Fahrenheit 451 : ne réfléchis plus

Classe de 4e, 1994, la prof de français nous propose de choisir entre 4 dystopies, je choisis Fahrenheit 451 de Ray Bradbury un peu par hasard. Parce que les autres s’étaient majoritairement tourné vers Le Meilleur des mondes et j’avais pas envie de faire pareil et, dans un cours, il avait été question des chroniques martiennes et comme j’étais dans ma période X-files et passion pour tout ce qui était extraterrestre, ce M. Ray Bradbury me paraissait par conséquent un homme bien.

Fahrenheit 451

Alors l’histoire, un peu rapidement. Montag est un pompier mais sa mission n’est pas d’éteindre le feu mais de l’allumer afin de brûler les livres, ceci étant accusés de niveler les gens par le bas par son contenu creux et est facteur d’inégalité sociale. Les citoyens passent donc leur temps libre devant un écran, s’abrutissant de plus en plus. Montag rencontre un soir Clarisse, sa voisine de 17 ans qui vit chez son oncle et qui, par une série de questions, va lui faire découvrir le monde tel qu’il est : un peuple malheureux et abruti qui n’a plus la force de penser, des gens qui n’observent plus et, surtout, ne se parlent plus. En rentrant chez lui, Montag découvre sa femme Mildred inconsciente, elle a tenté de se suicider mais deux personnes viennent la ranimer et elle ne se souvient plus de l’incident. Montag réalisé alors qu’ils ne s’aiment pas, aucun ne pouvant même se souvenir de leur rencontre dix ans plus tôt. Lors de l’incendie d’une maison plein de livres où la propriétaire préfère mourir brûlée vive que de vivre sans ses livres, Montag va voler un livre. Et commencer à lire.

Fahrenheit 451, la propriétaire brûle avec ses livres

Selon les interprétations, ce livre est une métaphore du maccarthysme avec notamment la chasse aux intellectuels suite à une simple délation (la maison de Montag sera brûlée suite à la dénonciation de sa femme et de ses amies qui ont vu Montag lire). De façon un peu plus large, j’y vois cette dystopie de l’abrutissement des masses pour les rendre plus dociles. Comme 1984, le discours ici est le symbole même de la régression des masses puisque les discours des leaders (exemple le chef pompier de Montag) n’a pas de réel sens mais Montag ne découvre tout ça qu’en se posant des questions, ce qu’il n’était pas encouragé à faire jusqu’à ce qu’il rencontre Clarisse. Se réveille alors chez lui une envie de tout changer, il rejoint les hommes livres (il lit un livre et le retient pour pouvoir le transmettre), la société s’écroule (la guerre est imminente, la population se suicide par paquet comme on l’apprend dès le début du roman quand des infirmiers viennent retaper Mildred en mode “on en a de plus en plus des comme ça”). Le bonheur par l’oisiveté mène à la catastrophe, le manque de réflexion tue les hommes.

Couverture de Fahrenheit 451

Mais quand j’ai lu Fahrenheit 451, j’ai pas vu tout ça et j’en viens à un nouveau point sur les dystopies : peut-on lire les dystopies comme une simple histoire ou ne peut-on que les apprécier qu’à partir du moment où on a un solide bagage culturel ? Quand j’ai lu Fahrenheit du haut de mes 13 ou 14 ans, je ne connaissais pas les autodafés, alors même que j’avais vu Indiana Jones et la dernière croisade plusieurs fois mais je sais pas, la scène de l’autodafé devait pas me parler, et en lisant le livre, j’étais là “mais pourquoi ils font ça, je comprends pas…”. Je n’ai cependant pas un mauvais souvenir du livre, je l’ai dévoré (essentiellement parce que je voulais savoir ce que devenait Clarisse qui disparaît dans le roman) et la scène finale de la ville bombardée m’a tellement marquée que je m’en étais inspirée pour la scène finale de Technopolis. D’ailleurs, à bien y réfléchir, Technopolis emprunte énormément à Fahrenheit, tiens… Oceany étant in fine une très bonne Clarisse. J’ai écrit ce roman y a 17 ans et je me rends compte aujourd’hui de cette énorme influence. Parce que peut-être qu’à 13 ou 14 ans, j’avais pas tous les outils pour tout comprendre (autant vous dire que le Maccarthysme à ce moment là de mon histoire perso, j’avais juste aucune idée de ce que c’était).

