Te rendors pas citoyen !

Les élections sont passées, nous sommes officiellement en Macronie et je n’avais encore rien dit sur le sujet… parce que j’ai pas eu trop le temps, en fait. Une retraite yoga à Barcelone le week-end dernier, du boulot cette semaine. Mais il est temps de sonner la fin de la récré : vous êtes contents de pas avoir Le Pen comme présidente ? Nous le sommes tous (enfin, sur ce coin du web, je pense). Mais va pas falloir crier victoire trop vite car je pressens que le pire nous attend. Te rendors pas citoyen, la vraie lutte commence maintenant.

lutte sociale

Durant la campagne, on a brandi les drapeaux du pire à coup de grandes comparaisons historiques souvent foireuses. Car si le nazisme n’est, in fine, qu’un effroyable accident de l’histoire, le fascisme, lui, s’incarne régulièrement ça et là sur le globe, sous des noms différents. Le nazisme était d’ailleurs l’un de ses pires avatars. Je vais pas vous faire l’histoire de tous les fascismes mais en gros, on a trois ingrédients : populisme, nationalisme et totalitarisme. S’il serait intellectuellement malhonnête d’affirmer que le FN contient le 3e ingrédient (bien que tout nous pousse à le croire), les deux premiers sont indiscutables. Mais comment ces gens-là arrivent au pouvoir, allez-vous me demander (si, si, je vous entends poser la question). Il n’y a pas une histoire précise mais on note souvent quelques éléments comme un pouvoir affaibli et impopulaire et une inflation galopante (cf Italie ou Allemagne)… Et sans vouloir jouer les Cassandre, ça s’annonce mal pour nous. Cf la République de Weimar qui glace le sang si on joue à comparer

Mussolini Si

Parce que là, qu’est-ce qui se dessine ? Un Président sans histoire ni consistance qui va nommer un gouvernement avec un peu de droite, un peu de gauche, un peu de centre. And so what ? La politique qu’il entend mener, s’il respecte son programme, s’annonce une catastrophe pour les classes moyennes, celles qui ont déjà tendance à voter FN. Or si dans cinq ans, les citoyens insatisfaits auront quoi comme alternative pour ne pas reconduire Macron et ses amis ? En poids lourd : le FN et la France insoumise (je compte pas les républicains et le PS (déjà, pourquoi même en parler…) car ils seront pour certains dans le gouvernement annoncé donc ils ne sont pas une alternative crédible). Tiens, voyons, les nationalistes et les communistes qui se déchirent un pays en difficulté, ça rappelle vaguement quelque chose. Oui, ok, la France insoumise, c’est pas non plus du communisme, laissez-moi un peu schématiser, vous l’avez bien fait pendant l’entre deux tours en criant qu’Hitler avait été élu (nope) et qu’il fallait faire barrage. Or au vu de l’entreprise de dénigrement systématique envers la France insoumise, correspondant à son envolée dans les sondages (c’est rigolo le hasard) et la volonté de Macron de ficher les militants d’extrême gauche, on sent que ça va être une putain de gueule de bois, 2022.

Antifascisme extrême gauche

On a évité le pire cette année, en partie parce que Marine Le Pen a fait une mauvaise campagne et n’a pas obtenu la première place au premier tour. Parce que je peux vous dire que dans ces conditions, j’aurais peut-être revu mon projet de m’abstenir. Mais là, c’était safe. Par contre, 2022, ça risque de craindre et assez méchamment. Heureusement, nous avons nos connaissances historico-politiques et cinq ans. C’est long et court à la fois cinq ans. Alors toi, la France des lettres ouvertes qui s’est sentie si impliquée pendant l’entre-deux-tours, ne crois pas que le péril brun est écarté et que tu peux te relâcher. Au contraire, il ne fait que commencer.

te rendors pas

Pour ma part, je vais utiliser ma meilleure arme : l’écriture. Pas ici, ailleurs, sur un blog dédié avec un autre pseudo (parce que trouver un pseudo fait partie de mes petits plaisirs coupables). Peut-être ferai-je des vidéos, je ne sais pas encore (je sais pas faire mais je dois essayer). Et puis j’irai manifester quand il le faudra.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Budapest, la ville aux bains… et aux marches

Quittant Prague qui nous avaient conquis, nous voici partis pour Budapest, ville adorée par Victor et que j’avais donc hâte de découvrir, malgré une légère appréhension : après le froid de Paris et la relative chaleur de Prague, on se dirigeait tout droit vers la capitale la plus chaude d’Europe. Température annoncée : 32° mais le truc de la rue, il indiquait 38…

Chaleur à Budapest fontaine_budapest fontaine_budapest_2

Oui, j’ai pris des photos de trucs rafraîchissants, ça m’inspirait

On arrive dans une gare moderne, on se fait un peu sauter dessus par des gens qui veulent nous proposer des apparts ou chambres à louer mais nous avons un AirBnB, prenons donc le bus pour le rejoindre… Bus sans clim (ou alors on l’a pas sentie), je me suis évaporée, littéralement. On récupère l’appart, on va se promener dans la rue, amusés par les Hongrois scotchés devant la télé pour voir le match Hongrie-Portugal. La rue crie, la rue vit et nous, on peut faire un premier tout peinard. Mais ça allait vite virer au cauchemar car : la Hongrie s’est qualifiée. On s’est retrouvés pris dans un raz-de-marée de supporters et on n’a rien pu faire de la soirée : les bars nous refusaient et Victor a été assez énervé de croiser un mec se balader avec un T-shirt white power/croix celtique tranquille dans la rue, comme si tout était normal. On a fini sur notre balcon à manger du fromage fumé acheté au supermarché et à boire de la palinka cerise en se disant que 4 jours, ça allait être long.

abricots cerises

On a goûté la Palinka Cerise et la Palinka abricot, on a préféré cette dernière. Et les photos ont été prises au marché couvert de Budapest donc ça marche

