Le meilleur des mondes, la fausse utopie scientifique

En général, quand on parle abrutissement des masses, on pense de suite à la télé ou tout du moins aux écrans, c’est le cas dans Albator, Fahrenheit 451 et 1984, on limite l’apprentissage d’un savoir par un écran supposant une passivité importante. Mais il existe une autre voix pour l’abrutissement des masses : les petites pilules ! Donc aujourd’hui, c’est le meilleur des mondes par Aldous Huxley.

Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley

L’histoire en bref : dans une société parfaitement hiérarchisée où chaque individu est programmé dès sa conception dans un laboratoire pour appartenir à une caste, chacun vaque à ses petites occupations sans se sentir malheureux de son destin. Les castes vont de Alpha à Gamma, chaque membre est vêtu de façon à être reconnu, chacun a son rôle à jouer dans la société. Le sexe étant devenu inutile pour la procréation, il n’est plus que quelque chose de festif, chacun ayant plusieurs partenaires. Bernard et Lénina se fréquentent donc en toute légèreté. Mais Bernard n’est pas vraiment un citoyen modèle : plutôt petit pour un Alpha, il refuse de prendre le Soma, la pilule distribuée à tout le monde en fin de journée, sorte de drogue qui rend heureux. Il invite donc Lénina à visiter une “réserve” où vivent des “sauvages”, individus vivant selon les traditions tribales. Sur place, Bernard et Lénina rencontrent Linda, une femme s’étant perdue autrefois dans la réserve et qui a accouché sur place, à l’ancienne, avec accouchement et tout, ce qui choque Lénina. Bref, Linda et John, son fils, repartent avec Bernard et Lénina et sa naïveté et sa méconnaissance de la société va nous permettre d’en mesurer tout le grotesque.

Le meilleur des mondes, le film

Bon, il se passe beaucoup de choses par la suite, John ayant du mal à s’adapter à la société qu’on lui propose. Bernard, qui était limite à la marge de la société devient très populaire en organisant des soirées pour que les gens puissent voir le sauvage mais John ne joue pas le jeu, il devient violent quand personne ne comprend sa peine et ses larmes quand sa mère décède, il ne supporte que difficilement la proximité de Lenina. Il tentera de monter une rébellion en privant les Deltas de leur Soma mais ces derniers se révoltent et John est exilé.

Les Alphas du Meilleur des mondes

Alors pourquoi je range cette dystopie dans la catégorie “abrutissement des masses”. Comme dit dans l’intro, je m’intéresse surtout ici à la drogue, au Soma. Mais pas que puisque toute la société tient par l’endormissement des citoyens : dès leur conception, ils sont assignés à une caste et développés en fonction et une fois nés, ils ont droit à un enseignement “hypnopédique”  reçu pendant leur sommeil leur édictant la morale de la cité (gros tabou sur tout ce qui touche à la reproduction). L’Histoire, quant à elle, n’est plus enseignée car inutile… Bref, ils ne sont pas nés que déjà, les citoyens sont contrôlés pour ne pas réfléchir, suivre le chemin qu’on leur a assigné. Le personnage de Linda est intéressant car si elle vit longtemps loin de la société, dès qu’elle y retourne, elle reprend les normes de sa caste et est honteuse d’avoir eu un enfant de manière naturelle.

Le meilleur des mondes - Linda et John

Toute dérogation à la norme est sévèrement punie : les femmes doivent faire des exercices malthusiens pour ne pas tomber enceinte, la reproduction naturelle étant devenue totalement taboue pour éviter des naissances incontrôlées. D’ailleurs, quand Bernard oute le père de John (un Alpha haut placé), ce dernier est contraint de démissionner. Bref, cette société ne fonctionne que parce qu’absolument tout est sous contrôle, le moindre élément perturbateur étant envoyé en exil. Mais ici, la société ne s’effondre pas dans un grand fracas, rognée par sa faiblesse cultivée au fil des ans. Comme dans 1984, ceux qui ont voulu sortir du chemin sont, in fine, perdants. Plus d’amour, plus d’Histoire, juste le soma. Bienvenue dans le meilleur des mondes.

 

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Albator ou l’abrutissement des masses

Sur les prochaines semaines, je vous propose de vous présenter quelques dystopies de type “abrutissement de masses” dont Idiocracy est un parfait exemple, j’aborderai forcément Fahrenheit 451, 1984, le Meilleur des mondes et, quand je l’aurai lu, Un bonheur insoutenable d’Ira Levin. Mais avant de m’attaquer à ces monuments de littérature, commençons léger avec la dystopie Albator.

Albator version 78

Albator, une dystopie ? Comme moi, quand on vous parle d’Albator, vous avez immédiatement le pirate qui apparaît avec sa mèche, son vaisseau spatial Arcadia, une esthétique assez gothique, des femmes fines avec de très longues chevelures. Forcément, on a découvert cette oeuvre à la télé étant tout petits, on n’avait pas le bagage culturel pour bien comprendre ce qu’il y avait derrière. Mais ce qui m’intéresse aujourd’hui, et j’en ai déjà parlé ci et là, c’est la société dessinée par certaines versions d’Albator : une société totalement amollie et inapte, rendue docile par la télévision. Oui, on est en pleine idiocracie, donc.