Affiche Maccarthysme : le communisme arrive

Mais pour en revenir à ma question initiale : peut-on lire un dystopie sans le contexte ? Aurais-je dû d’abord me renseigner sur le Maccarthysme et/ou les autodafés avant de rentrer dans ce roman ou dois-je entrer dans une dystopie avec une certaine candeur, quitte à rechercher ensuite des explications ? Et quand on écrit une dystopie, doit-on donner direct le trousseau de grosses clés ou les glisser discrètement sous le matelas (je suis un peu traumatisée des escape games, aussi) et laisser le lecteur les chercher s’il en a envie ?

Bibliothèque universitaire

Et bien… j’ai pas du tout les réponses, en fait. Mais il est clair qu’en tant que lectrice adulte, j’adore les différents degrés de lecture. Mais peut-être que faire lire des dystopies à des ados sans leur donner un minimum de clés, c’est risquer de les dégoûter du genre… Heureusement, depuis, y a eu Hunger games… dont je ne vous parlerai pas la semaine prochaine car je n’ai ni vu, ni lu mais je vous garantis que c’est sur ma liste. Ah et pour ceux qui sont un peu intéressés par Fahrenheit mais moyen chaud pour le lire,  y a le film de Truffaut, super fidèle (avec une esthétique que j’adore).

Le film Fahrenheit 451

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Arrival ou la suspension consentie de l’incrédulité

On a des phases, avec Victor genre “tiens, si on allait au ciné”, ce qui fait qu’on y est déjà allés 2 fois en 2017… mais qu’on devrait très rapidement arrêter. Dernier film vu : Arrival de Denis Villeneuve, une oeuvre sur laquelle on est radicalement pas d’accord à l’arrivée et qui nous a occasionné une petite dispute. Car on a un souci avec la suspension consentie de l’incrédulité.

Suspension consentie de l'incrédulité

Je vais d’abord vous pitcher rapidement le film : douze vaisseaux extraterrestres arrivent sur Terre mais on ne sait pas trop ce qu’ils veulent. L’armée fait donc appel à Louise Banks (Amy Adams), très éminente linguiste, pour tenter d’entrer en contact avec eux, et de Ian Donnelly (Jeremy Renner) un physicien. Le film va donc se concentrer sur les liens qui se tissent entre eux et les extraterrestres, des espèces de poulpes géants à sept pattes, appelés donc heptapodes. Ce film est esthétiquement très beau et assez émouvant, j’ai eu la gorge serrée sur les dernières scènes. Car ça parle pêle-mêle de langues, de réaction des Terriens face à ce contact compliqué (avec évidemment le camp des belliqueux incarnés comme il se doit par le camp de l’Est, à savoir Chine et Russie) mais aussi de choix.

Arrival, vue du vaisseau

Le travail sur la brume dans ce film est juste génial

Maintenant, définissons la suspension consentie de la crédulité : dans une histoire qui met en place des éléments difficiles à admettre au départ (genre des poulpes extraterrestres qui débarquent un beau matin), on les accepte à partir du moment où l’univers construit est cohérent. Karim Debbache en parle ici, par exemple. Donc ici, on peut admettre sans trop de soucis cette arrivée extraterrestre vue que c’est une hypothèse qu’on a vu dans de très nombreux films, notamment Independence Day et Independence Day : Resurgence (que j’ai détesté), Signs, la guerre des mondes, E.T., Rencontre du 3e type, X files, etc. Cependant, il faut que le reste du récit fonctionne et c’est là que Victor et moi ne sommes pas d’accord. Attention, spoiler dans le paragraphe suivant.

Amy Adams dans Arrival

Dans Arrival, les extraterrestres utilisent un langage écrit à base de cercles, tracés dans les airs par une espèce d’encre (c’est franchement beau) et je salue une nouvelle fois le travail sur l’esthétique du film. On apprend à mi parcours que chez les heptapodes, le temps n’est pas linéaire comme pour nous mais cyclique et donc qu’on peut naviguer entre présent, passé et futur (même si en l’occurence, le passé ne sert à rien dans cette histoire). Louise, en apprenant le langage des heptapodes, développe malgré elle la capacité de voir le futur et on découvre que l’histoire de sa fille qui nous est présentée en début de film se passe en fait après la fin de celui-ci. Mais le film est conçu comme un palindrome et peut se lire dans les deux sens, le nom du film apparaît d’ailleurs à la toute fin de celui-ci. Quand Louise est forte de ce savoir, elle entrevoit alors une scène du futur où le général chinois qui voulait tout péter lui donne son numéro de téléphone pour qu’elle l’appelle dans le présent et qu’elle lui dise les derniers mots de sa défunte épouse. Et là, craquage de Victor “c’est pas possible, ça crée un paradoxe temporel, c’est nul”, moi “mais non puisque quand il lui parle dans le futur, ils savent comment ça fonctionne et il sait qu’il doit lui parler pour lui donner la clé”.