Mais j’ai une devise dans la vie : il faut savoir donner une 2e chance. Le lendemain, nous partions donc à la découverte de la ville, commençant par le marché couvert (super sympa) puis en allant se promener du côté du Buda dit le côté où ça grimpe. Surtout qu’en ce premier jour, nous avions commis une erreur fatale : nous avions oublié de prendre notre bouteille d’eau. Mais malgré tout, je découvrais avec plaisir les merveilles de la ville. Comme Prague, on retrouve le principe d’un fleuve (et pas n’importe lequel, le mythique Danube) qui coupe la ville en deux avec un côté plat et un autre vallonné, côté sur lequel il est plaisant de grimper pour avoir une vue de l’autre rive : une ville dense parsemée de nombreux clochers. Mais surtout, le bijou de la ville, le diamant de la couronne : le Parlement. C’est juste incroyablement beau, surtout quand il se dore au soleil couchant. Et autant vous dire que pour une apprentie écrivaine qui a notamment un manuscrit qui se déroule dans un univers médiéval (mais que je n’écrirai sans doute jamais), grosse dose d’inspiration. Par contre, on n’a pas pu rentrer à l’intérieur mais rien que de dehors, ça vaut le coup.

budapest-parlement budapest-parlement_2 budapest-parlement_4 budapest-parlement-3

budapest-parlement-couchant;JPEG

A Budapest, il y a une activité incontournable : les bains. J’étais ultra motivée pour les bains Széchenyi, Victor plus pour les Gellért donc je propose qu’on fasse ces derniers un jour puis les autres un autre jour. Les bains, ce sont donc des bassins d’eaux thermales à différentes température, des saunas, des bassins d’eau glacée à la sortie du sauna (j’ai pas fait, curieusement…). On commence donc par les Gellért : très propre, système de casier pas mal du tout (on avait une sorte de bracelet électronique qui déverrouillait la cabine ou casier) et malgré un prix un peu élevé, ils ont été honnêtes et nous on fait payer juste une cabine et un casier plutôt que deux entrées cabines. Mais bon, voilà, comptez 16 € chacun en moyenne. Vraiment sympas, surtout la partie extérieure, un petit bémol cependant : on n’avait pas le droit de nager dans la piscine intérieure sans bonnet de bain… Ah ben oui, suis-je donc sotte, j’ai oublié mon indispensable compagnon de voyage : le bonnet de bain ! Pour un truc touristique, je trouve ça un peu dommage (et j’étais un peu frustrée). Mais sinon, top. Quant aux bains Széchenyi, nous n’avons finalement pas testé.

bains-gellert-budapest_exterieur bains-gellert-budapest_interieur_3 bains-gellert-budapest_interieur_2 bains-gellert-budapest_interieur bains-gellert-budapest

Autre point d’intérêt : le château de Buda, surtout du côté de l’église Saint Matthias, c’est juste magnifique : vous accédez par de petites rues qui fleurent bon la période médiévale… les voitures exceptées. Ah oui, parce que, tant qu’on est à Saint Matthias, il y a dans l’aire du château de Buda quelques soucis majeurs (pour les grands râleurs que nous sommes) : les voitures, donc, un bar en haut d’une des jolies tours autour de l’église et surtout, surtout : un putain de Hilton très moche qui gâche complètement le lieu. Une fois Saint Matthias visité, poussez jusqu’au château de Buda et flanez dans les jardins : nous, y avait personne.

hilton-tres-moche-buda

Le Hilton dégueu au fond à gauche…

chateau-budapest_2

Le bar était en haut, dans la tour de droite. Le choc…

chateau-budapest_8

Quand je vous dis qu’il n’y a personne…

chateau-budapest_5 chateau-budapest_4 chateau-budapest_3 chateau-budapestchateau-budapest_10 chateau-budapest_9 chateau-budapest_7 chateau-budapest_6

Sauf que ces havres de paix se méritent… étant planqués ça et là dans les collines de Buda, faut grimper, grimper, grimper pour y arriver. Et honnêtement, notre périple dans la colline Gellert pour atteindre la statue de la liberté locale nous a un peu dégoûté des escaliers de façon durable (surtout chaleur, soleil, raaaaaaaaaah). Mais on a tout grimpé, on a juste pris le funiculaire une fois (mais j’aime bien les funiculaires, surtout celui là).

havre-paix-budapest

Petit instant bucolique au Château de Buda

chateau-budapest_6 escaliers-budapest_3 chateau-buda jardins-chateau-buda escaliers-budapest_2 escaliers-budapest

Budapest, en fait, c’est un petit peu la ville qui collectionne les havres de paix (contrairement à ce qu’on aurait pu croire le premier soir) : dans les collines de Buda (on est montés jusqu’à la Statue de la liberté totale par 35°, on a cru mourir mais il y a avait un marchand ambulant de glace en haut et surtout on a vu un écureuil en redescendant donc j’étais contente), dans le parc autour du château de Vajdahunyad (château plus vieux que celui de Buda, coin très sympa même si un concert ou karaoké lancé dans un resto voisin a fini par nous faire fuir) ou encore sur l’île Margit. Sur celle-ci, à noter une fontaine où on peut mettre les pieds dedans et qui propose quelques séances de fontaine musicale : les jets suivent le tempo ! Super sympa et surtout super rafraîchissant car tu ne ressors pas tout sec de l’expérience. Vu qu’il faisait à peu près 35°, on a grave apprécié.

statue-liberte-budapest_2 statue-liberte-budapest colline-gellert-budapest chateau-budapest-parc_2 chateau-budapest-parc piano-budapest fontaine-ile-margit

Côté bouffe, pas grand chose à dire, on s’est fait une belle orgie de fromages fumés (on avait un petit balcon aménagé, on a beaucoup mangé à l’appart le soir). Par contre, niveau boisson, c’est le pays de la citronnade, ce qui m’a rendu forcément heureuse. Après, citronnade n’a pas toujours la même définition : c’est soit “boisson à base de citron pressés et fruits marinés” soit “limonade dans laquelle on a mis plein de bouts d’agrumes qui macèrent là dedans”. Globalement, j’ai surtout eu le 2e mais c’est si rafraîchissant ! Mention spéciale à celle du marché couvert, faite maison et putain de délicieuse, je dois trouver la recette.

C'est le pays du Pepperoni mais j'en ai pas mangé, tiens...

