La vie en mieux d’Anna Gavalda

J’ai une relation compliquée avec Anna Gavalda. J’avais apprécié quelques nouvelles de J’aimerais que quelqu’un m’attende quelque part (et je lui reconnais immédiatement un talent que je n’ai pas : trouver des titres qui donnent envie de lire le livre), j’avais bien aimé Je l’aimais… et j’ai absolument détesté la Consolante que je n’ai même pas fini alors qu’il me restait une dizaine de pages mais je ne pouvais vraiment plus. Bref, quand ma mère m’a remonté La vie en mieux, j’ai un peu plissé le nez mais ma mère (qui a détesté la Consolante autant que moi) me l’assura “non mais tu vas voir, il est pas mal”.

La vie en mieux d'Anna Gavalda

Alors j’ai un peu fouillé sur le web et il s’avère qu’il existe deux versions : une avec deux nouvelles (Mathilde et Yann) et une avec trois nouvelles (Billie, Mathilde et Yann), je n’ai que la première mais ce n’est pas très important. Ce sont deux nouvelles (trois dans la version augmentée) de gens qui font une rencontre, pas forcément amoureuse, presque anodine, et qui suivent un chemin de réflexion les poussant à changer de vie, à tenter l’aventure. Bon, ce que je viens de vous expliquer n’a pas vraiment de sens, en vérité. C’est compliqué à résumer mais on est finalement dans un cheminement proche de La consolante : un événement quelconque déclenche des décisions radicales… et pas toujours logiques.

Tout plaquer et élever des licornes

(si ce mug vous plaît, l’image est liée au site)

Bon, est-ce que j’ai aimé ce court livre. Je doute. Oui et non. Parlons du non comme ça, c’est fait. D’abord, j’ai du mal avec le style de Gavalda. Pour quelques phrases particulièrement bien troussées (cf mon article de lundi dernier où je la cite), d’autres sont trop… ampoulées. Surtout dans la partie Yann où un personnage tonitruant donne à cette partie un style un peu trop pompeux à mon goût.  Surtout que Gavalda abuse des accumulations… ce que je fais moi-même, sans doute trop souvent. Mais là, j’ai la sensation que l’effet de style est fait pour faire preuve d’un vocabulaire riche, parfois un peu suranné et… ben bof, j’adhère pas. Mais surtout, le “non”, c’est que je trouve les personnages irrationnels. Alors oui, l’humain est irrationnel par définition, je ne dis pas. Cf le dernier petit aparté du Fossoyeur sur Batman vs Superman avec le rebondissement idiot du “Martha” qui propose une analyse assez intéressante. Mais quand même… Mathilde, par exemple, c’est la meuf que je ne comprends juste pas et le final me paraît à la limite de la malhonnêteté.

Mais y a du oui. En fait, ce livre est peut-être tombé à pic dans ma vie, je sais pas. Gavalda a donc souvent ce thème de personnes peu satisfaites de leur quotidien jusqu’au micro événement qui leur fait tout balayer. Et c’est un thème qui me parle. J’avais bien aimé “Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une” même si y avait un côté un peu trop rose bonbon et je vous en parlerai le jour où j’aurai enfin lancé mon blog bien-être que je promets depuis près de 6 mois. Quelque part, je les envie ces gens qui peuvent tout plaquer sur un coup de tête, tenter l’aventure, qui ont bonheur et félicité au bout du chemin. Même si l’arc de Mathilde est assez pété et que je trouve cette jeune fille assez peu aimable. Mais je trouve agréable de lire un livre où des personnages disent merde à cette vie moyenne qui est la leur, ce quotidien sans surprise et sans attentes… Et ils le font sans forcément faire quelque chose d’absolument dingue, ça se résume finalement à fourrer un sac avec quelques affaires et prendre un train. Et ça fait un peu du bien. Ca se lit vite (moins d’une semaine pour moi sachant que je lis en moyenne 20 mn par jour), ça passe le temps.

Sac à dos idéal pour tout plaquer

Et ça me réconcilie avec l’idée d’écrire des petites historiettes. Quand je me lance dans l’écriture d’un récit, je me demande toujours “à quoi bon ?”. Si j’écris toujours les mêmes dystopies (Augura et Technopolis sont peu ou prou la même ville, variation sur une même histoire, finalement… et j’ai en germe une autre histoire avec une ville futuriste, aussi, mais pour le reste, on va violemment varier), c’est sans doute que j’ai une certaine obsession pour le fascisme et les moyens de lutte (en très gros). J’essaie de hurler à travers mes lignes les dangers qui se dressent devant nous… même si mes romans ne sont lus par personne, in fine… Mais mon blog déjà un peu plus. Mais finalement, ne peut-on pas juste écrire pour raconter une histoire ? Voire une historiette ? Un récit qui ne sert qu’à divertir et que le lecteur déguste sur sa serviette de plage, telle une glace straciatella, par exemple ?

