L’école de la vanne

Sous titre : ris d’être rabaissée sinon tu n’as pas d’humour.

L’humour, ah, l’humour ! Qu’il est bon de rire, ça fait tout un tas de choses à ton corps : ça te détend, ça fait brûler des calories, ça rallonge ta vie, ça crée de la cohésion et encore plein de choses, je suppose. Et j’avoue que j’aime rire, je suis d’ailleurs très bon public, j’explose facilement de rire devant la série abrégée des Chevaliers du Zodiaque (je rebalance le lien), les délires de Natoo ou Andy, le coeur a ses raisons, le dézapping du Before… Ouais, j’ai un humour Canal, apparemment. Mais y a un truc qui commence à me fatiguer. Faaaatiguer : l’humour de la vanne.

Dès le départ, ça situe le niveau

Dès le départ, ça situe le niveau

 

Ca fuse. Vite, trouver une vanne sur la dernière phrase de Clarisse, sur le pull d’Antoine, sur l’épi chelou de Marwa “et vazy, tu t’es crue dans Mary à tout prix, mouahahahah !” Tout le monde se marre. Et Marwa ? Bah, si elle est bien lunée, elle partagera l’hilarité générale, sinon… ben tant pis pour elle. Sauf que j’avoue que je suis plus que lassée par cet humour de la vanne, que j’en sois la cible ou non.

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D’abord, il faut bien choisir sa “victime”. Il y a des gens dont tu accepteras d’autant mieux les vannes car ils sont tes amis et tu sais qu’il n’y a pas de volonté de blesser derrière (en tout cas, qu’ils seraient désolés que ça arrive). Il faut également être attentif au sujet de la pique, on a tous certaines blessure où il n’est pas bon foutre un bon coup de hâche, même s’il est donné avec humour. On va éviter de répéter à une personne ayant pris du poids et ne le vivant pas très bien qu’elle risque pas de se noyer avec sa bouée, ahah ! Ou ironiser sur les difficultés d’une personne dans un domaine précis alors que celle-ci galère pour s’en sortir “Ahah, Jean-Claude, ça fait combien 2+2 ? Ah mais oui, c’est vrai, tu es nul en maths, mouahahahah ! Allez, fais pas la gueule Champion”. Vous saisissez l’idée.

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Le bashing est pour moi l’un des avatars les plus malsains de l’humour oppressif. Rire de soi, ok, je pense que ça peut être sain et dédramatiser. Seulement, il y a un fossé énorme entre “je ris de mes défauts pour les dédramatiser” et “je ris des défauts des autres pour passer pour le petit comique de service au détriment de quelqu’un”. Evidemment, le bashing permet de s’adonner à de bons mots, à se faire applaudir sur sa réactivité et son sens de l’à propos et il est si bon de rire des autres ! Au moins, ça ne nous tombe pas dessus.  Mais franchement, à quoi ça sert ? Se lier les uns en descendant les autres, mettre quelqu’un en faiblesse pour se mettre en position de force à l’inverse. Parce qu’on a beau avoir de l’humour, quand tu entends toute la journée que tu es moche, gros, bête, nul en ci ou en ça, tu finis quand même par intégrer un peu.

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Alors je dis stop. Je m’énerve, je peste, je ferme les portes de l’humour autour de moi. Je ne suis pas drôle ? Parce que tu crois que tu étais drôle quand tu m’as agressée un peu gratos juste pour faire marrer ta petite cour ? Tu n’as pas la sensation que je ne suis pas d’humeur ou que tu as tapé pile où il ne fallait pas ? Et t’excuser au lieu d’en plus attaquer mon humour non ? Bah non, c’est moi qui ne suis pas drôle. Parce qu’on est dans la culture de la vanne, du clash et du bashing, du “on peut rire de tout mais pas avec tout le monde”, cette phrase prononcée généralement par ceux qui n’en comprennent pas le sens. Et bien pardon mais perso, j’en ai marre. Je ne suis pas contre l’humour vache, trash, si celui-ci sert à dénoncer, à s’engager. Qu’on se moque de Hollande ou Sarko parce que leur politique est bancale, parce qu’ils se posent en personnes qu’ils ne sont pas (genre quand Sarko “lit” Victor Hugo). Qu’on les rabroue sur leur tour de taille ou leur taille, j’ai déjà dit à quel point c’était inutile et même franchement débile. Mais bon, peut-être attends-je peut-être trop de finesse de la part de mes congénères, moi aussi.

