Du doute raisonnable au complotisme : la limite ?

Depuis que j’ai décidé de créer un blog “engagé”, je me pose des questions sur l’engagement et le militantisme et notamment à quel moment on bascule dans la manipulation. L’an dernier, un sondage avait fait peur : 79% des Français croient au moins à une théorie du complot. By jove, serions-nous déjà en pleine idiocratie ? Pas si sûr : au vu de ce que l’on nomme théorie du complot, j’aurais pu faire partie des afficionados du complotisme, juste parce que je ne fais pas confiance aux médias… MAIS !

Confiance dans les médias

Alors entendons nous bien : quand je dis que je ne fais pas confiance dans les médias, je ne suis pas forcément dans le délire de “gna gna gna, tous des moutons”, je préconise juste de prendre un peu de recul par rapport à ce qu’on lit/regarde et ne pas se laisser avoir par des choix éditoriaux un peu curieux. Il y a un cas par exemple qui me fait toujours un peu froncer les sourcils : Jean-Luc Mélenchon. Alors je ne suis pas là pour le défendre, je m’en fous de Méluche. Vous ne l’aimez pas ? Et bah ok, j’ai rien à dire là-dessus. Cependant, il y a quand même quelques cas qui m’interpellent un peu : la fascination de la France pour le Venezuela depuis que Patrick Cohen a trouvé dans le programme de l’Avenir en commun une proposition de rejoindre l’alliance bolivarienne parce que la France a sa frontière commune la plus longue avec le Brésil (oui, c’est là qu’on mesure toute notre façon de pensée très métropolitaine, hein…). Alors il est tout à fait légitime de se pencher sur le cas du Venezuela, pas de soucis… mais quid de l’Egypte* dont on a reçu en grande pompe le dirigeant ? Quid du Togo, de l’Arabie Saoudite, l’Azerbaïdjan… Pourquoi on n’en parle pas ? Je vais un peu étudier le sujet, y aurait de quoi publier des dizaines de mémoires de science politique (vraiment, je dois me dégager du temps pour faire des analyses de presse parce que je kiffe vraiment ça). Idem sur les comptes de campagne. Je veux bien croire que les comptes de campagne de Mélenchon ne soient pas carrés mais il me semble que ce n’est pas le seul… Et sinon, on en est où niveau Marine Le Pen ? Ne vous inquiétez pas, on reparlera d’elle quand il faudra faire un front républicain… En attendant, on évite d’en parler, faudrait pas la décrédibiliser de trop avant la prochaine élection, hein… Je ne dis donc pas qu’il faut se méfier des médias par rapport à d’éventuelles fake news (je hais ce terme, c’est le pseudo argument ultime des gros cons, je trouve) même si ça dépend de qui on parle, je dis juste de faire un peu attention à la ligne éditoriale et à la narration d’un fait. Par contre, je ne pense pas qu’ils nous cachent des histoires d’extraterrestres, que la Terre est plate  ou je ne sais quoi. J’applique le doute raisonnable.

Complotisme : terre plate

L’autre jour, je regardais des vidéos de Defakator que j’aime bien parce qu’on est dans un débunkage par la preuve. Bon, il n’a rien débunké de ce que je crois (du moins dans les vidéos que j’ai vues au moment où j’écris cet article) mais je me pose la question : à quel moment on peut basculer ? De façon générale, j’aime bien les théories du complot, j’ai grandi avec X files quand même mais je n’y crois pas. Je me souviens d’avoir acheté un magazine du paranormal ou je ne sais plus quoi qui titrait un jour “sommes-nous vraiment allés sur la Lune”. Alors je suis un peu confuse car je suis persuadée d’avoir lu ça au lycée, avant le fameux documenteur d’Arte mais il n’était pas question de Kubrick et je suppose que c’était une théorie déjà en vogue aux Etats-Unis. Je lisais ça et j’étais en mode “mais c’est complètement con”. Et 20 ans plus tard, je persiste et signe. Prenez un secret quel qu’il soit que l’on vous a confié. Un secret qui a été formulé, donc. Combien de fois avez-vous entendu ce secret précédé par un “tu le dis pas mais…”. La plupart des complots supposés supposent des centaines de personnes au courant A MINIMA. Ca ne peut pas rester un secret. Le pire, c’est que quand on livre un complot sur un plateau (les écoutes à grande échelle de la population américaine révélées par Edward Snowden), non, ça, on s’en fout. On préfère les histoires de faux alunissages, de vaccins qui tuent et… de Terre plate. Celui-là me donne envie de donner des gifles avec élan. Vous êtes cons à quel niveau les platistes ? Je veux dire sur l’histoire de la Lune, je peux comprendre qu’on puisse imaginer une histoire de faux alunissage dans un contexte de guerre froide mais la Terre plate, pourquoi on vous mentirait là-dessus ?