Glace Straciatella

En voilà de la matière à réflexion. Et rien que pour ça, je suis obligée de mettre 4 étoiles (sur 5) à ce petit livre.

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Plot twist et motivation des personnages : la grande incrédibilité

On parle toujours de mon roman horribilus, bonjour. Heureusement que j’avais pris des notes, c’est fou comme un roman de 160 pages très mal écrit peut susciter comme réaction. C’est un peu mon Uwe Boll à moi (sauf que je cesserai l’expérience à un seul livre, je privilégie la bonne came… et j’ai déjà à peine le temps de lire des livres qui me tentent alors bon…)(c’est pour ça que j’ai jamais fini After, d’ailleurs). Donc après le choix du ton, le personnage débile et l’auto spoiler, on revient sur le suspense avec le plot twist de fin et la motivation des personnages… Parce que j’ai toujours pas compris, en fait.

La motivation des méchants

Donc petit récapitulatif : notre héroïne Mickey et son pyjama troué Hello Kitty (non mais j’en peux plus rien que d’écrire cette phrase) a été embarquée dans un faux camp de concentration par son ex avec fausse exécution et tout. Ca, on le sait parce qu’elle nous le dit, dès le départ. On va donc avoir un plot twist et on le sait… Alors pourquoi pas, dans l’absolu, on est drogués à ça depuis 6e sens, Sex crimes ou je ne sais quoi mais quand on te prépare à un mindfuck, ça ne marche pas. Non mais imaginez, vous allez voir un film au ciné et le mec d’à côté n’arrête pas de vous dire “c’est pas ce que tu crois, c’est pas ce que tu crois”. Du coup, inévitablement, vous ne suivez l’histoire que d’un oeil tout en guettant le moindre indice et quand la vérité explose… ben on avait deviné (sauf si c’est vraiment bien mené mais en général…).

Last Child plot twist bodies for babies

(Hihi)

Concernant notre roman horribilus, j’avais bien vu venir le plot twist genre avec panneaux de néons… mais j’ai toujours pas compris en fait. Pour faire bref : Mickey se retrouve chez la nouvelle Présidente de la République, Ruby Labenne (je suis si fatiguée par tant de subtilité), pour un week-end chasse. Comme notre super autrice nous a bien prévenu que les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être et nous fait bien comprendre que les comédiens du camp de concentration sont tous là, on sent le climax final arriver. Bon, en gros, Mickey se retrouve à assister à l’exécution de la Présidente sous l’oeil de caméras. Pourquoi ? Et c’est là qu’on se met à salement pédaler dans la choucroute.

Témoin muet d'Agatha Christie

Toute cette histoire a donc été organisée par l’ex de Mickey, Esmerald, qui a monté tout un truc très complexe juste pour que Mickey se retrouve au week-end de chasse pour être témoin et écrire ce qu’il s’est passé. Pourquoi ? Parce que “tu es la meuf la plus égocentrique du monde, je savais que tu serais en train d’écrire ton nouveau livre et que tu ne suivrais pas l’actu donc je pourrai monter tout ce traquenard pour te faire venir ici et que tu écrives ensuite sur la mort de ma tante”. Je… hein ? On va juste un peu récapituler : au début du roman, on nous explique qu’à l’élection de la Labenne, des manifestations ont lieu donc on peut supposer qu’il y a un peu plus de 3 opposants… Du coup pourquoi prendre la meuf qui s’en fout le plus au monde (et qui écrit affreusement mal) pour écrire un témoignage sur cette nuit sanglante ? Parce qu’elle avait déjà écrit un roman pour dénoncer le Bloc National (un roman de vengeance de gamine) ? La meuf s’en fout, tout le roman tourne autour du fait qu’elle s’en fout, qu’elle ne pense qu’à elle, qu’elle est réellement stupide et inculte, peut-on imaginer pire comme témoin de l’histoire ?