Amy Adams dans Arrival

J’ai accepté le deal, lui non. En rentrant, je cherchais à quel film ça me faisait furieusement penser et quelques notes d’orgue m’ont donné la solution : Interstellar. C’est peu ou prou le même dénouement : un élément du futur qui influe sur le passé pour lancer l’intrigue, deux points du temps solidement imbriquées… et j’avais pas aimé Interstellar, même si je ne m’étais pas offusquée de ce loop temporel. On est dans la base même de terminator également : si John n’avait pas renvoyé Kyle dans le passé, il n’aurait pas existé… Ok mais la première fois que l’histoire s’est déroulée ? Ah ben non : Skynet n’existe que parce que le Terminator avait été renvoyé dans le passé mais du coup, s’ils arrivent à supprimer tout le matériel de base servant à Skynet pour devenir ce qu’il est (ce qui est censé se passer dans le 2), John devrait dès lors disparaître puisque le futur a changé et que son père ne reviendra jamais voir sa mère  dans le passé ? Un peu comme dans Retour vers le futur où en modifiant le passé, Marty met en péril son présent…

Terminator 2 : Sarah, John et le terminator

Du coup, je me demande : à quel moment tu peux sortir d’un film et être écrasé par l’aspect pas crédible du truc, même si tu as accepté le fait qu’on t’embarquait dans un univers pas vraiment réaliste ? On a peut-être pas tous le même prisme de lecture. Je me rends compte qu’en général, je réagis par empathie : quand un personnage fait un truc con ou illogique, ça me fait sortir du film (justement ce que je reprochais à Interstellar dont les personnages étaient beaucoup trop placides à mon goût). Victor semble lui plus sensible à la rigueur scientifique : si c’est pas bien expliqué, ça se peut pas et c’est tout.

L'écriture des heptapodes dans Arrival

De l’univers tissé ou de l’empathie pour les personnages, qu’est-ce qui rend la suspension consentie de l’incrédulité plus facile à accepter ? Apparemment, il n’y a pas de généralités.

Si vous avez vu le film, j’aimerais bien votre avis sur la question, d’ailleurs.

PS : Et sinon, deux petites vidéos sur le film que j’ai bien aimées : Linguisticae pour le côté linguistique et nexus 6 pour le côté « première rencontre »

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Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal

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Ca faisait longtemps que j’avais pas croisé la route d’un petit navet et celui là est de taille car il touche à un de mes mythes d’enfance. A moins que ce soit moi qui ai grandi. Aujourd’hui, je m’apprête donc à donner une sacrée fessée à Indiana Jones, 4e version.

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Nous avions laissé Indiana Jones il y a 15 ans en prise avec les nazis, avec un papa Sean Connery, rien que ça. Depuis Indy a vieilli mais finalement, ça va, moins que ce que je n’aurais cru. On retrouve le scénario classique avec une intro pleine de bagarres impossibles avec Jones qui manque de se faire tuer 4 fois mais finit par s’en sortir (y compris quand il se retrouve en pleine expérience nucléaire). On découvre pendant cette scène le méchant sadique de l’histoire, ce sera cette fois ci Irina Spalko aka Cate Blanchett (qui n’est belle qu’en rousse, je crois). Bon, déjà, j’aimerais juste savoir pourquoi on ne prend pas une Russe pour jouer une Russe, ce serait quand même plus simple. Mais bon. Donc bagarre, scène à l’université puis dans son bureau pour poser l’intrigue et son nouvel objet de recherche, trajet en avion, apparition d’une lady avec qui il va se passer des choses, lutte avec le gros méchant, découverte du trésor, mort du méchant par cupidité, fin. Je vous en écris tous les jours des Indiana Jones.

