Ecrire futile : le défi

Ce que je peux être sérieuse, des fois, dramatique à outrance… peut-être un peu trop prétentieuse, sans doute. C’est que l’écriture, c’est du sérieux, on n’écrit pas gratuitement… et on ne lit pas gratuitement non plus. Je veux dire, je n’ai qu’une soixante-dizaine d’années de lecture dans ma vie, je vais pas gâcher ce temps en me vautrant dans les romans à l’eau de rose, la chick lit et autres Harlequin like car ça m’apporte quoi en fait ? Réponse : du divertissement et c’est pas si mal en un sens. Et puisqu’on parle de lecture légère, si je tentais d’écrire futile ?

Ecriture à la plume, écrire futile

J’écris beaucoup. Depuis que je m’y suis remise, j’essaie de détourner chaque moment d’attente ou d’ennui en écriture. Une réunion qui ne sert à rien : j’écris. Dans les transports ? J’écris. Le soir sur mon canap’ ? J’écris… ou je regarde des gens faire des trucs chelous avec du slime, pardon. J’écris, j’écris. En un an, j’ai écrit 210 pages de romans divers et variés et je trouve ça peu par rapport à mes ambitions (j’avais prévu d’écrire une page par jour et par roman, j’en ai 4 en cours donc je devrais en être à 1460…) mais ça donne une idée du volume. Dans chacun de mes écrits, je veux dénoncer notre société et tout ce que j’en exècre. Tout ça pour garder ma prose dans un tiroir mais c’est un autre sujet.

Manuscrit Marcel Pagnol

Ceci est la belle écriture de Marcel Pagnol

Pourquoi être toujours si sérieuse ? Peut-être avant tout parce que j’écris ce que j’ai envie de lire avant tout. Enfin une partie de ce que j’aime lire (les dystopies pour l’essentiel) car j’aime tout autant les (bons) polars ou les “parcours de vie” légèrement historialisés (Elena Ferrante, Victoria Hislop ou même Elsa Morante) ou encore les “drames bourgeois” ou histoires de moeurs à la Moravia ou Nabokov (enfin, Lolita, pas Ada ou l’ardeur). Je suis certes en train d’écrire un polar mais un truc sans prétention mais les récits de vie ou drames bourgeois, j’y arrive pas. J’ai essayé, je dis pas, mais c’est l’ennui. Et les trucs futiles, dans lesquels je range essentiellement la chick lit ou les romances… j’en ai lu. Surtout de la chick lit et tout n’était pas à jeter (et je vous glisse la vidéo de Ginger sur le diable s’habille en Prada, y a un petit laïus sur la chick lit qui me fait un peu réfléchir, même si j’adhère pas à tout. Je reviendrai dessus). Parfait pour la plage, les vacances…

Chick lit

Et si j’essayais d’en écrire ? Il y a le projet Audrey, oui, je le ressors parfois des cartons, j’écris parfois une page de ci, de là… Et je ré abandonne. Je ne désespère pas de m’y coller sérieusement un jour pour en faire un blog à part entière qui reprendrait le concept initial des vingtenaires et peut-être que j’arriverais en faire quelque chose. Après tout, ça fait du bien d’écrire de la futilité aussi. Et y a un autre projet aussi, qui trotte de loin en loin dans ma tête, surtout quand je mate Dynasty : écrire un soap. J’en avais écrit un quand j’avais 17 ou 18 ans, je m’étais éclatée… Et si je relançais cette histoire pour en faire un blog ? Après tout, plus j’écris, plus j’affûte mon style, plus j’agrandis mes chances de pouvoir me constituer un petit pécule grâce à l’écriture (et diminuer mon temps de travail, je rêve tant d’un 3/5e).

Fallon dans Dynasty et Liam

On a souvent une vision un peu noble de la “littérature”, très méprisante, même. On s’est tous moqués des Guillaume Musso et co (moi la première, hein) sauf que je me dis qu’à choisir, je préfère encore qu’une personne lise Musso plutôt qu’elle ne lise pas du tout (la lecture est, de mon point de vue, la meilleure activité pré assoupissement… bon avec le sexe ou la masturbation mais c’est pas le sujet). Ou que la personne lise des romans toxiques de type After et autres romances adultes où on t’apprend qu’être victime d’un pervers narcissique ou équivalent, c’est ça l’amour. J’ai cette image de lectrice très intello jusqu’au coeur de ma famille où ma mère me dit régulièrement qu’elle n’a pas de lectures aussi évoluées que les miennes (alors que je lui pique l’essentiel de sa bibliothèque)… je crois qu’un jour, je me suis suppliciée sur le canapé familial avec Ulysse, ça doit venir de là.  Bref, il est peut-être temps de quitter ce côté intello de la littérature pour s’offrir quelques livres légers. Après tout, ça ne m’a pas nui la dernière fois avec Gavalda. Et il est temps que je me mette à écrire futile, écrire des historiettes qui n’ont d’autre but… que de raconter des histoires. Après tout, moi qui ai une imagination débordante et adore voir des romances partout (souvent à tort, en fait, mais on s’en fout)… suffit juste de coucher ça sur papier.

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La vie en mieux d’Anna Gavalda

J’ai une relation compliquée avec Anna Gavalda. J’avais apprécié quelques nouvelles de J’aimerais que quelqu’un m’attende quelque part (et je lui reconnais immédiatement un talent que je n’ai pas : trouver des titres qui donnent envie de lire le livre), j’avais bien aimé Je l’aimais… et j’ai absolument détesté la Consolante que je n’ai même pas fini alors qu’il me restait une dizaine de pages mais je ne pouvais vraiment plus. Bref, quand ma mère m’a remonté La vie en mieux, j’ai un peu plissé le nez mais ma mère (qui a détesté la Consolante autant que moi) me l’assura “non mais tu vas voir, il est pas mal”.