Egocentrisme

Cette photo est problématique

Bref, déjà que je ne suis pas convaincue de la nécessité d’un plot twist à tout prix car c’est quelque chose de difficile à manier, le faire reposer sur un raisonnement totalement illogique des personnages, ma foi… A la limite, le roman aurait pu avoir de profondeur si le camp de concentration était réel et que Mickey se battait pour sa survie mais même si elle ne sait pas que tout est faux, elle s’en branle. Elle.s’en.branle. Je pourrais aimer l’idée que l’Histoire t’appelle, par exemple. Mais non, là, rien n’a de sens.

Nombril de femmes

Mais je ne vous ai pas encore parlé de la méchante de l’Histoire, la Sorcière au sens propre du terme, à bien y penser : Rubis Labenne. Je vous en parlerai une prochaine fois parce que niveau subtilité, sans surprise, on repassera.

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1984 : Big Brother is watching you

Quand j’ai décidé de parler de dystopie sur ces modestes pages, je me suis posé une question cruciale : était-il nécessaire de parler de classiques que tout le monde a déjà lus ? Il est probable que vous ayez lu 1984 au collège. Ce n’était pour ma part pas mon cas vu que j’avais le choix entre quatre dystopies (Ravage, Fahrenheit 451, le Meilleur des mondes et donc 1984) et j’avais choisi Bradbury parce que… j’en sais rien du tout. Je n’ai donc lu les trois autres qu’une fois adulte. Mais ne pas en parler dans une rubrique dystopie, ce serait un peu comme parler de space operas en ignorant Star Wars. Donc go.

Big Brother is watching you - 1984

L’histoire de 1984, vous la connaissez sans doute : en 1984 (soit 45 ans après la date de publication du roman), le monde est divisé en trois blocs (Oceania, Eurasia et Estasia), nés d’une guerre nucléaire datant des années 50. Ces trois blocs totalitaires se font perpétuellement la guerre, chacun suivant une idéologie somme toute similaire et se battent pour obtenir la domination de l’Antarctique. Dans ce chaos permanent, nous suivons le quotidien de Winston, employé au Ministère de la vérité à Londres où gère les archives et doit effacer de l’Histoire toute trace d’alliance avec l’Estasia. En le suivant, nous découvrons donc les mécanismes de cette société et notamment la surveillance de la population via les télécrans placés au centre du foyer qui servent à la fois de caméra de surveillance et de canal de diffusion de la propagande. Le hic, c’est que Winston n’est pas victime de l’amnésie générale vis à vis du passé et décide donc d’écrire ses souvenirs pour garder une trace de l’Histoire “non officielle”. Par peur d’être démasqué par la police de la pensée qui traquent tous les contestataires, il cache ses pensées à son entourage et se réfugie dans un recoin de son appartement qui n’est pas soumis au regard du télécran. L’Etat paternaliste est incarné par un visage d’homme d’âge moyen et moustachu “Big Brother” qui scrute les citoyens à travers les télécrans. A l’inverse, l’ennemi de l’Angsoc, l’idéologie dominante, est également incarné par un homme, Emmanuel Goldstein dont le visage est projeté quotidiennement pendant les “Deux Minutes de la haine”.

Les deux minutes de la haine - 1984

La surveillance n’est pas que politique puisque les moeurs sont également soumises à des règles strictes, la sensualité et l’amour étant vus d’un très mauvais oeil, il existe d’ailleurs une ligue anti-sexe à laquelle fait partie Julia, que Winston croise et qu’il déteste de prime abord car il la pense espionne de la pensée. Mais non, c’est une réfractaire comme lui et les deux vont se lancer dans une relation amoureuse clandestine. Leur amour les conduira à entrer en contact avec la résistance… qui n’est en fait qu’une émanation de l’Etat. Arrêtés, Winston et Julia se renieront l’un l’autre et Winston finira par épouser inconditionnellement l’idéologie Angsoc.

1984, le film

Déjà, rien que de résumer le livre est ardu et je ne vous ai pas encore parlé de la novlangue, ce dialecte épuré où le vocabulaire est réduit chaque jour un peu plus. Pourquoi ? En gros pour rendre les mots les plus courts possibles pour éviter qu’ils soient pensés avant d’être dit et d’éliminer tout les outils linguistiques permettant de dénoncer la politique du parti. Par ailleurs, la novlangue s’accompagne de quelques sentences paradoxales de type “la guerre, c’est la paix”, martelées à longueur de journée.

