Arrival ou la suspension consentie de l’incrédulité

On a des phases, avec Victor genre “tiens, si on allait au ciné”, ce qui fait qu’on y est déjà allés 2 fois en 2017… mais qu’on devrait très rapidement arrêter. Dernier film vu : Arrival de Denis Villeneuve, une oeuvre sur laquelle on est radicalement pas d’accord à l’arrivée et qui nous a occasionné une petite dispute. Car on a un souci avec la suspension consentie de l’incrédulité.

Suspension consentie de l'incrédulité

Je vais d’abord vous pitcher rapidement le film : douze vaisseaux extraterrestres arrivent sur Terre mais on ne sait pas trop ce qu’ils veulent. L’armée fait donc appel à Louise Banks (Amy Adams), très éminente linguiste, pour tenter d’entrer en contact avec eux, et de Ian Donnelly (Jeremy Renner) un physicien. Le film va donc se concentrer sur les liens qui se tissent entre eux et les extraterrestres, des espèces de poulpes géants à sept pattes, appelés donc heptapodes. Ce film est esthétiquement très beau et assez émouvant, j’ai eu la gorge serrée sur les dernières scènes. Car ça parle pêle-mêle de langues, de réaction des Terriens face à ce contact compliqué (avec évidemment le camp des belliqueux incarnés comme il se doit par le camp de l’Est, à savoir Chine et Russie) mais aussi de choix.

Arrival, vue du vaisseau

Le travail sur la brume dans ce film est juste génial

Maintenant, définissons la suspension consentie de la crédulité : dans une histoire qui met en place des éléments difficiles à admettre au départ (genre des poulpes extraterrestres qui débarquent un beau matin), on les accepte à partir du moment où l’univers construit est cohérent. Karim Debbache en parle ici, par exemple. Donc ici, on peut admettre sans trop de soucis cette arrivée extraterrestre vue que c’est une hypothèse qu’on a vu dans de très nombreux films, notamment Independence Day et Independence Day : Resurgence (que j’ai détesté), Signs, la guerre des mondes, E.T., Rencontre du 3e type, X files, etc. Cependant, il faut que le reste du récit fonctionne et c’est là que Victor et moi ne sommes pas d’accord. Attention, spoiler dans le paragraphe suivant.

Amy Adams dans Arrival

Dans Arrival, les extraterrestres utilisent un langage écrit à base de cercles, tracés dans les airs par une espèce d’encre (c’est franchement beau) et je salue une nouvelle fois le travail sur l’esthétique du film. On apprend à mi parcours que chez les heptapodes, le temps n’est pas linéaire comme pour nous mais cyclique et donc qu’on peut naviguer entre présent, passé et futur (même si en l’occurence, le passé ne sert à rien dans cette histoire). Louise, en apprenant le langage des heptapodes, développe malgré elle la capacité de voir le futur et on découvre que l’histoire de sa fille qui nous est présentée en début de film se passe en fait après la fin de celui-ci. Mais le film est conçu comme un palindrome et peut se lire dans les deux sens, le nom du film apparaît d’ailleurs à la toute fin de celui-ci. Quand Louise est forte de ce savoir, elle entrevoit alors une scène du futur où le général chinois qui voulait tout péter lui donne son numéro de téléphone pour qu’elle l’appelle dans le présent et qu’elle lui dise les derniers mots de sa défunte épouse. Et là, craquage de Victor “c’est pas possible, ça crée un paradoxe temporel, c’est nul”, moi “mais non puisque quand il lui parle dans le futur, ils savent comment ça fonctionne et il sait qu’il doit lui parler pour lui donner la clé”.

Amy Adams dans Arrival

J’ai accepté le deal, lui non. En rentrant, je cherchais à quel film ça me faisait furieusement penser et quelques notes d’orgue m’ont donné la solution : Interstellar. C’est peu ou prou le même dénouement : un élément du futur qui influe sur le passé pour lancer l’intrigue, deux points du temps solidement imbriquées… et j’avais pas aimé Interstellar, même si je ne m’étais pas offusquée de ce loop temporel. On est dans la base même de terminator également : si John n’avait pas renvoyé Kyle dans le passé, il n’aurait pas existé… Ok mais la première fois que l’histoire s’est déroulée ? Ah ben non : Skynet n’existe que parce que le Terminator avait été renvoyé dans le passé mais du coup, s’ils arrivent à supprimer tout le matériel de base servant à Skynet pour devenir ce qu’il est (ce qui est censé se passer dans le 2), John devrait dès lors disparaître puisque le futur a changé et que son père ne reviendra jamais voir sa mère  dans le passé ? Un peu comme dans Retour vers le futur où en modifiant le passé, Marty met en péril son présent…

Terminator 2 : Sarah, John et le terminator

Du coup, je me demande : à quel moment tu peux sortir d’un film et être écrasé par l’aspect pas crédible du truc, même si tu as accepté le fait qu’on t’embarquait dans un univers pas vraiment réaliste ? On a peut-être pas tous le même prisme de lecture. Je me rends compte qu’en général, je réagis par empathie : quand un personnage fait un truc con ou illogique, ça me fait sortir du film (justement ce que je reprochais à Interstellar dont les personnages étaient beaucoup trop placides à mon goût). Victor semble lui plus sensible à la rigueur scientifique : si c’est pas bien expliqué, ça se peut pas et c’est tout.

L'écriture des heptapodes dans Arrival

De l’univers tissé ou de l’empathie pour les personnages, qu’est-ce qui rend la suspension consentie de l’incrédulité plus facile à accepter ? Apparemment, il n’y a pas de généralités.

Si vous avez vu le film, j’aimerais bien votre avis sur la question, d’ailleurs.

PS : Et sinon, deux petites vidéos sur le film que j’ai bien aimées : Linguisticae pour le côté linguistique et nexus 6 pour le côté « première rencontre »

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La la land, ce film que j’avais pas envie de voir

Et j’avais tort. Il est de ces films, comme ça, dont on te fait tout un foin, dont on te dit que tu DOIS le voir, tellement que, peut-être par pur esprit de contradiction, tu te dis que non, merci, ça ne m’intéresse pas. Surtout qu’à trop t’en dire, tu seras forcément déçu : j’ai été blasée puissance mille par Amélie Poulain (que j’ai plus apprécié en deuxième visionnage, faudra que je vous en parle, un jour), Black Swan et sans doute d’autres. Et là, voilà, La la land en mode “la critique est unanime” et j’ai déjà plus envie de me pencher sur la question. Puis les comédies musicales, moyen, la nostalgie de l’âge d’or d’Hollywood, j’en ai rien à faire. Jusqu’à ce que Victor me propose un ciné dimanche soir et que je me dise qu’après tout, pourquoi pas.

