Pourquoi tu votes si tu t’en fous de la politique ?

Bien le bonjour mes amis, voici une question qui me taraude depuis quelques temps. Avant de poursuivre mon raisonnement, petit point : j’espère que cet article ne suintera pas condescendance et mépris (de classe ?) car tel n’est pas mon but et si j’échoue, n’hésitez pas à me taper les doigts en commentaire ou sur les réseaux sociaux, là où on se croise en général. Mais vraiment, alors que la présidentielle arrive en avant-dernière ligne droite, je veux savoir “ pourquoi tu votes si tu t’en fous de la politique ?”

Pourquoi tu votes

Evidemment, on nous a toujours appris que voter, c’est important, droit acquis dans le sang et les larmes, droit d’autant plus important quand on est une femme. J’ai moi-même longtemps conspué les abstentionnistes du premier tour en mode “ohé, zut, c’est important, vote blanc au pire”. Depuis, j’ai raté un deuxième tour des législatives pour cause de Sicile et voté blanc à presque tous les second tours. Cette année, je voterai au premier tout en fonction de mes convictions… et soit par procuration soit pas du tout au second vu que je serai à Barcelone pour faire du yoga. Bref, mon discours sur la nécessité du vote a évolué, non à cause de mes vacances mais parce que je comprends aujourd’hui que face à la bêtise crasse et à la malhonnêteté de ceux qui nous gouvernent, on finisse par laisser tomber. Moi-même, je me demande pourquoi j’insiste… et non, je ne parlerai pas de vote utile ou de front républicain… j’en parlerai un autre jour. Peut-être (oui parce que mine de rien, l’élection, c’est déjà demain, gasp)

Affiches électorales 2007

Je suis donc la campagne de loin, un peu blasée, beaucoup énervée. D’abord par les discours de peur des uns et des autres, technique grossière pour faire croire aux gens que le mal qu’on leur fait, c’est pour leur bien (mais manifestement, ça marche), du rejet de ceux qui ne sont pas comme nous. Saoulée parce que j’ai l’impression qu’ils nous promettent tous les quatre cavaliers de l’apocalypse si on ne se serre pas encore la ceinture un cran de plus… sauf certes Mélenchon et Hamon. Mais surtout, je suis saoulée de voir qu’en France, on n’était pas tellement choqué par les malversations et autres petits combines des uns et des autres (mais bon, surtout de certains) parce que, hé, “tout le monde le fait”. Alors je ne jurerai pas de la totale honnêteté de ceux qui n’ont pas de nuages au dessus de leur tête car je ne sais pas, en mon âme et conscience, s’ils sont totalement honnêtes ou s’ils ont juste réussi à ne pas se faire prendre mais il semblerait que certains aient encore un minimum de conscience. Nous avons donc sur nos onze candidats à la présidentielle deux mis en examen, un avec une enquête préliminaire pour favoritisme (ok, pas lui directement mais le boulet se rapproche) et ces trois là sont en tête de tous les sondages… Alors ok, les sondages ont la valeur qu’on leur donne et je suis à peu près persuadée que Macron, dans six mois, tout le monde aura oublié son existence mais il n’empêche que ça m’interroge… Comment peut-on voter en toute sincérité pour une personne qui vole, triche, ment ? Surtout quand ces gens là nous parlent de faire des efforts parce que tu comprends, la France va mal. Je vais pas trop insister sur ce point, je vais finir par être vulgaire.

La France va mal

Taper « la France va mal » dans google images est une expérience très désagréable…

Et puis il y a les programmes sur lesquels des gens plus experts que moi se penchent, qu’ils t’expliquent que ça et ça, ce n’est pas réalisable, possible, que c’est juste du blabla politicard pour te faire voter pour eux et que, t’inquiète, ça n’arrivera jamais. Et non, je ne parle pas ici du revenu universel, Piketty t’expliquera mieux que moi)(faut vraiment que je lise son bouquin d’ailleurs). Et pourtant, on votera quand même pour elle, pour lui, parce que c’est notre famille politique, tu comprends. Non, je comprends moyen en fait. Alors c’est sûr, à gauche, nous, on a deux candidats (non, pas Macron, non) donc si l’un se révèle pourri jusqu’à la moelle, on peut éventuellement se rabattre sur l’autre. Je parle bien sûr ici de voter en fonction d’une couleur politique et pas d’un programme. Mais si mon champion était impliqué dans what milliards d’affaires judiciaires, non désolée, j’irai au pire voter blanc mais je ne lui donnerai pas ma voix. Parce que voter pour lui parce que “tu comprends, je ne veux pas la droite/la gauche au pouvoir”, non sérieux, faut arrêter. Voter pour une personne qui n’est pas rigoureusement honnête, c’est donner l’autorisation de continuer à s’en foutre toujours plein les poches pendant que nous, on repasse à la caisse pour combler les trous. Je n’ai aucun souci à payer des impôts, juste que j’aimerais que cet argent soit remis à ceux qui en ont vraiment besoin.

La corruption en politique

Alors pourquoi tu votes, toi qui t’en fous des malversations mais qui choisit une couleur politique pour des raisons X ou Y ? Pourquoi tu votes, toi qui t’en fous de t’informer ? Pourquoi je vote, moi qui n’y crois plus ? Je me dis souvent que notre système politique est malade et qu’il faudrait le réformer. Qu’il faudrait trouver un système pour qu’il n’y ait plus de carrière politique, qu’on ne soit plus gouvernés par des mecs qui ne connaissent du monde du travail que ce qu’ils en voient dans les rapports qui échouent sur leurs bureaux. Mais là, c’est trop tard, de toute façon… Et il y a de fortes chances que je vous ressorte le même refrain dans cinq ans. Youpi…

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Et si pour le 08 mars, on laissait les femmes parler ?