1984, pièce de théâtre

Bref la société de 1984 est l’annihilation de l’individu en tant qu’être penseur et sentimental. Le roman se lit hyper facilement et touche pas mal de thèmes qui font écho en moi, notamment la question de la “résistance” à une idéologie, un système politique, mais aussi le déclencheur, qu’est-ce qui te fait basculer dans la réelle résistance. Ici par exemple, si Winston est déjà sur le chemin de la réfraction de par son incapacité à assimiler l’amnésie collective, sa relation avec Julia sera l’accélérateur, ce qui le poussera de l’autre côté.

1984, Julia et Winston

Alors 1984, on en entend parler très régulièrement, je vous parlais d’ailleurs du slogan “Rappel : 1984 n’est pas censé être un manuel d’utilisation” (je vais m’en faire une pancarte, on a quelques petits rendez-vous en septembre) parce que… 68 ans après, on a la sensation de s’en rapprocher chaque jour un peu plus. Tellement que je ne sais même pas par quel bout prendre le truc. Commençons donc par le prisme de l’abrutissement des masses puisque c’était le thème annoncé sur cette série d’articles la semaine dernière. Ici, on n’est pas dans une idée aussi simpliste que dans Albator “les gens y font rien, ils regardent la télé, ils sont devenus cons”, c’est tout un système élaboré mis en place par l’Etat pour déposséder petit à petit les citoyens de tout outil de réflexion, leurs serinant à longueur de journée un discours prémâché. Et c’est là tout le terrifiant : on a d’un côté la bonne idéologie, la version officielle de l’Histoire, mais Big Brother cultive également son côté noir en mettant en scène un ennemi de la Nation et et animant de faux groupes de résistance pour cueillir les réfractaires qui souhaiteraient les rejoindre. Je pourrais écrire des dizaines de romans rien que sur cette idée. Et force est de constater que l’Ennemi est un ressort classique de nos politiques : on a eu les communistes, le FN, les terroristes (aujourd’hui islamistes, hier d’extrême-gauche, demain… je pense qu’on va pas tarder à revenir sur l’extrême-gauche), les dirigeants des pays X ou Y, la finance… ah non, ça, c’était juste un argument électoraliste. On a besoin de l’Ennemi pour fédérer.

Affiche anti communiste

Et alors qu’on nous fait peur aujourd’hui (j’écris cet article vendredi, Dieu seul sait ce qu’il se sera passé quand vous le lirez) sur une grande guerre qui s’annonce à l’Est entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, ce bouquin est terrifiant de réalisme. Surtout sur le point réécriture de l’histoire avec la grande tendance des faits alternatifs chers à l’Homme censé le plus puissant du monde mais aussi la surveillance de masse qui ne semble pas déranger plus que ça car c’est fait au nom de notre sécurité (“la liberté, c’est l’esclavage”) et même la novlangue, surtout en tant que start up nation où on frenglishe à mort sans que ça ait particulièrement du sens. Je sais de quoi je parle, je bosse dans le marketing, je jargonne tous les jours pour impressionner mon auditoire (et, tristement, ça marche). Par contre, sur la novlangue, je vous renvoie à un thread super intéressant croisé sur Twitter pour pas utiliser ce terme à tort et à travers.

jargon

Il manque ASAP

Jargon

1984 n’est pas un manuel d’instruction. Mais je crois qu’il est temps plus que jamais de le (re)lire, ça glace le sang. Moi, je vais essayer de me mater le film, tiens…

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La scène que tu n’arrives pas à écrire

Chacun sa technique d’écriture. Comme j’ai déjà dû le dire cent fois, quand je débute un roman, j’ai en gros le début, la fin et quelques scènes éparses à recoller dans le récit. Une sorte de squelette avec la tête, les pieds, la colonne vertébrale et quelques côtes de ci de là. Au fur et à mesure de l’écriture, je donne chair (et os manquants) à mon squelette sauf que tout à coup, j’arrive à une côte imaginée depuis longtemps… et j’arrive pas à la coller au puzzle. La maudite scène que tu n’arrives pas à écrire.