Le grand secret de Barjavel

Bref, le complotisme me fait souvent lever les yeux au ciel, surtout quand il s’agit d’histoires où on empoisonne son propre peuple pour un projet de décroissance de population, je sais pas quoi… Alors bon, je veux bien que les 7,5 milliards d’individus donnent des vapeurs à certains mais… je suis pas un vilain de roman d’anticipation mais si je devais tailler dans le gros, j’irais plutôt m’attaquer à des pays loin, des fois que… Genre les chemtrails “ah ben y a trop de monde dans ce pays Bobby !””Tu as raison Ted, on va balancer des gaz toxiques dans l’atmosphère avec les avions de ligne” “Ahahah” “Ohohoh” “Héhé… et mais attends, on le respire, cet air, aussi !”. Et puis depuis le temps que les chemtrails nous bombardent la gueule de je sais pas quoi, d’où on n’est pas morts ? Bref, je ne suis pas bienveillante avec ce genre de discours MAIS je me pose la question : mon propre système de croyance ne me pousse-t-il pas à tomber dans certains travers aussi ? Déjà, je n’ai pas non plus 100% confiance en ces êtres qui nous gouvernent, on a quand même notre joli lot de scandales sanitaires démontrant que parfois, on joue effectivement avec notre santé pour de mauvaises raisons. Je sais que ces scandales ne naissent pas de mauvaises intentions à la base mais de mauvaises prises de décision, surtout quand y a un bon gros paquet de money dans l’équation. Qu’il y a des doutes raisonnables qui devraient être pris dans un principe de précaution et non dans celui du croisage de doigts en mode “oui bon y a un petit risque mais la probabilité est plutôt de notre côté.” La prudence ne devrait pas être sacrifiée sur l’autel du profit. Mais du coup nos amis complotistes nous compliquent la tâche quand on essaie d’appeler les gens à se faire leur propre avis. Je suis en général mesurée dans mes propos, ça fait un an que j’évite d’écrire “bordel, c’est le retour des années 30, les générations futures nous jugeront durement (enfin, avec l’actuelle extinction massive d’espèces, pas dit qu’elles vivent, ces générations futures. Et non, ça, c’est pas un complot par exemple), ils se demanderont comment on a pu laisser faire, comme nous quand on était au collège, qu’on étudiait la montée des fascismes en Europe”. Je le pense TRES fort et votre barrage républicain à la con, j’ai envie de l’insulter tous les jours (oui, je n’ai pas voté au 2nd tour parce que je percevais très bien l’arnaque) mais je ne le dis pas à chaque actualité qui me fait penser ça parce que… beaucoup de gens sont dans le déni.

Macron et de Villiers : à droite toute

Mais j’en reste à me demander à quel moment je suis dans le doute raisonnable et à quel moment je bascule dans un espèce de complotisme. On aime fantasmer sur les cabinets noirs, les hommes à la cigarette, ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre. Si je ne crois pas aux Illuminatis et leurs amis, je suis bien persuadée que nos gouvernants ont parfois des intérêts qui nous échappent, des tapes dans la main pour sceller des accords indignes. L’actualité nous le rappelle régulièrement, la destinée commune est souvent malmenée par les intérêts particuliers. Je ne crois pas aux complots, aux grands secrets, aux organisations occultes qui mènent le monde… essentiellement parce que je ne crois pas tellement au concept de secret en lui-même. Les seuls secrets qui résistent au temps sont ceux qui ne laissent aucune trace et que l’on a partagé avec personne. Des fois, je suis peut-être un peu trop prompte à croire des histoires qui mettent à mal ce système qui me débecte. Mais finalement, pourquoi se déchirer sur qui a tort ou qui a raison ? En cas de doute raisonnable, laissons faire l’Histoire. Ca prendra parfois du temps mais la lumière finira toujours par être faite.

* J’ai écrit cet article y a une dizaine de jours donc cette histoire sur l’Egypte et l’implication de la France sur la répression du peuple égyptien n’était pas encore sortie

Rendez-vous sur Hellocoton !

La politique de gauche existe-t-elle ?