Affiche de La la land avec Ryan Gosling et Emma Stone

Et franchement, j’en suis ressortie enchantée… Sans mauvais jeu de mot. Alors l’histoire… non, en fait, on s’en fout un peu de l’histoire, c’est juste une histoire d’amour ni plus fabuleuse ni plus calamiteuse qu’une autre, un an de vie de Mia (Emma Stone) et Sebastian(Ryan Gosling). En fait, on s’en fout royalement de l’histoire d’amour, c’est pas tant ça qui m’a plu dans le film. Un instant cependant sur le couple phare du film. J’ai une certaine passion pour Emma Stone, dès que je la vois, je suis de bonne humeur. Je crois que ce doit être une des actrices que j’ai le plus vu dans des films (moi pas cinéphile), je l’ai vu dans Spiderman (film nul au demeurant), Gangster Squad, Crazy Stupid love et Birdman que j’avais adoré. Et dans ces cinq films, elle partageait deux fois l’affiche avec Ryan Gosling, un mec qui me laisse totalement indifférente dans l’absolu mais j’avoue que si un jour, ces deux là se mettent à la colle, ben ça me fera plaisir. Alors que bon, dans les faits, les couples people, je m’en fous et vu que je lis même plus le Voici de ma mère, je n’ai plus du tout idée de qui est avec qui, j’en suis restée au divorce des Brangelina. Bref, c’est un couple qui fonctionne bien, ils s’en sortent très bien au chant et à la danse, passons.

Emma Stone dans La la land

Ce film, c’est avant tout un appel pour prendre sa vie en main et si vous me lisez un peu régulièrement, vous savez à quel point c’est mon obsession, ça. Au début du film, Mia et Sebastian sont quand même des ratés, ils galèrent dans leur carrière en se rêvant des lendemains meilleurs mais ce n’est finalement que leur rencontre qui leur servira de moteur pour se sortir les doigts du cul avec plus ou moins de succès (je vais pas tout vous raconter, allez voir le film). Alors forcément, ça me parle, ça fait écho en moi, je lève mentalement le poing et je me dis que je dois faire pareil, tenter même si finalement, ça ne marche pas…

motivation

Parce que le film n’est pas tellement un feel good movie. Les images sont sublimes, j’ai rajouté Los Angeles à ma (beaucoup trop) longue liste de destinations à faire alors que ça ne m’avait jamais parlé jusque là, la mélodie est simple donc je la chante encore une semaine plus tard et sans vous mentir, le lundi matin, on s’est levés de très bonne humeur avec Victor. Bon, moi, je suis dans ma nouvelle routine de Morning miracle (debout 6h) donc je suis pleine d’énergie mais même lui qui émerge à 7h30, il était bien. Mais ce n’est pas un feel good movie parce que l’histoire n’est pas si belle, ni plus ni moins qu’une autre, un souffle dans une vie.

Sebastian et Mia dans La la land

Mais y a la fin. Je dois vous en parler donc si vous n’avez pas vu le film et que vous avez envie d’aller le voir, vous arrêtez de lire ici, vous reviendrez quand vous aurez vu. Donc SPOILER (oui, on pourra pas dire que j’ai pas prévenu) : l’histoire de Mia et Sebastian prend l’eau mais ils se recroisent quelques années plus tard et pendant ce qui est, pour moi, la plus belle scène du film, un plan séquence de folie, ils imaginent leur vie s’ils avaient fait certains choix, comment ils auraient pu finir ensemble… et je crois que rien que pour cette scène, le film doit être vu. Parce que finalement, ce que nous sommes aujourd’hui, ce que je suis aujourd’hui, n’est que la résultante de nos décisions passées. Et ça, ça me fait vraiment penser. C’est un peu bouleversant, un peu vertigineux, cette histoire qui n’a jamais eu lieu, même si les personnages ne sont pas particulièrement malheureux dans leur vie in fine et que les choix les ont juste amenés là où ils en sont. L’idée de vie alternative me fait tellement carburer l’imagination.

plan séquence de fin de La la land

Bref, allez voir ce film si ce n’est déjà fait, parce qu’il est beau, parce qu’on ré entendra parler de Damien Chazelle et que ça tombe un peu bien parce que Xavier Dolan nous a un peu saoulé à se la jouer “école de la vie” avec Léa Seydoux alors qu’ils sont juste totalement du sérail, parce que ça met vraiment de belle humeur et qu’Emma Stone en robe jaune, c’est une des choses les plus adorables que vous verrez cette semaine.

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Ce que j’imagine, ce que j’écris

Ecrire : je noircis des pages blanches de mon écriture hiéroglyphiques, je gratte, je gratte. Oh ma gare ! je chemine, j’imagine la suite. Il dira ça et elle fera ça et ils iront là… Souvent, je me joue la scène comme un film, ça coule, c’est naturel… Oui, c’est génial, j’achète. Mais voilà : entre ce que j’imagine et ce que j’écris, il peut parfois arriver que ça n’ait pas grand chose à voir à l’arrivée.

Tableau de Mailo : colorer le monde - j'imagine

Magnifique travail de Mailo, au passage

Comme je disais semaine dernière, quand j’écris, j’ai le début, la fin et tout l’exercice consiste à les relier. J’ai parfois quelques scènes et l’un des défis consiste à les intégrer naturellement au récit. C’est compliqué. Par exemple, dans mon roman de Maja, il y avait une scène précise que j’avais en tête mais la narratrice étant Maja, je ne pouvais pas vraiment l’intégrer vu qu’elle n’est pas concernée par ce qu’il s’y passe. J’ai donc envisagé que cette scène soit racontée par l’un des personnages concernés… ou finalement de donner la parole à quelqu’un d’autre, à celui qui aurait dû raconter cette scène. Ok donc on va scinder le roman en deux parties : la partie Maja et la partie Zetterling (le nom de l’autre personnage). Ah oui mais attends, y a un personnage qui va arriver vers le milieu du roman, l’antagoniste de Maja, il serait peut-être intéressant de lui donner un background un peu épais surtout que finalement, j’ai envie qu’elle fasse ci ou ça. Ok, on va en apprendre plus sur elle via Luka, le frère de Maja. Oui, tiens, faisons comme ça… Oh, une partie supplémentaire, une ! Petit à petit, mon fil de fer se garnit, parfait.