Panne d'écriture

Il ne s’agit pas de la différence entre ce que tu as dans la tête et ce que tu produis effectivement. Non, c’est autre chose. Cette scène, ce rebondissement, tu l’as en tête depuis le départ, tu écris ton histoire pour en arriver à ce point là et soudain, stupeur et tremblements, ça ne marche pas. C’est précisément ce qu’il m’arrive actuellement dans mon roman de Maja, à tel point que j’ai mis quelques jours à reprendre ma plume, officiellement parce que je voulais finir un incroyable polar dans le RER plutôt que d’écrire (Rage de Zygmunt Miloszewski dont je vous ai déjà parlé pour ses précédents romans Les impliqués et Un fond de vérité, c’est son 3e avec le plus en plus insupportable Teodor Szacki mais le fond du roman est excellent) mais aussi parce que les personnages tournaient en rond dans des dialogues sans fond pour expliquer un comportement… inexplicable. Merde, je suis tombée dans le travers de toute comédie romantique ou romantic litt malsaine à la Beautiful Bastard ou After : ils se haïssent tellement qu’en fait, à la fin, ils s’aiment.

Couple : de la haine à l'amour

J’ai écrit la scène une première fois, me rendant compte du moisi du truc mais je me suis dit que la réécriture allait nettoyer tout ça. Du coup, j’ai réécrit. Deux fois. Et y a un truc pas net. Et ça me saoule un peu car c’est un arc narratif important pour la fin et même moi, quand j’écris les justifications des personnages, je lève les yeux au ciel en mode “non mais arrêtez vos conneries, ça n’a pas de sens”. Tiens, d’ailleurs, y en a un qui va le sortir ça, que ça n’a pas de sens, ce sera clair, au moins. Limite, je suis à CA d’écrire “oh ben parce que l’autrice voulait intégrer cet élément modificateur dans l’histoire mais elle savait pas trop comment l’amener alors elle l’a posé là, merci, bisous”. Ce serait pas pire…

La scène que tu n’arrives pas à écrire

Et ce blocage est agaçant. J’essaie d’avancer en me disant que de toute façon, j’ai l’ultime relecture derrière qui me permettra peut-être de dénouer le noeud car je touche bientôt au but. Mais j’ai comme la sensation que j’ai construit une maison plutôt pas trop mal mais que j’ai soudain eu l’ambition de rajouter dessus une tour avec un observatoire en haut qui est en train de menacer tout l’équilibre et risque de faire s’effondrer le tout, vous voyez ?

Edifice branlant

Mais bon, je dois passer outre et poursuivre car au bout du chemin, je vois la lumière. Et oui, je ne suis plus trop loin de la fin à présent. Et les derniers mètres sont les plus durs.

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Les amitiés malsaines

Pendant des années, je vous ai parlé ici d’amour et de couple mais en somme assez peu des relations amicales, une forme d’amour, et surtout certaines qui se révèlent assez malsaines. Mais je commence à savoir les détecter (enfin, avec pas mal de temps)

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En amour, je suis méfiante. On sait tous et toutes que celui ou celle que l’on considère comme notre doux alter ego peut se révéler un jour une arnaque complète plus intéressé par ce qu’il se passe dans notre culotte que dans notre cage thoracique. En amitié par contre, je donne sans parcimonie. Concrètement, je ne vois pas pourquoi je serais la victime d’une amitié non sincère : je suis pas particulièrement friquée, mon nom n’ouvre pas de portes. La seule chose que j’ai à offrir, c’est ma personnalité et une oreille compatissante, voire une épaule pour pleurer au besoin. Malgré cela, j’ai parfois donné à tort, tombant soit sur des pompeuses d’air (au féminin car j’ai plus d’amies que d’amis) ou, pire, d’éternelles rivales. Arrêtons nous un instant sur le second cas, je consacrerai un article aux premières un autre jour. Ou pas parce que j’aurai oublié.

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La rivalité entre amis n’est pas nécessairement une mauvaise chose à partir du moment où elle reste limitée et ludique. Focus sur Cécile, ma meilleure amie du lycée avec qui je jouais à qui aura la meilleure note. Saine émulation qui avait une limite majeure : si l’une d’entre nous se prenait une sale note, l’autre fermait simplement sa gueule, pas de « ohlala, t’as eu 5 ? Moi 15, je suis la meilleure ! ». Contrairement à Rachel qui me faisait régulièrement la gueule parce que j’avais eu une meilleure note qu’elle, m’expliquant inlassablement qu’elle ne comprenait pas pourquoi vu qu’on avait fait le même plan. Rachel était l’amie rivale type : l’idée qu’un mec puisse s’intéresser à moi et pas à elle lui filait régulièrement la nausée. A cette époque, nous formions un trio amical avec Yohann qui finit par tomber amoureux de moi. Sa réaction : « Non mais Nina et moi, on a le même caractère [pas du tout ndlb], pourquoi elle plutôt que moi ? ». Notez que pour elle, mon physique ne pouvait pas être un argument… A chaque fois qu’un mec s’intéressait à moi, il fallait qu’elle en tombe amoureuse pour ensuite me reprocher l’intérêt du jeune homme pour moi. Heu…

