Te rendors pas citoyen !

Les élections sont passées, nous sommes officiellement en Macronie et je n’avais encore rien dit sur le sujet… parce que j’ai pas eu trop le temps, en fait. Une retraite yoga à Barcelone le week-end dernier, du boulot cette semaine. Mais il est temps de sonner la fin de la récré : vous êtes contents de pas avoir Le Pen comme présidente ? Nous le sommes tous (enfin, sur ce coin du web, je pense). Mais va pas falloir crier victoire trop vite car je pressens que le pire nous attend. Te rendors pas citoyen, la vraie lutte commence maintenant.

lutte sociale

Durant la campagne, on a brandi les drapeaux du pire à coup de grandes comparaisons historiques souvent foireuses. Car si le nazisme n’est, in fine, qu’un effroyable accident de l’histoire, le fascisme, lui, s’incarne régulièrement ça et là sur le globe, sous des noms différents. Le nazisme était d’ailleurs l’un de ses pires avatars. Je vais pas vous faire l’histoire de tous les fascismes mais en gros, on a trois ingrédients : populisme, nationalisme et totalitarisme. S’il serait intellectuellement malhonnête d’affirmer que le FN contient le 3e ingrédient (bien que tout nous pousse à le croire), les deux premiers sont indiscutables. Mais comment ces gens-là arrivent au pouvoir, allez-vous me demander (si, si, je vous entends poser la question). Il n’y a pas une histoire précise mais on note souvent quelques éléments comme un pouvoir affaibli et impopulaire et une inflation galopante (cf Italie ou Allemagne)… Et sans vouloir jouer les Cassandre, ça s’annonce mal pour nous. Cf la République de Weimar qui glace le sang si on joue à comparer

Mussolini Si

Parce que là, qu’est-ce qui se dessine ? Un Président sans histoire ni consistance qui va nommer un gouvernement avec un peu de droite, un peu de gauche, un peu de centre. And so what ? La politique qu’il entend mener, s’il respecte son programme, s’annonce une catastrophe pour les classes moyennes, celles qui ont déjà tendance à voter FN. Or si dans cinq ans, les citoyens insatisfaits auront quoi comme alternative pour ne pas reconduire Macron et ses amis ? En poids lourd : le FN et la France insoumise (je compte pas les républicains et le PS (déjà, pourquoi même en parler…) car ils seront pour certains dans le gouvernement annoncé donc ils ne sont pas une alternative crédible). Tiens, voyons, les nationalistes et les communistes qui se déchirent un pays en difficulté, ça rappelle vaguement quelque chose. Oui, ok, la France insoumise, c’est pas non plus du communisme, laissez-moi un peu schématiser, vous l’avez bien fait pendant l’entre deux tours en criant qu’Hitler avait été élu (nope) et qu’il fallait faire barrage. Or au vu de l’entreprise de dénigrement systématique envers la France insoumise, correspondant à son envolée dans les sondages (c’est rigolo le hasard) et la volonté de Macron de ficher les militants d’extrême gauche, on sent que ça va être une putain de gueule de bois, 2022.

Antifascisme extrême gauche

On a évité le pire cette année, en partie parce que Marine Le Pen a fait une mauvaise campagne et n’a pas obtenu la première place au premier tour. Parce que je peux vous dire que dans ces conditions, j’aurais peut-être revu mon projet de m’abstenir. Mais là, c’était safe. Par contre, 2022, ça risque de craindre et assez méchamment. Heureusement, nous avons nos connaissances historico-politiques et cinq ans. C’est long et court à la fois cinq ans. Alors toi, la France des lettres ouvertes qui s’est sentie si impliquée pendant l’entre-deux-tours, ne crois pas que le péril brun est écarté et que tu peux te relâcher. Au contraire, il ne fait que commencer.

te rendors pas

Pour ma part, je vais utiliser ma meilleure arme : l’écriture. Pas ici, ailleurs, sur un blog dédié avec un autre pseudo (parce que trouver un pseudo fait partie de mes petits plaisirs coupables). Peut-être ferai-je des vidéos, je ne sais pas encore (je sais pas faire mais je dois essayer). Et puis j’irai manifester quand il le faudra.

