Citoyens vs citoyens : votants vs absentionnistes

Depuis deux ou trois jours, je suis gênée aux entournures. Sur mon fil Twitter est en train de se mettre en place un affrontement, une guerre ou le mépris et la condescendance sont les armes des uns et des autres, ou l’on se traite de cons parce qu’on est pas d’accord… Heu… Y  a que moi que ça gêne ce grand affrontement de citoyens, votants contre abstentionnistes, parce que l’heure est grave ?

affrontement

Dimanche, je suis allée voter, j’ai souri devant la petite fille qui montrait crânement son école à son papa, me disant que les élections, c’est quand même trop la fête pour les petits élèves de l’école qui nous accueille pour notre devoir citoyen. C’est vrai, on va à l’école mais c’est pas pareil, y a pas la maîtresse, on est un peu le maître des lieux. Je n’ai rien posté sur Twitter quant au fait que j’étais allée appuyer sur un bouton pour filer ma voix, je trouve ça tellement incongru. Le soir, les résultats puis hier, des tribunes de ceux qui ont choisi de s’abstenir, vivement vilipendés par ceux qui sont allés faire leur devoir. Inconscient, tu votes pas et à cause de toi, on a le FN, bravo le veau ! T’as pas voté ? Alors ferme ta gueule, tu as perdu le droit de l’ouvrir. Et là, je ne vous cache pas que je suis très mal à l’aise.

Séduire les abstentionnistes, version anti communiste

Balayons rapidement le premier argument : non, l’abstention ne fait pas élire le FN. On a beau essayer de se rassurer : le nombre de voix attribuées au FN augmente bel et bien donc ce n’est pas à cause de ceux qui ne sont pas allés voter qu’ils ont gagné plus de voix. Si le FN progresse, c’est sans doute parce que la politique française se limite beaucoup trop à un “votez pour nous parce que sinon, FN !”. Mais j’en ai ras le cul de “voter contre”, moi. Je veux voter pour un projet de société auquel je crois, des valeurs, un programme concret. “Beurk le FN” n’est pas un programme, c’est pas ça qui va nous aider dans nos régions (nos départements ou au niveau de l’Europe, faut sortir de cette rhétorique de merde). On peut s’amuser à distribuer les points : les campagnes qui tournent trop autour de la sécurité alors que ce n’est pas lié à la région, le nom de Marine Le Pen sur toutes les lèvres, dans tous les journaux. Forcément que des gens y voient la seule alternative, c’est la seule de réellement visible. Après, faudra se pencher plus sur le pourquoi du comment du vote FN comme je disais hier mais je suis désolée, ce n’est pas la faute des abstentionnistes.

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Arrivons maintenant à l’argument de fermer sa gueule. Il est vrai qu’il est possible d’aller voter sans donner sa voix à un candidat, le vote blanc bénéficie désormais d’une légère reconnaissance, il est séparé des bulletins nuls. D’ailleurs, dimanche, je voterai blanc parce que j’en ai marre de laisser faire parce que “sinon, c’est Le Pen”. Non, Le Pen est la fille de la crise et faudrait peut-être voir à réellement se pencher la question plutôt que de continuer une politique d’austérité qui n’a jamais apporté de résultats. Personne n’aura ma voix parce que je ne veux plus cautionner une politique qui me révulse. Ah oui, les régionales, c’est pas un vote national… Pourtant, si j’en crois les politiques et les analystes politiques, cette élection est une “sanction” contre le gouvernement, un plébiscite pour le FN, blablabla… Tout à fait local, donc, bien sûr. Mais revenons en aux abstentionnistes que je classerai en trois catégories : ceux qui ne pouvaient pas venir pour cause de santé ou d’absence (je connais personne dans ma ville, faire une procuration devient donc soudain plus compliqué), ceux qui s’en battent les steaks et les 3e, ceux qui se sont abstenus volontairement car ils estiment n’être plus dupes du cirque politique. Je vais abandonner les 2 premiers pour me concentrer sur ceux là.

