L’opinion, ce sont les réseaux sociaux qui la font

Ces derniers temps, je me pose pas mal de question sur l’opinion, cette espèce de créature protéiforme qui pense beaucoup, s’indigne souvent, a tendance à être dans le faux versus nous qui sommes dans le vrai. L’opinion dicte aux médias leur agenda, les médias influencent l’opinion, incapable de libre arbitre… Un gros serpent qui se mord la queue. Mais dans les faits, qui dirige qui ?

des manifestants américains contre la manipulation des médias

Posons nous un instant sur un cas que je trouve très intéressant : le pape François. Je le trouve intéressant d’abord parce qu’on ne peut pas me soupçonner d’avoir un parti pris parce que le Pape, ça m’indiffère. Donc l’autre soir, je lisais Courrier International tranquillement calée sur le trône et je trouve un article sur notre Pape, donc, expliquant qu’un courant de révolte se levait, que beaucoup le trouvaient trop ouvert et tolérant. Mais au coeur même de l’article, la vérité se révèle “en vrai, y a pas tant d’opposants que ça, des gens qui font du bruit sur les réseaux sociaux, ils ont plusieurs comptes”. No shit Sherlock, tu veux dire que plus on aboie fort, plus les médias vont venir mater ce qu’il se passe. Incroyable.

De l'influence des médias et des réseaux sociaux sur l'opinion, flux, infographie

Ah bé en fait, je sais pas pourquoi j’écris cet article, tout est là

Et je vais vous dire, on est tous tombés dans le piège comme des gros cons. Vous vous souvenez le burkini cet été ? Alors on va un peu replacer les choses dans leur contexte : même si on n’a pas de chiffres sur les porteuses de burkinis, il y en a relativement peu et toutes ne le portent pas pour des raisons idéologiques.  Un peu comme la fameuse burqa de l’époque où le débat faisait rage pour moins de 500 concernées in fine. Alors pourquoi un tel battage ? Parce que la fachosphère. Les femmes musulmanes sont des proies idéales : visibles, réputées victimes de la domination masculine (c’est assez drôle comme strictement personne n’est allé demandé un avis aux principales concernées mais il paraît qu’elles sont bien incapables d’avoir un avis, les pauvres, soumises qu’elles sont…). Bref, tout le monde s’est écharpé sur le sujet mais pourquoi je dis parce que ça vient de la fachosphère ? Parce que des journalistes ont fait leur boulot et essayé de comprendre le pourquoi du comment de la polémique. Woy…

jeune femme en maillot de bain bronze à Central Park

Pendant ce temps, à New York…

Ces deux exemples, parmi tant d’autres que je n’ai sans doute pas retenus parce que y en a à peu près tous les jours, dessinent un truc pas cool du tout : dans cette course à l’actualité rendue folle et malsaine depuis l’arrivée du web et des chaînes d’info en continu, on fait feu de tout bois. Y a qu’à voir les milliers d’articles web “gna gna polémique, qu’en pense Twitter ?” Oui parce que Twitter est un et indivisible, apparemment. Ce qui m’emmerde un peu car c’est l’outil chouchou de la fachosphère et je n’ai pas super envie d’y être associée mais passons. On fait des screens, quelques citations, on échange rapidement en DM avec un ou deux twittos et ça fait un article. Dire qu’avant, on était obligés de lever son cul et aller dans la rue pour des micro-trottoirs pour connaître l’avis des gens (des gens qui passaient à ce moment là dans la rue, j’entends), la vie était dure à l’époque…

journaliste réalisant un micro-trottoir

Alors oui, il y a de vrais sujets de polémique et de débat, je ne dis pas. Il y a eu je ne sais combien de messages sur la loi travail par exemple. Cependant, plutôt que de se précipiter sur ce gros poisson frétillant, il serait peut-être pas plus con d’étudier son origine. Quelques utilisateurs Twitter savent parfaitement jouer des algorithmes pour placer leur hashtag ou sujet en “top tendances” surtout qu’il n’en faut pas toujours tant de tweets que ça pour arriver en tête des discussions (là, un sujet a à peine 1000 mentions, c’est PEU), ils utilisent leur armée de faux comptes et voilà comment on se retrouve avec une polémique gentiment offerte par la fachosphère, tout le monde qui vient donner son avis et on en vient à dicter la bonne tenue pour les femmes à la plage. Et en période où on te balance de la moindre mesurette au moindre fait divers, cette écoute de Twitter pour savoir “ce que pensent les Français”, c’est dramatique et dangereux. Surtout que bon, Twitter, ça reste moins d’un Français sur 6.

