Et si on arrêtait de mentir sur la perfection au travail ?

Vendredi après-midi, je traînasse un peu sur LinkedIn, activité que j’avais délaissée suite à la signature de mon nouveau contrat tellement j’en pétais. En cause ? Cette fable permanente de l’hyper réussite sans faille, ces gens qui ne sont que réussite et confiance en soi. Sauf que nous faire croire que la perfection au travail existe est juste la meilleure façon de nous fragiliser. Et si on changeait un petit peu les règles du jeu ?

La perfection au travail, seule voie de réussite ?

Je n’aime pas le monde du travail, qui n’est qu’une longue souffrance sans fin, mâtinée d’humiliation, stress, burn out, bored out et tout ça. Sauf que socialement, c’est moyen admis de balancer ça tant on est dressés à la réussite. Déjà à l’école, t’avais des profs bien vachards qui aimaient bien classer les copies par notes, lisant les passages les plus moisis des copies les moins bien notées. Et comme à cet âge là, t’es une belle graine d’ordures, on riait tous bêtement quand le prof nous désignait du doigt le cancre. Oui, j’ai eu des profs merveilleux (enfin, là, c’est une en particulier). Bref, dès l’enfance, tu apprends qu’il y a les bons, les nuls, et le ventre mou. Tu dois aspirer à être sur le haut du panier tout en ricanant de ceux qui n’y arrivent pas. Un peu le même principe que la téléréalité finalement où on prend un plaisir pervers à voir des gens censément idiots nous rassurer sur nos propres capacités. Je dis “censément” parce que filmez n’importe qui pendant 22h/24 (c’est toujours ça le ratio ?), vous pourrez compiler des moments de lapsus ou fautes de français sans grande difficulté.

Nabilla ou l'inculture des candidats de téléréalité

Mais c’est pas le sujet. J’ai récemment changé de taf et, surprise, mon poste a complètement évolué par rapport à ce qui était prévu donc j’apprends… et je réalise des tâches en même temps donc je me sens régulièrement dans la peau d’une jongleuse funambule… Métaphore qui prend tout son sens quand on connaît mon sens incroyable de l’équilibre (je n’en ai aucun). Donc je tâtonne et j’ai moyen confiance en moi (moyen comme pas du tout), d’autant que j’ai un management qui peut passer 10 minutes à me reprocher un imprécision plutôt que de retenir que les clients sont contents de moi et que je m’en sors avec les honneurs compte tenu du fait qu’on me met sur un nouveau métier et que la seule meuf qui maîtrisait bien les bails est partie. Bref, je vais me lancer dans la rédaction d’articles d’empowerment, histoire de me dire qu’il faudrait que je fasse ci ou ça au boulot pour sortir de tout ça et que je n’en ferai rien parce que voilà…

L'empowerment, prendre le pouvoir au travail

Comme vous l’avez compris, j’ai passé un mois de septembre tendax. Mais vraiment. Mais je ne suis pas tout à fait innocente dans l’histoire, j’ai un tort. Un tort de ouf et il va falloir que j’arrête avec ça : je mets les gens sur un piédestal. Enfin, certains. Peut-être est-ce un relent de mes années d’école avec les très bons élèves et les cancres (et que j’ai ce putain de syndrome de la bonne élève qui me nuit énormément car je suis incapable de lâcher le moindre lest) mais en gros, j’ai tendance à classer mes collègues en “très bons” ou “nuls”, sans grande nuance. Or n’oublions jamais que nous sommes tous le nul de quelqu’un d’autre et que j’ai l’impression qu’un grand classique du monde du travail (du moins dans mon univers impitoyable des agences de pub) que tous les autres services sont nuls et qu’il n’y a que le nôtre qui sauve les meubles (lol). Mais moi, je veux surtout vous parler de ce que je perçois comme “très bons”. Non, pardon “parfaits en toute circonstance” alors que moi, je fais des bêtises et que je suis la pire des loseuses. Ah oui, non mais par moments, je suis à ça de me préparer à un entretien préalable au licenciement pour une faute d’orthographe dans un mail, je suis la reine de l’autoflagellation. Du coup, au coeur de la “tourmente” (qui, après coup, s’est vraiment révélé être une tempête dans un verre d’eau), je me suis mise d’autant la pression parce qu’on m’avait présentée celle que je remplaçais comme une “pépite”, une “grande perte pour l’agence”. Hashtag sérénité, voyez. Alors que je lorgnais vers les toilettes en me demandant si je pouvais aller y pleurer discrètement, ma nouvelle collègue chouchoute me rassura “ah mais la fille que tu remplaces, elle s’en est pris dans la gueule bien pire, t’inquiète !”. Et je réalisais une nouvelle fois que nul n’était parfait, même ceux que je déposais délicatement sur le Panthéon de la réussite.