Inspiration déco fil tendu

J’écris. Ah, là, il faut que j’amène ça avec tel truc qu’il va se passer, voyons… Oui, je vais amener ça comme ça et nous voici à l’écriture de cette scène que je veux puissante, centrale, un moment clé du roman. Dans ma tête, tout est très clair, j’ai des images très précises… sauf que quand je l’écris, ça ne donne pas du tout la même chose. Un peu comme ce sublime soufflé bombé qui sort du four et qui s’effondre lamentablement (ou mes meringues au jus de pois-chiche). C’est mou, nul, chiant.

Meringues au jus de pois-chiche ratées

J’ai un souvenir très précis d’un roman tout pourri comme ça, mon histoire de roman assez inspiré d’Angel Sanctuary où il y avait une petite scène de massacre à l’épée en toute décontraction, façon très manga et c’est précisément ainsi que je le concevais. Mais que j’ai galéré à concevoir cette scène par écrit, à lui insuffler à la fois fluidité et drame vu que cette scène était la clé pour déclencher le reste de l’histoire. Je ne me souviens pas vraiment si j’ai réussi à écrire un truc potable sur le sujet (je ne sais pas s’il existe une copie quelque part de ce roman, en fait) mais je me souviens de l’intense sentiment d’insatisfaction quand j’ai buté sur cette scène alors que c’était précisément celle où je ne pouvais pas me vautrer.

Angel Sanctuary de Kaori Yuki _ Alexiel

Parce que oui, dans ma tête, je peux imaginer des scènes fortes mais aussi très esthétisantes (dans la limite de mes compétences, n’ayant pas une culture BD/manga ou ciné très poussée, ne nous emballons pas non plus) mais comment rendre cette esthétique en mot ? Parfois, c’est simple mais d’autres fois, quand il s’agit de quelque chose de fugace, d’une belle image qui se passerait finalement de mots… Je suis un peu coincée.

The cell - film

Alors j’ai jamais vu ce film, The Cell, alors que j’en avais envie mais je n’en ai entendu que du mal… mais rien que les photos, tu sens qu’il a très mal vieilli dis donc…

Ou alors je prends des cours de dessin pour bien mettre en image mon délire… Mais vu mes quelques tentatives, on va dire qu’on va écrire et réécrire ces scènes clés pour parvenir à un résultat satisfaisant.

Tatouage de plume géométrique

Mais parmi les scènes à imaginer qui sont un cauchemar à écrire, ce sont les scènes de sexe…

Je vous raconte ça la semaine prochaine.

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Totalement inédit, jamais écrit avant !

Devant mon clavier, mes doigts virevoltent et tapent en cadence sur des lettres, tissant avec rapidité une histoire folle, une histoire née de mon imagination, un récit totalement inédit. Sauf que… en es-tu bien sûre ? Parce que finalement, l’histoire que l’on écrit n’est-elle pas la somme de nos inspirations ?

Plafonnier avec beaucoup d'ampoule dont une allumée totalement inédit

J’ai déjà raconté comment l’inspiration venait me rendre soudain visite par des rêves ou un idée fugace et que tout à coup, j’avais un réel besoin d’écrire. Je tape, je tape, je tape, je ne suis plus qu’excitation, les idées se lient les unes aux autres avec une facilité déconcertante quand soudain… attends… relis ça pour voir… Ah super, je suis juste en train de réécrire une histoire vue/lue/entendue. A la poubelle, on connaît déjà. A la poubelle ? Pas si sûr, attends.

poubelle de bureau corbeille à papier design noire

Elle me plaît bien cette poubelle au passage

Faisons un tour du côté du cinéma. Combien de remakes sortent par an ? Je n’aime pas beaucoup les remakes, essentiellement parce que je les trouve assez feignants : on prend un truc qui a bien marché, on refait pareil et on te remet ça au cinéma avec quelques acteurs qui font vendre. Marche aussi avec les suites/reboots dont j’ai déjà parlé. Cependant, tout n’est pas à jeter, je pense que certains remakes sont aussi bons voire meilleurs que les originaux. J’avoue ressentir une grande curiosité pour le Blade Runner de Dennis Villeneuve et si je réfléchissais un peu, je suis sûre que je vous sortirais quelques remakes bien meilleurs que les originaux mais là de suite, j’ai un peu la flemme.

Jeff Goldblum nu dans La Mouche

J’avoue ne pas avoir vu la version originale mais je me suis dit que mettre Jeff Goldblum nu, ça fait plaisir

Alors pourquoi ne pas réécrire l’histoire ? Pas 100% la même évidemment, mais il arrive parfois qu’en regardant/lisant une fiction, je brûle du désir de réécrire à ma façon. J’en avais parlé pour Lost par exemple : déçue par la fin, je voulus écrire ma propre version, trouvant le matériel super intéressant (mais évidemment, je ne l’ai pas fait). Plus jeune, j’avais également l’ambition de réécrire Final Fantasy VII, dans le but de sauver Aeris, on va pas se mentir. D’ailleurs, même si je n’en lis pas, je trouve très positif l’élan des fanfics en tout genre, essentiellement parce qu’ils amènent un public, souvent jeune, à s’exprimer à travers les mots. Même si le peu qui parvient jusqu’à moi semble déborder d’un érotisme pas toujours subtil (connaissez-vous la fan fic avec la fille qui s’imagine être la demi soeur de Justin Bieber et qui passe son temps à se faire saillir par ce dernier ?) mais après tout, chacun ses catalyseurs à fantasme, moi-même…

Final Fantasy VII version Playstation vs version PS4 Clad

Final Fantasy VII qui existe en version remake pour PS4 (il est sorti ?) et que je vais finir par acheter, comme une grosse victime du marketing que je suis

Finalement, si on assumait nos inspirations ? L’aventure humaine ne propose pas tant de variété que ça : on s’aime ou on se hait, on découvre, on explore, on se bat… Je schématise mais est-ce réellement possible de créer quelque chose de 100% inédit, finalement ? On a tous forcément des influences. Je parlais y a quelques temps d’un roman écrit y a bien 12 ans (plof) qui était directement inspiré d’Angel Sanctuary de Yuki Kaori (que j’ai en même temps super envie de relire mais peur aussi comme pas mal de choses dont j’ai un bon souvenir), autant assumer ses influences. Clairement, pour Technopolis, y avait cette idée de cité bulle déjà présente dans Globalia de Jean-Christophe Ruffin, il y avait la fin qui reprenait l’image que j’imaginais en lisant la fin de Farenheit 451… Nos écrits ne sont-ils que la somme de nos influences ? Pourquoi pas. Après tout, prenons ce sujet qui nous tient tant à coeur et écrivons ce qu’on a envie de raconter, même si c’est un sujet ultra galvaudé, même s’il n’y aura rien de révolutionnaire. Du moment qu’on arrive à prendre le lecteur par la main pour lui raconter une belle histoire, le pari sera réussi.