Oiseau Twitter en garde à vue mug shot sur mobile

Alors quoi ? Si on considère que pas mal de journalistes ou rédacteurs web ont la pression du clic et vont sauter sur la moindre tendance émergente pour faire un article, doit-on prendre les mêmes armes que nos petits malins fachosphériques et multiplier les comptes pour faire émerger des sujets qui nous intéressent, des sujets qui ne reposent pas sur le rejet systématique de l’autre ? Ou on abandonne les réseaux sociaux en se disant, en espérant, que la vérité est ailleurs…

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Un bilan 2016 haut en couleur

Ceux qui me lisent depuis des années le savent : j’adore faire des bilans. Parce que ça me permet de me recentrer mais aussi d’arrêter de toujours m’autoflageller parce que parfois, je me rends compte que je ne suis pas si nulle que ça, que j’ai fait des choses bien… Et autant vous le dire, ce bilan 2016, il s’annonce particulièrement positif.

bilan 2016 positif, fête et cotillons

Alors quand je dis que ce bilan est très positif, entendons-nous, ça veut dire “tout à fait personnellement, j’ai passé une très bonne année”. Si on oublie le monde qui nous entoure, quoi. J’aimerais d’ailleurs être capable de l’oublier plus souvent, celui-là car on ne va pas se mentir : 2015 fut une année horrible pour la collectivité, 2016 est bien resté dans la tendance et, en temps que Française, j’en ai déjà marre de 2017. Faut dire que, petit apparté, si j’ai enfin décidé à qui je donnerais ma voix (sans grand suspense, ok), je sais d’ores et déjà que mon candidat ne sera pas au second tour et que je ne vais pas aimer du tout la campagne qui s’annonce ni le résultat quel qu’il soit. Je parlerai peut-être une autre fois de mon choix mais je ne suis pas sûre d’en avoir envie. Fin de l’apparté.

Eoliennes, une énergie verte

Je disais donc 2016 fut pour moi, globalement, une très belle année, une année qui restera dans les annales comme très importante. On va faire un petit vrac :

  • Je me suis installée avec mon Victor dans un appart où on est très heureux (nonobstant la voisine folle du dessus qui nous a harcelé tout l’été à cause de notre bruit mais qui n’a plus l’air d’être gênée depuis qu’elle a fermé sa fenêtre, pour vous situer le niveau de dérangement)
  • On s’est pacsés même si, in fine, on a trouvé bien plus engageant de s’installer ensemble et surtout d’ouvrir un compte commun.
  • On s’entend toujours très bien, merci.
  • Niveau boulot, j’ai chopé pas mal de nouvelles compétences
  • D’ailleurs, je me suis prise de passion pour les statistiques, je commence à regretter de ne pas avoir fait d’études là-dedans. J’ai un peu regardé pour reprendre mes études là-dessus, c’est un peu compliqué dans l’absolu mais à voir pour la rentrée prochaine. En attendant, je me suis achetée une BD sur les stats

Couverture du livre les statistiques en BD de Larry Gonick et Woollcott Smith

  • Je me suis lancée dans plein de loisirs créatifs et j’adore ça. Des trucs que je voulais faire depuis des années sans jamais avoir le temps
  • J’ai fait un régime qui a bien marché, je me sens très bien dans ma peau, merci.
  • J’ai découvert le foot à 5 et j’adore, il faut vraiment que je trouve un moyen d’en faire plus (là, je ne vois que des équipes qui font des matches et tout mais moi, je veux surtout m’entraîner parce que c’est bon pour le cardio mais surtout… ben je suis une quiche quand même)
  • Je me suis coupée les cheveux, osant abandonner ma longue crinière pour une coupe courte et franchement, je suis ravie, ravie, ravie. L’autre jour, Anaïs me disait “ah, ça te va bien, ça va avec ton caractère je trouve” et elle a raison. C’est peut-être un détail pour vous mais après plus de 20 ans à me battre pour avoir des cheveux longs, des cheveux de fille (ma mère me préférait cheveux courts), j’ai enfin eu le courage de me couper les tifs. Par contre, la couleur rouge fut un échec, dégorgée en un mois, il ne reste plus grand chose.

Je fais n’importe quoi en DAB…

Et évidemment, les voyages : Montréal (rêve de gosse), Londres, Maroc, Barcelone, Europe de l’Est, Guadeloupe… Première année sans mettre le pied en Asie depuis un bail mais j’étais d’humeur ouest ces derniers temps.