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Mais ne soyons pas injustes, dans celui-ci, y a de la nouveauté : d’abord le jeune apprenti (il y en avait déjà un dans le 2), le Béotien stupide à qui Indy doit tout expliquer. Cette fois-ci, l’idiot est Shia Laboeuf, la nouvelle pousse hollywoodienne que je n’aime pas trop trop pour ma part. Donc au début, Shia est un peu un gros bourrin de 45 kg qui fait de la moto et met un blouson en cuir pour faire son rebelle et s’énerve pour rien « Oh, tu parles pas de ma mère comme ça ! » devant un Indiana Jones impassible. Mais en vrai, Shia est une petite bite qui pleure au premier scorpion ou squelette croisé. Un boulet, en somme. Heureusement, quand il est temps de se bouger les fesses, Shia se sort un peu les doigts du cul et fait moins son précieux, même si la partie « ah ouais, en vrai, t’es mon père » (oui, comme on s’en doutait pas du tout, c’est le fils d’Indiana Jones) où il fait son ado rebelle est un peu pénible. Limite si on s’attend pas à entendre sa voie en pleine mue : « Hein heuuuu d’abord-euuuh, t’ES pas mon pEEEEEre ».


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Et que dire de l’hystérique Marion ? Tel un lapin du chapeau de l’illusionniste, on nous ressort donc Marion, la jolie brunette un peu chiante du premier opus. Là, avec l’âge, elle est devenue franchement chiante et arrive le moment où on prie silencieusement pour qu’ils la laissent dans ses sables mouvants. Mais non. Bon, après, elle se calme un peu aussi, il semble que des centaines de Russes qui vous tirent dessus, ça règle pas mal de conflits familiaux.

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Bref, comme tout Indiana Jones qui se respecte, nos héros passent entre les milliers de balles qui leur sont tirés dessus alors qu’eux-mêmes tuent leur cible en un coup. Même si à un moment, ça va très mal, comme Indiana et ses amis ne sont pas cupides, ils peuvent s’en sortir alors que les méchants meurent de la main de la merveille qu’ils essaient de posséder. Et là, attention, ça rigole plus… En fait, le crâne de cristal appartient… à un extraterrestre (on le devine dès le départ car il est écrit « Roswell » sur une caisse mystérieuse). Et ça se termine par un décollage d’OVNI qui servait de palais maya en attendant le retour du crâne manquant.


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Là, j’ai levé les yeux au ciel.  Non mais pitié, quoi. Le côté « les civilisations antiques super développées n’ont pu l’être que grâce aux ET », c’est trop Stargate ! Même dans le 5e élément, ils nous font le coup. Heureusement, à la fin, Indy se marie avec l’agaçante Marion, on pourrait presque espérer qu’ils vont arrêter le massacre là. Mais j’ai un peu peur qu’ils nous sortent les aventures de Shia (j’ai même pas retenu son nom en fait). Sauf que Shia, il a le charisme d’un poulpe mort…

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La malédiction de l’’accordéon

A ma naissance, des fées se sont gentiment bercées sur mon berceau, faisant de moi une fille canon, intelligente, drôle et pi tout ça (et modeste, of course). Mais évidemment, tout ne pouvait pas être rose : toutes ces qualités concentrées sur une seule fille, ça n’était pas possible. Alors la méchante fée Grognassia se pencha aussi sur mon berceau et m’affubla d’une terrible malédiction, celle de l’accordéon. Ou comment ne pas pouvoir prendre le RER ou le train sans me prendre un accordéoniste au talent douteux.

 

Tout commença à Toulouse en juin 2003, d’après mes souvenirs. A l’époque, je passais mes journées chez moi pour préparer mon concours de journalisme. En gros : matin, lecture de la presse, après-midi, anglais et culture G. Or j’habitais au dessus d’un carrefour agrémenté de feux rouges. Il faut savoir qu’à Toulouse, au feu rouge, c’est comme dans le métro parisien, il y a une tribu étrange qui fait des choses pour gagner de l’argent. Donc, moi, dans ma grande chance, j’ai hérité de l’accordéoniste. Dès 7h30 le matin jusqu’à 18h (au moins), j’avais donc droit à la même mélopée. TOUTE LA JOURNEE !! Toujours le même refrain, imaginez ! Du coup, dès 7h30, j’étais devant mon ordi avec mon café et mon casque sur les oreilles pour écouter une musique que j’avais choisie et non qui m’était imposée. Heureusement pour moi , il a fini par être dégagé par un gang de laveur de pare-brise. Au moins, eux, ils font pas de bruit.

