristique car ils veulent en faire le nouveau Cancun, alors ça construit de partout. Y a plus un bout de plage libre et sans hôtel ou restau qui la borde. Ya une super longue rue commerçante qui longe le bord de mer, et donc on arrive jamais sur le sable avant 15h30 car on est toujours attirée par une boutique. Mais le problème c’est que c’est des boutiques pour riches et que nous on est pauvres. Ici c’est vraiment très américain, et des fois on nous rend même la monnaie en dollars !! Enfin on essaie car nous on en veut pas des dollars. Toutes les filles sont belles et bien foutues, c’est pas très bon pour le moral. Par contre les mecs c’est pas ça… Surtout le problème c’est que y a que des couples amoureux. C’est très traumatisant. Dans les restaus et les bars c’est ambiance romantique. Mais bon on a pas finies lesbiennes pour autant. Les deux premiers jours on a pas arrêté de croiser un groupe qui était à l’auberge dont le beau blond. Mais c’est pas pour autant qu’on a établi le contact. L’hôtel où on est super bof, et on a hérité de la chambre Barbie !!! Toute rose, de quoi faire des cauchemars. Dans chaque chambre t’as un lit bien et un lit pourri. Le pire c’est les deux gamins qui font le ménage et viennent te réveiller à 9h du mat’ en te foutant limite dehors. C’est ici qu’il y a eu le clash entre mes deux compagnes de voyage. Mathilde et Maria se sont super embrouillées toutes les deux : la galère, et moi qui comptais les points. Au bout d’un moment, je décide que j’en ai ras le bol et que puisque c’est comme ça, je rentre à l’hôtel. Et là, elles me suivent les deux. Alors que je voulais m’éloigner des ondes super négatives. A partir de là ça a plombé un peu l’ambiance. Après on est parties pour Tulum, un peu plus bas sur la côte. Le premier soir on a atterri dans une auberge de jeunesse toute pourrie. Notre chambre était en béton sans peinture avec encore les traces de construction sur les murs. On a eu la compagnie de fourmis rouges énormes trop gentille car elles m’ont piquée en pleine nuit, et je me suis réveillée avec les bras en feu (oui ca fait très mal une piqûre de fourmis rouge). Ah oui! Y avait aussi pas de lumière dans la piole, c’est très pratique. Le lendemain on décide (curieusement) de se barrer. Pour se loger à Tulum, tu as deux solutions : tu loge en ville mais c’est loin de la mer, ou tu loge dans les cabanas au bord de la mer mais c’est cher. Enfin c’est pas cher par rapport aux prix en France, mais c’est pour notre budget, si. On s’est fait toutes les cabanas le long de la plage, l’horreur ! On a marché sous la chaleur écrasante du soleil, sans rien trouver. Finalement on a fini dans un hôtel près des ruines de Tulum. Le hic de la chambre, il n’y avait pas de porte dans la salle de bain, juste un rideau. Sympa pour l’intimité. Petite parenthèse : on vient encore de croiser le beau blond, et comme d’hab’ on s’est regardé et basta. Le temps que je réalise que c’était lui il était trop loin. Pour revenir à Tulum, Maria avait un succès fou auprès des mecs de l’hôtel. Grâce à elle on s’est fait des virées touristiques gratos, dont une à la réserve de Sian Kahn. L’histoire à retenir, c’est notre départ de Tulum, où on a eu des emmerdes de bus. Mathilde, elle nous quittait pour revenir en France. Nous on devait aller à Mahahual, plus bas sur la côte. Déjà on s’est faites scotchées par un mec trop chelou, complètement défoncé. Un espagnol qui venait d’Ibiza, fan de Jim Morrison. Le mec nous a lu les lignes de la main. Selon lui, je dois devenir une artiste accomplie à 40 ans et j’aurais un fils. Il m’a aussi sorti que j’étais romantique, mais là j’ai pas tout compris. Et il m’a dit que ce serait pire en vieillissant. En fait je ne sais pas s’il a dit que j’étais amoureuse que ça allait grandir, ou s’il voulait dire que j’étais sentimentale et que c’était pas prêt de s’améliorer. Après, il a commencé à me tenir les mains en disant des trucs que je comprenais pas. J’ai appris en partant qu’en fait (selon lui) on a avit fait un truc érotique genre communion sexuelle (cherchez pas ça n’arrive qu’à moi ce genre de choses). Il nous a tenu la