C’est le pays du Pepperoni mais j’en ai pas mangé, tiens…

Evidemment, en Hongrie, on boit de la Palinka, liqueur aux fruits qui donne très chaud (au coeur et au corps). Alors petit avis : on a testé la Palinka cerise et la Palinka abricot, c’est cette dernière qui a remporté nos suffrages. Mais on vous laisse vous faire votre avis. D’ailleurs, à propos de boire, arrêtons nous 30 secondes sur les ruin bars, ces bars installé dans des immeubles délabrés, souvent avec des éléments récupérés, et qui animent les nuits hongroises. Suite au conseil d’un pote de Victor, nous jetons notre dévolu sur le red bar… Ruin bar à la déco totalement communiste avec des représentations de Lénine en punk ou les plus fameux dirigeants communistes vous invitant à “join the party”. Badoum tsss ! Bon, c’était cool mais je mourrais de chaud donc on n’est pas restés trop longtemps.

red-bar-ruin-bar-budapest_2 red-bar-ruin-bar-budapest

A propos de communisme, j’ai été très étonnée de découvrir que pour eux, ce n’était pas du tout un sujet traumatique : on pouvait acheter casquettes, chapkas ou masques à gaz (?) avec la célèbre étoile rouge, des tas de T-shirts de type Lenine punk (j’en aurais bien pris un mais difficile à assumer au taf) ou celui qu’a acheté mon adoré : Marx & Spencer. Je ne vivais certes pas là en 1956 mais de ce que j’en sais, cette année là, ce ne fut pas vraiment la joie…

BUDApest-insurrection-1956

Bref, je quittais Budapest réconciliée avec ce pays qui m’avait pourtant fait très peur le premier soir. Comme quoi, laisser une deuxième chance, parfois, c’est bien. Je recommande ? Oui, c’est beau et les prix sont vraiment raisonnables pour le coup.

bus-aquatique-budapest

Allez, zou, en train, direction la Croatie… mon futur grand amour.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Citoyens vs citoyens : votants vs absentionnistes

Depuis deux ou trois jours, je suis gênée aux entournures. Sur mon fil Twitter est en train de se mettre en place un affrontement, une guerre ou le mépris et la condescendance sont les armes des uns et des autres, ou l’on se traite de cons parce qu’on est pas d’accord… Heu… Y  a que moi que ça gêne ce grand affrontement de citoyens, votants contre abstentionnistes, parce que l’heure est grave ?

affrontement

Dimanche, je suis allée voter, j’ai souri devant la petite fille qui montrait crânement son école à son papa, me disant que les élections, c’est quand même trop la fête pour les petits élèves de l’école qui nous accueille pour notre devoir citoyen. C’est vrai, on va à l’école mais c’est pas pareil, y a pas la maîtresse, on est un peu le maître des lieux. Je n’ai rien posté sur Twitter quant au fait que j’étais allée appuyer sur un bouton pour filer ma voix, je trouve ça tellement incongru. Le soir, les résultats puis hier, des tribunes de ceux qui ont choisi de s’abstenir, vivement vilipendés par ceux qui sont allés faire leur devoir. Inconscient, tu votes pas et à cause de toi, on a le FN, bravo le veau ! T’as pas voté ? Alors ferme ta gueule, tu as perdu le droit de l’ouvrir. Et là, je ne vous cache pas que je suis très mal à l’aise.

Séduire les abstentionnistes, version anti communiste

Balayons rapidement le premier argument : non, l’abstention ne fait pas élire le FN. On a beau essayer de se rassurer : le nombre de voix attribuées au FN augmente bel et bien donc ce n’est pas à cause de ceux qui ne sont pas allés voter qu’ils ont gagné plus de voix. Si le FN progresse, c’est sans doute parce que la politique française se limite beaucoup trop à un “votez pour nous parce que sinon, FN !”. Mais j’en ai ras le cul de “voter contre”, moi. Je veux voter pour un projet de société auquel je crois, des valeurs, un programme concret. “Beurk le FN” n’est pas un programme, c’est pas ça qui va nous aider dans nos régions (nos départements ou au niveau de l’Europe, faut sortir de cette rhétorique de merde). On peut s’amuser à distribuer les points : les campagnes qui tournent trop autour de la sécurité alors que ce n’est pas lié à la région, le nom de Marine Le Pen sur toutes les lèvres, dans tous les journaux. Forcément que des gens y voient la seule alternative, c’est la seule de réellement visible. Après, faudra se pencher plus sur le pourquoi du comment du vote FN comme je disais hier mais je suis désolée, ce n’est pas la faute des abstentionnistes.

ob_4e5461_adrien-barrere-affiche-de-propagande-patronale-19

Arrivons maintenant à l’argument de fermer sa gueule. Il est vrai qu’il est possible d’aller voter sans donner sa voix à un candidat, le vote blanc bénéficie désormais d’une légère reconnaissance, il est séparé des bulletins nuls. D’ailleurs, dimanche, je voterai blanc parce que j’en ai marre de laisser faire parce que “sinon, c’est Le Pen”. Non, Le Pen est la fille de la crise et faudrait peut-être voir à réellement se pencher la question plutôt que de continuer une politique d’austérité qui n’a jamais apporté de résultats. Personne n’aura ma voix parce que je ne veux plus cautionner une politique qui me révulse. Ah oui, les régionales, c’est pas un vote national… Pourtant, si j’en crois les politiques et les analystes politiques, cette élection est une “sanction” contre le gouvernement, un plébiscite pour le FN, blablabla… Tout à fait local, donc, bien sûr. Mais revenons en aux abstentionnistes que je classerai en trois catégories : ceux qui ne pouvaient pas venir pour cause de santé ou d’absence (je connais personne dans ma ville, faire une procuration devient donc soudain plus compliqué), ceux qui s’en battent les steaks et les 3e, ceux qui se sont abstenus volontairement car ils estiment n’être plus dupes du cirque politique. Je vais abandonner les 2 premiers pour me concentrer sur ceux là.

guerre-vote

Dès lundi, ces gens se sont exprimés et en ont pris plein la gueule. Je ne suis pas forcément une grande supportrice de l’abstention, je m’étais déjà exprimée dessus il y a quelques années et quitte à faire un gros doigt à nos politiques adorés, je préfère le faire sans ambiguïté en votant blanc. Mais… En fait, je suis mal à l’aise parce que je comprends leurs arguments et ce sont les mêmes que les miens pour voter blanc. La différence entre nous ? Pas grand chose. Déjà, essayez de trouver le pourcentage de votes blancs au premier tour, c’est un exercice très parlant (2,4% selon Wikipedia). Même si je viens dire merde en personne, on ne compte les résultats que sur les suffrages exprimés donc pas le mien. Alors je voudrais pas relancer le débat pour une meilleure reconnaissance du vote blanc (enfin, si, mais c’est pas le sujet) mais au fond, j’ai la sensation aiguë que mon vote blanc et l’abstention “militante” sont les deux avatars d’un même message “arrêtez de nous prendre pour des lapereaux, bordel !” Mais du coup, pourquoi adjoindre à ces personnes de ne pas ouvrir leur mouille s’ils ont des choses à dire. J’ai lu quelques articles écrits par des abstentionnistes expliquant le pourquoi du comment. Certains étaient très maladroits, d’autres mieux ficelés. Tous accueillis dans une grande agressivité. Je ne me joindrai pas aux voix qui gueulent contre ceux qui seraient censés paver le chemin du FN : de un, c’est faux et de deux, qui suis-je pour ordonner aux adultes de faire ci ou ça. Chacun sa conscience.