monica-rachel-vandamme

Comme je suis naïve, je ne repère pas toujours ces amitiés malsaines et pourtant, avec le recul, j’en ai eu mon petit lot. Le must have étant d’essayer de choper le mec avec qui j’ai pas trop réussi mon coup. Sur le coup, je remarque pas. Après tout, je n’ai pas de droits sur mes ex amants ou ex crushes et à partir du moment où je n’ai plus de sentiments (sinon je mords), si l’amie rivale veut tenter sa chance, qu’elle y aille. Oui, moi, connement, j’espère que mes copines soient bien dans leur vie et si c’est avec un de mes exs (avec un petit e), ok… Je ne mesure pas la compétition engagée, je n’en prends pas conscience car ça n’a aucun sens.

fired-wife

Puis un jour, soudain, je réalise. Et je ferme la porte. Je considère souvent l’amitié comme un îlot, un havre de paix. La compétition, je la vis assez au quotidien pour ne pas m’en foutre une lichette en plus. D’autant que je ne comprends pas pourquoi on se mettrait en concurrence avec moi vu que j’ai rien d’exceptionnel. Sans doute une question de tempérament mais un tempérament qui ne me convient pas. Surtout que ce n’est quand même pas très agréable à la longue de subir cette volonté de te démontrer qu’on vaut mieux que toi.

Blair Waldorf Must Pie

La jalousie n’a rien à faire dans une amitié. On peut envier la chance d’un de nos amis, se dire qu’on aimerait vivre la même chose. Mais si on en vient à tout faire pour prouver à l’autre que nous, on a tout pareil mais en mieux, là, ça vire malsain. A ce niveau là, c’est sans doute plus d’un psy que d’une amie dont l’ami rival a besoin mais, une fois que j’ai fermé la porte, tout cela ne me regarde plus.

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Ecriture

J’ai une passion dans la vie : j’écris. Tout le temps ou presque, ça m’occupe. Quand je n’arrive pas à dormir, j’imagine des intrigues, quand je me lève le matin, j’essaie de voir si mes rêves sont exploitables pour un futur roman ou au moins une nouvelle. Tout m’inspire.
 
Tout a commencé quand j’avais 9 ans (et oui). A l’école, je n’étais pas forcément très douée en rédaction, tout dépendait du sujet. Quand ça m’inspirait, j’avais d’excellentes notes mais si le sujet ne m’emballait pas, je me plantais. A 8 ans, donc, je vais fouiller dans le cellier de mes parents, un placard situé hors de l’appartement qui sert de cave et de débarras et là, je découvre un précieux trésor : une machine à écrire. Oui, il faut savoir qu’au début de sa carrière, mon père avait un cabinet seul et c’est ma mère qui lui servait de secrétaire, d’où la machine à écrire. En 89, il s’associe à un collègue et ils prennent une secrétaire professionnelle, je peux donc récupérer la vieille machine à écrire.
 
Je l’installe donc dans ma chambre et c’est parti pour mon premier roman : Saphira. Une sorte de fantômette, dont le nom vient du fait que je trouvais très joli ce signe-là : §. Ça devenait donc le signe de miss Saphira. J’ai dû écrire dix pages et c’était bien mauvais. Outre le style, le « méchant » était désigné d’office, aucun intérêt. Après, j’ai un trou. En 4e, LE défi : la prof de français nous demande d’écrire un roman. J’en commence 50, je suis très inspirée, je rends finalement un truc dont j’ai oublié le titre, l’histoire d’un espèce de club des huit qui enquêtent sur un château hanté mais qui ne l’est pas, en fait, y a des méchants dedans qui font croire ça pour pas qu’on trouve leur repère. Délicieusement naïf. Tout écrit à la main (hé oui, la machine à écrire étant sans doute décédée lors du déménagement), j’ai récolté un petit 16. La prof a beaucoup aimé mon style et m’a dit que j’étais très douée pour les dialogues, pas trop pour les descriptions (c’est toujours le cas, je crois).
 