Montréal vue de nuit de la grande roue de la fête des neiges

Abbaye de Westminster à Londres

Park Guell à Barcelone

Plage proche d'Essaouira au Maroc

Prague coucher de soleil

Le parlement de Budapest au soleil couchant

Dubrovnik vu du haut du téléphérique, Croatie

Kotor Monténégro, citadelle

Guadeloupe, plage des Saintes

Du négatif ? Pas grand chose. Quelques agaceries côté famille où mes parents et ma soeur s’arrangent entre eux sans penser à moi donc j’ai raté plein de petites réunions parce que ça tombait toujours quand j’étais en vadrouille, quelques petites disputes de “calage”, on va dire, avec Victor mais c’est réglé, la voisine du dessus, une ambiance au boulot louuuuuuuuurde (disons que je suis partie en vacances semaine dernière en espérant que ça allait enfin péter en mon absence vu que je me sens pas des masses concernée par les tensions), une agence immobilière qui ne m’a jamais rendu ma caution et voulait me faire cracher encore plus d’argent (ça n’est pas arrivé)… des broutilles ? Oui.

le chat, animal ami de votre sérénité

Une année aussi douce que le poil de mon chat

Donc oui, au niveau de mon petit microcosme personnel, 2016 fut une année absolument remarquable, rien à avoir avec l’année 2006 qui avait une gueule de mue très violente (surtout la fin) mais au moins, j’étais arrivée toute neuve pour 2007, une année fantastique.

Et 2017, alors, on attend quoi ?

une jeune femme attend avec impatience, sourire, chapeau de fête et ballons

On verra ça avec ma liste des bonnes résolutions !

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Comment j’ai commencé à écrire

Hello ! J’espère que vous avez passé de joyeuses fêtes, que vous avez bien mangé mais pas trop, bien bu mais pas trop, que vous avez été bien gâtés, tout ça, tout ça. Pour fêter cette joyeuse période, j’avais envie de vous faire une petite histoire de Noël mais je crois vous avoir tout raconté alors j’ai eu une petite idée : pourquoi j’ai commencé à écrire.

écrire dans le métro, cahier d'écriture, j'ai commencé à écrire

Quand il a vu ma douce écriture, mon mec m’a demandé si j’écrivais en hiéroglyphe. Question au 1er degré…

Tout commence en 1988 (je crois mais laissez moi dater), je trouve une vieille machine à écrire dans le cellier-entrepôt de mes parents. Fière de mon trésor, je m’installe un petit coin d’écriture et je commence à écrire. De grosses niaiseries (8 ans), je joue à écrire surtout, un espèce de Fantômette. Puis en grandissant, je finis par récupérer la belle machine à écrire à traitement de texte qui faisait un bruit d’enfer et que je n’ai jamais réussi à configurer correctement au niveau des tabulations, écrivant les premières et dernières lettres de chaque lignes à la main.

Machine à écrire avec traitement de texte intégré

A ce moment-là, il se passe une chose particulière : je délaisse mes playmobils. J’avais pourtant une histoire passionnante avec une petite fiche d’état civil pour chaque personnage (nom, métier, légitime moitié, enfants éventuels) mais passé un certain âge… et du coup, j’ai changé mon catalyseur à histoire : plutôt que d’avoir des petits bonhommes en plastique pour me raconter des histoires, j’utilise les touches du clavier pour tisser mes nouvelles aventures imaginaires.

machine à écrire transformée en clavier pour tablette, connectique USB

Si quelqu’un veut me faire un cadeau, je rêve de ce genre de truc. Hashtag bobo hipster, je sais

Désormais, tout mon temps libre est consacré à l’écriture. Pas forcément des trucs brillants mais peu importe, je n’écris pas pour être lue, j’écris pour me raconter des histoires. Lors de mes révisions pour le bac de français, en tant que fille très rigoureuse, j’écrivais le jour à la main pour ne pas faire de bruit et le soir sur ma tonitruante machine à écrire. Deux histoires que je n’ai jamais finies d’ailleurs même si l’une contenait clairement quelques prémices de Technopolis. Evidemment, en grandissant, mes personnages s’amourachent, s’érotisent… C’est plus facile d’avoir des relations sexuelles avec des personnages de mots qu’avec des figurines en plastique à peine sexuées… surtout que les playmobils, de mon temps, les femmes n’avaient pas de seins et des robe clairement anti coït…

vieux playmobil _ femme

Et en fait, voilà comment naît une vocation : d’un changement de catalyseur. L’avantage certains des Playmobils était mon besoin de créer de nouvelles histoires pour intégrer mes nouvelles acquisitions. Oh, super, je viens de choper un requin… Bon, ben il va croquer les jambes de cette personne là (mais rassurez-vous, après 3 jours de fauteuil roulant et 5 jours de canne, la personne a retrouvé toute sa mobilité parce que je n’avais plus envie que ce personnage soit le centre de mon histoire donc no more drama pour elle). Oh, un petit château ! Bon, du coup, le “roi-maire” de la ville va céder son pouvoir à ce nouveau roi et cette nouvelle reine parce qu’ils ont un trône et un château et que le dirigeant en titre était lassé par le pouvoir et après tout, le peuple n’a pas son mot à dire, même les pauvres qui vivent sous le bureau.