affiche-anti-bolchos

Mais surtout, je suis inquiète de voir qu’on se fout sur la gueule entre citoyens, agacés, lassés, dépités, voire même un peu désespérés, tandis qu’au-dessus, ceux qui nous gouvernent continuent à distribuer de la petite phrase qui fait mouche (ou pas), se bagarrer pour des broutilles, en oubliant justement ceux qui leur ont permis de faire leurs importants sur les plateaux télé. Aujourd’hui plus que jamais, je ressens une fracture, une séparation de plus en plus nette de la société civile vs nos chers politiques. Et, ça, ça me rend folle, bien plus que ceux qui ont décidé, dimanche, de ne pas aller voter.

PS : Oui, j’ai bien fait exprès de choisir des images de propagande anti communistes parce que, voyez vous, rien ne change…

Rendez-vous sur Hellocoton !

Les impliqués de Zygmunt Miłoszewski

Je vous parlais de polars suédois les deux dernières semaines en vous expliquant que c’était sympa, que ça donnait envie d’aller faire un tour du côté de chez Björn mais que le côté “syndrome Julie Lescaut” me saoulait un petit peu. Mais il y a un autre polar qui m’a totalement emballée, fascinée, j’arrivais pas à le lâcher et la conclusion m’a totalement surprise. Laissez-moi vous parler d’un polar… polonais.

les-impliques-zygmunt-miloszewski

J’aime bien la littérature slave, je me promène parfois dans les rayons de la littérature de l’est pour voir si je ne trouve pas quelques pépites. C’est ainsi que j’étais tombé sur Les pingouins n’ont jamais froid d’Andreï Kourkov, un roman ukrainien fort sympathique. Quand j’ai saisi Les impliqués de Miloszewski, je me laisse convaincre par le résumé, à savoir : “Un dimanche matin, au milieu d’une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère de Varsovie, l’un des participants est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’oeil. L’affaire est prise en main par le procureur Teodore Szacki. Las de la routine bureaucratique et de son mariage sans relief, Szacki ne sait même plus si son quotidien l’épuise ou l’ennuie. Il veut du changement, et cette affaire dépassera ses espérances. Cette méthode de la constellation familiale, par exemple, une psychothérapie peu conventionnelle basée sur les mises en scène… Son pouvoir semble effrayant. L’un des participants à cette session se serait-il laissé absorber par son rôle au point de commettre un meurtre ? Ou faut-il chercher plus loin, avant même la chute du communisme ? Zygmunt Miloszewski signe un polar impressionnant, où s’affrontent la Varsovie d’aujourd’hui et les crimes du passé.”. Ouais, rien que ça.

Varsovie_-_Palais_stalinien

Donc on va pas se mentir : autant les polars suédois me donnent envie de faire un tour par là-bas, autant en lisant les impliqués, Varsovie est tombé très bas dans ma liste de mes destinations préférées (bon, surtout qu’en Pologne, je vise plutôt Cracovie). Le héros, désabusé, déambule dans une ville perdue entre son passé communiste et son présent plus tourné vers l’Europe. Ca donne pas très envie… Mais ça pose un décor parfait pour l’intrigue par contre.

Alors que Varsovie vu comme ça, ça donne carrément plus envie

Alors que Varsovie vu comme ça, ça donne carrément plus envie

Celle-ci est complexe. D’un côté, on a le crime en lui-même avec la découverte d’une thérapie psychologique aux rouages complexes, de l’autre, notre procureur se retrouve en prise avec une sorte de mafia polonaise décidée à garder certaines exactions de la période communiste sous silence. Très honnêtement, tous ces ingrédients avaient un potentiel de dingue pour que le rendu soit absolument indigeste. Déjà, la psychologie est toujours un rouage intéressant mais tellement galvaudé, souvent mal joué, qu’il me rend parfois folle. Combien de polars mettent en scène le psy de la victime, un mec qui sort des conneries plus grosses que lui, prétexte à tisser une psychologie torturée mais totalement foirée de la victime ? Non, ici, on flirte avec les limites de la folie mais de façon brillante, finement amenée.

jimmy_p

Et puis la mafia polonaise qui cache des secrets. Ca aussi, ça a rapidement le potentiel de virer au n’importe quoi, la théorie du complot version nerd de 13 ans persuadé de connaître la vérité car il l’a lu sur Internet, voyez… Mais non, tout est subtilement tissé, ça tient la route, ça la tient même très bien.

maillons

Bon, après, Teodore se comporte parfois come un crétin qui te fatigue un peu mais à l’arrivée, ça ne gâche pas la lecture. Du coup, Zygmund Miloszewki semble commencer à avoir une petite notoriété en France, ses romans arrivent petit à petit dans nos rayons… Et il ne faut pas les rater !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Petit déjeuner avec un violoncelliste romain à Palerme

Ou « héhé, voici quelques anecdotes de voyage ! ». Zenobie, si j’en oublie, tu peux rajouter en comms, hein !

– On est des super héroïnes avec Zeno. Non rapport à les soupers pouvoirs réels ou imaginés mais parce qu’on a évité un drame de la route. Si ! Samedi matin, nous errons dans les rues de Syracuse en attendant notre bus pour Catane. On prend une petite rue pour se rendre au supermarché acheter une bouteille d’eau (une histoire passionnante), une voiture est en train de faire marche arrière, on se pousse. Je jette un œil nonchalant à la voiture et… Il n’y a personne dedans. Il-n’y-a-personne-dedans. Donc je crie, on court après la voiture qui fonçe sur un rond point. J’ouvre la portière avant qui heurte le rebord du rond-point, me permettant de pousser afin de ralentir la voiture tandis que Zeno met le frein à main. Zéro blessés dans l’aventure et les félicitations de deux spectateurs de la scène.