Albator et Stellie

Je vous refais l’histoire. En 2977, le travail n’existe plus, les Terriens laissent des robots exploiter les ressources d’autres planètes et les Humains n’ont plus qu’à en récupérer les bénéfices. Rendus serviles par “l’abrutisseur mondio-visuel” (c’est une métaphore peu subtile de la télé), les Terriens se vautrent dans l’oisiveté la plus totale. A tel point que quand la Terre est attaquée par les Sylvidres, la première réaction du 1er Ministre est de se planquer sous la couette.

Albator 78

On retrouve ici les deux mamelles de la dystopie idiocratique : un média abrutissant et une société dédiée uniquement aux plaisirs et à l’oisiveté. Si nous sommes plus dans l’ordre du space opera puisque cette partie dystopique disparaît rapidement pour que le récit se concentre uniquement sur la guerre entre Albator et les Sylvidres, elle dresse cependant la toile de fond de l’histoire : les Sylvidres utilisent un énorme globe noir qui atterrit sur Terre pour l’envahir… et personne ne semble l’avoir remarqué ! Face à un tel manque de réactions, Albator prendra donc les choses en main.

Mazones

Cette oeuvre m’intéresse donc car elle reprend la plupart du matériel de la dystopie idiocratique en diabolisant l’objet médiatique en vogue en 77, lors de la sortie du 1er manga, la télévision. La semaine prochaine, nous allons parler d’une autre dystopie qui parle aussi de télécrans et de manipulation des masses. Oui, ce sera 1984.

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Idiocracy : la dystopie version comique

Comme je suis une originale, j’ai maté Idiocracy la semaine dernière comme tous mes petits camarades qui en parlaient sur Twitter (magie des réseaux sociaux)…bon pas le même jour certes. Un petit film marrant avec Luke -oh ouiiiii- Wilson et Maya Rudolph que je ne connaissais pas.

Affiche du film idiocracy de Luke Wilson

Pour ceux qui seraient passé à côté, je vous refais le pitch. Joe, un militaire moyen, remarquablement moyen, est choisi pour participer à une expérience avec Rita, une prostituée moyenne. Tous les deux vont être endormis pendant un an. Sauf que suite à quelques péripéties, ils se sont pas réveillés en 2006 comme prévu mais  cinq siècles plus tard. Les hommes sont devenus d’une stupidité crasse et Joe devient l’homme le plus intelligent du monde. Le film part en effet du postulat que les moins bien dotés niveau QI sont les plus prompts à se reproduire et que leur majorité numérique entraîne peu à peu le QI vers le bas.

Un Detroit futuriste et en ruine dans Idiocracy

Ce n’est pas la première dystopie à prendre comme point de départ un monde rendu plus bête, il y a aussi… Captain Harlock aka Albator. Oui, Albator est une dystopie si on considère que l’univers prend soin de décrire la société humaine telle que l’auteur l’imagine en 2977, à savoir se baignant dans l’opulence et asservie par “l’abrutisseur mondio-visuel” (qu’on appelle par chez nous la télé). Les hommes sont devenus idiots et couards et le gouvernement se retrouve incapable de réagir face à une nouvelle menace. Il y a évidemment Farenheit 451. Mais la différence majeure entre Idiocracy et mes deux autres exemples, c’est que dans ces deux derniers, le traitement est sombre et il y a surtout une volonté d’un gouvernement d’abrutir les populations en leur coupant la possibilité de réfléchir, de remettre en cause. Dans Idiocracy, c’est le peuple même qui a choisi de s’abrutir, d’après ce que l’on comprend, bien aidé en cela par les médias (l’émission phare s’appelle “Oh ! my balls” et on voit un mec se faire réduire les parties tout du long… alors que nous, en France, l’émission phare fout des nouilles dans le slip d’un chroniqueur, c’est beaucoup mieux…) et le marketing. L’eau a en effet été remplacée par une sorte de boisson énergétique enrichie en électrolyte, le truc que personne ne sait définir. Alors que nous, on boit de l’Actimel enrichi en  “L Casei Defensis” (un ferment lactique utilisé comme probiotique, en fait), une révolution… ou pas. D’ailleurs, ça a bien perdu la côte les alicaments, non ?

alicaments au rayon frais

En même temps, je critique mais j’ai toujours bien aimé ça, les Actimels

Idiocracy pose deux questions. La première, commune à toute dystopie : est-ce que c’est crédible ? Oui et non, de mon point de vue.Il est évident que la langue va considérablement évoluer en 5 siècles (cf cette excellente vidéo de Linguisticae qui vous expliquera toujours mieux que moi) et ce ne sera pas forcément un signe d’abrutissement sinon, hey, nous sommes déjà tellement plus con que nos ancêtres ! Pour le reste, le côté “y a que les cons qui se reproduisent” reste bien sûr à relativiser et je pense que, contrairement à ce qu’on nous répète à longueur de temps, les jeunes générations ne sont pas plus incultes et débiles que nous, elles ont souvent des savoirs différents, une maîtrise bien plus innée que nous de la technologie, par exemple. L’être humain est un animal qui s’adapte et prend donc en main ce qui l’aide de façon immédiate. Les jeunes générations ne sauront jamais utiliser un téléphone à cadran mais je ne sais pas faire de circuit électrique, moi (oui, j’avais pas techno au collège, j’avais “EMT”, j’apprenais à coudre et à faire des boîtes en carton). De même, grâce à la VOD avec possibilité ou non de regarder un film en VO, je pense que la génération qui arrive sera bien plus douée en anglais que nous, en moyenne.