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Tellement…

 

Pourtant les vannes de cul, ça marche bien pour faire marrer, éventuellement (quoi qu’on flirte toujours un peu avec le sexisme…)

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Demain, je vous parlerai d’une vanne trèèèèèèès populaire sur les Internets que je ne supporte plus.

 

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Arrête de hater

Hater, néologisme issu du verbe « hate » en anglais, à ne pas confondre avec hâter, qui n’a rien à voir. Donc « hater », de l’anglais « hate », activité favorité de la plupart des Twitterers. Et ils commencent à sacrément me fatiguer.

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Puisqu’on est en pleine période de bonnes résolutions, j’ai envie de t’en proposer une, à toi, Internaute qui crache ton fiel plus vite que ton ombre. Je te vois surtout sur Twitter, parfois sur Facebook, plus rarement sur les blogs : parce que bon, tu aimes bien cracher à la gueule des gens mais pas trop qu’ils le sachent quand même. Le courage a ses limites.
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Donc tu détestes, tu appliques à la lettre le « haters gonna hate ». Tu ris de tout, tant que ça te permet de cracher ton fiel. L’accident de train près de St Jacques de Compostelle t’a fait hurler de rire parce que bien fait pour ces connards de cathos avec leur Manif pour tous. L’incendie de Ladurée était fort marrant parce que ça fait chier les blogueuses mode, hihi ahah. A propos de blogueuse mode, elles concentrent sur leur pauvre tête la haine de tas d’autres blogueurs et surtout blogueuses. Ca vire à l’hystérie collective, franchement. Dernièrement, j’ai découvert la haine violente que plein de filles éprouvent pour une dénommée Valentine. Alors la demoiselle semble spéciale, à ce que j’en sais, mais de là à lui cracher à la gueule tous les jours ou presque et aller la traquer jusque sur Air BnB, pardon les filles mais faut vraiment voir à aller se faire soigner. On dirait les associaux du lycée aux cheveux gras qui fument des clopes roulées en se croyant les rois du monde et qui ricanent des populaires. Non mais faut arrêter de croire que c’est cool… Drazic est un mythe, ce mec n’existe pas en vrai !
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Bref, sur Twitter, on aime tout dégommer, surtout ce qui est à la mode. Stromae qu’on adulait hier semble devenu le nouveau paria, les films, les livres, les acteurs, ta famille, ton voisin, Noël… Je comprends la vertu purgative du râlage, je le pratique ardemment. Mais une fois avoir craché un bon coup ma déception d’un film/livre/whatever, je passe à autre chose. Je ne balance pas mon cynisme prémâché sur tous les sujets que je vois passer, je ne lis pas avec avidité les blogueurs que j’aime pas juste pour me foutre de leur gueule avec mes copines virtuelles. Mais bon, ma vie est remplie, j’ai déjà plus le temps de lire les blogs que j’aime alors le reste…

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Alors, moi, j’aimerais qu’en 2014, on arrête de hater gratos, qu’on se pose la légitimité du tweet qu’on va poster. Etre toujours dans le rejet perpétuel, est-ce réellement une bonne chose ? Naaaaaan. En un, partager des choses qui me paraissent intéressantes rendra le monde meilleur. J’aime aller sur Twitter pour lire des articles qui peuvent m’apporter une connaissance, une distraction, papoter un peu avec mes coupains et coupines. Non mais c’est vrai, je décide de faire une petite pause procrastination et me voilà trouvée en plein bain acide qui me rongent mon estomac qui ne se porte déjà pas le mieux du monde. Pourquoi vous me faites ça ? Vous voulez pas un peu balancer des coeurs et des câlins pour changer ? Et puis en 2, être aigri comme ça, c’est pas bon. Ca vous brouille le teint, ça vous carbonise l’estomac. Alors, en 2014, offrez-vous une vie plus belle : effacez ces blogs que vous détestez de vos flux RSS (oui, je sais que vous vous êtes abonné juste pour cracher votre venin : pa-thé-ti-que), râlez intelligemment mais pas systématiquement (sans quoi, vos avis négatifs ne vaudront pas tripette), diffusez les articles intéressants et pas les mauvais dont vous avez envie de vous moquer.

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Parce que, comme je dis toujours, l’anticonformisme n’est qu’un autre conformisme et vous vous y vautrez avec tellement de facilité que ça me fatigue légèrement.

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