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Et si on les foutait tous dehors ? (mon rêve)

Je suis une citoyenne écoeurée, dépitée, blasée au dernier stade. En 2012, je souffrais dans la France de Sarkozy, je n’attendais que son départ, en espérant que ça nous apporte un peu d’oxygène. Je déteste la France de Hollande : riches contre pauvres, citoyens contre citoyens, les “bons Français” contre les “Musulmans d’apparence”, les Roms ou, pour certains, le “lobby juif qui dirige en souterrain la France”. En 2012, j’espérais une alternance qui apaiserait. En 2016, j’ai envie de pleurer en pensant à 2017 : quels que soient les candidats, il n’y a aucun espoir d’une réelle alternative. Sauf infarctus, rupture d’anévrisme ou énorme scandale, 9 chances sur 10 qu’on se ramasse Juppé. C’est mieux que Sarko, mais mieux que Sarko, ça veut pas dire que c’est bien. Bref, voici ma colère de citoyenne

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Et puis. Et puis il y a eu la dernière estocade, la loi Travail, un ultime crachat à notre gueule et un gros ras le bol. Les lycéens descendent dans la rue, les étudiants, la place de la République est désormais occupée toutes les nuits. On se lève et on dit stop, ça suffit l’enculade avec du verre pilé, on ne peut plus. Et là dessus, comme une fine couche de chantilly, paillettes au chocolat : les Panama Papers. Alors, j’écris cet article à 10h05 et je ne connais pas encore la liste des impliqués (bon, à part Balkany pour la France et ça commence à tomber sur les “proches” de nos chers dirigeants mais bon, Balkany qui n’aurait pas été impliqué dans une magouille, c’est limite inconcevable) mais ce matin, en me levant, je me suis prise à rêver que tous nos dirigeants des 10 dernières années soient impliqués. Que notre oligarchie tombe tout entière dans ce scandale, qu’on les foute tous dehors, qu’on reparte de zéro.

colère de citoyenne

Alors évidemment, je vous entends derrière votre écran “mais t’es vraiment trop utopiste : on les fout dehors, ok, mais so what ?”. C’est vrai que si je regarde les modèles étrangers, je suis pas tout à fait sereine : Tsipras ressemble finalement plus à un pétard mouillé qu’autre chose. L’Islande, dont on ne pensait que du bien parce qu’ils “ont préféré l’intérêt des individus plutôt que celui des banques” se retrouvent avec un Premier Ministre touché directement par le scandale… Peut-être Podemos… Mais si on ne peut pas tout changer en 1 jour, il est peut-être temps d’y penser. Envisager la 6e République. Celle de Mélenchon ou une autre, je suis pas particulièrement Mélenchoniste. Et vous savez de quoi je rêve ?

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Je rêve d’une carrière politique limitée dans le temps. Deux mandats maximum (et encore que), de la proportionnelle. Comme je disais sur Twitter “je ne veux plus qu’on fasse carrière en politique mais que la politique ne soit qu’une parenthèse dans une carrière”. Parce que la carrière politique pose un réel problème, notamment au niveau du clientélisme, de la déconnexion avec la vie de la plupart des citoyens, les petits arrangements entre amis qui piétinent joyeusement l’intérêt général. Les citoyens grondent ? On balaie ça d’un méprisant “mais ils ne savent même pas de quoi ils parlent”. Ah ben oui, c’est vrai que nos élus sont bien plus éclairés que nous, ils ont fait de grandes écoles, vois-tu…