Parler anglais

Je relativise donc cette donnée de l’idiotie congénitale qui envahit le monde… mais quand même, ça laisse songeur. Comme je n’ai plus la télé, je n’en ai désormais qu’une image floue constituée à partir de ce que je vois passer sur mes réseaux sociaux… Réseaux qui me ressemblent donc quand même assez à gauche, genre bobo-écolo. Donc je n’entends parler télé que pour des choses positives (le doc de France 5 sur la transsexualité, Devenir « il » ou « elle »,  par exemple) ou des films/séries que tout le monde regarde (genre les Harry Potter ou récemment Gone girl mais j’avais déjà vu, pour une fois). Mais je vois surtout beaucoup le négatif avec la dénonciation de la télé racoleuse et basse de plafond avec en tête… Cyril Hanouna. Ah ça, mes communautés le vomissent… et j’aurais du mal à ne pas partager leur avis vu le peu que j’en sais. Et je ne parle pas des cas de harcèlement, humiliation ou agression sexuelle mais du malaise que j’ai moi même en regardant l’émission quand j’avais la télé.Il ne s’est certes rien passé d’aussi grave que les exemples pré cités dans mes souvenirs (pas très nets vu que je laissais ça en faisant autre chose et que je ne suis pas sûre d’avoir vu une émission en entier) mais bon sang, c’était navrant de bêtise… Déjà, un mec qui rit de ses propres blagues, c’est non direct  mais c’était juste de la vanne, c’était confus et surtout, j’ai toujours pas compris ce que c’était censé apporter. Et des millions de gens regardent ça… Tu me diras que jeune, j’ai bien écouté Cauet à la radio et maté Coucou c’est nous, ce ne devait pas être mieux…

Coucou c'est nous, Christophe Dechavanne et Patrick Carmouze

Peut-être que finalement, la plus grande menace qui pèse sur l’humanité, ce n’est pas une idiotie congénitale mais une idiotie que l’on attrape en se marrant grassement devant un spectacle humiliant et oppressif…

 

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Interstellar de Christopher Nolan

Bonjour, j’ai pris l’avion donc j’ai vu plein de films que je n’avais pas vus au cinéma et je viens partager mon avis.

