Les antagonistes flamboyants

Je me demande toujours ce qui fait une bonne oeuvre de fiction : le héros ou l’héroïne ou son/sa antagoniste ? Sans doute un mélange des deux mais regardez comme certaines oeuvres ont traversé le temps grâce à leur méchant. Genre Star Wars qui nous évoque Dark Vador bien avant les Han Solo, Luke ou Leïa. Je pourrais vous en citer d’autres mais cet article n’est pas une rétrospective, c’est une réflexion sur les antagonistes.

Dark Vador, quand les antagonistes prennent toute la place

Quel serait le charisme d’un héros sans un grandiose antagoniste, ce méchant qui incarne le mal à la perfection. Batman serait-il Batman sans le Joker, Superman sans Lex Luthor (pas le Lex de Jesse Eisenberg par contre), Luke sans Dark Vador (doublement rien, pour le coup)… Le rival doit être puissant pour qu’on ait peur pour le héros, qu’on puisse croire qu’il y ait un risque de défaite, voire de décès. C’est même souvent une critique qu’on peut faire à certaines oeuvres : si le héros est trop fort vs un ennemi un peu nul, ça n’a aucun intérêt. C’était LA raison pour laquelle j’avais laissé tomber Pilgrim ou la raison aussi pour laquelle j’ai arrêté les Dan Brown, avec son héros qui est en perpétuel danger de mort mais s’en sortira toujours, parfois de façon malhonnête d’ailleurs (dans le Symbole perdu, pourquoi le méchant qui bute tout le monde de façon totalement gratuite ne tue pas le héros quand il en a l’occasion ? Ca m’a propulsée violemment hors du bouquin). Bref, si je trouve qu’un héros trop puissant est agaçant (y a Darwin Minor aussi), un antagoniste trop flamboyant peut être problématique car on va l’exploiter au-delà du raisonnable.

Negan, l'antagoniste ultime de The walking dead

Pour le coup, Negan est un méchant intéressant car derrière sa cruauté se cache une rigidité morale… alors certes assez alternative mais il a un code de conduite et s’y tient.

Je trouve ce cas particulièrement dans les oeuvres filmiques (cinéma et séries). Pour être précise, cet article m’a été inspiré par la saison 1 de American Horror story… et plus précisément le personnage de Jessica Lange. Je reparlerai peut-être de cette série mais en gros, en regardant, j’avais l’impression que les scénaristes n’ont pas su quoi faire du personnage incarné par l’actrice et lui ont écrit bien plus de scènes que nécessaire… rendant son personnage absolument insupportable. Un peu comme Viola Davis dans Murder, je ressens tellement le côté “ohlala, on a chopé une grande actrice, faut en abuser !”. Je reviendrai sur Murder une autre fois parce que c’est pas le sujet aujourd’hui. Et j’ai trouvé que le personnage de Jessica Lange, Constance, était too much. Too much dans le sens “on la voit beaucoup trop par rapport à ce que l’on sait de ses motivations et on s’en fout, du coup”.

Jessica Lange dans American Horror Story

Non parce qu’un bon méchant, c’est pas juste un personnage incarné par un.e interprète charismatique, il faut aussi qu’il ait un peu de profondeur. Personne n’est juste méchant, le Mal doit être motivé. C’est là, d’ailleurs, le grand échec de la trilogie 1.2.3 de Star Wars : l’histoire d’Anakin est pétée. On nous donne des éléments pour nous expliquer la transformation d’Anakin : la colère à la mort de sa mère (ok, ça passe), sa peur panique de perdre la femme qu’il aime (moui… même si je n’ai jamais compris ce qu’Amidala foutait dans cette relation vu que le jeune homme est très problématique et qu’elle le sait) et du coup… il choisit le camp du mal qui est censé protéger sa compagne ? Au.cun sens. Non, vraiment Anakin/Dark Vador fonctionnait mieux en général cruel marchant au pas. Dans American Horror Story, c’est exactement pareil : on sait pourquoi Constance tourne autour de la maison et ses liens avec d’autres personnages mais… on s’en fout. Elle fait quelques liens avec deux ou trois personnages mais après… Mais surtout, elle prend toute la place. Elle devient le personnage principal alors qu’elle n’a pas vraiment de but dans cette histoire, elle est juste une présence un peu bizarre…

Jessica Lange dans American Horror Story

Alors pourquoi pas, hein, faire du méchant de l’histoire le vrai personnage clé de l’histoire. Dans les années 80, l’antagoniste était souvent l’élément central de l’histoire, il donnait même son titre au film : Terminator, Alien, Predator, on a eu Dracula plus tard (alors je parle plus du film que du livre car dans le livre, il n’a pas de réelle motivation contrairement au film… et si vous n’avez pas vu le film, le fossoyeur de films a une petite vidéo intéressante pour vous… même si vous l’avez vu, en fait) et sans doute plein d’autres exemples mais n’oublions pas que ma culture ciné reste limitée. Cependant pour qu’on puisse rentrer dans le récit, il faut que les motivations de l’antagoniste soient claires, qu’on puisse s’intéresser à son sort. Et parfois (souvent), j’ai l’impression qu’on se contente de donner quelques super pouvoirs au méchant et on se dit que ça suffira d’en faire un personnage qui fait réagir… un peu comme le méchant de Avatar, ça en devenait grotesque à la fin tellement il était surpuissant… Ca aurait drôle au 2nd degré mais ça n’en était pas… Alors oui, c’est sûr, on flippe un peu pour les héros vu que l’autre a l’air un peu immortel mais c’est de la triche.

Le méchant archétypal dans Avatar

Hin hin, je suis méchant !

Bref, je crois que le sujet du méchant mériterait une petite série d’articles… ou pas ! Je verrai.  

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Avance rapide

C’est lundi et comme tous les lundis, je souffle. Je souffle en pensant que c’est parti pour cinq jours. Je souffle en pensant à ma to do list de la semaine. Je souffle en me disant que je n’ai aucune surprise à attendre de cette semaine. Parfois une petite soirée en phare dans la nuit et encore… parfois, j’ai la flemme. C’est officiel : je suis dans le spleen de novembre et parfois, j’aimerais faire une petite avance rapide sur ma vie.