La vie en mieux d'Anna Gavalda

Alors j’ai un peu fouillé sur le web et il s’avère qu’il existe deux versions : une avec deux nouvelles (Mathilde et Yann) et une avec trois nouvelles (Billie, Mathilde et Yann), je n’ai que la première mais ce n’est pas très important. Ce sont deux nouvelles (trois dans la version augmentée) de gens qui font une rencontre, pas forcément amoureuse, presque anodine, et qui suivent un chemin de réflexion les poussant à changer de vie, à tenter l’aventure. Bon, ce que je viens de vous expliquer n’a pas vraiment de sens, en vérité. C’est compliqué à résumer mais on est finalement dans un cheminement proche de La consolante : un événement quelconque déclenche des décisions radicales… et pas toujours logiques.

Tout plaquer et élever des licornes

(si ce mug vous plaît, l’image est liée au site)

Bon, est-ce que j’ai aimé ce court livre. Je doute. Oui et non. Parlons du non comme ça, c’est fait. D’abord, j’ai du mal avec le style de Gavalda. Pour quelques phrases particulièrement bien troussées (cf mon article de lundi dernier où je la cite), d’autres sont trop… ampoulées. Surtout dans la partie Yann où un personnage tonitruant donne à cette partie un style un peu trop pompeux à mon goût.  Surtout que Gavalda abuse des accumulations… ce que je fais moi-même, sans doute trop souvent. Mais là, j’ai la sensation que l’effet de style est fait pour faire preuve d’un vocabulaire riche, parfois un peu suranné et… ben bof, j’adhère pas. Mais surtout, le “non”, c’est que je trouve les personnages irrationnels. Alors oui, l’humain est irrationnel par définition, je ne dis pas. Cf le dernier petit aparté du Fossoyeur sur Batman vs Superman avec le rebondissement idiot du “Martha” qui propose une analyse assez intéressante. Mais quand même… Mathilde, par exemple, c’est la meuf que je ne comprends juste pas et le final me paraît à la limite de la malhonnêteté.

Mais y a du oui. En fait, ce livre est peut-être tombé à pic dans ma vie, je sais pas. Gavalda a donc souvent ce thème de personnes peu satisfaites de leur quotidien jusqu’au micro événement qui leur fait tout balayer. Et c’est un thème qui me parle. J’avais bien aimé “Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une” même si y avait un côté un peu trop rose bonbon et je vous en parlerai le jour où j’aurai enfin lancé mon blog bien-être que je promets depuis près de 6 mois. Quelque part, je les envie ces gens qui peuvent tout plaquer sur un coup de tête, tenter l’aventure, qui ont bonheur et félicité au bout du chemin. Même si l’arc de Mathilde est assez pété et que je trouve cette jeune fille assez peu aimable. Mais je trouve agréable de lire un livre où des personnages disent merde à cette vie moyenne qui est la leur, ce quotidien sans surprise et sans attentes… Et ils le font sans forcément faire quelque chose d’absolument dingue, ça se résume finalement à fourrer un sac avec quelques affaires et prendre un train. Et ça fait un peu du bien. Ca se lit vite (moins d’une semaine pour moi sachant que je lis en moyenne 20 mn par jour), ça passe le temps.

Sac à dos idéal pour tout plaquer

Et ça me réconcilie avec l’idée d’écrire des petites historiettes. Quand je me lance dans l’écriture d’un récit, je me demande toujours “à quoi bon ?”. Si j’écris toujours les mêmes dystopies (Augura et Technopolis sont peu ou prou la même ville, variation sur une même histoire, finalement… et j’ai en germe une autre histoire avec une ville futuriste, aussi, mais pour le reste, on va violemment varier), c’est sans doute que j’ai une certaine obsession pour le fascisme et les moyens de lutte (en très gros). J’essaie de hurler à travers mes lignes les dangers qui se dressent devant nous… même si mes romans ne sont lus par personne, in fine… Mais mon blog déjà un peu plus. Mais finalement, ne peut-on pas juste écrire pour raconter une histoire ? Voire une historiette ? Un récit qui ne sert qu’à divertir et que le lecteur déguste sur sa serviette de plage, telle une glace straciatella, par exemple ?

Glace Straciatella

En voilà de la matière à réflexion. Et rien que pour ça, je suis obligée de mettre 4 étoiles (sur 5) à ce petit livre.

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Le pouvoir de Naomi Alderman : une dystopie matriarcale ?

Depuis quelques temps, je cherche un peu de littérature sur l’hypothèse que si les femmes gouvernaient, le monde serait différent. Alors parenthèse avant de poursuivre parce que, oui, j’ouvre des parenthèses dès la deuxième phrase, j’ai toujours été un peu dubitative face à cette théorie car elle repose essentiellement sur des traits de caractères supposés féminins (la douceur, la diplomatie, ce genre de trucs). Même si, de l’autre, je suis assez persuadée que la virilité toxique est coupable de pas mal de maux en ce monde. Bref, si je ne crois pas en des qualités ou défauts intrinsèques aux hommes ou aux femmes, je crois que nous sommes élevés en fonction d’un genre perclus de clichés. Mais c’est pas le sujet. Donc parmi les lectures qui m’ont été recommandés, voici Le pouvoir de Naomi Alderman, un roman… assez fascinant.