– Même jour, à Taormine cette fois-ci, on se rend bien évidemment au théâtre grec, monument incontournable et pour cause, c’est assez impressionnant : entre les ruines du colossal théâtre et la vue directe sur l’Etna qui fume, prends-toi en plein la vue. À un moment, Zeno voit un mec écrire sur le mur et va donc lui expliquer que ça ne se fait pas. J’entends qu’un bout de la conversation, j’entends que le mec lui répond en français et je commence à partir dans des considérations de type « les Français à l’étranger sont des cons« . Le mec la rembarre bien sûr. On continue notre promenade, on voit le gars et sa copine prendre leur « œuvre » en photo. On finit notre visite et en arrivant en bas, on signale à la fille qui gère l’entrée (c’est à dire qui reste assise sous un parasol à papoter avec ses amis) ce qu’il vient de se passer, photo à l’appui. Bon, j’apprends alors que le couple n’est pas français mais québécois, mon patriotisme respire un peu. Je ne suis pas sans savoir que c’est pas la joie niveau liberté d’expression au Québec en ce moment mais faudrait voir à pas pousser. Et là, c’est le vrai drame à l’italienne, la fille interpelle une demi-douzaine de personnes, qui en appelle d’autres, tout le monde se met les mains sur les hanches en criant à l’incivilité. Bon, à la fin, le couple canadien à été arrêté par Giovanni, le responsable de la sécurité qu’on n’arrivait pas à trouver. Pendant qu’on l’attendait, le Canadien nous expliquait qu’il pensait qu’on pouvait puisque « tout le monde le faisait » (en l’occurrence, à ce moment précis, y avait que lui et pas mal de briques étaient encore vierges. Merci du con). Zeno et le mec s’engueulent en français, je traduis à la nana du parasol qui me sort « non mais les gens, ils se croient tout permis parce qu’en Sicile, ils pensent qu’on n’est pas disciplinés… Bon, ok, c’est vrai mais c’est pas une raison ! » Bref, un joyeux bordel. Je sais pas ce qui est arrivé à nos amis Canadiens mais j’espère qu’ils vont l’encadrer, la photo de leur « œuvre » (en l’occurrence, leur prénom et peut-être une date ?), vu le prix qu’elle aura coûté.

– On a fait de jolies rencontres aussi dont Andrea, tenancier du B&B où nous sommes descendues à Palerme. Un mec absolument adorable (et beau, soulignons-le) qui avait aménagé quelques chambres de son sublime appart. Du coup, on avait un peu la sensation d’être à la maison, il nous a présenté sa femme, son chien… D’ailleurs sa femme est instructice PADI, c’est bon à savoir pour mon prochain séjour plongée (j’insiste). Le mardi soir, en arrivant, nous sommes accueillis par sa femme et on entend quelques notes de violoncelle s’élever. Tiens, le,violoncelle, c’est ce qui manquait un rendre cette maison parfaite. Le lendemain matin, on se lève pour petit déjeuner, je note que trois couverts sont dressés autour de la table. Mon incroyable sens de la déduction me permet d’affirmer que nous ne sommes pas seules mais qu’il y a une troisième personne au B&B. Alors qu’Andrea nous sert nos cappucinos, arrive un homme qui nous salue : le violoncelliste. Et nous voici partis à discuter de tas de choses : les Italiens, les Français, communisme et Moravia. Genre la discussion parfaite. Et en italien, je vous prie ! On loue la gentillesse des Italiens mais Andrea et Francesco nous expliquent qu’à Rome, les gens ne sont pas aussi ouverts. Effet capitale, je suppose.

– Être française, ça sert. Ainsi, on a pu laisser nos sacs de voyage chez Interbus (plutôt que de courir à la gare) et pas trop cher (4 € chacune, je vous dis tout). Et oui, le mec qui nous a rendu ce service était tunisien donc parlait français donc a été sympa. La francophonie, c’est beau.

– Sur la plage de Cefalù, nous avons assisté à une scène trop mignonne. Alors que le soleil décline, les plagistes rentrent chez eux, ne restent que quelques personnes. Arrive une fille qui se promène avec… Un chaton ! Carrément. Elle le pose sur la plage, il la suit comme un toutou, elle peut même le prendre dans ses bras au bord de l’eau. Moi, perso, je ferais ça avec Kenya, elle me déchirerait l’épaule de trouille. Alors même que ma stagiaire qui me l’a gardée a dit « j’ai jamais vu un chat aussi bien élevé ! ». Heu… Ah ?

Voilà, de bien belles histoires, petites anecdotes qui font le sel du voyage.

Rendez-vous sur Hellocoton !

La Thaïlande, c’est pur sucre

Hého, je continue ma liste de trucs notés sur la Thaïlande (trucs que j’ai vus, je raconte mes vacances, je fais pas un reportage sur la Thaïlande)

– Les Thaïlandais aiment les choses très sucrées. Ils ne mangent pas de desserts mais ils ont beaucoup de boissons très sucrées, assez chimiques, de glaces du même acabit, il y a des bakeries dans d’immenses centres commerciaux. Autant vous dire qu’à un moment, tu satures. Et la version “diet” du coca, ça leur parle pas trop. Comme quand j’ai demandé à la cafétéria du centre commercial immense “do you have diet coke?” et que le mec m’a regardé comme si je lui avais demandé s’il avait vu des extraterrestres ce matin “No !”. Heu, ben pardon…

– Du coup, ils ont un anglais pas tout à fait comme nous. En fait, j’avoue que j’ai pas toujours tout compris (alors que je parle anglais assez aisément grâce à ma formation de l’an dernier, hein…). Et j’ai un réflexe très con de répondre “yes” quand je comprends pas. Exemple à l’aller dans l’avion : Moi : “I want a diet coke please” “blablablabla” “heu…yes!”. J’ai donc hérité d’un gin tonic (normal !). La même le dernier jour à Phuket, je demande un diet coke (la vie ne m’apprend rien), elle me le sert, je bois et…beurk. Je donne mon verre à mon voisin pour vérifier : “Ah oui, c’est un whisky coca en fait”. Je le finis et demande “water please”. Et là, la meuf me répond : “with whisky ?”. Je pense que les Thaïlandais me prennent pour une alcoolique.