Si j’avais le temps, je comparerais les premières années du règne de Sarko et celui du règne de Hollande. Je comparerai les journaux, je traquerais la différence, histoire de me rassurer. Parce que là de suite, le seul qui me vient, c’est qu’on raillait Sarkozy sur sa taille, on ricane de la (re)prise de poids d’Hollande. Des sujets indécemment intéressants, donc. Mais la resucée de certains débats me fait douter : la politique de gauche existe-t-elle ?

hollande-a-grossi

J’entends le brouhaha médiatique et je ne comprends pas, je ne comprends plus. Je vois mes amis de gauche grimacer de plus en plus et même commencer à tonner. On nous bassine avec une vague bleue marine qui va tout balayer sur son passage. Je vois un gouvernement qui nous fait une politique du fait divers. Comme Fillon et ses copains à l’époque et on se moquait bien. Ben finalement, c’est pareil. On nous ressort même les Roms, ça fait jaillir l’encre en tout sens. Tout ça pue bien la merde…

ca-pue

Alors je m’interroge : était-il possible de mener une véritable politique de gauche alors qu’il y a la crise, le FN, l’UE qui tire une drôle de gueule ? Notre survie impose-t-elle un serrage de ceinture jusqu’à l’asphyxie ? Doit-on se trouver des ennemis de la Nation comme une sorte de patafix du peuple, histoire de tenter une cohésion ? Les Ministres de l’intérieur sont-ils condamnés à jouer les intraitables douaniers ? Je suis pas énarque ou politicienne, y a sans doute un truc que j’ai loupé.

politique de gauche... pas avec Valls

1 an et demi qu’Hollande est élu et… Rien. Je me sens revenue entre 2002 et 2004, quand le Premier Ministre Raffarin passait inaperçu face à son excité Ministre de l’Intérieur… Je me sens perdue dans ma temporalité. Le pire, c’est que je peux même pas dire que je suis déçue, je savais au 6 mai au soir que la gueule de bois serait terrible. Je ne crois pas aux hommes providentiels, je ne crois pas aux Sauveurs. Mais j’espérais quand même ne plus entendre certaines choses. J’en peux plus de cette culture du « salaud de pauvre », de voir des propos homophobes ou racistes fleurir partout sur mes réseaux sociaux et dans la presse, comme si plus personne ne pouvait être choqué. On peut désormais traiter une Ministre Noire de guenon en toute impunité, ça fait rire gras. Je vous linkerais bien les pages qui diffusent à l’envi des montages du visage de Taubira sur un singe ou qui ricanent bêtement sur les « Taubira Banania » mais je me refuse à leur donner un tant soit peu de lumière. Vous savez que ça existe, de toute façon. Je rêvais d’une France un peu apaisée. D’une France qui ne sombre pas dans l’hystérie et la haine de l’Autre, quel qu’il soit, d’une France qui ne jouit pas de brûler tous les épouvantails qu’on lui tend. Si on va mal, c’est la faute de ces Autres : les Arabes, les Noirs, les Ministres de couleur, les Roms, les pauvres, les pédés… ou qui vous voulez. Je rêve d’une France qui arrête de croire que le portrait esquissé d’elle par une presse creuse et sensationnaliste est l’exact reflet de la réalité. Je rêve d’une France qui s’indigne des perpétuelles chasses aux sorcières. Je rêve d’une France qui, à défaut d’aimer l’autre, le tolère. Je rêve. C’est peut-être ça le problème.

reve

Peut-être qu’au fond, le socialisme n’est qu’une utopie ? Qu’en temps de crise, c’est invivable ? Que de toute façon, croire que l’homme n’est pas individualiste et obsédé par son intérêt personnel, c’est croire encore au Père Noël. Que souhaiter vivre dans un pays solidaire, préoccupé par autrui avec une vraie justice sociale, c’est juste bon pour les neuneus fans de licornes à paillettes. Peut-être qu’aujourd’hui, je ferais mieux de me réfugier dans le cynisme. Ca n’arrangera rien mais au moins, plus rien ne m’étonnera. Mieux, je pourrai m’en servir pour me montrer incisive et impertinente sur Twitter. Peut-être que je serai tellement bonne que mon tweet sera repris sur les pseudos journaux en ligne qui construisent des milliers d’articles en se contentant de captures d’écran. Une sorte de gloire… Je crois.

Rendez-vous sur Hellocoton !

L’homme est une femme comme les autres (et vice et versa)

(La chômagie reprendra après les ponts du mois de mai)

Y a quelques années, tout le monde ne jurait que par le livre « les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus », sorte de bible psychologique du genre qui nous explique que si on se comprend pas, c’est normal, on ne marche pas pareil et ce sera comme ça pour toujours. Il y a des fois où moi-même, je dis : « pfffff, ces mecs, je les comprends pas ! ». Il est vrai que parfois, je comprends pas les hommes. Mais y a des fois où je comprends pas les femmes non plus… Et si finalement, les différences entre hommes et femmes, c’était la grande illusion ?