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Dès lundi, ces gens se sont exprimés et en ont pris plein la gueule. Je ne suis pas forcément une grande supportrice de l’abstention, je m’étais déjà exprimée dessus il y a quelques années et quitte à faire un gros doigt à nos politiques adorés, je préfère le faire sans ambiguïté en votant blanc. Mais… En fait, je suis mal à l’aise parce que je comprends leurs arguments et ce sont les mêmes que les miens pour voter blanc. La différence entre nous ? Pas grand chose. Déjà, essayez de trouver le pourcentage de votes blancs au premier tour, c’est un exercice très parlant (2,4% selon Wikipedia). Même si je viens dire merde en personne, on ne compte les résultats que sur les suffrages exprimés donc pas le mien. Alors je voudrais pas relancer le débat pour une meilleure reconnaissance du vote blanc (enfin, si, mais c’est pas le sujet) mais au fond, j’ai la sensation aiguë que mon vote blanc et l’abstention “militante” sont les deux avatars d’un même message “arrêtez de nous prendre pour des lapereaux, bordel !” Mais du coup, pourquoi adjoindre à ces personnes de ne pas ouvrir leur mouille s’ils ont des choses à dire. J’ai lu quelques articles écrits par des abstentionnistes expliquant le pourquoi du comment. Certains étaient très maladroits, d’autres mieux ficelés. Tous accueillis dans une grande agressivité. Je ne me joindrai pas aux voix qui gueulent contre ceux qui seraient censés paver le chemin du FN : de un, c’est faux et de deux, qui suis-je pour ordonner aux adultes de faire ci ou ça. Chacun sa conscience.

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Mais surtout, je suis inquiète de voir qu’on se fout sur la gueule entre citoyens, agacés, lassés, dépités, voire même un peu désespérés, tandis qu’au-dessus, ceux qui nous gouvernent continuent à distribuer de la petite phrase qui fait mouche (ou pas), se bagarrer pour des broutilles, en oubliant justement ceux qui leur ont permis de faire leurs importants sur les plateaux télé. Aujourd’hui plus que jamais, je ressens une fracture, une séparation de plus en plus nette de la société civile vs nos chers politiques. Et, ça, ça me rend folle, bien plus que ceux qui ont décidé, dimanche, de ne pas aller voter.

PS : Oui, j’ai bien fait exprès de choisir des images de propagande anti communistes parce que, voyez vous, rien ne change…

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Je suis au fait de l’actu et j’ai un avis sur tout

Etre blogueur, c’est souvent donner son avis. Sur tout et sur n’importe quoi, de façon passionnée et/ou éclairée. Bref, j’ai toujours aimé cette sensation de pouvoir partager mon opinion avec la foule (au moins) de mes lecteurs, d’avoir l’opportunité de mettre en mots mes pensées, essayer de leur donner forme et cohérence. Ce qui n’est pas toujours un succès et ce qui me permet de mesurer parfois ma confusion sur certains sujets. Pratique et moins cher qu’une thérapie.

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Puis vint Twitter, principe de micro-blogging en 140 caractères. Et là, c’est pareil, on montre fièrement qu’on suit l’actu, on commente les séismes, les débats politiques, les révolutions arabes et même les cantonales. Tout ce concentré de citoyenneté pourrait presque m’émouvoir si je n’étais pas persuadée que la moitié de ceux qui commentent abondamment les résultats des cantonales ne sont même pas allés voter (faut vraiment que j’aille à la mairie leur dire que j’ai déménagé au passage). Mais sur Twitter, on aime dire qu’on suit
l’actualité en réécrivant les dépêches AFP, en se précipitant pour faire des (mauvais) jeux de mots sur ce qu’il se passe dans le monde, ressortir les mêmes vannes piqués aux uns et aux autres. Genre le “10/03/2011+11/09/2001=21/12/2012” que j’ai vu passer chez trois personnes différentes sans pour autant qu’il y ait une citation de source commune. Ou le fameux “uninstall des dictateurs” que vous pouvez trouver ici. Là, au moins, il est complet, Twitter s’intéresse peu à la Belgique qui est pourtant en passe de battre le record de la plus longue période sans gouvernement d’un pays. Hé oui mais je suppose que la Belgique, c’est pas hype. Alors que moi, perso, ça me fascine complètement car quand je faisais ma maîtrise sur le Québec, la Belgique était un bon exemple de fédéralisme réussi (avec la Suisse). Ben patatras. Bref. A noter que mettre l’Italie et la Belgique au milieu des dictatures, c’est discutable mais je ne suis pas à l’origine de ce document.