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De l’art de choisir un titre

Là, par exemple, c’est nul. Quand j’étais étudiante en journalisme, il y avait déjà quelque chose que je ne maîtrisais que peu : le titre. Oh, on s’amusait bien à faire du “Libé style” dans certains devoirs et aujourd’hui, encore, sur ce blog, je pars souvent dans du grand n’importe quoi mais voilà, choisir un titre, c’est pas mon truc.

perles avec des lettres en vrac sur le sol

Je dois avouer que je ne suis pas très branchée cinéma français (ni cinéma tout court, d’ailleurs) mais y a un truc que j’aime bien dans ce cinéma, ce sont les titres de films :

Et soudain, tout le monde me manque

Belle comme la femme d’un autre

La prochaine fois, je viserai le coeur

Réparer les vivants

Ceux qui m’aiment prendront le train

(je n’en ai vu aucun)

Pareil en librairie, tous ces livres au noms alléchants

Blanche Neige doit mourir (pas si ouf, finalement)

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (je n’ai pas  aimé)

Le mec de la tombe d’à côté (au secours, j’ai détesté l’héroïne)

Pars vite et reviens tard (pas mal celui-là)

Bref des titres qui donnent envie… Et je suis bien incapable d’en produire d’aussi bons.

choisir un titre : sélection de romans

Pourtant, à la réflexion, est-ce que le bon titre fait le bon livre ? La liste précédente a l”air déjà de démontrer que pas vraiment et si je rajoute au dossier les titres de Moravia, mon auteur préféré, y a pas de quoi s’extasier “L’ennui”, “le mépris”, “les indifférents”, “Desideria” (ce roman, il vous faut vraiment le lire), “1934”, “Lui et moi” (un roman très étrange où un homme est dirigé par son énorme pénis). De la même façon, Nabokov n’est pas allé chercher midi à 14h pour Lolita. Par contre, son « Ada ou l’ardeur » était bien trouvé… mais je l’ai vraiment moins aimé (j’ai souffert à la lecture)

couverture du livre Ada ou l'ardeur de Vladimir Nabokov

Je suis complexée du titre, ce qui engendre deux conséquences :

  • je ne donne pas de titres à mes romans tant que je ne les ai pas terminés, à moins d’un éclair de génie, pour ne pas m’arrêter dès la première ligne, découragée de ne pas avoir trouvé un nom à mon œuvre
  • Je trouve un truc qui ferait un bon titre donc je cherche l’histoire qui pourrait aller avec.

Mais ça reste compliquée. Je me souviens d’un roman que j’ai écrit en 2003 ou 2004 et qui ne doit plus exister nulle part, maintenant. En vrai, ça aurait pu être une sorte de fanfic d’Angel sanctuary, un manga de Yuki Kaori que j’aimais vraiment bien, à quelques nuances près. Ouais, voilà, c’était le Fifty shades on grey d’Angel sanctuary et là, vous pouvez admirer à quel point je valorise mon travail.  Bref, j’écris l’histoire, environ 180 pages Word, de mémoire et après avoir écrit le mot « fin », je me creuse la tête : mais comment appeler ce roman ? Pas un truc avec des anges et des démons, c’est pas original puis c’est pas tant ça l’histoire, plus une question de destin qui destine plus. Je crois que le dernier titre fut “un caillou dans la machine”. C’est nul ? Oui.

rouages de montre

Tiens, faudrait que je réécrive ce truc en en faisant quelque chose d’un peu steampunk… Non. En fait non

Je me souviens à ce moment là de l’histoire avoir lu un article sur le film de Asia Argento, “Scarlet Diva”, la réalisatrice avait expliqué qu’elle avait choisi ça parce qu’elle aimait le prénom Scarlet et le côté Diva… Ca m’a pas aidé du coup. Mais j’étais jalouse, un peu, qu’elle ait réussi à trouver un nom qui claque.

Affiche du film Scarlet Diva d'Asia Argento

En attendant, moi, je laisse tomber. Mes romans ont des noms de code, souvent le prénom du héros ou de l’héroïne. Le titre, ce sera la touche finale, la cerise sur le gâteau, le topping du cupcake et… il va falloir que je renouvelle mon stock d’analogies, moi.

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Independence Day : Resurgence ou le gros soucis des reboots/suites

Situation : me voici dans un avion enfermée pendant 8h, le temps de traverser l’Atlantique et de piquer un peu au sud. J’ai des munitions : 2 Society, 2 Néons, un Philosophie magazine, un mag sur le Japon, et une solide propension à m’endormir dans les transports. Mais au bout de 2h, alors qu’on nous sert notre pitance, je cède : allumons l’écran et regardons un film. Et comme il s’agit de passer le temps, prenons un bon blockbuster des familles : Independence Day : Resurgence

Independence day : resurgence, affiche française, tour eiffel

Non mais sérieux l’affiche… je serais capable de faire la même sous Photoshop… et je suis pas particulièrement douée en la matière

Alors je vous raconterais bien le film mais ça ne sert à rien car c’est quasi le même que le premier, sauf qu’ils ont remplacé Will Smith (qui n’avait sans doute pas envie de se ridiculiser là-dedans alors que le mec a quand même joué dans le très critiqué Suicide Squad) par Jessie Usher que vous avez pu voir dans… hmmm… rien de très connu, je crois. Mais comme notre bon Jessie n’est pas trop charismatique, on lui adjoint le mec de Miley Cyrus dans la vraie vie (Liam Hemsworth), un sidekick rigolo que tu as envie de frapper comme tous les sidekicks rigolos, en fait (parce que je sais pas dans quel univers vivent les scénaristes mais ils confondent beaucoup “drôle” avec “t’es tellement lourd, mec, tu veux pas fermer ta gueule 2 mn”. De vraies sulfateuses à punchlines en espérant qu’une ou deux fasse effet. Là, non), une Chinoise pour faciliter l’exportation du film et la fille de l’ex Président, chiante de perfection (et d’une voix française assez agaçante). Ah oui parce que même si l’histoire est peu ou prou la même avec la reprise limite plan par plan de certaines scènes du 1er et un côté “oh, les méchants sont encore plus méchants”, on est surtout là pour “tuer le père”

avant première du film Independence day : resurgence, casting du 1er qui ont rempilé

La team « vieux »

On retrouve peu ou prou 2 générations dans ce film : les anciens qui se sont illustrés durant la 1ère guerre des extraterrestres et leur progéniture et associés. Du côté des “vieux”, certains passent pour un caméo : Vivica A. Fox (la copine de Will Smith dans le 1er opus) doit apparaître environ 5 mn dans le film pour un rôle globalement (totalement) inutile, Bill Pullman va se sacrifier pour éviter à sa fille de le faire, le scientifique dont j’avais totalement oublié l’existence sort du coma pour finalement crever, et Connie… ah non, en fait, c’est pas elle mais bordel, comment suis-je censée les différencier, sérieusement ?