maison belle époque Playmobil

Sachez que cette maison Playmobil resta pendant très longtemps n°1 de mon top des cadeaux de Noël

Bref, j’ai remplacé Massilia (oui, je trouvais ce nom cool) et les autres personnages dont j’ai totalement oublié le nom par d’autres héros et héroïnes et pour le coup, la possession ou non d’un jouet n’était plus une limite à mon imagination qui pouvait désormais s’épanouir dans de petites îles de l’Atlantique où on parle portugais (devinerez-vous de quelle île je me suis inspirée, ahah ?), des villes futuristes parce que je trouve toujours ça très cool, des histoires dignes de mangas parce que j’ai découvert ça et que franchement, les histoires d’anges et de démon, c’est délicieusement manichéen alors allons-y gaiement.

angel sanctuary de Yuki Kaori - Sara endormie dans un arbre

Tiens, faudrait que je me télécharge les Angel Sanctuary pour les relire (je les ai à la cave mais la flemme)

Avant, j’écrivais juste pour jouer, sans trop me prendre la tête et ça marchait… C’est peut-être pour ça que j’ai mis tant de temps à me remettre sérieusement à l’écriture : parce que j’avais un peu perdu mon âme d’enfant. Et c’est comme ça que je le retrouve : en jouant à nouveau (à “écris dès que tu peux t’asseoir dans le métro”).

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Etre une femme sur le web : la curée

Semaine dernière, je traînasse mollement sur Twitter entre deux dossiers quand je vois fleurir un article “une Youtubeuse quitte momentanément Twitter après des menaces de meurtre et de viol”. Whaaaaaat ? Alors la Youtubeuse en question, je la connais très bien puisque je suis ses oeuvres vidéo, il s’agit de Ginger, une féministe assumée qui n’hésite pas à monter au créneau. Ici, elle avait expliqué en une demi douzaine de tweets qu’une miniature de vidéos de Squeezie posait problème dans le message qu’il délivrait à son audience (plutôt très jeune) et vlan, des kilotonnes de merdes déversées sur sa gueule. Car oui, être une femme sur le web, c’est souvent s’en prendre plein la gueule pour pas un rond.

ginger_force_adaptation_ être une femme sur le web

Je vis évacuer la dimension “féministe” pour aujourd’hui, j’y reviendrai à l’occase mais là n’est pas mon propos. Je vais juste parler des femmes qui ont l’outrecuidance de s’exprimer publiquement. Commençons par les blogueuses et vlogueuses mode et beauté, exemple ô combien parlant car elle s’en prennent systématiquement plein la gueule. “Idiotes”, “superficielles” et sans parler des attaques sur leur physique, le summum de l’intelligence. Alors je ne dis pas qu’elles sont toujours irréprochables mais sérieusement, arrêtons trente secondes. Une femme qui se maquille peut aussi avoir une culture G bien plus étendue que la vôtre. Quant aux attaques sur le physique… Là, ça touche carrément toutes les femmes. Regardez n’importe quelle vidéo de Youtubeuse et checker les comms, y aura toujours des commentaires sur le physique, soit pour dénigrer, soit des élégantes expression d’un désir brusque de faire des choses sales à la pauvre demoiselle qui n’a rien demandé. Vous avez le droit de ne pas être sensible au charme d’une personne, de là à le lui balancer… Même moi, alors que je n’ai jamais montré ma trombine en ses lieux, je m’en suis pris plein la gueule sur mon physique. Wokééééé…

Voilà, si vous arrivez à juger là dessus, faites-moi signe

Voilà, si vous arrivez à juger là dessus, faites-moi signe

A ce niveau, vous allez me dire que c’est pas grave, qu’il faut pas écouter les cons. Oui mais déjà, à un moment, si tu tapes sur le cuir à répétition, ça finit par l’attaquer. Est-ce que vous imaginez la force de caractère qu’il faut avoir pour réussir à ne pas être blessée par ces attaques incessantes ? Les gros cons limités qui s’attaquent au physique ont-ils seulement conscience du mal qu’ils peuvent faire ? Ont-ils seulement envisagé que la demoiselle qui s’exprime a pu souffrir de complexes physiques graves par le passé, que s’exposer est pour elle une véritable épreuve et que leurs attaques “pour le LOL” peuvent lui faire mal plus que de raison ? Et puis sérieusement, attaquer sur le physique, passé un certain âge, faut passer à autre chose les enfants. Vous n’avez rien d’intelligent à dire sur le fond ? Bah taisez-vous. Et tant qu’on est sur le physique, les remarques sur nos seins, nos formes qui vous mettent en appétit ou sur le fait que ça vous colle la trique et autre joyeusetés, ça ne fait pas plaisir non plus.

