Le doux rêve du télétravail

Vendredi dernier, je ne suis pas allée travailler. Après 3 jours de galère avec le RER, ayant observé que beaucoup étaient resté chez eux, j’ai décidé que c’était mon tour. J’avais mes documents, c’était parti pour une journée de télétravail.

Télétravail

Et j’ai super bien bossé. De 9h15 à 19h un peu passé avec une petite demi-heure de pause déjeuner seulement mais surtout, surtout, je n’ai pas été dérangée. Non parce que depuis quelques temps, j’ai une ambition : adopter le 52-17. C’est quoi ? Bosser 52 mn, pause de 17 mn et on renchaîne. Sauf que c’est impossible, littéralement. D’abord j’ai des réunions posées de façon aléatoire mais surtout, je suis dérangée en permanence. Déjà, bien que non manager, je suis manifestement celle qui a réponse à tout donc je suis interpellée beaucoup plus souvent qu’une fois toutes les 52 minutes. Du coup, je plonge à peine le nez dans un dossier que quelqu’un m’interpelle ou vient carrément à mon bureau pour me parler. Je vais m’acheter des guirlandes lumineuses : blanc, tu peux venir me parler, rouge, pas le temps. Et pourtant, j’ai un gros casque audio et une surdité moyenne (va falloir que j’aille chez l’ORL d’ailleurs) mais ça insiste.

Open space

Le télétravail, c’est la vie. On avait eu un programme pour s’inscrire mais notre DG (parti depuis) avait décrété que non, on allait laisser tomber. Dois-je préciser qu’il était lui-même en télétravail le vendredi parce que, tu comprends, il a 1 heure, 1h15 de trajet pour venir bosser ? Et bien moi, j’oscille entre 1h et 1h30 mais je ne suis qu’une salariée donc bon… et c’est là tout le sel du truc. En France, les employeurs ne veulent pas entendre parler de télétravail car tu comprends, le salarié, il va se la couler douce at home. Et tant pis si, en cas d’intempéries, plus personne ne travaille parce que les transports sont gelés… Pourtant, le salarié n’a justement  aucun intérêt à tricher. Les rares fois où j’ai télétravaillé, j’ai toujours produit plus mais surtout j’étais au taquet niveau mail, répondant quasi à la minute… ce qui est un peu mon vu que les mails me coupent aussi dans mon élan (je hais les mails). Mais pour mon employeur, c’est du gagnant : je bosse plus longtemps et mieux. Pour moi, c’est du confort : je bosse en yukata, des petites pauses câlin au chat et je m’arrête de bosser à 19h sans pleurer sur le fait que je dois encore me taper une heure de trajet… si tout va bien.

yukata

J’aime tellement les yukatas

Longtemps, le télétravail me faisait peur, je me savais peu rigoureuse. Le télétravail ? Pfff, c’est un coup à se lever à 11h-midi et à bossouiller devant AB1. Sauf que finalement, non. Point essentiel : je vis en couple. Pas de grasse matinée volée, quoi. Ma journée de télétravail se cale sur les horaires de mon Victor : s’il part à 8h30, je vais commencer à bosser peu de temps après (le temps de finir tranquillement mon café et de m’installer). Il rentre vers 18h30-19h, je termine ce que j’avais en cours et ciao.

Le télétravail

Cette peur du télétravail démontre le manque de confiance total des employeurs vis-à-vis de leurs salariés. Si je suis pas sur place, impossible de me fliquer… alors même que je me connecte au Skype entreprise des que je bosse de chez moi, que j’ai un téléphone pro et que j’ai mes managers sur Facebook messenger. Voir si je suis connectée ou non prend environ 2 secondes. « oui mais on ne sait pas ce que tu fais ». Mais en présentiel non plus, en fait. Franchement, ça ne vous est jamais arrivé, à vous, de perdre une journée de travail parce que vous avez fait un tour sur Twitter/Instagram/Facebook/vos mails ou je ne sais quoi, que vous avez vu/lu un truc qui vous a envoyé sur Google chercher une info et que, tiens, ça me fait penser, si je faisais une recherche pour nos prochaines vacances… bref, vous passez la journée sur des sujets qui n’ont rien à voir avec votre taf mais vu que vous êtes présents dans l’open space, ça passe (à peu près).

