Dynastie : le soap que j’aurais adoré écrire

Nous sommes dimanche et à l’heure où vous lisez cet article, il est possible que je sois en train de me vautrer dans mon plaisir coupable : taper mes articles devant Dynastie (et Riverdale, j’en parlerai peut-être un jour si j’ai quelque chose à en dire). Oui, on sait, j’aime les soap operas, les télénovelas et ces trucs nuls. Sauf que là, Dynastie atteint une nouvelle dimension, celle du “on n’en a plus rien à foutre, YOLO”.

Dynastie, casting 2017

En fait, j’ai un peu regardé par curiosité au départ, un jour de rien, certainement, pour m’occuper. Première impression : c’est vulgaire. C’est atrocement vulgaire. On recouvre les personnages féminins de strass et de bling bling (mais le bling bling Pimkie de ma jeunesse avec des chemises en satin fluo et de la fausse dentelle), Fallon et Crystal alignent les punchlines de vannes de façon aléatoire, Blake est mi doux gentil, mi homme d’affaires méchant ohlala, tout le monde se ment, y a du secret partout… Mais des secrets découverts en cinq minutes, des mystères résolus en 3 épisodes, des personnages qui ne servent un peu à rien mais qui serviront peut-être plus tard… Bref, j’étais peu convaincue. J’allais lâcher l’affaire jusqu’à ce que je réalise… ils se foutent clairement du truc et font strictement n’importe quoi. Et c’est ça qui est bon.

Dynastie 2017 : Fallon et Monica

J’ai l’impression qu’à la base, sur les quelques premiers épisodes avec direct un accident mortel et un meurtre, ça se prenait grave au sérieux, tout semblait grave… Et puis y a un basculement. Notamment autour du personnage de Fallon. Pour ceux qui n’auraient pas regardé, je vous raconte rapidement : on suit l’histoire de la famille Carrington avec papa Blake, fille Fallon et fils Steven. Fallon pense devenir la directrice de la comm de Carrington Industrie parce que même si elle est jeune, elle est une excellente négociatrice mais elle se fait coiffer au poteau par Crystal… qui devient au passage sa belle-mère. Autour de la famille Carrington, on a le majordome qui se mêle de tout (mais qui est assez sympa comme personnage, je trouve), Sammy-Jo, le neveu de Crystal (point rigolo : dans la version originale de Dynastie, Sammy-Jo était une femme… et était interprétée par Heather Locklear), Culhane le chauffeur qui culbute régulièrement Fallon sur le siège arrière de la Limo, Jeff qui récupère la petite Fallon blessée dans son orgueil pour monter une entreprise concurrente de Carrington Entreprise… mais qui finit par la culbuter sur le bureau tandis que la soeur de ce dernier, Monica, va récupérer Culhane qui a rompu avec Fallon. Oui, ça fait plein de sacs de noeud.

Dynastie, Fallon, Blake et Crystal

Quand j’étais plus jeune (et plus désoeuvrée), j’avais pour ambition d’écrire mon propre soap parce que c’est rigolo, ce côté “tous pourris, tous manipulateurs mais aussi manipulés, machin sort avec l’ex de truc parce que tout le monde est l’ex de quelqu’un, de toute façon”. J’avais même une feuille de route avec qui sortait avec qui et qui devait sortir avec qui, qui était sorti avec qui… Avec quelques kidnappings, chantages et trahisons au passage. Depuis quelques temps (années), je me dis que ce serait drôle d’en écrire un à nouveau et de le publier sous forme d’épisodes sur un blog maiiiiis… bah j’ai moyen le temps. Et voici que Dynastie new generation réalise ce soap qui germait dans ma tête depuis des années. Fallon, c’était ma Kirsten à moi (oui, ma femme ambitieuse et manipulatrice s’appelait Kirsten parce que j’aime bien la sonorité). Avec quelques punchlines parfois bien trouvées comme ma préférée : épisode de Noël, ça vire à la bagarre entre Crystal et sa soeur dont j’ai oublié le prénom (Iris ? Ines ?) et elles terminent à tomber dans le sapin, patatras, tout par terre et Fallon de crier “Joyeux anniversaire Jesus !”. Je vais me faire un gif de ce passage.

Fallon punchline Dynastie

Ah bah suffisait de chercher… Y a un tumblr entier dédié à Fallon, lien en cliquant sur le gif

Bref, un soap qui reprend tous les codes du genre sans se prendre au sérieux, c’est absolument délicieux… Bon, j’ai toujours un souci avec le côté marbre en plastique et femmes habillées en Missguided qui se la jouent femmes distinguées (non) mais pour le reste, si le schéma de l’histoire est un éternel copier/coller, j’avoue avoir une certaine affection pour Fallon, femme indépendante qui n’a besoin de personne pour réussir et surtout pas des hommes… et Crystal qui, même si elle accède à son poste de directrice par le biais du mariage, est loin d’être une jolie potiche.

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Le boulot, c’’est fendard !