Ceux qui me suivent sur Twitter (et un peu ici aussi) le savent : je suis certainement ce qu’on appelle péjorativement une Social Justice Warrior, à savoir que j’ai l’air de me mêler de toutes les causes. Alors oui mais non, mes intentions sont toujours les mêmes, la même je dirais même : peu importe quel est ton sexe (de naissance ou non), ton âge, ta couleur, ton orientation sexuelle ou ton histoire, tu dois avoir les mêmes chances que ton voisin. Et rien que ça, ça te donne matière à t’énerver 2 à 3 fois par jour minimum. Et notamment sur le féminisme, la cause ennemie de beaucoup de gens qui ne savent jamais de quoi ils parlent. Et en ce 08 mars, on va vous demandez une chose, une petite chose à vous les hommes : fermez-là.

Le 08 mars : Homme baillonné pour laisser parler la femme

“Et mais attends, dit l’homme, moi aussi, je suis féministe, moi aussi, j’ai des trucs à dire”. Non, tu te tais. Déjà, tu ne peux pas être féministe, tu peux être allié. Parce que tu auras beau nous écouter (déjà, ça n’arrive pas souvent tellement les hommes sont toujours pressés de prendre la parole pour donner LEUR avis), tu ne sauras jamais ce que c’est que d’être une femme, réellement. Tu pourras lire des tumblr qui te mettent sous le nez ce qu’on vit au quotidien (paye ta shnek, paye ta blouse, paye ta robe, paye ta bulle, paye ta fac, paye ton taf, paye ton couple, chaire collaboratrice, conseil aux féministes, je connais un violeur… et d’autres qui ne sont pas arrivés jusqu’à moi), tu ne le vis pas, tu peux au mieux imaginer. Et vu ta propension à nous dire qu’on exagère, j’ai la sensation que tu as l’imagination défaillante, mon cher ami. En tant que femme, j’essaie de ne pas croiser le regard de mecs qui me matent avec insistance en espérant que ça va les décourager. En tant que femme, j’ai toujours le réflexe de regretter ma tenue si je me fais reluquer de trop près alors que *bordel* j’ai encore le droit de m’habiller comme je veux, je dois subir des tentatives de drague bien lourdes dans le milieu professionnel et si tu te rebiffes, c’est toi la conne sans humour. En tant que femme, je scrute toujours les gens derrière moi si dans des lieux de foules, je sens quelque chose contre mes fesses. En tant que femme, je me prends des réflexions si j’ose mettre un orteil sur un domaine soit-disant masculin. En tant que femme, tout ce qui se passe ou non dans mon utérus semble être soumis à libre discussion. En tant que femme, même si je serai naturellement moins bien payée qu’un homme, on hésitera à me faire progresser dans la hiérarchie rapport à mon utérus, toujours. En tant que femme, si je suis battue ou violée, on remettra ma parole en cause, on se dira que je l’ai sans doute bien cherchée, peut-être même que je mens. Je serai traitée de salope dès que j’ouvrirai la bouche, menacée de viol si j’insiste. Mon corps devra correspondre à certains canons sinon je ne vaudrait rien. Et encore, là, c’est juste une petite liste, y en aurait encore tant et plus.

Nicky Minaj, élégante pour la Fashion Week

Si un jour je me lance dans un show type effeuillage, ce sera trop ma tenue

Ca, voilà, c’est un peu notre quotidien. Nos souffrances, sans cesse niées d’ailleurs sous prétexte qu’on exagérerait quand même voire que “hihi, c’est agréable de se faire draguer quand même”. Franchement, non. Et c’est la même pour toute lutte d’une minorité « contre » une majorité. Je ne suis pas militante anti raciste ou pro LGBT, je suis une alliée de ces causes. Je ne prends pas la parole dessus, je la relaie. Parce que j’ai beau avoir l’imagination fertile, je ne sais pas. Parce que je tombe encore des nues quand je découvre qu’un mec s’est fait défoncer la gueule juste parce qu’il avait tenu la main de son petit ami dans la rue, qu’une jeune lesbienne a été violée par son père qui voulait lui prouver que c’était meilleur avec les hommes, que j’apprends que la discrimination à l’embauche des personnes racisées continue encore et toujours, qu’on continue les Blackfaces en 2017 et on envisage d’appeler un bar “le bal nègre” sans bien voir le problème. Que je ne saurai jamais ce que c’est d’entendre des gens commenter ta coupe de cheveux et que si tu les laisses naturels, on va te dire que ça fait négligé… Je ne connais pas les vexations quotidiennes, les petites réflexions tellement routinières qu’on ne prend plus le temps de les dénoncer, on fait avec en se disant qu’il y en a marre. Je sais que tout cela, je ne le saurai jamais, je ne peux que comprendre et faire preuve d’empathie. Donc je n’ai pas à imposer ma vision des choses, de la lutte, des priorités, je n’ai pas à dicter un agenda des actions à mener à ces personnes là.