Spleen automnal

Je suis souvent insupportable. Pressée de vivre des trucs cools. La routine m’ennuie au possible. Me lever sans perspective d’un truc un peu cool (un ciné, un verre entre gens de bonne compagnie, peu importe) me donne juste envie de rester roulée en boule sous la couette, collée au corps chaud de mon cher et tendre. Cinq jours avant le week-end. 26 jours ouvrés avant Noël. Heureusement ce week-end, petite escapade chez mes parents et début décembre, petit tour à Bruxelles. S’accrocher à ces petites parenthèses, ces bulles d’oxygène ++ en attendant le regain. Déjà les week-ends sont accueillis comme le Messie mais deux jours pour tenter de faire autre chose, s’extirper du métro-boulot-dodo, c’est si court…

Un couple heureux enlassé sur un canapé avec un chat

C’est en général dans ses périodes là que je tombe dans le “à quoi bon ?”. Je suis une fille à projets, moi. Des projets de romans, de blogs, de loisirs créatifs. Je veux me mettre au tricot, à la couture, au paper art, écrire, colorier, tenter le montage vidéo, m’engager, lire aussi. Me cultiver, apprendre, savoir. Je veux, je veux. Et faire du sport parce qu’un corps sain booste les neurones fatigués. Mais voilà, la fatigue, justement. Le soir, après une journée à faire ce qu’on peut pendant 8h (au moins…) avec juste une pause entre midi et deux pour se souvenir qu’on peut rigoler aussi, 1h de trajet avant, 1h de trajet après, mon cerveau ne veut pas, ne veut plus. Une série ou des vidéos Youtube qui “prennent pas la tête” ou vulgarisent comme il faut pour que je puisse avoir ma petite dose de savoir sans trop mobiliser ma matière grise. Je n’allume pas mon pc, je n’ai plus touché mon journal intime depuis avril (alors qu’il s’en est passé des choses depuis genre j’ai changé de taf et compris qu’en fait, c’était le travail que je n’aimais pas et pas les gens autour… Même si certains, je vis mieux sans qu’avec, c’est vrai), même mon coloriage avance peu voire pas. Non le soir, je furète entre Twitter lire des mots qui m’indiffèrent de plus en plus, et Instagram avec des gens qui feignent des vies parfaites et tripotent du slime (je suis allée tellement loin sur Instagram que j’ai fini par tomber sur une vidéo tirée d’un film X ou érotique japonais… je fus perplexe). Je découvre certes de jolis endroits mais les photos ne sont-elles pas trop retouchées ? Ce lieu existe-t-il vraiment ?

Décor fantasmé

Je sais qu’en ce moment, il n’est pas prévu qu’il arrive un truc cool. J’ai commencé l’année en cherchant un nouveau taf, je l’ai trouvé. Je ne cherche pas à faire d’enfants, je n’attends pas une demande en mariage (“je n’attends pas” dans le genre le mariage ne me parle pas du tout donc je suis pas sûre que ça me ferait plaisir), on ne cherche pas encore notre appart à acheter (ce sera l’an prochain). Alors évidemment, je mise un peu sur les événements heureux de mes copains et copines, on a un mariage et un bébé en approche, peut-être un changement de vie… Mais à part ça, le calme plat.

Eaux calmes à Hambourg

Oui, il est vrai que parfois, le calme plat, ça fait du bien aussi surtout que l’année fut intense et c’est peut-être pour ça que je suis un peu fatiguée, aussi. Sans doute devrais-je rester “recroquevillée sur le bord de la vie et j’attends qu’elle passe”, comme dit Anna Gavalda dans La vie en mieux. Et quand j’ai débuté cet article y a une semaine, j’étais un peu résignée à ça, à attendre que ça passe…

Avance rapide

Mais depuis, j’ai pété un câble et je repars en recherche d’un nouvel emploi, en espérant ne pas tomber sur un.e N+1 toxique parce que je commence à avoir une jolie collection et je commence à être un peu lassée, là. Je vous raconte semaine prochaine.

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Pourquoi on s’engage ?

Mercredi, je suis allée au cinéma, fait particulièrement notable, et lors de la (bien trop courte) séance de bandes-annonces, je vois un film français dont j’ai oublié le nom et que je n’irai pas voir (un article hautement sourcé s’annonce) mais qui m’a interpellée. L’histoire : Agnès Jaoui est une bourgeoise qui donne des cours de français aux migrants et y a tout un questionnement sur l’engagement, le personnage ayant l’air accro à la reconnaissance. Mais il n’en reste pas moins que ça me gratte, cette question : pourquoi on s’engage ?

Pourquoi on s'engage, manifestation place de la République

Commençons par une évidence  : et bien, ça dépend des gens ! Merci, bisous. Je vais donc parler de mon cas et de mes observations, n’hésitez pas à enrichir avec vos propres expériences. A mon niveau, je perçois deux militantismes : celui qui parle et celui qui agit. J’ai d’abord été une sorte de militante de la parole, surtout écrite, essayant de diffuser au maximum des concepts, des pensées. J’étais comme un prisme diffusant un savoir. Savoir que j’essayais soit de présenter à travers des articles, soit en narrant une expérience, soit en me contentant de rediffuser une parole, telle une caisse de résonance. Tiens, il faudra que je parle de ce militantisme de parole, ça fera un article intéressant.

Le prisme qui filtre la lumière

Puis 2017, le virage. Cette élection présidentielle qui sonne comme un naufrage, la peste et le choléra. Tout ce dont tu rêves pour la société est menacée, la solidarité, l’entraide. La start-up Nation agit tel un rouleau-compresseur, ultra libéralisant tout au profit des plus riches, des voyous hors-la-loi qui me rendraient PRESQUE Sarkozy sympathique. Et je ne parle même pas de l’écologie, de nos petits accords sales avec un pays qui massacre tranquille un de ses journalistes, de la médiocrité crasse de la plupart des députés de cette majorité abrutie qui fait ce que dit le chef sans discuter sinon attention à la fessée. Bref, ça me rend hystérique qu’on vote depuis trente ans pour le mêmes mecs en mode “y a pas le choix, y a que ça qui marche” alors que force est de constater que non mais qu’on refuse de tenter quoi que ce soit d’autre. Bref, parler ne suffit plus, surtout quand l’ombre devient de plus en plus présente. Oui, je passe souvent pour la Cassandre de service* mais faut pas être un génie pour voir que ça pue vraiment en ce moment et qu’on est en train de préparer tranquillement le lit de la peste brune en libérant plus que jamais une parole sexiste, raciste, homophobe…

Tatouage nazi

Et c’est difficile de laisser faire alors on essaie de s’engager, on essaie d’expliquer que non, ce n’est pas ok de cracher à la gueule de ces individus parce que vous refusez de remettre en question vos privilèges. Ceux que vous appelez avec mépris les décoloniaux, féminazies, LGBT aux cheveux bleus… Evidemment, c’est toujours plus facile d’imaginer que ces gens là inventent leurs oppressions malgré les milliers d’études, statistiques ou d’enquêtes qui prouvent le contraire. Moi, j’ai envie de changer la donne, d’accepter que nous ne devons plus nous crisper sur notre micro-privilège en laissant ceux qui n’ont pas eu notre “chance” au bas de l’échelle en anônnant que qui veut peut et que vous aussi, vous en avez chié. Le problème, c’est que personne ne lâchera rien si ce n’est pas un mouvement global et je peux comprendre : nul n’a envie d’être le dindon de la farce.

