La la land, ce film que j’avais pas envie de voir

Et j’avais tort. Il est de ces films, comme ça, dont on te fait tout un foin, dont on te dit que tu DOIS le voir, tellement que, peut-être par pur esprit de contradiction, tu te dis que non, merci, ça ne m’intéresse pas. Surtout qu’à trop t’en dire, tu seras forcément déçu : j’ai été blasée puissance mille par Amélie Poulain (que j’ai plus apprécié en deuxième visionnage, faudra que je vous en parle, un jour), Black Swan et sans doute d’autres. Et là, voilà, La la land en mode “la critique est unanime” et j’ai déjà plus envie de me pencher sur la question. Puis les comédies musicales, moyen, la nostalgie de l’âge d’or d’Hollywood, j’en ai rien à faire. Jusqu’à ce que Victor me propose un ciné dimanche soir et que je me dise qu’après tout, pourquoi pas.

Affiche de La la land avec Ryan Gosling et Emma Stone

Et franchement, j’en suis ressortie enchantée… Sans mauvais jeu de mot. Alors l’histoire… non, en fait, on s’en fout un peu de l’histoire, c’est juste une histoire d’amour ni plus fabuleuse ni plus calamiteuse qu’une autre, un an de vie de Mia (Emma Stone) et Sebastian(Ryan Gosling). En fait, on s’en fout royalement de l’histoire d’amour, c’est pas tant ça qui m’a plu dans le film. Un instant cependant sur le couple phare du film. J’ai une certaine passion pour Emma Stone, dès que je la vois, je suis de bonne humeur. Je crois que ce doit être une des actrices que j’ai le plus vu dans des films (moi pas cinéphile), je l’ai vu dans Spiderman (film nul au demeurant), Gangster Squad, Crazy Stupid love et Birdman que j’avais adoré. Et dans ces cinq films, elle partageait deux fois l’affiche avec Ryan Gosling, un mec qui me laisse totalement indifférente dans l’absolu mais j’avoue que si un jour, ces deux là se mettent à la colle, ben ça me fera plaisir. Alors que bon, dans les faits, les couples people, je m’en fous et vu que je lis même plus le Voici de ma mère, je n’ai plus du tout idée de qui est avec qui, j’en suis restée au divorce des Brangelina. Bref, c’est un couple qui fonctionne bien, ils s’en sortent très bien au chant et à la danse, passons.

Emma Stone dans La la land

Ce film, c’est avant tout un appel pour prendre sa vie en main et si vous me lisez un peu régulièrement, vous savez à quel point c’est mon obsession, ça. Au début du film, Mia et Sebastian sont quand même des ratés, ils galèrent dans leur carrière en se rêvant des lendemains meilleurs mais ce n’est finalement que leur rencontre qui leur servira de moteur pour se sortir les doigts du cul avec plus ou moins de succès (je vais pas tout vous raconter, allez voir le film). Alors forcément, ça me parle, ça fait écho en moi, je lève mentalement le poing et je me dis que je dois faire pareil, tenter même si finalement, ça ne marche pas…

motivation

Parce que le film n’est pas tellement un feel good movie. Les images sont sublimes, j’ai rajouté Los Angeles à ma (beaucoup trop) longue liste de destinations à faire alors que ça ne m’avait jamais parlé jusque là, la mélodie est simple donc je la chante encore une semaine plus tard et sans vous mentir, le lundi matin, on s’est levés de très bonne humeur avec Victor. Bon, moi, je suis dans ma nouvelle routine de Morning miracle (debout 6h) donc je suis pleine d’énergie mais même lui qui émerge à 7h30, il était bien. Mais ce n’est pas un feel good movie parce que l’histoire n’est pas si belle, ni plus ni moins qu’une autre, un souffle dans une vie.

Sebastian et Mia dans La la land

Mais y a la fin. Je dois vous en parler donc si vous n’avez pas vu le film et que vous avez envie d’aller le voir, vous arrêtez de lire ici, vous reviendrez quand vous aurez vu. Donc SPOILER (oui, on pourra pas dire que j’ai pas prévenu) : l’histoire de Mia et Sebastian prend l’eau mais ils se recroisent quelques années plus tard et pendant ce qui est, pour moi, la plus belle scène du film, un plan séquence de folie, ils imaginent leur vie s’ils avaient fait certains choix, comment ils auraient pu finir ensemble… et je crois que rien que pour cette scène, le film doit être vu. Parce que finalement, ce que nous sommes aujourd’hui, ce que je suis aujourd’hui, n’est que la résultante de nos décisions passées. Et ça, ça me fait vraiment penser. C’est un peu bouleversant, un peu vertigineux, cette histoire qui n’a jamais eu lieu, même si les personnages ne sont pas particulièrement malheureux dans leur vie in fine et que les choix les ont juste amenés là où ils en sont. L’idée de vie alternative me fait tellement carburer l’imagination.