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Ce qui me fascine, c’est ce besoin de se donner l’air intelligent. En 140 caractères, c’est vrai que c’est un bien beau challenge. Pour ma part, je twitte plus pour clasher mes petits camarades sur le sujet vu que 140 caractères pour donner une opinion, je trouve ça bien court. Mais surtout, on sent bien l’ambiance café du commerce et je préfère m’abstenir de participer, une exposition de mes arguments en si peu de place dégénère forcément en incompréhension et raccourcis inutiles. Déjà que sur mon blog, je n’aborde pas certains sujets. Par exemple les révolutions arabes, je trouve ça super intéressant à suivre mais je n’ai pas grand chose à en  dire en soi, manque de recul. Non parce que sur Twitter, ça fait trois semaines qu’ils ont annoncé la chute de Khadafi et comme celui-ci s’accrochait à son trône comme une moule à son rocher, ça a lassé. Le web 2.0 veut bien sponsoriser les révolutions et les déclencher, à ce qu’il se
dit (pardon mais je crois qu’on se la raconte légèrement sur ce point) mais bon, 3 semaines, c’est trop long, on zappe. Surtout que depuis, y a eu un tsunami et c’est trop horrible quoi. D’ailleurs profitons-en pour donner notre avis sur le nucléaire vu qu’on en a forcément une et qu’à l’arrivée, c’est forcément la faute de Sarkozy (point Sarko) mais en 140 caractères, on peut pas expliquer, démerde-toi tout seul pour comprendre. Mais Twitter a un avis sur tout, c’est comme ça.

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J’avoue qu’au fond, ça me fait rire car ça ne fait pas illusion. Qui aurait regardé le débat avec Sarko s’il n’y avait pas eu de quoi se la raconter sur Twitter ? J’avoue ne même pas l’avoir regardé, les live-tweets m’ont toujours fatiguée, qu’il s’agisse d’X-factor, Qui veut épouser mon fils ou le débat avec Sarko. Parce que débattre et critiquer en 140 caractères, c’est frustrant. Refaire le monde en si peu de place, c’est carrément déprimant. Mais faut bien choisir son vernis. Et le vernis de celui qui suit l’actu et la commente est très en
vogue, manifestement.

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C’est la listeeuuuh finaaaaaaaaale !

Nouvelle présidence, nouvelle France, nouvelle liste (mais sans rapport en fait)

– Dimanche, je suis allée voter et j’avais pris un livre (pas folle) vu que je votais toujours électroniquement (bordel). Résultat, y avait personne, 2 mn pour voter en tout et pour tout !

– Quand je parle future colocation avec ma mère, la voilà qui imagine qu’en fait, je m’installe en couple avec elle mais que j’ose pas lui dire. « Non mais ta coloc, là, c’est ta copine copine ou ta copine copine ? ». Ahahahahah, merci maman pour ce splendide fou rire !! Surtout que je venais de dire qu’on voulait une chambre chacune ! Si j’étais lesbienne et que je m’installais avec ma chérie, c’est pour dormir dans la même chambre qu’elle ! Mais c’est vrai qu’on fait un peu lesbienne à toujours partager nos desserts au resto. Et même nos plats aussi. Chérie, je crois que nous sommes découvertes !

– Mardi soir, grâce à un charmant contact MSNien, j’ai regardé un reportage sur les hommes et leur pénis. Ce qui est bien, c’est que mon contact répondait à toutes mes questions genre « hein, vous avez des érections dès l’enfance? » « Ca fait comme une envie de pipi quand vous allez jouir? ». Et puis là, la révélation : les mecs s’astiquent tout le temps Y COMPRIS au boulot, des fois. Donc maintenant, dès qu’un de mes collègues va aux toilettes, je chronomètre pour voir qui se fait un petit plaisir solitaire au boulot (et qui rabaisse pas la lunette, bordel, pensez à la fille du bureau quoi !)

