Journée carte postale à Himeji

Le 08 octobre – C’est la journée carte postale ! En quittant Osaka, direction Hiroshima mais avec un arrêt au château Himeji pour y passer une partie de la journée.

Le château Himeji est appelé le Héron Blanc car sa couleur blanche évoque l’envol du gracieux oiseau. Oui, si on veut… Il n’en reste pas moins que dès qu’on approche du château, c’est la claque. Surtout que, cette fois-ci, le soleil est de la partie.

Le château Himeji

On s’approche des abords du château pour prendre les tickets d’entrée et là, on voit annoncé “une heure d’attente”. Encore une queue ? Pourtant, on peut payer nos billets directement, ce doit être un panneau abandonné là… On prend donc le ticket double entrée : le château et le jardin kokoen, un petit village samouraï reconstitué juste à côté. On télécharge l’appli qui va nous distribuer des petites vidéos tout au long de la visite (avec plein de fautes). La visite du château en soi n’est pas fofolle vu qu’il est vide mais ça reste un bon moment. D’abord parce qu’on a une jolie vue au sommet mais surtout parce que ça se visite sans chaussures ! Et oui, pour ne pas abîmer le plancher, on est priés d’abandonner nos chaussures à l’entrée. Visiter un château en chaussettes, quelle aventure ! Surtout que j’ai mes belles chaussettes japonaises… bon avec le petit orteil droit qui refuse de rentrer dans son logement donc ça donne une impression bizarre en mode je n’ai que quatre orteils ou le 5e est tout cassé.

Visite du château Himeji Visite du château Himeji Visite du château Himeji Visite du château Himeji

Marcher sur le plancher est toujours une sensation agréable, c’est presque apaisant… presque parce que bon, c’est très bruyant et pour monter aux étages, on doit passer par des escaliers étroits donc il faut faire la queue (ça nous change pas d’Universal Studio, quoi). Et c’est pour ça que nous avons fait une heure de queue en bas, après les caisses. Le centre qui surveille les séismes impose un nombre limité de visiteurs dans le château au cas où… et on nous informe de ça à peu près tous les quarts d’heure… j’étais super rassurée…

Intérieur du château Himeji Intérieur du château Himeji Intérieur du château Himeji

Château Himeji Château Himeji Château Himeji Château Himeji

Bref, le château est très beau et pas seulement l’extérieur, il vaut le coup mais surtout, ce serait dommage de passer à côté de Kokoen. Si vous aimez les jardins japonais, vous êtes obligés d’y passer. Bassins grouillant de carpes énormes, petits ponts, kiosques et même forêt de bambou, ça repose tellement après le bruit du château. Bon, ça ne repose pas les pieds mais on en ressort frais et reposés mentalement.

Château Himeji Jardin samouraï kokoen Jardin samouraï kokoen Jardin samouraï kokoen Jardin samouraï kokoen Jardin samouraï kokoen

Un arrêt dînette plus tard, nous voici de retour à la gare. Un dernier regard au château et nous voici dans le Shinkansen, direction Hiroshima. On récupère les clés de notre AirBnB dont on ne verra jamais l’hôte (sur les 4 AirBnB jusque là, on n’a vu personne…) et petite douche froide : flaque sous le frigo (avec mon pied dedans du coup car je n’avais pas encore trouvé la lumière), grosse araignée sur le mur. On galère à trouver le pocket wifi (rangé sur la machine à air conditionné…) et on se couche sur le futon pour une nuit un peu courte car il faut se lever demain pour aller à la rencontre de l’un des trois plus beaux sites du Japon : Miyajima

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Le jour où tu comprends que c’est fini

Mardi soir, alors que la chaleur m’etouffe, je tombe par hasard sur Clara Sheller, saison 2, que j’avais vaguement suivi lors de sa première diffusion. Je n’avais accroché que moyennement vu que je trouve l’heroine plus exaspérante qu’une Carrie Bradshaw même si je préfère Zoé Félix dans ce rôle. Bref, je mate donc les 3 derniers épisodes en constatant que j’avais finalement été dure avec cette série qui propose pas mal de choses intéressantes. Peut-être aussi parce que dans ses épisodes, la vie de Clara s’effondre et je me suis légèrement identifiée à elle (période marasme, j’entends). Et surtout une scène où Clara s’effondre en larmes car elle a compris : son mec et elle, c’est fini.

Avez-vous déjà connu cette sensation ? Vous sentez que votre couple n’est pas à la fête, vous fermez les yeux très fort en vous persuadant que vous avez tort, que c’est juste une petite crise et que ça va passer. Jusqu’au signe, un truc anodin qui vous fait comprendre que ce n’est pas uniquement dans votre tête que ça ne va pas et que votre relation ne tient plus qu’à un fil. Un fil bien élimé en plus. Parce qu’il n’est pas dispo ce soir, parce qu’il semble ravi que vous sortiez avec vos copines, parce que vous avez voulu annuler votre soirée avec lui pour voir d’autres personnes, parce que votre dernier « je t’aime » est resté sans réponse. Vous vous raccrochez à votre dernier fil avec l’énergie du désespoir mais la fin est inéluctable : ça ne tiendra pas.

Face à un mur de 5 m de haut sans la moindre aspérité, vous êtes obligée de renoncer. Toutes les histoires d’amour ne finissent pas sur un « et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants », malgré tous les efforts qu’on peut faire. On peut y voir un échec si on veut, moi, je préfère me dire qu’on n’est pas faits pour vivre avec tout le monde. On a tenté, ça n’a pas marché, c’est la vie.