En ce moment, j’aime ma vie, y a pas à dire. Est-ce le fait de reprendre le rameur ? Est-ce parce qu’il refait beau ? Est-ce le fait que des hommes fascinants s’intéressent à moi ? Enfin bref, en ce moment, je suis bien dans mes baskets. Et niveau boulot, ça va bien. Bon, je suis totally débordée mais y a vraiment des jours où on rigole bien.

 
Jeudi soir, réunion hebdomadaire. « Bon alors, on se retrouve à 19h30 pour avoir fini vers 22h ». Résultat, je suis rentrée en taxi car j’avais raté le dernier métro.Mais nous n’avons pas passé tout ce temps à taffer, nan, nan, nan. En fait, la réunion en elle-même s’est terminée vers 22h30, 23h puis nous nous sommes collégialement dirigés vers la pizzeria en bas avec un serveur trop mignon, miam miam ! Je l’aurais bien mangé à la place de ma pizza. Bref, on mange, on discute, y a une petite jeunette de 21 ans (la garce, elle m’a piqué ma place de benjamine !) qui était fan de tout le monde, même de moi. Il faut savoir qu’au boulot, je suis radicalement différente, c’est à dire que je suis discrète et sérieuse. Normal, je suis pas là pour faire la fête. Me souviens, quand je faisais un stage dans un canard local, chez mes parents, un journaliste m’avait dit : « mais faut pas être réservée comme ça ! », ce qui a fait rire mes amis. Réservée, moi ? Ben si tel était le cas, je pourrais changer de suite de métier. Mais bon, passons. Donc en réunion, je suis la calme qui rigole aux blagues d’Isa, qui sort une connerie de temps en temps mais grosso modo, moi, je suis pas payée pour amuser la galerie. Et comme je suis la seule à être payée, justement, je fais la sérieuse.
 

Mais bon, jeudi, c’était pas pareil. On va au resto et le vin aidant, on commence à parler cul. Bon avant, on a expliqué à un nouveau de l’asso la différence entre plaques à induction et vitro-céramique et pourquoi un wok et une sauteuse, c’était pas pareil. Mais après, on en arrive au débat que tout le monde aime, celui où (presque) tout le monde a quelque chose à dire : le sexe. En fait, c’est Simon, le Président de l’asso qu’a commencé. Simon, je le vois les ¾ du temps en costard, il travaille dans une grande institution (je dirai pas laquelle), il est prof à HEC, à Sciences Po, je crois, aussi, il prépare toujours un DEA de quelque chose, bref, la tête. D’ailleurs, la petite de 21 ans, Latifah, l’avait eu en cours au lycée pour une sorte de prépa Science Po. Donc Simon, qui n’a pas toujours l’air très drôle, quoi, commence à dire : « Moi, j’adore quand ma nana invite ses copines à dîner, je me fais discret, pour qu’elles m’oublient un peu et là, elles commencent à parler cul, c’est génial ! ». Flora renchérit sur le sujet : « Ouais mais nous, on parle pas de cul pareil. Les mecs, vous faites les fanfarons, nous, on partage ». Et c’est carrément vrai. Perso, je me vanterai jamais de mes prouesses sexuelles (sauf avec Gauthier), en général, je parle plus des sensations. En gros, je dirai pas : « on l’a fait 5 fois cette nuit » mais plutôt « putain, ce mec est un Dieu au lit, j’ai jamais autant joui de ma vie ». Et on se conseille, on échange… Le but n’est pas à celle qui en aura fait le plus mais de dire ce qu’on aime ou pas, éventuellement pour inspirer les copines. Evidemment, y a des exceptions mais c’est comme tout. Après Flora a expliqué qu’on ne disait jamais du mal de nos exs, sauf s’ils nous avaient fait un coup de pute. Et c’est vrai, du moins sur le plan sexuel. Je pense avoir rarement été méchante en parlant d’un de mes ex amants, sauf peut-être avec Benoît mais c’était vraiment un sale enfoiré (et le plus petit zizi que j’ai croisé en plus et c’est vrai mais je pense pas qu’il y ait un rapport de cause à effet). Et c’est là que j’ai appris que la demoiselle était sortie dix mois avec un « people » (un journaliste qui a travaillé à Nulle Part Ailleurs et qui est maintenant chez Ruquier mais je ne dirai point son nom pour pas être accusée de calomnie)et elle lui a taillé un short assez impressionnant au petit. Mais comme y avait des hommes avec nous, je n’ai point su certains détails croustillants que j’aurais répété à Gauthier qui savait même pas qui était ce people (pfffffffff !). D’ailleurs, Flora, faudra que je la présente à Gauthier parce qu’elle est géniale cette fille. Elle a l’air toute calme comme ça mais elle sort de ces trucs ! Puis elle est super belle, en plus. Je serais lesbienne, je serais amoureuse d’elle (mais bon, je le suis pas et elle non plus et en plus, elle a un mec donc débranche de suite la machine à fantasme, lecteur à tendance mâle hétéro ou femelle lesbienne).