Affiche black feminism

ET POURTANT ! Les non minoritaires ont, pour la majorité, un besoin viscéral de s’en mêler. Les mecs, on n’a juste pas besoin de vous. On a besoin d’alliés, pas de guides ou de prophètes. C’est hallucinant comme les majorités veulent toujours se mêler des combats en prenant la parole, surtout quand on leur demande de ne pas le faire. Si vous saviez comment les féministes ont été alpaguées sur le sujet depuis une semaine… Regardez : dès qu’une réunion non mixte ou sans blancs est organisée, c’est l”indignation… Alors que les mecs, tu ne leur aurais pas dit de ne pas venir, ils ne l’auraient juste pas fait d’eux-mêmes. Et je sais que certains sont animés des meilleures intentions mais quand on est élevé dans une société où on vous apprend que seul l’Homme blanc peut diriger, que seule sa voix porte et est légitime, ça donne des manterruptions toutes les deux minutes et des mecs qui se posent en leaders de mouvements qui ne les regardent même pas.

Féminisme : ne me libère pas, je m'en charge

Alors s’il vous plaît, demain, pendant juste une journée, taisez-vous et laissez-nous parler.

Merci

 

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Comment vivais-je sans lui ?

Parce qu’en ce moment, l’actualité m’énerve prodigieusement et que j’ai beaucoup à en dire, parce que j’ai encore plein de trucs à raconter sur le Canada et parce que j’arrive pas trop à écrire sur ma série sur les plans culs, je vous propose aujourd’hui un article niais sur l’Amour à base de “mais comment vivais-je sans lui, avant ?”. Apologie du couple heureux

Couple heureux

Oueeeeee !

Intérieur nuit, quelque part entre 23h et minuit, deux corps lovés l’un contre l’autre, peau contre peau, un sourire se dessinant sur mes lèvres. Mon esprit flotte et quitte peu à peu sa pleine conscience pour glisser doucement dans le sommeil. Les nuits où je m’endors avec lui, j’ai rarement de pensées parasites de type “je suis en retard sur mon dossier, comment faire ?” “Ca va être serré niveau tunes ce mois-ci”, “comment il/elle m’a énervée aujourd’hui, j’aurais dû lui dire ça pour lui clouer le bec”. Rien de tout ça. Je cède doucement au sommeil, certaine d’avoir mon content de repos, sans cauchemars.

conseils-pour-dormir-en-couple

Mais comment vivais-je sans lui, avant ? Je sais pas vous mais c’est souvent une question qui vient gentiment me titiller quand je suis heureuse en couple avec quelqu’un… Il y avait un avant, il y a un pendant. Et autant vous dire qu’avec Victor, ces derniers temps, le pendant se démarque remarquablement de l’avant, notamment sur cette histoire de sommeil : célibataire (ou quand je dormais sans lui), je me couchais rarement (jamais) avant 2h du matin et autant vous dire que je ne connaissais pas de réveil riant. Ces derniers temps, on fait un 23h/0h – 7h du mat sans ciller. Même le week-end, on commence peu à peu à émerger avant une heure à deux chiffres. Mais ne remplace-t-on pas finalement des habitudes par d’autres qui nous rend l’autre indispensable ? Si je prends mes dernières grosses ruptures, il y a toujours une peur primale dans la séparation : comment vais-je vivre sans l’autre ? Même si on ne s’aime plus, même s’il faut parfois arrêter les frais, on renonce aussi à son petit confort de vie, ces petites habitudes rassurantes. Quand je romps avec quelqu’un avec qui je suis restée quelques temps, il me vient toujours cette même exigence : “on reste amis, hein ?”. Parce que la vie sans lui me paraît inconcevable.

Bon, c'est sûr que quand ton ex, c'est le frère de ta meilleure amie, t'as pas trop le choix de rester en contact

Bon, c’est sûr que quand ton ex, c’est le frère de ta meilleure amie, t’as pas trop le choix de rester en contact

Et pourtant… Si je compte mes ex dans mon entourage immédiat, on arrive à peu près à… zéro. Quelques textos de bonne année/ joyeux anniversaire échangés avec Guillaume 1er et c’est tout. Et je le vis très bien. Parce que oui, dans une relation amoureuse, l’autre devient à un moment un rouage important, essentiel, de notre vie. Comme notre meilleurs amis, notre famille. On s’ébahit d’avoir pu vivre sans lui ou elle avant mais finalement, ce qu’on n’a pas ne peut pas nous manquer. Et puis n’oublions pas : en amour, l’ocytocine nous saupoudre tout d’une jolie couche de paillettes.

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Mais en attendant, en m’endormant hier soir, j’étais juste bien. Alors j’ai envie de dire : merci ocytocine et merci ma vie avec lui. Des fois, le bonheur, ça fait du bien.

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Plus c’est con, plus ça détend

La culture de la médiocrité à son paroxysme

Avant de vous raconter mes quelques jours au Canada (spoil : j’ai adoré), j’ai envie de m’énerver un peu sur une excuse que j’entends trop souvent de la part de ceux qui adorent regarder de la merde à la télé : “mais ça prend pas la tête, ça détend”. Et voilà Cyril Hanouna qui explose, la télé-réalité, les Hollywood girls et je ne sais plus quoi. La culture de l’humiliation, du clash et du bashing pour votre plus grand amusement.

Touche pas à mon Poste, émission typique surfant sur la culture de la médiocrité

Alors premier point : si tu veux te détendre, il y a d’autres options : va prendre un bain, va faire du sport, lis un roman, une BD, un blog… Ou mate un film ou une série voire un documentaire, joue à un jeu vidéo il existe des tas d’options pour se détendre… Donc viens pas me dire que tu choisis la médiocrité pour te reposer. Si tu regardes les Anges de la télé-réalité, Hanouna et autres grosses merdes, c’est avant tout… Par méchanceté gratuite.