tu_m_excites

Mais le pire, ce sont les menaces. Parce qu’une femme dit quelque chose qui déplaît, elle se prend des menaces de claques dans la bouche ou pire, de viol. Parce que si on n’est pas d’accord avec l’Homme, c’est souvent qu’on est mal baisées et qu’une bite bien placée nous ferait voir la vérité ou du moins nous dissuaderait de continuer à expliquer en quoi la personne a tort.

le-petit-dej-coquin

Le problème, in fine, c’est qu’en 2016, on essaie encore et toujours de confisquer la parole aux femmes. Vous allez me dire “oh mais les mecs aussi, ils s’en prennent plein la gueule”. Sincèrement pas autant : ils ne sont pas systématiquement attaqués sur leur physique, sur la profondeur de leurs propos (je suis pas sûre qu’on reproche avec un tel systémisme la superficialité des blogueurs et vlogueurs geeks ou jeux vidéo), sur leur façon de s’exprimer, ils se prennent bien moins de menaces de violence ou de viol dès qu’ils ouvrent un peu leur gueule. La parole de la femme est bien trop souvent dénigrée. Et pourquoi ? Parce qu’une fois de plus, certains refusent à la femme d’occuper une place égale à celle de l’homme sur la place publique (souvent inconsciemment), parce qu’une femme n’aura jamais rien d’intéressant à dire, parce qu’elle sera forcément taxée “d’hystérique”, de “pas pédagogue”, de “mal baisée” et qu’évidemment, elle n’a pas d’humour… C’est fou cette propension d’une classe dominante à toujours vouloir imposer un humour oppressif en refusant de voir ce qu’est le problème.

humiliation

Etre une femme engagée sur le web, c’est dur. Même quand on n’est pas engagées, d’ailleurs. Parfois, on se dit qu’on va juste remballer et partir sur la pointe des pieds, revenir dans la vraie vie ou personne ne nous insulte ou nous menace juste parce qu’on a eu l’audace de partager son avis, de le défendre, de s’affirmer, de souligner qu’un propos de dominant est problématique. Puis on pense aux autres, à celles qui n’osent rien dire, à celles qui se défendent d’être féministes parce que les féministes, ce sont des misandres hystériques (révélation : non). Alors on va laisser Ginger se reposer, profiter des gens de la vraie vie et on va continuer à faire du bruit en attendant. Parce que si ton seul contre argument, c’est attaquer mon physique ou mon sens de l’humour, c’est bien que mon raisonnement est difficilement démontable.

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Le vivre ensemble, c’est pour les faibles !

En furetant sur Facebook l’autre jour, je tombe sur un groupe hilarant créé par le concierge d’une de mes anciennes agences. Le principe est simple : il y publie ces meilleurs mails coups de gueule. Au menu : vol de dosettes nespresso, vols d’objets divers et variés, culotte oubliée dans les toilettes (??), toilettes retapissées et même étrons dans la poubelle des chiottes. Je ris en me disant que dans mon agence, ils sont mieux élevés. Oui mais non : c’est surtout que dans mon agence, on n’a pas de concierge avide de mails. Et nous effleurons là le problème crucial de notre société dont j’ai déjà parlé mais dont je ne me lasse pas : rien à foutre des autres.

Dessin d'Alain Pilon dans le très bon article de David Desjardin sur la mauvaise éducation http://www.lactualite.com/opinions/chronique-champ-libre-opinions/la-mauvaise-education/

Dessin d’Alain Pilon dans le très bon article de David Desjardin sur la mauvaise éducation

Une scène typique que j’ai vécue dans chacune des boîtes où j’ai bossé. Après avoir avalé mon mug de café, voilà l’heure de lui rendre sa liberté, je me dirige donc, insouciante, vers les toilettes. Je rentre dans l’un d’eux et là : grosses traces de merde sur la cuvette. Donc 2 possibilités : où je prends un autre WC ou je prends celui là en nettoyant avant parce que moi, je suis pas une porcasse (et que, oui, ok, j’ai pas envie qu’on puisse penser que c’est moi qui ai tout dégueulassé). J’ai eu droit à tout, de la solide trace au gros étron qui te laisse une pensée admirative quant à la possibilité de dilatation d’un anus jusqu’aux traces de sang sur la cuvette… au niveau des fesses. Ca, ça reste franchement un mystère mais quoi qu’il en soit, ma maman m’a appris à toujours laisser les lieux tels que je les ai trouvés alors pourquoi, dans toutes les boîtes, y a toujours au moins un-e dégueulasse qui retapisse la cuvette et laisse son petit forfait en l’état, tranquille ?