Le pouvoir de Naomi Alderman

Ce roman part d’un postulat intéressant : il s’agit de la fantaisie de la part d’un homme qui imagine ce qu’il y a pu se passer 2500 ans plus tôt quand il y a eu une sorte de cataclysme et que les femmes ont pris le pouvoir. On a ces éléments à travers un échange de lettres entre l’homme et Naomi, l’auteur s’amuse à imaginer un monde où les hommes auraient pu exercer des métiers et même avoir du pouvoir. Et nous voici plongés dans une de ces sociétés patriarcales comme nous les connaissons si bien où les adolescentes se réveillent un jour avec un étrange pouvoir : un “fuseau” localisé sur la clavicule leur permet de générer de l’électricité à volonté. On va donc suivre quelques personnages, essentiellement féminins à une exception près, à travers ce monde qui perd ses repères, où les femmes se rebellent puisque désormais, ce sont elles qui ont le pouvoir (nous avons notamment une scène d’émeute en Iran, par exemple). Je vous ferai fi des différentes péripéties, essentiellement parce que ce livre est à lire mais il pose le postulat suivant : le pouvoir corrompt-il l’humanité ?

La révolte des femmes

Ah oui parce que ce roman ne répond pas à la question “que se passerait-il si les femmes avaient le pouvoir” mais part plus du postulat que le genre n’a pas d’importance quand au sentiment de surpuissance et d’impunité que donne le pouvoir. Des femmes finissent par violer et tuer, par exemple, car elles le peuvent. D’ailleurs, Naomi semble dubitative quant à cette vision d’une époque où les femmes auraient été moins violentes. Et je trouve ce parti-pris franchement fascinant. Si Alderman s’amuse parfois à inverser les rôles stricto sensus, notamment le personnage de Tunde, journaliste mâle qui suscite pas mal les convoitises féminines et qui devient le love/sex interest de pas mal de femmes, la conclusion s’avère sombre : il n’y a pas de salut si la différence de pouvoir entre les sexes est trop importante.

Femme dominante

Alors, est-ce que je conseille Le Pouvoir ? Oui. D’abord parce que je trouve que ce roman détonne un peu dans le paysage classique dystopique (on est plus sur le basculement du monde que dans un monde futuriste où l’un des traits de notre société a été souligné à l’excès) et parce que l’on vit les bouleversements de cette société à travers les parcours de vie de personnages qui essaient de comprendre le monde dans lequel ils évoluent, dans ce monde qui changent et qu’ils essaient de maîtriser au mieux. Parce que ça se lit vite et que c’est quand même hyper bien trouvé. Alors foncez !

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Ce livre que je lis… et qui ressemble trop à ce que j’écris

Ceux qui passent régulièrement par ici le savent, j’aime lire. Je ne le fais pas assez à mon goût car j’écris aussi, je dors, parfois, je travaille, surtout. Mais j’essaie de me ménager quelques instants de lecture, histoire de m’évader un peu, découvrir une histoire à la cool et parfois, je suis troublée… Ce livre, là, il ressemble trop à ce que j’écris… possiblement en mieux.

Ma pile à lire

J’ai exactement ressenti ça en lisant deux livres  La cité d’un côté et La zone du dehors de l’autre, je vous avais dit que j’en avais pas fini avec ce roman. Parce que pendant sa lecture, même si je sortais parfois du récit à cause du style, je me disais “mais… c’est quand même pas mal Augura”, ma dystopie du bonheur. Evidemment, il n’y a pas à chercher si loin pour comprendre : nous avons les mêmes influences dystopiques. 1984 notamment, parfaitement, assumé par Damasio avec un clin d’oeil limite trop appuyé en début de roman qui se passe en 2084. A ça, je rajouterais le Meilleur des mondes (même si l’influence est plus forte pour Technopolis dans mon cas). Est-ce que les dystopies se suivent et se ressemblent ? Forcément, il y a des socles communs, peu importe comment on va jouer la partition. Sauf que là, y a quand même pas mal de proximité entre mon histoire que j’écris depuis pas loin d’un an (j’écris pas vite, cf premier paragraphe) et tout à coup, tu te poses la question : est-ce que j’ai pas un peu tort de persévérer, vu que c’est déjà fait ?

Ce que j'écris

Et bien pas forcément. D’abord, comme dirait Joseph Campbell dans Le héros aux mille et un visages, toutes les histoires sont des déclinaisons d’un même mythe, le monomythe. J’ai pas lu le livre (du moins pas encore,on l’a à la maison) et je suppose qu’on peut y apporter mille et unes nuances mais dans les faits, les histoires ont toujours une structure similaire. Une romance, c’est A et B qui se rencontrent et qui s’aiment, avec ou sans péripétie. Ca peut finir bien, ça peut finir mal mais ces histoires n’ont pour but que de raconter le lien entre A et B, resserré ou distendu par la vie. Ca marche pour les amitiés, d’ailleurs (je suis en train de lire la saga prodigieuse d’Elena Ferrante, on est complètement là-dedans). Pour les thrillers, polars and co, tout amène à la résolution de l’enquête via la collecte d’indices, souvent encouragés par quelques rebondissements. Une dystopie n’a de sens qu’à partir du moment où les personnages qui la subissent prennent conscience de ce qui ne va pas et décident de réagir. Et d’ailleurs, si j’enlève la dimension “société futuriste”, finalement, il n’y a pas tant à voir : Cerclon I est sur un satellite de Saturne, Augura est sur Terre, le leader de la révolution, Catpt, est un intellectuel qui pérore beaucoup alors que dans Augura… ben ce qui est censé faire office de leader de la révolution est Iris, une femme qui n’agit que dans son intérêt propre, sans mentir à qui que ce soit sur le sujet, et refuse d’endosser un costume trop grand pour elle.

