Les réseaux sociaux ou le triomphe modeste

Récemment, une étude s’est penché sur le narcissisme des utilisateurs des réseaux sociaux. Notre petit écran devient la scène de nos ego trips les plus frénétiques. Regarde-moi, j’existe ! Et la magie des réseaux sociaux, c’est que votre audience va rapidement croissant, nourrissant ce sentiment d’importance. Même si vous vous contentez finalement de récupérer le boulot des autres.

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J’aime Pinterest. Très fort. Dès que j’ai le malheur d’y mettre les pieds, je suis aspirée par toutes ces images, j’épingle, encore et toujours. Parfois, j’épingle mes propres photos, celles diffusées sur le blog, mais ça doit représenter 1% de mes épingles. Et mon nombre de followers ne cesse d’augmenter. Sauf que bon… J’ai pas bien de quoi me vanter. Y a des gens qui trouvent que les photos que j’épingle sont jolies, youhou ! Mais quelle influenceuse je suis dis donc. C’est vrai qu’elles sont tellement originales, les photos que je pine, personne ne les a jamais vues. Y a qu’à aller dans la section « popular », j’en retrouve un bon paquet. Mais ça n’empêche pas certains de se vanter régulièrement de leur nombre d’abonnés.

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Autre réseau social dont les messages de fierté me font toujours lever les yeux au ciel : Tumblr. J’en avais créé un y a 3 ans que j’ai jamais vraiment animé mais je reste à suivre ceux des autres. Je souris souvent grâce à des gifs animés mis en contexte par une petite phrase du type « quand il me dit que finalement, il est pas dispo ce soir » (gif de nana qui lève les yeux au ciel, l’air blasé ou gif de meuf qui pleure en mangeant de la glace), « quand, le vendredi soir à 18h, on te fait une demande urgente » (gif de mec pétant son ordinateur ou gif de mec hurlant)… Bref, c’est mignon, c’est frais, ça détend 5 minutes. Bon, ça me fait détester certaines séries sans même les avoir vues (faudra quand même un jour m’expliquer pourquoi les Internet vénèrent à ce point Zoey Deschanel, je l’ai jamais vue ailleurs que dans H2D2 et le combo grosse frange dans les yeux et lunettes de geek ne me donne surtout pas envie de mater the new girl). Mais là, ça se la pète grave au pays du tumblr : il faut publier un gif joyeux dès qu’on dépasse un nombre significatif d’abonnés, publier quelques messages élogieux de gens expliquant qu’ils adoooooooooorent le blog, c’est trop cool. Bon déjà, quand je vois la gueule des articles de blogs « historiques » et le fait de publier un gif avec une malheureuse phrase, je soupire un peu fort… Mais bon, pourquoi pas, après tout. Mais le mieux, c’est quand, la main sur la coeur, ils s’indignent qu’on leur pique leur gif sans les citer. Leur gif ? Ah, c’est toi qui fait tous les gifs de The new girl(justement), The big bang theory, Friends, Dr Who, les téléréalités américaines à base de meufs tellement refaites qu’on a l’impression de mater X files ? Non ? Ben alors pourquoi tu pisses soudain sur un gif surexploité pour marquer ta propriété, je situe pas bien… Bref, l’univers du tumblr est un vrai panier de crabes où y a des règles à respecter dans la multiple utilisation d’un gif et que c’est normal que tu aies des tas de gens qui te suivent parce que tu fais pareil que tout le monde mais de façon plus géniale. Rendons cependant hommage à un compte qui crée vraiment ses gifs : réalité à la française(oui, concept pompé de la version américaine mais au moins, c’est pas juste de la réutilisation de gifs en se croyant follement original).

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Se la raconter facile, c’est l’apanage des nouveaux réseaux sociaux ? Mais trop pas ! Sur Twitter aussi, ça plagie et pas qu’un peu. Les mêmes blagues tournent à l’envi, sans qu’il s’agisse du retweet de l’original, chacun s’approprie la vanne de l’autre en mode « je suis tellement drôle ». Par exemple, j’ai vu une demi douzaine de personnes revendiquer la paternité d’une photo relative à l’appel de don de l’UMP : une carte postale du rainbow flag sur lequel était écrit « Fuck you » en mode « MA réponse à l’UMP ». Oui, MA, parce que je suis vraiment trop drôle quoi. J’ai aussi vu passer plusieurs fois la photo de Copé dans la piscine avec écrit dessus « travailler plus pour gagner plus » avec toujours cette même volonté de faire croire qu’on en est l’auteur. J’ai même vu ça sur Facebook ! Lors de la mort de Bernadette Lafont, Ladislife que je suis s’est amusé à retwitter toutes les vannes sur « Bernadette Lafont, la forme », mon fil d’actu a été envahi… Il est vrai que Twitter pousse à être drôle et percutant, des milliers de titres dignes de Libé qui défilent en permanence. Mais de là à revendiquer la paternité d’une vanne qui n’est pas de nous, là, ça me dépasse. Et encore, je parle de vanne mais l’accident de Brétigny a aussi été fascinant en la matière, des twittos postant des photos de l’accident sans y être. Je vous invite à lire l’article très intéressant de Deldebbio qui a démontré que les photos reprises par les médias n’avaient pas été prises par les twittos les diffusant. D’ailleurs, faudra que je vous parler du twitt-journalisme, ça commence à salement me gonfler, ça aussi.