Ensuite, en seconde, j’écris un nouveau roman à la main, « super fliquette », ça s’appelait. Aujourd’hui, je trouve ça nul mais ma sœur avait adoré à l’époque, l’histoire d’une fille qui devient flic et qui mène une enquête. Déjà, à l’époque, j’aimais bien tuer mes personnages, près de la moitié sont morts. Gros défaut : outre le style, l’happy end pue : elle est trop parfaite. Les méchants sont arrêtés et l’héroïne conclue avec son partenaire, ils s’aiment, ils s’embrassent dans les vagues, que c’est beau ! Suite à ça, je récupère une nouvelle machine à écrire avec traitement de texte, un truc terrible : j’écris le texte qui défile sur un mini écran et quand je tape entrée, tout se tape : bonjour le bordel ! Le seul souci, c’est que je n’ai jamais réussi à entrer correctement les tabulations donc il manquait parfois quelques mots que j’écrivais à la main en marge (si c’est pas mignon). Là, j’entame un nouveau roman : Summerisland. Même travers que le précédent : les méchants ont tendance à mourir, mais à la fin, tout le monde il se marie, tout le monde il est heureux. Je l’ai relu il y a quelques années et je l’ai trouvé catastrophiquement guimauve. J’ai cependant découvert à ce moment-là les vertus curatives de l’écriture, je m’explique. Avril 1996, voilà, j’ai 16 ans, youpi. Le soir de mon anniversaire, on va dîner en ville avec un ami de mes parents de passage en ville, on fêtera mon anniversaire le lendemain, pas de soucis. Sauf que le lendemain matin, en se levant, mon père découvre que le fidèle cochon d’inde, celui qui a vécu 6 belles années est décédé de sa belle mort. Il faut dire que le pauvre, il était vraiment arrivé en fin de vie, son train arrière était paralysé et puis 6 ans, c’est vraiment vieux pour une bête pareille. Mais forcément, un animal qu’on a eu pendant 6 ans, on s’y attache. L’enterrement au fond du jardin est émouvant, on fête quand même mon anniversaire alors que j’en avais pas envie DU TOUT. L’après-midi, tristoune, je me pose devant ma machine à écrire et je tape, je tape. Ben mine de rien, ça m’a fait vachement du bien.
 
Mon premier « vrai » roman, celui que je n’ai pas brûlé pour pas qu’on le retrouve, c’est 1999 (écrit en 1998), une histoire d’anges et de fin du monde. Ecrit sur ma machine à écrire, je l’ai retapé récemment pour l’avoir en format numérique et j’en ai profité pour le réécrire, l’occasion de constater que mon style avait pas mal évolué. L’histoire des anges et tout ça, ça me plaît beaucoup (génération manga), j’en ai écrit trois sans qu’ils aient forcément des liens entre eux. Le deuxième, dont j’ai oublié le titre (faut dire que celui-ci et l’autre sur les anges, j’arrête pas de changer leur titre, ça me satisfait jamais), je l’ai fait lire à deux copines, l’une d’elles n’en a pas dormi de la nuit tellement je lui ai foutu la trouille ( ?). C’est là que je me suis rendue compte qu’entre l’auteur et ses lecteurs, on ne retient pas forcément la même chose. Moi, à la fin, j’étais malheureuse car mon héroïne meurt. Les filles étaient désolées car son mari se retrouvait tout seul. « Elle, c’était une connasse, c’était bien fait pour sa gueule ! ». Ah.
 
Aujourd’hui, j’ai 5 romans à mon actif. 3 sur les anges, un roman d’anticipation et un roman plus réaliste (que j’ai perdu, je crois…). Comment j’écris ? Au feeling total. Quand je commence un roman, j’ai le début et la fin, le but est d’arriver du premier à la dernière. Au fur et à mesure que j’écris, j’ai de nouvelles idées qui étoffent le roman. Parfois, j’ai une idée de roman juste à partir d’une scène que je veux écrire. Je suis inspirée par tout, surtout par mes rêves. Je fais des rêves particulièrement tordus mais y a toujours quelque chose à en retirer, je note ça dans mon cahier à idées. Parfois, une scène anodine m’inspire. Je me souviens, j’étais au tabac avec Guillaume 1er et je vois un mec remplir une grille de loto, la froisser et la jeter. Sur le coup, j’ai été tenté de récupérer la grille pour voir si le mec aurait gagné ou pas (oui, je suis un peu tordue comme fille). Et là, idée : je vais écrire une petite nouvelle sur un vieux qui passe sa journée au bar/tabac et qui ramasse toutes les grilles de loto non validées pour voir si la personne aurait gagné ou pas. J’aime bien inventer des gens bizarres. A une époque, je voulais créer un roman autour d’un mec persuadé que les pigeons sont des extraterrestres en train de nous envahir et il rencontre une fille qui vole les fleurs chez les fleuristes pour les replanter… Mais je sais pas encore ce qui peut leur arriver à ces gens-là. N’empêche que quand je vois une place envahie de pigeon, je pense à mon bonhomme.
 