La liberté guidant le peuple de Delacroix

Et la Cité, alors ? Là, pour le coup, j’étais dégoûtée en le lisant car j’y voyais une histoire que j’avais en tête depuis bien quinze ans et que je n’ai jamais écrite parce que pas le temps. Ca me rend ouf quand on me pique mes idées sans savoir que je les ai eues. Non mais à une époque, j’envisageais de faire des vidéos sur ce blog en coupant mon bla bla par des extraits de séries ou films… un peu comme tous les gifs qu’on utilise désormais pour illustrer nos tweets ou, à l’époque, permettait de créer un blog Tumblr assez comique… Vous n’imaginez pas les soirées que j’ai passées sur Tumblr mais ça me permettait de réviser mon anglais (à peu près). Mon idée, là, je l’ai eue en 2011, j’avais téléchargé plein de séries TV pour isoler mes petites vannes, notamment les Xena (que j’avais entrepris de mater pour écrire un jour un article dessus mais au bout de 6 épisodes, j’ai laissé tomber). Et du coup, j’envisageais un roman un peu épique assez inspiré de Angel Sanctuary une nouvelle fois (j’avais écrit un roman un peu inspiré déjà, qui a dû disparaître dans les limbes informatiques mais c’était nul donc bon) mais je ne savais pas trop comment l’articuler et là, en lisant la Cité, j’ai lu ce que je n’avais jamais réussi à mettre correctement sur pied.

Angel Sanctuary

Du coup, j’ai eu une folle envie de reprendre cette histoire, celle d’Emma que j’ai envisagé un temps de nommer Iris avant de le refiler le prénom à la meuf d’Augura, là (il faut savoir que j’ai une certaine obsession pour les prénoms, je pourrais créer un roman juste pour coller un prénom… Ce que j’ai fait dans Uchronia vu que je m’étais réveillée avec le nom de l’héroïne qui se répétait en boucle dans ma tête ou créer un roman juste parce que j’avais envie de mettre le nom dans le roman. J’ai donc déjà écrit 12 pages de Taylor Rent, quand même). Mais j’ai son histoire, me resterait qu’à l’écrire. Quand j’aurai fini un de mes romans. Parce que oui, l’envie d’écrire vient souvent de la lecture d’un roman ou le visionnage d’une série…

Pretty little liars

Même celle-à, oui

Inspiration ou plagiat… Un sujet intéressant à voir une prochaine fois.

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Le travail est une souffrance

Je m’intéresse pas mal à la problématique travail… car pour moi, il s’agit d’une énorme arnaque. Je veux dire, on m’avait vendu le travail comme un moyen de s’épanouir, de devenir quelqu’un, de réussir ma vie. Bullshiiiiiiiiit. La seule chose que ça m’offre, c’est de la fatigue, du non sens, de l’aigreur… et du fric qui me permettra de partir en voyage pour oublier quelques jours ce petit jeu de dupes. Je vous le dis, le travail est une souffrance.

Le travail est une souffrance

En fait, je crois que je ne passe pas une semaine sans voir un article sur les burn-out, bored-out, brown-out, je sais pas quoi-out qu’on nous sortira demain. On souffre, on s’invente des mots pour expliquer ce non sens qu’est notre “bullshit jobs”, nos patrons embauchent des “chief happiness officers” qui nous fournissent des jus de fruits pressés main et organisent des tournois de ping pong pour nous faire oublier que notre vie entre 9h30 et 19h, elle est nulle à chier.

Le bonheur au travail : la grande arnaque

Et le pire, c’est que j’ai complètement conscience que dans ma sphère, on est vraiment dans les “problèmes de riche”. Mon métier n’a sans doute pas vraiment de sens : personne ne veut voir des publicités pendant qu’il se balade sur le net, personne ne veut voir de pub tout court. Mon métier, c’est de vous parler de promos, de produits, de vous faire acheter. Evidemment, dit comme ça, ça n’a aucun sens et il est vrai que je n’en trouve pas particulièrement. Mais pour un job alimentaire, il est sacrément rémunérateur. Bah oui, n’oublions pas que le travail, c’est avant tout “gagner sa vie”, comme on dit. Et l’environnement est bien plus sympa qu’une caisse du Leclerc avec son violent éclairage néon et son bruit permanent ou un guichet de la Poste où tu te fais engueuler parce que le facteur n’a pas livré le colis ou expliquer d’un air désolé à la personne qui pleure à ton guichet que tu ne peux pas lui donner de l’argent car y en a plus sur son compte. J’ai bossé à la Poste, je vous jure que c’est comme ça que ça se passe (ah et les gens qui choisissent des timbres pendant deux heures alors que derrière eux, y a 25 personnes qui attendent). Si le burn-out est assez transversal quel que soit le milieu, le bored-out et browned-out, c’est pas un truc typique de bureau ?

Bored-out

Faut dire qu’on nous met la pression, un truc de ouf. Le travail fait partie de notre identité. Je ne suis pas Nina, passionnée de plongée, de dystopie et qui passe sa moindre minute de libre à rêvasser non. Je suis Nina, consultante webmarketing… Ah oui, en plus, je viens changer d’étiquette et j’en change selon le client donc c’est un peu la confusion. Le pire, c’est que quand je ne me présente pas en déclinant mon métier (ce qui arrive tout le temps dans ma vie perso), on me le demande très rapidement. Cet hiver, je suis allée à Cuba (un récit à suivre dès mercredi, regardez comme tout s’enchaîne bien par ici) en voyage UCPA : nous étions déconnecté de tout, sans Internet, rien, et en général, ça donnait ça “salut, tu t’appelles comment ? Tu viens d’où ? Tu fais quoi dans la vie ?”. Mais j’ai pas envie de parler de mon travail, moi, c’est juste le moyen que j’ai trouvé pour bien vivre et me payer ce voyage. Je ne l’ai pas choisi et il n’a rien qui va changer la vie des gens. Je ne fais que coller des sommes dans des docs excel en faisant comme si ça avait une quelconque valeur, je ne sauve ni des vies, ni la planète. Au contraire, même, je pense que mes petites activités numériques alourdissent chaque jour mon bilan carbone.