Seulement, les accordéons sont partout, si, si, si. Surtout dans mon wagon de métro ou RER. Vous vous souvenez la pub pour je ne sais plus quel opérateur téléphonique qui montrait une nana dans le métro qui se retrouve à côté d’un accordéoniste et qui tire une gueule pas possible « une minute, c’est long ». Ben, ça, c’est ma vie. Par exemple, y a 15 jours, j’avais une réunion de travail avec le scénariste de Modo. Je monte dans le train, je m’assois sur un strapontin avec mon livre, tout va bien. Mais là, làààààààààààà ! C’est le drame. Un accordéoniste monte pile sous mon nez dans la rame et commence à jouer. La prochaine gare est à 10 minutes, je vais mourir ! J’essaie de me concentrer sur ma lecture mais c’est pas forcément évident non plus… Heureusement, mon rendez-vous m’a appelée, j’ai eu une bonne raison de partir à l’autre bout du wagon sans paraître impolie. Mais bon, c’était pas l’idéal non plus. Du coup, j’étais toute perturbée et en sortant du train, je suis allée droit vers un mec chelou, pensant que c’était Gildas mais Dieu merci, c’était pas lui. Non parce que le mec, il comprenait rien à ce que je lui disais et me regardait étrangement, genre je suis une extraterrestre qui essaie d’entrer en contact avec lui.

Jeudi dernier, ça recommence. Je vais à mon entretien, bouquin, tout ça. Je suis tranquillement en train de lire quand un accordéoniste monte (bon, sur cette ligne, j’ai le choix entre ça ou les nanas qui chantent des chansons en espagnol avec une voix nasillarde). Et bordel, c’est reparti. A chaque arrêt, je retrouve ma foi en Dieu et prie très fort pour qu’il descende AVANT le terminus. Non mais comment vouliez-vous que je sois parfaitement concentrée sur mon foutu questionnaire après ça ? Bon, ok, je me cherche des excuses, là.

 

Alors n’allez pas croire que je déteste l’accordéon. Ce n’est pas mon instrument préféré (et de très loin) mais ça peut être bien quand on sait parfaitement en jouer. Mais sinon, c’est chiant, surtout quand on entend la même chanson, touuuuuuuuuuuuuuuute la journée. Foutue malédiction !

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La musique, oui, la musique !

Ah, l’industrie du disque, en voilà une qui nous prend pour des cons et des vaches à lait. Je sens que je vais me faire allumer suite à la rédaction de cet article mais tant pis,
je l’écris quand même, même pas peur.
 
musique 
Ce que j’aime sur M6, ce sont les mini-émissions comme « lumière sur » ou « s comme son ». Bon, très honnêtement, je n’ai jamais compris la différence entre les deux, peu importe. En général, ces émissions d’un couple de minutes montre un artiste qui chante une daube fantastique et un monsieur le présente d’une voix extatique : « Pingoo le pingouin se donne à fond pour divertir son papa qui s’ennuie sur la banquise » (véridique, y a une chanson comme ça). Dans la même série, nous avons Ilona chais-pu-quoi (« un oiseau, une vache, une chèvre-euh ! »), le mannequin italien dont j’ai oublié le nom qui chante un truc qui fait « je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime… ». Bon, si faire une chanson, c’est répéter 20 fois la même chose, je vous fais un CD en une semaine.
 
Là, je me pose des questions : qui met ces…hum…œuvres en vente ? Qui décide que ce titre est gé-nial et va forcément cartonner ? Des chansons débiles, y en a toujours eu donc je vais pas me lancer dans un « bouh, c’était mieux avant » mais grâce à M6, je découvre ces titres comme les espèces d’extraterrestres tout moches qui chantent un atroce « gna gna gna gna ! » qui me donne envie de mettre de la super glue sur mes boules quiès pour ne plus jamais entendre ça. Et pourtant, les boules quiès, j’ai horreur de ça. Mais le pire, c’est que ça marche du tonnerre !
 
