Les stages ne sont pas éternels

Par Tatiana

L'enfer de la mode

Le 07 juin

La journée est mortelle. On a tellement rien à faire qu’on fait des mots croisés. C’est la période creuse pour le bureau. Chaque année c’est comme ça.  La nouvelle stagiaire supporte mal qu’on lui donne des ordres et qu’on lui donne le sale boulot. Je la comprends mais à mon avis ça lui passera. Pour ma part j’ai rien à dire sur elle car je m’entends super bien avec. Heureusement qu’elle est la car sans elle j’aurais déjà songé au suicide avec n’importe quelle ceinture qui me serait passée sous la main. Pour nous occuper on fait les tests pourris des magazines. On se prend aussi de longues poses déj en parlant des gens du bureau. On est grosso modo du même avis en plus (ou alors elle fait peut-être semblant).

Le 10 juin

La nouvelle stagiaire à parlé avec l’hystérique enceinte (oui c’est comme ca que je l’appelle maintenant) du fait qu’elle n’avait rien à faire et qu’elle n’apprenait rien. Malheureusement il n’y a pas grand-chose à faire pour remédier à cela. Miss enceinte nous a également avoué qu’elle aussi en avait un peu marre d’être ici et que son ancien travail lui manquait. A la base elle était secrétaire juridique et Big Boss était client au cabinet où elle était. C’est comme cela qu’elle a atterri ici. Quand il a appris qu’elle partait il lui a demandé de venir travailler ici 2 ou 3 jours par semaine.

Le 14 juin

Mes écrits s’espacent mais il faut dire que j’ai rien à dire de transcendant. Depuis quelques temps le mec de Big Boss se lâche plus envers moi. Et moi, je m’amuse à lui balancer une ou deux vannes dans la figure. Comme il n’a aucune fierté,et que sa personnalité vaut autant que celle d’une limace, il se contente de rigoler.

A part ça, j’en peux plus des books. Je voudrais pouvoir les jeter à la tête de Big Boss en prenant tous mon élan. Et pour info un book c’est gros et ça fait mal En plus l’ambiance au bureau est très tendue en ce moment car les filles en ont marre de Big Boss et Big Mother. La dernière fois Big Boss à fait une crise à Miss enceinte car il y avait des magazines qui traînaient. Mais on voit que c’est pas lui qui va dans la pièce du fond et qui doit se taper je ne sais pas combien de pile pour trouver UN magazine. Il se rend pas compte que c’est
limite du travail de manutentionnaire à force. Ce mec ne sais rien faire par lui-même. Il sait juste donner des ordres.

Le 17 juin

Quoi de pire que de faire des books si ce n’est de la faire par plus de 35C°. Il fait une de ces chaleurs dans le showroom !!

Le 18 juin

Aujourd’hui j’ai étiqueté des chaussures. C’est chiant mais ça change des books. La minute complot : Big Mother aurait dit à Big Boss que Béa ne faisait pas grand-chose sous l’influence des autres. Du coup ce dernier hésite à la garder car elle en CDD.

Le 20 juin

Engueulade entre Big Mother et Alexia. BM trouvait qu’il faisait un peu froid (alors qu’on crève) et voulait qu’on ferme la porte. Alexia lui a dit qu’elle n’avait qu’à fermer la porte de son bureau. Là, forcément c’est parti en vrille et Alexia a dit ses 4 vérités à BM qui a fait profil bas. Sinon c’est officiel, la nouvelle stagiaire n’aime pas Clarissa et ça me fait bien plaisir. Elle pense exactement comme moi d’elle.

Le 25 juin

La blague du jour : Clarissa a appelé la nouvelle stagiaire par un prénom qui n’a rien à voir avec son VRAI prénom. J’hallucine ! Le pire c’est qu’elle s’est même pas excusée. Elle se croit vraiment tout permis. Plus tard Big Mother s’est adressée à nous de manière très sèche. C’est à croire qu’ils nous prennent pour leur esclaves dans cette boite. Je me souviens un jour Big Boss m’avait carrément demandé de descendre la poubelle.

Le 28 juin !!!

Dernier jour de stage. Pourquoi c’est le dernier jour qu’on me donne des choses à faire ? J’ai passé la matinée à faire des shoppings et des rdv avec des journalistes. Les filles nous ont pris la tête à peine arrivées avec l’autre stagiaire.

En conclusion, je suis bien contente que mon stage se soit fini. Le milieu de la presse mode c’est vraiment un milieu pourri plein de gens snobs et hypocrites. En fait, si on ne colle pas pile poil au stéréotype personne ne vous accepte. Big Boss m’a demandé en partant si je souhaitais faire ce métier. Ca m’a fait rire au fond de moi car je crois qu’il sait comme moi que je n’ai vraiment pas le profil. Je trouve que ce métier c’est du vent. Pas du vent dans le sens où les gens ne font rien car c’est faux ils travaillent. Mais dans le sens où tout sonne creux et vide. La plupart des gens que j’ai croisés n’ont aucune valeur humaine, aucune sincérité. Tout est bancale car tout repose sur les apparences. Même au bureau les filles ne sont pas du tout unies, elles passent leur temps à se tirer dans les pattes dès que l’une est absente. Super ambiance pour une équipe de travail ! Bon, vous l’aurez compris, je n’ai rien retenu de positif de cette expérience. A part le fait que je sais que je déteste ce milieu.