Pollution numérique

J’ai commencé un manuscrit sur toutes ces hypocrisies du monde du travail (il fait deux pages depuis… juin, quand je m’apprêtais à quitter mon ancien taf. Le nouveau me demande actuellement trop d’énergie, je préfère consacrer mes instants de répit à l’écriture de romans) où je dénonce cette société de l’ultraperformance qui nous balance que le travail est la seule voie d’épanouissement, qu’il faut vivre de sa passion, gagner du fric pour être quelqu’un, ne pas compter ses heures… Moi, j’ai un plan, un plan quinquennal (forcément) : j’ai 5 ans pour faire sauter la banque… et après, je me casse en province pour faire n’importe quel taf avec des horaires. Parce que la vie, c’est pas dans un open space qu’elle se passe.

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La zone du dehors d’Alain Damasio : une dystopie utopique ?

Ou utopie dystopique, ça marche aussi. Beaucoup doivent connaître Alain Damasio via la Horde du contrevent, roman phare de l’auteur… que je n’ai pas lu. Car ce qui m’a charmée ici, ce n’est pas le nom de l’auteur mais bien l’histoire, dystopique pile comme j’aime.

La zone du dehors d'Alain Damasio

L’histoire : suite à une guerre nucléaire qui a rendu la Terre à peu près invivable à part le continent africain, l’humanité a décidé d’aller conquérir l’espace et installe une colonie sur un satellite de Saturne “Cerclon I”, une ville qui se veut un modèle de démocratie et fonctionne par une hiérarchie stricte : chaque habitant est classé en fonction de son mérite, son classement lui confère un nom. Le président est A, son gouvernement va de B à Z… On suit donc l’évolution de la Volte, un groupe révolutionnaire mené par cinq hommes ayant un prénom à cinq lettres. Car la belle société de Cerclon I n’est pas si parfaite que racontée…

Une colonie proche de Saturne

On retrouve dans cette dystopie des éléments assez classiques : une société technologiquement plus développée que la nôtre, une technologie qui ramollit les ardeurs, chacun se contentant de sa position puisqu’il y a la télé en hologramme et les virtues, des jeux vidéos totalement immersifs, douleur comprise. Pas grand chose de nouveau sous le soleil, me direz-vous, on a quelque chose de similaire dans Fahrenheit 451, Le meilleur des mondes, Ravage ou même Albator… Ici cependant, c’est non seulement exprimé sans nuance (les membres de la Volte ne jurant que par la manière douce sont appelés la Molte), les personnages pleurent régulièrement sur l’asservissement de leurs congénères. Ah oui parce que là, il n’est pas question de réveil de qui que ce soit, l’histoire ne commence pas avec la prise de conscience d’un des protagonistes ou un autre qui se retrouve confronté à un univers qu’il ne connaît pas. On découvre l’univers au fur et à mesure des événements.

Cassini : les anneaux de Saturne

J’en profite pour vous mettre la dernière photo de Cassini avant de disparaître dans l’atmosphère saturnienne parce que c’est incroyable

Mais le but ici n’est pas de tout casser ou de s’étonner d’une société que l’on ne comprend pas. Les personnages veulent la volution, une révolution douce leur permettant de sortir du système prétendument démocratique de Cerclon. On a là quelques graines d’utopies : dans la société de Cerclon d’abord, havre de paix autoproclamé versus la Terre qui est en train de sombrer et qui offre une vie douillette à ses habitants, mais aussi dans le projet Anarkhia des Voltés qui rêvent de fonder leur modèle de société sur Pluton. Oui, le livre date de 1999, Pluton était encore une planète à l’époque.

Pluton

En écrivant ce roman, Damasio avait une référence en tête : 1984 d’Orwell (il est possible que j’ai omis d’en parler volontairement jusque là). L’histoire se déroule en 2084 avec une idée très forte de surveillance, voire d’autosurveillance, via des panopticons. On pourrait presque regretter que les références ne soient pas plus subtiles mais après tout…

Panopticon

Alors est-ce que je conseille La zone du dehors ? Et bien, je suis cruellement partagée et je vais devoir consacrer encore deux articles sur le sujet. Parce que ce livre me laisse un goût doux-amer, je l’ai aimé autant qu’il m’a saoulée, je l’ai un peu traîné, je me suis parfois endormie dessus (ce qui n’est certes pas un critère, je m’endors sur tout). En fait, il mériterait presque trois articles. Ce qui fait que oui, je vais vous le conseiller, ne serait-ce que parce que je suis incapable d’un avis tranché.

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Romance everywhere

Samedi 19h, j’observe. Face à moi Ibrahim et Rosalie discutent. Ils sont bien jolis tous les deux. Il ne s’agit pas d’un couple, non, du moins pas encore ? Je souris en coin en guettant les gestes. Ah, il lui touche le bras ! Bon, ok, il est naturellement tactile mais quand même, ils iraient bien ensemble… Et oui, je suis comme ça : je vois de la romance partout.

Flirt romance

Déjà 3 ans et demi que je suis dans une relation de type monogame et parfois, l’étincelle me manque un peu. Vous savez, ce moment où ça commence à crépiter, que vous n’êtes pas encore tout à fait sûr que ça va le faire mais que, quand même, y a de la tension dans l’air. Bon, après, je me souviens que la séduction, c’est bien galère, que tu tombes parfois (souvent) sur des connards et que parfois, tu te retrouves à planter frénétiquement ta paille dans la glace  pilée de ton cocktail en te disant que tu serais in fine bien mieux chez toi à manger des chocapics en matant une série à la con. Alors du coup, j’ai ma méthadone : j’imagine des romances dans mon entourage.