Sauf que quand tu percutes, tu t’effondres. C’est comme une douche froide en hiver, ça mord, ça griffe, tu te sens lacéré, déchiqueté, ton cœur se tord de douleur, tes tripes aussi. C’est une pierre qui te tombe dans l’estomac, un rocher qui tombe sur tes épaules et te cloue au sol. Tu hurles, tu te débats, tu penses que tu ne pourras jamais te relever. Tu penses à la vie sans l’autre, cette vie que tu ne peux imaginer. Tu es au bord d’un gouffre que tu pressens sans fond et tu essaies de te raccrocher comme tu peux pour ne pas chuter.

Parfois, tu fais durer un peu le supplice, dans un mauvais calcul. Vous savez tous deux que c’est fini mais tant que personne ne dit rien, c’est comme si ça continuait. Ton cœur se serre d’angoisse à chaque fois que tu le voies, de peur qu’il prononce les mots fatidiques. « Faut qu’on parle ». La tension devient lourde, intolérable, la moindre étincelle met le feu aux poudres. Jusqu’au jour où le fil craque définitivement « alors, c’est fini ? ».

Là, tu te sens plongé comme dans un lac froid et sombre. Tu souffres, tu as peur de ce lendemain où tu devras reprendre la route seul. Et en même temps, tu ressens comme un soulagement : le pantomime que vous jouiez depuis quelques temps et qui vous épuisait se termine enfin. Une sorte de sérénité de celui qui sait qu’il va se noyer : la fin est inéluctable. Il va falloir du temps pour renaître, se guérir, refaire confiance. Le travail de reconstruction, de réhabitude de la vie en solo te terrifie. On se promet de rester amis histoire d’attenuer le choc tout en sachant que ça fera plus de mal que de bien. Mais sur le moment, envisager la vie dans cet autre qui a tant partage avec nous est inimaginable.

Pourtant, au fond, on le sait, on finira par sortir de notre lac gelé pour repartir sur notre chemin. Ce chemin où on finira par trouver un nouvel autre.

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Vote utile, vote futile ?

Vendredi, discussion autour des plateaux de la cantine ? « Pour qui allez-vous voter ? ». Sur 6 personnes, nous avons 2 Hollande, 2 « je vais pas répondre », 1 Mélenchon et un « je sais pas, ça m’emmerde de voter utile au premier tour ». Zoooooom, focus sur cette sentence qui est, tu l’as compris lecteur, le sujet de mon article.

2002, je suis très jeune et un peu survoltée, l’effet fac communiste, peut-être. Le 21 avril, je dépose crânement mon enveloppe contenant le nom de Besancenot dans l’urne. Puis le soir, devant mon écran, la douche froide, la tarte à la rhubarbe maison qui ne passait plus et la nécessité de partir vite de la maison tant ma mère se réjouissait du résultat (elle est pas Le Peniste mais pas du tout du tout de gauche…). D’abord, je m’en suis voulue d’avoir fait ma révolutionnaire de papier mais quand j’ai vu tous les gens de ma fac de gauche ne pas avoir bougé leur cul jusqu’à l’isoloir (mais être néanmoins de toutes les manifs de l’entre deux tours), je me suis dit que moi, au moins, j’avais voté. Je pensais que Jospin passerait au second tour et que de voter extrême gauche serait un petit appel du pied, un « te droitise pas, mec ». Raté. 2007, j’ai été prudente, j’ai voté PS au deux tours et point.

Et 2012 ? Je n’ai jamais caché mon choix, je voterai Hollande. Par peur d’un remake de 2002 ? Non. Juste que, dès le départ, c’est le programme qui me convient le mieux, qui correspond le plus à ce que j’attends. Ah oui, c’est sûr, ça reste un programme raisonnable, « ça fait pas rêver » mais les autres non plus, pardon. Entre les programmes irréalistes, les candidats qui me font flipper et les idées qui ne me conviennent pas, au premier tour, ça ne peut être que Hollande. Et je le vis très bien. Pourquoi choisir un vote forcément exotique au premier tour ? Les crises de colère de Mélenchon me terrorise (c’est bien la peine de le reprocher à Sarko, c’est un peu pareil), Eva Joly, j’aime son accent et sa rhétorique mais le programme est un peu trop light, Nathalie Artaud… Ben j’avoue que je connais pas ses propositions (j’ai pas reçu les programmes encore). Quant à Philippe Poutou, il a l’air de bien trop souffrir le pauvre, laissons retourner à son relatif anonymat dès dimanche soir. Même si vendredi, je me suis offert un petit délire à base de « Non mais comme ce serait trop cool d’avoir un Président qui s’appelerait M. Bisous, ce serait génial ! ». Oui je suis fatiguée parfois. Et fatigante, oui, oui.

Mais celle qui « ne veut pas voter utile » au premier tour ne semble pas convaincue. On est deux à lui expliquer que non, on ne vote pas « utile », on vote par conviction. Mais j’ai la sensation que voter PS ou UMP au premier tour, c’est faire preuve de mollesse, de manque de réelles convictions. On doit être exaltés, on doit voter en dehors des sentiers battus. Même Bayrou, ça compte. Je dis pas ça contre Bayrou mais si y a un candidat du consensus mou et du vote sans danger, c’est bien lui. Pensez-vous sincèrement que les 20% environ qui votent PS ou UMP le font de peur d’une vague rouge ou marine ? Pensez-vous qu’on se retrouve avec un Président « second choix » ? Soyons raisonnables.On peut aussi voter par réel engagement pour ces gros candidats. Le 22 avil, j’appuierai sur le bouton Hollande (oui, je vote électronique moi) sans remords ni regrets. J’attends de ces élections une réelle alternance, je vote donc en fonction.