Niveau musique, je suis assez chiante, faut dire ce qui est. En boîte, y a des trucs sur lesquels je refuse de danser sur certains titres tellement je les supporte pas comme le truc des Las Ketchup qui me sort par le nez ou les Bratisla Boys à l’époque. Ouais, c’est super, c’est délire… Non, c’est du n’importe quoi. A côté de ça, y a des pauvres artistes qui font des trucs bien mais qui galèrent comme des malades. J’ai découvert récemment l’envers du décor grâce à mes anciens camarades de promo qui ont un groupe et ont enregistré leur première démo. Franchement, ce qu’ils font, j’adore, je me suis empressée d’acquérir leur galette car les enregistrements en MD lors des concerts dans les bars de Toulouse, c’était très pénible à écouter. Le problème, je crois, c’est qu’il faut tomber au bon moment. Hé oui, la musique, c’est comme tout, c’est un phénomène de mode. En ce moment, j’ai l’impression qu’on exploite à fond le phénomène adulescent (grrrrr, que ce terme m’énerve) avec des titres débilitants, on ressort les vieilles chanteuses de notre enfance qui puent la naphtaline. Oui, lecteur, tu ne le sais pas peut-être mais là, c’est le come-back de Dorothée qui nous ressort « hou la menteuse-euh, elle est amoureuse-euh ! », le tout avec un clip en image de synthèse.
 
En France (mais sans doute ailleurs), aussi, on aime bien les émissions à la Star Ac ou Nouvelle Star, on nous bombarde de jeunes artistes qui dureront… ou pas. Déjà, la Nouvelle Star, je trouve que c’est une émission incroyablement masochiste. D’un côté des candidats qui se ridiculisent pour passer à la télé (après une demi-journée de queue, c’est du travail d’avoir son quart d’heure de gloire), de l’autre un jury qui se dit amateur de musique et qui veut trouver un(e) artiste qui sortira des sentiers battus. Bon, j’avoue que dans ce jury, je connais que Marianne James, moi, qui est une fille que j’adore et qui a un humour terrible, je comprends pas ce qu’elle fout là. Donc de là nous sortira un petit gamin de 17 ans à tout péter qui sera lancé à toute vitesse sur le marché du disque histoire qu’on l’oublie pas entre la fin de l’émission et la sortie de son CD. De là nous sortira soit une nouvelle star, soit un nouveau dépressif, au choix.
 
Tous les jours sortent des dizaines et des dizaines de CD : album, CD deux ou quatre titre, best of… Bref, y en a pour tous les goûts même si certains CD sont plus faciles à trouver que d’autres. Mais je ne suis pas une vache à lait et j’aimerais qu’on arrête de me prendre comme telle. En effet, un CD, c’est en général une dizaine de titres au prix de 20 euros en moyenne. Or de plus en plus, les artistes sortent un album par an avec un voire deux titres audibles, une ou deux reprises et basta.
 
Autre truc qui m’énerve : le best of avec LE titre inédit. Alors, ça, je trouve ça immonde de faire payer 15 à 20 euros pour un titre qui nous manque ! Bon, personnellement, je ne suis pas assez fan d’un artiste pour avoir A TOUT PRIX besoin de ce CD comportant déjà des titres que j’ai par ailleurs, sauf un. Dans la même veine, le CD identique avec trois ou quatre pochettes différentes. La pro de ce genre de marketing, c’est Mylène Farmer : alors nous avons l’album normal, l’édition spéciale, l’édition super rare de la mort qui tue…La couverture noire, la couverture rose, la couverture blanche… Etre fan de cette fille, ça coûte vraiment cher !
 
Alors, maintenant, l’industrie du disque veut nous faire pleurer : bouh, le téléchargement, ça nous étrangle, notre métier va disparaître, au secours ! Bon, avant tout, soyons clair : ce n’est pas tellement la musique qui est menacée par le téléchargement mais plus le cinéma mais voilà un autre débat. Je ne suis pas vraiment une acharnée du téléchargement dans la mesure où j’achète beaucoup plus de CD depuis que j’ai découvert les mp3, au fond. Car quand j’aime un artiste, j’achète ses albums, histoire de l’encourager à en faire d’autres (logique). Grâce au téléchargement, j’ai découvert Jorane, Tori Amos, Fiona Apple, Emilie Simon ou encore Apocalyptica. D’un autre côté, il y a des CD que je suis ravie d’avoir téléchargé car à part le titre phare, il n’y a rien à récupérer. Après tout, dois-je me sentir coupable de ne pas acheter un CD dont un seul titre me plaît ? Ben non.
 