Romance à la plage

Ainsi, je me suis écrit l’histoire de Clémentine et Nicolas. Deux de mes anciens collègues. Bien jolis tous les deux, y avait comme un crépitement quand ils étaient proches l’un de l’autre. Mais il y avait Ludivine aussi qui avait partagé une danse fort remarquable avec Nicolas lors d’une soirée, le triangle amoureux s’annonçait tendu. Sauf que j’avais oublié Antoine dans l’équation. Antoine ? Un autre collègue qui partage de nombreuses apartés avec Ludivine, quelques gestes un peu discrets, des langages corporels qui ne laissent guère la place au doute. La vérité ? Je ne la saurai peut-être jamais mais en fait, je m’en fous : j’ai l’histoire dans ma tête et dans mon petit cerveau, pas de fin en eau de boudin. Pas de fin du tout puisque seul le début m’intéresse.

Romance en cuir

Tout ça, c’est de la matière. Dans les romans, il y a souvent des débuts d’histoire. Peu importe le contexte, que vous soyez dans un roman policier, du médiéval fantastique, de la dystopie ou ce que vous voulez, il y a souvent un début d’histoire dans l’histoire, un “ce que vous vivons est trop fort pour le vivre seul”. Et j’aime bien tenter de créer une tension romantico-érotique dans mes romans, poser le premier baiser comme quelque chose soit d’attendu, soit de soudain… Je dis “tenter” car je ne suis pas sûre de toujours bien le faire, notez. Dans le roman de Maja, par exemple (toujours pas relu malgré mon intercontrat), je suis assez contente d’une scène de premier baiser, pas du tout d’une autre que je vais refaire. Du coup, j’observe, je note dans ma tête.

Romance : le premier baiser

Alors ça pourrait faire un peu cancanière, la fille qui “espionne” les gens pour savoir si y aurait pas de la rumba dans l’air. Sauf que déjà, je partage pas mon ressenti avec la terre entière (pour Ibrahim et Rosalie, j’en ai parlé à Victor qui a dit “ah oui, non, je sais pas”, pour les autres, à ma collègue chouchoute qui m’a bien aiguillée sur le duo Ludivine-Antoine, j’avoue) et puis… ben si j’ai tort, je resterai sur un “dommage, ils allaient bien ensemble je trouve” et si j’ai raison… et bien je serai ravie pour eux. Et j’en resterai là. Je n’ai pas besoin de regarder à travers le trou de la serrure pour assouvir une quelconque curiosité. Je suis outrageusement romantique (quoi que je prétende), pas scopophile

Je suis romantique

Aujourd’hui, je commence mon nouveau boulot… J’espère que je vais avoir matière à imaginer de nouvelles romances !

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Snowpiercer, la dystopie ferroviaire

Week-end de pentecôte, Victor et moi faisons un petit tour du côté de ma région natale et pour le retour, nous avons téléchargé un film qui me faisait de l’oeil depuis quelques temps : Snowpiercer. Parce qu’une dystopie qui se passe dans mon moyen de transport préféré et qui réalise mon rêve (le tour du monde en train), je ne peux que dire oui.

Snowpiercer le film : affiche

Alors par contre, on va s’entendre de suite : c’est une dystopie donc le côté “rêve”, il est juste sur le principe, hein… Bien, à présent, voici l’histoire : afin de mettre fin au réchauffement climatique, l’humanité décide de pulvériser dans les airs une molécule chimique pour le juguler. Et évidemment, c’est une catastrophe qui déclenche une violente ère glaciaire entraînant l’extinction de toute vie… à l’exception des passagers du Snowpiercer, un train blindé qui tournera éternellement sur ses rails autour du monde. Le train est donc hiérarchisé : les wagons de tête représentent les privilégiés, l’aristocratie et les wagons de queue (habités par les passagers clandestins) le prolétariat. Alors que la colère gronde chez les passagers de la queue, deux de leurs enfants sont embarqués par des membres de la queue de tête. C’est le début de la révolte.

Snowpiercer wagon de queue

Durant le film, Curtis mène la révolte, il remonte le train petit à petit avec ses acolytes, Edgard, Tanya et Andrew, les parents des enfants enlevés, ainsi que Minsu, ingénieur responsable de la sécurité des wagons et sa fille Yona, ces deux derniers étant accros à une substance chimique qui sert de monnaie pour les embringuer dans l’histoire. Au fur et à mesure de leur remontée, on va donc découvrir petit à petit un univers très hiérarchisé avec son roman national pour décourager toute révolte. Quelques wagons sont assez ahurissants, notamment celui de la classe qui m’a laissé bouche bée tout du long.

Snowpiercer : la révolte de Curtis

Je m’arrête là pour l’histoire parce qu’il est hors de question que je vous spoile. Parce que j’ai vraiment bien aimé ce film qui ressemble à plein d’autres tout en étant assez unique. En le matant, j’avais en tête tous ces films à l’esthétique étrange genre Dark City, La cité des enfants perdus, Bunker Palace Hotel aussi. Et dans une moindre mesure Dernier train pour Busan. Car particularité de ce film : malgré la présence à l’affiche de stars hollywoodiennes genre Chris Evans, Ed Harris, John Hurt, Tilda Swinton… , ce film est sud-coréen. On retrouve d’ailleurs dans les rôles de Minsu et Yona, Song Kang-Ho et Ko Ah-sung… que perso, je ne connaissais pas, ma culture du cinéma sud-coréenne étant plus que limitée (en gros Dernier train pour Busan, Old boy et l’actrice Bae Doona grâce à Cloud Atlas et Sense8)(ah et Daniel Dae Kim et Yunjin Kim de Lost). Et je ne sais pas si c’est ce mix culturel (réalisateur sud coréen qui adapte une BD française avec un casting américain et qui semble s’inspirer de tout un univers cinéma un peu surréaliste) ou “juste” le talent Bong Joon-Ho mais j’ai vraiment été prise dans l’ambiance. Quand je vois la liste des derniers films vus et le peu de ceux que j’ai vraiment appréciés, ça fait du bien.