– Mes collègues sont sympas, ils m’aident à trouver un appart. Enfin, je vous fais la conversation « Nina, tu cherches quoi comme appart? » « Un 3 pièces » « Ah non alors… » « Et moi, je t’en ai trouvé un, un peu au dessus de ton budget ». 1850 au lieu de 1200… Bon, future coloc, il va falloir que tu fasses don de ton corps pour compléter le budget ! Tu vois, je suis gentille, je t’aide à lutter contre notre lesbianisme refoulé.

– Ca me fait penser qu’il est temps que je trouve un mec à présenter à mes parents, histoire de leur montrer que j’aime toujours les individus pénissalement équipés, à mon plus grand regret par moment.

– Sébastien vient d’aller aux toilettes, 2mn à peine. Mais en sortant, il a chanté « quand je vois Fernande, je bande… ». A-t-il réellement fait pipi ou éjaculateur précoce? Ca me fait penser que Gonzague a émis des doutes quant à la propreté des torchons qui servent à s’essuyer les mains. Merci au jeune homme de MSN de m’avoir rendue parano sur ce qu’il se passe dans les chiottes (forcément mixte, il va pas y avoir un pipi room que pour moi) de ma boîte. En plus, y en a qu’un de WC.

– Et pourquoi le robinet à la sortie des chiottes du bureau, il était poisseux ?

– Le jeudi, c’est piscine, c’est un rituel quasi immuable sauf semaine prochaine pour cause d’ascension. Cette semaine fut instructive. D’abord,
j’aimerais savoir comment ça se fait que je me retrouve toujours avec le vieux et son caleçon blanc devant moi à un moment ou à un autre de mes longueurs ? Sinon, il n’est pas toujours facile d’être une fille un tant soit peu jolie face à une frustrée de la vie. Après avoir poireauté entre deux vieilles pour acheter un ticket, une qui a mis deux heures à savoir ce qu’elle voulait (un abonnement ? Des séances d’aquagym ? Une baguette pas trop cuite) et l’autre qui gueulait parce que ça avançait pas, je fais mon entrée triomphale dans les locaux, mon ticket à la main et mes talons aux pieds, mon pote maître-nageur m’adressant un large sourire. Et sa collègue de m’aboyer dessus « et les chaussures, on les enlève ! Et le ticket, on le donne ! ». Alors je précise qu’en trois semaines, c’est la première fois qu’on me demande et d’enlever mes chaussures (j’étais pas au bord du bassin, j’allais aux cabines) et de donner mon ticket. Mais mon poto m’a défendu. D’ailleurs au retour, il m’a fait plein de sourires aussi, m’a regardée me sécher les cheveux et me maquiller. C’est le pouvoir du bandeau.

– Je déteste qu’on me regarde me sécher les cheveux et me maquiller, y a que mon chéri (quand j’en ai un) qu’a droit.

– Future coloc est une garce. D’abord elle me traite de pétasse en mail parce que je la fais rigoler et puis quand je plante mon talon dans une bouche d’aération, elle me dit qu’elle va m’abandonner là après m’avoir piqué mon bandeau.

– Je me suis sentie bien mal aimée en fin de semaine au boulot. Pas par mes collègues (ils sont cools) mais par tous mes ados qui étaient super vénères car la nouvelle version de la plate forme plantait beaucoup un peu. Heureusement, mes petits chouchous m’ont soutenue. Mais je me suis fait traiter de connard (oui, je suis censé être un mec) par un gamin qui s’est excusé après.

– C’est rigolo, des blogueuses de la plate-forme adulte me drague. Putain, je vais vraiment finir lesbienne.

– Vendredi, j’ai joué aux fléchettes avec mes collègues, sans lunettes. A la première partie, j’ai même pas fini dernière et j’ai presque fait mieux que la première fois. La deuxième, par contre, j’ai losé mais j’ai pas fait fanny donc bon… Puis y a le gentil Philippe qui m’a expliqué les règles (bon, il me donnait les infos les unes après les autres, genre, je croyais que si je visais le 16, je faisais des points car je l’avais fermé mais les autres aussi alors c’était mort). Du coup, maintenant que je sais comment on joue, je me rends compte que je suis mauvaise.

– Les talons, ça fait de la corne sous les pieds. Mes petits pieds que j’avais poncé pour qu’ils soient tout doux ! Alors que personne n’a le droit d’y toucher.