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Interstellar, donc. J’ai un petit intérêt pour les space operas. Dès qu’un film se passe dans l’espace, ça m’intéresse même s’ils sont souvent assez mauvais. Mission to Mars te fait taper la tête contre les murs tellement les ficelles sont grosses, Prometheus m’a fait pas mal lever les sourcils (et m’inquiéter pour la carrière de Charlize Theron qui se Sharon Stonise de plus en plus…), même Albator m’a laissé un peu dubitative sur le scénario (mais pas sur l’animation notamment de l’Arcadia, splendissime). Après avoir maté Gravity au cinéma et en 3D, je voyais en Interstellar, l’occasion de remonter un peu le niveau. Non parce que Gravity, c’était très bien fait, bien malaisant mais le scénario avait été oublié sur Terre.
GRAVITY
Donc Interstellar. On va pas faire durer le suspense : à la première tentative de visionnage, je me suis endormie au bout de 8 mn, j’ai tenu 1h20 la 2e et enfin terminé la 3e. Parce qu’on va pas se mentir : c’est chiant et long.
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L’histoire : Cooper, un ancien pilote d’on ne sait trop quoi (une navette ? Un avion supersonique new generation ?) est devenu agriculteur après avoir planté sa machine mais ne s’est pas remis de cet échec cuisant. Il vit dans une petite ferme avec son papounet et ses 2 enfants : un garçon qui ne sert pour ainsi dire à rien et une fille qui vient réveiller son papa car les fantômes de sa chambre foutent le bordel. Cette enfant, répondant au doux nom de Murphy (si vous n’aimez pas les enfants, n’en faites pas au lieu de leur gâcher la vie avec des prénoms improbables) n’a pas 5 ans mais facilement le double et souffre du syndrome de l’enfant intelligent et fayot qui n’a visiblement pas réglé son complexe d’Oedipe puisqu’elle n’adresse pour ainsi dire la parole qu’à son Père. En résumé, au bout de 10 mn, Murphy me gonfle et pas qu’un peu. Quant à son père, à part serrer les mâchoires et faire son rebelle nostalgique d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, il est à peu près aussi passionnant qu’une réunion sur les résultats financiers de ta boîte un lundi matin à 9h. Donc on part direct sur des personnages sans charisme auxquels tu n’as pas envie de t’attacher. Bien…
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Après quelques scénettes sans intérêt et maladroites pour bien illustrer le monde merdique dans lequel l’Humanité évolue désormais (une chasse au drone totalement inutile et qui n’a pas le moindre sens, un nuage de poussière qui semble fasciner les joueurs de base ball alors que c’est décrit comme un phénomène normal… un peu comme si on restait saisis par une averse, quoi), on passe direct la 3e : Papounet comprend que Murphy délire pas tout à fait avec son fantôme mais en fait, c’est dû à une perturbation de la gravité et après avoir saisi que la gravité lui parlait en binaire, il reconnaît des coordonnées et fonce direct là où on lui dit d’aller. Bon après tout, vu qu’il a des grosses machines automatisées qui s’occupent de ses champs, on va dire qu’il n’a que ça à foutre de rouler des heures pour se rendre à un point dicté par la gravité. La facétieuse Murphy se glisse discrètement dans la voiture mais il s’en rend compte trop tard pour la ramener à la maison. Noyons cette enfant, par pitié.
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Notre joyeux duo finit par arriver devant un énorme bunker et se font embarquer illico presto par des personnes semblant légèrement hostiles parce que merde, comment qu’ils ont trouvé ce bunker introuvable ? On parle donc d’un énorme bâtiment avec une route qui le dessert… Ah ben oui, c’est étonnant que quelqu’un ait fini par le trouver dis donc… Bon bref, notre copain apprend qu’en fait, la NASA qui a été interdite quand il a fallu cultiver des champs pour nourrir l’Humanité a continué ses travaux en secret et même que le bâtiment secret dans lequel ils sont est en fait la structure d’un super vaisseau qu’ils ambitionnent un jour d’envoyer dans l’espace avec toute l’Humanité dedans car on pourra pas survivre sur Terre, c’est mathématique. Ca vous situe la taille du bâtiment « introuvable » au passage… Bref, puisque Cooper est là grâce à la gravité dont tous les scientifiques réunis ici reconnaissent la facétie mais la justesse, on se dit qu’on va tout raconter à Cooper, tiens.
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Donc si l’Humanité reste sur Terre, tout le monde va crever parce qu’on a tout cassé et le maïs qui est la seule céréale qui parvient à survivre va finir par disparaître elle aussi et bon, à partir de là, y aura plus rien à manger. Donc notre demi douzaine d’amis de la NASA, ils se disent que quand même, on peut pas laisser les humains disparaître comme ça donc ils ont mis en place 2 plans : plan A : il y a un trou de ver mis en place par on ne sait qui du côté de Saturne, on y va et derrière, y a 12 planètes possiblement viable. On y a déjà balancé 12 scientifiques et y en a 3 qui émettent toujours donc on va aller voir par chez eux si c’est bien viable, leur planète. Plan B : y a pas possibilité de rapatrier tout le monde mais les prochains scientifiques vont partir avec plein d’ovules fécondés pour  créer une colonie ailleurs (mais ceux qui restent sur Terre meurent, tant pis).
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Vous comprenez pourquoi j’en avais déjà marre… Des mecs qui bossent dans le plus grand secret ont envoyé 12 navettes dans l’espace : personne n’a rien vu (ben tiens) et l’argent et les matériaux doivent pousser sur les arbres à la NASA. Tout ça pour balancer des gens via un trou de ver placé par une entité inconnue pour, peut-être, trouver des planètes viables. Et comme on n’arrive pas bien à communiquer avec ceux qui sont partis, on va re renvoyer des spationautes jeter un oeil et ils prendront des ovules fécondés qui vont certainement pouvoir grandir sans aucun incubateur vu qu’on est dans le futur. Plan moisiiiii. Alors évidemment, on propose à Cooper de piloter le barda parce que bon, on part demain et qu’on n’a personne pour conduire la navette. Merci la gravité, hihi. Evidemment, Cooper accepte, Murphy chiale et veut pas lui dire au revoir, elle lui dit que la gravité lui a dit en morse « reste » (la gravité a du mal à choisir un langage, elle en utilise donc plusieurs) mais Cooper n’écoute pas : tu comprends, il fait ça pour sauver ses enfants.
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La petite troupe part. Dans le vaisseau : Cooper, le Dr Brandt, fille du Dr Brandt, chef de la NASA et qui est donc la seule, en dehors de Cooper, à avoir le droit à un background familial, un docteur barbu et un docteur noir qui ont certes des noms mais on les retient pas parce que… on s’en fout en fait. Nos joyeux drilles sont accompagnés de 2 robots carrés répondant aux doux noms de TARS et CASE, les seuls à avoir un peu d’humour parmi notre bande de scientifiques bien trop investis de leur mission. Ils partent, s’amarrent à une station qui avance en tournant sur elle-même (clin d’oeil SUBTIL à 2001 odyssée de l’espace). Avant leur hibernation de 2 ans (durée pour rejoindre le trou de ver au niveau de Saturne), ils matent les messages envoyés par leur famille et en envoient un. Murphy l’insupportable fait toujours la gueule.