Le prêcheur des manifs

Alors, moi, je voulais m’engager pour essayer d’instiller mes petites graines d’espoir, porter un message haut, essayer d’aider à mon niveau. Je ne m’engage pas pour la reconnaissance, mes envies (ou besoin) de reconnaissance sont ailleurs. Je ne m’engage pas en espérant faire carrière, j’ai de plus en plus de mal avec la sphère politique et ses petits arrangements entre amis, quel que soit le côté de l’hémicycle où l’on se trouve. Je m’engage parce que j’ai envie de croire qu’on peut arrêter d’être collectivement con, qu’on peut essayer, au moins, de changer quelque chose.  Non parce que y a des jours, quand je vois où on en est, je me dis que finalement, laissons les extrêmes monter, que tout le monde se foute massivement sur la gueule et c’est peut-être comme ça qu’on arrivera à sauver la planète. Bon, par contre, je ne garantis pas qu’on soit toujours là pour le voir.

Ville abandonnée en Chine

Idéaliste ? Oui, et ? Faut bien tenter des choses à un moment. S’asseoir sur son canapé en soupirant que le monde est moche, c’est un peu court. Maintenant, vouloir changer les choses (je n’irai pas jusqu’à dire le monde), c’est bien, mais y a quand même une question de taille : comment. Point de recherche d’une formule magique, juste trouver un medium permettant de bouger un tant soit peu les choses, avoir un tout petit poids. Et là, je crois que je me suis fourvoyée, va falloir que je trouve autre chose. Et le temps qui va avec accessoirement. Pour changer.

Déprime saisonnière

* N’empêche que Cassandre avait raison, c’est juste qu’on refusait de la croire.

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Ton personnage, j’ai pas d’empathie pour lui

L’avantage de ne pas avoir trop le temps d’écrire, c’est que ça me permet d’avoir quelques livres d’avance à chroniquer. Ou pas, il y a certains bouquins sur lesquels je n’ai rien à dire. Depuis que j’ai abandonné « Je suis Pilgrim », j’ai avalé la promesse de l’ange de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos, Piégée de Lilja Sigurdardottir et Un monde après l’autre de Jodi Taylor. Et autant vous dire que réussir à créer un personnage suscitant un minimum d’ empathie, c’est vraiment un sacré challenge.

La promesse de l'ange de Frederic Lenoir et Violette Cabesos Piégée de Lilja Sigurdardottir Un monde après l'autre de Jodi Taylor

Sur ces 3 romans sus-nommes, nous avons 3 héroïnes : Johanna, Sonja et Maxwell. Et bien autant vous dire que je n’ai eu de sympathie et donc d’empathie que pour la 2e. Je ne sais pas encore si j’écrirais un jour un article sur ce roman donc à tout hasard : je vous le conseille. Alors pourquoi Johanna, Maxwell et ce bon vieux Pilgrim, qui n’a jamais été appelé ainsi pendant les 400 pages que je me suis cognées mais j’ai oublié son nom, ne m’ont pas émue ? C’est un peu difficile à lister mais en gros :

 

Leurs réactions sont illogiques

Alors ça, ça me rend hystérique aussi dans les séries Ou au cinéma, quand un personnage fait un truc débile alors que s’ouvrait devant lui un autre chemin tellement plus joli et évident. C’est souvent le signe d’un scénario mal maîtrisé, un peu un « Merde, je dois déclencher un nouvel événement, comment faire… ah ben tiens, mon héros/héroïne va sauter de l’immeuble en parachute. Oui, ok, il aurait pu prendre l’ascenseur mais c’est pas badass ». Un peu ce genre. Alors je sais qu’au naturel, je suis pas la fille la plus aventurière du monde, je suis à -17 sur l’échelle du trépidant (je ne cours pas pour descendre les escaliers car j’ai peur de tomber… monter en courant, je peux par contre) mais y a des moments où les personnages prennent des risques TOTALEMENT inutiles juste parce qu’ils raisonnent n’importe comment. Du coup, qualité de m’inquiéter pour eux, je m’agace de leur manque de jugeotte.

Les réactions illogiques des personnages : prometheus

Ils sont débiles

Le suspense est quelque chose de difficile à installer, notamment dans l’univers polar/thriller. On suit donc le personnage dans sa perception de l’énigme à résoudre, on dispose du même faisceau d’indices qu’eux. Or il arrive parfois que nous trouvions qui est le coupable avant la résolution de l’énigme… parce que c’est évident. Mais l’écrivain.e a choisi de ne pas arrêter son récit là et pendant les 100 pages restantes, on a envie de leur hurler qu’ils sont cons. Parfois, c’est juste qu’ils se noient dans un verre d’eau, qu’ils cherchent une solution et partent dans des pensées complexes alors que la solution est ultra simple et tu passes une partie du roman à soupirer devant les fausses difficultés du personnage.

Pretty little liars

« Mais comment elle sait tout, A. ? » Et jamais vous cherchez des micros, par hasard ?

Je ne les connais pas

Et là, on touche au cœur du problème. Je sors de mes romans pour parler du docufiction Mars qui est extrêmement révélateur du problème. Dans le 1er épisode, un astronaute, Ben, est salement blessé et tout ce 1er épisode va s’organisée autour de la survie du groupe en général et de la sienne en particulier. Sauf que j’ai vu ce mec 5 mn en cumulé et suivre son agonie et celle de ses camarades qui se mettent en péril pour le sauver… ben je m’en fous, en fait. Surtout qu’on avait en parallèle un laïus en mode « oui, on peut mourir mais c’est pour la science donc on est en paix avec ça ». Alors pourquoi vous êtes tous prêts à crever pour un mec qui a 9 chances sur 10 d’y passer ?

Le docu fiction Mars

Autre problème : le nom. Dans Pilgrim, le mec a plein de nom parce que espion, tout ça… du coup, j’avais du mal à vraiment m’intéresser à lui. Mais le pire, c’est Un monde après l’autre. Les personnages s’appelaient par leur nom de famille et donc notre héroïne était Maxwell voire Max. Pourquoi pas. Par contre, je n’ai pas compris si son prénom était Madeleine ou Lucy vu qu’elle a eu droit aux 2. Pareil, un autre personnage est soudain appelé par son prénom au bout de 200 pages, prénom qui avait dû apparaître dans une phrase de type « Je te présente Baptiste Tartempion qui fait ci, ça et ça et pia pia pia ». Le mec sera appelé alternativement chef et chef tartempion (à ne pas confondre avec Boss, c’est un autre personnage, ça). Du coup, quand y a un Baptiste qui pop tout à coup, je perds quelques secondes à comprendre de qui on me parle. Le nom est important, un personnage peut être nommé différemment selon qui s’adresse à lui… du coup, autant je peux admettre que je ne suis pas toujours 100% attentive quand je lis, autant un roman où j’identifie mal plusieurs personnages, le souci ne vient pas forcément de moi.