Margareth Colin est Connie dans Independence Day

Sela Ward, président des Etats-Unis dans Independence Day

(déjà que je viens de découvrir que Connie n’était pas jouée par Mary-Louise Parker alors que j’en étais persuadée, Mary-Louise Parker que je confonds très régulièrement avec Sally Field quand je ne suis pas sûre de la date du film que je suis en train de mater. En fait, Connie était jouée par Margaret Colin, connue pour son rôle de maman de Blair Waldorf dans Gossip Girl (j’étais persuadée que c’était Sally Field, bordel) et c’est une pro-vie. Voilà)

Mary_Louise Parker

C’est marrant, je la croyais plus vieille, elle, j’ai dû me planter

Sally Field

Non mais vraiment, je me perds là

Bref, il n’y a guère que Jeff Goldblum qui survit avec son père, aidé par Charlotte Gainsbourg… Wait ! What ? Oui, Charlotte Gainsbourg joue dans Independance Day : resurgence (alors qu’elle avait refusé Terminator 4 parce qu’elle trouvait le film trop mauvais. Je pense qu’elle commence à salement galérer dans sa carrière US) mais bon, elle joue juste l’intérêt amoureux vite fait de Jeff Godblum, elle parle de cercles régulièrement et voilà. Les vieux meurent pour laisser symboliquement la place aux jeunes qui se font tous des bisous dans le désert à la fin. Comme le 1er.

la fin de independence day

Et on arrive à ce qui commence à me crisper un peu dans cette mode des suites/reboots (parce que je suis désolée mais j’y vois plus un reboot qu’une suite, cf Star Wars 7, Terminator Genisys ou Jurassic World pour ceux que j’ai vu) : on reprend des fondamentaux, on copie/colle les scènes icôniques et “tatan”, on te dit que c’est un nouveau film. Sauf que non.

Les raptors de Jurassic World et Chris Pratt

J’ai détesté Independence Day : resurgence, idem pour Jurassic World que j’ai pas fini car mon avion a atterri avant la fin (voyage à Montréal, j’ai pas cherché à rattraper mon retard), je me suis endormie devant Star Wars 7 et Terminator Genisys… Je suis tellement navrée du casting, sérieusement. Non mais juste, je mets ça là, vous allez comprendre :

Ok, il est possible qu'à une époque, j'ai eu un petit crush pour Kyle Reese version Michael Biehn

Ok, il est possible qu’à une époque, j’ai eu un petit crush pour Kyle Reese version Michael Biehn

Curieusement, je crushe pas du tout à la version Jai Courtney, sans doute parce qu'on dirait qu'il va me taper (et elle, elle est trop forever 16 pour être crédible)

Curieusement, je crushe pas du tout à la version Jai Courtney, sans doute parce qu’on dirait qu’il va me taper (et elle, elle est trop forever 16 pour être crédible)

Cheeeeeeeeeeee

Ce qui me saoule dans ces films, c’est que je ne peux pas être embarquée dans l’histoire vu que je sais parfaitement où on va : aux mêmes scènes que la version d’origine. Pour Star Wars, c’est systématique : le 1er opus d’une trilogie tue le mentor du héros d’une nouvelle ère trouvé dans un désert. Et encore là, dans le 7, la notion de mentor est très relative vu que je ne suis même pas sûre que notre héroïne du désert et son mentor de service se soit même adressés la parole. Dans Terminator Genisys, on assume le truc à mort en rejouant carrément la première scène du un mais en gros : poursuite, poursuite, on casse un gros building (une prison, un immeuble de bureau, un hopital), poursuite, poursuite, un accident de transport tue le gros méchant mais en fait non, fin dans une usine ou endroit assimilé, la menace est annihilée… ou peut-être pas. Tatatantatan.

terminator_ill_be_back

Du coup, pourquoi regarder ces films ? Pour les acteurs ? Alors dans les 4 cas, non : soit la jeunesse est mal identifiée par le public, soit ce sont des “sous acteurs” (Bryce Dallas Howard n’est pas Jessica Chastain mais en vrai, moi, elle me fait plus penser à Christina Applegate mais en rousse), soit des vieux acteurs qu’on a aimé dans le film d’origine et qui viennent faire un coucou… même si je mets pas mal d’espoir en Carrie Fisher sur la suite de Star Wars, j’espère qu’elle va botter des culs (j’aime bien Carrie Fisher, cette femme a l’air très drôle). Eventuellement pour les effets spéciaux, on peut mesurer les progrès faits entre la version 1 et la “suite/reboot” (mais j’ai pas trouvé ça très impressionnant) mais… je n’aime pas voir un film dont je devine la fin sans même réfléchir, j’aime être surprise, bousculée, regarder une histoire pour son intérêt propre et pas juste chercher les clins d’oeils, caméos et repompages. Je ne suis pas opposée à la reprise d’une histoire ou d’une franchise mais il faut que ça apporte quelque chose de plus. Et là, c’était pas le cas.

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La fille du train de Paula Hawkins

Et non de Frank Thilliez comme j’ai cru au départ, j’ai dû mélanger deux affiches. Comme je l’annonçais il y a quelques temps, je voulais à tout prix lire La fille du train de Paula Hawkins, donc, avant la sortie du film avec Emily Blunt, histoire de savoir si j’allais dépenser 10 € pour le voir au cinéma ou non.