En France, le prix d’un CD normal est aujourd’hui trop élevé. J’avoue que je ne connais pas trop les prix à l’étranger mais je sais que ça me revient moins cher d’acheter mon CD au Canada et de me le faire livrer que d’aller à la FNAC. Bien sûr, ça me désole les artistes qui ont du mal à joindre les deux bouts parce qu’ils font de la musique pas commerciale pour un sous, contrairement à une gamine qui ne sait même pas chanter mais vu la promo, on ne peut que difficilement y échapper. Après, je me demande sincèrement qui achète ces disques mais apparemment, ça marche du tonnerre.
 
Des fois, je me demande comment des gens qui aiment vraiment la musique veulent encore en faire leur métier car il est plus sûr de passer dans une émission « fabrique à chanteurs » et de se faire composer des titres par des gens habitués à pondre des tubes en série. Aujourd’hui, l’audace musicale ne semble plus de mise. Et après, on nous explique que c’est notre faute : on n’achète plus de CD donc les maisons de disque ne prennent plus de risque en produisant des artistes un peu originaux. Un peu facile, non ? Il me semble que certains disques ramènent tellement d’argent qu’ils permettraient de financer un ou deux artiste moins vendeur, non ? Bref, plutôt que de pleurer pour de mauvaises raisons, que les gens soient honnêtes : s’ils préfèrent produire des chanteurs au talent…hum douteux qui font des titres parfaitement formatés pour réussir plutôt que des gens qui font des œuvres plus originales, c’est une question d’argent, mais pas celle qu’ils avancent.
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Le kangourou

Par danger ouioui

Quand un lapin est trop gros, il finit par ressembler a un kangourou !

A une époque lointaine où j’étais célibataire  je travaillais dans une grande entreprise de plusieurs centaines de salariés et une jeune fille m’avait fait forte impression : les cheveux noir et raide un peu asiatique, un visage aux lignes douces, de grands yeux noisette, la taille fine les hanches rondes, bref, parfaite ! …Mes amis l’appelèrent « kangourou » !

AU prix de manœuvres stratégiques ô combien machiavéliques  j’étais parvenu a démêler l’echeveau des copinages à nouer, pour parvenir a entrer en contact avec la belle.

Au bout de quelque mois d’un travail quotidien et acharné, j’avais réussi le pari incroyable de déjeuner une fois par semaine avec elle et ses copines. Il faut noter que dans cette entreprise existait un très fort clivage homme-femme et lorsque je déjeunais a la cantine de l’entreprise seul garçon au milieu de 6 jeunes filles, je passais pour un extraterrestre aux yeux de tous et pas seulement mes collègues.

Donc tout fier de ma petite victoire, je m’enhardis a proposer a la demoiselle une promenade en roller avec d’autres amis car je savais qu’elle aimait cela. Elle accepte, la soirée se passe bien, on « rolle », on boit un coup puis chacun rentre chez soi, en se promettant de remettre ça une prochaine fois.

Alors convaincu que la partie était bien engagée, chaque fois que j’organisais quelque chose susceptible de l’intéresser  je lui proposais. Bien sur souvent elle refusait, mais parfois, elle acceptait. Mais chaque fois qu’elle acceptait, un imprévu de dernière minute l’empêchait de venir, j’ai eu droit a : son petit frère a l’hôpital l’interdiction de sortir de sa mère (elle avait 25 ans), l’anniversaire de son petit frère  l’anniversaire de sa grand-mère… Au deuxième anniversaire de son petit frère j’ai commence a prendre ça vraiment a la rigolade, alors je l’invitais a toutes les occasions, bien sûr mes copains et copines se moquaient bien de moi, et des paris s’engageaient sur l’excuse farfelue qu’elle me servirait pour ne pas venir. Un soir, je fut invité a dîner chez un collègue  c’était mon anniversaire, comme ce collègue connaissait la demoiselle, je me dis que cela la motivera peut être de ne pas être chez des inconnus donc je demande si je peux l’inviter, un autre des futurs convives était là a ce moment là et s’exclame alors : « je te parie mon slip, qu’elle viendra pas ! » , moi bien sûr, parce que je suis joueur, je réponds : « pari tenu ! ».C’est ainsi que je dus, le soir de mon anniversaire, me dessaper et offrir mon boxer a mon hôte  devant les yeux médusés de sa femme que je voyais pour la première fois. Mais je ne suis pas rancunier, et comme la chasse au lapin géant me faisait bien marrer, j’ai continué à inviter cette jolie jeune fille, qui a finit par céder et m’offrir une soirée en tête a tête au restaurant … je crois que je me suis jamais autant ennuyé avec quelqu’un (probablement, elle non-plus), nous n’avions rien en commun, pas le même humour, pas les mêmes centres d’intérêt  plus j’apprenais de chose sur elle plus je la trouvais repoussante.
Pour finir, je lui ai poliment proposé une balade digestive a pied histoire de discuter un peu encore. Elle declina l’offre, et je la ramenais chez sa mère.