De là, Simon nous raconte des anecdotes. Comme le fait qu’à 15 ans, il roulait des pelles aux copines de son frère qui avaient 18 ans ou comment il s’était retrouvé quasi à poil en bas d’un immeuble à 2h du mat car le papa de sa nana venait de rentrer. Ou encore, la meilleure, quand il passe à 1h du mat’ chez une nana pour la sauter et qu’il tombe nez à nez avec le mec de cette dernière (il était au courant pour le mec mais la réciproque n’était pas vraie). Ni un ni deux, il a sorti des feuilles de son sac et les a donné à la nana : « Tiens, tes cours d’allemand » avant de se barrer. Il a jamais su si ça avait marché ou pas son stratagème car il a pas revu la nana. Et là, j’ai vraiment envié Latifah. Je rêverais qu’un de mes anciens profs me raconte ça, ce serait excellent ! Bien qu’il y en a un qui m’a raconté qu’il devait arracher le string d’une strip-teaseuse avec les dents, une fois… Il aimait beaucoup ses petites étudiantes, ce prof, ceci explique cela.

 

Bref, cette petite soirée a permis de découvrir un peu plus de la personnalité de chacun et c’était vraiment bien. Mais il m’est arrivé autre chose, depuis, c’était dimanche. J’étais donc allée à la conférence de M. Jack Lang au cirque d’hiver de Paris (c’est super joli comme endroit mais il faisait un peu 40 degrés, pas cool) avec une collègue, Véronique, journaliste professionnelle. Bon, la conférence se passe, on traîne une heure pour essayer de parler à sa directrice de comm ou je sais pas quoi car elle avait rencontré Simon et Michel à l’université du PS. Bon, je tiens à préciser que Véro était venue car « elle, elle est forte pour attraper les gens » (dixit Simon) et qu’une fois qu’il a fallu attraper des gens pour leur parler, c’est moi qui ai dû tout faire. Bref, avec Véro, on parle avec la nana puis on se casse, on rentre dans la station de métro et là, c’est parti pour un grand moment de n’importe quoi. Bon, il faut dire que j’avais eu la grande idée de mettre une jupe avec des bas qu’on voyait un peu selon le mouvement de la jupe mais quand même ! Un mec chelou nous croise, je trace, il touche Véro derrière, je me retourne mais apparemment, ça doit pas être trop grave puisqu’elle dit rien. On arrive aux portiques, je glisse ma carte et là, je sens deux mains sur mes hanches qui ne sont pas les miennes : le mec, un type d’une cinquantaine d’année tout cuité. Donc je lui gueule de pas me toucher et on se casse. Pas de chance, il nous retrouve sur le quai donc il commence essayer de me toucher les cheveux et je lui aboie de pas me toucher. Il me demande pourquoi, je lui explique très sèchement qu’il n’a pas à me toucher et que je n’ai pas à me justifier. Donc, là, il me dit « tu as peur de l’orgasme, c’est quoi l’orgasme ? » un truc du genre, je réponds même pas, Véro parlemente un peu et il lui demande si elle est jalouse qu’il me préfère à elle (n’importe quoi !). Il nous dit que les Françaises sont méchantes donc Véro lui répond qu’on est effectivement racistes, antisémites et tout ça, comme tous les Français quoi. Après qu’il m’ait à nouveau touchée les cheveux et que je me sois à nouveau énervée, le métro arrive, j’entraîne Véro plus loin dans la station mais il nous suit. On grimpe dans la rame, on s’asseoit au milieu d’un groupe de jeunes. Le mec arrive et demande au jeune en face de moi de se décaler pour se retrouver donc pile sous mon nez, je demande au jeune de pas le faire. On parlemente quelques secondes comme ça et le super collant dit un mot en slave (j’ai pas reconnu la langue exactement… Enfin, je parle aucune langue slave, ça aide pas) et là, le jeune se lève, toise le vieux et le pousse. Pas de chance, il était de la même origine, ses copains s’en mêlent, ça pue la castagne et avec Véro, on se pousse. Dieu merci, on arrivait à République, on s’est barrées en courant : comme y a plein de lignes, une fois hors vue, impossible de nous retrouver. On en a ri, après, je me suis limite demandé si c’était pas une caméra cachée parce que le mec slave qui tombe sur un groupe de la même nationalité, c’est quand même énorme. En tout cas, ils nous en ont débarrassés et franchement, Dieu Merci car on se séparait à République, Véro et moi, et ce mec, je le sentais vraiment pas, j’avais pas envie qu’il me colle jusqu’à chez Gauthier. Vous allez me dire que j’aurais peut-être dû lui foutre une baffe mais avec ce genre de personnes, on sait pas comment elles vont réagir…

Bref depuis que je travaille, c’est fou le nombre de petites anecdotes marrantes que j’ai à raconter ! Plus tard, je vous parlerai de ma conférence Jack Langienne.

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