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Avoir plus de 25 ans aujourd’hui c’’est quoi ?

Par Summer

Je me rappelle d’une réflexion que m’a fait Nina un jour, la tranche d’ages 25-30 ça n’intéresse personne, les gens préfèrent parler de la vingtaine début de vingtaine et des années fac qui vont avec ou du passage à la trentaine, mais entre : rien, que dalle, nada !  

 

Mais alors oui, c’est vrai ça, mais pourquoi ? Abus de Bridget et Sex and the city pour les trentenaires ? Réminiscences de Beverly hills pour la jeune vingtaine ? (oui je sais j’ai des références qui tuent des fois)

 

Avoir plus de 25 ans aujourd’hui c’est quoi ? En général, on vient de finir nos études et on cherche encore tout plein d’illusions le travail qui correspond un tant soit peu à ce qu’on s’est fait chier à étudier, on est donc Rmiste fauché au mieux Smicard, alors forcément ça intéresse pas des masses la société d’ultra consommateurs que nous sommes, parce que pas de blé, pas de consommation. Je parle bien sur des jeunes diplômés parce que ceux qui ont choisi des formations courtes en général ont vécu ça dans leur belle vingtaine, je n’en connais pas personnellement alors je ne peux qu’imaginer.

 

 Avoir plus de 25 ans aujourd’hui c’est aussi compter à peu près tout le temps, alors oui je peux aller là ce soir mais demain désolé je pourrais pas je suis fauchée. Forcément on essaie d’entretenir le répertoire d’amis ce qui implique de sortir souvent sauf les fins de mois quand il n’y a vraiment plus rien dans le porte monnaie juste de quoi acheter des pâtes pour survivre d’ici des jours meilleurs. C’est aussi connaître des soirées autres que les soirées étudiantes et se rendre compte que l’open bar n’existe plus quand on nous demande 12€ pour un malheureux cocktail en général on en boit qu’un et on passe même pas au coca après.

 

Avoir 25 ans et plus, c’est payé plein pot les billets de train et les transports en commun. Et se rendre compte quand on passe un entretien que l’on vit à l’autre bout du monde.

 

Avoir plus de 25 ans, c’est souvent connaître le célibat. Dans le sens on envisage que la personne qui partage notre vie depuis 3 mois puisse être la bonne mais on en mettrait pas la main à couper non plus, tant qu’à cette main y’a pas de bague y’a rien de concret (je sens que je vais me faire conspuer là, tant pis j’assume) ou alors enchaîner les histoires sans lendemain. Bien sur là encore il y a les exceptions, y’a les couples de la fac qui décident de se marier ou d’emménager ensemble, mais y’a aussi tous ceux qui se séparent. C’est donc connaître une période plus ou moins longue de célibat et aussi connaître le problème « je remplis ma poubelle d’emballages » parce que, je sais pas si vous avez remarquer, mais qui dit achat pour une personne dis aussi trois tonnes d’emballages individuels, sympa pour l’environnement.

 

Mais avoir plus de 25 ans c’est aussi avoir plein de projets : trouver un boulot forcément épanouissant avec une équipe de travail forcément hilarante, trouver le bon numéro et le traîner devant les bijouteries puis au rayon layettes et petits pots du supermarché (oui je continue dans le cliché, j’aime !), avoir un PEL qu’on remplit comme on peut tous les mois dans l’espoir un jour pouvoir acheter la maison de nos rêves tout en zyeutant de temps à autre les annonces d’appart qui ne ressemble pas à un 12 m² avec WC sur le palier.

 

Et puis quelques fois être une femme de plus de 25 ans c’est acheter un test de grossesse, se rendre compte qu’il est positif alors qu’on n’est plus avec le père et partir s’exiler en Sicile parce qu’on a une super opportunité de job en se demandant si oui ou non on le garde et si oui ou non il faut le dire au mec en question. Cette fille là m’a choquée en m’expliquant son choix d’élever le gamin seule sans jamais le dire au père. Il y a des choix comme ça que je ne comprends pas, mais plus loin que ça je me suis dit que peut être avoir plus de 25 ans aujourd’hui c’est commencer à faire des choix qui nous engageront pour le reste de notre vie ou du moins une sacrée bonne partie. Alors voilà avoir plus de 25 ans, ça n’intéresse personne parce que peut être le trajet de chacun ne peut être stéréotypé, on commence à entrer dans une catégorie prédéfinie à partir du moment où l’on fait nos choix. Peut être, allez savoir, ça fout les chocottes quand même !

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