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Elections à Plume sur Berges

Dimanche, comme plein de gens consciencieux, je suis allée voter. Mais je n’imaginais pas que ce geste citoyen pouvait se transformer en véritable farce car c’est bien connu, dans la vie de la Nina, rien ne se passe jamais simplement.

Plume sur Berges, près de 70 000 habitants, c’est pas un hameau quoi. Quelques jours avant le scrutin, j’apprends que je voterai électronique, fuck, je voulais pas. Moi, j’aime le papier, même si c’est pas écolo, j’ai plus confiance. Donc voilà, au boulot, les gentils informaticiens listent les bugs qu’il peut y avoir, ça me rassure pas du tout !

 

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Dimanche, il fait beau, les oiseaux cuicui, le pollen atchoum, tout ça, tout ça. 16h30, après m’être douchée, je décide d’aller voter car l’avenir de la France n’attend plus. J’enfile un jean et un t-shirt, je pars cheveux mouillés. Le bureau de vote est à 10 mètres, ça va aller vite. Ah tiens, y a la queue. En fait, je vote à l’école maternelle que je connaissais pas, je regarde mon papier. Je suis au bureau 4. Merde, c’est bien celui où y a la queue, allons-y gaiement. Ce petit coin est assez mignon, les gens sont venus voter avec leurs enfants, ça grouille de partout. En plus, les gamins, ils sont surexcités d’être à leur école sans qu’il y ait cours. J’arrive et je vois une petite fille s’approcher d’une autre « tu t’appelles commeeeeeeeeeeent ? ». Dieu merci, y a pas l’affreuse Anna, la fille de mes voisins qui n’a pas compris qu’elle n’était pas obligée de hurler à chaque fois qu’elle rentre ou sort de l’immeuble. Une jeune femme blonde râle devant moi. Je le sens mal cette histoire et je tends une oreille.

 

« Non mais c’est pas votre faute mais avant, il y avait 4 isoloirs alors que maintenant, y a plus qu’une machine, c’est obligé que ça aille plus lentement

– Mi non pitite ma’moiselle, c’est qui y a plis di monde » lui répond un des messieurs qui tient le bureau.

Moi, je suis d’accord avec blondinette.

La queue avance… Enfin, j’aurais pris un bouquin, j’aurais eu le temps de le terminer. Surtout que celui que je lis me saoule, ça aurait été une bonne idée de le terminer, tiens. Le monsieur devant moi est, je le sens, du genre concierge, il dit bonjour à tout le monde, genre je fais de grands gestes pour dire bonjour au brun méga canonissime qui se promène avec Grelucha et enfants. Bon sang, y a que des papas canons dans mon quartier ou quoi ? Pourquoi ils se sont foutus à la colle avec Grelucha plutôt qu’avec moi, je suis mieux. Ah tiens, le mec de blondinette est sex aussi mais bon, il avance par fauteuil, lui. En gros, il reste immobile jusqu’à que blondinette soit trop loin et se trouve un autre siège pendant que bobonne pousse la poussette.

 

Le monsieur devant moi semble un peu intrigué par ma personne aka la seule qu’il connaît pas donc il commence à taper la conversation : « vous avez reçus les programmes vous ? Ah ben nous non ! ». Je constate qu’il a repris sa vieille carte électorale, ça va encore foutre le bordel. Mais apparemment, sa femme et lui n’ont pas reçus la nouvelle. On râle un peu sur le vote électronique, il m’explique qu’il y a une pétition dans le quartier mais moi, j’ai pas été sollicitée parce que moi, je l’aurais signée. Ca pue, on attend trois heures pour voter, c’est mal foutu. J’avoue que ce couple m’intrigue car ils sont accompagné d’une petite fille blondinette toute mimi mais un peu surexcitée, j’ai cru que c’était leur petite fille mais non « mamaaaaaaaaaaan ! » dit-elle à la dame en lui montrant le caca qu’elle a sur la main comme si elle allait mourir de la peste. Mais ils sont pas un peu vieux pour se reproduire ? En plus, vu leur tête et celle de la gamine, y a clairement des liens génétiques. Bref, avec le monsieur, on soupire en se disant que le découpage électoral est étrange vu que personne ne va voter au bureau 3 et que nous, on fait la queue comme des cons. Blondinette se joint à nos récriminations. Moi, en fait, j’avoue que je m’amuse bien, c’est de la sociologie de rue comme j’aime.