– J’ai testé pour vous le massage thaï. En fait, je suis pas hyper calée en massage, je ne savais pas à quoi m’attendre et le massage thaï, c’est physique. C’est à dire qu’à côté, tous les osthéo et chiropracteurs vous font des petites papouilles. Disons que j’avais la sensation de n’être qu’un noeud et qu’elle devait BIEN malaxer pour les défaire. Et au moment où elle m’a tordue dans tous les sens, j’ai remercié mon hyperlaxie. Ah et petit effet kiss kool : j’avais un beau coup de soleil dans le dos. Le massage m’a limite donné envie de pleurer. Tout comme le moment où elle m’a tiré les orteils un à un. Mais après, tu te sens bien (si si).

– Dans ma grande fascination de tout ce qui évoque le communisme (faudra vraiment un jour que je comprenne d’où ça vient, j’ai dû être Bolchevik dans une vie antérieure), j’ai été intriguée par tous les portraits du roi Rama IX affichés sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à un batîment officiel, temple bouddhiste… Pour la faire très courte sur la politique thaïlandaise, il s’agit d’une Monarchie constitutionnelle avec le roi Rama IX, au pouvoir depuis 1946… Mais c’est dans la partie “constitutionnelle” que ça s’agite méchamment avec un putsch de l’armée en 2006… Mais voilà, moi, ce que je retiens, ce sont ces portraits du Roi un peu partout.

– Retour sur la circulation thaïlandaise avec les fameux tuk tuk, ces espèces de taxis mobylette. Bon, à Phuket et surtout Patong, on perd un peu le côté mobylette vus qu’ils ont 4 roues, c’est du tuk tuk de luxe. Donc on peut s’asseoir entre 6 et 8 dedans (sans compter le chauffeur), c’est un peu le truc folklorique, un peu comme le petit train par chez nous sauf qu’il va là où on lui dit. Ou du moins, il essaie parce que bon, les cartes routières, ça leur parle pas des masses et nous voilà repartis vers l’hôtel sur la baie de Chalong avec en guide pour retrouver l’hôtel… moi. La fille qui a le moins le sens de l’orientation du monde. Et bien, incroyable, je l’ai retrouvé. Je suis fière de moi. Mais pendant le trajet, on s’est demandés quelques fois si on devrait pas en descendre pour qu’il arrive à atteindre le haut de la côte. Ce fut plein de suspense. Et je ne vous parle pas de tous les néons et des grosses baffles qui nous diffusaient de la bonne dance, la même que chez nous. Et les Black Eyed Peas à fond dans ton oreille, c’est encore pire que d’habitude.

– Les Thaïlandais ont un grans sens du kitsch, leur déco est… chargée. Tout ça ne fut pas bien Feng shui… On se croirait presque chez moi.

Demain ou un autre jour, je vous parlerai des Iles Similan, de la plongée et de Patong.

PS :La plupart des photos sont sans rapport mais elles me plaisent bien donc voilà. Genre le bus que j’ai mis pour illustrer les tuk tuk, c’est un bus, donc.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Il y a 20 ans à Berlin…

Etant en vacances, je mange de l’actu à tous les repas. Il est vrai qu’en temps normal, je me contente de lire la presse en ligne, je ne supporte plus les JT, de plus en plus proches des noticias dont parlait Tatiana hier. Mais voilà, j’ai donc suivi de très près la commémoration de la chute du Mur de Berlin

Pour la plupart des vingtenaires, du moins ceux de la deuxième moitié de la décennie, le mur de Berlin est souvent l’un de nos premiers souvenirs historiques. C’est le mien en tout cas. Je me souviens très vaguement de la guerre du Liban aussi, on nous en avait parlé en classe mais la seule chose que j’ai retenu, c’était que le Liban avait un sapin sur son drapeau et que le nom me rappelait le prénom d’un garçon don j’étais trop amoureuse, Alban (vrai prénom pour le coup). Aujourd’hui encore, c’est avec une certaine émotion que je me souviens de ses cils. Il avait les plus beaux cils du monde.

Donc la chute du Mur. Pour moi, dans mon inculture enfantine, je pensais sur le coup qu’il s’agissait d’un événement dramatique parce que j’y voyais une destruction. Ben oui, des gens qui cassent un mur, je trouvais ça mal. Finalement, je ne sais pas bien comment j’ai tout remis en place. Toujours est-il que je me souviens parfaitement de la réunification officielle en 91, même que j’étais chez mamie Bartoldi et on regardait le 6 minutes avec ma soeur.

Depuis, j’ai appris un peu l’Histoire et j’ai bien tout compris à la chute du Mur et ce que ça a impliqué. Quand on étudie l’Histoire, on a l’impression que tout est long, qu’on nous parle d’un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître. Alors que là, on l’a vécu ce changement majeur. Peut-être que dans des dizaines d’années, 1989 marquera la fin d’une période historique. En regardant les infos ce soir où chacun y allait de son anecdote sur ce qu’il faisait ce jour là. Et en regardant les images d’archives, l’allégresse des gens, Rostropovitch qui joue du Bach (le violoncelle, toujours un bonheur). J’aurais aimé vivre ce moment, cette euphorie incroyable… Je m’imaginais à la place de ces Allemands et j’étais émue. Pour paraphraser Kennedy, là, de suite, j’avais envie de dire « Ich bin ein Berliner ».

C’est marrant de mesurer l’histoire à ma propre échelle. J’ai vécu un tel bouleversement mondial. Je connais une Polonaise qui a connu le communisme, les queues au magasin… Dans de nombreuses années, mes petits enfants me parleront peut-être de cet événement, ils me demanderont si je m’en souviens et je dirai fièrement que oui (sauf Alzheimer) et je leur parlerai de la RDA et du communisme, même si en 89, je ne comprenais pas vraiment de quoi il s’agissait. Moscou n’était pour moi qu’une ville où mes parents étaient allés avec un château coloré trop beau (la place rouge vue avec mes yeux d’enfants).

Depuis, nous en avons vécu des choses, des guerres à ne plus savoir qu’en faire, la fin de l’URSS et le 11 septembre. Mais la chute du Mur restera pour moi le premier événement historique dont je me souviens et un événement positif, en plus.

Finalement, cette chute du mur, c’est comme une madeleine, une madeleine un peu particulière. Je laisse le dernier mot à mon papa : « Les Allemands de l’est, avant, ils connaissaient la Stasi. Après la chute du mur, ils ont connu l’ecstasy! »Et pour le plaisir, Rostropovich qui joue la Sarabande de la 2e suite de Bach. J’en ai la chair de poule.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Les grands raccourcis de ceux qui refont l’histoire

Pour ceux qui ne suivraient pas l’actu genre qui ont vécu six mois dans une grotte et qui décident de se reconnecter au monde en passant par mon blog (quelle idée!), je vous fais un résumé : hier ont débuté les JO de Pékin. Oh ah ! Du coup, ça anime les dîners en ville. Pour une fois, on ne parle pas médailles qu’on va forcément gagner vu qu’en France, on est toujours très forts pour gagner des médailles avant de jouer mais bien situation en Chine avec la répression du peuple tibétain. Si vous voulez faire vos malins, parlez aussi de la répressions des peuples ouïghours et mongols.