Halle Berry dans Catwoman de Pitof

Leurs motivations sont pétées

Là, c’est surtout le cas de la promesse de l’ange où la psychologie du personnage est un peu… surréaliste, dirons nous. Pendant tout le roman, je secouais la tête dès qu’elle justifiait un acte en mode « non, meuf, tu n’as pas le droit de piller une tombe parce que tu as fait un rêve chelou quand tu avais 8 ans » (c’est le vrai pitch du roman). Son obsession la rend d’ailleurs absolument insupportable.

Avoir de l'empathie pour un personnage

Ils sont insupportables

Justement. Que ce soit Johanna, Lucy-Madeleine ou le Pilgrim, ce sont des gens que je n’aurais aucun plaisir à rencontrer dans la vraie vie. Johanna et Pilgrim sont très imbus d’eux-mêmes, Lucy-Madeleine est lourde… mais très en fait. Elle m’a fait penser à plusieurs reprises à la Mickey du roman horribilus… en mieux écrit néanmoins. Ouf.

Leila Bekhti dans jour polaire

Construire un personnage qui va plaire aux gens est un défi… colossal. Peut-être qu’il est même impossible de créer un personnage faisant l’unanimité, ça doit dépendre de notre sensibilité, je suppose…

Peut-on avoir de l'empathie pour Ted Mosby

Mais s’ils pouvaient arrêter d’être cons, ça me faciliterait l’empathie.

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Choisir un prénom pour ses héros

En tant que nullipare, je n’ai jamais eu à choisir un prénom pour un autre être humain. J’en ai trouvé un pour mon chat, grosse responsabilité, déjà, et il m’arrive d’en donner de façon autoritaire aux gens dans ma tête du type « lui, il a une tête à s’appeler Guillaume, elle Tamara… ». Ce qui est un peu lourd car parfois, je suis amenée à travailler avec ces gens et je n’arrive plus à savoir s’ils s’appellent vraiment Guillaume ou Tamara ou si c’est moi qui ai décrété ça. Gênant.

Badge prénom

Alors que bon,on aurait des badges prénoms, ce serait plus simple… (lien de la boutique en cliquant sur l’image)

J’ai donc décidé d’écrire une fiction basée sur les fantasmes autour de Melania Trump mais pour commencer, je dois lui trouver un nouveau nom. A Donald aussi accessoirement (Mickey, ça passe ou j’abuse ? Quoi que non, ça va trop me rappeler le roman horribilus…). Pour choisir un prénom de héros ou héroïne, nous avons plusieurs façon de procéder. Je pourrais par exemple regarder what milliards de photos de Melania et faire ma bonne vieille technique du « elle a une tête de Veronica ». Par exemple. Je pourrais également prendre un dictionnaire des prénoms et faire défiler les pages. Flora ? Non, pas assez First Lady (même si j’aime bien). Svetlana ? Non, ça fait trop prénom typique des meufs de l’est, on n’est pas dans Premiers baisers non plus…

Svetlana Premiers Baisers

Je pourrais également donner du sens à ce prénom. Pour Ofelia, c’était clairement le côté dramatique du prénom qui m’avait séduite. Et j’aime bien la sonorité. Pour Oceany… J’aimais juste bien la sonorité de ce mot et la sensation d’évasion qui en émane (et ça fait plus prénom que Polynésie, par exemple). Et il semble que j’ai une petite passion pour les prénoms en O. Par exemple, dans la liste des prénoms de notre future progéniture qui ne verra sans doute jamais le jour, y a un petit paquet de prénoms en O… bref, je pourrais ouvrir le Grand livre d’histoire des femmes de pouvoir (qui n’existe pas à ma connaissance mais il faudrait y songer…)(tiens, une nouvelle idée projet) et l’appeler Victoria, Catherine (Katy ou Cathie), Alienor, Cleo ou Olympe (encore un prénom en O)… Ou encore me la jouer pas super subtile et prendre un prénom proche genre Martina. Ou Mélanie, la first lady pourrait être française après tout. Mais les Mélanie que je connais sont toutes si douces, ça colle pas.

Mélanie Laurent

Quoi que, quoi que… Elle serait pas mal en ma Melania, elle

Ici, je n’ai pas trop le souci de trouver un prénom « local » : ma Melania, je peux la faire venir d’où je veux. Ce n’était pas le cas dans le roman de Maja que je situais en Suède ou Ofelia en Italie. Encore, l’Italie, ça va, j’en connais quelques un des Italiens mais la Suède… non parce que dans un souci de réalisme, je voulais éviter de prendre des prénoms désuets. Non parce qu’imaginez un roman se passant en France écrit par un auteur étranger qui nous narre les aventures de Eudes et Cunegonde… Comment dire… du coup, j’ai ma technique ! Au début, je cherchais les participants de The Voice ou Big brother mais je galérais à trouver le nom des participants et surtout, c’est pas tellement une garantie de tomber sur des prénoms typiques de la jeunesse, quand je vois les prénoms de nos candidats français. Alors je puise dans le cinéma. Je consulte les synopsis et les fiches casting et quand je croise plusieurs fois le même prénom, je prends. Et les noms de famille ? Je prends celui d’un ministre ou d’un journaliste dans le canard local.

Shanelle

Genre avec ma technique de candidats de téléréalité, j’aurais pu appeler un personnage Shanelle (alors qu’elle s’appelle Julie)

Mais souvent, le choix est au coup de cœur, un prénom qui me plaît bien vu que je vais l’écrire des centaines de fois. Je dois en aimer la sonorité, avoir comme un sentiment positif en entendant ce prénom.

Choisir un prénom

Du coup, pour Melania, j’hésite : Martina, Cleo, Cathy (ou Katy ?), Olympe ou Victoria. Si vous avez un avis…

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Ravage de Barjavel, une madeleine au goût amer

Enfin, j’ai deux minutes à consacrer à ce blog, ouf. Et pour fêter ce “retour” mais aussi parce qu’on rentre en période de Noël, moment où raisonne en moi une douce nostalgie. Du coup, comme je reste dans ma logique des dystopies, je vais vous parler de la première dystopie à laquelle j’ai été confrontée (et non pas que j’ai lue, vous allez voir la nuance) : Ravage de Barjavel. Et sur le coup, j’ai pas aimé… du tout.

