A vous les incels, petite lie de l’humanité

J’avais envie d’écrire « abrutis finis à la pisse » mais je voulais un titre pas trop moche. Chers incels, donc, c’est à vous que je crache à la gueule écris aujourd’hui. Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’actualité des derniers jours, un incel, « involontairement célibataire », a pris sa voiture à Toronto et foncé dans la foule, tuant une dizaine de personnes. Comme il n’est pas musulman, ça n’a pas super intéressé les médias. Moi, ça m’a permis de découvrir le nom de cette communauté scélérate que je voyais agir notamment sur le forum 18-25 de jeuxvideos.com et sur Twitter dès que le mot « féministe » apparaît.

Klay, prototype des incels

Chers incels, vous pleurez sur votre célibat H24 tout en jouant les bonhommes genre « go muscu », vous vous posez en victime de la société en général et des femmes en particulier… alors que ce sont nous, les victimes. Vous vous posez en nice Guy, le gentleman ultime, comme disait Robert Elliot juste avant de tuer 6 personnes à Santa Barbara. Mais ça ne vous gêne pas trop de légitimer des viols ou nous souhaiter la mort, vous nous harcelez, vous profitez de la moindre occasion pour nous toucher, nous mater… toujours gentils ?

Les frotteurs dans le métro

Votre série modèle, ça doit être 13 reasons why : l’histoire d’un nice guy qui arrive à pecho une des plus belles filles du lycée… avant qu’elle ne se suicide, victime des « Chad » et « Stacy » de service, comme vous les appelez. Sauf qu’à y regarder de plus près, votre nice guy, c’est loin d’être un prince charmant. Oublions qu’il se masturbe devant la photo d’Hannah en train d’embrasser une autre fille, on mettra ça sur le compte de l’adolescence. Est-ce qu’il se préoccupe une seule fois d’elle, de ce qu’elle ressent ? C’est toujours à elle de faire un pas vers lui, lui est trop occupé à mater son nombril. Et il n’a vraiment rien à dire, il ne s’intéressé à rien. Du coup, pendant toute la série, je n’ai pas compris pourquoi elle le kiffait. Le seul relativement good Guy de l’histoire, c’est le basketteur, Zack, le seul qui, à un moment, se préoccupe vraiment d’elle. Un Chad pur jus. Heureusement, l’histoire en fait un connard juste après parce que si les beaux gosses sportifs sont en plus gentils, quelle fable allez-vous pouvoir vous raconter ?

Zach dans 13 reasons why

Ce qui me fascine le plus, c’est votre insistance sur le fait que vous êtes gentil. Le nombre de fois où je me suis fait invectiver (pour rester mesurée) par des mecs qui me reprochaient ma vie sexuelle, me crachaient à la figure que c’était bien fait pour ma gueule quand je tombais sur un connard parce que je ne les choisissais pas, eux, les gentils garçons. Le mieux, c’était quand ils approchaient, tout sucre, espérant me serrer et si ça n’arrivait pas, le miel devenait poison. C’est ça que vous appelez être gentil ? Ah bah j’espère ne jamais vois croiser en mode méchant, j’y laisserais quelques dents. Au mieux.

Hannah pleure dans 13 reasons why

Le problème, ce ne sont pas les femmes qui ne veulent pas de vous mais vous. Vous pleurez sur les modèles masculins mis en avant, tout de muscles saillants ? Nos injonctions sont pires, les corps que l’on nous impose irréalistes . La société est faite en faveur des hommes (cishet blanc, certes). Et vous ne supportez pas que ceux qui devraient sociologiquement vous être inférieurs ne reconnaisse pas votre supériorité. Vous pensez que la gentillesse, telle une carte à points, vous donne droit d’utiliser le corps de la femme qui a bénéficié de vos « largesses ». Non, ce n’est pas comme ça que ça marche. Une envie amoureuse ou sexuelle, c’est quelque chose de complexe, déjà, il n’y a pas de formule mathématique du désir. Porter le sac lourd de sa voisine ne lui fera pas écarter les cuisses. Imaginer de droguer une fille pour la rendre amoureuse non plus. Ah mais c’est legit « je la drogue pour la choper mais je la traiterai bien après ». Bien sûr, bien sûr…

GHB

La vraie vie, c’est pas juste des Chad et des Stacy qui copulent après un match de football américain, éteignez votre télé. Dans votre lycée aussi, les populaires sortaient entre eux. Oui, c’est ce qu’il se passe dans les groupes d’amis en fait. Quand j’étais au lycée, dans mon groupe de potes ni populaires ni impopulaires, y avait du mélange. Alors arrêtez de chialer sur votre sort en pensant que tout est de la faute des autres alors que c’est votre haine et votre rancœur qui vous rend peu désirable. Les femmes ne vous doivent rien.

