Dead Landes : quand la fiction française déboîte

Je sais pas comment ça se passe à l’étranger mais en France, on aime bien cracher sur nos fictions. Et j’ai quand même parfois tendance à crier avec la meute. Une comédie française majoritairement oppressive (sexisme, racisme, homophobie… mais allez, c’est de l’humour, roooooooooh), des fictions où les acteurs sont en roue libre neuf fois sur 10… Non mais pardon mais suite à un passage dans ma belle-famille, j’ai eu droit au prime de Plus Belle la vie (alors déjà qu’on connaît pas les personnages, imagine la violence du truc) et… putain, mais ils jouent tous comme des quiches ! Chacun a l’air de faire ce qu’il a envie “tu as un texte, fais en ce que tu as envie… et oublie pas l’assent, steuplé !” (quoi que dans Plus Belle la vie, tu dois avoir deux personnages avec l’accent marseillais). Mais parfois, la fiction française te réserve de jolies pépites comme Dead Landes

Casting de la série Dead Landes de François Descraques diffusée sur France 4

Comme j’ai déjà dit ça ou là, j’ai une certaine culture Youtube, c’est ma télé à moi. Fin novembre, Antoine Daniel annonce qu’il va bientôt apparaître dans une série de François Descraques et François Uzan. Alors je sais pas trop si je dois présenter ces deux personnes… Si vous avez vaguement traîné sur Youtube, vous ne pouvez que les connaître mais je vous ai mis un lien sur leur nom pour découvrir un peu leur travail. Bref, c’est parti pour Dead Floor, une petite série diffusée sur Youtube a raison d’un épisode par jour, l’histoire de jeunes gens coincés dans une discothèque suite à un étrange séisme. Au bout de 5 épisodes, on découvre qu’il s’agit d’un préquel à une série qui sera diffusée sur France 4 : Dead Landes.

Casting de la web série Dead Floor de François descraques et François Uzan avec Antoine Daniel , Julien Josselin, FloBer

Alors Dead Landes, ça raconte quoi ? Tout commence dans un camping filmé pour un reportage au coeur des landes “l’escapade”. Alors que tout va bien, un étrange séisme survient, des colonnes de feu montent dans le ciel. Après le drame, les survivants vont découvrir qu’ils sont encerclés par un étrange brouillard infranchissable. Durant dix épisodes, nous allons donc suivre les aventures des “escapés”, cette bande de survivants pris au piège, filmés en permanence par les cameramen du reportage TV, parfois par des mobiles, caméras de surveillance…

Dead Landes saison 1, Agathe, Sam, Michel, Natalia et Clovis

Ah oui, y a Sören Prevost , aussi, très bon

Dis comme ça, ça ressemble à REC (enfin, je crois, je n’ai évidemment pas vu le film) et honnêtement, le jeu avec la caméra est très bon, les personnages interpellent régulièrement les cameramen pour nous rappeler que oui, il y a bien quelqu’un derrière la caméra, quelqu’un qu’on ne verra d’ailleurs jamais.

Dead Landes saison 1, Agathe et Sam

Le rythme est savamment dosé entre tension et humour. Ah oui parce que si je devais comparer Dead Landes à ce qui existe déjà, j’aurais tendance à évoquer un peu Kaamelott. Un tout petit peu, c’est pas forcément le même humour mais pour ce subtil mélange qu’il peut y avoir entre humour et tension (ah oui Kaamelott de la fin, j’avais oublié de préciser), le tout appuyé par une musique très tonitruante qui n’est pas sans rappeler du Hans Zimmer (le mec qui fait la musique de tous les films d’action, j’ai l’impression).

Tournage de la série Dead Landes de François descraques et François Uzan

Et franchement, ça fait du bieeeeeeen. On n’est peut-être pas les plus objectifs du monde vu qu’on est assez fans des productions “from Youtube” mais on a vraiment pris du plaisir avec Victor à mater cette petite série et j’espère très fort que ça va marcher car de la fiction française de ce niveau, j’en veux tous les jours ! Et surtout, je trouve très prometteur cette utilisation multimédia (websérie + série tv) pour développer un univers étendu en peu de temps. Encore, encore !

 

Ah et au fait…

Joyeux Noël, ouiiiiiiiiii !

sapin de Noël, boule en verre avec un renne et guirlandes lumineuses

Photo prise dans le sapin de ma chère Amy parce que moi, j’ai pas de sapin cette année

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Man of Steel de Zack Snyder

Quoi, Nina qui est déjà allée trois fois au cinéma en 2013 ? C’est la folie furieuse.

J’ai des amies qui ont des arguments pour me faire aller au ciné. Genre, Amy : “Hé, on va voir Superman ? C’est Henry Cavill qui joue le rôle” . Henry Cavill, celui là même qui réveille mon petit coeur de midinette. Donc lundi dernier, j’étais sagement assise dans mon siège d’un UGC ou d’un Pathé à attendre de pouvoir me rincer l’oeil. Mais j’ai quand même suivi le film et voici mon avis.