Je vous épargne les photos de toilettes sales, des fois que vous lisiez cet article en mangeant

Je vous épargne les photos de toilettes sales, des fois que vous lisiez cet article en mangeant

L’entreprise est un formidable terrain pour mesurer à quel point l’intérêt personnel passe toujours au dessus du bien commun. Regardez dans votre open space, je parie que vous allez y trouver :

  • celui/celle qui écoute sa musique trop fort ou balance des vidéos sans mettre de casque parce “ça va, j’en ai pour 2 minutes”
  • Celui/celle qui se lave pas malgré les remarques récurrentes de ses collègues
  • Celui/celle qui mange à son bureau et que des trucs qui puent
  • Celui/celle qui a transformé son bureau en porcherie. D’ailleurs, quelque chose semble avoir pris vie, on voit bien les feuilles bouger toutes seules, parfois
  • Celui/celle qui met la clim à fond et gueule si tu oses la relever car 15°, c’est quand même un peu froid
  • Celui/celle qui retient l’ascenseur pour finir sa conversation
  • Celui/celle qui fait automatiquement disparaître un stylo ou un bloc de post-it de ton bureau dès qu’il passe
  • Celui/celle qui fait du bruit, tout le temps et qui râle si tu lui fais remarquer
  • Celui/celle qui passe ses coups de fils perso bruyamment
  • Celui/celle qui a une notion très relative de la propriété : ce qui est à lui/elle est à lui/elle, ce qui es à toi mais posé dans le frigo commun appartient à tous donc il/elle se sert…
  • Celui/celle qui se vernit les ongles en plein open space (ça pue)

Etc. etc. Et je suis sûre que j’en oublie !

odeurs

Le brave concierge sus nommé se fend donc de quelques missives, certes très drôles, pour rappeler donc à l’ordre les petits mal élevés qui sévissent dans les murs de l’entreprise mais entre deux éclats de rire, je ne peux m’empêcher de me questionner : à quel moment t’en as rien à foutre des autres à ce point. Ok, j’ai déjà imprimé des documents persos au boulot et je suis repartie de mon dernier taf avec une demi douzaine de stylos quasi neufs (un peu entamés quand même) mais à côté de ça, j’ai jamais eu l’idée de piquer les dosettes de café, de la bouffe ne m’appartenant pas dans le frigo, d’abandonner ma petite culotte ou d’aller chier dans les poubelles (seules explications possibles : une très mauvaise drogue ou une fin de contrat qui se passe très mal). J’essaie de faire en sorte de pas emmerder le peuple en écoutant la musique à volume mesuré (bon, pour le coup, j’ai pas grand mal, j’aime pas quand c’est trop fort, ça me casse les oreilles), de ne pas manger de trucs qui puent, de laisser mon bureau dans un ordre assez relatif, pas de coup de fil perso et je nettoie si je salis. C’est pas hyper compliqué, si ?

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Du coup, est-ce que cette volonté de foutre le bordel vient-elle d’un besoin d’attention, tel mon neveu de 2 ans et demi qui fait systématiquement le contraire de ce qu’on lui dit pour qu’on prenne conscience de sa présence ? Grosse immaturité ou grosse impolitesse ? Ou c’est juste plus simple de s’en foutre ? Telle est la question…

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Mais quand même… Il se passe quoi dans la tête des gens pour qu’ils chient dans une poubelle à quelques centimètres d’un WC dédié à cette activité ?

 

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Un ex qu’’il est bien

Bon, aujourd’hui, c’est le 12 septembre et vous allez me dire que vous avez pas besoin de moi pour savoir ça et que cet article ne s’annonce pas des plus passionnants… Mais rassure-toi, lecteur, ce blog ne va pas parler calendrier, nan nan. En ce jour du 12 septembre, mon ex, Guillaume 1er, a 30 ans et j’en profite pour parler de lui, ce que je n’ai jamais vraiment fait jusqu’à présent.