Athena, statue chevaliers du zodiaque

Parce que les échecs, on n’en parle pas ou alors s’ils sont un élément d’une success story, vous savez, ce côté, “aujourd’hui, c’est l’un des noms qui comptent dans la société, CEO de la start up de rêve mais avant, il a échoué, bla bla bla”, ces parcours flamboyants dont on est tous censés rêver (non) et qui ont le monopole de la réussite. On croit qu’on est le seuls à se tromper, à échouer (encore qu’il faudrait définir ce qu’est l’échec) et le tout bien encouragé par nos managers qui vont toujours aller nous pécher l’exemple de tel.le ou tel.le collègue qui fait autant que nous voire plus sans se plaindre (les managers oublient souvent que l’on se parle entre nous, au passage). Alors oui, celui-ci ou celle-la s’en sort peut-être mieux que nous mais… eux aussi, parfois, se sont plantés. Et ce n’est pas si grave car on ne sauve pas des vies.

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Une plume décalée… mais gonflante

Leçon d’écriture n°3 de ce roman si horrible. Quand j’ai fini ce roman, je suis quand même allée jeter un coup d’oeil sur les avis et globalement, ils sont assez bons (sauf certains qui ont manifestement ressenti exactement la même chose que moi) et beaucoup évoquaient une “plume décalée”. Aaaaah, la plume décalée, cette façon différente et innovante d’écrire. Mais c’est pas parce que la forme est différente que c’est forcément suffisant pour faire un roman acceptable.

Plume décalée

Je ne suis pas forcément attachée au style. J’aime certains auteurs pour la force de leur plume, oui, c’est le cas notamment de Moravia, mais pas mal d’autres romans ne se distinguent pas par un style soigné, plus par leur intrigue, et ça peut me suffire. En fait, je demande grosso modo à un roman de m’embarquer dans son histoire. Un roman, c’est une personne qui vous raconte quelque chose et si la personne a une façon insupportable de s’exprimer, elle va vite gagner mon antipathie et je n’aurai plus envie de l’écouter. Je n’avais par exemple pas aimé le style de Katarina Mazetti dans Le mec de la tombe d’à côté ou dans mon doudou divin (et je réalise que j’ai peu aimé l’héroïne de celui là, faudra que je revienne dessus rapport à mes leçons d’écriture tirées de l’épouvantable roman sans nom dont je suis en train de parler parce que y a lien), j’ai exécré le style de La petite fêlée aux allumettes de Nadine Monfils qui m’a fait sortir du roman toutes les 3 pages… et là, encore, dans le roman horribilus, une petite voix dans ma tête lisait en hurlant “mais ta gueule, ta gueule, ta gueuuuuuuuule !!”.

Silence !

Avoir une plume “décalée” dans l’absolu, pourquoi pas. La volonté de proposer quelque chose de neuf est toujours une démarche intéressante dans l’absolu sauf que… faut pas que le fait de faire différent masque un manque de talents. Plaf,oui. Là, l’autrice parle en hashtag et en phrases barrées. Oui en hashtags et en phrases barrées, comme sur un blog (enfin comme sur un réseau social d’un côté et blog de l’autre). Arrêtons nous là-dessus : on pourrait voir dans cette écriture déstructurée la volonté de faire djeuns et pourquoi pas dans l’absolu. Sauf que personne ne parle ou n’écrit comme ça dans le cadre d’une narration. Par exemple, quand est-ce que j’utilise un hashtag ? Sur un réseau social, éventuellement lors d’une conversation pour appuyer quelque chose dans un contexte très précis (et généralement dans le cadre du travail) et toujours dans l’ironie. Pour le texte barré, on est plus dans le “je le pense mais faut pas que je le dise”. Sauf qu’on suit un récit narré à la première personne censément écrit après les faits, ça n’a donc aucun sens ! Le texte barré, c’est vraiment du “oups, j’aurais pas dû dire ça” alors que le livre est censé être un témoignage livré à posteriori et contenant une certain drame, genre l’assassinat de la Présidente de la République, au hasard…