Hier soir, j’ai acheté GQ. J’en ai lu quelques pages puis j’ai bouquiné un peu cosmo juste après. Et là, on se rend compte quand même qu’on vit un peu les mêmes choses finalement. La comparaison serait plus juste avec Elle mais peu importe, je vais pas non plus faire une analyse de presse approfondie, j’écris un article de blog, pas une thèse. En gros, la différence majeure que je vois entre ces titres, c’est qu’on a remplacé la mode par le high tech mais pour le reste : culture, sexe et même beauté, on s’y retrouve. Et surtout les
articles à base « comprenez le sexe opposé ». Mais à bien y réfléchir, sommes-nous si différents ? Les hommes préfèrent-ils réellement les chieuses et les femmes les hommes de pouvoir ? Et bien ça dépend des filles et des garçons, y a pas de règles. Nina ou l’art d’enfoncer les portes ouvertes. Nous, les femmes, on n’arrête pas de se plaindre des diktats de la mode et des mannequin sylphides et retouchées par photoshop. C’est vrai, dans les magazines de mecs, y a que des mannequins mâles au ventre mou et poilu, tiens. Même que les hommes, ils font aussi des régimes. Et oui !

En fait, aujourd’hui, le rôle de l’homme et de la femme sont moins distincts qu’autrefois, même que ça fait hurler ce bon Eric Zemmour. Si on regarde, pendant longtemps, l’homme investissait la sphère publique, la femme le privé. Aujourd’hui, les femmes ont aussi une vie publique, une carrière… Une femme peut vivre sans un homme. De la même façon, un homme s’investit dans les tâches privées. D’ailleurs, selon une étude américaine, un juste équilibre des tâches ménagères dans un couple accroît la libido. Je vais imprimer l’article où il est fait mention de cette étude (dans GQ, c’est l’édito écrit par Anne Boulay… Ouais une femme !). Les hommes peuvent tout à fait prendre un congé parental, ils s’investissent de façon naturelle dans l’éducation des enfants, tout ça, tout ça.

Evidemment, il reste le biologique et on aura du mal à passer outre certains états de fait. La maternité, par exemple. Même dans une société parfaitement égalitaire (si tant est que ce soit possible mais j’en doute), ce seront toujours les femmes qui auront la lourde tâche de porter l’enfant. Par contre, je rêve du jour où la contraception sera vraiment l’affaire des deux parce qu’à partir du moment où le préservatif disparaît, c’est à la femme d’assurer en prenant la pilule ou en posant le stérilet…

Selon une théorie culturaliste des relations internationales, il est coutume de penser que si les femmes gouvernaient le monde, il ne tournerait pas pareil. Et bien, moi, j’en suis pas convaincue du tout. Imaginons par exemple que Ségolène Royal ait été élue présidente de notre pays et Hillary Clinton présidente des Etats-Unis (ce qui à mon avis, n’arrivera pas mais c’est pas le sujet). La face du monde en aurait-elle été changée ? Oui et non. Pas parce qu’elles sont des femmes mais parce qu’elles sont des individus. Si par exemple
nous avions eu Strauss Kahn président, les choses seraient certainement différentes aussi, ce n’est pas une question de sexe mais réellement une question de vision de la société et de caractère aussi. Des chefs d’Etat s’entendent ou non sans que leurs opinions politiques entrent en ligne de compte mais juste parce que ce sont des personnalités qui s’accordent ou pas.

Bref, tout ça pour dire quoi ? Et bien, je pense sincèrement que pour régler la guerre des sexes, il suffit de comprendre qu’elle n’existe plus. Si je ne comprends pas un mec, c’est essentiellement parce que cette personne ne raisonne pas comme moi. Tout comme ça m’arrive avec les femmes. 

Rendez-vous sur Hellocoton !

La lettre de motivation : ce que l’on dit, ce que l’on pense

Petit jeu aujourd’hui de la double écriture de la lettre de motivation. L’idée est simple : d’abord le texte officiel, en dessous, l’expression d’une petite voix intérieure bien cynique… Je précise que c’est juste un jeu, je suis parfois réellement emballée à l’idée de bosser dans un journal ou une boîte.

apoil.jpg

 
« Bonjour,
 

Ayant trouvé votre annonce sur le site jechercheunjob.com, je me permets de vous envoyer ma candidature pour le poste de journaliste. En effet, votre annonce m’intéresse au plus
haut point.

Enfin, même si c’est pas le cas, j’ai répondu à ton annonce 15 mn après qu’elle soit postée, je suis une desperate chômeuse et tu me proposerais d’écrire dans la revue des passionnés du tracteur, je postulerais alors que je suis une pure citadine.