Ravage de Barjavel

On est con quand on a 14-15 ans, disait presque Rimbaud. Mon cul posé sur une chaise inconfortable, je découvrais avec mes camarades un extrait du roman sus-nommé, une histoire de viande autour d’une broche géante où l’on coupait une face régulièrement. Oui, moi aussi, ça me fait penser à un kebab. Donc nous lisions ça et nous étions un peu en mode “wuuuut ?”, ne nous sentant pas très intéressés par cette histoire de viande qui se reconstitue. Mais en grandissant, les goûts évoluent, la madeleine amère flatte soudain notre palais et nous remplit d’allégresse et de plaisir… Et ce fut pareil avec Ravage, que j’ai fini par lire après avoir été fortement encouragée à lire “La nuit des temps” de ce même Barjavel par mon cousin.

La nuit des temps de Barjavel

Donc Ravage, c’est quoi ? Une dystopie, évidemment, une dystopie qui critique la société récréative et surtout déconnectée de la nature et ça, gardez le en tête. L’histoire en bref : en 2052, François, un jeune “campagnard”, se rend sur Paris pour récupérer les résultats de son concours de chimie agricole, il en profite pour revoir son amie d’enfance, Blanche. François est d’ailleurs la personne qui mange la viande dont je vous parlais plus tôt. Blanche, elle, est happée par un tourbillon de glam’ et de paillettes, une carrière de mannequin-chanteuse se trace devant elle. On a ici un petit triangle amoureux : le producteur de Blanche est amoureux d’elle et décide d’évincer François en le faisant éliminer du concours. Mais chut, c’est le grand soir pour Blanche, elle va chanter à la télé. Alors qu’elle ouvre la bouche pour entamer son chant, l’électricité disparaît. Et c’est le chaos le plus total : la disparition de l’électricité déclenche des catastrophes en série (genre toutes les voitures volantes viennent gentiment s’écraser), les villes sont en feu. Les habitants, trop dépendants à l’alimentation chimique, dont la fameuse viande, se voient soudain dépourvus. Le feu se répand, la maladie aussi, François, Blanche et des gens qu’ils ont ramassés au passage, décide de migrer vers le sud, dans le village natal de François. Evidemment, l’épopée ne sera pas sans heurts, notre troupe faisant face à de nombreux dangers mais aussi la faim, la peur, et la folie. A la fin [saute au prochain paragraphe si tu ne veux pas savoir], François devient le patriarche d’une petite société naturaliste où le bonheur est assuré par ce retour à la nature. Mais le malheur n’est jamais très loin puisqu’un jeune garçon crée un petit moteur et suite à une altercation avec François le patriarche centenaire, le tue. Mais la petite communauté sera reprise en main par Paul, un disciple de François.

Paris dans Ravage de Barjavel

Ce qui m’avait marqué dans ce roman, c’était vraiment cette dichotomie entre la société électrique moderne qui brime les gens (à travers le personnage du producteur notamment) et le retour à la terre qui leur rend le bonheur. On est à nouveau ici dans cette idée que le progrès amollit les gens, comme disait Orwell, cette dystopie de l’abrutissement qu’on retrouve dans les oeuvres majeures du genre comme 1984, Fahrenheit 451 ou le meilleur des mondes mais aussi dans des oeuvres comme Albator ou Idiocracy. Un thème qui revient très (trop) régulièrement actuellement dans nos conversations à base de : la télé/Internet/les réseaux sociaux/le smartphone enferme les gens et les abrutit, discours qui m’agace toujours un peu dans la mesure où ce ne sont que des outils et que ce ne sont pas eux en soi qui abrutissent mais l’usage qu’on en fait. Grossièrement, je peux allumer ma télé pour regarder France 5 ou Arte ou Hanouna : même outil mais pas mêmes conséquences. Cependant ici, ce n’est pas tant le progrès que la déconnexion à la terre que Barjavel traite et quand on sait que le roman a été publié en 43, en plein régime de Vichy qui prônait justement ce retour au sources, on peut se poser des questions quant à l’orientation pétainiste de l’oeuvre. Rassurez-vous, l’Etat Français s’en prend pour son grade aussi.

BD tirée de Ravage de Barjavel

Il me faut à tout prix cette BD

Dernier point enfin et le plus important selon moi : la disparition de l’électricité n’est jamais expliquée. On sait qu’il y a une guerre en Amérique mais on ne sait pas avec certitude si c’est ce qui a déclenché la disparition de l’électricité. Et je trouve ça non seulement très cool mais aussi assez couillu. Dans nos oeuvres modernes (notamment au cinéma mais pas que), on nous explique tout jusqu’à ce que l’explication devienne presque plus insensée que l’événement d’origine. Par exemple dans Star Wars, dans la trilogie originale, le monde est régi par la force, c’est quelque chose qui existe et personne ne discute ça. Mais dans la 2e trilogie (épisodes 1,2 et 3, c’est putain de chiant à expliquer à chaque fois de quelle trilogie on parle), on vient nous mettre une couche de science là-dessus qui rend le truc bien trop concret pour coller avec la notion de force. Et c’est un peu là qu’on touche du doigt l’idiocracy, finalement : on ne laisse plus au spectateur des blancs à combler, tout est expliqué de A à Z. Viens, assieds-toi, on te prend par la main pour te raconte une histoire mais regarde bien là où on te dit de regarder, surtout, y a rien à voir sur les côtés. Bien sûr, ne pas tout expliquer ne doit pas être un prétexte à patauger dans l’incohérence mais laissez-nous juste un espace de rêve.

Imaginaire

Pour terminer, Barjavel évoque Ravage dans un autre roman, Le voyageur imprudent publié juste après la même année : un voyageur du temps se rend en 2052 pour comprendre ce qu’il s’est passé… et n’obtiendra aucune explication supplémentaire. A noter également qu’on retrouve quelques thèmes chers à Barjavel, notamment l’idée d’une guerre totale entre deux super forces (notamment La nuit des temps dont je parlais) mais aussi l’attaque un peu gratuite d’un Paris qui n’avait rien à voir dans l’histoire dans Une rose au paradis (qui reprend également l’idée d’un couple que l’on tente de sauver de l’apocalypse de la guerre qu’on retrouve dans La Nuit des temps). En fait, je crois qu’on touche ici à ce que j’aime le plus dans Barjavel : il réécrit peu ou prou la même histoire en changeant quelques paramètres… Et ça marche.