Monk

Mais le pire, c’est que pour nous prouver à quel point l’héroïne est sans filtre, l’autrice transforme les pensées en ligne de dialogue ni vu ni connu. Genre l’héroïne pense un truc et son ex lui répond direct pour bien nous faire comprendre qu’elle prononce ses pensées. Alors déjà, comment tu veux que j’ai une quelconque empathie pour un personnage qui a la maturité d’un enfant de trois ans mais surtout… c’est incompréhensible. Ce moment où l’héroïne pense, que ça m’est présenté comme ça, et que son ex lui répond, j’étais un peu en PLS, cherchant à comprendre comment j’étais censée différencier une pensée d’une ligne de dialogue. On en est là, oui.

Je dis ce que je pense de Jul

Bref, ne pas pondre la même prose que les autres, dans l’absolu, c’est une démarche intéressante… mais encore faut-il maîtriser un minima sa technique. Et surtout permettre à la personne qui lit de comprendre ce qu’il se passe. Non parce que des livres incompréhensibles en première lecture, j’en ai eu un, hein, je fais partie des rares personnes qui sont allées au bout d’Ulysse de Joyce MAIS il y a des clés de lecture, complexes mais réelles. Là, c’est juste une enfant qui se retrouve au coeur d’une histoire qui la dépasse et qui raconte ça comme une ado attardée qui écrirait dans son journal en faisant des coeurs sur les i. Gênant.

Journal intime pour adolescente

La prochaine fois, je vous parlerai de l’héroïne, un calvaire.

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L’opinion, ce sont les réseaux sociaux qui la font

Ces derniers temps, je me pose pas mal de question sur l’opinion, cette espèce de créature protéiforme qui pense beaucoup, s’indigne souvent, a tendance à être dans le faux versus nous qui sommes dans le vrai. L’opinion dicte aux médias leur agenda, les médias influencent l’opinion, incapable de libre arbitre… Un gros serpent qui se mord la queue. Mais dans les faits, qui dirige qui ?

des manifestants américains contre la manipulation des médias

Posons nous un instant sur un cas que je trouve très intéressant : le pape François. Je le trouve intéressant d’abord parce qu’on ne peut pas me soupçonner d’avoir un parti pris parce que le Pape, ça m’indiffère. Donc l’autre soir, je lisais Courrier International tranquillement calée sur le trône et je trouve un article sur notre Pape, donc, expliquant qu’un courant de révolte se levait, que beaucoup le trouvaient trop ouvert et tolérant. Mais au coeur même de l’article, la vérité se révèle “en vrai, y a pas tant d’opposants que ça, des gens qui font du bruit sur les réseaux sociaux, ils ont plusieurs comptes”. No shit Sherlock, tu veux dire que plus on aboie fort, plus les médias vont venir mater ce qu’il se passe. Incroyable.

De l'influence des médias et des réseaux sociaux sur l'opinion, flux, infographie

Ah bé en fait, je sais pas pourquoi j’écris cet article, tout est là

Et je vais vous dire, on est tous tombés dans le piège comme des gros cons. Vous vous souvenez le burkini cet été ? Alors on va un peu replacer les choses dans leur contexte : même si on n’a pas de chiffres sur les porteuses de burkinis, il y en a relativement peu et toutes ne le portent pas pour des raisons idéologiques.  Un peu comme la fameuse burqa de l’époque où le débat faisait rage pour moins de 500 concernées in fine. Alors pourquoi un tel battage ? Parce que la fachosphère. Les femmes musulmanes sont des proies idéales : visibles, réputées victimes de la domination masculine (c’est assez drôle comme strictement personne n’est allé demandé un avis aux principales concernées mais il paraît qu’elles sont bien incapables d’avoir un avis, les pauvres, soumises qu’elles sont…). Bref, tout le monde s’est écharpé sur le sujet mais pourquoi je dis parce que ça vient de la fachosphère ? Parce que des journalistes ont fait leur boulot et essayé de comprendre le pourquoi du comment de la polémique. Woy…