De formation journalistique, j’ai eu l’occasion d’écrire dans le domaine sur lequel vous travaillez et qui me passionne.

Si, j’ai écrit une rédaction sur le sujet en cinquième et si j’ai rien écrit dessus depuis, c’est que c’est trop passionnant, j’ai peur de pas rendre la magie de cette question.

La renommée de votre entreprise n’est plus à faire et être une de ses employées est une motivation de plus pour moi.

Avant de lire votre annonce, je savais pas que vous existiez

Titulaire d’un master professionnel de journalisme, je suis à la recherche d’un emploi dans l’univers des médias. Auparavant, j’ai réalisé deux maîtrises, utilisant à chaque fois
l’analyse de presse. Mon cursus universitaire m’a permis d’acquérir une solide culture générale ainsi que des outils d’analyse utiles pour le journalisme. De plus, lors de mon année d’étude à l’IEP, j’ai obtenu des diplômes informatiques.

Tu les vois mes gros diplômes, hein, hein ? Ca t’épate, hein ? T’as vue comme chuis cultivée ? Et le « master professionnel », ça le fait. Là, tu m’aimes déjà, je le sais, je le sens.

Par ailleurs, j’ai profité du temps libre que me laissaient mes études pour multiplier les expériences dans le milieu médiatique, essentiellement en presse écrite et Internet.
D’ailleurs, je suis actuellement chef de la rubrique sur un webzine.

Oui, je suis un bourreau de travail, je bosse même en dehors de mes cours et je fais plein de choses. Même que je dors pas la nuit pour écrire plein d’articles et du coup, je suis chef de rubrique. Et dans chef de rubrique, y a chef, comme dans rédacteur en chef…

 Lors de ma précédente recherche d’emploi, j’ai multiplié les expériences diverses et variées, j’ai notamment réalisé quelques interviews pour une plate-forme de blogs. Je
possède une solide culture Internet et une très bonne connaissance de la blogosphère puisque je gère moi-même plusieurs blogs dont un lu quotidiennement par plus de 1500 personnes (visiteurs uniques).

Embauche-moi, je te ramènerai des lecteurs. Non mais vise la culture Internet que j’ai, c’est carrément pas donné à tout le monde. Bon, c’est vrai que ma « culture Internet », je me la suis faite toute seule, comme une bonne geekette qui se respecte mais quand même, quoi.

 

Je me tiens à votre entière disposition pour tout entretien concernant ma candidature, je vous remercie par avance pour le temps que vous consacrerez à ma demande.

Je veux qu’on se voit, je veux qu’on se voit, je veux qu’on se voit. Je suis tout à toi, à tes pieds, claque des doigts et j’arrive.

 

J’espère vous rencontrer prochainement pour vous convaincre davantage de ma motivation et de ma détermination.

En vrai, tu pourras découvrir que je suis toute jolie (si t’es un homme ou une femme qui aime les femmes) et très drôle, je te raconterai même des blagues s’il le faut pour détendre l’atmosphère. Et je fais super bien le café.

 En attendant, veuillez recevoir, Madame, Monsieur, mes salutations les plus distinguées
J’ai toujours trouvé ces salutations de fin de lettre très pompeuses. Si la personne me rappelle pas, mes salutations les plus distinguées risquent de se transformer en paroles qui ne le sont plus, distinguées, suggérant à la personne de visiter la Grèce, par exemple.
 
Nina Bartoldi
Rendez-vous sur Hellocoton !

Le démon tentateur

Lors de mon article sur la fidélité, j’ai parlé de Fabien, le gars qui m’a rendue folle de désir pendant une bonne année. Trois ans après, j’avoue que s’il apparaissait sur le pas de ma porte, je lui sauterais dessus sans attendre. J’ai hésité à écrire cet article car peu de mes amis sont au courant de cette histoire, j’en ai parlé à personne pendant longtemps.