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Quand tes amis deviennent nos amis

Au début, nous ne sommes que deux. A s’aimer sous les draps, à traîner au lit peu vêtu à se mater des conneries entre deux parties de jambes en l’air. On se voit à deux dans les bars ou à domicile, parfois au cinéma mais c’est lui, c’est elle, et c’est vous. Mais quand la relation devient un petit peu plus sérieuse, ils commencent à apparaître dans les conversations avant ce moment fatidique de la rencontre. Les parents ? Non les amis de votre significant one !

Soirée avec nos amis

Les amis, c’est potentiellement compliqué. On se dit “mais s’ils sont amis avec mon roudoudou, ce sont forcément des gens bien avec qui je vais être super ami.e, c’est l’évidence !”. Et bien non. Prenez votre tissu amical et observez le. Est-il uni comme une toile de coton ou coloré qu’un morceau de wax (je dois vraiment ressortir ma machine à coudre pour me faire des petites tenues en wax, je suis encore une fois victime de la mode) ? Pour ma part, j’ai un tissu amical bien bariolé pour cause de “j’ai rencontré des amis à différents moments de ma vie” et j’ai bien changé, durant toutes ces années. De Anne, rencontrée en maternelle, à Anaïs, Isa et Joy rencontrées à la plongée (enfin, Joy est à la base la moitié d’Isa mais je la considère comme une amie à part entière, notez pour la suite), en passant par Amy, Enzo et Zénobie rencontrée dans les premières années de ma vie parisienne,en ajoutant tous mes anciens collègues que je revois régulièrement, non plus en tant que collègue mais en tant qu’amis, certains de mes collègues actuels, des fantômes du passé qui repassent une tête de temps en temps… Bref, j’ai des amis différents les uns des autres, des que je vois avec grand plaisir, d’autres plus par nostalgie, d’autres parce qu’ils sont potes de potes et que j’ai pas super le choix. Et donc, parmi mes amis, je sais qui va accrocher directement avec mon doux et qui aurait moins d’atomes crochus… Parce que oui, nous sommes multiples donc mes amis ne sont pas toujours en grande affinité entre eux et peuvent donc ne pas accrocher avec mon adoré. Cf le pote de pote que vous avez du mal à saquer.

Ami gênant

La présentation aux potes, c’est crucial. Surtout les meilleurs potes, ceux avec qui on a intérêt à bien s’entendre parce qu’on risque de les voir souvent. Quand j’étais avec Guillaume 1er, un de ses meilleurs amis était un pote d’enfance… débile. Franchement, il était pas méchant mais c’était un enfant (et je vous dis ça, j’avais 20-24 ans à l’époque) et ça me fatiguait de le voir parce que je savais que j’allais devoir sourire toute la soirée et éviter de lever les yeux au ciel quand il nous déclarait en criant au resto “l’autre jour, j’ai pété et j’ai fait croire que c’était le frigo qui puait le fromage, héhé !”. Je vous jure que cette scène est réellement arrivée, j’exagère même pas.

Femme gênée

Mais il arrive aussi que les potes de l’un et de l’autre deviennent des amis mutuels. Il m’arrive par exemple de papoter en one to one avec la meilleure amie de Victor parce que c’est mon amie aussi, maintenant, on n’a plus besoin de ce lien “Victor” entre nous, j’ai gardé contact avec quelques amis d’ex avec qui je m’entendais bien et que même si on se voit plus beaucoup, on reste liés. Mais du coup, quand tu es en couple et que ses amis deviennent vos amis, ça double le nombre d’amis… et donc le gymkhana pour faire rentrer tous ces gens que nous avons envie de voir dans notre emploi du temps.

Emploi du temps surchargé

Parce que quand je dis qu’être en couple, c’est multiplier les amis par deux, c’est vraiment ça. Ces moments où, affalés sur le canapé, on se fait la liste de tous ceux que l’on doit voir et où les caser en fonction de leurs situations géographiques (proches du boulot ou de chez nous : en semaine, plus loin : le week-end).

Carte de la bataille tempête du désert

Et je vous dis pas comme le jeu se complique quand les amis se décident à faire un mini eux. Tiens, la semaine prochaine, je vous parlerai du fait que, depuis que je suis en couple, mon utérus est beaucoup trop un sujet de conversation pour personnes que ça ne regarde pas.

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Wonder woman, badass… et féministe ?

Et oui, je suis allée au cinéma pour me faire mon propre avis sur Wonder Woman dont je lisais pas mal de bien et je reste un peu intriguée par cette saga DC comics, même si je n’ai pas vraiment aimé Man of Steel et Batman vs Superman (malgré quelques jolis plans, certes, mais les scènes d’action on comprend rien et le scénario est écrit avec le cul). Et j’ai fait l’impasse totale sur Suicide Squad ou Dr Strange. Mais bon, POUR UNE FOIS qu’on a droit à une super héroïne en 1er rôle dans un film, faut encourager la démarche.

Gal Gadot dans le rôle de Wonder Woman

Alors Wonder woman, j’avais l’image mignonne de la série de quand j’étais petite avec Lynda Carter et son fabuleux pompom short. Ayant des souvenirs un peu diffus (je l’ai assez peu croisé à la télé, beaucoup moins que le Batman de l’époque zim bam kaboom), j’en avais une image douce, sucrée et sympathique, je me souviens surtout du générique assez cool (et du short, donc). Puis Wonder Woman repoppe dans Batman vs Superman et… j’ai eu un peu peur. Ok donc la Wonder Woman 2015 est sexy as hell et badass et… et bah, c’est tout. Un peu inquiétant pour la suite mais justement, peut-être que le film va un peu remédier à ça.

Wonder Woman dans Batman vs Superman

Donc Wonder Woman origins : sur la belle île de Themyscira, les amazones s’adonnent all day à l’art du combat pour se protéger des fois qu’Arès vienne un jour les ré embêter. Seule enfant de l’île, Diana, fille de la reine Hyppolite, a hâte de commencer l’entraînement. Elle est coachée par sa tante Antiope, générale de l’armée (et incarnée par Robin Wright qui est surprenante dans ce rôle mais c’est oui, pour moi). Diana grandit en développant un certain goût pour la bagarre jusqu’à un entraînement où elle blesse sa tante en déclenchant un pouvoir sans trop comprendre. Cet événement semble déchirer le voile de protection que Zeus avait mis autour de l’île (parce que sinon, je vois pas d’où l’île est protégée vu qu’un avion et des bateaux passent pépouse) et voilà que débarquent un pilote anglais, Steve Trevor, suivi d’une foule d’Allemands belliqueux. Diana sauve le pilote britannique et va le suivre dans le monde des hommes, persuadée que la guerre est un coup d’Arès, le rival absolu des Amazones.