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Sauf que non. Revenons à une énième colère des citoyens vs les députés : le vote sur l’état d’urgence avec 136 députés présents vs 441 députés absents. Face à la colère, quelques sites Internet sont venus nous expliquer que c’était normal, quelques députés ont expliqué le pourquoi du comment : le lundi, ils sont en province pour faire du local, d’autres étaient en commission, d’autres encore à la buvette. Ok, bien mais pourquoi il y a eu si peu d’explications par les principaux concernés ? Parce qu’ils considèrent que les citoyens n’ont qu’à savoir comment ça fonctionne ou juste parce qu’ils s’en foutent (vu l’absence de réponse générale sur le sujet de l’absentéisme à l’Assemblée, j’ai une petite idée sur la réponse) ? Mais surtout, surtout, je cite : “Tous les députés ne sont pas spécialistes de toutes les questions traitées. Seuls ceux qui ont travaillé le sujet, parfois de longue date peuvent utilement participer aux débats. Les autres n’ont rien à dire.” (article qui date de 2009…) . Ok alors du coup… pourquoi ils se prétendent plus éclairés que nous, les citoyens idiots et incultes ? Pourquoi on continue à nous vendre une oligarchie éclairée alors qu’on a juste à faire à des individus à réseaux qui ne représentent que leurs propres intérêts ? Pourquoi on a une Assemblée qui ne ressemble absolument pas à la population française mais qui n’est qu’un entre soi essentiellement masculine, CSP++, blanche et pas vraiment jeune (pléonasme) ?

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Ce matin, je me suis réveillée avec un espoir : qu’on foute tous ces gens dehors et qu’on revoie le système de fond en comble pour assurer une représentation plus en phase avec la population française et surtout des individus qui agiront vraiment parce que 5 ans, ça passe vite et tu ne rempileras pas 107 ans non plus. On me répondra qu’à l’inverse, quelle motivation pour ceux qui savent qu’ils ne resteront pas par la suite? Je sais pas mais après tout, on nous fait croire que la précarité et les contrats courts, c’est le bien alors pourquoi ça ne concernerait que les citoyens ?

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Et pour finir, une petite vidéo d’une candidature qui fait réfléchir, celle de Dany Caligula, un jeune homme que j’aime de plus en plus (et pas juste parce qu’il est Toulousain)

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Citoyens vs citoyens : votants vs absentionnistes

Depuis deux ou trois jours, je suis gênée aux entournures. Sur mon fil Twitter est en train de se mettre en place un affrontement, une guerre ou le mépris et la condescendance sont les armes des uns et des autres, ou l’on se traite de cons parce qu’on est pas d’accord… Heu… Y  a que moi que ça gêne ce grand affrontement de citoyens, votants contre abstentionnistes, parce que l’heure est grave ?

affrontement

Dimanche, je suis allée voter, j’ai souri devant la petite fille qui montrait crânement son école à son papa, me disant que les élections, c’est quand même trop la fête pour les petits élèves de l’école qui nous accueille pour notre devoir citoyen. C’est vrai, on va à l’école mais c’est pas pareil, y a pas la maîtresse, on est un peu le maître des lieux. Je n’ai rien posté sur Twitter quant au fait que j’étais allée appuyer sur un bouton pour filer ma voix, je trouve ça tellement incongru. Le soir, les résultats puis hier, des tribunes de ceux qui ont choisi de s’abstenir, vivement vilipendés par ceux qui sont allés faire leur devoir. Inconscient, tu votes pas et à cause de toi, on a le FN, bravo le veau ! T’as pas voté ? Alors ferme ta gueule, tu as perdu le droit de l’ouvrir. Et là, je ne vous cache pas que je suis très mal à l’aise.