Maintenant, je respecte le vote de chacun, on peut effectivement voter « petit » candidat (je trouve ça un peu méprisant comme terme) parce que c’est le programme qui convient le mieux. Même Jacques Cheminade qui nous ressort depuis 10 ans son histoire d’ascenseur jusqu’à la Lune (mais bordel comment tu peux obtenir 500 signatures avec ça, sérieusement ?). Il n’y a de bon vote que celui qu’on fait en toute connaissance de cause, pas juste pour faire style.

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C’est toi la rentrée littéraire

Par Lucas

Chaque année, c’est la même chose.
Chaque année, les libraires n’ont pas de vacances.
Chaque année, il faut qu’ils choisissent parmi 300 nouveautés à mettre en place en rayon (au delà des 20 titres phares qui seront bien markétés par les maisons d’éditions et que tout le monde voudra lire).
C’est dingue ce pseudo événement de merde.
Je suis blaszzzzzzé
Par plein de choses.

Le fait tout d’abord qu’il faut créer  un événement pour qu’on daigne s’intéresser à l’actualité éditoriale. On est soi disant dans un pays qui lit. Quand je vois que le chiffre d’affaire du jeu video est de 40 milliards dans le monde (Courrier international du 20 août) je me demande comment faire pour rendre aux bouquins une présence plus grande. D’ailleurs, dans un article du NYTimes, (toujours dans CI), un auteur explique comment il a écrit son roman de SF en pensant à son adaptation en jeu vidéo. On ne pourra avancer dans le jeu qu’en connaissant  des choses racontées dans le roman…

C’est marrant cet imbroglio des deux mondes.
Ça me rassure aussi.

Pour moi les seules passerelles qu’il y avait entre le texte et l’image (mais un jeu n’est pas qu’une image…) c’était l’adaptation de roman en film.
Je suis défait les rares fois où je vais voir un film tiré d’un bouquin. Le pouvoir des mots est tellement plus évocateur que les images ternes qu’on nous sert…
Bon d’accord,  vous allez dire que les temps changent, que « les gens » ne veulent plus lire, gnagnagna.
Je soupire dans mon coin.
Et je ne parle même pas des mères de famille qui lisent Elle et Madame Figaro puis qui vont acheter des bouquins une fois que la critique est tombée dans ces bouses magazines…
Premier point

Vient ensuite, le fait que certains auteurs nous sortent un bouquin chaque année à cette même période. Quand je dis ça, je pense évidemment à Amélie Nothomb.
Son Voyage d’hiver sorti il y a une semaine ne m’a pas emballé.
Le Fait du Prince
s’est révélé niais et sans relief, là où elle aurait pu développer plein de trucs intéressants (oui avec des conditionnels, la vie est simple)
Ni d’Eve ni d’Adam
était un énième Amélie au Japon,
Journal d’hirondelle
avec son tueur né était chiant à mourir et.. oh !

Bah voila : il faut remonter à Acide Sufurique pour avoir un bouquin qui tienne la route où elle évoque et développe une réflexion implicite au texte sur la téléréalité (ici je fais un p’tit salut à mon ami Stan. Si vous ne savez pas pourquoi, lui il le sait).
Un bouquin qui m’avait fait croire que l’auteur d’Attentat et de Mercure avaient retrouvé de l’allant après Antechrista et Robert des Noms Propres. Bah non, faut pas rêver…

Bon, OK,  je fais une pause pour recevoir dans la face les centaines de réponses des lectrices et lecteurs offusqué(e)s devant mes partis pris (Mais arrêêêêêêteeu, moi j’ai adoréééééééé).
Voila, je vous remercie d’avoir râlé, n’hésitez pas à en rajouter, pendant ce temps là je continue.

Quand je reprends la liste des bouquins, je suis perplexe.
Cette année, les éditeurs de Marc Lévaille et Guillaume Mussal ont cru que ça allait le faire de sortir les derniers étrons de leurs poulains avant les vacances. Vous me direz, c’est toujours ça de moins à évincer sur les rayonnages. Bien sûr, j’ai feuilleté un peu les pages et j’ai pris la 4eme de couv de Musso. Là, j’ai baaaadé : San Francisco, une histoire d’amour, un truc inexpliqué, bref, la recette habituelle. D’ailleurs le premier témoignage d’une lectrice sur le site de la Fnac (oui je fais des bafouillles documentées) ledit témoignage est donc éloquent :

 » J’aime lire ses livres car il me transporte loin du train-train quotidien, il me fait rêver, voyager et quand arrive la fin je me dis déjà et attend le prochain avec impatience… »

Alors je pose la question,suis-je un pseudo intello de façade qui se la raconte en stigmatisant ce genre de bouquins ?
Bon vous me direz que les derniers bouquins que j’ai achetés ou empruntés n’étaient pas non plus des essais : le dernier Paul Auster,  » Man In the dark« , un Zweig que j’avais jamais lu « La confusion des sentiments« , « Le Japon n’existe pas » que je vous conseille, et « Eloge de Rien » un mini bouquin publié aux Editions Allia, une maison qui a une ligne éditoriale terrible avec des formats minuscules.