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2 ans plus tard, tout le monde se réveille et on se jette dans un trou de ver, concept gentiment expliqué par le docteur barbu à Cooper, le pilote du vaisseau… C’est à dire que le mec qui est censé conduire à travers le trou de ver ne sait pas ce que c’est ? On retrouve là le problème récurrent de ce film : sous prétexte de poser des éléments, il les explique un peu à tort ou à travers.
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D’ailleurs, de l’autre côté du trou de ver, nos planète soit disant viables gravitent autour d’un trou noir et on est repartis pour un blabla scientifique qui a surtout pour intérêt d’intégrer le temps comme une donnée relative. En gros : la première planète qu’ils souhaitent visiter est très proche du trou noir donc le temps y est fortement ralenti : une heure sur cette planète équivaut à 7 ans sur Terre. Donc on y va quand même mais on reste pas trop pour pas trop trop vieillir et bon, le temps, c’est précieux, la planète Terre est en train de tuer ses habitants. Evidemment, l’expédition qui devait durer quelques minutes se passe mal, le docteur barbu disparaît très mais alors très connement et Cooper et Dr Brandt ne parviennent à repartir qu’au bout d’une heure, soit 7 ans sur Terre… mais en fait non, quand ils arrivent dans le vaisseau, ce sont 23 ans qui se sont envolés. Légère erreur de calcul, dis donc. Le docteur noir les attendait sur le vaisseau et on mesure alors la compassion de la Dr Brandt : quand le docteur noir demande où est le barbu et la scientifique qui a atterri sur cette planète, elle secoue la tête pour dire « nan, ils sont morts. Et mon père ? » « Il est toujours en vie » « aaaah, super ! ». La Dr Brandt et Cooper vont donc écouter les messages envoyés par leurs proches (le Noir n’a toujours pas de famille) car ils peuvent en recevoir mais pas en envoyer. Cooper a droit au journal intime de son fils qui a rencontré une fille puis ils sont mariés puis ils ont un enfant mais il meurt car la Terre est devenu un milieu hostile mais il en a un 2e et tiens, papy est mort la semaine dernière. Quand soudain, en dernière vidéo, qui que voilà ? Murphy ! Voilà, au bout de 23 ans, elle a fini de faire la gueule. Et devinez quoi ? Murphy travaille à la NASA avec le papa du Dr Brandt, c’est foufou !
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La 1ère planète étant moisie, nos spationautes décollent vers une 2e planète, celle explorée par le Dr Mann qui fait palpiter la culotte du Dr Brandt. C’est une planète où les nuages sont en glace… Oui bah pourquoi pas, la 1ère était une planète recouverte de 50 cm d’eau avec des tsunamis tous les trois-quarts d’heures alors bon… Ils arrivent à localiser le module du Dr Mann, il est dans son sarcophage d’hibernation et là : ouiiiiiii, il est en vie. Bon apparemment, l’élan du coeur du Dr Brandt n’était pas trop partagé vu qu’il ne la calcule pas vraiment. Ca va pas aider à peupler la planète habitable qu’ils vont trouver cette histoire. Le Dr Mann dit que la planète est viable sous les nuages de glace et il va amener Cooper zieuter tout ça. Oui, amener le seul mec nul en biologie du lot voir si une planète est bien viable, ça me paraît un bon plan.
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Et là, on arrive au gros raté du film à mon sens. Nolan choisit de développer en parallèle l’exploration de Cooper et Mann, le docteur noir qui va essayer de réparer le robot de Mann qui est démonté et Murphy qui, au sol, découvre la trahison du Dr Brandt qui a fait exprès de pas intégrer la donnée temps dans ses calculs pour faire partir sa fille et lui permettre de survivre (j’ai pas trouvé ça super clair, j’avoue). Or la trahison de papa Brandt te laisse à penser que ça va pas bien se passer chez les spationautes non plus et ça loupe pas : en fait, Mann a pété les plombs : il a fait croire que sa planète était viable juste pour qu’on vienne le chercher et décide donc de tuer Cooper tandis que le Dr Noir, en voulant réparer le robot qui aurait donc révélé la supercherie, vole en éclat. On est donc dans un rebondissement clé du film et on le voit venir à des kilomètres grâce à un montage grossier. Et le reste est pire : grâce à l’amour d’un père pour ses enfants, Cooper parvient à prévenir la Dr Brandt de sa situation, elle vient le sauver alors qu’il commence à ne plus pouvoir respirer (hey, Gravity !). Mon Dieu est-ce qu’il existe quelque chose de plus tarte que « c’est grâce à l’amour d’un père pour ses enfants que j’ai pu survivre plus de 5 mn dans un air irrespirable » ? Accrochons-nous, nous avons dépassé la moitié du film.
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Mann essaie de s’enfuir à bord du gros vaisseau mais comme il est un peu con, il se loupe et provoque une explosion qui endommage le vaisseau mais pas trop. Au point où ils en sont, ils décident donc de larguer un des robots dans le trou noir pour qu’il puisse dire ce qu’il s’y passe (comment ?) et repartir vers la dernière planète soit disant viable, on ne sait jamais. De toute façon, viable ou pas, ils n’ont aucun moyen de le dire aux autres donc voilà, tout le monde va mourir.
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Mais en fait non ! Parce que Cooper, il est un peu tête brûlée donc il se balance lui aussi dans le trou noir en laissant la pauvre Dr Brandt seule dans l’univers pour aller coloniser une planète qui est peut-être viable… Hmmm… Pendant ce temps, Murphy a soudain une révélation et retourne dans sa chambre de jeune fille, persuadée que la gravité va lui donner la solution au problème du Dr Brandt et sauver donc l’humanité. Hé oui, dis donc parce qu’en fait, son père est tombé dans une sorte de zone étrange construite par on ne sait qui (les mêmes que le trou de ver) qui lui donne accès pile à la chambre de Murphy, incroyable ! C’était donc lui qui lui parlait en morso-binaire dis donc. Comme il est pas si con, il comprend en 2mn30 comment ça marche et lui livre donc en direct la solution à son problème grâce à la montre qu’il lui avait offerte lors de son départ (et qu’elle avait légèrement fracassée contre un mur mais apparemment, c’est du solide). Bon, pendant ce temps, il se passe aussi un truc avec le frère de Murphy mais ça sert juste à mettre de la tension (« est-ce que Murphy arrivera à recevoir le message de son père avant que son frère, ultra vénère qu’elle ait cramé ses champs, vienne lui casser la figure ? » Suspense totalement inutile puisque pour rappel, Cooper navigue dans le temps, justement…).
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Une fois sa mission accomplie, Cooper se laisse dériver dans l’espace dans un plan totalement pompé sur 2001… Mais c’est pas encore la fin (achevez-moi), non non ! Parce qu’en fait, Cooper est ramassé dans l’espace juste avant la fin de son oxygène par l’immense vaisseau spatial qui balade l’humanité et va aller voir du côté du Dr Brandt si y a de la planète viable ou pas. Cooper retrouve donc Murphy (son fils doit être mort, il ne pose même pas la question), vieille dame honorable entourée de tous ses enfants. Ils se font un petit bisou puis Cooper prend un vaisseau rejoindre le Dr Brandt qui est en train de tripatouiller ses ovules fécondées, se pensant seule dans l’univers.