Séduire les abstentionnistes, version anti communiste

Balayons rapidement le premier argument : non, l’abstention ne fait pas élire le FN. On a beau essayer de se rassurer : le nombre de voix attribuées au FN augmente bel et bien donc ce n’est pas à cause de ceux qui ne sont pas allés voter qu’ils ont gagné plus de voix. Si le FN progresse, c’est sans doute parce que la politique française se limite beaucoup trop à un “votez pour nous parce que sinon, FN !”. Mais j’en ai ras le cul de “voter contre”, moi. Je veux voter pour un projet de société auquel je crois, des valeurs, un programme concret. “Beurk le FN” n’est pas un programme, c’est pas ça qui va nous aider dans nos régions (nos départements ou au niveau de l’Europe, faut sortir de cette rhétorique de merde). On peut s’amuser à distribuer les points : les campagnes qui tournent trop autour de la sécurité alors que ce n’est pas lié à la région, le nom de Marine Le Pen sur toutes les lèvres, dans tous les journaux. Forcément que des gens y voient la seule alternative, c’est la seule de réellement visible. Après, faudra se pencher plus sur le pourquoi du comment du vote FN comme je disais hier mais je suis désolée, ce n’est pas la faute des abstentionnistes.

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Arrivons maintenant à l’argument de fermer sa gueule. Il est vrai qu’il est possible d’aller voter sans donner sa voix à un candidat, le vote blanc bénéficie désormais d’une légère reconnaissance, il est séparé des bulletins nuls. D’ailleurs, dimanche, je voterai blanc parce que j’en ai marre de laisser faire parce que “sinon, c’est Le Pen”. Non, Le Pen est la fille de la crise et faudrait peut-être voir à réellement se pencher la question plutôt que de continuer une politique d’austérité qui n’a jamais apporté de résultats. Personne n’aura ma voix parce que je ne veux plus cautionner une politique qui me révulse. Ah oui, les régionales, c’est pas un vote national… Pourtant, si j’en crois les politiques et les analystes politiques, cette élection est une “sanction” contre le gouvernement, un plébiscite pour le FN, blablabla… Tout à fait local, donc, bien sûr. Mais revenons en aux abstentionnistes que je classerai en trois catégories : ceux qui ne pouvaient pas venir pour cause de santé ou d’absence (je connais personne dans ma ville, faire une procuration devient donc soudain plus compliqué), ceux qui s’en battent les steaks et les 3e, ceux qui se sont abstenus volontairement car ils estiment n’être plus dupes du cirque politique. Je vais abandonner les 2 premiers pour me concentrer sur ceux là.

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Dès lundi, ces gens se sont exprimés et en ont pris plein la gueule. Je ne suis pas forcément une grande supportrice de l’abstention, je m’étais déjà exprimée dessus il y a quelques années et quitte à faire un gros doigt à nos politiques adorés, je préfère le faire sans ambiguïté en votant blanc. Mais… En fait, je suis mal à l’aise parce que je comprends leurs arguments et ce sont les mêmes que les miens pour voter blanc. La différence entre nous ? Pas grand chose. Déjà, essayez de trouver le pourcentage de votes blancs au premier tour, c’est un exercice très parlant (2,4% selon Wikipedia). Même si je viens dire merde en personne, on ne compte les résultats que sur les suffrages exprimés donc pas le mien. Alors je voudrais pas relancer le débat pour une meilleure reconnaissance du vote blanc (enfin, si, mais c’est pas le sujet) mais au fond, j’ai la sensation aiguë que mon vote blanc et l’abstention “militante” sont les deux avatars d’un même message “arrêtez de nous prendre pour des lapereaux, bordel !” Mais du coup, pourquoi adjoindre à ces personnes de ne pas ouvrir leur mouille s’ils ont des choses à dire. J’ai lu quelques articles écrits par des abstentionnistes expliquant le pourquoi du comment. Certains étaient très maladroits, d’autres mieux ficelés. Tous accueillis dans une grande agressivité. Je ne me joindrai pas aux voix qui gueulent contre ceux qui seraient censés paver le chemin du FN : de un, c’est faux et de deux, qui suis-je pour ordonner aux adultes de faire ci ou ça. Chacun sa conscience.