Restent quand même des poids lourds de l’édition. Bons ou mauvais.  Encore un Beigbeder, par exemple. Après99F, Nouvelles sous Extasy et l’Amour dure 3 ans (celui-là je l’ai adoré), j’ai essayé les autres mais j’ai décroché. La critique dit que c’est un roman très personnel. Mais ils le sont tous. Faut-il donc que je m’intéresse au dernier ?
Et puis quand on voit la flopée d’auteurs méconnus, on est perdu.
Comment choisir ? Sur quels critères juger ? La couleur flashy de la couverture qui attire l’oeil ? La 4eme de couv ? Le titre prometteur ?

Ma libraire nous fait des soirées tous les 6 mois pour nous présenter des coups de cœur qu’elle, son associé ou ses deux employés-etudiants ont pu avoir. En outre, elle met des petits cartons pastels sur les romans qu’elle a kiffé pour expliquer en quoi c’est un bouquin terrible.
Mais il y a en tellement…
J’ai adoré « Le Japon n’existe pas » et « Sur la Plage« . J’ai boucou aimé La formule préférée du professeur et « Fuck América« .
Entre autres.
Des centaines d’autres.
Pour les personnes qui n’ont pas une relation telle avec leur libraire et qui achètent leurs bouquins à la Fnac en s’arrêtant sur la tête de gondoles « nos meilleures ventes », quid juris?

Bon OK.  Ma libraire, est parfois complice.
Les auteurs connus à fort tirage sont mis en avant. Il faut bien qu’elle gagne sa vie. Quand je rentre chez ma libraire, juste devant l’entrée il y a un présentoir spécial, rempli des derniers Musso et Levy, ainsi que du dernier Kennedy, lequel a publié lui aussi un nouveau roman en mai : je n’ai lu aucunes critiques mais après la douche froide de « La femme du Vème », j’étais peu enclin à
me jeter sur le nouveau.
Vous allez me dire que Douglas a fait exactement comme Marc et Guillaume vu qu’il finit en queue de poisson en jouant la facilité avec un épilogue surnaturel…
Pour moi, c’est vraiment un coup de poignard dans le dos.

Ce qui était intéressant chez lui, c’est le fait qu’il prenne des faits de sociétés comme thème de roman : l’impératif de la réussite sociale dansl’Homme qui voulait vivre sa vie (j’ai adoré ce bouquin), le poids de l’image sociale dans Rien ne va plus, etc.
Là, c’est plus « un américain à Paris » mais sans le coté cinglant de l’humour anglais de « A Year in The Merde » ou romanesque de Hemingway et consorts.
Affligeant.

Je suis donc bien con de critiquer Mussal et Lévaille.
Pour autant, Mister Doug, peut-on esperer que l’opus sorti en mai est plus sympa ?
J’ai des doutes…

Je repense à Simenon et San Antonio, qui nous sortaient un roman tous les 6 mois (une fois, Simenon à mis 2 jours pour écrire un Maigret…).
Je pense à Mary Higgins Clark qui nous lâche des polars à la chaine.
Je pense à Higgins qui nous sort des épisodes de Sean Dillon tous les ans,
à Grisham qui nous pond un thriller juridique dans la même période.
S’il n’avait pas mourru si vite, est-ce que Stieg Larsson nous aurait sorti une nouvelle saga aussi efficace que celle qui peuple les tunnels de ma RATP ?

Vous allez surement me répondre que personne dans la vie ne choisit sa couleur, l’important c’est d’écouter son cœur. Les apparences et les préférences ont trop d’importance, acceptons les différences, c’est vrai, faut de tout tu sais, faut de tout c’est vrai, faut de tout pour faire un monde.
Oui.
Mais…
Ca m’agace quand même qu’on soit submergé à un moment « T « de bouquins en tout genre là où un livre génial sorti en mars aura plus de mal à se faire connaitre.
Bon c’est vrai que l’Elégance du Hérisson, avec tous ces passages reulou au-delà du sujet principal très prenant, ce bouquin donc était sorti en dehors des circuits et que ca n’a pas empêché un succès de masse. Comment l’expliquer ds ces cas là ? Le bouche à oreilles ? Le fait que l’auteur joue sur l’image des classes sociales ? Le fait que…
Peu importe…
J’aimerais bien avoir votre avis, tout de même !

Allez je vous laisse sur un test rigolo.
Lisez 10 pages d’un levaille ou d’un mussal puis allez lire un extrait des œuvres de JLB dans le roman La Petite Marchande de Prose de Daniel Pennac. Vous allez voir, ça va vous rappeler quelque chose…

Au fait, je ne regarde jamais la télé, mais est ce qu’il y a des pubs pour les bouquins ?

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C’est un peu comme une récompense, une éternité de jour de chance…

Mon Dieu, c’est beau comme du Obispo. Bon dernier article sur la Martinique et après je vous laisse tranquille avec ça. Quoi que vu notre climat hivernal, vous devriez me remercier de parler de lieux tropicaux. Bref, ce dernier article sera basé sur « et si je partais vivre en Martinique ou aux alentours façon Hélène et sa bande dans les Vacances de l’amour ». Evidemment, ce billet est dédié à Steve Haliguen, l’analyste absolu de la série (allez voir ses commentaires sur l’article).