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Lundi, un chroniqueur de France Inter a signé une chronique sur le fameux Touche pas à mon poste, une émission que je connais peu… Parce que les 3 fois où j’ai regardé, j’ai détesté. Entre un Hanouna prétentieux, agressif et qui écrase son équipe pour se faire valoir et une équipe complice qui joue les clichés (la blonde insupportable qui parle djeunz, le vieux beau, le vieux con) et accepte l’inacceptable pour son chèque de fin de mois… Non mais merde quoi. Qui peut réellement se réjouir de devoir subir des gages humiliants et se faire insulter par son manager dès qu’il ouvre la bouche ? Dans le monde du travail, on appelle ça du harcèlement… Mais bon, qui osera gueuler ? On est à la télé, on a la pression des camarades, on veut pas passer pour le pas drôle, celui qui n’a pas d’humour. Alors on se laisse garnir le slip de nouilles… Ah, l’injonction sociale de l’humour : ris ou sois ostracisé.

L'argument que je déteste le plus au monde

L’argument que je déteste le plus au monde

Et puis c’est de la télé, la célébrité. Tous ces candidats de real TV prêts à vendre leur cul, littéralement, pour gagner leur quelques minutes de gloire et, graal ultime, un passage au zapping. La pseudo vie de rêve où vous passez vos journées à vous clasher pour gagner vos quelques euros. Mais bon, avec de ma chance, vous pourrez finir fiancée au fils d’un ex Président de la République…

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Et vous regardez. Peu importe les Chloé, Sarah, Shirine, Nicolas, David ou Nasser : pas les mêmes gueules mais les mêmes histoires minables qu’on vous sert comme véridiques alors que tout est déjà écrit, qu’on a choisi pour qui vous allez voter. Vous n’êtes pas dupe, vous le savez mais c’est tellement bon de se foutre de la gueule de ces cassos qui valent tellement moins que vous. Peu importent les invités des talk shows : chanteuse pour ado, Miss France, people obscur ou candidat de télé-réalité… Vous avalez cette merde avec délectation parce que « ça prend pas la tête, j’ai le droit ».

Des fois, on sait même pas qui sont les invités

Des fois, on sait même pas qui sont les invités

Oui, vous avez le droit. Après tout, on peut choisir de se taper un McDo tous les soirs parce que cuisiner prend la tête, lire un roman nul et mal écrit parce que ça se lit tout seul, subir les injonctions des magazines féminins parce que c’est moins fatigant que se taper le dernier numéro de Courrier International. Mais arrêtons les mauvaises excuses. J’ai été merdophage aussi, j’en ai eu bien conscience mais la méchanceté, je peux plus. Un exemple : lors de mon séjour au Canada, j’ai maté un épisode de l’amour est dans le pré : candidats beaux et qui s’expriment bien, candidates pas connes avec une carrière. En France, on te collera toujours deux ou trois cassos bien mis en scène pour faire de l’audience et déclencher les commentaires dégueulasses sur les réseaux sociaux. Des émissions entières fonctionnent ainsi et vous vous en régalez.

Oui, j'ai un peu fait exprès de choisir une photo avec des enfants, ça illustre le niveau

Oui, j’ai un peu fait exprès de choisir une photo avec des enfants, ça illustre le niveau

Alors que je ne vous entende pas pleurer sur la qualité des émissions télé, que je ne vous entende pas déplorer le niveau de méchanceté et d’agressivité de vos concitoyens, qu’on nivelle par le bas. Parce que vous avez le choix de ne plus regarder, de ne plus encourager cette médiocrité, cette méchanceté qui permet d’ accéder à une certaine célébrité. Parce que désolée mais vous nourrissez la bête. Et ça vous fait jouir.

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J’en ai marre d’être une victime

Comme je disais hier, il m’est arrivé une triste aventure à Barcelone : j’ai été volée. Alors que j’étais bien, alors que j’arrivais enfin à me détendre, alors que je profitais de cette douce journée de mars, j’ai été volée. Et ça m’a salement énervée.
canon reflex
L’histoire est banale. Attablée à la terrasse d’un resto, j’attends Zeno partie aux toilettes, je range tranquillement mon sac, mon appareil posé à côté de moi. Soudain, un mec passe derrière moi et me parle, voulant savoir si la table était libre. Je marmonne un oui, me demandant pourquoi il me demandait ça quand soudain, je percute : plus d’appareil. Le mec a détourné mon attention. Je hurle, je pars à leur poursuite, y a trois mecs qui courent, j’en attrape un, triomphante. Pas de bol, c’était un gentil touriste allemand qui avait essayé de m’aider. Avec le recul, il était évident qu’il ne s’agissait pas d’un des voleurs vu qu’il ne m’en a pas collé une pour que je le lâche. Bref, j’ai récupéré Zeno, on a fait un tour dans les petites rues des fois que (des fois que quoi, la question reste entière), je parle à un musicos qui me dit que, si je veux, il peut me dire où ils ont jeté mon portefeuille. Pas de chance : c’est pas mon portefeuille qu’on m’a piqué mais mon appareil photo. Au moins, la vie m’a appris que j’étais parfaitement capable de déposer plainte en anglais. Et que, oui, en terrasse, tu laisses rien traîner.
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J’ai fait contre mauvaise fortune bon coeur : mieux vaut l’appareil photo que les papiers ou la carte bleue. Et puis je dois bien avoir une assurance qui va me rembourser un peu (non, en fait). Repartons de bon pied et faisons des photos avec mon téléphone pourri (vu que j’ai noyé mon iPhone 4. Mon année 2014 est très funky), ce sera toujours ça de pris. Mais ça m’agace, ça me démange. Dois-je m’en vouloir de mes quelques secondes d’inattention ? Oui mais non. Merde à la fin, j’ai aussi le droit, non, le devoir, de lâcher du lest. Barcelone est une ville réputée pour les vols, y a qu’à voir le défilé dans le commissariat pendant que nous attendions mon tour. J’ai eu une réaction, j’ai tenté de pas me laisser faire et finalement, je crois qu’il était plus sûr pour moi de choper un gentil touriste plutôt qu’un des voleurs qui aurait eu vite fait de me frapper pour que je le lâche (ce que j’aurais certainement fait, je sais pas me battre). Comme me dit ma mère « oh ben t’as eu du bol : la dernière fois qu’on a été à Barcelone, ton père a tellement été tabassé qu’on a fini aux urgences ». Voilà, voilà.
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Pourtant, même si je raisonne, ça n’est qu’une goutte d’eau de plus dans mon vase déjà trop plein. Parce que j’ai été cambriolée 15 jours plus tôt et même si on ne m’a rien volée, ça commence à faire beaucoup. Que, comme je le disais, à force d’être la gentille de service, je suis devenue la super bonne poire et ce triste incident en rajoute, encore et encore. Je dois reprendre les choses en main, d’une façon ou d’une autre. Même si en l’occurrence, ce vol n’a rien à voir avec ma « gentillesse », pas plus que la visite de ma cave, mais c’est juste que ça me fatigue.