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Mais surtout, je suis inquiète de voir qu’on se fout sur la gueule entre citoyens, agacés, lassés, dépités, voire même un peu désespérés, tandis qu’au-dessus, ceux qui nous gouvernent continuent à distribuer de la petite phrase qui fait mouche (ou pas), se bagarrer pour des broutilles, en oubliant justement ceux qui leur ont permis de faire leurs importants sur les plateaux télé. Aujourd’hui plus que jamais, je ressens une fracture, une séparation de plus en plus nette de la société civile vs nos chers politiques. Et, ça, ça me rend folle, bien plus que ceux qui ont décidé, dimanche, de ne pas aller voter.

PS : Oui, j’ai bien fait exprès de choisir des images de propagande anti communistes parce que, voyez vous, rien ne change…

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Le célibat n’est pas la solitude !

Début juillet, l’énervement m’a assaillie alors que je ne m’y attendais pas. Tout commence un dimanche, je suis tranquillement posée sur le canapé familial en train de tenter de lire « Ulysse » de James Joyce (je capte rien…) quand ma mère m’amène le Nouvel Obs en rigolant « tiens, c’est pour toi ». En couverture « Vivre heureux en solo ». Lors de mon hospitalisation, j’ai donc pris le dit magazine, sachant que ça allait m’agacer. Gagné.

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Je vous la fais brève : être célibataire, c’est cool au départ mais on finit en pleine dépression parce que bon, on n’est pas fait pour vivre seuls, finalement, on se ment à nous même de penser le contraire. Faut dire aussi que le journaliste a une drôle de vision du célibat, je cite : coucher avec qui on veut quand on veut (pardon mais moi, je peux pas coucher quand je veux, en tout cas pas en semaine de 9 à 20h en général. Sauf déjeuner crapuleux, héhé), laisser traîner des chaussettes sales toute une semaine dans la cuisine (mais que font des chaussette, propres ou sales, dans une cuisine ?), manger une tablette de chocolat sans se sentir observé (ma conscience m’observe toujours, elle), ne pas se laver tout un week-end (je connais des gens en couple qui se lavent pas tous les jours pour autant…), mater des séries en mode nuit blanche (ouahou, la vie est si belle quand on est seuls !). Mais ce qui me dérange le plus dans cet article, outre les clichés plus gros que les seins de Nabilla, c’est que l’auteur confond systématiquement célibat et solitude. Ah ? Mr Larousse, quelque chose à dire ?
Célibat : État de quelqu’un en âge de se marier et qui n’est pas marié.
Solitude : État de quelqu’un qui est seul momentanément ou habituellement / État de quelqu’un qui est psychologiquement seul : Solitude morale.

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Ah oui, un célibataire vit souvent seul (allez, je développerai pas les colocations, je suis sympa), on peut dire qu’il est dans un état de solitude d’un point de vue étymologique. Sauf que nous pouvons tous convenir que le terme de solitude est souvent utilisé dans sa deuxième définition. Le mot solitude est rarement utilisé de façon légère, positive. D’ailleurs, le premier synonyme est « isolement ». Ca respire la joie de vivre tout ça. Mais surtout, en tant que célibataire, je ne me sens pas solitaire. J’en viens même parfois à me réjouir de passer une soirée ou un week-end en solo pour m’occuper de quelques projets perso, juste ne pas parler, être tranquille avec moi même. Ce n’est pas de l’isolement, juste une envie d’être peinarde. Célibataire ou en couple, j’ai toujours eu une vie sociale intense, des amitiés très fortes, une famille extrêmement présente. J’évolue le plus souvent dans une bulle d’amour, je me sens si loin de ce portrait de célibataire qui vit en solitude et qui finit toujours par ne plus supporter son état. Je vis seule depuis 15 ans, je n’ai jamais eu envie de m’installer avec quelqu’un, même en ayant été en couple pendant 4 ans et demi. Même s’il vivait quasiment chez moi. Aujourd’hui, j’envisage la vie en couple dans un mix entre vivre ensemble et chacun de son côté. En fait, j’en parlais l’autre jour avec Anaïs, j’imaginais deux appartements jumelés avec une chambre commune mais après, le reste séparé, pour vivre ensemble mais séparément. Enfin, je m’égare un peu.