Donc est-ce que j’ai envie d’aller vivre sous les tropiques, plaquer ma vie parisienne pour apprendre la plongée et devenir prof, tiens (c’est drôlement bien la plongée, j’ai adoré), faire du catamaran très souvent et même pécher des poissons volants (ça se mange ?), vivre toute l’année en short ou en mini robe avec des sandales compensées aux pieds ou des tongs ? Après une dure journée de labeur, courir sur le sable blanc ou noir voire rouge (oui, y a tout ça en Martinique) pour me jeter dans la mer en riant ? Bref, vivre ma vie comme Hélène et ses potes qui partent en vacances après avoir gagné au loto, grillent toute leur tune (tssss), restent quand même là bas en devenant propriétaires d’un watersport ou d’un bar (je suppose qu’ils ont regagné au loto entre temps). Bref suis-je motivée à l’idée de devenir une Robinson Crusoë des temps modernes ?

Non. Clairement non. Autant j’ai vraiment aimé la Martinique, autant l’idée d’y vivre ne m’enchante pas. Pourquoi ? D’abord le climat. Je ne sais pas si c’est mon quart de sang breton mais le soleil et la chaleur, ça n’est pas trop pour moi. Deux minutes, ça va, une vie, c’est impossible. J’ai déjà dit que j’avais la mélanine paresseuse et que je devais me protéger à coup de crèmes indice 50 alors bon… De plus, là bas, il fait moite et s’il y a bien une chose que j’ai du mal à supporter, c’est la moiteur. Je suis admirative des locaux, je sais pas comment ils font. Non mais on brocarde la langueur des Antillais mais c’est miraculeux d’arriver à bosser quand le moindre mouvement vous fait poisser. Chaque soir, je me délectais d’une bonne douche, même quand on n’a plus eu d’eau chaude (oui, on a eu inondation et rupture de canalisation mais ce dernier n’est pas lié au premier).



Ensuite, en tant qu’urbaine forcenée, arriverait un moment où la nature et les petites villes, ça me taperait sur les nerfs. Oui, c’est beau, les fonds marins sont magnifiques, le bateau, c’est rigolo… Mais après ? La seule ville digne de ce nom (en terme de taille, je veux dire), c’est Fort de France et pour le peu que j’en ai vu, j’ai pas du tout envie d’aller y vivre. Je comprends pourquoi Lucie n’a pas réussi à s’adapter à la vie là-bas : il manque d’activités. Le bateau, la plongée, la natation, ok mais en terme de culture, c’est pas super développé.  Et à force de tourner en rond, je finirais par devenir dingue.




Mais surtout, le pire de tout dans les Antilles, ce sont les prix. Tout cartonne et y a des choses dont on ne peut se passer. Quand Lucie vivait là bas, elle me parlait par exemple du prix des tampons, le double de celui de la métropole et pourtant, c’est pas vraiment quelque chose dont on peut se passer, ce n’est pas un luxe . Enfin pour les femmes. Tout est plus cher (faut les faire venir) mais le problème, c’est que les salaires ne suivent pas. Quand on visite certains coins, on comprend de suite mieux les émeutes de cet
hiver…




Bref, y vivre, non, je ne suis pas faite pour cette vie là. Par contre y retourner, oui !

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Entretien au café : deuxième !




Une nouvelle fois, je monte les trois étages pour me rendre dans les bureaux de Pubilon mais là, j’ai prévu le coup : j’ai mes baskets. Ils sont jolis et fins, on les voit à peine sous mon pantalon qui traîne par terre…




Un Asiatique m’ouvre et m’invite à m’asseoir. 5 minutes après, Rémi me récupère et me ramène au café en s’excusant de me faire monter à chaque fois, ce à quoi je réponds d’un air détaché : « c’est pas grave, ça me fait faire du sport ». Comme je joue trop la carte de la fille relax, quand même.


Arrivés à notre café, je constate l’absence du troisième larron, je vais supposer qu’il arrivera plus tard alors. Nous reparlons du poste, j’insiste une nouvelle fois sur ma motivation, lui sur la masse de travail en perspective mais même pas peur. Alors que j’étais armée pour jouer mes dernières cartes de candidate parfaite, l’entretien prend un tour auquel je ne m’attends pas : « vous pouvez commencer quand ? ». Pouvez, comme le verbe pouvoir au présent de l’indicatif et pas au conditionnel. Mais alors, ça voudrait dire… Oh putaiiiiiiiiin !



Stoïque, je sors mon agenda et regarde le calendrier. Normalement, j’ai un préavis de trois mois à effectuer mais je sais pertinemment qu’ils me laisseront partir au bout d’un seul. C’est pas comme si j’étais indispensable, comme nous avons pu le constater maintes fois. Donc on va dire le 09 mars. Ok et le salaire ? AÏE, le fixe qu’il m’annonce est trop bas par rapport à mes prétentions, je sens comme une douche froide sur mes épaules mais je dois insister. « Non, je m’attends à plus au vu du poste ». Finalement, le fixe augmente et la prime diminue, par-fait.



On se serre la main, on se recontacte très vite pour ma lettre d’embauche. Une fois hors de portée, je saisis mon téléphone avec frénésie. Vicky ? Répondeur. Ma soeur ? Répondeur. Gabriel ? Il est au courant pour le premier entretien mais nous ne sommes pas proches à ce point non plus. Ma mère ? Si je me démerde bien, je l’attrape entre son retour à la maison et sa douche. Mais qu’est-ce que je me sens seule au monde pour le coup ! Je suis ivre de joie et personne à qui tout raconter, c’est nul. Heureusement, j’arrive à attraper ma mère qui avait un pied dans la douche.