 

Les enfants sont fantastiques : l’insupportable coue-couette de derrière exaspère ses parents tellement elle tient pas en place et l’attendu se produit : « Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! » hurle-t-elle mais sa mère lui dit : « tu peux faire ton caprice, je m’en fous, tu bouges plus ! ». Y avait le trop mignon Maximilien qui jouait à la ba-balle avec sa maman. Mais le mieux c’est le gamin qui va voter avec sa mère qui doit s’appeler Marie-Hortense et voter au mieux Sarko, au pire De Villiers. Le gamin suit sa maman dans l’urne et quand elle a validé son choix, il appuie à son tour sur le bouton. Sa mère explique à la dame du bureau qui a oublié la fonction sourire : « Hihi, il voulait pas voter comme moi » et le gamin de hurler : « OUI, MOI, JE VOULAIS VOTER JOSE BOVE !!!! ». Arrête de rire Nina, arrête, c’est pas très poli. Sinon, je veux pas dénoncer mais il me semble avoir clairement entendu une maman appeler sa fille Sixtine. Non, Nina, ne ris pas, c’est malpoli. Puis c’est quand même un lieu majeur dans l’art de la Renaissance que tu aimes tant.

 

Bref, arrive enfin mon tour. C’est très amusant car on arrive sur la table par la droite mais faut donner sa carte aux personnes de gauche, la personne du milieu et c’est la personne de droite qui valide et du coup, pour sortir, faut se faufiler à travers la queue. Du coup, on sait plus qui a voté et qui va le faire. Je donne mes cartes, je rentre dans l’isoloir, j’appuie sur le bouton correspondant à ma candidate, l’écran me demande si j’ai bien voté Royal et si oui, je suis priée de valider. C’est écrit tout gros, même pas j’ai besoin de mes lunettes. Je signe enfin le cahier de madame-je-souris-pas et me voici enfin libre, je remonte la queue, pensant que y en a facile pour une heure pour les derniers, je fais 10 mètres et me revoilà chez moi. A 20h, étant en ville avec Athéna, mon AFP à moi (ma sœur quoi) m’a envoyé les résultats par texto. Bon, ben, vivement dans 15 jours !

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Faut-il assumer ses opinions politiques ?

(version audio en fin d’article)

Aujourd’hui, commençons par un petit message à caractère politique : nous sommes le 22 avril, c’est le 1er tour des élections présidentielles donc bouge ton cul et va voter. Maintenant que j’ai fait ma petite mission civique, parlons politique mais pas des élections. Non, je ne ferai pas de prosélytisme pour ma candidate parce que votez pour qui vous voulez.

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Mercredi, au boulot, on s’est amusés à voter. Vendredi midi, on en reparle avec Kevin et Gwenaëlle qui n’étaient pas là quand on a fait l’élection et avec eux, on se retrouve avec 5 Sarko, 4 Royal et 4 Bayrou. Bon du coup, on sait pas comment ça marche là. A un moment, je dis que moi, j’ai voté Royal et les deux inséparable Rémi et Sébastien me regardent avec des yeux ronds : « t’as pas voté Bayrou, toi ? Merde,on s’est plantés dans nos estimations mais le prend pas mal, hein, on te connaît pas ! ». Je rigole et leur fais remarquer que je sais qui a voté quoi autour de la table. Rémi me met au défi de trouver son vote mais c’est pas bien dur, je l’ai classé, à raison, Royal. De là, il me fait : « de toute façon, j’assume totalement mes opinions politiques, je vois pas pourquoi je le cacherais ! Moi, ça me dépasse qu’on fasse des secrets autour de ça ».