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Bref, ça me saoule un peu que des gens m’expliquent qu’au fond, le célibat n’est qu’une solitude que je finirai par ne pas supporter et que prétendre l’inverse, c’est mentir. Menti à soi, mentir au monde parce que l’être humain n’est pas fait pour vivre seul, il a besoin des autres. Ok, sans doute, mais le célibataire ne renonce pas à ses liens avec autrui, le célibataire ne s’isole pas. Il n’a juste pas trouvé chaussure à son pied. Mais il fait partie de la société comme n’importe quel citoyen et faudrait voir à arrêter de le psychanalyser pour se concentrer sur l’essentiel : les vrais bons plans pour les solos (et je parle pas des sites de rencontre, tous bien listés puisque tout célibataire cherche l’amour, évidemment).

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Elections à Plume sur Berges

Dimanche, comme plein de gens consciencieux, je suis allée voter. Mais je n’imaginais pas que ce geste citoyen pouvait se transformer en véritable farce car c’est bien connu, dans la vie de la Nina, rien ne se passe jamais simplement.

Plume sur Berges, près de 70 000 habitants, c’est pas un hameau quoi. Quelques jours avant le scrutin, j’apprends que je voterai électronique, fuck, je voulais pas. Moi, j’aime le papier, même si c’est pas écolo, j’ai plus confiance. Donc voilà, au boulot, les gentils informaticiens listent les bugs qu’il peut y avoir, ça me rassure pas du tout !

 

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Dimanche, il fait beau, les oiseaux cuicui, le pollen atchoum, tout ça, tout ça. 16h30, après m’être douchée, je décide d’aller voter car l’avenir de la France n’attend plus. J’enfile un jean et un t-shirt, je pars cheveux mouillés. Le bureau de vote est à 10 mètres, ça va aller vite. Ah tiens, y a la queue. En fait, je vote à l’école maternelle que je connaissais pas, je regarde mon papier. Je suis au bureau 4. Merde, c’est bien celui où y a la queue, allons-y gaiement. Ce petit coin est assez mignon, les gens sont venus voter avec leurs enfants, ça grouille de partout. En plus, les gamins, ils sont surexcités d’être à leur école sans qu’il y ait cours. J’arrive et je vois une petite fille s’approcher d’une autre « tu t’appelles commeeeeeeeeeeent ? ». Dieu merci, y a pas l’affreuse Anna, la fille de mes voisins qui n’a pas compris qu’elle n’était pas obligée de hurler à chaque fois qu’elle rentre ou sort de l’immeuble. Une jeune femme blonde râle devant moi. Je le sens mal cette histoire et je tends une oreille.

 

« Non mais c’est pas votre faute mais avant, il y avait 4 isoloirs alors que maintenant, y a plus qu’une machine, c’est obligé que ça aille plus lentement

– Mi non pitite ma’moiselle, c’est qui y a plis di monde » lui répond un des messieurs qui tient le bureau.

Moi, je suis d’accord avec blondinette.

La queue avance… Enfin, j’aurais pris un bouquin, j’aurais eu le temps de le terminer. Surtout que celui que je lis me saoule, ça aurait été une bonne idée de le terminer, tiens. Le monsieur devant moi est, je le sens, du genre concierge, il dit bonjour à tout le monde, genre je fais de grands gestes pour dire bonjour au brun méga canonissime qui se promène avec Grelucha et enfants. Bon sang, y a que des papas canons dans mon quartier ou quoi ? Pourquoi ils se sont foutus à la colle avec Grelucha plutôt qu’avec moi, je suis mieux. Ah tiens, le mec de blondinette est sex aussi mais bon, il avance par fauteuil, lui. En gros, il reste immobile jusqu’à que blondinette soit trop loin et se trouve un autre siège pendant que bobonne pousse la poussette.