« Mamaaaaaaaaan, j’ai une bonne nouvelle !

– Tu as eu une augmentation ?

– Non, je démissionne !

– Ah bé carrément ! »





Je lui raconte mon poste, elle ne comprend rien (normal, je ne comprends moi même rien à toutes les opérations qu’elle effectue sur les patients), elle croit que je vais travailler dans l’Histoire mais alors pourquoi je lui parle de blog ? Okayyy, je lui montrerai quand j’aurai commencé, plus simple. En tout les cas, elle est ravie car mon père et elle avaient bien compris que mon taf actuel n’offrait aucune évolution et ne correspondait pas à mes capacités. Et encore, je ne lui ai pas raconté le tiers de toutes les vexations dont j’ai été
victime.


Ma soeur et Vicky sont elles aussi mises au courant, c’est la fête, je suis excitée comme une puce mais je n’aurai pas le temps d’aller à la piscine me défouler. D’un autre côté, je ne réalise même pas quel pas je viens de franchir, que je vais grimper sur un nouveau barreau de l’échelle et que je vais avoir des responsabilités, des vraies. C’est même moi qui vais faire passer les entretiens à des stagiaires qui bosseront sous mes ordres… Ouais non, ça, c’est vraiment pas ce qui me plaira le plus (les entretiens, je veux dire, j’aime l’idée que
je pourrais être un mentor pour les stagiaires, ce qui est très prétentieux).





En attendant, va falloir que je l’annonce à mes collègues, maintenant.

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Le démon tentateur

Lors de mon article sur la fidélité, j’ai parlé de Fabien, le gars qui m’a rendue folle de désir pendant une bonne année. Trois ans après, j’avoue que s’il apparaissait sur le pas de ma porte, je lui sauterais dessus sans attendre. J’ai hésité à écrire cet article car peu de mes amis sont au courant de cette histoire, j’en ai parlé à personne pendant longtemps.

Tout a commencé mi-octobre 2001. Je rappelle au non-Toulousains que quelques jours plus tôt, l’usine AZF avait explosé, rasant au passage la fac du Mirail. Du coup, mon directeur de maîtrise organise une réunion avec ses étudiants à l’IEP, dans une salle minuscule mais là n’est pas l’important. Je monte les escaliers et je vois une petite rousse me regarder et faire : « ah, en voilà une de plus ! ». Bien, je suppose que cette fille est en maîtrise avec moi, je ne vois pas du tout qui c’est. Bon, on discute de nos sujets, je reconnais quelques élèves qui étaient en cours avec moi en licence. A la fin, mon prof, M. Gris, nous parle du bulletin d’information du groupe de recherche, demandant s’il y a des élèves qui veulent y participer. C’est une première expérience de journalisme intéressante. Je m’empresse de me proposer, persuadée que ça allait être la cohue mais seule la rouquine et moi postulons. Un grand gaillard à la voix grave magnifique en profite pour prendre la parole et parler d’une émission de radio parrainée par le groupe de recherche, s’il y a des volontaires… Je le connais, ce gars : il était en cours de contemporaine avec moi l’année précédente et c’est l’une des personnes les plus cultivées qu’il m’ait été donné de rencontrer. Il me semble un peu prétentieux mais il va participer au journal aussi donc je garde mes préjugés pour moi. Il présente son voisin, Rachid, que je savais intéressée par le journalisme car on en avait parlé l’année précédente. Nous voici quatre sur le journal : Elodie la rouquine, Julien à la voix suave, Rachid et moi. Il y a un cinquième dans le coup, un thésard. Soit.

 
Premier contact

Et là, le thésard rentre et…rien. Il se la pète un peu et il m’énerve. M. Gris le prend en exemple : « demandez à M. Colbert, demandez à M. Colbert » et l’autre, il a l’air d’exulter. Mais bon, il veut travailler sur le journal aussi donc pareil que pour Julien, j’attends avant de le condamner. On part tous les cinq discuter dans une salle voisine et je constate que le thésard a des auréoles sous les bras, il est en T-shirt, je suis en pull et je pars sur des considérations débiles sur le fait que j’ai froid et que lui, il a chaud. Oui, je sais, des fois, je pense vraiment n’importe quoi. On parle d’abord du journal et une fois les sujets arrêtés, le thésard, qui s’appelle Fabien, se tourne vers Elodie et moi, le regard brillant : « Bon, les filles, ça vous tente, la radio ? ». Oh oui, je suis tentée mais réfléchissons : j’ai une maîtrise à faire, je bosse de temps à temps à la Poste, me voilà engagée dans un journal, puis-je assumer une émission de radio hebdomadaire ? « Ok ! ». Après tout, mon idéal professionnel, c’est le journalisme, pas prof ou guichetière à la Poste.