jeune femme en maillot de bain bronze à Central Park

Pendant ce temps, à New York…

Ces deux exemples, parmi tant d’autres que je n’ai sans doute pas retenus parce que y en a à peu près tous les jours, dessinent un truc pas cool du tout : dans cette course à l’actualité rendue folle et malsaine depuis l’arrivée du web et des chaînes d’info en continu, on fait feu de tout bois. Y a qu’à voir les milliers d’articles web “gna gna polémique, qu’en pense Twitter ?” Oui parce que Twitter est un et indivisible, apparemment. Ce qui m’emmerde un peu car c’est l’outil chouchou de la fachosphère et je n’ai pas super envie d’y être associée mais passons. On fait des screens, quelques citations, on échange rapidement en DM avec un ou deux twittos et ça fait un article. Dire qu’avant, on était obligés de lever son cul et aller dans la rue pour des micro-trottoirs pour connaître l’avis des gens (des gens qui passaient à ce moment là dans la rue, j’entends), la vie était dure à l’époque…

journaliste réalisant un micro-trottoir

Alors oui, il y a de vrais sujets de polémique et de débat, je ne dis pas. Il y a eu je ne sais combien de messages sur la loi travail par exemple. Cependant, plutôt que de se précipiter sur ce gros poisson frétillant, il serait peut-être pas plus con d’étudier son origine. Quelques utilisateurs Twitter savent parfaitement jouer des algorithmes pour placer leur hashtag ou sujet en “top tendances” surtout qu’il n’en faut pas toujours tant de tweets que ça pour arriver en tête des discussions (là, un sujet a à peine 1000 mentions, c’est PEU), ils utilisent leur armée de faux comptes et voilà comment on se retrouve avec une polémique gentiment offerte par la fachosphère, tout le monde qui vient donner son avis et on en vient à dicter la bonne tenue pour les femmes à la plage. Et en période où on te balance de la moindre mesurette au moindre fait divers, cette écoute de Twitter pour savoir “ce que pensent les Français”, c’est dramatique et dangereux. Surtout que bon, Twitter, ça reste moins d’un Français sur 6.

Oiseau Twitter en garde à vue mug shot sur mobile

Alors quoi ? Si on considère que pas mal de journalistes ou rédacteurs web ont la pression du clic et vont sauter sur la moindre tendance émergente pour faire un article, doit-on prendre les mêmes armes que nos petits malins fachosphériques et multiplier les comptes pour faire émerger des sujets qui nous intéressent, des sujets qui ne reposent pas sur le rejet systématique de l’autre ? Ou on abandonne les réseaux sociaux en se disant, en espérant, que la vérité est ailleurs…

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Professeur Nina Bartoldi

J’en rêvais. A 33 ans, je pénétrais enfin dans l’arène, clé USB en main, le discours rodé. Le 17 octobre 2013, sur le tableau blanc d’une école de comm était inscrit « 13-14h / cours de social media management / professeur : N. Bartoldi ». Ça, c’est moi. J’ai failli prendre le tableau en photo. Voilà, le 17 octobre, professeur Nina Bartoldi était dans la place et c’était trop cool.

jeune-enseignante-se-prepare-pour-la-lecon

Je ne cesse de vanter l’importance du réseau. Son absence a plombé ma première année et demie de « jeune diplômée » (ma période chômage donc), son existence m’ouvre toujours des portes. Par exemple en avril ou mai, par là, je recevais un mail de Jeanne, l’ex rédactrice en chef de TMF avec qui j’ai donc travaillé de 2007 à 2009, à peu près. Elle donne des cours dans une école de comm et cherche quelqu’un dans le community management pour évangéliser son chères têtes blondes (en vrai, ce sont des 5e année, j’ai à peine 10 ans de plus qu’eux). C’est naturellement qu’elle a pensé à moi même si, je dois l’avouer, j’étais bien moins bonne à l’époque que maintenant. Je parle sur le plan professionnel, bien entendu ! J’ai évolué, j’ai appris, j’ai grandi, j’ai pris du recul. Et justement, préparer un petit cours sur son métier permet de réfléchir un peu sur ce que l’on fait au quotidien. Pourquoi je vais quotidiennement sur Facebook parler au nom d’une marque, répondre à des gens qui viennent pour râler (ce qui me saoule puissance mille, ça, surtout quand on nage en pleine mauvaise foi). Pourquoi je fais de même sur Twitter, Youtube, Tumblr, Pinterest, Instagram, Google+, LinkedIn… C’est quoi mon métier et pourquoi c’est chouette des fois. Souvent.