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Alors je tourne le truc dans un sens, dans l’autre, je cherche, je veux trouver. Je dois trouver la force de dire merde, de dire stop, d’aller cogner symboliquement. La piscine me fait du bien mais je ne me rends pas plus « méchante ». Alors finalement, je repense au conseil que m’avait donné mon chef il y a 2 ans sur les arts martiaux. Et s’il avait eu raison. Peut-être du kendo, c’est classe, ça, le kendo. Et du yoga pour être « en phase ». Et après ? Puis-je faire le job seule ou suis-je alourdie par 34 ans de trop bonne éducation ? Je suis pas sûre.
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Mais je note déjà que je change, que je m’impose déjà plus. Et c’est pas fini. En espérant que ça n’en reste pas là.

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BFM TV, ils sont pro/anti mariage pour tous (choisis ton camp)

Sur la question du mariage pour tous, j’ai beaucoup lu, vu, entendu. Des choses qui m’ont fait du mal en tant qu’être humain, des choses plus belles, aussi. Mais au milieu du débat flottait l’éternelle question de l’objectivité des médias, notamment BFM TV. Alors que les pro mariages diffusaient en hurlant l’image d’un motard de la chaîne trimballant la Frigide Barjot, les anti dénonçaient la même chaîne comme un suppôt de Satan (aka Taubira et les pro). Ah woké.

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Si le débat commence déjà un peu à dater, bien que les Veilleurs veillent toujours Place Vendôme (amusant comme choix de lieu, ils ont pas choisi le pire…), je trouve cet exemple particulièrement intéressant. De la même façon, selon si vous demandez à mes parents ou moi l’orientation politique de David Pujadas, je le place à droite et eux à gauche. Je suppose que ça marche pour la quasi majorité des journalistes en fait. A gauche, je ne place qu’Elise Lucet suite à l’immense banane qu’elle avait le soir des élections présidentielles et Audrey Pulvar bien que je ne sois plus très sûre qu’elle soit encore journaliste… Bref, les journalistes sont tous suppôt de Satan, la définition de Satan variant selon votre propre camp politique.

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La vraie question est pourquoi ? L’idée de la neutralité journalistique a fait long feu, on admet tous, je pense, qu’un journaliste reste avant tout un être humain et qu’il a très vite fait d’angler un sujet pour le mener vers la direction qui lui parle le plus. Après tout, on choisit ses médias : si vous lisez le Figaro, faut pas s’étonner qu’ils soient à la limite de la mauvaise foi sur tout ce qui touche aux actions du gouvernement tandis que Libé va se régaler avec les récents déboires de l’UMP. Bref, je l’avoue sans honte, je choisis quand même des médias plutôt de gauche pour éviter de m’énerver en lisant quelques éditos qui me hérissent le poil. Même si parfois, ça me démange de piquer un des Valeurs Actuelles qui traînent au bureau et que personne ne lit jamais pour savoir… Mais j’ai peur de le balancer par la fenêtre au bout de 5 minutes et de faire peur à mon chat.

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On peut éventuellement se poser la question sur les chaînes télé d’infos en continu dont le principal travail est de mettre en image des dépêches AFP. De droite ou de gauche ? Pro ou anti mariage gay ? Je n’ai pas de réponses. Je veux dire, on peut sortir un fait pour prouve que la balance penche d’un côté ou de l’autre, je ne vois rien de si évident sans un examen approfondi. Ca pourrait être un sujet intéressant de mémoire, d’ailleurs (j’ai des idées de mémoire tous les deux jours, je pourrais faire trente masters d’info/comm). A dire vrai, sur ce sujet, je m’en fous, je ne compte ni défendre ni enfoncer BFM TV, surtout que je regarde que très peu. Mais cette semi hystérie autour de l’opinion d’une chaîne de télé info me fait surtout penser à une sorte de délire de persécution. On se bat pour une cause contre vents et marées, on reste debout face à la tempête. Les médias ont choisi le camp adverse mais nous ne céderons pas !