Enthousiasmée, je repars avec Elodie qui vit près de chez moi, on discute, on est très motivées, malgré le temps que ça nous prendra. Semaine suivante, rendez-vous à la radio, installée dans un ancien magasin de lingerie… En fait, au départ, rien n’était aménagé : les vitres décanillées par AZF, un lourd rideau de fer qui clôt la vitrine, une salle d’enregistrement en sous-sol avec la peinture qui s’écaille, on se croirait à Radio résistance. Bon, ok, ça ne paie pas de mine mais on s’en fiche, l’important, c’est d’avoir le matériel pour travailler correctement. Tous les cinq, on s’installe dans la salle principale, vide, on discute des sujets qu’on veut traiter. Mon regard croise régulièrement celui de Fabien et… mince, je suis troublée. Brun, des yeux magnifiques (noisettes avec des éclats dorés) qui pétillent, un beau sourire… Mais je suis une patate mariée, calme-toi, ma fille. A un moment, on parle de nos provenances géographiques et là, il me révèle qu’il est de Perpignan. Là, je me prends une vague de nostalgie de plein fouet : Perpignan, la ville où vivaient mes grands-parents quand mon grand-père que j’adorais était en vie. On descend au studio d’enregistrement et je m’arrange pour me retrouver toujours à côté de Fabien. La semaine suivante, rendez-vous chez moi, j’espère qu’il arrivera le premier. Raté, il arrive en dernier, il avait oublié la réunion . Zut.

Première prise

Première émission, on invite M. Gris comme intervenant. On lui pose nos questions, on est tout crispés, une horreur. A un moment, déclic ! Une contradiction dans ses propos et je le lui fais remarquer. Il rie et me répond avant de conclure : « maintenant, je serais vous, je m’inquiéterais pour votre maîtrise ! ». On finit l’enregistrement, M. Gris s’en va et on écoute quelques sons de l’enregistrement, Fabien me complimente sur ma voix et sur ma super question piège. Je fonds ! A partir de là, j’omets de plus en plus de parler de Guillaume, étrange… Chaque fois qu’il me frôle, j’ai des frissons. Je rêve de lui à chaque fois qu’on se voit, mes rêves se font de plus en plus torrides : d’abord de simples bises appuyées à des baisers passionnés avant d’arriver aux brouettes intensives. Je me souviens d’une nuit où j’ai rêvé qu’on faisait l’amour la nuit sur la terre, je crois que c’était la guerre mais je ne suis plus très sûre. Le matin, je me réveille, excitée par mon rêve de la nuit et me voilà à côté de Guillaume. Dieu merci, je ne parle pas en dormant. Autre rêve hautement révélateur : on sort ensemble clandestinement. A un moment, on se retrouve sur un matelas posé sur un vieux sommier à ressorts sous une fenêtre dans une pièce style chambre de bonne, on commence à s’exciter et il me dit : « non, ce n’est pas bien, on peut pas faire ça ! ». J’acquiesce, on sort de la pièce, il y a une histoire de vidéoclub mais on ne peut pas s’empêcher de s’embrasser. Merveilleuse métaphore de mes sentiments : non, je ne dois pas craquer sur Fabien, ce n’est pas bien. Mais je ne peux m’en empêcher.

L’avantage, c’est que les occasions de se voir sont nombreuses : préparation des émissions, réunions pour le journal, enregistrement des micro-trottoirs… On se voit à peu près toutes les semaines, parfois plusieurs fois. Un soir, la réunion a lieu chez lui. Je récupère Elodie et on se rend chez lui, on le retrouve sur une place en compagnie de Julien. On discute en attendant Rachid mais après une demi-heure d’attente dans le froid, on renonce : il nous appellera. Il nous guide jusqu’à son appart, on rentre et là, c’est l’explosion : à l’intérieur, une splendide brune aux yeux bleus, Sandra. Mince, il avait une copine ! Bon, je me fais une raison : c’est mieux ainsi. Pourtant, Fabien est bizarre avec elle : pas la moindre attention. A un moment, je reçois un coup de fil de Lucie qui m’annonce que Gauthier veut abandonner ses études. On s’énerve joyeusement toutes les deux et quand je rejoins l’équipe, je fais une gueule pas possible, Fabien me lance un regard de connivence. Il me veut quoi, lui ? Sa copine est tellement plus belle que moi…

La rivale

On dîne, ça se passe bien, Sandra est plutôt sympa et je suis fière de moi : finalement, j’ai tiré un trait toute seule comme une grande, c’est bien ! Par contre, je trouve Fabien pas du tout affectueux avec elle, ça me déçoit un peu : il n’a rien du petit ami idéal. A la fin de la soirée, on se fait la bise, il pose sa main sur mon épaule, comme d’ordinaire et là, encore ce foutu frisson. C’est pas vrai ! Je me couche, un peu triste. Mais c’est mieux comme ça. C’est mieux comme ça. Ouais, l’autopersuasion, ce n’est pas terrible. Le lendemain, je rejoins Elodie à la cafétéria pour bosser sur une émission de Noël. Guillaume est là, je lui fais un bisou et rejoint ma nouvelle grande amie. On discute, on travaille puis, à un moment, on revient sur la soirée précédente. A un moment, je parle de Sandra, disant quelque chose comme : « elle est sympa la copine de Fabien. » « Mais c’est pas sa copine ! » Mon cœur explose de joie : c’est vrai ? Elle n’a pas de preuve mais elle trouve qu’ils n’avaient rien d’un couple, ce que j’avais remarqué aussi. Mais qui est-elle donc ? Peu importe, peu à peu, je l’efface de l’équation.