 

Evidemment, la Chine inquiète et on ne peut pas se dire que la répression des minorités, bof, c’est pas grave. Alors à force d’émotion, on dégaine une super analogie que les gens adorent : « Pékin 2008, c’est comme les JO de Berlin en 36 ». C’est ce qu’on appelle un point Godwin et en ce moment, on s’y vautre avec délectation et en plus, on croit avoir raison. N’importe qui lisant des journaux un peu plus détaillés que 20 minutes peut découvrir des tas des choses sur la Chine, son histoire, sa politique actuelle, la plupart des news mags ont fait un dossier sur le sujet. On découvre que la Chine n’est pas expansionniste et ne l’a jamais été  et sa politique de répression est guidée par un désir de sauvegarde de l’intégrité de son territoire et son unicité, ce qui est le cas depuis à peu près toujours. En Chine, il n’est pas question de pureté de la race surtout que sur un territoire aussi vaste, je me demande bien comment on pourrait définir un Chinois pur. Bref, je m’étale pas non plus mais il suffit de se pencher quelques minutes sur le sujet pour constater que la Chine 2008 et l’Allemagne 1936 n’ont pas grand chose à voir. Tant qu’à faire une comparaison foireuse, pensons aussi aux JO de Moscou en 80, y a au moins le facteur commun du communisme (bien que le communisme russe de 80 et celui chinois d’aujourd’hui ne sont pas vraiment des frères jumeaux)

On peut s’inquiéter de ce qu’il se passe en Chine, c’est même légitime. Mais pourquoi il faut toujours qu’on agite les chiffons rouges du nazisme systématiquement ? Y compris dans les médias, d’ailleurs. Ca m’exaspère toujours les dramatisations à outrance et hors de propos alors que la réalité fournit déjà suffisamment d’arguments pour s’indigner de ce qu’il se passe en Chine. Je parle de la Chine puisque c’est le sujet du moment (parlera-t-on encore du Tibet dans 6 mois ?) mais de façon générale, on en revient toujours au nazisme, à Hitler et à la Shoah. Pour des choses graves et pour d’autres moins. Beaucoup moins. Et ça a tendance à légèrement m’énerver. Oui, il faut tirer les leçons de l’Histoire mais faut garder certaines mesures. Les amalgames en tout genre ne sont pas des leçons de l’Histoire, c’est soit de l’inculture, soit la volonté d’effrayer les foules. Je me souviens, en 2002, deuxième tour des élections présidentielles, comme on a aimé reparler de 33 : « Hitler aussi a été élu démocratiquement ». 6 ans après, on se rend bien compte à quel point le FN est près de prendre le pouvoir…

Bref, je pense que la situation en Chine est suffisamment complexe et préoccupante aujourd’hui sans qu’on ait en plus besoin de rajouter dans le pathos. Parce que oui, je trouve que rappeler, la larmouillette à l’œil, ce qu’il s’est passé lors de la 2e Guerre Mondiale, c’est du pathos. Surtout que depuis, des génocides, on en a eu un énorme paquet, y compris en Europe (la Bosnie, c’est en Europe). Alors arrêtons un peu de reparler d’Hitler n’importe quand et comment, tout ça n’a rien à voir. Pourquoi ne pas plutôt lire les articles
approfondis sur la Chine pour avoir de vrais arguments ? De toute façon, je ne vois pas bien qui nous contredira quand on parlera du non respect de la liberté d’expression ou de la répression policière dans la région du Tibet, pas la peine d’en rajouter.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Ecrit-on mieux en temps de guerre ?

Cette semaine, j’ai entamé la lecture du roman « les deux amis » de Moravia. En fait, il ne s’agit pas tout à fait d’un roman mais de notes que l’écrivain a pris pour un projet de roman qui n’a jamais vu le jour. Là, ces bouts de roman (qui ont fini par dériver pour donner naissance au sublime Le mépris) ont été réunis dans un livre avec une très bonne préface qui parle un peu des tourments de Moravia l’écrivain en temps de guerre qui réfléchit sur la société italienne dans laquelle il évolue. Et là, forcément, ça m’interpelle. Un écrivain se nourrit toujours de son entourage, de ce qu’il voit, observe, pense… Aujourd’hui, quand j’écris, je me nourris donc plus ou moins consciemment de la société du XXIe siècle. Je vis en France donc la guerre, je ne la vois qu’à la télé, je ne la vis pas. Je ne vais certainement pas m’en plaindre, bien entendu. Mais quand je lis les auteurs écrivant an temps de guerre ou juste après, on saisit toute l’incompréhension de l’homme face à cette violence inouïe. Par exemple, Moravia et les deux amis, il y a en fait trois manuscrits, un situant l’action pendant la guerre avec les alertes aériennes, les refuges anti aériens puis ensuite après la guerre, quand le communisme est la nouvelle voie politique. D’ailleurs, Moravia, de gauche, a toujours été assez sceptique face au communisme et n’a jamais osé publier ce roman. Dommage car la deuxième version, la plus aboutie, est un vrai bijou, une histoire des plus machiavélique.

Quand je regarde la littérature actuelle, je me rends compte que le sujet de la guerre fait toujours autant recette. Pas plus tard que l’an dernier, le Goncourt a été attribué à Jonathan Littell et ses Bienveillantes, le récit d’un officier allemand pendant la seconde guerre mondiale. On sent que l’auteur s’est énormément documenté pour rendre ses propos le plus réaliste possible et franchement, on ne peut qu’apprécier ce travail là. Mais force est de constater que, souvent, la haute littérature, si j’ose dire, concerne les guerres (tout comme les films mais je vais pas développer ce point dans cet article sinon, je vais faire une vraie dissert). Pourquoi mais pourquoi ? Outre le côté incompréhension de la violence, la guerre permet de montrer des héros commettre des actes dont ils ne se sentaient pas capables pour leur survie, de mettre en scène des gens ordinaires devenir des héros. Oui parce qu’à vue de nez, je dirais que, globalement, les romans sur les guerres mondiales et particulièrement la Seconde mettent en scène des résistants face à la barbarie plutôt que des collabos. Pourtant, quand je lis le Conformiste de Moravia ou
Les bienveillantes de Littell, je trouve que l’autre côté est tout aussi passionnant. Posture plus dangereuse ? Certains vont dire que parler au nom des « méchants », c’est légitimer un peu leurs actions mais cette posture angélique me gonfle. Si tout le monde avait été résistant, ça se serait su. On retrouve souvent dans la littérature de guerre une espèce d’exaltation de l’héroïsme. Sans doute que la vie quotidienne, celle où il ne se passe rien de notable, n’intéresse plus guère. Pourtant, quand on lit des Zola, Flaubert ou Maupassant, qu’on aime ou pas, ça reste des sources fantastiques en histoire sociale, il y a de quoi dire.