Côté style, j’ai énormément évoluée, plus ou moins influencée par mes lectures. Au début, je faisais des phrases de trois mots, genre : elle frappa à la porte puis entra. Elle constata qu’il n’était pas là. Elle alla donc à la salle de bain et prit une douche. Pas brillant. Je crois que le déclic principal fut la découverte de Moravia, mon auteur préféré absolu. Moravia, c’est le genre de mec qui serait capable d’écrire une nouvelle sur un escargot qui se déplace avec brio. Quand je lis ses romans, j’ai tendance à vouloir ranger mon ordi et ne plus jamais y toucher. Mais je persévère car l’écriture, c’est mon loisir, c’est ma passion. C’est aussi pour ça que, quelque part, je n’ai pas envie d’envoyer mes « œuvres à un éditeur ». Si on me dit que c’est nul, je vais désespérer et laisser tomber. De façon générale, j’ai du mal à faire lire ce que j’écris, peur du jugement de l’autre, peur de décevoir… Guillaume a dû me harceler pour que j’accepte de lui faire lire ma prose… Qu’il n’a jamais fini de lire, d’ailleurs. Et puis, l’écriture, c’est mon exutoire. Quand je vais pas bien, j’écris, je poursuis mes histoires, je m’évade dans un monde qui n’est pas le mien et ça fait beaucoup de bien, mine de rien. Bon, du coup, j’ai tendance à un peu massacrer tous les personnages, le taux de mortalité d’un roman est d’à peu près un personnage sur deux (quoi qu’il y en a un, il doit en rester trois de vivants, à la fin). Mais c’est une technique d’écriture : il y a des personnages dont j’ai besoin au début mais qui m’encombrent à la fin… Ben, ils décèdent. Au fond, j’aime bien cette sensation d’être la maîtresse du destin de mes personnages. Ils naissent et meurent selon ce qui m’arrange, ils se reproduisent ou pas, réussissent dans leur entreprise ou pas… Je connais la finalité, elle est inéluctable même si, des fois, j’aimerais les sauver mais ça n’aurait pas de sens. Non parce qu’écrire la vie de quelqu’un pendant un an ou plus, on s’y attache et lui faire du mal, ce n’est pas très agréable. Mais je sais où je dois aller et je m’y tiens.
 
Mon œuvre majeure, je pense, c’est Technopolis, mon roman d’anticipation qui est prévu sur quatre volumes. L’histoire en très gros : Oceany, une jeun fille de 19 ans, naît en pleine 3e guerre mondiale. A la fin de la guerre, on regroupe ce qu’il reste de l’humanité (pas grand chose) dans une mégalopole hyper super technologique, Technopolis. Sauf que la petite Oceany, c’est une super révolutionnaire, elle va se rebeller contre le régime en place. Les quatre romans racontent donc la vie d’Oceany, de ses 19 ans à ses 40, je crois… Le premier volume faisait 266 pages word, le deuxième en est à 360 et j’en suis à la moitié, à peu près. Oceany, je l’aime beaucoup. Elle est chiante comme la pluie, totalement idéaliste mais au fond, elle et moi, on grandit ensemble même si ma vie est beaucoup plus calme que la sienne.
 
Pourquoi je raconte tout ça ? Parce qu’à partir de la semaine prochaine, le samedi, je publierai Technopolis, petit à petit. Au départ, j’avais eu l’idée d’écrire le roman des vingtenaires, mais au bout de six pages, j’en ai eu marre : raconter ma vie sur le coup, ok, mais presque un an plus tard, bof. L’idée était de réécrire un peu l’histoire de façon plus littéraire, en la modifiant quelque peu par moment, mais c’est chiant, je l’avoue, mon style en pâtissait. En gros, j’avais la sensation de réécrire les articles du blog, aucun intérêt pour personne donc poubelle. De toute façon, j’ai envie d’être connue par mon imagination, pas par mes actions.
 
Alors, voilà, à partir de la semaine prochaine, tu découvriras Technopolis. Ça me permettra de réécrire un peu l’histoire car depuis mes 19 ans, mon style a dû évoluer.
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