Par la suite je ne l’ai plus invité de peur qu’elle accepte.

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L’’anonymat est-il l’’ennemi de l’’estime de soi ?

Par Victoire
Quelques mots inspirés par les fameuses images de la bannière. En l’occurrence, par la mienne.
 
 J’ai l’air de paraître pour une extra-terrestre, en refusant d’accepter une image de moi qui ne me convient pas. Cette image ne me conviendrait pas dans la vie. Pourquoi l’accepter sur un blog ?
 
Je vais passer en revue quelques arguments qui m’ont été opposés, et j’y réponds directement :
 
– « le blog est anonyme et personne ne sait que tu es Victoire, alors, cela n’a pas d’importance ».  Et bien désolée, mais moi, je le sais. Et le minable argument de l’anonymat semble excuser beaucoup de choses de nos jours : l’intello de gauche qui vote Le Pen dans l’anonymat de son isoloir, les coups de fil anonymes, etc…  Je sais, une image, c’est moins grave . Et bien, moi, j’ai une règle : de ne jamais accepter, sous couvert d’anonymat, ce que je refuserais à visage découvert.
 
– « ce type d’image fait de l’audimat » : ça, sûrement. Je suis bien consciente qu’il y a bien davantage (y compris parmi les lecteurs de ce blog) de lecteurs de Playboy que du Monde Diplomatique. Chacun son truc. Ce n’est pas le mien.  J’avais lu, en titre du blog « nos liaisons foireuses vingtenaires ». Pas « je montre mon cul tous les soirs live, histoire de rassembler le maximum de gens sur ce blog ». Si j’ai mal lu, merci de me le signaler.
 
–  « l’image, c’est pas important ». La tienne, peut-être camarade. Et si personnage n’attache d’importance à ton image, c’est probablement que tu es moche. Pas de bol, envisage de faire un procès à tes parents, mais n’extrapole pas à partir de ton seul cas personnel.
 
– « tes amis qui lisent le blog savent que tu n’es pas comme ca ». Encore heureux. Il me semblait qu’il y avait une certaine marge de liberté en écrivant un blog. Mais il me semblait aussi qu’il existait un gouffre entre un blog et une image de science-fiction.
 
 … donc, je renvoie aussi en touche l’argument « tu te prends trop au sérieux ». Parce que je prends mon image au sérieux dans la vie, chéri. Donc, idem sur un blog, qui n’est intéressant, par essence, que par le degré de vérité (flatteuse ou peu reluisante) qu’il contient. Je suis une ancienne anorexique, ma salle de bains contient autant de produits cosmétiques que la plupart des parfumeries de province, mon budget fringues mensuel avoisine le P.I.B. annuel du Portugal, et la dernière fois que je suis sortie démaquillée de chez moi, j’avais douze ans. Tu crois vraiment que j’ai ce parcours-là pour renvoyer, davantage à moi-même qu’aux autres, une image de pétasse ?
 
– « …. Ou mais le naturel, c’est mieux, et cette image est drôle ». Chacun ses goûts et son sens de l’humour. Je suggère à ceux-là de péter en public, histoire de faire marrer la galerie : c’est naturel, et sûrement, je vous l’assure, très rigolo. Et tous ceux qui ne se fendront pas la gueule n’auront assurément aucun humour.
 
 Loin de moi l’idée d’offenser Matt et ceux qui ont aimé cette image. Simplement, dans la vie, il faut admettre que nous accordons une importance très variable à certains concepts : la beauté, l’argent, l’éducation, l’élégance, la culture, etc… Et que, par conséquent, la prudence s’impose. Ce qui est insignifiant pour vous peut paraître extrêmement blessant pour moi. Même sans qu’il y ait volonté de nuire.
   Je vous souhaite une jolie journée. Et une bonne continuation.
 
 
   Victoire
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