FIIIIIIN

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Alors oui, j’ai trouvé ce film ennuyeux d’abord parce que les personnages sont stéréotypés et absolument pas attachants. Quand Cooper apprend que son père est mort et que son petit fils aussi, il chiale comme un perdu… et moi je ne comprends pas bien de qui on parle. Quand Murphy lui parle enfin, je me dis juste « et bien, 23 ans de boudage, record battu ». Les relations entre personnages sont mal ficelées : hormis l’amour entre Murphy et son père (au détriment d’un fils dont on se demande presque à quoi il sert à part garder la ferme familiale et expliquer le retour de Murphy 23 ans plus tard), les autres relations sont mal mises en place et les rebondissements qui y sont liés tombent à plat : le Dr Brandt est prêt à sacrifier l’humanité pour sauver sa fille mais les 2 personnages n’interviennent quasi jamais ensemble à l’écran. La même Dr Brandt est amoureuse du Dr Mann mais cet élément disparaît à partir du moment où elle le retrouve et n’est moteur de plus rien. Cooper abandonne sa fille (certes grabataire) en fin de film pour rejoindre la Dr Brandt avec qui il n’a jamais été question de relations plus profondes que du professionnel. Mouais…

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Mais le plus violent reste les trous dans le scénario. Certes, on ne peut pas tout expliquer dans un film de 3h mais le côté « oh bah y a des gens qui ont construit ci ou ça, on sait pas qui ni pourquoi mais on va partir du principe que c’est pour nous et notre bien ! ». Heu… De la même façon, il y a un vrai souci avec cette histoire de gravité magique : dans la chambre de Murphy, il s’agit donc d’une intervention de son père flottant dans le trou noir. Pourquoi pas. Mais ces perturbations sont également à l’origine du crash de son vaisseau en tout début de film et ça, on ne sait pas pourquoi. De façon générale, les personnages prennent tout avec une placidité assez troublante : Cooper découvre la base secrète de la NASA, on lui explique que la Terre est condamnée et qu’il faut aller piloter un vaisseau, le mec dit oui sans discuter et va enfiler sa tenue.  Au passage, j’aimerais savoir comment ils auraient fait pour piloter cette fameuse navette sans la providentielle gravité. Quand ils découvrent des planètes aux vertus scientifiques étonnantes (les tsunamis avec 50 cm d’eau ou les nuages en glace), ils ne cherchent pas à comprendre : c’est comme ça et point. Quand la Dr Brandt touche une perturbation de la gravitation dans le vaisseau (en fait Cooper qui remonte le temps dans son trou noir), elle touche et point. Personne ne lui demande ce que ça fait, à minima. C’est-comme-ça. Pour des scientifiques, je trouve qu’ils manquent cruellement de curiosité.

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Bref, le film est bien fait, les effets spéciaux sont bons. Je suis un peu surprise du parti pris de filmer les navettes en plan très serré, on ne doit les voir dans leur globalité qu’une fois ou deux mais après tout, pourquoi pas. Mais je suis pas rentrée dedans du tout. Moralité : je vais me remater 2001, odyssée de l’espace.

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Saint Seiya – Legend of Sanctuary de Kei’ichi Sato

Le saviez-vous ? Dans ma prime jeunesse (hier quoi), j’ai eu une grosse période manga. J’en avais plein et je ne ratais aucun numéro d’Animeland, ce qui me permettait d’avoir une certaine culture sur le sujet. Parmi mes oeuvres emblématiques : Saint Seiya, renommé “les chevaliers du Zodiaque” en France parce que… Oh bah pourquoi pas ? On s’en sort mieux que Nicky Larson (City Hunter en VO ou éventuellement Ryo Saeba mais non, on lui a collé un nom aux consonnances américaines parce que… on sait pas) ou le fameux clan “au couteaux de cuisine” de l’hilarant anime Ken le Survivant où un peu d’humour et de ridicule avait tout à fait sa place au milieu des têtes qui explosent. Tu ne le sais pas encore mais tu es déjà mort.

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Je frétillais donc d’impatience à l’idée de découvrir les Chevaliers du Zodiaque en film d’animation surtout que j’avais été bien charmée par l’Albator en film d’animation malgré un scénario un peu faible. Autant dire que mes attentes étaient élevées… et que je suis un peu mitigée.

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Commençons par le positif : le design. Le travail d’animation est impeccable, fluide, j’aime le rendu des armures, du sanctuaire. Du côté des personnages, on retrouve pas mal le character design de la série animée, on n’a pas eu besoin de sous-titres pour reconnaître Seiya, Hyôga, Shun, Shiryû (et son tatouage très bien rendu). Seule Saori est pas mal revisitée mais correspond plus à ce qu’elle est censée être : une jeune fille de 14 ans. Le seul character design qui m’a interpellé, c’est le Bélier, le chevalier qui se bat… avec des lunettes de vue. Alors bon, ça illustre bien le côté sagesse et tout mais bon… après tout, pourquoi pas.

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Le Sanctuaire est magnifique, le parti pris créatif est certes surprenant de premier abord mais on se laisse facilement gagner par la magie des images.