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Bref, je suis fascinée. Je me sens parfois différente : je ne connais pas bien mon nombre de followers sur Twitter, Pinterest, Instagram ou Tumblr (il faut que je le reprenne, ce putain de Tumblr, je m’y amusais bien), amis sur Facebook, lecteurs de mon blog (je me suis rendue compte récemment que j’avais perdu mon google analytics en changeant de thème… 6 mois plus tôt). Mon klout n’est qu’une vague donnée, je m’en fous. Peut-être parce que je sais que cette gloire est futile et ne m’ouvrira pas de portes. Après tout, j’ai jamais eu autant de lecteurs que quand j’étais au chômage. J’en ai perdu plein mais dans ma vraie vie, je trouve que je réussis pas mal. Et c’est ça qui est le plus important. Surtout que j’ai pas de pub sur mon blog donc pas besoin de milliards de lecteurs !

PS: Par contre, j’essaie de devenir ninja en SEO

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Les lofteurs vs les bloggeurs

Là, de prime abord, ce titre est effrayant, inquiétant et surréaliste mais oui, je te confirme, il y a un lien entre les lofteurs et autres « stars » et les bloggeurs, du moins ceux qui s’affirment influents. Je ne vais pas me défouler sur cette notion aujourd’hui, ce n’est pas trop le sujet, quoi que…

Alors, quel est donc le point commun entre ces deux entités. Bon, déjà, il y a le fait qu’on ne connaît jamais vraiment leur vrai nom. Par exemple, il y a Loana du loft et Nina des vingtenaires, des gens qu’on appelle par leur pseudo mais dont personne ne connaît le vrai nom, finalement. Mais en fait, ce n’est pas tant ça le point commun que je voulais évoquer parce que ça ne ferait pas un article à part entière mais plutôt le phénomène de « je suis célèbre… dans ma tête ». J’ai eu l’occasion de croiser un lofteur dans une soirée,
j’en avais parlé à  l’époque, celui qui fornique dans une piscine et le mec se sentait plus péter. Se rend-il qu’il est juste un gros naze dont plus personne ne se souvient ou presque ? Que si on ne m’avait pas dit « hé, c’est machin », je me serais dit au mieux « tiens mais ce mec me dit quelque chose, j’ai dû le croiser quelque part » mais pas plus.

Et bien le bloggeur « influent », c’est pareil. Au départ, le blog était un petit espace de parole avec une personne qui écrit pour raconter sa vie, se créer une vitrine professionnelle, etc. Aujourd’hui, pour pas mal, le but est de choper des cadeaux à la louche, être invité aux soirées ultra VIP, jouer à mort le racolage et le « buzz » pour attirer le visiteur, tout ça, tout ça. Le bloggeur, comme le lofteur, se pense important et célèbre et que même qu’il a le pouvoir de dégommer une marque, un film ou une personne. Par exemple, si moi, je te dis qu’un film est nul, forcément, tu vas me croire et ne pas y aller. Mais si je te dis qu’un film est bien, tu vas y aller. C’est pour ça que je trouve normal que les marques me brossent dans le sens du poil et que si elles font un faux pas, je vais les assassiner car j’ai le pouvoir.

Ce que j’aime surtout, c’est la sensation d’être célèbre. Les blogs les plus lus font en moyenne 10 000 visiteurs uniques par jour donc un certain pourcentage vient de google. En gros, il arrive régulièrement que des gens lisent votre blog sans savoir qui vous êtes et sans forcément lire ce que vous avez dit en dehors de l’article qui les intéressait. Alors c’est sûr que si je dis que l’appareil photo XY est tout pourri et que je suis bien placée sur google, le consommateur qui hésite à l’acheter tombera sur mon avis en premier ou pas loin. Mais
s’il se contente de mon avis sans en consulter d’autres, il n’est pas bien malin.