professeur Nina Bartoldi

Je prépare donc mon petit Powerpoint histoire de pas débarquer les mains vides, j’attends Jeanne dans le couloir, en relisant trois ou quatre fois le fameux tableau. Des jeunes passent, d’autres sont installés dans un coin avec un laptop. Jeanne me récupère et m’amène dans les tréfonds de l’école, tout en haut, dans une petite pièce sous les toits où végètent trois élèves et demi. Bon, ayant été dans une promo de 12 lors de mon master de journalisme, je m’attendais pas à un amphi bourré à craquer mais bon… Il faut savoir commencer petit. Je doute que Rihanna ait débuté de suite dans un stade immense, par exemple. La comparaison avec Rihanna est audacieuse, là, non ? Bon breeeef ! Comme tous les élèves ne sont pas présents, on redescend au rez de chaussée chercher un café puis on remonte (3 étages, ça fait les fesses et les cuisses). Bon, il est temps de commencer. Mon petit coeur tape un peu mais ça va aller, respire par le nez, fillette, tout ira bien.

respirer-nez

Après quelques instants avec le souffle court, je prends mes aises. Je déroule ma prés, je réponds à une ou deux questions, tout va bien. Je repère un élève particulièrement intéressé par les réseaux sociaux, il me bombarde de questions en fin de présentation sur de nombreux réseaux sociaux comme Google+ ou Path, ce qui démontre une connaissance du sujet, un autre veut bien récupérer mon powerpoint que je trouve pourtant très trèèèèèèèèès basique. Trop même mais pour une présentation d’une heure, ça fait le job. Je reste debout tout le temps, je montre des choses sur mon powerpoint même si la projection est floue, j’occupe un peu l’espace, je me sens bien. En fait, je l’avoue : je kiffe. Une heure, ça passe bien trop vite…

Maintenant, j’ai envie de remettre ça pour devenir de plus en plus bonne professeure. Enseigner, ça me plaît bien parce que d’une part, ça permet de réfléchir trente secondes à ce que l’on fait au quotidien (j’ai pas super le temps de jouer les contemplatives en ce moment) mais surtout, ça fera peut-être naître quelques vocations. Non parce que le community management/social media management reste toujours le parent pauvre de la comm, le « oh ben tu vas pas étudier pour écrire des statuts Facebook quand même… ». Ben si. Même si les cours sont à réécrire au quotidien vu que nos chers réseaux sociaux changent les règles tous les deux jours et que la seule façon d’apprendre est finalement de tester et de valider ou non nos choix. Genre le hashtag sur Facebook, en fin de compte, c’était pas une si bonne idée que ça, ça ne sert qu’à baisser mon reach. Mais demain, qui sait… ? Et Google+, on n’est pas à l’abri que ça finisse par décoller un jour. Guettons.

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Quoi qu’il en soit, je rêvais de donner des cours depuis des années, c’est enfin fait et j’en fus fort satisfaite. Je vais envoyer un mail à mon ancien IEP pour voir s’ils voudraient pas que je vienne donner quelques cours…

 

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J’ai testé pour vous la thalasso

Hop, petit crash test thalasso rien que pour vous. Tout à commencé en novembre quand mes parents m’ont annoncé qu’ils offraient une thalasso post natale à ma soeur et au pitchou et qu’ils y allaient aussi. Donc si je voulais me joindre à la tribu… Résumons : une semaine de vacances en famille avec le bébé, des soins et de l’eau… Mais pourquoi refuserais-je ?

