J’écris des lettres

Mercredi, je suis allée au théâtre (oui, je me la pète intello un peu alors qu’en vrai, je n’y vais quasi jamais, à mon grand regret d’ailleurs. Intello en mousse, quoi. Ca ferait un bon titre de blog, ça tiens…). Au début de la pièce, un homme slam une lettre de Saint Paul puis explique à un personnage féminin entré sur scène “Oui, Saint Paul, il écrivait des lettres à tout le monde”. Hé mais si je faisais pareil !

Ecrire des lettres

Je ne suis certes pas une sainte, peut-être une illuminée, à vous de voir. Je ne prétends pas que mes futures modestes lettres auront un parfum d’évangile, de vérité absolue, qu’on lira mes quelques mots à chaque mariage tel un incontournable, comme si Saint Paul avait été le seul à capter ce que pouvait être le mariage… ou alors les gens ont la flemme de se taper les testaments pour trouver un texte chouette… D’un autre côté, ils parlent rarement d’amour, ces livres là, c’est assez étrange quand on y pense.

Bref, je vais écrire des lettres modestement. Alors que je survolais l’océan Atlantique, quittant Cuba pour revenir vers notre chère France, je lisais un nouveau magazine “In the moment”, qui est l’équivalent d’un Flow, d’un Respire, d’un Calme et tutti quanti (je n’ai pas compris la différence entre ces magazines, je dois avouer), et il y avait justement un article sur le fait d’écrire des lettres. Mais plutôt des lettres qu’on envoie pas, ça mériterait un article à part entière car il m’est arrivé d’en écrire. Bref, moi, mes lettres, je vais pas les poster, je vais les publier ici.

Ecrire des lettres

Et à qui vais-je m’adresser ? Aux gens. Par exemple, je vais en écrire une aux gens qui ont voté Macron pour leur expliquer que la démocratie, c’est pas une fois tous les 5 ans et qu’on a le droit de dire à l’homme pour qui on a voté, par conviction ou par peur de la candidate en face, que non, on ne lui a pas donné mandat pour faire de la France une réplique de l’Angleterre de Thatcher (faudra quand même un jour m’expliquer comment on peut prendre ça pour modèle quand on voit le résultat mais bon…). J’en écrirai une sans doute aux femmes, aux hommes (ça va faire grimper le “not all men” geignard, ça encore) et puis ça dépendra de l’actualité. Une sorte d’édito, finalement.

S'asseoir sur un banc et observer les gens

Alors évidemment, ce seront souvent des appels à se réveiller,à enfin se bouger, mais aussi peut-être des explications, j’en sais trop rien encore. Certains y trouveront sans doute un ton maternaliste, ça va agacer certains qui viendront, drapés d’indignation, m’expliquer que j’ai tort. Tiens, je vais y glisser quelques lettres à mon moi du passé, j’ai dit quelques conneries autrefois, il serait temps que je me fasse la leçon…

Donner des leçons

Bref, cher vous, cher nous, cher toi, cher moi, je saisis ma plus belle plume virtuelle pour vous rédiger des lettres…

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L’’origine de mon talent indéniable en matière de BD

Aujourd’hui, c’est férié mais je ne vous ferai pas subir de nouvelles BD. Non pas que j’ai pitié de vous mais surtout que je ne sais plus quoi dessiner. Kenya ne m’a pas fait de connerie mémorable depuis (enfin, elle m’en fait tous les jours mais de là à faire une BD sur le fait qu’elle fait des têtes trop rigolotes, non), ma machine à laver est restée sage et l’ensemble de mes appareils électroménagers ont compris qui était le maître (moi). Donc j’ai pris le parti de vous raconter comment j’ai développé mon sacré coup de crayon.

 random-crayons

Classe de seconde. Bon, comme toute lycéenne qui se respecte, je dessine sur les marges de mes cours ou sur la table. D’ailleurs, je profitais de ce média pour laisser mes petits messages d’amour : « Sagamore S. de terminale ES, je t’aime ». Oui, j’étais vraiment TRES conne au lycée. Bref, cette année là se trouve dans ma classe une jeune fille, Charlotte, avec qui je vais devenir amie. Mais drame : à la fin de l’année scolaire, Charlotte quitte la ville pour Montpellier. No soucy, pour ne pas perdre contact, Cécile et moi prenons l’habitude de lui écrire des lettres puis je perpétue la tradition seule.