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Je ne me moque pas, je crois que c’est juste humain. Quand on croit à une cause, quand on s’engage, on est très réactif sur le sujet, parfois un peu à tort et à travers. Pour peu que la chaîne de télé donne un peu trop d’antenne (au goût du camp adverse) à l’un ou l’autre des acteurs du débat et on lui prête un parti pris. Quelqu’un a-t-il vraiment pris la peine de mesurer le temps de visibilité accordé à chacun des camps sur BFM TV ? Je n’ai rien vu de tel. Et ça m’intéresserait de le savoir au passage… C’est là qu’on se rend compte qu’Arrêt sur Images manque !

BFM TV, suppôt de Satan. Reste à savoir de quel diable on parle réellement (et I-télé alors ?).

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Quand le stress te lâche

Depuis quelques temps, je le sais, je carbure au stress. J’ai énormément de choses à faire, au boulot, dans ma vie, j’ai couru, j’ai fait quelques belles nocturnes (pour mon dernier jour avant les vacances, je suis partie à 23h30…). Un petit sprint final qui a duré presque un mois mais je ne trouve pas forcément matière à me plaindre : ce stress, c’est un peu de ma faute, au fond. Et je compte m’en rajouter une lichette en chopant des freelances pour me payer les vacances du nouvel an ainsi que celles de 2014. Et même que si je travaille treeeeees bien, j’en referai la déco de mon appart et je m’offrirai un joli Pc tout neuf. Et des cours de plein de choses. Si tu cherches un(e) CM freelance ou rédactrice web, manifeste-toi !(t’inquiète pour mon emploi du temps, je gère)*

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Bref, autant vous dire que je faisais des petites croix sur mon calendrier en attendant ces 15 jours de vacances (dont une semaine pour me faire opérer mais c’est pas grave, je vais dormir). Le vendredi soir, je répare donc du boulot avec une tension certainement au plafond. Le samedi, je dois gérer pas mal de choses encore : gérer le catsitting de ma monstresse, les derniers achats, la valise, écrire quelques articles sur le blog (assez gros échec), finir de programmer des campagnes sur Facebook et Twitter pour pas refiler trop de boulot aux copains. Au lit à 2h30, endormie à je ne sais plus quelle heure, réveil à 7h10… Et dans la voiture, je somnole à peine entre les changements de place au volant (j’ai pas conduit), mon neveu qui trouve mes cheveux irrésistibles et joue donc avec. Bref, le premier soir, je suis un peu dans le coton et rêve juste d’aller me coucher.

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Le lendemain matin, je me lève sans encombres à 7h45 (je me lève toujours si facilement tôt en vacances, ça en est limite énervant) mais après le petit dej, un petit tour au Leclerc pour acheter de quoi se faire des apéros, je me retrouve allongée sur mon lit à lire Voici… Et à dormir dessus. C’est pas si passionnant que ça la vie de nos amies les stars, à croire. Mes premiers soins se passent dans un nuage : entre le bain massant et le modelage relaxation, j’ai 20 minutes d’attente, je m’assoupis donc dans la salle d’attente, en toute décontraction. Le soir, je suis claquée, extinction des feux à 23h. Le mardi, je suis enfin repartie, vaillante, même pas je m’endors pendant mes soins. Et toc !

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Le problème quand ton stress est ton moteur, c’est que dès que tu n’en as plus, tu t’effondres. En vacances, je dors, beaucoup, alors qu’en temps normal, je roupille en moyenne 6h/nuit en semaine sans difficultés notables. En Égypte, c’était pareil, je m’ecroulais à 22-23h. Bon, on se levait à 6h et la plongée, ça vous claque bien. Mais force est de constater que des que je ne suis tenue par le rythme trépidant de ma vie très active, je m’écroule comme une marionnette à qui on aurait découpé les fils. KO la Nina ! Vous allez me dire que les vacances, ça sert aussi à ça, se reposer, mais j’aimerais aussi en profiter pour faire des choses que je n’ai pas ou peu le temps de faire en temps normal : lire, écrire pour commencer. Parce que j’ai toujours plein de romans en écriture stoppés à la page 5, à peu près.

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Au fond, le stress, c’est peut-être un peu ma drogue… Et dès que je suis en manque, je m’évanouis. La question est : dois-je calmer le stress en période intense ou en profiter pour faire plus de trucs, profitant des vacances pour ne vraiment mais alors vraiment rien faire ? À la dernière visite médicale, ma tension était bonne… Sauf que quand t’as pris qu’une semaine, mettre 48h à récupérer un rythme un peu décent, c’est long… Très long. Trop. Surtout que mes prochaines vacances, ce sera plongée en Corse ! Pas le temps de roupiller.
* tu peux me joindre sur Nina.bartoldi@gmail.com, des fois que…

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Mais pourquoi tant d’instabilité ?

La semaine dernière, j’ai eu une conversation qui m’a légèrement énervée avec une_vaness sur Twitter. C’est pas elle qui m’a énervée, la pauvre, mais ce qu’elle m’a raconté m’a profondément gonflée. Remise en situation : la demoiselle a passé un entretien où on lui a posé la question suivante “mais pourquoi avez-vous eu tant de CDD?”. Sous entendu : t’es instable, c’est pas bon pour toi.