Tout a commencé mi-octobre 2001. Je rappelle au non-Toulousains que quelques jours plus tôt, l’usine AZF avait explosé, rasant au passage la fac du Mirail. Du coup, mon directeur de maîtrise organise une réunion avec ses étudiants à l’IEP, dans une salle minuscule mais là n’est pas l’important. Je monte les escaliers et je vois une petite rousse me regarder et faire : « ah, en voilà une de plus ! ». Bien, je suppose que cette fille est en maîtrise avec moi, je ne vois pas du tout qui c’est. Bon, on discute de nos sujets, je reconnais quelques élèves qui étaient en cours avec moi en licence. A la fin, mon prof, M. Gris, nous parle du bulletin d’information du groupe de recherche, demandant s’il y a des élèves qui veulent y participer. C’est une première expérience de journalisme intéressante. Je m’empresse de me proposer, persuadée que ça allait être la cohue mais seule la rouquine et moi postulons. Un grand gaillard à la voix grave magnifique en profite pour prendre la parole et parler d’une émission de radio parrainée par le groupe de recherche, s’il y a des volontaires… Je le connais, ce gars : il était en cours de contemporaine avec moi l’année précédente et c’est l’une des personnes les plus cultivées qu’il m’ait été donné de rencontrer. Il me semble un peu prétentieux mais il va participer au journal aussi donc je garde mes préjugés pour moi. Il présente son voisin, Rachid, que je savais intéressée par le journalisme car on en avait parlé l’année précédente. Nous voici quatre sur le journal : Elodie la rouquine, Julien à la voix suave, Rachid et moi. Il y a un cinquième dans le coup, un thésard. Soit.

 
Premier contact

Et là, le thésard rentre et…rien. Il se la pète un peu et il m’énerve. M. Gris le prend en exemple : « demandez à M. Colbert, demandez à M. Colbert » et l’autre, il a l’air d’exulter. Mais bon, il veut travailler sur le journal aussi donc pareil que pour Julien, j’attends avant de le condamner. On part tous les cinq discuter dans une salle voisine et je constate que le thésard a des auréoles sous les bras, il est en T-shirt, je suis en pull et je pars sur des considérations débiles sur le fait que j’ai froid et que lui, il a chaud. Oui, je sais, des fois, je pense vraiment n’importe quoi. On parle d’abord du journal et une fois les sujets arrêtés, le thésard, qui s’appelle Fabien, se tourne vers Elodie et moi, le regard brillant : « Bon, les filles, ça vous tente, la radio ? ». Oh oui, je suis tentée mais réfléchissons : j’ai une maîtrise à faire, je bosse de temps à temps à la Poste, me voilà engagée dans un journal, puis-je assumer une émission de radio hebdomadaire ? « Ok ! ». Après tout, mon idéal professionnel, c’est le journalisme, pas prof ou guichetière à la Poste.

Enthousiasmée, je repars avec Elodie qui vit près de chez moi, on discute, on est très motivées, malgré le temps que ça nous prendra. Semaine suivante, rendez-vous à la radio, installée dans un ancien magasin de lingerie… En fait, au départ, rien n’était aménagé : les vitres décanillées par AZF, un lourd rideau de fer qui clôt la vitrine, une salle d’enregistrement en sous-sol avec la peinture qui s’écaille, on se croirait à Radio résistance. Bon, ok, ça ne paie pas de mine mais on s’en fiche, l’important, c’est d’avoir le matériel pour travailler correctement. Tous les cinq, on s’installe dans la salle principale, vide, on discute des sujets qu’on veut traiter. Mon regard croise régulièrement celui de Fabien et… mince, je suis troublée. Brun, des yeux magnifiques (noisettes avec des éclats dorés) qui pétillent, un beau sourire… Mais je suis une patate mariée, calme-toi, ma fille. A un moment, on parle de nos provenances géographiques et là, il me révèle qu’il est de Perpignan. Là, je me prends une vague de nostalgie de plein fouet : Perpignan, la ville où vivaient mes grands-parents quand mon grand-père que j’adorais était en vie. On descend au studio d’enregistrement et je m’arrange pour me retrouver toujours à côté de Fabien. La semaine suivante, rendez-vous chez moi, j’espère qu’il arrivera le premier. Raté, il arrive en dernier, il avait oublié la réunion . Zut.

Première prise

Première émission, on invite M. Gris comme intervenant. On lui pose nos questions, on est tout crispés, une horreur. A un moment, déclic ! Une contradiction dans ses propos et je le lui fais remarquer. Il rie et me répond avant de conclure : « maintenant, je serais vous, je m’inquiéterais pour votre maîtrise ! ». On finit l’enregistrement, M. Gris s’en va et on écoute quelques sons de l’enregistrement, Fabien me complimente sur ma voix et sur ma super question piège. Je fonds ! A partir de là, j’omets de plus en plus de parler de Guillaume, étrange… Chaque fois qu’il me frôle, j’ai des frissons. Je rêve de lui à chaque fois qu’on se voit, mes rêves se font de plus en plus torrides : d’abord de simples bises appuyées à des baisers passionnés avant d’arriver aux brouettes intensives. Je me souviens d’une nuit où j’ai rêvé qu’on faisait l’amour la nuit sur la terre, je crois que c’était la guerre mais je ne suis plus très sûre. Le matin, je me réveille, excitée par mon rêve de la nuit et me voilà à côté de Guillaume. Dieu merci, je ne parle pas en dormant. Autre rêve hautement révélateur : on sort ensemble clandestinement. A un moment, on se retrouve sur un matelas posé sur un vieux sommier à ressorts sous une fenêtre dans une pièce style chambre de bonne, on commence à s’exciter et il me dit : « non, ce n’est pas bien, on peut pas faire ça ! ». J’acquiesce, on sort de la pièce, il y a une histoire de vidéoclub mais on ne peut pas s’empêcher de s’embrasser. Merveilleuse métaphore de mes sentiments : non, je ne dois pas craquer sur Fabien, ce n’est pas bien. Mais je ne peux m’en empêcher.