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Maintenant, arrivons au scénario. Si on retrouve l’histoire originale de Saori, réincarnation d’Athéna qui réchappe de peu à son assassinat par le Grand Pope, sauvée par le Chevalier du Sagittaire et confiée à un touriste japonais qui passait par là, l’histoire de Saori est ensuite différente : la jeune fille découvre au début du film qui elle est en réalité et fait la connaissance à ce moment là des Chevaliers qui viennent la sauver d’une tentative d’assassinat (encore). Ce parti pris est limite plus intéressant que la version animée avec les combats dans l’arène qui manquaient un peu de sens. “Bonjour, je suis un monsieur riche à qui on a confié la réincarnation d’Athéna et une armure d’or. J’élève des tas d’orphelins que je balance dans le monde entier pour qu’ils deviennent, peut-être, chevaliers (ou qu’ils crèvent) afin qu’ils protègent Athéna d’éventuelles menaces. Mais en attendant, comme on se fait un peu chier, on va organiser des combats quasi à morts entre eux.” Ouais, non…

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Par contre, Saori prend très vite son rôle à coeur et décide d’aller au Sanctuaire en savoir plus, comme ça, un peu gratos. Elle est bien touchée par une flèche mais le scénario se déroule autrement, je n’en dis pas plus. De toute façon, cette histoire de flèche a toujours été un non sens total (“ahah, on va tuer Athéna mais pas trop vite et on vous dit comment éventuellement la sauver parce qu’on est quand même très cons”).

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Bref, nous voici au Sanctuaire et là, je fais un peu la gueule. Oui, le film dure 1h30 donc on doit condenser à mort et pas mal de combats passent tout simplement à la trappe. Après une rencontre un peu musclée avec le Bélier et très douloureuse avec le Taureau (jusque là, ça va), on n’évoque même pas le Gémeaux (mmm…) pour passer direct au Cancer. Si le Cancer reste bien la raclure de bidet qu’il est dans la version animée, y a quelques éléments que je qualifierais de… Je sais pas, gros délire sous acides, peut-être. Mais après, l’enchaînement me fait sérieusement grincer des dents : si on respecte l’histoire du Lion (toujours frère de feu Sagittaire), on passe la Vierge à la trappe. WHAAAAAT ?? Mais c’était l’un des plus intéressants ! Bref, tout s’enchaîne dans un joyeux fourbis, le Phoenix passe faire un coucou (Ikki, mon personnage préféré hyper bâclé) et tout le monde court jusqu’au Grand Pope.

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Alors clairement, je suis pénalisée par mes souvenirs et ma nostalgie des Chevaliers du Zodiaque et des partis pris m’ont agacée. Sans doute que ceux qui le découvrent avec un oeil neuf ont pu l’adorer. Je suis agacée par les passages furtifs de la Vierge, des Poissons, de Ikki ou même Shun qui, bien que présent dès le départ, ne sert franchement en rien (alors qu’en vrai, on ne se rend pas bien compte dans la version animée non plus mais c’est de loin le plus puissant des Chevaliers de bronze, voilà). Mais ça se laisse regarder, ne serait-ce que pour le design très bien rendu.

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Et pour les nostalgiques des Chevaliers du Zodiaque, si vous ne connaissez pas encore, il faut mater la version série abrégée. 30 fois que je regarde et je rigole toujours autant.

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Albator de Shinji Aramaki

Comme certains ont pu le deviner hier, j’ai une certaine culture manga et la saga Harlock, ça me parle à mort. En fait, j’ai lu Galaxy Express 999 et quelques volumes d’Albator, justement, et j’adorais notamment la lutte de Maetel et Esmeraldas contre leur mère Prometheus. Bon, on casse direct le suspenses : elles ne sont pas dans le film. Mais Albator restant un personnage sombre et intrigant, allons voir ce petit bijou d’animation.
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Point 1 : l’animation justement. J’ai vu le film en 2D dans une petite salle MAIS en VO et pardon mais si y a bien un truc que je ne supporte pas de voir en VF, ce sont les productions japonaises (même si je ne comprends strictement rien mais franchement, regardez Evangelion en japonais et en français et vous comprendrez). Ceci étant, malgré la 2D, niveau spectacle, ça claque. L’Arcadia est monumentale et les mouvements dans l’espace tout à fait fluides, on suit facilement l’évolution. Alors que pardon mais dans pas mal de films avec batailles spatiales, y a toujours un moment où je suis perdue. Malgré le passage dessin animé/animation, on reconnaît à peu près les personnages et l’univers gothique. Seul (gros) bémol : Mime qui me paraît assez loin du souvenir que j’en avais et mon compagnon de virée a été un peu traumatisé par son string enfilé sur sa combinaison mais passons. Niveau décor, je suis totalement conquise. Passons à l’histoire.
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La conquête spatiale a permis aux Humains de partir essaimer un peu partout dans l’univers mais sans jamais réellement trouver une planète aussi hospitalière que la Terre donc ils décident finalement d’y retourner mais y a plus la place pour tous ces individus là et ça vire en guerre spatiale pou retourner sur Terre. Finalement, la Coalition Gaïa prend le pouvoir et décide de faire de la Terre un sanctuaire sacré où plus personne ne peut aller. Albator n’approuve pas cette décision et entre en rebellion. Oui, ceux qui connaissent l’univers Harlock ont donc remarqué que ça n’a strictement rien à voir avec les histoires déjà développées. Il s’agit officiellement d’un préquel à la saga finalement. Gros mouais.
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Parce que c’est le léger souci de ce film qui avait pourtant pu être un de mes films préférés de la vie. Oui, on se prend une sublime claque avec les images mais l’histoire, pffff. Le périple commence par l’arrivée d’un jeune homme au bord de l’Arcadia. On découvre très vite que c’est un espion à la solde de la Coalition, envoyé directement par son frère paraplégique qui a l’air un peu vicieux. Sur Mars où il vit, il est assisté par une jeune femme dont on comprend très vite qu’elle est au coeur du trio amoureux (avec les deux frangins donc). Notre jeune garçon commence donc à tenter de deviner les secrets de l’Arcadia en déambulant en son sein (scène plus ou moins copiée du manga ou du dessin animé, je ne suis pas sûre mais ça m’a bien rappelé quelque chose) mais on découvre vite qu’Albator et Mime ont très bien percé le jeu du petit jeune. Ils oublient néanmoins de prévenir Kei qui lui raconte tout le plan : ils vont faire péter tous les noeuds du temps de l’univers pour revenir à l’époque où les hommes vivaient sur Terre.
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De là, on se retrouve dans un scénario à multiples rebondissements, le jeune homme change 4 ou 5 fois de camp et nous fatigue légèrement, son frère reste méchant et pervers mais on apprend que, ô surprise qu’on n’avait pas vu venir, il est paraplégique à cause de son frère. La fille ne sert pas à grand chose au passage. Bref, la lutte entre les frères rangerait presque Albator dans un de ses classiques blockbusters américains avec une petite dimension écologique. Heureusement, il existe également tout un questionnement sur le choix entre vérité et illusion, la manipulation des masses…
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Bref, oui, j’ai aimé. J’ai cru lire un jour qu’il s’agissait du premier film d’une trilogie mais j’ai jamais retrouvé cette info donc j’ai dû la rêver. Dommage car même si cette histoire de frères m’a un peu saoulée, le spectacle est tel que j’en aurais bien repris deux louchettes.