Defense 022

Ah ben oui, tiens, tout le monde choisit le CDD. Moi, je négocie à chaque entretien qu’ils passent mon CDI en CDD, bien sûr. “Bon écoutez les mecs, ne nous mentons pas, dans un an, j’en aurai marre de vos gueules, on n’a qu’à partir sur un CDD de 12 mois et comme ça, je partirai sereine avec ma petite prime de précarité. Bisous les mecs !”. Non mais soyons un peu sérieux… Tu le connais un peu le contexte ? Tu préfères qu’on reste au chômage en attendant un éventuel CDI plutôt que d’essayer de cumuler un peu d’expérience, gagner sa vie en travaillant plutôt que d’attendre les allocations chômage ? Tu as posé une question au hasard parce que tu ne savais pas quoi dire ? Oui, rien que d’en parler, ça me re énerve, ça me donne envie d’aller chercher une pile de Les Echos et lui jeter avec élan à la gueule.

les_echos_presentation

De façon plus générale, dans mon milieu, on bouge. On sait que la durée de vie dans une agence est d’un an, un an et demi. Après, où un des mecs au-dessus bouge ou c’est à toi de partir pour tenter de grimper sur l’échelon suivant dans un ailleurs. Evidemment, tout dépend du poste que l’on occupe, on n’en fait pas toujours le tour au bout d’un an, un an et demi. Mais quand tu fais bien ton taf et qu’on te laisse tranquillement à ta place. Comme je l’ai déjà dit, on ne nous laisse même plus atteindre notre niveau d’incompétence. Alors oui, quand ça ronronne trop, quand je suis trop rôdée à mes tâches et que l’ennui (et donc les conneries laissées passer car on n’est moins attentifs et impliqués) commence à m’empoisonner. Oui, M le recruteur, j’ai fini par partir car j’avais fait le tour, que j’avais besoin d’une nouvelle motivation et que ça marche comme ça dans ce milieu, on le sait. Alors la vraie question est : tu sais très bien que ça marche comme ça, Recruteur (ou alors je suis légèrement inquiète quant à ta connaissance du métier) alors pourquoi tu me poses la question ? Pour me déstabiliser ? Oh ouah, la vieille technique pourrie de la déstabilisation en entretien… Faudra un jour que je reparle plus précisément des entretiens mais, dans mes souvenirs, les recruteurs qui m’ont posé cette question, je les sentais pas des masses. La question tellement inutile.

mauvais-entretien

Parfois, je me demande à quoi servent les entretiens à part te poser des questions cons “juste pour te déstabiliser”. C’est vrai qu’on a tellement rien de plus constructif à faire en entretien. C’est vrai que la masse de nos compétences ne vaut rien face à la réponse à une question “faite pour nous déstabiliser”. Il suffit d’un instant de flottement et zou, à la poubelle la candidature.

poubelle

On a envie de travail mais on n’a pas toujours la chance de trouver le boulot en CDI qui nous permet d’évoluer sereinement dans une même société. Comme j’aimerais trouver un mec cool qui assume une fille comme moi, qui me permettrait de m’épanouir sereinement dans une relation de couple. Mais hé, salut, c’est pas la réalité ! La réalité est que nous ne sommes que les pièces d’une machine et que la pièce, elle a très peu de chance d’être changée de place. Non, elle fait son job et quand elle est usée, on espère qu’elle sautera elle-même du mécanisme qu’on la remplace par une autre toute neuve. C’est comme ça. On joue le jeu. Alors bordel, arrêtez de nous poser des questions à la con et faites de l’entretien une bonne occasion de découvrir le candidat devant vous. C’est pour ça qu’on est là, non ?

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Aimez-vous les uns les autres… Mais juste les hétéros !

Y a des trucs qui m’énervent et me donnent envie de concevoir une vraie machine à baffes. Et j’en ai marre, vraiment marre, du climat nauséabond dans lequel on évolue actuellement. Passons sur la xénophobie et l’islamophobie devenues une sorte de norme pour nos amis les plus droitistes pour en arriver au sujet que je souhaite évoquer : les droits des gays. Oui, j’ai évoqué le mariage homosexuel y a pas si longtemps mais là, j’ai besoin de comprendre cette quasi haine envers eux, ça me dépasse.

Reprenons les choses de façon raisonnée. Quel est le crime des homosexuels ? Ont-ils volé, tué, violé, torturé ? Non, ils aiment, tout simplement. Ils aiment une personne du même sexe, ce n’est pas là un mal, c’est juste un fait. Pourtant, du fait de cet amour pour une personne du même sexe, les homosexuels sont aujourd’hui des sous-citoyens. Comme les criminels qui perdent leur droit de vote, ils n’ont pas les mêmes droits. Ca, c’est un fait. La question est : qui ça dérange deux homos qui se marient ? Un mariage est un contrat entre deux personnes, ni plus ni moins. Ca ne regarde que ces deux personnes et personne d’autre. Ni vous, ni moi. Donc déjà, sur le mariage, je ne comprends même pas qu’on puisse y être opposé. Non parce que si on doit donner son avis sur tous les mariages, moi, y a des mariages hétéros, j’étais pas trop pour. Les homos qui veulent se marier ne le font pas par caprice (ou du moins pas plus que les hétéros). Pourquoi ne peut-on pas concevoir que leur amour est aussi sincère que celui entre un homme et une femme ? J’aimerais que l’on m’explique.