Snowpiercer

Alors oui, on est dans une dystopie en milieu clos, c’est un peu le même concept que Silo ou Metro 2033 avec cette idée de société où chacun est reclus dans son coin selon la classe ou groupe auquel il appartient. On est complètement dans ces univers “les humains se sont réfugiés dans un espace safe suite à un cataclysme quelconque et se sont organisés en société”. Rousseau aime ça. Alors tout n’est pas parfait ici, on a un méchant un peu increvable à la Avatar, un peu de manichéisme mais une esthétique incroyable, un univers cohérent… et la scène de l’école, vraiment…

Snowpiercer : scène de l'école

Oui, il s’agit toujours du même film…

Bref, allez voir ce film. Et pour “l’anecdote”, sachez qu’une des options envisagées pour réduire le réchauffement climatique est de pulvériser du soufre dans la stratosphère. Ca fait réfléchir, non ?

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Faut-il réinventer la contestation ?

Un autre samedi de mai à déambuler dans les rues de Paris en scandant des slogans dans la joie et la bonne humeur mais toujours cette petite interrogation : on ne serait pas toujours un peu les mêmes à défiler ? Est-ce que la contestation classique est dépassée et il faut inventer une nouvelle façon d’exprimer une colère massive ?

Camion marée populaire

Le camion à suivre pour une ambiance au top

La semaine dernière, grosse catastrophe avec le drame Parcours Sup. Pour ceux qui n’auraient pas suivi, de nombreux lycéens, 350 000 le jour de la publication des premiers résultats, se sont retrouvés sans rien. A 15 jours du bac; on balance à la figure de 350 000 gamins que mêmes s’ils réussissent l’examen, ils se retrouveront peut-être désoeuvrés à la rentrée. Yayyyy… Alors je me suis prise à espérer. Que c’était le faux pas de trop, que la classe moyenne + allait être touchée, elle aussi, par ParcourSup, que ça allait grossir une nouvelle fois le mouvement de protestation déjà bien velu, que samedi, à la manif, la foule serait plus bigarrée que d’habitude, plus mixte. Eeeeeeet… pas trop. J’ai repéré certaines affiches vues lors du 05 mai, les mêmes organisations,  et je me suis demandée : est-ce que tout ça est bien inclusif ? Je veux dire : n’a-t-on pas tellement agité le chiffon rouge de la violence en manif pour faire fuir les gens qui ne sont guère habitués à tout ça ? Alors sur ce point, je vais réinsister : la manif que je vis en tant que manifestante n’a rien à voir avec ce que l’on voit dans les médias. Je n’apprends qu’en rentrant chez moi qu’il y a eu des violences, samedi encore… Du coup, moi, j’ai juste droit aux petits concerts live, pancartes rigolotes et punch à 1 euro. C’est un joyeux moment.

Manifestation du 26 mai

Mais peut-être que c’est l’ambiance “odeur de merguez avec l’Internationale en fond sonore” qui dérange. Contre ça, y a rien à dire, rien à faire. Mes parents (de droite) caricaturent toujours les manifestations en clamant le “tous ensemble, tous ensemble, hé hé !”. Et c’est là que je me demande : qu’est-ce qu’on peut proposer d’autre ? Je suis quelque part assez contente de me dire que la manifestation n’est pas la seule voie de contestation possible. Je pense même que la manifestation n’a pas vocation à changer les choses en soi, je crois plus dans les micro actions, dans les conversations en petits comités. Depuis que je milite (très modestement), la phrase que j’entends le plus est “de toute façon, ça ne sert à rien”. Normal, on nous apprend ça, on réécrit l’histoire pour nous faire croire à de jolies concordes plutôt qu’à la grève générale (remember le front populaire en 36), excepté la révolution française mais ça rentre bien dans l’histoire républicaine donc ok. C’est quand même assez étrange, quand on vit à une époque qui déborde de produits culturels à base de révolte (Hunger Games, Divergente, Mister Robot, La servante écarlate, la grande majorité des dystopies), de croire que tout est immuable. Alors oui, ok, dans ces dystopies là, on est loin d’être dans de riantes démocraties mais il y a quand même cette idée de poing levé pour dire non. Pourquoi on adore mater ces films ou séries là ou lire ce genre de livres mais qu’on est enfermés dans notre fatalité de citoyens ? Les signaux sont au rouge de façon assez flagrante mais on se laisse grignoter sans rien dire. La fameuse métaphore de la grenouille bouillie. Ou peut-être de la naïveté, on se dit que demain, ça ira mieux, que les autres vont se battre pour nous et que tout ira bien, que ce ne sera pas aussi grave que ce que veulent bien en dire les Cassandre gauchistes. Et en vérité, j’aimerais que ce soit le cas parce que j’ai peur de ma France de dans 4 ans

Manifestation marée populaire du 26 mai

J’adore cette photo, faut que j’arrive à en faire un dessin ou un truc du genre

Alors il est peut-être temps de remettre notre travail sur l’ouvrage, trouver d’autres moyens de contestation en dehors de nos petits cortèges. Je ne sais pas quoi précisément, j’y réfléchis beaucoup. Sans doute que dans mon prochain blog engagé, je pourrai faire quelques articles sur les contestations originales comme la révolution des parapluies, des choses comme ça. Sans doute finirai-je par trouver quelques idées à propager.  