jambe toute la matinée, les filles n’en pouvait plus. Le meilleur moment étant quand il a voulu nous donner des trucs et qu’il me sort une dent : eurk ! Et tout ça parce que notre putain de bus est parti avec 20 minutes d’avance. Oui, on a jamais atteint Mahahual. Quand on est arrivées à la gare le bus était déjà parti. On a donc décidé de retourner à Playa, car le prochain bus pour Mahahual était le lendemain. Plus tard (oui j’ai arrêter de mettre la date sur mes notes alors je ne sais plus quel jour on est) On a zoné là-bas pendant 4 jours, et après on devait aller à San Cristobal de las Casas, ex capitale de l’état du Chiapas et fief des guerriers Zappatistes. Ce fut épique pour prendre nos billets de bus d’ailleurs. On a attendu super longtemps pour que la nana daigne nous faire la réduction étudiante. Et en plus, on avait juste un billet pour Pallenque car il y avait eu des braquages de bus quelques jours avant et ils avaient fermé les routes. On en savait même pas si on allait pouvoir aller là-bas. La super blague c’est que cette conne nous a vendu un billet pour le samedi alors que nous on voulait partir dimanche. On a pas trop apprécié quand on est arrivées à la gare de bus et que le chauffeur nous a dit ça. Heureusement qu’on avait payé notre nuit d’hôtel pour pouvoir garder la chambre jusqu’à 18h. On a du repartir dans le centre de la ville et à pieds avec nos sacs car aucun taxi ne s’arrête en dehors des bornes de taxis dans cette ville. Le lendemain on a failli se battre avec la chef de gare pour qu’elle nous rembourse nos billets. Cette conne ne voulait rien entendre. On a tenté notre chance à l’autre gare, et on a bien fait car on est tombées sur un mec sympa, qui nous a fait nos billets pour la moitié du prix étudiant et qui nous a aussi informées que la route pour San Cristobal était réouverte. Voilà comment le soir même on a pris la direction du plus bel état du Mexique. On s’est fait pas loin de 17h de bus avec un arrêt. On était mortes en arrivant. Le Chapias est un des états les plus pauvre du Mexique, donc il y a beaucoup de gens qui vous accostent dans la rue pour vous vendre des trucs. C’est très dur de dire non, et tu te retrouve avec des choses dont tu n’as pas besoin et qui prennent de la place dans ta valise. Là-bas, on a visité la ville et les petits villages dans la montagne aux alentours. J’ai flippé d’attraper le palu car y avait quelques moustiques qui trainaient et c’est la région du palu. De San Cris on est allées sur la côte pacifique à Puerto Escondido. A ce stade j’en ai ras le bol et je tourne en rond dans ce pays. J’en peu plus de voir tous les jours la même personne et de ne parler qu’à elle (même si je l’aime beaucoup). Pas moyen de se retrouver seule c’est horrible. Puerto c’est très mignon mais y a rien à faire, surtout qu’on se tape un reste de tempête tropicale et qu’il pleut tout le temps. Je perds tout mon bronzage !!! Pas moyen de se baigner, l’océan est déchainé et je flippe de rentrer dans l’eau. Avec l’humidité ambiante, y a un max de bestioles et je me fais bouffer par des trucs que je veux même pas savoir ce que c’est. C’est ici qu’arrive la partie intéressante du séjour pour vous car c’est ici que j’ai testé (pour vous et un peu pour moi aussi) le mexicain ! Maria était déjà venue en décembre ici et elle connaissait un mec qui s’appelle enrike et qui tient un bar dans le centre. Le mec est sympa et un soir où on va boire un verre dans son bar il nous demande si on veut aller à une soirée. Moi j’avais moyennement la motivation mais Maria avait l’air de vouloir y aller et les deux margaritas que je m’étais enfilées m’avaient enlevé toute volonté. Donc nous voilà parties à la soirée vers 2h une fois le bar fermé, avec une Anglaise et deux mecs. Cette anglaise est complètement torchée et elle arrête pas de le chauffer enrike, mais lui il semble pas y faire plus gaffe que ça. Moi à ce moment là, j’y faisais pas gaffe non plus. Cette fête est pour le départ d’une Argentine. Les gens sont cools et on rencontre deux autres Français. Forcément on boit, un peu, beaucoup. On arrête pas de nous payer des bières. Et