MAN-OF-STEEL

Tout commence par une scène à Krypton en mode “fable écologique”. Les Kryptoniens ont pompé toute l’énergie du noyau de la planète et celle-ci menace d’exploser à tout moment. Jor-El et sa femme Lara plongent donc dans l’anarchie et font un enfant qui va naître de façon naturelle, “le premier depuis des siècles” car les enfants sont crées dans la “chambre de la Genèse” où ils sont conçus avec un rôle prédéfini pour la société. Bref, un général local, Zod, veut se rebeller, ça vire en guerre civile. Jor-El vole le codex, un squelette contenant l’ADN kryptonien, le met dans le vaisseau avec son fils nouveau né et balance le tout vers la Terre, “une planète avec un soleil jaune”. Le petit s’en va, Jor-El est tué par Zod qui est arrêté et balancé dans la Phantom Zone où il dormira pendant 300 cycles avec ses sbires, dont une femme particulièrement garce et sadique. Comme toutes les méchantes.

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Ensuite, nous voici sur Terre où on découvre un Clark en pleine errance. Il aligne les petits boulots, tenté d’utiliser ses pouvoirs pour le bien de l’humanité mais il doit être prudent car son papa lui a appris qu’il devait cacher ses pouvoirs car l’humanité ne comprendrait pas. Puis il se retrouve au Pôle Nord où on a trouvé un ovni et là, qui que voilà ? Loïs Lane qui vient faire un reportage sur le dit ovni. Clark parvient à réactiver le vaisseau grâce à une sorte de clé USB et hop, son père apparaît et ils papotent, tranquille, dans une scène follement Shakespaerien. Donc Clark apprend qu’il a de supers pouvoirs grâce au soleil jaune et va jouer dehors pour voler un peu. Au passage, il sauve Loïs qui l’avait suivi, elle découvre donc que cet homme mystérieux a de supers pouvoirs. Mmmm…

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Loïs rentre à Metropolis et mène l’enquête, elle finit par retrouver l’identité de l’homme aux super pouvoirs. Ah oui donc Loïs connaît les super pouvoirs de Clark avant qu’il ne devienne journaliste. MMmmmm, ok. Là, pouf, Zod et ses potes débarquent sur Terre car ils ont été libérés de la Phantom Zone à la suite de l’explosion de Krypton et demandent à ce qu’on leur remette Kal-El, fils de Jor-El. Oui, ils veulent le Codex qu’il possède pour créer une nouvelle Krypton sur la terre. Clark se rend car le FBI a embarqué Loïs au passage. Zod et ses potes arrivent, la garce sadique embarque Clark et demande à Loïs de venir. Pourquoi ? On ne sait pas. Mais c’est pratique, Clark lui file la clé USB futuriste. Pourquoi ? On ne sait pas. Mais ça tombe bien, elle va réussir à la glisser dans un récepteur et hop, revoilà Jor-El qui lui explique comment se débarrasser des Kryptoniens. En gros, nos camarades ET ne supportent pas l’atmosphère terrestre, leurs super pouvoirs leur pètent à la gueule alors que Clark, il est habitué depuis le temps. Bref, Lois et Clark parviennent à s’évader et là, ça vire au massacre : les ET et Clark se battent à coup de voiture et de locomotives balancées dans la gueule (…). Bref, ça vire destruction massive et orgie d’effets spéciaux hyper bien faits mais… C’était long, très long.

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Bref, qu’en retenir ? Passons outre quelques incohérences scénaristiques pour s’attacher à Superman. Déjà, j’ai pas vraiment eu l’impression de regarder une histoire de Superman (ce nom est prononcé très précisément 2 fois et ce à trente seconde d’intervalles) mais une histoire d’extraterrestre qui vit sur Terre. Ensuite, niveau mythologie, y a pas mal de trucs qui me font grincer un peu des dents : le fait que Loïs Lane ne soit pas bernée par Clark Kent, son acolyte qu’elle prend pour un mec banal et un peu niais et qu’elle soit un peu cruchasse (elle glousse quand Clark la quitte pour une mission). Par contre, on retrouve bien le talent de Loïs pour toujours chercher des situation bien merdiques et j’aime bien l’actrice qu’ils ont choisie (Amy Adams). Les méchants semblent tout droit sortis d’Avatar avec leur manie de jamais crever, sans parler du Major américain (joué par le mec de New York police spéciale) bourrin à la mâchoire serrée. Clichés, clichés. Quant à Henry Cavill… Il est beau et c’est limite un peu le problème. Bon, là, ils l’ont un peu trop bodybuildé mais surtout Clark est censé être un mec assez banal, suffisamment pour pas se faire griller par les autres en tout cas. Là, on a droit à des tas de plans esthétiques sur Henry. Henry flottant négligemment dans l’océan, Henry prenant le soleil, Henry qui roule une pelle à Loïs…Même s’il est tout à fait dans la lignée des Christopher Reeves et Tom Welling (peut-être trop beaux aussi, allez savoir).

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En somme : un bon film d’action bien ricain avec une louchette d’écologie, de réflexions sur le destin, le bien et le mal et une belle allégorie sur le nazisme/communisme, notamment la scène hallucinante où l’on voit le Général Zod en sorte de statue argentée avec des soldats de même types défilant derrière lui sur fond rouge. La référence est si subtile… Je ne le conseillerais pas aux vrais fans de Superman mais si vous avez envie de passer 2h devant un blockbuster, faites-vous plaisir !

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