Mais le must, quand même, ce sont les guerres entre bloggeurs. C’est un peu à qui tapera le plus fort, à qui va virtuellement assassiner qui… Alors nous sommes supposés lire tout le monde sinon tu ne comprends pas les piques limite private jokes qui font rire tous les commentateurs sauf toi car tu ne comprends pas qui est visé par « j’aime toutes les tortues sauf celles qui sont attirées par le turquoise alors que ça leur va pas du tout ». C’est comme les guéguerres des lofteurs et assimilés qui essayaient de se discréditer les uns
les autres pour gagner sauf que le bloggeur, il ne gagne rien. Au mieux, il fait baisser les stats de sa cible mais en général, c’est l’effet inverse que cela produit. En gros, le bloggeur met en scène ses disputes en espérant que ça va fasciner tout le monde car tu comprends, il est une célébrité, on aime quand ça saigne.

Mais surtout le bloggeur est un peu un ringard comme les lofteurs. Parce qu’il veut tellement exister qu’il y a de quoi se moquer de lui, de ses crises existentielles parce qu’il n’a pas été invité à telle ou telle soirée ou parce que telle marque l’a snobée, sa volonté de soigner la forme plus que le fond, parler du dernier album de Madonna juste parce que ça va ramener du clic alors qu’il déteste Madonna. Les outils marketings, les tuyaux, on finit toujours par les connaître, c’est pas si compliqué. Mais vendre son âme pour une notoriété fantasmée, ce n’est pas forcément mieux que de se faire filmer toute la journée pour une émission de téléréalité. Surtout que sorti du milieu des bloggeurs, nous ne sommes plus personne. D’ailleurs, si tu n’évolue pas dans le milieu pub-market-comm voire journalisme parisien, c’est à peu près certain que quand tu commences ta phrase par « j’ai déjeuné avec tel bloggeur la semaine dernière et tout », on ne sache pas du tout de qui tu parles.

PS : Un autre article sur le sujet que j’ai bien aimé

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J’ai le melon

Par Gauthier
Comme vous le savez peut-être, ou peut-être pas, je ne suis pas un modèle de modestie, ni d’humilité, et encore moins de compassion. Bref mes amis les plus proches peuvent vous le dire, je suis plutôt puant comme mec quand je m’y mets. Alors forcément comme je suis bien élevé, je fais des efforts pour « bien passer » en société. Je ne peux pas décemment cracher mon fiel ou me mettre en avant 24/24h 7/7j, sinon je serais bien seul.
 
Oui parce que comme tout spécimen d’homo insupportabilus (Mister Big, si tu nous regardes, des fleurs…), je suis aussi hyper sociable, j’ai besoin d’avoir un milliard d’amis, d’être complètement overbooké, bref ça me permet de me sentir encore plus important.
 
Pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui ? Parce que j’ai atteint des sommets ces derniers temps. Oui j’ai une chance insolente, tout me réussit, ça en devient indécent. Par où commencer ?
 
Vous le savez sûrement, mais je suis encore étudiant, et je passe beaucoup de temps à sortir, à baiser, bref à m’amuser. Mais j’ai quand même validé mon semestre avec brio (j’ai loupé la mention, mais comme la moitié de la promo s’est fait recaler, ben ça donne de la valeur à mes notes). En plus, pour la petite histoire, quand je me suis retrouvé devant ma feuille d’examen j’ai été super déçu par les sujets. Je suis en bac + 5, le minimum c’est, à mon avis, de vérifier si l’on sait réfléchir, analyser, synthétiser, bref si on a un cerveau suffisamment développé pour devenir des cadres supérieurs. Perso j’attache très peu d’importance et de crédit aux gens qui sont capables d’apprendre par cœur et de le recracher pendant un examens. Ça va, on est plus au lycée. Ben nos profs nous ont simplement demandé de recracher le cours, du par cœur, à la virgule près. Le truc bête et méchant, n’importe quel couillon avec un QI suffisamment élevé pour pouvoir nouer ses lacets tout seul est capable d’apprendre par cœur et de réciter. Donc au lieu de passer 3h dans la salle pour chaque examen, j’y suis resté entre 1h30 et 1h45, juste le temps de remplir deux copies doubles, c’est quand même très scolaire tout ça… Donc le fait que tous ceux qui sont recalés sont resté les 3h à se prendre la tête sur des sujets niveau bac (pour moi) ben ça me regonfle encore plus le melon démesuré qui me sert de boite à cerveau ces temps-ci.
 