petit à petit je remarque que le petit enrike il vient souvent nous voir, et qu’il me prend par la taille avec un regard qui en dit long. Moi je lui rends son regard, car non finalement l’Anglaise elle ne l’aura pas celui-là. L’ennui c’est qu’à chaque fois qu’il vient me voir il me laisse sa bière alors je commence à être dans un sale état, et comme chaque fois que je suis dans un sale état j’ai envie de sexe. Nos regards deviennent sans équivoque, d’ailleurs j’ai une photo de nous deux ou je le tiens par le coup genre t’es ma propriété, c’est assez drôle. Mais bon il tente rien non plus lui il fait chier !! Vers 5h Maria est naze et moi je désespère. On décide de rentrer. On dit au revoir aux gens et là monsieur se réveille et nous propose de rester dormir chez lui. Car notre hôtel est loin et la route à prendre pour rentrer est super dangereuse (y a quand même des gens qui se sont faits tuer sur cette route la nuit). Ni une ni deux on dit oui (enfin surtout moi), et nous voilà tous les trois chez lui. Moi j’attends de voir s’il va se bouger le cul. En attendant je me fou sur le canap’ parce que bon je suis un peu naze aussi. Enfin il vient se mettre à côté de moi, enfin plutôt sous moi car je suis allongée et donc j’ai mis mes jambes sur lui. En moins de deux minutes il se met à me caresser les chevilles. Bon, là je pense que c’est pas juste amical. Maria décide d’aller se coucher (très bonne chose). Et nous on reste comme deux cons. Il me dit un truc en espagnol que j’ai rien compris. Parce que là j’ai dépassé le stade d’alcoolémie où je suis trop forte en langue étrangère. Je décide de prendre les choses en main (mais pas comme vous pensez bande d’obsédés!!) et j’opère à un rapprochement stratégique. En gros, je me mets dans ces bras. Deux trois embrassades s’ensuivent, et il m’emmène sur la terrasse, pour la suite. Mais bon euh, la terrasse elle fait face au lit où dort Maria donc moi je suis moyennement chaude pour brouetter devant ma copine quand même. Je lui fait comprendre, non sans mal car lui rien à foutre. Au final, direction le jardin. Il fait quand même les choses bien (trait typique du macho qui a l’habitude des filles de là-bas à qui il faut faire style on est pas un connard et on veut pas juste te baiser) et met un drap avec même une bougie. Je vous jure ! Franchement j’ai trouvé ça super mignon. Nous voilà donc partis, sauf que son sale chien il a voulu aussi jouer avec nous. Donc super la concentration quand y a un chien qui vous lèche la jambe (et pas autre chose hein). Je l’ai viré je ne sais pas combien de fois à coup de pied. Après j’ai eu le droit à des « t’as été super » Celle là on me l’avait jamais faite, ça fait assez vieux film américain. Je croyais qu’on en disait plus ce genre de phrase depuis les années 70. Le lendemain, Maria nous vois dans le lit dans les bars l’un de l’autres et elle a même pas tilté. Je vous raconte pas comment elle a halluciné quand je lui ai raconté. Elle avait rien vu de notre manège, même quand elle est partie se coucher. Moi qui croyais qu’elle avait fait exprès de nous laisser. C’était vraiment très agréable d’être dans ses bras. Après ma rupture je me sentais vraiment pas terrible et j’avoue que ça m’a fait vraiment du bien. Sentir l’attention sur soi et le désir de l’autre. En tous cas c’est des vrais baratineurs les latins, c’est moi qui vous le dis. Tous les trucs qu’il m’a sorti, on aurait dit que limite j’étais la femme de sa vie, alors que bon il a une copine ce jeune homme. Enfin, Je suis toujours plus ou moins en contact avec lui. Mine de rien je crois que lui comme moi on aime bien entretenir le truc juste histoire de jouer. Je sais qu’en ce moment il projette de partir en Bolivie, et moi je vois mes prochaines vacances J. On est parties deux jours plus tard pour Oaxaca où on est restées un jour. Après le DF et la France. J’ai eu trop de mal à me remettre dans le rythme français. Retour très très dur à la réalité. Même maintenant je regarde mes photos avec une certaine nostalgie, comme si c’était une autre époque de ma vie. C’est plutôt étrange. Mais c’était quand même un chouette voyage.