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Nous voici donc en thalasso à l’Ile de Ré. On imagine souvent la thalasso comme un truc de vieux et, effectivement, les personnes de moins de 60 ans se comptaient sur les doigts de la main. Quoi que nous avons eu droit à toute une équipe de foot de 2ème division. Même que ma mère était toute émoustillée et m’a glissé « houla, t’as de quoi glisser un ou deux beaux mecs dans ton lit, là, hihi! ». Hashtag malaise. Il y a toujours une célébrité vieillissante en cure, cette semaine, c’était Claude Brasseur qui m’a d’ailleurs jeté un regard courroucé alors que je déambulais avec mes tongs qui couinent dans les couloirs du centre thalasso. Le décor est planté, petit détail des soins dans l’ordre inverse de mes préférences :

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L’enveloppement aux algues marines ou boue marine. Le topo : vous vous mettez à poil, on vous badigeonne d’algues ou de boue (sur les articulations, la boue), on vous emballe dans du cellophane puis une couverture chauffante et vous macérez 20 mn. Première séance, j’ai souffert : ça gratte mais tu es coincé dans ton truc. Tu as pris des lunettes réfrigérantes posées sur ton nez : elles te brûlent la peau les 10 premières minutes et te coulent ensuite sur le visage les 10 suivantes mais tu peux pas t’essuyer. Niveau détente : aucun. Heureusement, ma mère m’a filé une astuce : demander à laisser les bras hors de l’emballage. Effectivement, ça allait beaucoup mieux et j’ai réussi à me détendre, voire légèrement m’endormir… Mais la mixture continue de puer.

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Le jet tonique : une dame vous arrose avec un gros tuyau au jet surpuissant. Les jambes, le dos, les bras, le ventre… Et même les pieds. Et bon, moi, les pieds, j’aime pas trop trop qu’on me les touche. Mais le soin fait du bien, même le final à l’eau froide pour booster la circulation (la mienne est pourrie).

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L’aquagym marine : j’aime très beaucoup l’aquagym, je vais même m’inscrire à la rentrée. Mais je vous rappelle que la moyenne d’âge est plus proche des 70 que des 30 alors forcément, le niveau n’est pas des plus élevé. Ça reste néanmoins amusant même si un peu galère, deux ou trois participants faisant l’essuie glace (durant le cours, ils se déplacent vers leur droite, leur gauche, avancent et reculent, empêchant quiconque de prendre place dans leur sphère élargie). Une petite mise en bouche de ce qui m’attend l’an prochain et une petite vengeance par rapport à mes jeunes années où j’étais nulle en sport. Là, je me sentais habile, gracieuse, tonique, jeune, ferme, mince… Priceless.

girl in aqua fitness aerobic

Le bain massant : vous entrez dans une baignoire qui fait des bulles pendant 15 mn. Des tas de petits jets directionnels vous massent la couane, on a jeté dans l’eau des cristaux marins (qui sentent hyper bon) ou des huiles essentielles aux vertus tonifiantes, relaxantes, amincissantes ou circulatoires. Seul bémol : si je ne me tenais pas très droite, un jet passait entre mon épaule et mon cou, sifflant sous mon oreille et allant s’écraser sur le mur d’en face. Les joies de mesurer moins d’un mètre 60…

bain-massant

Attention, voici le podium de mes soins préférés !

– En troisième position : le modelage sous pluie marine. En gros, on vous allonge sur une table, sous des tuyaux qui font un peu ovni, on allume le tout et pendant que l’eau vous ruisselle dessus telle une douce pluie, une dame vous masse. 2 bémols à ce soin au top : l’eau peut vous couler dans les yeux et ça pique (eau de mer) et la cire utilisée pour le massage laisse un dépôt un peu gras. Mais c’est pour pinailler !

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– En 2ème position : le lit hydromassant. Je veux le même ! Vous vous allongez sur un matelas à eau et des jets passent par en dessous vous masser. Juste parfait. Sauf que ça dure que 15 minutes !

lit-hydromassant

– Et en premier : le modelage relaxant. Soit un massage somme toute assez classique mais j’aime ça, les massages ! Détente tellement assurée que je me suis légèrement endormie le premier jour et je me suis réveillée en sursaut (en criant légèrement) quand la dame à rebaissé la table de massage.

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Conclusion : j’ai surkiffé. Avec une aquagym plus dynamique, ça aurait été carrément parfait. Et ces petite plages de détente m’ont permis de penser à plein de choses. Les projets refourmillent, le signe que je vais bien. Reboostée la Nina !

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On pardonne mieux aux hommes

On dit souvent qu’être une femme au travail, c’est pas trop la panacée : salaire moindre, suspicion d’une éventuelle grossesse passée 30 ans, évolution compliquée… La faute à notre utérus qui nous poussera forcément à devenir mère donc moins impliquée. Oui utérus = désir de maternité, o-Bli-gé. Même si t’es lesbienne. Mais notre utérus n’est pas notre seul ennemi, non, non ! Il y aussi nos grandes facultés d’organisation.