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Le complexe de la boîte

Quand je parle de boîte, je parle du fait que je traîne la jambe mais j’aimais bien le titre comme ça, ça fait un peu théorie métaphysique.


Comme tu le sais, petit lecteur, un soir de fête et pas tellement d’alcool, j’ai chu et mon plateau tibial n’a pas beaucoup aimé. Deux mois de convalescence plus tard, me revoici, belle mais pas vraiment fringante. Et oui, je boîte. De moins en moins certes mais j’ai pas la démarche sensuelle et chaloupée façon femme fatale, graouuuuu… Et je me sens totalement transparente par conséquent.


 Comme toute femme, je joue de mon corps pour envoyer des messages de séduction. Le regard par en dessous de mes grands yeux bleus qui pétillent, plein d’espoir et d’attente, ma crinière souple (faut que j’aille chez le coiffeur au passage) et la démarche féline de la femme sûre d’elle. Ben, là, la démarche, je l’ai plus. Quand je me déplace, je suis bancale, la jambe gauche qui traînasse, je lâche parfois quelques grimaces. Mais paie ton sexyness ! Et je ne vous parlerai même pas de la balafre de 13 cm qui me défigure le genou. L’autre jour, je me suis mise en bermuda (c’est plus long qu’un short, ça cache une partie de ma cicatrice), mon manager m’a regardé en plissant le nez genre “aaaaaaaaaaah, rien que de te voir, je souffre”. Enfin, moi, ma cicatrice, je le torture pas mon manager. Non mais voilà, je suis l’Albator du genou, mon modjo est resté quelque part sur les rives méditerranéennes de Provence, au pied du bar où je me suis fracassée le genou.



Or il se trouve que je déteste ces périodes où je me sens transparente, dépourvue de tout modjo. Et encore, heureusement que j’ai ma réserve personnelle de friends with benefit qui me réclament à corps et à cri… Oui, enfin, j’exagère peut-être un chouïa mais j’ai passé deux mois chez mes parents sans une once de romance, de sensualité ou même de sexe alors pardon mais j’ai un peu le droit de m’imaginer que certains d’entre eux ne rêvent que de toucher mon corps et ma peau douce. Oui parce que j’ai peut-être la patte qui traîne et le genou défiguré, je conserve ma peau douce (et ma crinière et mes grands yeux).



Mais le modjo est avant tout un pouvoir psychologique basé sur le cycle de la confiance, cycle vertueux ou vicieux, c’est selon. Quand on se sent au top, le cycle de la confiance est vertueux, on attire les hommes (ou les femmes) comme le miel les mouches. A l’inverse, pas de confiance, on se sent de plus en plus transparente et pouf, le miel devient vinaigre. Magie des théories, on crée même des réactions physiques qui n’existent pas dans les faits. Mais bon, une fois vinaigre, comment redevenir miel ? Bon, dans mon cas, y a déjà de l’amélioration notable dans la démarche et ma cicatrice s’estompe de jour en jour. Mais c’est long et je commence à en avoir marre. Non parce qu’entre ma rémission suite à la rupture de début d’année et ma convalescence, mon année 2011 est amoureusement catastrophique. Et voilà que je me la joue boîteuse en plus. Et faut arrêter de dire que c’est sexy. C’est sexy pour le Dr House mais c’est qui la boîteuse dans les séries américaines ? C’est Kerry Weaver et franchement, elle suscite pas grand chose. Alors si c’est pour virer lesbienne et se tirer Elisabeth Mitchell, ben merci bien. Oui, elle m’énerve Elisabeth. Alors je vais encore prendre mon mal en patience mais c’est loooong ! Demain ou un autre jour, faudra que je vous explique d’ailleurs que j’ai envie d’une belle romance. Pour changer, un peu.

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