Couverture la fille du train de Paula Hawkins

L’histoire : Rachel est une pauvre fille : alcoolique invétérée, elle prend tous les jours le train pour Londres pour faire semblant d’aller travailler puisqu’elle n’a pas osé dire à sa coloc qu’elle avait été virée. Tous les jours, elle passe devant la maison d’un couple qu’elle ne connaît pas mais sur qui elle projette un vécu, maison mitoyenne de celle de Tom et Anna… à savoir son ancien mari et sa nouvelle compagne. Mais un jour, la femme du couple qu’elle observe à travers la fenêtre du train disparaît et Rachel croit savoir quelque chose…

selfie dans la vitre du train avec vue sur Paris et la Tour Eiffel

Oui, je voulais faire une photo du paysage, ça donne un autoportrait chelou (mais qui va bien pour l’article du coup)

Ce roman parle à trois voix, féminines : Rachel, donc, Anna, la nouvelle compagne de son mari et Megan, la femme qui disparaît. On navigue un peu dans le temps, on apprend l’histoire par bribes. Rachel, alcoolique dernier stade, sait qu’elle était sur place le soir de la disparition de Megan, elle sait qu’elle a vu quelque chose mais aucun souvenirs. On suit donc Rachel en quête de sa mémoire et qui part peu à peu sur le chemin de la rédemption, les aventures de Megan un an avant et les pensées de la desperate housewife en chef, Anna, qui n’est qu’amour pour son mari et donc haine pour l’ex femme alcoolique qui vient souvent les emmerder quand même.

intersections, rails qui se croisent, chemins de fer

Alors est-ce que j’ai aimé ce roman ? Oui, carrément. Paula Hawkins réussit un tour de force : elle me rend Rachel presque sympathique alors que je n’aime pas les héros faibles qui retombent dans leurs travers. Je veux dire, je supporte pas trop le côté “youpi, aujourd’hui, nouvelle vie, je fais des efforts, je me sors de mon alcoolisme (ou Dieu seul sait quoi) et… oh non, il pleut, je replonge, adieux !”. C’est sans doute parce que j’ai mes propres travers et que j’ai parfois du mal à être rigoureuse sur certains trucs (coucou les régimes) mais ça me saoule de lire ça, en fait. Là, pour le coup, l’alcoolisme de Rachel est un ressort narratif mais un ressort plutôt malin finalement, ça justifie pas mal de rebondissements mais la ficelle n’est pas trop épaisse même si je mentirai en disant que je suis tombée de ma chaise à l’heure des révélations…

Tag sur un vieux train "orgasme rarement simulé", street art

J’aime la plume de Paula Hawkins qui n’en fait pas trop. C’est peut-être parce que, moi-même, j’aime les trains et j’adore broder des histoires avec quelques fils attrapés à droite à gauche. J’aurais pu tout à fait être Rachel, la fille qui, chaque jour, essaie d’apercevoir ce couple inconnu dans une maison du bord de la voie pour m’inventer une histoire sur eux, collecter précieusement les pièces du puzzle de leur vie. Enfin, je pourrais être Rachel sans la canette de gin tonic (j’aime bien le gin tonic mais en canette, brrrr). Le seul reproche que je pourrais faire sur ce roman, c’est le parti-pris assez évident de l’autrice pour Rachel (même si elle est décrite comme quelqu’un d’assez destructeur) et, en contre-champ, une Anna hautaine et parfaitement détestable. Oui, ce personnage est le seul point raté du roman… et ça tombe bien, il n’est pas le plus important.

Beau coucher de soleil un peu nuageux sur des fils électriques dans une gare

Du coup, va falloir que j’aille au cinéma, moi…

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Moi, je suis une bosseuse, je travaille 18/24 !

Et je ne t’envie pas. Mais vraiment. L’autre jour, en faisant un rapide tour sur LinkedIn (réseau qui m’insupporte de plus en plus… enfin, pas le réseau mais l’attitude des gens dessus), je tombe sur le CV de Marissa Mayer, présenté comme à peu près parfait. Je le mate et effectivement, la présentation est bien jolie mais… que vois-je ? Marissa met en scène son côté bosseuse “je bosse 18/24”. Et tu en es fière en plus ?

yahoos-marissa-mayer

Bon déjà, j’ai un peu envie de dire “mytho” ! Parce que cette déclaration rentre en conflit direct avec ça :

Une journée dans la vie de Marissa Mayer, une certaine idée de l'enfer

Si on considère que Marissa s’octroie 6h de temps libre sur sa journée de 24h (soit 25% d’une journée), comme se fait-ce que sur ce joli graphique, les moments vie privée (dormir, jouer avec ses 35 gosses et cuisiner) représentent visuellement près de 40% ? Et encore, je suis sympa, je considère ses activités dans les ballets de New York et de San Francisco comme du travail. Alors oui, elle dit qu’elle rêve du travail mais moi aussi, je rêve des fois de travail et ça donne “j’ai eu un putain de slogan : la tomate, ça tue mate !!””. Donc non, ça compte pas. Et puis même, si Marissa travaille 18h/24h, j’imagine qu’elle ne rentre pas chez elle à 16h… donc si je regarde le temps passé avec sa petite famille, une question s’impose : ils vont se coucher à quelle heure, ses mouflards ? Oui, la question du dodo pour adultes et enfants est l’une de mes grandes préoccupations dans la vie.

Une jeune femme dort sur une pile de dossiers

Bref, si je soupçonne Marissa d’être une petite menteuse et que ça se voit direct sur son CV (et puis on sait bien comment ça finit, les perfect Mums aux USA), je reste à m’interroger sur cette affirmation “moi, je passe les ¾ de mon temps au travail”. Mais qui ça fait rêver, sérieux ? Pas moi, je vous le dis direct et je recevrais quelqu’un m’annonçant ça, j’aurais tendance à pas le recruter. D’abord, je considère que passer 18h à bosser, ce n’est pas sain, au sens médical du terme mais surtout, comment tu veux être bon quand tu es physiquement cramé et que tu prends pas de respiration. Concrètement, comme je disais, je suis en train de glisser vers les études mais j’apprends un peu par moi-même, je teste, je tente (bien aidée par une formation excel qui m’a résolu pas mal de soucis, j’avoue)… Et des fois, je bloque. J’essaie mais j’y arrive pas. Alors que faire ? A un moment, faut sortir du truc. Selon l’heure, je descends faire une pause où je rentre chez moi. Le must neurones de mon côté, c’est d’aller faire du sport ou de prendre une bonne douche voire d’aller dormir, selon l’heure, évidemment. Parce que souvent, le problème n’en est pas vraiment un, c’est juste qu’à avoir le cerveau trop encombré de données qu’on cumule depuis le début de la journée de travail, on ne voit pas la solution. On sort de l’écran, on s’oxygène la tête et pop, ça vient tout seul.

révélation par la méditation

Mais oui, il suffisait de faire un SOMME.SI.ENS, suis-je sotte !! #passionexcel

Et puis le travail n’est pas toute la vie. Comment s’enrichir quand on n’est que consacré à son boulot. Oh oui, le travail est une source d’apprentissage, bien sûr, mais pas que. Parce que si je regarde la journée de Marissa, je note qu’elle ne lit pas, ne va pas au cinéma ni au musée (et je ne parle pas de sports, apparemment, pas d’oxygénation du corps), ses seules bulles d’oxygène sont son bénévolat pour les ballets (et je pense qu’elle reste dans l’administratif), cuisiner (à la limite, pourquoi pas) et faire des trucs en famille. Alors tu vas me dire, chacun sa conception de la vie mais ça pue le métro-boulot-dodo et le cerveau qui s’atrophie, cette histoire.