Wonder Woman rencontre Steve trevor

Ambiance déesses de l’Olympe

Alors est-ce que c’est un bon film ? J’ai passé un bon moment, j’ai trouvé Diana assez attendrissante dans sa naïveté face à un monde qu’elle ne connaît pas (la scène de la glace est trop chou)(et je dis pas ça parce que je pourrais me nourrir de glaces si je le pouvais), quelques scènes assez légères et amusantes et quelques punchlines féministes à base de “on sait qu’on a besoin des hommes pour la reproduction mais ils nous sont inutiles pour le plaisir” ou son étonnement face au manque de femmes dans la Chambre des Lords. Les scènes de bagarre sont assez lisibles même si on a un peu trop droit à des plans arrêtés esthétisés et ralentis cheveux qui flottent au vent en mode “elle est badass mais elle reste belle”. Bon et son rapport aux enfants est un peu flippant en mode “j’ai vécu dans une société où la maternité est une anomalie (elle est la seule enfant, façonnée dans l’argile par sa mère), elle n’a jamais connu d’enfants mais spontanément, leur sort lui importe plus que tout, genre instinct maternel de ouf, t’as vu ? Mmmm…

Wonder Woman sort des tranchées

Bon, après, je vais pas m’étendre sur les incohérences scénaristiques, pas si nombreuses ou perturbantes, et je ne commenterai pas le Arès local. Est-ce que Wonder Woman est badass ? Oui, sans contexte. Est-ce que c’est féministe ? Je suis plus partagée puisque si Diana n’a besoin de personne pour s’en sortir, c’est néanmoins grâce à un homme qu’elle va décider de croire en l’amour, moteur de son combat, alors que bon, elle baignait dans une piscine d’Amour déjà chez les Amazones et qu’elle fond littéralement d’amour devant tous les enfants du monde. Le film reste sympa même si bon… ben il sert pas à grand chose, c’est juste deux heures de film qui racontent l’histoire de la photo, un peu en mode “ouais bon, on se rend compte que Wonder Woman, elle est arrivée un peu comme un cheveu sur la soupe dans Batman vs Superman, on vous en dit un peu plus”. Sans qu’on comprenne cependant ce qu’elle fait dans la vie, finalement. Et je n’ai rien compris à la toute dernière scène, si quelqu’un peut m’expliquer ce que j’ai loupé, merci.

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Arrival ou la suspension consentie de l’incrédulité

On a des phases, avec Victor genre “tiens, si on allait au ciné”, ce qui fait qu’on y est déjà allés 2 fois en 2017… mais qu’on devrait très rapidement arrêter. Dernier film vu : Arrival de Denis Villeneuve, une oeuvre sur laquelle on est radicalement pas d’accord à l’arrivée et qui nous a occasionné une petite dispute. Car on a un souci avec la suspension consentie de l’incrédulité.

Suspension consentie de l'incrédulité

Je vais d’abord vous pitcher rapidement le film : douze vaisseaux extraterrestres arrivent sur Terre mais on ne sait pas trop ce qu’ils veulent. L’armée fait donc appel à Louise Banks (Amy Adams), très éminente linguiste, pour tenter d’entrer en contact avec eux, et de Ian Donnelly (Jeremy Renner) un physicien. Le film va donc se concentrer sur les liens qui se tissent entre eux et les extraterrestres, des espèces de poulpes géants à sept pattes, appelés donc heptapodes. Ce film est esthétiquement très beau et assez émouvant, j’ai eu la gorge serrée sur les dernières scènes. Car ça parle pêle-mêle de langues, de réaction des Terriens face à ce contact compliqué (avec évidemment le camp des belliqueux incarnés comme il se doit par le camp de l’Est, à savoir Chine et Russie) mais aussi de choix.

Arrival, vue du vaisseau

Le travail sur la brume dans ce film est juste génial

Maintenant, définissons la suspension consentie de la crédulité : dans une histoire qui met en place des éléments difficiles à admettre au départ (genre des poulpes extraterrestres qui débarquent un beau matin), on les accepte à partir du moment où l’univers construit est cohérent. Karim Debbache en parle ici, par exemple. Donc ici, on peut admettre sans trop de soucis cette arrivée extraterrestre vue que c’est une hypothèse qu’on a vu dans de très nombreux films, notamment Independence Day et Independence Day : Resurgence (que j’ai détesté), Signs, la guerre des mondes, E.T., Rencontre du 3e type, X files, etc. Cependant, il faut que le reste du récit fonctionne et c’est là que Victor et moi ne sommes pas d’accord. Attention, spoiler dans le paragraphe suivant.

Amy Adams dans Arrival

Dans Arrival, les extraterrestres utilisent un langage écrit à base de cercles, tracés dans les airs par une espèce d’encre (c’est franchement beau) et je salue une nouvelle fois le travail sur l’esthétique du film. On apprend à mi parcours que chez les heptapodes, le temps n’est pas linéaire comme pour nous mais cyclique et donc qu’on peut naviguer entre présent, passé et futur (même si en l’occurence, le passé ne sert à rien dans cette histoire). Louise, en apprenant le langage des heptapodes, développe malgré elle la capacité de voir le futur et on découvre que l’histoire de sa fille qui nous est présentée en début de film se passe en fait après la fin de celui-ci. Mais le film est conçu comme un palindrome et peut se lire dans les deux sens, le nom du film apparaît d’ailleurs à la toute fin de celui-ci. Quand Louise est forte de ce savoir, elle entrevoit alors une scène du futur où le général chinois qui voulait tout péter lui donne son numéro de téléphone pour qu’elle l’appelle dans le présent et qu’elle lui dise les derniers mots de sa défunte épouse. Et là, craquage de Victor “c’est pas possible, ça crée un paradoxe temporel, c’est nul”, moi “mais non puisque quand il lui parle dans le futur, ils savent comment ça fonctionne et il sait qu’il doit lui parler pour lui donner la clé”.

Amy Adams dans Arrival

J’ai accepté le deal, lui non. En rentrant, je cherchais à quel film ça me faisait furieusement penser et quelques notes d’orgue m’ont donné la solution : Interstellar. C’est peu ou prou le même dénouement : un élément du futur qui influe sur le passé pour lancer l’intrigue, deux points du temps solidement imbriquées… et j’avais pas aimé Interstellar, même si je ne m’étais pas offusquée de ce loop temporel. On est dans la base même de terminator également : si John n’avait pas renvoyé Kyle dans le passé, il n’aurait pas existé… Ok mais la première fois que l’histoire s’est déroulée ? Ah ben non : Skynet n’existe que parce que le Terminator avait été renvoyé dans le passé mais du coup, s’ils arrivent à supprimer tout le matériel de base servant à Skynet pour devenir ce qu’il est (ce qui est censé se passer dans le 2), John devrait dès lors disparaître puisque le futur a changé et que son père ne reviendra jamais voir sa mère  dans le passé ? Un peu comme dans Retour vers le futur où en modifiant le passé, Marty met en péril son présent…

Terminator 2 : Sarah, John et le terminator

Du coup, je me demande : à quel moment tu peux sortir d’un film et être écrasé par l’aspect pas crédible du truc, même si tu as accepté le fait qu’on t’embarquait dans un univers pas vraiment réaliste ? On a peut-être pas tous le même prisme de lecture. Je me rends compte qu’en général, je réagis par empathie : quand un personnage fait un truc con ou illogique, ça me fait sortir du film (justement ce que je reprochais à Interstellar dont les personnages étaient beaucoup trop placides à mon goût). Victor semble lui plus sensible à la rigueur scientifique : si c’est pas bien expliqué, ça se peut pas et c’est tout.