Tout commence en janvier 2000, le 25, je crois (un lundi, ça, c’est sûr). Ce jour-là, nous étions au resto U avec Gauthier, Sylvia et d’autres copines. Alors que nous déjeunions de façon fort peu discrète (comme d’hab, quoi), un jeune homme s’approche de moi et me demande si je peux lui prêter un jeu de cartes, ce que je fais. Ouais, faut savoir qu’entre midi et deux, on jouait à la belote en hurlant donc on nous repérait facilement. A deux heures, on se retrouve à 4, Sylvia, Gauthier, Lulu et moi pour réviser. Au bout de deux heures, on en a marre mais Gaugau peut pas jouer car il a un devoir à finir à tout prix donc on se retourne vers le gars derrière, celui qui m’a emprunté le jeu et on l’embarque dans une belote. Bon, vous l’avez compris, c’est Guillaume. Le lendemain, on se retrouve au même endroit, on joue à nouveau ensemble et je traîne un peu avec lui et un couple de ses amis pour continuer à jouer. Bref, on s’entend très bien, Guillaume passe tout son temps avec nous.

 

Le week-end passe, je mélange ma langue en boîte avec un gars qui s’appelait Pierre (oui, je tombais toujours sur des Pierre à l’époque), un gars de deux bon mètres de haut. On se décolle pas de la soirée, on se fait même applaudir par des gens quand on finit par se descotcher mais une fois que je quitte la boîte, c’est terminé, c’était juste comme ça. Le lundi, j’arrive à la fac, je retrouve Guillaume, un autre Guillaume (comme dirait Mister Big, les Guillaume, on soulève un caillou, on en trouve un) et Gaugau et mon cher meilleur ami avait déjà narré mes exploits, j’étais un poil mal à l’aise. Journée à jouer, Guillaume se rapproche un peu. Il me fait un bisou sur la joue pendant une partie puis il m’offre une cerise confite. Alors je déteste ça, les cerises confites, mais j’ai pas osé dire non de peur que ce soit pris pour un non global… Oui bon, ça va, j’avais 19 ans ! Le soir, Sylvia m’appelle et me fait comprendre que Guillaume m’aime très beaucoup « Non mais attends, il connaît la moitié des gens du resto U et il passe ses journées avec nous, ça t’interpelle pas ? » Heu… Le mardi, les choses se précisent (bon, je vous la fais courte) et bon, il est clair que dès qu’on se retrouve tous seuls, ça va le faire. Gauthier m’appelle le soir « Ben il a l’air de bien t’apprécier Guillaume ! » « Ben oui, on va sortir ensemble ! » « Ah ?? ».

 

Le mercredi, jour J, le 2 février, donc. J’arrive au resto U à midi et demi (ben ouais, j’avais cours), on n’a jamais été aussi nombreux autour de la table : 17 ! A peu près autant autour de celle de Guillaume, on n’y arrivera jamais. A 14h, ça se vide pas mal et enfin, à 16h, tout le monde se casse en cours, on commence à papoter en tête à tête quand tout le monde revient « ouais, le cours est annulé ! ». Putain, c’est pas vrai ! Bon, du coup, tout le monde s’en va, on se retrouve à trois dans le métro : Guillaume, une autre fille et moi. L’autre fille ne semble pas motivée pour rentrer chez elle « Ohlala, j’irais bien boire un verre, vous vous arrêtez où ? » Je lui réponds donc St Cyprien et Guillaume en fait autant. Je jubile car c’est pas du tout son arrêt en vrai. On parcourt le chemin qui me sépare de mon domicile en déclinant le thème : « c’est hard de se retrouver tous seuls ! ». On arrive chez moi, on s’asseoit sur le canapé, on papote quelques minutes… et blanc. Là, on explose de rire et on finit (enfin !) par s’embrasser. Et forcément, deux adultes se retrouvant seuls dans un appartement, ça dérape.

 

Et c’est parti pour quatre ans et demi avec des hauts et des bas mais globalement, une relation très facile à gérer puisqu’on ne s’est jamais vraiment engueulés. Le ton est monté parfois mais ça n’a jamais vraiment éclaté car Guillaume me maîtrisait parfaitement : dès que je m’énervais, il me laissait faire jusqu’à ce que je me calme, sans refoutre de l’huile sur le feu. Seule crise majeure : au bout de 6 mois, je le sens sec au téléphone, agacé et je le sens pas, je finis par me dire que quelque chose ne va pas et je me décide à le quitter. Mais en fait, un soir, il m’appelle, on devait sortir et il renonce à la sortie pour cause de migraine. Je lui demande ce qui va pas car c’était le gars à faire des migraines pour cause de tracas et là, il m’explique : « Ben, en fait, je me pose des questions. Tu comprends, je t’ai toujours pas dit je t’aime.