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L’’amour, c’’est comme le travail

Comme je suis une intellectuelle qui cogite tout le temps, je ponds régulièrement de nouvelles théories qui ne servent à rien, si ce n’est à me rassurer. Samedi, en plein délirium tremens avec le Gauthier, j’ai donc eu une révélation. Pas un triptyque, non, non, une théorie que j’ai sortie à Gauthier d’une voix pâteuse avec un vocabulaire approximatif. Maintenant que j’ai décuvé, je développe.

Bon, pour commencer, petit retour sur ma vie professionnelle. En octobre, me voilà diplômée de mon master 2 de journalisme avec une mention « assez bien », ce qui me fait chier, j’aurais mérité la mention supérieure mais peu importe. Comme m’ont dit de nombreuses personnes qui bossent dans les RH, les mentions, on s’en tape. Ca ne sert qu’aux universitaires et moi, je suis sortie de ce système donc… Donc je ravale ma fierté et je laisse tomber ma déception. Là, je découvre les affres du chômage et de l’inactivité. Je réponds à plein d’annonces, jamais de réponses ou alors, elles sont négatives. Je passe des entretiens mais ça n’aboutit pas. On me fait des promesses mais ça n’aboutit toujours pas. Fin décembre, je suis au bord de la dépression, je pleure devant Requiem for a dream. Bon, il est bouleversant, ce film, ça aurait été flippant que je pleure devant The Mask ou une autre connerie mais quand même, je suis pas trop du genre à pleurer devant un film. En mars, je suis dans la phase du découragement. Gros coup de blues après avoir trouvé une annonce marquée « spéciale Nina Bartoldi », j’en ai déjà parlé dans l’article sur l’ANPE. Et là, aucune réponse. J’appelle et on me révèle que le poste est déjà pourvu. Là, je me mets à pleurer. Car pour moi, c’est très clair : je suis même pas foutu de décrocher un poste qui correspond EXACTEMENT à mon profil où les débutants étaient acceptés. Donc je m’en sortirai jamais. Et là, le miracle, alléluia ! On me contacte, mon profil intéresse. Je rencontre donc Frédérique et le beau Pierre-Cécil (alias le DRH choupinou) et me voilà en CDD de 3 semaines en temps qu’assistante de communication. Au bout d’une semaine et demi, je repars dans mon flip : « merde, je vais me retrouver au chômage, ça va recommencer ». La veille de mon départ de ce poste, je reçois pas moins de trois propositions de stage sans même avoir cherché. Je réponds à la première annonce qui me paraît emballante. Je réponds le jeudi, je suis en entretien dès le lundi, je débute le jeudi suivant : je les ai charmés en entretien. Normal, je suis la meilleure. Donc me voilà partie en stage jusqu’en septembre, quatre mois de répit. Et comme on dit « jamais deux sans trois », paf, une nouvelle proposition en or qui devrait m’assurer la tranquillité jusqu’en janvier 2007. Et vu le truc, je me fais plus de soucis pour la suite.