Quant à l’adoption, il me semble avoir déjà expliqué sur ce blog qu’un enfant n’évolue pas en vase clos entre papa et maman. Il a des grands-parents, oncles, des tantes, des instituteurs et institutrices : des hommes et des femmes. Je ne suis déjà pas convaincu qu’un enfant ne peut se construire que grâce à un référent mâle et un référent femelle. Qui sommes-nous pour l’affirmer ? Je veux dire, en France, on a assez peu de couples homos avec enfants (il y en a, hein) alors qui peut se permettre de dire que c’est mal vu qu’on n’en a juste aucune idée. Ou alors on pousse la logique jusqu’au bout : on prend tous les enfants de parents célibataires, des divorcés, des veufs… Ben oui, y a pas le papa ou la maman à domicile, l’enfant sera forcément déséquilibré. Non, c’est pas ça la logique ? J’ai du mal à comprendre, une nouvelle fois. Un parent seul sera-t-il forcément plus compétent pour élever un enfant parce que hétérosexuel que deux homos ? Expliquez-moi, expliquez-moi !


J’en parlais l’autre jour sur Twitter avec un twittos m’expliquant que le problème pour lui ne venait pas du mariage ou de l’adoption mais que les gens contre avaient avant tout peur du changement (lui-même n’est pas contre, hein, il cherchait juste à expliquer, essayer de comprendre). Peur de perdre les valeurs structurantes de la société. Ah oui mes petits lapins mais la société évolue, c’est comme ça. Reprenons l’évolution des sociétés de façon extrêmement grossière : chez les Grecs, un éphèbe qui ne faisait pas sodomiser par un homme plus mature n’était pas un vrai homme. Oui, la virilité passait par une initiation sexuelle par un homme mûr. Au Moyen Age et à la Renaissance, on décapitait, pendait, écartelait à tour de bras. Il n’était pas rare qu’on prononce des sentences hallucinantes :pendaison puis dépècement puis immolation. Bon, là, le mec était archi mort. Vous trouvez qu’on aurait dû en rester là ? Il y a 30 ans, la peine de mort existait encore. Il y a 30 ans, l’homosexualité était officiellement un délit(même si ce n’était plus sanctionné depuis belle lurette). Lors de la 2nde guerre mondiale, les homos devaient arborer un triangle rose et étaient déportés comme les juifs. Vous trouvez ça bien ? Vraiment ? Ou ça vous gêne un peu quand même ?

Si j’avais été lesbienne, est-ce que ça veut dire que j’aurais été incapable d’aimer quelqu’un ? Incapable d’unir ma destinée à une autre femme ? Forcément une mauvaise mère potentielle ? Je ne comprends pas. Et j’ai mal, sincèrement. De voir toute cette homophobie décomplexée, des manifestations où les participants insultent deux filles qui s’embrassent.

Réveillez vous les gens, l’amour n’est pas dans votre camp. Et posez vous la question, une seule : d’où vous vient cette haine ? Ca ne me paraît pas très sain, moi perso…

Ah et tant qu’on y est, y a un Kiss in contre l’homophobie le 15 novembre. Si on y allait tous ? (j’ai 15 jours pour trouver un kisseur)

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Plaidoyer pour un mariage laïque

Vous me connaissez, j’aime bien m’énerver, c’est un véritable talent chez moi. Et tiens, puisque je papote pas mal mariage en ce moment sans être concernée, continuons sur la lancée et parlons mariage homosexuel.

Je ne vous referai pas un vibrant plaidoyer pour le mariage gay, je l’ai déjà fait. Je voudrais plus parler du débat actuel sur la question et les incroyables amalgames qui se font. Voilà que le personnel religieux vient ajouter son (gros) grain de sel parce que, merde, le mariage, c’est leur affaire. Pardon ? Ah ça y est, je suis énervée.

D’un point de vue légal (car on parle d’une loi sur le mariage gay donc je suis bien au cœur du truc), le mariage est un contrat entre deux personnes, encadré par le code civil qui stipule les droits et obligations des époux. C’est la signature sur ce contrat et celle-là seulement qui compte. Le reste n’est sur folklore et n’a aucune valeur juridique. D’ailleurs, lors d’un mariage religieux catholique (je n’ai jamais malheureusement assisté à des mariages d’autres confession, ma curiosité et mon envie de chanter Hava Nagila en tapant des mains le vivent mal), le prêtre dit « ceux que Dieu unit, nul ne peut les séparer ». Ben j’en connais pas mal qui ont divorcé quand même. Mairie 1 – église 0.

Le mariage à l’église se fait déjà à la discrétion du prêtre donc d’où ils viennent chouiner ? S’ils n’ont pas envie de marier des gays, rien ne les obligera. Alors pourquoi leur demander leur avis ? Ah oui, les débats politiques incluent une dimension philosophico-morale et après tout, ils ont le droit de donner leur avis comme les autres. C’est vrai. Pourtant, on ne manque pas de philosophes spécialistes des questions amoureuses, historiens de la vie privée ou sociologues de la famille et de la vie de couple prêts à intervenir également. Ça ne me gêne pas en soi qu’un personnel religieux vienne exprimer sa conception des choses sauf quand c’est fait de façon systématique. Car ce qui me gêne, c’est qu’on accentue l’association mariage-religion et là, je dis non.

Oui les mariages dans une belle église, ça a de la gueule mais merde, ça n’a rien d’obligatoire. Ça m’agace même un peu les athées qui se marient à l’église pour le folklore. Oui, le mariage à la mairie, c’est une signature de contrat, ça n’a rien d’émouvant et les photos à la sortie de la mairie sont moins jolies qu’à la sortie de l’église. Mais si le cœur vous en dit, rien ne vous empêche d’organiser une petite cérémonie laïque histoire de donner un vernis affectif à la journée.

Le mariage n’appartient à aucune religion. Et ça, ça ne me semble pas intégré du tout et ça fausse le débat.

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