Ces lettres sont de purs joyaux que je regrette de ne pas avoir photocopié. Faut dire qu’au lycée, déjà, je souffrais d’écritorite aiguë. A la fin des devoirs surveillés, comme je finissais toujours très en avance, j’utilisais mes feuilles de brouillon pour écrire des lettres qui n’étaient destinées à personne, sortes de journaux intimes. En gros, qu’est-ce que je racontais ? « Là, je viens d’avoir un DS d’allemand, je vais me planter, c’est sûr, j’ai rien compris au texte ! Si j’ai 3, ce sera le bout du monde… » Puis on enchaînait sur « Je suis amoureuse de Jean-Luc, tu verrais comme il est trop beau ! Cette nuit, je rêvais qu’il me parlait, waaaaaaah ! ». C’est fascinant l’adolescence quand même… Il y a quelques temps, je suis tombée sur quelques archives de ces lettres, j’avoue que j’ai bien ri, j’étais vraiment débile au lycée, un délice.
 

Donc je reprenais un peu le même principe pour mes lettes à Charlotte, je lui racontais TOUTE ma vie, je lui retranscrivais même certains dialogues parce que, des fois, il m’arrivait de discuter avec mes cibles. Mais bon, c’était du genre :

Nina : Oh, il pleut.
Cible : Ouais. T’as un effaceur ?
Nina : Oui tiens
Cible : Merci !

Ce dialogue était retranscris en couleur avec plein de petits cœurs autour. Je vous ai dit que j’étais TRES conne au lycée ?

 

Arrivée à la fac, j’ai pas perdu l’habitude. J’allais à certains cours rien que pour écrire ces fameuses lettres. Exemple en licence, j’avais cours d’histoire moderne de la Méditerranée le vendredi matin à 8h avec une prof qui était une véritable connasse. Outre le fait qu’elle ne savait pas de quoi elle parlait, elle était odieuse et raciste. Dès qu’il fallait s’en prendre à quelqu’un, elle s’en prenait à la pauvre beurette de service qui était super adorable, en plus. Donc comme j’étais passée en contrôle final dans cette matière, je faisais acte de présence histoire que connasse 1ère enregistre ma gueule si je passais à l’oral avec elle. Pour me motiver à aller à ce cours où je n’écoutais rien, j’avais deux trucs : apercevoir les Pyrénées quand le métro passait au dessus de la rocade et écrire mes lettres à Charlotte. D’ailleurs, les lettres étaient parsemées de : « Bah mais tu verrais comme elle est fringuée la prof, c’est trop moche ! » ou des « ah berk, elle vient de mettre ses doigts dans son nez, c’est dégueulasse ! » (véridique). Bon en général, mes lettres faisaient 8 pages, 8 pages de ce genre de considérations. Pour illustrer mes propos déjà très percutants, je faisais des petits dessins dans la marge. Bon, c’était encore moins évolué que les BD présentées sur ce blog, à savoir que pour faire les yeux des gens, je faisais des points de couleur. Mais le mieux, c’était la « goutte ». Oui, je suis très influencée par les mangas donc dès qu’une personne avait une révélation, je lui mettais une goutte sur la tête. Genre : « Hé Gauthier, tu savais que Rachel voulait sortir avec toi ? » Hop, on voit le Gaugau dessiné avec une goutte sur la tête. D’ailleurs, comme m’a fait remarquer Gauthier un jour : « Moi, j’ai toujours une goutte sur la tête ! ». C’est pas ma faute s’il lui arrive que des merdes à Gaugau !

Le pire, c’est que mes lettres étaient devenues célèbres auprès de mes amis proches. Pas des autres car je leur taillais de foutus costards aux pintades qui nous ont fait vivre un enfer. D’ailleurs, à un moment, je racontais ma vie sous la forme « Sunseat Beach de l’amour et de la beauté au Mirail », un truc du genre. Et malgré tout, j’ai réussi à avoir mes diplômes, quel talent.
 

Depuis trois ou quatre ans, je n’écris plus ces lettres mais j’ai toujours des nouvelles de Charlotte. Récemment, elle s’est fiancée, faut que je vous raconte la demande de M. Charlotte, c’était fantastique. En fait, ils se sont fait un réveillon à 4 dans un chalet en montagne. A minuit, ils se fêtent la bonne année et s’amusent à gratter des jeux de la Française des jeux, ceux qu’on achète dans les enveloppes. Charlotte gratte et râle : rien de rien. « Putain, j’ai jamais de chance, moi ! ». Et là, son mec lui fait : « Mais, attends, tu m’as moi ! ». Et là, il se met à genoux et sort sa bague. Ben, franchement, M. Charlotte, il assure parce qu’elle ne l’a pas vu venir le bougre.

 

Enfin, voilà. Si vous voulez vous plaindre de mes dessins, je vous filerai le mail de Charlotte.

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