Parlons du reste. Je suis dans un master professionnel, il me faut donc un stage pour valider mon année. Je suis quelqu’un de très pragmatique quand il le faut. Donc ma recherche de stage, ça donnait à peu près ça : « bon ça c’est bien, mais tu seras jamais pris ! ça aussi c’est génial, mais tu n’as pas le niveau ! oh là ! alors celui-là il est parfait, mais il y a 700 candidatures, comment peux-tu être pris ? tient, je vais postuler là, c’est nul, je devrais y arriver ! ». Donc j’envoie mes dossiers de candidature, je fais un beau CV, de belles lettres, je mets une belle photo de moi, bref je fais les choses bien. Et puis je me dis « et merde, après tout, ça te coûte qu’un timbre, postule pour le stage parfait où il y a 700 candidats pour un poste, on sait jamais ». Eheheheheh, donc je peux officiellement l’annoncer, j’ai un stage, et lequel à votre avis ? Ben oui mesdames z’et messieurs, j’ai écrasé 700 personnes pour l’avoir : JE SUIS TROP FORT ! Bon par contre j’en ai presque pleuré, et j’ai pas encore tout à fait réaliser, mais bon le fait est que je vais faire un stage de la mort qui tue. J’aimerais bien vous expliquer, mais sous couvert de préserver un semblant de vie privée et d’anonymat, je ne peux pas. Et en plus j’ai pas le droit de parler de ce que je vais faire (les plus perspicaces aurons sûrement une piste avec ce que je viens de dire). Donc on refout une couche au melon, là c’est officiel, je passe plus les portes…
 
À cela s’ajoute ma vie sexuelle, tout le monde a pu lire mon précédent article, mais si… Celui où j’explique que j’ai enculé un futur mannequin américain, qui m’a hurlé du « Djisseus Kraïste » toute la nuit !!!!! Donc oui j’avoue, je me tape des bombes, des mecs à vous faire vous dévisser la tête quand vous les croisez dans la rue. Le genre de mec qu’on voit dans un magazine, et on se dit « mais ça n’existe pas des mecs comme ça, regarde-le, il est trop beau !!! ». Ben si mesdames z’et messieurs, ça existe, et je dois même avouer quelque chose, il est très gentil, et il me fait des compliments par rafales. Moi là c’est officiel, j’en peux plus, c’est plus un melon que j’ai, c’est une mongolfière. Je suis tellement gonflé que je touche plus terre…
 
Donc pour revenir au problème de base, je suis puant. Je dénigre et je critique. Je me sens largement supérieur. En même temps, c’est pas ma faute, les gens sont médiocres, et ils se complaisent dans leur médiocrité. C’est affligeant. Vous aussi je suis sûr que vous savez de quoi je parle. Je suis en plus de tout, mais en fait ça va ensemble, complètement élitiste. Regardez derrière vous, et repensez à vos camarades de collège ou de lycée. Je suis sûr que vous ne voyez plus 95% des gens que vous fréquentiez à l’époque. Là vous en recroisez un/une par hasard dans une soirée. Ça fait super plaisir ce genre de truc, perso suis toujours super content de les recroiser, bref. Donc vous commencez à papoter, et ça donne quelque chose comme ça :
– Alors tu fais quoi de ta vie ?
– Je suis en Science po, je vis à Paris, et je suis gay et toi ?
_ J’ai arrêté en première, je me suis marié avec Marc, on a deux gosses, je suis caissière à Ecomarché, et je fais construire ma maison à côté de celle de mes parents.
– …
Comment peut-on ???? Cet exemple est tiré d’une histoire vraie, et la fille a rajouté « putain je suis bien contente de te revoir, c’est tous des ploucs au village, je les supporte plus, il faut trop que tu viennes boire le café » Et toi t’es quoi ? T’es pas la reine des ploucs peut-être ??? Je rêve… Ma meilleure amie au lycée, enfin mes trois meilleurs amis au lycée sont dans cette situation : bac – 2, marié, presque des enfants, travaillant pour le smic, et super heureux ! Moi je ne comprends pas… Alors je ne choisis pas mes fréquentations selon leurs diplômes, ni leur culture, mais il faut bien avouer que s’ils sont incapables de tenir une conversation je ne vais pas les voir souvent et ils ne deviendront jamais des amis. J’ai essayé de passer outre ça, et ça donne des situations super compliquées, où à la fin on se dispute façon « j’ai 12 ans, t’es plus ma copine, je vais te pourrir ta vie, bouh vilaine ». Perso je trouve ça fatigant à mon âge d’avoir encore ce genre de relations humaines.
 
Donc oui je suis puant, élitiste, et j’ai un melon inimaginable. Et alors ??? Je n’oblige personne à me supporter. Et le plus fort c’est qu’apparemment c’est ce qui me rend si attractif quand on me rencontre. Parce que je suis la personne avec qui tu vas pouvoir t’isoler dans un cocktail pour dire du mal de l’ensemble de la salle. Et ça, c’est pas complètement jouissif ? Pour une plus ample compréhension du phénomène « langue de pute », reportez vous à l’article de Nina. Bref j’assume complètement mes défauts, j’en fais même des qualités. C’est normal, je suis tellement intelligent !!!!
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