Quand la lose est en toi

Y a des jours où j’adore ma vie et d’autres où j’aimerais bien être une autre, juste le temps que cette foutue malédiction qu’un connard (ou une connasse) m’a jetée me lâche les baskets trente seconde. Exemple de journée où j’ai envie de massacrer quelqu’un : lundi 18 décembre.

Tout commence à 2h15 du matin, alors que j’allais aller me coucher. J’étais en train de tapoter joyeusement sur mon ordi des conneries pour le blog quand soudain, j’entends un bruit étrange du type « krzzzzzzzzzzt ». Avant de gueuler sur Kenya (oui, en général, c’est elle qui fait les conneries chez moi), je regarde autour de moi et là, je remarque que la loupiotte de mon disque dur externe est éteinte… et c’est pas normal. Et là, je me souviens que j’ai transvasé tout mon press book dessus la veille et que je l’ai effacé de mon ordi après… Bon, j’ai les trois quart en version papier mais j’ai pas les articles faits pour DRH choupinou mais surtout faits pour l’asso avec qui je ne suis pas vraiment en bon terme vu qu’ils se foutent de ma gueule, je crois. Panique à bord, ma gorge se serre, grosse envie de pleurer. Je touche le DDE (disque dur externe), il est chaud mais pas bouillant. Je débranche, rebranche : rien. Ok, je vais attendre un peu. Je poste un message d’aide sur le blog, écrit un mail catastrophiste à Gildas, pote informaticien (entre autres) puis j’essaie d’aller me coucher mais autant vous dire que j’ai pas du tout sommeil. J’en profite donc pour démonter mon DDE, rien n’a visiblement cramé donc je sais pas d’où vient le problème. Je le rebranche pour voir, je le reconnecte à mon pc, des fois que ce soit juste la diode qui merde. Et bé non. Bon, pas de panique, dors, tu verras demain.

Le lendemain (tum tum tum), je vais sur mon blog et un lecteur (Cédric, pour ne pas le nommer) me suggère d’utiliser « recover my files » comme logiciel, je m’exécute et il me retrouve plein de docs, je suis sauvée ! Sauf que non, en fait car quand je veux les sauver à nouveau, il me demande de payer. Ok, je vais payer, me fais pas chier ! Je clique sur le bouton « buy now » (acheter maintenant, je parle trop l’english moi) mais voilà, le site refuse de se charger. Or il est 12h, mon taxi passe à 13h pour m’amener à la gare. Un taxi ? Mais oui parce qu’évidemment, ces connards de la SNCF font grève depuis une semaine et le seul train qui peut m’amener à Montparnasse part à 12h… Ce qui fait que j’y serai au plus tard à 12h45 pour un train partant à 14h10. Alors poireauter une heure en gare, en soi, ça me dérange pas… Sauf que j’ai Kenya et que je peux pas lui infliger ça ! Donc, je réserve un taxi. Mais revenons en à mon logiciel, j’ai pas fini. Donc je dois acheter le logiciel et le site refuse de s’ouvrir. Ok, tu l’auras cherché, téléchargeons un crack. Emule étant un système P2P définitivement mort, je me rabats sur bittorrent qui refuse de télécharger ce que je lui demande. 12h15, je vais commettre un meurtre. Bon, je force le logiciel à prendre mon téléchargement, je pars en courant retirer du fric pour le taxi et je retire mes billets à la gare. Evidemment, la connasse devant moi ne sait pas utiliser la machine et met deux heures à retirer ses billets. 12h46, je suis chez moi. Valise prête, sac prêt, me reste qu’à mettre Kenya dans sa panière et régler mon souci de recover my files. Evidemment, bittorrent n’a rien téléchargé. J’essaie de fermer le logiciel qui m’informe que si je fais ça, je perdrai tout ce qu’il m’a retrouvé. Merde ! Ok, tant pis, je vais mettre l’ordi en veille pour les 15 prochains jours, ça fait chier mais là, j’ai plus le temps.

Je mets Kenya dans sa panière (dont j’avais perdu la grille que j’avais posé sur le four mais blanc sur blanc, sans lunettes, je la voyais plus) et je commence à transhumer mes affaires vers le trottoir. J’ouvre la porte et je donne un coup un peu violent dedans au passage. Clac ! Oh putain ! Ce clac indique que la porte a joyeusement frappé le disjoncteur et coupé l’électricité dans mon appart. Donc mon ordi en veille, coupé, mes fichiers retrouvés, définitivement perdus. A ce moment précis, j’hésite à m’asseoir par terre et à pleurer mais je n’ai pas le temps : le taxi. J’arrive sur le trottoir et constate que ma rue, en sens unique, est coupée plus haut par un camion stationné en plein milieu pour travaux. Bon, là, j’ai définitivement envie d’être un autre, au moins le temps que la journée se termine. Heureusement, mon taximan est intelligent, il prend la rue à reculons et se pose devant chez moi pile à l’heure. Me voilà à Montparnasse une demi heure plus tard. Je tiens à remercier les taxis bleus qui ont été les seuls à la hauteur dans cette journée merdissimale, merci beaucoup. Ouais, je suis une rebelle, je fais de la pub. Arrivée à la gare, je me bats avec la poignée de ma valise à roulettes. Vous savez, l’espèce de bras qui se tire pour qu’on puisse la faire rouler ? Ben, le mien est mort et ma valise est quand même lourde mais à force de tirer, j’y arrrive. Je fais la queue au seul guichet ouvert ou à peu près de la gare pour acheter les billets pour mon chat. Là, je me mets à penser beaucoup de choses de la SNCF et je préfère ne pas retranscrire vu qu’il n’y a que des insultes.

Bon, me voici sur le quai. Je fume ma dernière clope (et oui), je m’installe dans le TGV tout beau tout neuf, j’ai une banquette pour moi toute seule, cool. On part et là, c’est reparti, Kenya est malade, ça faisait longtemps ! En fait, je crois qu’elle supporte pas le TGV car en Corail, c’est toujours nickel. Donc je suis en train de me résoudre à ne plus jamais prendre le TGV pour rentrer chez moi. J’ouvre sa cage pour la nettoyer un peu, ça pue la mort là-dedans, je suppose qu’elle a pissé, en plus. Au moment où elle vomit, j’esquive sa mixtion par un merveilleux déhanché… Voilà comment j’ai niqué la moquette du TGV.

Arrivée à la gare, je trouve la voiture de ma maman mais point de génitrice à l’horizon. Je l’appelle « t’es oùùùùùù ? ». Elle est au resto face à la gare, tenu par des amis. Elle me demande de la rejoindre mais j’ai à ma droite une valise qui est définitivement morte, à ma gauche une Kenya qui pue, sur le dos un sac avec un ordi portable et des livres, autour du cou mon sac à main… Ben non, je bouge plus ! Et c’est là que j’appris plus tard que si j’avais traversé, j’aurais gagné une coupe de champagne. Il ne me sera donc rien épargné ?

Je me demande si c’était le bon jour pour arrêter de fumer? Heureuse compensation : j’ai retrouvé mes lettres du lycée mais j’hésite à les publier ici parce qu’à 16 ans, j’étais vraiment trop conne. Je me demande même comment j’ai pu avoir des amis…

 

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