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Le cinquième élément, la dystopie… verticale

Une des premières dystopies à laquelle j’ai eu l’occasion de me frotter est sans nul doute le cinquièmélément. Oui, le film de Luc Besson, oui. Avec ville gigantesque et voitures qui volent, un peu comme Altered Carbon. Mais la comparaison s’arrête là car si Altered Carbon détaille la société dans laquelle évolue Tak, pour le cinquième élément, on sait assez peu de choses quant aux rouages de cette société futuriste. Une société verticale, comme les immeubles… et l’organisation sociale, finalement.

Le cinquième élément - affiche

On pourrait contester la classification du cinquième élément au rayon dystopie, on est plus dans un film de science fiction/fantasy/space opera. On est assez proche d’un Star Wars avec une foule d’extraterrestres et une bonne partie de l’histoire dans l’espace. D’ailleurs, la partie où ils sont dans le vaisseau après avoir quitté Fhloston Paradise n’est pas sans évoquer le Falcon Millenium. Alors du coup, Star Wars serait aussi une dystopie ? Après tout, il y a tout un univers politique tissé… Oui sauf que Star Wars se passe dans une galaxie lointaine… il y a très longtemps. Donc non, ce n’est pas une dystopie. Le cinquième élément lui, se passe dans le futur dans ce qui est une version évoluée de notre société donc là, on y est sur la partie prospective. Mais est-ce que cette société est si mauvaise que ça ? Le monde proposé ne nous offre guère de détails donc je suis dans l’interprétation mais je vais considérer que oui.

New York dans le cinquième élément

Point un : les inégalités sociales. Bruce Willis est du côté pauvre de la barrière, cf la taille minuscule de son appart vs celui du prêtre par exemple. Son emploi est menacé, son immeuble visiblement mal famé (cf le caméo pété de Kassovitz). Vous allez me dire qu’on est déjà pas mal dans une société inégalitaire, ce qui est vrai mais il semble que dans le futur, l’ascenseur social, il est définitivement oublié. La société est d’ailleurs parfaitement hiérarchisée : les plus riches en haut, les plus pauvres en bas, au milieu des ordures. Vertical.  En parallèle, on a également une sensation d’opulence d’une certaine catégorie de population, notamment avec Fhloston Paradise, population aisée qui a bon goût en appréciant un bon petit opéra. Pierre Bourdieu likes this.

La diva dans le cinquième élément

Mais finalement… C’est quoi cette société décrite dans le cinquième élément ? “Normalement” (ok, ça se discute), une dystopie pose une réelle évolution de la société basée sur un changement de donnes, en gros. Dans 1984 ou Fahrenheit 451, il y a la maîtrise du savoir par le pouvoir qui enferme les citoyens. Dans Ravage, Albator ou Le meilleur des mondes, on peut se poser la question de l’asservissement de la population, ramollie par la technologie et/ou le divertissement. Altered Carbon nous interroge sur la question de l’immortalité. The handmaid’s tale part du principe que la dégradation environnementale va avoir des conséquences et imagine que les femmes en seront les premières victimes.  Si je devais résumer les dystopies en une phrase, on pourrait dire “et si… ?”, version scénario noir. Or dans le cinquième élément… Ben en fait, l’histoire pourrait absolument se passer aujourd’hui sans que ça change quoi que ce soit à l’histoire. Les voitures peuvent être au sol, Fhloston Paradise pourrait être un hôtel random aux Maldives ou en Polynésie… Reste les vaisseau spatiaux, certes, mais vu qu’ils ont débarqué en 1914 en début de film, ils auraient pu aussi débarquer en 97 (année de sortie du film). Reste la constitution de Leeloo… mais qui n’a pas grand sens au fond…

Polynésie

Du coup, si le cinquième élément décrit une société inégalitaire que Leeloo semble peu motivée à sauver (même si c’est manifestement les bombes atomiques balancées sur le Japon qui la choquent donc on reste sur ma remarque : ça aurait pu carrément se passer en 97), j’ai du mal à isoler de réels éléments dystopiques. On peut même y voir quelques étincelles d’espoir avec un Président Noir (en 97, c’était never seen before, comme on dit dans mon métier où on se la pète), la conquête spatiale… Bref, autant j’ai un souvenir plaisant du cinquième élément (et je refuse de le revoir), notamment sur son imagerie futuriste, autant… ben pour moi, la seule raison pour laquelle ça se passe dans le futur, c’est que Besson voulait se faire plaisir. Alors pourquoi pas mais pourquoi ? Normalement, placer un histoire dans le futur doit apporter quelque chose : une technologie qui n’existe pas encore et qui va avoir une incidence importante sur l’intrigue, une évolution de la société que l’on veut dénoncer… même avec humour, genre Idiocracy. C’est rigolo mais il reste un message. Là, c’est juste un décor.

La ville futuriste du cinquième élément

Du coup, est-ce qu’on peut à ce point se faire plaisir sans réellement chercher à faire passer un message ? Peut-on imaginer une histoire dans le futur juste parce qu’on a trop kiffé Retour vers le futur 2 sans chercher à donner une dimension politique quelconque ? Dans l’absolu oui… mais ça me gêne un peu. Même si ça reste un film qui m’a marquée à l’époque et qui m’a follement inspiré Technopolis, on ne va pas se mentir.

Affiche du film le cinquième élément

C’est marrant, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de détails sur les immeubles sur l’affiche que dans le film

Ca mériterait un article à part, non ?

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