Peu de temps après, un nouvel arrivant rejoint l’équipe. En fait, Rachid n’est pas venu le soir où on l’a attendu. En fait, il avait abandonné sa maîtrise pour faire une maîtrise science politique et il n’avait plus le temps. Bon, honnêtement, j’ai fait la même maîtrise l’année suivante, c’est surtout qu’il n’avait plus la motivation. Lors de la seconde émission, il avait refait l’introduction 10 fois car il n’y arrivait pas… En cours de M. Gris, on doit faire un exposé sur une maîtrise déjà réalisée (histoire qu’on lise AU MOINS un mémoire avant de rédiger le nôtre). Tout le monde se disputant pour l’analyse de presse, je me rabats sur l’étude multidimensionnelle d’un événement : la mort de Lady Di (véridique). A la fin du cours, un jeune homme blond aux yeux verts vient me voir et me dit qu’il a pris l’exposé avec moi. Ah, ok. Quelques jours plus tard, on enregistre une émission à la con pour Noël, un quizz débile concocté par Elodie et votre dévouée. Julien ramène deux potes à lui dont mon collègue d’exposé, Maxime, de son prénom.

Lors de cette soirée, mon auréole se cabosse un peu. A un moment, le deuxième pote de Julien râle car il a eu une grosse boule comme cadeau de Noël. Un peu saoule, je lui fais : « vaut mieux une grosse que deux petites ! » (du grand n’importe quoi, en somme). A partir de là, je suis la cochonne de service et j’en joue, je me fais chatte, surtout quand je parle avec Fabien qui me le rend bien. Mais rien, il ne se passe rien que ce jeu gentil de flirt, peut-être l’ai-je même imaginé, je ne sais pas. Ma relation avec Guillaume s’en ressent un peu : un matin, je l’appelle en larmes car « je me pose des questions sur notre couple ». Je dors beaucoup : dans mes rêves, je retrouve Fabien. Pourtant, je sais qu’on ne s’entendrait pas en tant que couple, il est trop lunatique, un peu colérique : on s’engueulerait au bout de deux jours. Mais j’ai envie de lui comme une folle. De plus, au même moment, Elodie qui était avec son mec depuis 4 ou 5 ans se sépare de lui pour sortir avec un… Fabien ! Quel modèle troublant…

 
Désir brûlant

Le temps passe, je supporte pas de pas le voir. Quand il part quinze jours en Egypte, ça me paraît une éternité. Un jour, le « drame » arrive : Guillaume et Fabien se rencontrent sans que j’y sois préparée. En fait, Fabien ne venait jamais à la fac mais ce jour-là, je le vois devant l’UFR d’histoire en grande conversation avec mes collègues de radio et M. Gris. Guillaume à ma gauche, Fabien devant, je manque d’air. N’ayons l’air de rien, je rejoins mes amis alors que Guillaume reste en arrière. Fabien me demande discrètement si ça va. Enlève les étoiles que tu as dans les yeux, me dis-je. Mais Guillaume ne voit rien. Il ne voit tellement rien qu’une fois, on parlait de Fabien, je lui disais que je ne savais pas s’il avait une copine ou non et il me fait : « Non, ce mec a une allure de célibataire ». Précisément ce qu’il ne fallait pas dire !

Il ne se passe toujours rien, on plaisante, il me cherche un peu. Mais Julien aussi (alors que lui est fiancé, il s’est marié depuis d’ailleurs), il me gratifie une fois d’un joyeux : « t’es bonne ! ». Merci chéri, j’adore ! Et Fabien acquiesce. Non, pourquoi tu me tortures comme ça ? Dis-moi que je suis moche, ne me regarde plus avec ce petit sourire. Arrête de planter tes yeux dans les miens, révèle-moi l’existence d’une petite amie dont tu es fou amoureux… Arrête de poser ta main sur moi quand tu me fais la bise ou sur ma taille, un soir de beuverie. Arrête, arrête… Non, n’arrête pas… Bon, voilà, je suis toute perdue.

L’année avance. Un jour, Julien m’appelle, on discute et il me dit : « je vais aller à un cours de M. Gris pour trouver nos successeurs ». Quelle douche froide ! Mon cœur se déchire : non, ça ne peut pas se finir maintenant. Alors, ce sera l’été et on ne se verra plus ? Ce n’est pas possible, je vais en mourir. La structure de l’équipe a un peu changé, Elodie a pris des distances pour terminer sa maîtrise (ce sera la seule à l’avoir, cette année-là : j’ai pris une année de plus, Julien et Maxime ont abandonné mais ça n’a aucun rapport avec notre activité radiophonique). Je me retrouve la seule fille au milieu de trois mâles et Maxime semble très intéressé par ma personne. En fait, j’ai de très bonnes relations avec Maxime : on a travaillé souvent seuls pour notre exposé, il a vécu un an au Canada, mon pays préféré, celui sur lequel je fais ma maîtrise… Forcément, ça rapproche. Un jour, on se met à la technique, tous les deux (en gros, il faisait tout, j’ai appuyé sur deux boutons). Je glisse un CD dans le lecteur, il envoie la musique et là, il me regarde bizarrement et me sort un langoureux : « Merci ! », des étoiles plein les yeux. Je rougis et je bégaie un : « mais de quoi ? ». « D’avoir mis le CD… ». Seigneur, il me fait quoi, lui ? L’été suivant, on se verra plusieurs fois seuls pour boire un verre, il est dégoûté d’avoir été pris à l’école de journalisme et pas moi (« je ne connais pas de personne plus motivée que toi pour faire ce métier, c’est dégueulasse ! »). Il me parle d’une fille avec qui il était sorti en fin d’année scolaire et me fait : « je ne ressentais pas la même chose pour elle que pour toi… ». J’ai jamais trop su ce qu’il avait ressenti pour moi mais j’étais un peu gênée. Que tout ceci est compliqué !

A suivre…

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