Pour en revenir au sujet de départ, je pense que pour tout scribouillard qui se respecte, vivre en temps de guerre est forcément source de milliers et de milliers d’idées. Témoin de son temps, l’écrivain vit des choses extraordinaires en temps de guerre donc forcément, rien qu’en écrivant le récit de sa vie à ce moment là, il a des milliers d’interrogation, sujets de réflexion ou autre. Pourtant, il me semble que notre époque n’est pas non lus dénuée d’intérêt même si on ne vit pas sous la menace d’attaques aériennes ou autres. Pourquoi les écrivains d’aujourd’hui (mais pas qu’eux, le cinéma aussi et parfois la musique) vont toujours puiser dans notre background historique pour réaliser leurs histoires ? Bien sûr qu’en temps de guerre, le quotidien est transfiguré. Mais quand je lis L’élégance du hérisson ou les yeux jaunes du crocodile, je me dis que notre vie d’aujourd’hui, y compris dans sa routine, est sujet de roman, pour peu qu’on sache la reporter avec talent.

Rendez-vous sur Hellocoton !

De l’’art d’’être nulle, des fois

Petit article parce que j’ai pas le temps.
 

Des fois, je me foutrais des baffes. Si, si. Pourquoi ? Parce que mon étourderie me perdra ! Je vous raconte. Heureusement d’ailleurs parce que balancer une intro aussi géniale et se casser derrière, vous l’auriez mal pris, hein ?

 

En début de semaine, j’ai reçu un coup de fil d’une nana intéressée par mon profil et qui souhaiterait tester mes talents de journaliste. Bien sûr madame, teste, teste ! Elle me demande de rédiger un article sur l’équipe de campagne Sarkozy. Trop ma veine, moi qui suis plutôt carrément à gauche… Oui, j’ai (encore) fait un test politique récemment et je suis toujours communiste, je comprends pas. Je ressemble à 64% à Marie-Georges Buffet (au niveau des idées, pas physiquement !). Ceci étant, moi professionnelle, moi, je vais faire. Je note ses coordonnées sur un papier qui traîne sur mon bureau et vogue la galère.

Entre temps, je dois finir mes articles pour un webzine donc comme j’aime bien finir un truc avant d’en commencer un autre, je m’exécute. Maintenant, je peux vous parler du PACS italien (le DICO), du référendum sur l’avortement portugais, du retour des Brigades Rouges et de l’attentat qui a frappé le train de l’amitié indo-pakistanais. Oui, des fois, je me la pète. Ayant écrit, mis en pagé et illustré tout ça, hop, me voici sur Sarkozy. Enfin, sur mon papier sur Sarkozy parce que vous vous doutez bien que si je couchais avec Sarko, je serais plus au chômage. Là, je précise qu’il est 7h39 et que j’ai pas encore dormi, ce qui explique ma prose navrante.

Donc je fouille le net, je collecte, j’imprime (et merde, plus d’encre, évidemment ! Bon, on va imprimer en rouge, c’est style), je fluote, je souligne, j’écris, je raye, je relis, je réécris, je compte le nombre de signes. Bon, voilà, 4 papiers de 2000 à 2700 signes, c’est qui la meilleure ? J’ai même pas du tout été fielleuse. En fait, je pense que quiconque lira mon papier me prendra pour une Sarkozyste tendance bisounours genre ils sont tous merveilleux en Sarkozie (j’ai quand même évoqué le cas Nadine Morano, faut pas déconner non plus). Toute contente de moi et constatant qu’il fait déjà jour et que je dois prendre une douche avant de me coucher car je dois me lever pas trop tard pour un après-midi entre filles avec miss Summer, je m’empresse d’envoyer le mail. Alors, le mail… Et là, c’est le drame ! Mais remontons un peu le temps

Jeudi soir, je cherche une photo pour une connerie que je vous mettrai en ligne tout à l’heure. Du coup, je retourne un peu mon appart (alors que la photo, elle était là où je pensais qu’elle était mais du coup, j’ai cherché là en dernier, cherchez pas à comprendre) et je trie un peu mes papiers. A jeter, à jeter, à jeter. Aujourd’hui, donc, je mets mon tas de merdes avec mes feuilles que j’avais imprimées pour mon webzines toutes fluotées et raturées et je jette tout ça à la poubelle normale car y en a trop pour la poubelle papier. Oui, je sais, ma conscience écologique m’a torturé une demi seconde. Retour à tout à l’heure : elle est où cette putain d’adresse mail de mes fesses ? Sur une de mes feuilles fluotée et raturée… Celle que j’ai jetée, là. Meeeeeeeeeeeeeeeerde ! Bon, je vais vite sur le site du journal qui m’a contacté, je regarde le nom des gens qui signent… Mais comment elle s’appelait déjà ? Impossible de m’en souvenir. Bon, il ne reste qu’une solution. Les poubelles sont dans la cour, le préposé aux poubelles n’est pas encore passée.

Me voici donc à 7h30 en pantoufle et jogging dans la cour de mon immeuble en train de farfouiller dans les poubelles qui puent. Heureusement, y a pas grand monde qui a jeté sa poubelle depuis moi. Mais évidemment, les feuilles sont quand même au fond et je mesure toujours un mètre 57. Enfin, tatan, je récupère la bonne feuille. Du coup, j’ai mis les autres dans la poubelle jaune. Et j’envoie mon mail toute contente, faisant fi de ne pas remarquer que la feuille, elle pue les ordures.

Voilà, c’était mon article minable et pourri du jour, je vais me coucher.

Rendez-vous sur Hellocoton !