femme fatiguée avec oreiller sur la tête et masque sur les yeux

Les recruteurs sont, paraît-il, assez attentifs à la rubrique “loisirs” qui donne un éclairage différent à la personne. Je sais que, pour ma part, je manquais d’un sport collectif, mes loisirs étaient très individuels, voire solitaires (fitness, marche, plongée, yoga, lire, écrire… Que des trucs où on me fout la paix, quoi). Heureusement que je me suis mise au foot à 5 ! Mes loisirs ne sont pas là pour me faire devenir une meilleure salariée, je ne consacre pas mon temps libre à ma carrière (vision assez classique aussi du “je profite de mon temps libre pour monter ma propre boîte”… mais va te faire voir, sérieux), j’ai juste besoin de sas de décompression… et de vivre ma vie en fait. J’ai besoin d’être multiple : salariée, blogueuse, aspirante écrivaine de quand je m’y mettrai, tricoteuse très occasionnelle, grande rêveuse, globe trotteuse 5 semaines par an, footballeuse du dimanche, yoggi amatrice, tatie gaga…

petite fille en rose

Oui, Pivoine a bien grandi, elle est mobile désormais

Et vous savez quoi ? Non seulement je trouve ça sain mais je reste persuadée que le secret du bonheur, c’est de ne consacrer que 8h de sa journée à sa subsistance et le reste à se faire plaisir.

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Où la carte illimitée tue le cinéma

Car-ré-ment. Un soir d’hiver, Victor et moi regardons les cartes cinéma car nous planifions de voir je ne sais plus quel film. “Hé, achète notre carte illimitée ! Pour une vingtaine d’euros par mois, tu pourras voir tous les films que tu veux”. Oh, intéressant, c’est rentabilisé en 2 séances à peine ! Sauf que c’est pervers parce qu’avoir deux films bien à l’affiche par mois, c’est tendu… Alors pour pas perdre de l’argent, on ira voir n’importe quoi… et on va tuer le cinéma.

salle cinéma pleine

Je suis une spectatrice chiante. C’est à dire que sur le papier, il y a peu de films qui m’intéressent. Essentiellement parce que je déteste les récits manichéens où l’on sait dès le début du générique comment ça va finir (travers que je ne supporte pas en littérature non plus, ce qui me fait bannir dans les deux Arts les romances parce que 9 fois sur 10, le monsieur et la madame finissent ensemble dans un monde rose écoeurement sucré et furieusement hétérosexuel) ou parce que ce nouveau film trop tooooop ressemble aux 15 qui ont été faits avant lui sur le même modèle. Pour que j’accepte de sacrifier 2h de mon temps (car je  ne pourrai rien faire d’autre en même temps) et un billet, il va falloir sacrément me motiver.

déception à la caisse du cinéma

Car je ne vois pas dans le cinéma une activité pour passer le temps. Un peu comme la lecture : si je veux me faire un jacuzzi du cerveau, je vais lire Closer ou, pour en revenir au cinéma, regarder un téléfilm de merde à la télé (ou une série). Au cinéma, au vu de mon investissement personnel et financier, j’attends d’être amenée dans un spectacle haletant qui m’ébouriffe… Genre un blockbuster ? Non, dans 9 cas sur  10, ce genre de films semble n’être que l’exécution d’un recette sans saveur et surtout sans originalité. Si on en revient à Batman vs Superman, si on enlève quelques jolis plans, on a quoi ? Un film qui enfile clichés, punchlines, rebondissements incompréhensibles, et scènes vues 30 fois ailleurs. Bref, le taf est fait, le film rentrera dans ses frais car…

Batman vs Superman : l'aube de la justice

Les cartes illimitées. Parce qu’on doit aller régulièrement au cinéma pour entrer dans ses frais, on peut même s’instaurer un petit rituel “le dimanche, c’est ciné mcDo, hihi !”. Et j’ai remarqué, globalement, que quand tu vas au cinéma parce que faut rentabiliser la carte, le public va aller plutôt voir un truc “qui fait pas réfléchir” qu’un film un peu différent. N’y voyez pas ici un jugement de valeurs de ma part : quand je dis “public”, c’est parce que, moi, j’ai pas cette carte, et quand je suis dans un long courrier, je vais plus regarder Ant Man qu’un film français sur un drame familial à la con (même si j’avais vraiment aimé Respire de Mélanie Laurent maté dans un Séoul-Paris, je crois)(je me la pète un peu globe trotteuse, tavu ?) . Ou des films genre De rouille et d’os qui, je suis certaine, est très bien mais je suis rarement d’humeur à regarder des films tire larmes qu’elle que soit leur qualité. Mais pourtant, je reste à dire que les cartes illimitées tuent la création artistique au cinéma. Parce que mine de rien, vu qu’on va aller plus facilement voir ces films calibrés pour marcher, on ne va pas trop sortir des ornières vu qu’on sait que les gens sont “obligés” de consommer ce type de produits. Et on se retrouve avec une floppée de films nuls avec des critiques mauvaises mais qui restent rentables parce que quitte à se traîner au ciné un dimanche matin pour pas perdre de sous avec notre carte illimitée, on va aller voir le dernier film dont on a vu la bande-annonce absolument PARTOUT ces derniers jours. Même si, dans la bande-annonce, on te montre des scènes qui ne sont même pas dans le film (coucou Suicide Squad).

carte illimitée

Alors pour sauver le cinéma, on jette les cartes UGC ? Vous en pensez quoi ?

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Le jour où j’ai été photographe sur tapis rouge

Vous savez ce que j’aime dans la vie ? Les moments cocasses, what the fuck, ces moments où je vis un truc assez foufou et qu’une petite voix dans ma tête vient gentiment me demander si tout ça n’est pas un peu trop surréaliste. Genre quand je danse pour le réveillon sur un bateau entourée de dauphins, quand tu traverses l’Atlantique pour aller faire de la luge. Et puis un jour, tu te retrouves au bout d’un tapis rouge parmi des photographes qui hurlent les prénoms des acteurs qui passent… quand ils les connaissent.