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Je hais la télé

Voilà, c’est dit. Depuis quelques temps, je sens monter en moi cette bile acide dès que je vois le gigantesque écran noir posé dans un salon balançant ses images stroboscopiques et crachant un son agressif. A partir de là, tu sais que les conversations seront hâchées, que ton interlocuteur aura régulièrement le regard attiré par la machine diabolique comme un papillon virevoltant autour de la flamme.
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A priori, je n’ai rien contre la télé. Je considère que chaque média est ce qu’on en fait et que si la télé est potentiellement plus abêtissante que la lecture d’un livre ou d’un magazine ou de l’écoute de la radio, je pense quand même qu’un documentaire bien foutu vous apprendra toujours plus de choses que la lecture de Pif magazine. Je regarde moi-même la télé, surtout quand je suis seule. Je me couche à pas d’heure car je voulais savoir qui était le tueur dans New York police machin (toutes les versions, oui, mais je regarde pas les Experts alors ça va), mes week-ends, je suis ravie de glander devant les téléfilms diffusés par D8 (remercions les). Je suis incollable sur les Mystères de l’amour, j’ai vu tous les épisodes de Game of thrones (en fait non, il me manque la fin de la saison 3), des Tudors, Mayday danger dans le ciel… Beaucoup de séries, quelques téléfilms, peu de reportages et plus du tout d’émissions mettant en scène des abrutis jetés en patûre aux téléspectateurs pour qu’on se moque un bon coup. Oui c’est censé me rassurer sur mon moi profond, me dire qu’il y a pire ailleurs mais franchement, ça réussit juste à me mettre très mal à l’aise…
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Mais si je regarde la télé, je la regarde seule. Dès que j’ai un individu dans mes parages, soit elle est allumée car on regarde quelque chose de précis, soit elle est éteinte et je mets une petite playlist ambiance (très largement repompée sur les compils de Béatrice Ardisson mais j’assume). Mais je ne supporte plus la télé allumée « en ambiance » car elle capte quand même l’attention et ça donne à peu près ça :
« Oui alors, tu vois, elle me dit ça et je lui réponds ça.
– (blanc de quelques secondes, l’autre a le regard fixé sur la télé) Ah oui, ok.
– Quelqu’un reveut du gratin ?
– (blanc) Oui, moi ! »
On ne s’écoute plus, on ne se regarde plus et on se met à crier car le son de la télé nous l’impose. Et le pire, c’est que j’observe ça partout, la télé est quasi toujours allumée, souvent sur des clips pour la musique mais ça pète tout autant l’ambiance.
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Les clips, parlons en. J’ai été torturée cet été par ma soeur qui allume toutes les télés qu’elle croise pour nous imposer des clips de merde parce que, paraît-il, Saturnin aime bien la musique. Alors d’abord, Saturnin aime la musique comme tous les bébés mais dans les faits, la télé allumée, il bloque comme nous mais s’il trouve un jeu, il n’en a plus rien à foutre. Et voici comme cet été, je me suis retrouvée pendant 3 putains de jours avec l’horrible « Sur ma route » de BlackM dans la tête ou une autre fois avec « Bang Bang » de David Guetta. Pardon mais j’ai rien fait pour mériter ça.
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Autre point qui me fait détester la télé : les infos. A la base, j’ai rien contre les infos à la télé sauf qu’entre les chaînes infos qui font des reportages plus vides que mon compte en banque actuellement (c’est à dire qu’on se rapproche des trous de la Sibérie, là) et les reportages très orientés ne faisant même plus l’effort de faire semblant d’être objectifs, je préfère chercher par moi même les informations et tenter de démêler le vrai du faux (un peu utopique, je sais). Le souci majeur, c’est que dans ces reportages, on aime bricoler un ennemi, cet autre sans foi ni loi qui a pour caractéristique de parler avec un drôle d’accent, qui porte casquette et pantalon informe et s’il peut être basané, ce sera plus facile pour bien qu’on comprenne qu’il est méchant. Et là, voilà que j’ai droit aux commentaires racistes de ma mère. Ca me rend folle, je supporte plus. Dès qu’on donne la parole à un Arabe, c’est parti « Ah putain, faut toujours qu’ils donnent la parole aux Bougnes, c’est pas possible ça ! ». Je n’ai jamais étudié la couleur des mecs interrogés en micro-trottoir mais je doute que nous ayons une majorité d’Arabes, hein.
micro-trottoir
Alors, j’ai un rêve : celui qu’on éteigne nos télés dès qu’on est en communauté parce que, bordel, moi, je préfère causer de ma vie, de la vie des autres, plutôt que d’écouter les JT nous dire que la France a peur, voir des débiles s’humilier pour quelques euros, des personnes s’agiter sur des musiques formatées en faisant du playback. Au moins, l’avantage du livre, c’est qu’on peut tous lire dans la même pièce sans nuire à la liberté individuelle de l’autre.