L’avantage, c’est que les occasions de se voir sont nombreuses : préparation des émissions, réunions pour le journal, enregistrement des micro-trottoirs… On se voit à peu près toutes les semaines, parfois plusieurs fois. Un soir, la réunion a lieu chez lui. Je récupère Elodie et on se rend chez lui, on le retrouve sur une place en compagnie de Julien. On discute en attendant Rachid mais après une demi-heure d’attente dans le froid, on renonce : il nous appellera. Il nous guide jusqu’à son appart, on rentre et là, c’est l’explosion : à l’intérieur, une splendide brune aux yeux bleus, Sandra. Mince, il avait une copine ! Bon, je me fais une raison : c’est mieux ainsi. Pourtant, Fabien est bizarre avec elle : pas la moindre attention. A un moment, je reçois un coup de fil de Lucie qui m’annonce que Gauthier veut abandonner ses études. On s’énerve joyeusement toutes les deux et quand je rejoins l’équipe, je fais une gueule pas possible, Fabien me lance un regard de connivence. Il me veut quoi, lui ? Sa copine est tellement plus belle que moi…

La rivale

On dîne, ça se passe bien, Sandra est plutôt sympa et je suis fière de moi : finalement, j’ai tiré un trait toute seule comme une grande, c’est bien ! Par contre, je trouve Fabien pas du tout affectueux avec elle, ça me déçoit un peu : il n’a rien du petit ami idéal. A la fin de la soirée, on se fait la bise, il pose sa main sur mon épaule, comme d’ordinaire et là, encore ce foutu frisson. C’est pas vrai ! Je me couche, un peu triste. Mais c’est mieux comme ça. C’est mieux comme ça. Ouais, l’autopersuasion, ce n’est pas terrible. Le lendemain, je rejoins Elodie à la cafétéria pour bosser sur une émission de Noël. Guillaume est là, je lui fais un bisou et rejoint ma nouvelle grande amie. On discute, on travaille puis, à un moment, on revient sur la soirée précédente. A un moment, je parle de Sandra, disant quelque chose comme : « elle est sympa la copine de Fabien. » « Mais c’est pas sa copine ! » Mon cœur explose de joie : c’est vrai ? Elle n’a pas de preuve mais elle trouve qu’ils n’avaient rien d’un couple, ce que j’avais remarqué aussi. Mais qui est-elle donc ? Peu importe, peu à peu, je l’efface de l’équation.

Peu de temps après, un nouvel arrivant rejoint l’équipe. En fait, Rachid n’est pas venu le soir où on l’a attendu. En fait, il avait abandonné sa maîtrise pour faire une maîtrise science politique et il n’avait plus le temps. Bon, honnêtement, j’ai fait la même maîtrise l’année suivante, c’est surtout qu’il n’avait plus la motivation. Lors de la seconde émission, il avait refait l’introduction 10 fois car il n’y arrivait pas… En cours de M. Gris, on doit faire un exposé sur une maîtrise déjà réalisée (histoire qu’on lise AU MOINS un mémoire avant de rédiger le nôtre). Tout le monde se disputant pour l’analyse de presse, je me rabats sur l’étude multidimensionnelle d’un événement : la mort de Lady Di (véridique). A la fin du cours, un jeune homme blond aux yeux verts vient me voir et me dit qu’il a pris l’exposé avec moi. Ah, ok. Quelques jours plus tard, on enregistre une émission à la con pour Noël, un quizz débile concocté par Elodie et votre dévouée. Julien ramène deux potes à lui dont mon collègue d’exposé, Maxime, de son prénom.