L'écriture des heptapodes dans Arrival

De l’univers tissé ou de l’empathie pour les personnages, qu’est-ce qui rend la suspension consentie de l’incrédulité plus facile à accepter ? Apparemment, il n’y a pas de généralités.

Si vous avez vu le film, j’aimerais bien votre avis sur la question, d’ailleurs.

PS : Et sinon, deux petites vidéos sur le film que j’ai bien aimées : Linguisticae pour le côté linguistique et nexus 6 pour le côté « première rencontre »

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La la land, ce film que j’avais pas envie de voir

Et j’avais tort. Il est de ces films, comme ça, dont on te fait tout un foin, dont on te dit que tu DOIS le voir, tellement que, peut-être par pur esprit de contradiction, tu te dis que non, merci, ça ne m’intéresse pas. Surtout qu’à trop t’en dire, tu seras forcément déçu : j’ai été blasée puissance mille par Amélie Poulain (que j’ai plus apprécié en deuxième visionnage, faudra que je vous en parle, un jour), Black Swan et sans doute d’autres. Et là, voilà, La la land en mode “la critique est unanime” et j’ai déjà plus envie de me pencher sur la question. Puis les comédies musicales, moyen, la nostalgie de l’âge d’or d’Hollywood, j’en ai rien à faire. Jusqu’à ce que Victor me propose un ciné dimanche soir et que je me dise qu’après tout, pourquoi pas.

Affiche de La la land avec Ryan Gosling et Emma Stone

Et franchement, j’en suis ressortie enchantée… Sans mauvais jeu de mot. Alors l’histoire… non, en fait, on s’en fout un peu de l’histoire, c’est juste une histoire d’amour ni plus fabuleuse ni plus calamiteuse qu’une autre, un an de vie de Mia (Emma Stone) et Sebastian(Ryan Gosling). En fait, on s’en fout royalement de l’histoire d’amour, c’est pas tant ça qui m’a plu dans le film. Un instant cependant sur le couple phare du film. J’ai une certaine passion pour Emma Stone, dès que je la vois, je suis de bonne humeur. Je crois que ce doit être une des actrices que j’ai le plus vu dans des films (moi pas cinéphile), je l’ai vu dans Spiderman (film nul au demeurant), Gangster Squad, Crazy Stupid love et Birdman que j’avais adoré. Et dans ces cinq films, elle partageait deux fois l’affiche avec Ryan Gosling, un mec qui me laisse totalement indifférente dans l’absolu mais j’avoue que si un jour, ces deux là se mettent à la colle, ben ça me fera plaisir. Alors que bon, dans les faits, les couples people, je m’en fous et vu que je lis même plus le Voici de ma mère, je n’ai plus du tout idée de qui est avec qui, j’en suis restée au divorce des Brangelina. Bref, c’est un couple qui fonctionne bien, ils s’en sortent très bien au chant et à la danse, passons.

Emma Stone dans La la land

Ce film, c’est avant tout un appel pour prendre sa vie en main et si vous me lisez un peu régulièrement, vous savez à quel point c’est mon obsession, ça. Au début du film, Mia et Sebastian sont quand même des ratés, ils galèrent dans leur carrière en se rêvant des lendemains meilleurs mais ce n’est finalement que leur rencontre qui leur servira de moteur pour se sortir les doigts du cul avec plus ou moins de succès (je vais pas tout vous raconter, allez voir le film). Alors forcément, ça me parle, ça fait écho en moi, je lève mentalement le poing et je me dis que je dois faire pareil, tenter même si finalement, ça ne marche pas…

motivation

Parce que le film n’est pas tellement un feel good movie. Les images sont sublimes, j’ai rajouté Los Angeles à ma (beaucoup trop) longue liste de destinations à faire alors que ça ne m’avait jamais parlé jusque là, la mélodie est simple donc je la chante encore une semaine plus tard et sans vous mentir, le lundi matin, on s’est levés de très bonne humeur avec Victor. Bon, moi, je suis dans ma nouvelle routine de Morning miracle (debout 6h) donc je suis pleine d’énergie mais même lui qui émerge à 7h30, il était bien. Mais ce n’est pas un feel good movie parce que l’histoire n’est pas si belle, ni plus ni moins qu’une autre, un souffle dans une vie.

Sebastian et Mia dans La la land

Mais y a la fin. Je dois vous en parler donc si vous n’avez pas vu le film et que vous avez envie d’aller le voir, vous arrêtez de lire ici, vous reviendrez quand vous aurez vu. Donc SPOILER (oui, on pourra pas dire que j’ai pas prévenu) : l’histoire de Mia et Sebastian prend l’eau mais ils se recroisent quelques années plus tard et pendant ce qui est, pour moi, la plus belle scène du film, un plan séquence de folie, ils imaginent leur vie s’ils avaient fait certains choix, comment ils auraient pu finir ensemble… et je crois que rien que pour cette scène, le film doit être vu. Parce que finalement, ce que nous sommes aujourd’hui, ce que je suis aujourd’hui, n’est que la résultante de nos décisions passées. Et ça, ça me fait vraiment penser. C’est un peu bouleversant, un peu vertigineux, cette histoire qui n’a jamais eu lieu, même si les personnages ne sont pas particulièrement malheureux dans leur vie in fine et que les choix les ont juste amenés là où ils en sont. L’idée de vie alternative me fait tellement carburer l’imagination.

plan séquence de fin de La la land

Bref, allez voir ce film si ce n’est déjà fait, parce qu’il est beau, parce qu’on ré entendra parler de Damien Chazelle et que ça tombe un peu bien parce que Xavier Dolan nous a un peu saoulé à se la jouer “école de la vie” avec Léa Seydoux alors qu’ils sont juste totalement du sérail, parce que ça met vraiment de belle humeur et qu’Emma Stone en robe jaune, c’est une des choses les plus adorables que vous verrez cette semaine.

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