Il faut dire que niveau boulot, il n’y avait apparemment que moi qui m’en faisais, tout le monde (mes parents, ma sœur, Gauthier, Alex, Lucie, Anne…) me disait : « mais enfin, tu es super talentueuse, t’inquiète pas ! ». Ben, si, quand même. Finalement, ce sont eux qui avaient raison. Au temps pour moi !

Donc, de cette expérience, je tire une théorie à appliquer à ma vie amoureuse. J’ai galéré pendant six mois pour trouver du boulot mais cette expérience n’a pas été inutile, loin de là. Et j’ai également appris que tout vient à point à qui sait attendre. Je ne dois plus douter de mes capacités, je les ai prouvées moult fois sur le terrain. Pierre-Cecil fut très content de mon travail et les gars de l’asso m’ont couverts d’éloges ce week-end. Comme quoi, ce que je faisais était vraiment bien, que c’était d’un très haut niveau rédactionnel… En fait, je dois passer pour la nana hyper susceptible et sensible, vu qu’ils m’ont dit ça parce qu’ils me faisaient deux, trois remarques sur un article que j’avais fait. Or, c’est normal ! Ce sont quand même les chefs de l’asso, je publie rien sans leurs accords car je ne suis pas en charge de la ligne éditoriale, même si je suis une sacrée force de proposition.

Mais revenons à l’amooooooour. Tout ce que j’ai vécu depuis deux ans, ce n’est pas pour rien. C’est parce que le bonheur se profile peu à peu à l’horizon et que, quand il arrivera, je pourrai pleinement en profiter. Sans pour autant faire preuve de naïveté. Bon, dis comme ça, ça fait très « destin » et compagnie, c’est vrai. Mais bon, du coup, ça me permet d’être détendue à ce sujet, de pas me dire que le temps passe et compagnie. Ca viendra quand ça viendra. De toute façon, j’ai conscience que ça peut pas arriver maintenant parce que mon petit cœur est en réparation (ça prend du temps, pfffff !) et puis, je n’ai pas vraiment le temps de m’en occuper. Puis l’été est plus propice aux aventures qu’à l’amour, à mon sens. Bon, l’histoire me donnera peut-être tort mais là, je me sens pas l’âme amoureuse.

Bon, comme je disais plus haut, cette vision de la vie est un peu trop déterministe, un peu trop « c’est arrivé parce que ça devait arriver ». Effectivement, les choses n’arrivent pas nécessairement par fatalité. J’ai bien conscience que les choses ne tombent pas tout cuit dans le bec et qu’il suffit pas d’attendre pour que ça arrive. Ceci étant, si le boulot n’arrive pas tout seul (enfin, pour le coup, c’est quand même pas mal ce qui m’est arrivé même si j’ai quand même mis mon CV au bon endroit), en amour, même s’il faut se montrer opportuniste, rien ne sert de se montrer forcenée. Evidemment, si j’écume les lieux de rencontre, je vais remplir mon agenda mais bon, faut voir la qualité des relations que ça donne. Je suis du genre à croire qu’en la matière, le hasard fait bien les choses. J’ai prouvé mes qualités amoureuses par le passé, personne ne m’a quittée en disant que j’étais la pire créature qu’il ait rencontrée, bien au contraire. Donc voilà, je suis comme une jolie fleur qui sent bon (oui, je passe ma vie sous la douche en ce moment, ça aide) et quand j’aurai trouvé un bon jardinier, je me laisserai cultiver. Ca vous manquait mes métaphores pourries, hein ?

Donc voilà la nouvelle théorie tirée de mon délirium de samedi. Elle est peut-être fausse mais au fond, on s’en fout. Du moment que ça me permet de pas déprimer sur le sujet, n’est-ce pas là l’essentiel ?

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