plan séquence de fin de La la land

Bref, allez voir ce film si ce n’est déjà fait, parce qu’il est beau, parce qu’on ré entendra parler de Damien Chazelle et que ça tombe un peu bien parce que Xavier Dolan nous a un peu saoulé à se la jouer “école de la vie” avec Léa Seydoux alors qu’ils sont juste totalement du sérail, parce que ça met vraiment de belle humeur et qu’Emma Stone en robe jaune, c’est une des choses les plus adorables que vous verrez cette semaine.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Le peuple des orques de Thierry Simon

Je vais rarement au cinéma donc quand je me déplace en salle, j’aime bien que ça vaille le coup. Et pour éviter des déconvenues (et j’en ai eues genre Young Adult, The Amazing Spider-Man, Gangster Squad et même Terminator Genisys donc il faudrait que je vous parle, depuis le temps), j’essaie de choisir quelques docus sur des sujets qui m’intéressent. Donc quand Amy me propose d’aller voir le peuple des Orques au Grand Rex, je dis oui, merci.

le-peuple-des-orques

Petit résumé : nous allons suivre les aventures de différentes personnes en lien avec des orques en Norvège : Pierre Robert de Latour, plongeur, Heike Vester, une biologiste qui réaliste une thèse sur le langage des orques, petit coucou de Paul Watson, le célèbre pirate du Sea Sheperd. Tout ce petit monde se croise dans ce fjord norvégien, Pierre Robert croise de temps en temps une orque matriarche avec qui il a tissé des liens particulier. On croise aussi quelques chasseurs de baleine qui ne voient pas bien où est le problème dans leur activité vu que c’est une tradition, alors bon…

Le saviez-vous ? Contrairement aux orques en captivité, les orques ont un aileron tout à fait normal (droit, donc)

Le saviez-vous ? Contrairement aux orques en captivité, les orques ont un aileron tout à fait normal (droit, donc)

J’avoue n’avoir pas grande connaissance des orques à la base (bravo la plongeuse), je les place assez bien dans la chaîne alimentaire, je le situe dans la famille des cétacés et plutôt dans les eaux froides, on va dire. Je pensais que c’était un animal assez féroce mais premier mythe démonté : pas du tout. Un orque en liberté n’a jamais tué d’humain. Mais bon, j’avais surtout une image de cette férocité parce qu’ils mangent des manchots et que j’aime très fort les manchots et les pingouins (et pas que depuis la marche de l’empereur).

Des-bebes-manchots

Au fur et à mesure du reportage et surtout du débat qui en a suivi avec Mrs de Latour et Watson themselves, j’apprends des tas de choses vraiment passionnantes sur les orques. Sur leur matriarcat, leur langage, les affres de la reproduction, le problème de la captivité, bien sûr et une idée ingénieuse pour les libérer et les ré acclimater à la vie sauvage. La catastrophe toujours croissante de la surpêche et du réchauffement climatique. De belles histoires aussi, des rencontres, des animaux musiciens, des nages avec les orques…

coucou_cest_moi

Si vous avez les moyens, il faut aller voir ce film. D’abord parce que c’est intéressant et que les images sont belles et qu’on apprend des trucs. Mais aussi parce que ça pousse vraiment à la réflexion, tu te dis que tu dois essayer d’aider à ta mesure la planète à aller un petit peu mieux. Parce que ce n’est certes pas mon comportement qui changera tout dans un sens ou dans un autre mais c’est un petit caillou dans l’édifice. Si personne ne fait l’effort, ça ira de pire en pire alors bon…

planete

Pour finir, petite apparté sur quelque chose qui m’a passablement amusée pendant le débat suivant le film. Au début, les gens sont un peu timorés puis les questions commencent à tomber et à s’enchaîner et de plus en plus, on a droit à des questions de type “alors, oui, bonjour, Jean-Cupidon, je me pose des questions parce que moi, une fois, je suis allé à la mer et y avait des oiseaux et du coup, je me demandais si les orques mangent des oiseaux”. Toujours une anecdote dont on se fout avec une question pas forcément très intéressante où les personnes répondant aux questions se regardent en mode “tu veux pas répondre, je sais pas quoi dire…”. Ca m’a amusé plus d’une fois, le “non parce que moi, une fois, dans ma vie [anecdote dont on se fout pas mal en fait] ». Mais bon, le débat final a eu le mérite de me faire réfléchir et changer d’avis sur quelque chose… non, pas le fait de passer végétarienne, j’y pense de plus en plus (j’y pensais donc avant mais j’ai un peu de mal à franchir le pas, essentiellement pas flemme, hélas), autre chose… je vous en parle demain !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Gangster Squad de Ruben Fleischer

Mercredi soir, ma collègue Jade m’a prise sous le bras pour une projo privée du film Gangster Squad. J’avais peur car l’immense majorité de mes collègues l’avaient vu à une autre projo la semaine d’avant (mais moi, j’avais dînette chez ma soeur) et les avis allaient de « oui, oh, ça fait passer le temps » à « c’est nul » en passant par « ouais bof ». Et quand on connaît mon amour des films d’action, je m’attendais à détester. Ben finalement, pas tant que ça. Mais je vais un peu le démonter, par plaisir de critiquer (je pourrirai en enfer).

gangster-squad

Il était une fois Los Angeles en 1949, la ville tangue dangereusement et risque à tout moment de tomber dans les mains du mafieux Mickey Cohen aka Sean Penn (qui est super bien maquillé, au passage). Mais au sein de la police corrompue sommeille un bon flic qui refuse de laisser la mafia prendre possession de la ville parce que tu comprends, il va être papa et qu’il veut une ville propre pour son fils. Après une arrestation d’hommes de Mickey (qui seront relâchés quasi immédiatement), le chef Parker lui propose de composer un petit squad officieux qui va semer la pagaille dans les affaires de Mickey. Notre bon flic, O’Mara de son nom, va donc s’exécuter.