Coussin ordinateur

Pourtant, au pays des start-up et du sharing desk, on devrait aaaaadorer le télétravail. Ah oui, tiens, le sharing desk, va falloir que je vous en cause aussi.

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J’te lèche ta chatte

Dans la vie, on a tous nos petites malédictions. Si des fées se sont penchées sur mon berceau, la vilaine carabosse m’a fait un bien étrange cadeau, outre ma grande distraction : la langue maudite.



La langue maudite est un phénomène étrange qui me pousse à dire assez forts des termes sexuels au moment où je vais me payer une affiche. J’avais raconté dans le temps l’affaire anulingus (ça va faire plaisir à mon petit troll chéri) : au resto avec Emma et Gauthier, on parlait de l’épisode de Sex and the city sur le sujet et au moment où je dis « anulingus » de façon forte et distincte, un silence se fait et tout le monde m’a entendue. Un malheur n’arrivant jamais seul, deux ans plus tard, je raconte l’histoire à Gabriel et pile au moment où je dis « anulingus », je vois apparaître sous mes yeux ébahis la main de la serveuse me tendant mon dessert. Mais pourquoi ce mot jaillit-il toujours de ma bouche au mauvais moment ? Non parce qu’autant ça a fait marrer Gabriel, autant la dame qui nous servait, je suis moins sûre.


Alors en mon âme et conscience, j’avais décidé de ne plus dire anulingus en public. Sauf qu’en fait, la langue maudite marche sur d’autres mots. Mise en situation : mercredi soir, je vais prendre un verre au Brebant avec Perséphone. C’est marrant comme je me retrouve souvent au Brebant, malgré moi vu que ce n’est pas une volonté de ma part (mais j’ai rien contre non plus). A noter que je rencontrais la demoiselle pour la première fois. On s’attable, on commande, on boit et on papote. Je lui raconte ma folle histoire passionnante de plombiers pour ma machine à laver et là, elle me dit « non mais tu vas pas être toute seule chez toi quand il viendra ? ». Heu… Pourquoi, tu crois que c’est potentiellement dangereux ? Non parce que j’ai beau avoir vécu des histoires qui sont pas toujours sympa sympa du genre la bagarre dans le métro, donc, le mec qui me touche les fesses dans le train, le psychopathe qui m’a menacée de mort ici même et le fameux voyeur de la fenêtre. Donc je  rappelle les faits : avant, j’habitais au rez de chaussée côté rue et un soir, je me baladais à poil chez moi avec les volets à peine entrouverts pour laisser passer un filet d’air, fenêtre ouverte. Je me couche et là, j’entends des espèces de sifflements dans la rue donc je commence à pas me sentir super à l’aise, je remonte les draps jusqu’au menton, j’éteins la lumière et là, j’entends « j’te lèche ta chatte ».



Donc, EVIDEMMENT, pile au moment où je prononce « je te lèche ta chatte », avec force de gestes car je parle avec les mains (je suis une fille du sud), le serveur passait à côté de notre table. Oh la tête ! Le mec s’est figé et m’a regardée ne sachant trop comment réagir avant de me voir piquer un fard. Mais pourquoi, POURQUOI ça m’arrive systématiquement ? Alors qu’en plus, on ne parlait pas de sexe, finalement, je ne faisais pas de propositions salaces à la jeune demoiselle. Surtout que les propositions salaces, je les fais
à voix basse.  Mais bon, voilà : langue maudite.





Du coup, je vais définitivement arrêter de parler sexe ou n’importe quoi approchant au bar. Et boire aussi parce qu’une goutte d’alcool et je m’anime comme un sapin de noël surchargé de guirlandes lumineuses.


Un jour, j’apprendrai la discrétion.

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