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Tuons la téléréalité

Depuis plus d’un an maintenant, j’ai une sale manie : je compulse les réseaux sociaux pendant mes trajets en métro au lieu de lire. Triste habitude qui m’empêche de nourrir mon esprit mais exaspère mon désespoir envers l’humain social et sa propension moutonnière. Comme par exemple sa volonté à live tweeter la moindre émission racoleuse de télé réalité ou associée (genre émissions de reportages merdiques où l’on fait croire aux gens qu’on leur donne la parole alors qu’on veut juste se moquer d’eux). Et là, je dis “mais éteignez votre télé bordel ! ».

Petite parenthèse sémantique pour que le reste de l’article soit clair pour ceux qui n’utilisent pas Twitter : en gros, ce sont des gens qui commentent en direct une émission de télé. Or si tu reprends mon paragraphe précédent, je consulte surtout Twitter dans les transports donc quand tu te retrouves à un tweet genre “Oh quelle pute la blonde #emissiondemerde”, tu comprends pas trop de quoi il s’agit et quel est l’intérêt de la déclaration, mais voilà, tu sais que quelque part dans le poste de télé, y a une blonde qui est assimilée à une pute. Mais sutout, tu découvres un phénomène pervers : la téléréalité et consort sont regardés par des kikoolol mais aussi par des amis que tu pensais intelligents et cultivés mais qui ont envie de leur dose de lol et de cracher sur le prolo inculte qui rêve de ses 5 mn de gloire.

J’ai moi même regardé ces émissions. Essentiellement Secret Story 3 (les autres ne m’ont pas accrochée), le Bachelor 3 (parce que j’aime l’histoire de cet homme qui dit je t’aime en toute sincérité toutes les 2 minutes et ce dès le premier rencard et passe pour un prince. Alors qu’un mec qui fait pareil hors caméra passe sutout pour un connard), Pékin Express 1, un peu l’Ile de la tentation (saison 4, 5 ou 6, j’en sais fichtre rien). Et je me suis moquée de leur français plus qu’approximatif et de leur bêtise profondément incrustée. J’ai tenté quelques Confessions intimes mais j’ai un peu de mal, ça me rend terriblement mal à l’aise. Quand aux On a échangé nos mamans et Super Nanny, j’en avais parlé tantôt.

Pourtant, même si on en rit au premier abord, ça finit par créer un malaise. D’abord parce que ces gens qui passent à la télé n’ont pas toujours conscience du traquenard dans lequel ils se sont fourrés. Ils pensent pouvoir trouver une solution à leurs problèmes, faire parler de leurs particularités, de leur passion ou devenir enfin des stars. Touchant sauf que la télé saloparde se fout des bons sentiments, on n’est pas chez les Enfoirés ici. Le montage pervertit les images, ne ressort que les “perles” des brèves participants. Si tu prends Secret Story par exemple, faut pas se leurrer, on prendra toujours le moment où Sandy dit une énormité de type “oh bah je m’a trompée hihihi!” mais si elle se mettait à parler physique quantique (on ne sait jamais), jamais vous n’auriez accès à cette scène. Les abrutis parlent aux abrutis ou aux snobs imbus se moquant de ces losers en quête de leur 15 minutes de gloire. Et ça finit par me faire de la peine, tous ces jeunes paumés prêts à montrer leurs fesses H24 pour “devenir des stars”, seul avenir un peu clinquant qui leur est promis. Mais au bout de 2 mois, tout le monde les aura oublié.

Et c’est là que je dis stop, faut arrêter de nourrir le système. On ne peut pas s’indigner du racolage de ces émissions et les raconter limite minute par minute sur un réseau social, accroissant le succès de la dite émission. Ca fait 10 ans qu’on se moque des débilos exhibos qui parlent pas français, ça va aller maintenant. Si vous voulez de la merdophagie, regardez des séries télé, y en a plein de pourries (je vous en parle suffisamment souvent). Au moins, les acteurs et scénaristes sont payés et non pas exploités avec une vague promesse de célébrité. Et après, on se retrouve avec une ancienne “star” de la téléréalité dépressive qui s’enchaîne les tentatives de suicide.

Alors, on arrête ?

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