Josh-Brolin-Gangster-Squad

*Pendant ce temps*
Le pote flic de O’Mara, Jerry joué par Ryan Gosling joue les nihilistes et se tape l’air de rien Grace Faraday, la poulette de Mickey (que je croyais jouée par Mila Kunis, je trouvais qu’elle avait une drôle de tête dans ce film. Normal, c’était pas elle, c’est Emma Stone). O’Mara essaie d’embarquer Jerry dans son aventure mais ce dernier refuse parce qu’il s’en branle un peu de ces histoires de mafia.

gangster_squad

O’Mara va donc composer son équipe, suivez bien : un black, un vieux avec son jeune disciple mexicain, un père de famille à qui il demande « hé mais t’es sûr que tu veux participer parce que bon, c’est la mafia et que tu es père de famille ». Maintenant jouons ensemble : qui va mourir dans le squad ? Les coups de coude et clins d’oeil sont assez courants, notamment quand la femme de O’Mara lui dit « embauche le vieux : à un moment, ça va mitrailler et je veux qu’il soit avec toi pour te protéger ». Une heure plus tard, fusillade, O’Mara est sauvé par le vieux qui shoote un méchant qui s’apprêtait à tuer notre bon flic. Ah ben ça alors. Bon, ils réalisent un premier coup n’importe comment et le Black et O’Mara se font arrêter mais Jerry décide de les rejoindre. Oui parce que Jerry, c’est un nihiliste mais quand le petit cireur de chaussures de 10 ans se fait trouer la peau devant lui, ça l’énerve et il décide de lutter contre la pègre. Oui, je sais, c’est très branlant scénaristiquement parlant…

ryan-gosling

Bref, je vous la fais courte. Ca canarde pendant les 2h de film et comme tous les méchants d’Hollywood, ces mafieux là sont des merdes intégrales en tir. Ils ont des mitraillettes à ne plus savoir qu’en faire et ne touchent quasi jamais leur cible. C’est à dire qu’O’Mara pourrait faire des claquettes devant eux qu’ils arriveraient encore à le louper… Mais bon, Hollywood n’a jamais aimé les fusillades réalistes, y a que les gentils qui font mouche à chaque fois. A un moment, Jerry fait remarquer qu’ils s’y prennent comme des brelles et que c’est un peu suicidaire mais non, ça passe.

gangster-squad-img

Autres trucs très what’s the fuck relevés (attention, je vais méchamment spoiler là) : la femme d’O’Mara est chez elle quand les mafieux viennent mitrailler la façade (en carton). Quand O’Mara rentre chez lui avec toute la police partout, il rentre et découvre du sang. Mais non, sa femme n’est pas morte, elle a juste profité de l’occasion pour accoucher dans la baignoire d’un enfant de 6 mois, à vue de nez. Donc on résume : la nana s’est fait tirer dessus et accouche dans sa baignoire seule (comment a-t-elle pu grimper là dedans ?) et tout le personnel médical et policier qui traîne dans la maison l’ignore royal. Faut dire qu’elle récupère vite puisque dès le lendemain, elle prend le train avec son bébé, peinarde.  Sinon, la mort du vieux qui réussit un dernier éclat avec l’aide de son disciple n’a rien à envier à celle de la Cotillard dans Batman, j’ai même lâché un bruyant « pfffff » tellement c’était… tarte.

gangster-squad-movie

Côté jeux d’acteur, Josh Brolin doit avoir mal aux mâchoires à force de les serrer. Quant à Ryan Gosling, je reconnais qu’il porte très bien le costard mais sinon, il est impressionnant d’inexpressions, on dirait qu’il a un masque en cire sur la tête: il se tape la jolie fille, il est triste pour le cireur de chaussure, il se prend une balle : la-même-expression. Ca finit par faire peur. Emma Stone joue très bien l’écarquillement des yeux. Et voilà.

Gangster Squad-0032

Bref, si ça vous gêne pas que les gentils passent à travers toutes les balles sauf quand leur mort est idéale pour le scénario, c’est pas mal. Y a quelques effets de réalisation assez sympas, quelques ralentis bien vus. Mais j’avoue que le côté « hey hey, tire moi dessus, tu me toucheras pas car je suis du bon côté » m’agace toujours un peu. Et je ne vous parlerai même pas de l’happy end tellement guimauve que j’en ai eu un haut le coeur.

bad-guy-academy

Rendez-vous sur Hellocoton !