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Forte de mes 6 ans (!) d’expérience, j’améliore sans cesse mon organisation professionnelle. J’ai mon cahier prise de note, mon cahier To do list et j’envisage de me faire une grille excel avec mes tâches quotidiennes. Parce que je dois l’avouer, je suis efficace dans mon travail car salement accro au cochage, à l’élimination des tâches. A tel point que je commence à faire des To do list pour ma vie privée. Hashtag tarée psychorigide obsessionnelle, choisis ton camp. Récemment, ma chef me confiait dans un taxi nous ramenant au bureau que c’était moi la plus organisée du pôle. Enorgueillie j’étais car en début de carrière, c’était pas vraiment ma top qualité… Maintenant, je liste, je priorise et je vire Ninja des powerpoints et des excels, l’hystéro du « tu peux pas avoir du Century gothic et du Arial sur la même slide ! Et harmonise tes titres, y en a pas 2 de la même taille ». Y a des jours où je me fais peur… Bref, je suis un soldat très appliquée.

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Ça tombe bien, on ne me passerait guère d’errance sur le sujet. Car je suis une femme. Discussion entendue par le passé dans le milieu pro « les filles sont bien plus organisées que les garçons ! D’ailleurs, je voulais à tout prix une fille comme assistante ! ». Grincements de dents de ma part. Déclaration isolée ? Tu parles ! Que celui ou celle qui n’a jamais observé de différence h/f de remontrance sur des boulettes d’organisation me jettent la première pierre ! Dans un de mes anciens tafs, il y avait un mec genre personnalité cool, entre le fluokid et le hipster. Très sympa et bon en reco mais nettement moins efficace en gestion de projet, toujours à zapper des trucs parfois assez importants. Le mec a connu une progression fulgurante. Dans le même temps, je me prenais dans la gueule que je manquais d’autonomie car par 2 fois en un mois, une cliente a vu un commentaire exigeant une réponse avant moi. Oui pardon, parfois, je suis en réunion ou salement concentrée sur une tâche… Bref, on pardonne mieux aux mecs.

bonet-d-ane

Et j’ai d’autres exemples du style. Manager homme ou manager femme, j’ai souvent la sensation qu’on n’attend pas pareil d’un homme ou d’une femme car on les considère pas de la même façon. On attendra d’un mec des coups d’éclats, de la tchatche. D’une femme un travail impeccable et organisée. Une gentille petite soldate appliquée, une bonne élève consciencieuse. Sauf que j’ai pas envie d’être juste une bonne élève. Moi aussi j’ai de la tchatche et je peux avoir tout autant qu’un homme des bonnes idées. Des idées, j’en ai 13 par minutes alors sur le lot, on peut bien dégager des trucs cools. Pendant les brainstormings, je ne me contente pas de dessiner des fleurs sur un coin de mon cahier, quoi… Ca me saoule. Ca me saoule de sentir qu’on sera moins coulant avec moi pour une connerie organisationnelle qu’avec un homme. Ca m’agace de me dire que dans mon ascension à moi, je risque parfois de trébucher sur des petits riens, petits riens qui n’entraverons pas la montée d’un homme parce que bon, tu comprends, c’est un homme, il est forcément moins organisé.

jesus

Moi aussi, je vaux mon pesant de cacahuètes et pas qu’un peu. Pas parce que je suis une femme. Juste parce que j’ai oubliée d’être con et que je suis suffisamment au fait de mon taf pour avoir des idées (bonnes souvent) et être capable de faire plus qu’un bête travail exécutif de fille organisée.

Petite-fille-ecole

Déjà que je suis moins payée, si en plus, j’ai moins de chance d’avoir de belles opportunités car une fille, c’est un peu trop bêtement appliquée… C’est ça être  une femme : même nos qualités sont des défauts.

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Engage-toi, indigne-toi !

L’autre jour, je lisais un article intéressant dans Philosophie magazine (jemelapete.com) à propos de notre époque qui nous épuise par une nécessité d’indignation perpétuelle. En gros il faut que l’on ait un avis sur tout, nous devons quoi qu’il arrive être des citoyens éclairés, éveillés, à l’inverse de la grenouille qui cuit à petit feu. Quitte à s’épuiser en vain.