Lors de cette soirée, mon auréole se cabosse un peu. A un moment, le deuxième pote de Julien râle car il a eu une grosse boule comme cadeau de Noël. Un peu saoule, je lui fais : « vaut mieux une grosse que deux petites ! » (du grand n’importe quoi, en somme). A partir de là, je suis la cochonne de service et j’en joue, je me fais chatte, surtout quand je parle avec Fabien qui me le rend bien. Mais rien, il ne se passe rien que ce jeu gentil de flirt, peut-être l’ai-je même imaginé, je ne sais pas. Ma relation avec Guillaume s’en ressent un peu : un matin, je l’appelle en larmes car « je me pose des questions sur notre couple ». Je dors beaucoup : dans mes rêves, je retrouve Fabien. Pourtant, je sais qu’on ne s’entendrait pas en tant que couple, il est trop lunatique, un peu colérique : on s’engueulerait au bout de deux jours. Mais j’ai envie de lui comme une folle. De plus, au même moment, Elodie qui était avec son mec depuis 4 ou 5 ans se sépare de lui pour sortir avec un… Fabien ! Quel modèle troublant…

 
Désir brûlant

Le temps passe, je supporte pas de pas le voir. Quand il part quinze jours en Egypte, ça me paraît une éternité. Un jour, le « drame » arrive : Guillaume et Fabien se rencontrent sans que j’y sois préparée. En fait, Fabien ne venait jamais à la fac mais ce jour-là, je le vois devant l’UFR d’histoire en grande conversation avec mes collègues de radio et M. Gris. Guillaume à ma gauche, Fabien devant, je manque d’air. N’ayons l’air de rien, je rejoins mes amis alors que Guillaume reste en arrière. Fabien me demande discrètement si ça va. Enlève les étoiles que tu as dans les yeux, me dis-je. Mais Guillaume ne voit rien. Il ne voit tellement rien qu’une fois, on parlait de Fabien, je lui disais que je ne savais pas s’il avait une copine ou non et il me fait : « Non, ce mec a une allure de célibataire ». Précisément ce qu’il ne fallait pas dire !

Il ne se passe toujours rien, on plaisante, il me cherche un peu. Mais Julien aussi (alors que lui est fiancé, il s’est marié depuis d’ailleurs), il me gratifie une fois d’un joyeux : « t’es bonne ! ». Merci chéri, j’adore ! Et Fabien acquiesce. Non, pourquoi tu me tortures comme ça ? Dis-moi que je suis moche, ne me regarde plus avec ce petit sourire. Arrête de planter tes yeux dans les miens, révèle-moi l’existence d’une petite amie dont tu es fou amoureux… Arrête de poser ta main sur moi quand tu me fais la bise ou sur ma taille, un soir de beuverie. Arrête, arrête… Non, n’arrête pas… Bon, voilà, je suis toute perdue.

L’année avance. Un jour, Julien m’appelle, on discute et il me dit : « je vais aller à un cours de M. Gris pour trouver nos successeurs ». Quelle douche froide ! Mon cœur se déchire : non, ça ne peut pas se finir maintenant. Alors, ce sera l’été et on ne se verra plus ? Ce n’est pas possible, je vais en mourir. La structure de l’équipe a un peu changé, Elodie a pris des distances pour terminer sa maîtrise (ce sera la seule à l’avoir, cette année-là : j’ai pris une année de plus, Julien et Maxime ont abandonné mais ça n’a aucun rapport avec notre activité radiophonique). Je me retrouve la seule fille au milieu de trois mâles et Maxime semble très intéressé par ma personne. En fait, j’ai de très bonnes relations avec Maxime : on a travaillé souvent seuls pour notre exposé, il a vécu un an au Canada, mon pays préféré, celui sur lequel je fais ma maîtrise… Forcément, ça rapproche. Un jour, on se met à la technique, tous les deux (en gros, il faisait tout, j’ai appuyé sur deux boutons). Je glisse un CD dans le lecteur, il envoie la musique et là, il me regarde bizarrement et me sort un langoureux : « Merci ! », des étoiles plein les yeux. Je rougis et je bégaie un : « mais de quoi ? ». « D’avoir mis le CD… ». Seigneur, il me fait quoi, lui ? L’été suivant, on se verra plusieurs fois seuls pour boire un verre, il est dégoûté d’avoir été pris à l’école de journalisme et pas moi (« je ne connais pas de personne plus motivée que toi pour faire ce métier, c’est dégueulasse ! »). Il me parle d’une fille avec qui il était sorti en fin d’année scolaire et me fait : « je ne ressentais pas la même chose pour elle que pour toi… ». J’ai jamais trop su ce qu’il avait ressenti pour moi mais j’étais un peu gênée. Que tout ceci est compliqué !

A suivre…

Rendez-vous sur Hellocoton !