 

Le monsieur devant moi semble un peu intrigué par ma personne aka la seule qu’il connaît pas donc il commence à taper la conversation : « vous avez reçus les programmes vous ? Ah ben nous non ! ». Je constate qu’il a repris sa vieille carte électorale, ça va encore foutre le bordel. Mais apparemment, sa femme et lui n’ont pas reçus la nouvelle. On râle un peu sur le vote électronique, il m’explique qu’il y a une pétition dans le quartier mais moi, j’ai pas été sollicitée parce que moi, je l’aurais signée. Ca pue, on attend trois heures pour voter, c’est mal foutu. J’avoue que ce couple m’intrigue car ils sont accompagné d’une petite fille blondinette toute mimi mais un peu surexcitée, j’ai cru que c’était leur petite fille mais non « mamaaaaaaaaaaan ! » dit-elle à la dame en lui montrant le caca qu’elle a sur la main comme si elle allait mourir de la peste. Mais ils sont pas un peu vieux pour se reproduire ? En plus, vu leur tête et celle de la gamine, y a clairement des liens génétiques. Bref, avec le monsieur, on soupire en se disant que le découpage électoral est étrange vu que personne ne va voter au bureau 3 et que nous, on fait la queue comme des cons. Blondinette se joint à nos récriminations. Moi, en fait, j’avoue que je m’amuse bien, c’est de la sociologie de rue comme j’aime.

 

Les enfants sont fantastiques : l’insupportable coue-couette de derrière exaspère ses parents tellement elle tient pas en place et l’attendu se produit : « Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! » hurle-t-elle mais sa mère lui dit : « tu peux faire ton caprice, je m’en fous, tu bouges plus ! ». Y avait le trop mignon Maximilien qui jouait à la ba-balle avec sa maman. Mais le mieux c’est le gamin qui va voter avec sa mère qui doit s’appeler Marie-Hortense et voter au mieux Sarko, au pire De Villiers. Le gamin suit sa maman dans l’urne et quand elle a validé son choix, il appuie à son tour sur le bouton. Sa mère explique à la dame du bureau qui a oublié la fonction sourire : « Hihi, il voulait pas voter comme moi » et le gamin de hurler : « OUI, MOI, JE VOULAIS VOTER JOSE BOVE !!!! ». Arrête de rire Nina, arrête, c’est pas très poli. Sinon, je veux pas dénoncer mais il me semble avoir clairement entendu une maman appeler sa fille Sixtine. Non, Nina, ne ris pas, c’est malpoli. Puis c’est quand même un lieu majeur dans l’art de la Renaissance que tu aimes tant.

 

Bref, arrive enfin mon tour. C’est très amusant car on arrive sur la table par la droite mais faut donner sa carte aux personnes de gauche, la personne du milieu et c’est la personne de droite qui valide et du coup, pour sortir, faut se faufiler à travers la queue. Du coup, on sait plus qui a voté et qui va le faire. Je donne mes cartes, je rentre dans l’isoloir, j’appuie sur le bouton correspondant à ma candidate, l’écran me demande si j’ai bien voté Royal et si oui, je suis priée de valider. C’est écrit tout gros, même pas j’ai besoin de mes lunettes. Je signe enfin le cahier de madame-je-souris-pas et me voici enfin libre, je remonte la queue, pensant que y en a facile pour une heure pour les derniers, je fais 10 mètres et me revoilà chez moi. A 20h, étant en ville avec Athéna, mon AFP à moi (ma sœur quoi) m’a envoyé les résultats par texto. Bon, ben, vivement dans 15 jours !

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