(c) Antonin Moulart

Je baigne dans le magma médias sociaux toute la journée, c’est mon métier mais aussi mon bruit de fond. A défaut d’écouter la radio, je zieute Facebook et Twitter et suis (vaguement) ce que racontent les congénères. Et je suis fascinée. Fascinée par la nécessité de l’individu média social d’avoir un avis sur tout, en permanence, mais surtout un avis critique, violent. On est bien plus souvent dans le rejet que dans la bénédiction. On live tweet les discours politiques de Sarkozy, Le Pen ou Hollande à grand coup de hashtags (pour ceux qui ne connaissent pas Twitter, le hashtag est un mot clé précédé d’un # donc si j’utilise le hashtag #fhollande2012 par exemple, si quelqu’un clique dessus, il aura accès à tous les tweets intégrant le dit hashtag) histoire de ne pas passer inaperçu.

Un certain recul ? Une possible réflexion ? Non, non, on est à chaud tant que le hashtag est dans les trends topics (les sujets du moment), faut que les gens connaissent à tout prix notre avis. Le web citoyen est éclairé, il tire à boulet rouge sur tous les somnifères médiatiques car il est celui qui sait. Ce qui donne d’un côté des tweets assassins sur TF1 collabo et de l’autre les live tweets sans le moindre intérêt de Confessions Intimes. Du type : « Jérôme, c’est vraiment un gros beauf avec son tuning » « Ohlala, Karine cause bien la France. LOL ! ». Indispensable.

Sauf qu’il y a des sujets sur lesquels je n’arrive pas à avoir un avis spontané, je suis partagée et j’ai besoin de me renseigner, de prendre du recul pour m’exprimer (ou pas d’ailleurs). Genre l’histoire de Megaupload où nombre de twittos ont hurlé au scandale, à la censure, à la fin de la liberté d’expression. Heu, la liberté d’expression, c’est se faire de la tune easy en proposant des films et séries que nous n’avons pas tournés ? Non, je demande hein. Si d’un côté, je comprends le côté préoccupant des lois SOPA et co qui menacent la créativité web et la libre expression, de l’autre, j’ai un peu de mal à pleurer pour un mec qui s’est fait des ronds sur le dos des créateurs de séries, réalisateurs et consommateurs. Et je suis assez agacée de voir la capacité des internautes à s’indigner quand leurs intérêts sont directement touchés (« je vais faire quoi sans megaupload moi ? ») plutôt que pour certaines causes un peu plus critiques à mon sens. Oui, megaupload, c’était bien pratique (bien que je ne m’en suis que peu servi, je reconnais) mais bon, un peu comme les torrents et co, je les utilise en sachant bien que le robinet risque d’être coupé un jour. Même si je continue d’acheter des biens culturels, même si ça m’a permis de découvrir des artistes dont j’ai acheté les CD, même si je n’aurais jamais dépensé un rond pour certains films téléchargés par curiosité. Et jamais regardés pour la plupart, en plus. Sauf que bon, chacun y va de sa petite histoire, la main sur le coeur mais comme j’ai dit, ils sont nombreux à s’indigner à l’heure de passer à la caisse.

Je crois que le web et surtout l’utilisation qu’on en fait (mise en scène perpétuelle d’un nous engagé, éclairé, pétri d’intelligence et de bonnes réflexions) nuit au débat par la rapidité de jugement et, donc, de condamnation. C’est noir ou blanc, c’est brut et c’est comme ça. Je crois qu’admettre qu’on n’a pas assez d’infos pour exprimer un avis est preuve de sagesse, ne pas parler comme tous les autres histoire de est preuve de maturité.

Je vais donc prendre le temps de lire des articles sur anonymous et je vous ferai part de mon avis. Si j’en ai un à l’arrivée. Non parce que moi, j’aime bien l’idée du groupuscule comme ça, d’une résistance mais y a des trucs qui me turlupinent un peu alors je n’arrive pas à prendre partie définitivement dans l’histoire. Et peut-être que j’en parlerai pas parce que je me serai pas décidé et que mon blog pourra se passer d’un article vide sans intérêt ni réflexion.

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