Photographes sur le tapis rouge de Cannes

Mais depuis quand je suis photographe de stars ? Depuis un matin du mois de mai : “Nina, y a le client qui est partenaire d’un festival de film, il voudrait savoir si tu veux aller faire la CM là-bas”. Alors, voyons, un petit tour dans une ville que je n’ai pas encore la chance de connaître… Mais oui ! Bon, après, déménagement oblige, je m’en suis un peu mordu les doigts car ça nous faisait sauter un week-end d’installation dont nous avions cruellement besoin mais j’allais, sans le savoir, mettre à mon actif une nouvelle expérience… hmmm…intéressante.

Voilà, photo prise le dimanche soir avant le fameux week-end, ça vous situe le bordel

Voilà, photo prise le dimanche soir avant le fameux week-end, ça vous situe le bordel

J’arrive sur place le vendredi après un trajet en train… où j’ai dormi du départ à l’arrivée, à peu près, 2 heures envolées. J’arrive sur le lieu des festivités en navette, véhicule qui me dépose pile devant le tapis rouge où se massent déjà quelques curieux. Des gens me sourient à travers les vitres teintées, je me demande si c’est ma cliente… Ah pas du tout, ce sont des badauds qui espéraient que je sois une star et quand ils ont vu que je n’étais personne, j’ai juste disparu de leur radar. Je rencontre mon contact qui m’envoie passer l’après-midi dans un lieu un peu isolé du festival pour une manifestation de la marque. A 17h, je retourne au coeur des événements, je spotte quelques personnalités en me faisant quelques réflexions sur la différence réel/à travers un écran (oh mais lui, en vrai, il a un vrai truc alors que je le trouve absolument dégueulasse à la télé… Elle par contre, j’ai un peu envie de lui donner mon shampoing…). Je reste un peu avec une de mes contacts puis on me donne une accréditation presse. Mais pourquoi faire donc ? Je traîne, je fais quelques photos (un peu pour moi, beaucoup pour le taf) puis ça commence à s’agiter sur le tapis rouge. Tiens, mais j’ai une accréditation, tentons le coup. Me voici donc au milieu d’une dizaine de photographes pro armés de leurs super appareils Reflex suréquipés de flashs qui te font passer de la nuit au jour en une seconde et d’objectifs plus long que leur… à peu près, voilà. Moi ? J’ai mon adorable hybride Olympus OM-D 5markII. Alors je l’adore cet appareil, sincèrement, il est hyper pratique mais surtout, sa fonction wifi me permet d’envoyer mes photos directement sur mon mobile, idéal pour poster le tapis rouge sur les réseaux sociaux de ma marque. Bon, par contre, par rapport aux vrais photographes, je me sens en léger décalage. Je me cale dans un coin, je ne bouge plus, affectant mon air “mais oui, j’ai tout à fait le droit d’être là”.

Tapis rouge

Le défilé commence, on a d’abord droit aux invités des marques partenaires, puis arrive une actrice que personne n’identifie, on sait juste que c’est une actrice car elle est très belle, très maquillée, très coiffée et très mince. J’appuie gentiment sur le bouton quand ça commence à devenir la folie furieuse autour de moi “Hé, mademoiselle, HE HE !!! A DROITE ! OH ! A DROITE, A DROIIIIIIITE !!” Qu’est-ce qui se passe ? Ah oui ok… Alors je ne sais pas si vous avez déjà regardé la cérémonie de clôture du festival de Cannes, le moment où le primé va faire coucou aux photographes, vous voyez ? On entend comme une rumeur chez les photographes… Car ils veulent avoir la star de face, qui les regardent, pour une photo au top.

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Alors ça hurle, ça interpelle, ça vitupère… Ce qui est très drôle, c’est que la plupart des participants étant de jeunes pousses du cinéma ou des indépendants, il arrivait parfois qu’on ne connaisse pas le nom de la personne sur le tapis rouge (moi, j’en connaissais quasi aucun, vu ma grande cinéphilie mais ça m’a rassuré de voir que les autres, qui sont un peu plus dans le métier, ne s’en sortaient pas toujours bien non plus). Du coup, quand on connaissait, ça donnait “MELANIE !! RAPHAEL !!! FREDERIQUE !!!” et quand on ne connaissait pas… “MADEMOISELLE ! MONSIEUR ! AAAAA DROITE ! DROITE ! NON DROITE !” Moi, évidemment, avec mon petit Olympus, je fermais ma gueule et mitraillais, mi amusée mi gênée. Non parce que, ok, le tapis rouge fait partie du job mais on me gueulerait comme ça dans le cadre du travail, je ferais un procès pour harcèlement ! Mais les acteurs posent, goguenards, ils font un petit tour et s’en vont en faisant coucou, quelques uns signant des autographes de façon un peu random. Tout est normal dans le cirque Paillette.

leila-bekhti-au-festival-de-cannes

Et puis y avait une fille, la seule en dehors de moi (alors que j’étais un peu posée là par hasard, pour voir si on allait me laisser faire (oui)). Le lendemain, je croise le photographe officiel de la marque qui me dit ne pas m’avoir vue sur le tapis, je lui explique où j’étais posée “derrière une fille qui criait très fort, là…” “Ah oui, c’est Cyrielle, elle n’est pas commode… mais en même temps, c’est pas un milieu facile pour les meufs”. Ah. Alors avec moi, elle a été cool durant la mini interaction que nous avons eue (je lui ai pris son sac pour le poser derrière la bande de photographes, à peu près) mais elle a pourri la vie d’une autre CM de l’événement en lui foutant des coups de coude, se justifiant d’un “je bosse, moi, connasse !”. Alors, Cyrielle est-elle obligée de mettre ses balls sur la table, comme on dit, pour être respectée par ses collègues testostéronés ou réelle connasse ? Moi, en tout cas, elle m’a bien rendu service : vu qu’elle hurlait très fort, tous les people la regardaient… et moi, j’étais juste derrière. Clic ! Clic !

Un milieu très mixte, en effet... Jeu : sauras-tu trouver la seule femme de la photo ?

Un milieu très mixte, en effet… Jeu : sauras-tu trouver la seule femme de la photo ?

Moralité : c’était marrant… et je suis ravie que ce soit pas mon métier parce que j’aime pas me battre pour avoir la meilleure place, j’aime pas devoir montrer les dents pour me faire un peu respecter parce que je suis une femme, je déteste crier. Ou alors, je repère le plus fort en gueule pour me mettre pile derrière et je mets à profit ma souplesse naturelle (hyperlaxie mon amour) pour faire des photos sans avoir le flash ou l’objectif des photographes devant.

Oui, parfois, le photographe de devant te niquait un peu ton cliché

Oui, parfois, le photographe de devant te niquait un peu ton cliché

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