Rémi a-t-il raison ? Pour ma part, je suis en partie d’accord avec lui, je m’explique. Je n’ai jamais caché mes opinions politiques, vous les connaissez, je l’ai encore dit dans le paragraphe précédent. Evidemment, moi, je vote politiquement correct, y a pas grande honte à voter PS. En 2002, j’ai voté extrémiste au 1er tour mais j’étais dans une fac anar donc c’était une normalité quelque part. Là, le Nouvel Obs m’a expliqué que, moi, j’étais une traumatisée du 21 avril, c’est pour ça que je voterai Ségo. En fait, moi, je voterai pour elle juste parce que son programme, assez réaliste, me plaît bien alors tant pis si, elle, elle m’a beaucoup déçue et pas que pendant la campagne. Enfin, grâce à Kevin, je sais qui elle se tape, Ségo, huhuhu. Ca changera pas mon vote, je vous rassure. Donc selon notre vote, c’est facile à assumer ou pas. C’est selon le milieu social que l’on fréquente aussi. Ainsi, en 2002, assise sur la pelouse de ma
fac anar, je discutais avec des amis disposant d’un droit de vote et ça donnait (en gros) :

« Moi, j’ai hésité entre Laguiller et Besancenot, j’ai choisi Besancenot, finalement.

– Moi aussi !
– Oh, moi aussi ! ».

Voilà. Aujourd’hui, je sais que ces deux personnes voteront comme moi. Est-ce parce qu’on est sortis de ce milieu extrémiste ou est-ce parce qu’on a grandi ? Par contre, dans ce même milieu, ça aurait été la lose intégrale de voter Chirac. Si j’avais eu un tel votre, l’aurais-je assumé ou me serais-je fondu dans la masse ? Aurais-je invoqué mon droit à ne pas dire pour qui je vote ? Je sais pas…

Quelles sont les raisons de cacher pour qui on vote ? Par peur de détonner, je l’ai déjà dit. De façon toute personnelle, je trouve que se conformer à un modèle de normalité après l’adolescence, c’est ridicule. Si on me reproche mes opinions politiques, autant laisser tomber surtout que je suis pas du genre militante. Sinon, je pense que dans certains milieux, il n’est pas forcément bien vu de se prononcer sur le sujet. Moi, dans ma boîte, on est moite-moite et tout le monde s’en fout. Mais ma sœur m’expliquait qu’elle, au boulot, elle avait du mal à assumer son sarkozysme (ce qui, quand on la connaît, est loin d’être une révélation). De la même façon, il semble que ma mère ne la ramène pas à son boulot puisque des rumeurs circulent comme quoi elle serait communiste. J’avoue que ça me fait toujours rire quand elle me dit ça. Ma mère communiste, c’est comme si on disait de moi que je faisais 1m80 ! Mais bon, voilà, déjà, ma mère, elle est la femme du docteur et ça passe pas avec tout le monde donc crier haut et fort ses opinions extrémistes (mais pas à gauche, à mon plus grand regret), ça l’aiderait pas à récolter de bonnes opinions.

Enfin, il y a le vote honte, souvent celui assimilé à Le Pen, ce qu’il fait qu’il se retrouve toujours à 10-12% dans les sondages et se retrouve à 18 le jour du scrutin. Là, j’avoue que ça me dépasse un peu. Si ces gens n’assument pas leur vote, c’est que, quelque part, ils ont conscience que c’est « mal ». Non parce que sans faire de manichéisme politique, voter Le Pen, c’est revenir 40 ans en arrière et je pense que si les gens qui votent pour lui se rendaient compte que ça voulait aussi dire suppression de l’euro pour revenir au franc et interdiction de l’avortement (entre autres), ils y penseraient peut-être à deux fois avant de glisser leur bulletin dans l’urne. Donc si ces gens ont honte de leur choix, pourquoi ils votent ça ? Je suis dépassée, là…

Bref, il est toujours plus facile d’assumer son vote selon le milieu où on évolue. Quoi qu’il en soit, que vous assumiez publiquement votre choix ou pas, merci d’aller voter. Moi, je suis contente, le bureau est à 15m de chez moi, je pourrais presque y aller en pantoufles, huhuhu !

PS : Ouais, je suis chiante avec mes huhuhu mais au boulot, un de mes persos rigole comme ça.

Pour qui avez-vous voté?
Pour qui avez vous voté?

Royal

Sarkozy

Bayrou

Le Pen

Besancenot

Buffet

Voynet

Bové

De Villiers

Nihous/Schivardi (pas assez de choix, sorry)

Résultats

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