– Quoi, c’est tout ?
– …

– Enfin, tu n’es pas un garçon spontané, je m’attends pas à ce que tu me le dises et je me pose pas de questions du tout sur le sujet. »

Du coup, tout est allé mieux entre nous. Il m’a déclaré sa flamme le 2 février 2001, pour notre premier anniversaire et je me suis mise à pleurer au restaurant tellement j’étais émue. En 26 ans, c’est le seul à m’avoir fait pleurer de joie, comme ça.

 

En quatre ans et demi, nous ne nous sommes pas installés ensemble mais pendant les deux dernières années, c’était tout comme, on passait toutes nos semaines ensemble, chez moi. La journée à la fac à bosser à la BU (ou au RU), le soir à la maison. Une cohabitation dans un 28 m², c’est pas évident mais on y est arrivé sans soucis, finalement. On passait même quasi un week-end sur deux ensemble. On avait même choisi le prénom de notre future fille mais pas mieux car pour les garçons, on était pas d’accord, grand sujet de chamaillerie, d’ailleurs. Il voulait même qu’on se fiance au bout de deux ans mais j’ai refusé car il voulait des fiançailles « longues », genre on se fiance maintenant et on se marie d’ici 5 ans et j’ai pas vu l’intérêt.

 

A la fin, les liens se sont distendus tous seuls, on dormait ensemble sans plus se toucher, il avait sa vie et moi la mienne, on avait plus grand-chose en commun. Un jour, j’ai littéralement pété les plombs au téléphone et j’ai provoqué la rupture, ça n’allait plus du tout et on se voilait la face à continuer. On avait eu une grave crise lors des vacances d’avril, j’ai passé 5 jours à faire la gueule car il avait préféré passer le jour de mon annif avec ses amis plutôt qu’avec ma famille et moi, j’ai pleuré comme jamais dans sa voiture quand on allait voir ses grands-parents car il m’avait dit qu’il doutait. C’est pas que c’était une révélation, je le savais, mais tant que je l’avais pas entendu… Donc le jour de la rupture, j’ai pété les plombs au téléphone, il est venu à la maison pour une rupture en face à face, on a pleuré dans les bras l’un de l’autre pendant une bonne demi-heure. On a décidé de ne pas se voir pendant au moins quinze jours, histoire de digérer la rupture et de pas se parler, on a tout de même échangé quelques mails, il voulait savoir comment s’étaient terminés mes partiels. J’avoue voir beaucoup pleuré, ma mère m’a gavée de médocs pour dormir. Mélangés à mes médicaments anti-allergiques, ça, pour dormir, j’ai dormi… J’ai passé beaucoup de temps avec Anne et Lucie. J’étais dans un état second mais c’était la meilleure décision à prendre et comme toujours dans ce cas, j’ai trouvé une énergie nouvelle pour me lancer dans de nouveaux projets (en l’occurrence, un stage en journalisme pour l’été). On s’est revus un mois plus tard, j’étais un peu tendue sur le coup mais comme pour le reste, c’est passé comme une lettre à la Poste.

 

Deux mois plus tard, il est sorti avec une autre fille, il me l’a dit qu’après la rupture, de peur de me blesser mais j’avais deviné (oui, quand on le connaît, il était plus que flag’ !) et c’est là que j’ai compris que c’était bel et bien terminé puisque ça ne m’a pas fait mal. Il m’en a parlé plus tard, quand la demoiselle l’a quitté. Il s’est alors rendu compte que j’avais été très patiente avec lui (moi, oui, oui !), il m’en a remercié.

 

Depuis, on est toujours amis, on s’est parlé l’autre jour sur MSN, il m’a dit que si un mec m’emmerdait, il monterait lui casser la figure. Bon, c’est carrément pas vrai car il est pas du tout belliqueux et en plus, pour le faire quitter Toulouse, faut se lever tôt mais ça m’a fait sourire. Ce qui est marrant, c’est qu’il est sorti avec une Juliette juste après moi, tout comme Guillaume 2 et, de mon côté, je suis sortie avec un Alex quelques temps après lui, tout comme la fille dont il est amoureux depuis notre rupture (mais avec qui il n’est jamais sorti car elle vit au Québec, très compliqué). Quand on connaît le vrai prénom d’Alex, prénom pas si courant, ça laisse songeur. Bref, comme je lui ai dit l’autre jour sur MSN : « Des fois, je me dis qu’heureusement que je suis sortie avec toi, tu me réconcilies avec la gent masculine ! ». Bon, ben, je l’ai fait limite pleurer. Mais c’est vrai que de toutes mes histoires, c’est celle là la plus belle et de très loin. Rien que d’y penser, ça me donne envie de revivre une histoire longue durée…

 
Joyeux anniversaire Guillaume !

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