Le mariage pour tous ou la grande arnaque narrative du PS

Lundi, j’évoquais rapidement le mariage pour tous en disant que j’étais ravie que tout le monde puisse désormais se marier s’il en a envie. C’est ainsi que, si tout va bien, en 2018, j’irai au mariage de Isa et Joy (mes copines d’Irlande puis Canada). Une belle avancée oui, il était temps que la France franchisse le pas, une belle victoire de François Hollande et de son gouvernement avec en tête, la pasionaria Christiane Taubira.

Christiane Taubira, Minsitre de la justice des gouvernements Ayrault puis Valls

On en a entendu des horreurs pendant les débats sur cette loi… Il ne faisait pas bon être homosexuel-le dans ses moments là. Non parce que t’as beau avoir le cuir épais, entendre à longueur de journée que tu es une anomalie de la nature, un malade, un déviant ou en version soft que tu n’as aucune raison de vouloir te marier et que tu ne seras jamais capable d’élever un enfant, à un moment, ça finit par être *légèrement* agaçant. Personnellement, j’ai été assez choquée que tant de gens aillent manifester contre une loi qui ne leur nuisait en aucun cas et qui, de tout façon, ne les concernait même pas. J’ai eu mal à ma France, j’ai eu honte, j’ai eu envie de clamer à tous ses connards que ce n’était que l’ordre logique des choses et que leur avis, on s’en battait gentiment les steaks.

La vie est si simple quand on raisonne en binaire... je suppose

La vie est si simple quand on raisonne en binaire… je suppose

Et puis, il y a eu la digne Christiane, ennemie numéro 1 de la droite et extrême droite parce que le mariage pour tous,  parce qu’elle vidait les prisons, parce qu’en plus, elle était Noire. On s’est tous unis derrière Christiane, on a crié dès que quelqu’un lui manquait de respect, on s’est émerveillés de sa culture, de son intelligence, les journaux dressaient d’elle un portrait séduisant. Ouais, elle était grave hypée Christiane et son aplomb face à ses contradicteurs, surtout les plus cons (et y avait du level) rajoutait encore à l’admiration que nous avions pour elle et son noble combat pour l’égalité.

Christiane Taubira à l'assemblée nationale

Sauf que y a arnaque. Déjà, malgré toute ma réelle sympathie pour Christiane, elle ne s’était pas opposée à l’incarcération de huit syndicalistes de Goodyear ni à l’amende que dut payer un professeur à Avignon pour avoir fait une vanne sur Valls. Certes, la justice est indépendant mais les plaintes dans le cas de Goodyear avaient été retirées… On reste à se poser des questions. On veut bien donner quelques droits aux gays mais on va pas trop aller sur la gauche non plus, hein…

affiche du frond de gauche, statut de la bastille et usine

Mais le foutage de gueule n’est pas que là, reprenons une autre loi qui a suscité (et suscite encore) colère, rage, manifestations massives : la loi travail. Alors que les débats à l’assemblée s’annonçaient compliqués, Valls n’a pas tortillé : 49.3.  Trois putain de fois. Alors que pour le mariage pour tous, on a bien laissé le débat traîner en longueur, les amendements les plus farfelues être débattus au coeur de la nuit, Christiane exhibée à toutes les sauces pour bien nous montrer que notre gouvernement est bien de gauche et qu’il se bât pour les minorités opprimées. Ils ont laissé la situation se tendre pour prendre la place de héraut (et non Ayrault) de la cause, tant pis si les fachos décidaient que les “LGBT” étaient désormais la nouvelle cible, tant pis si quelques gays se faisaient péter la gueule gratos au passage. Regardez comme elle est courageuse Christiane, regardez comme on tient nos promesses malgré l’adversité.

mariage pour tous, manifestation à la Bastille, rainbow flag

Alors vous allez me dire que la différence entre le mariage pour tous et la loi travail, c’est qu’on n’avait pas le même Premier Ministre et que Valls, ce n’est pas Ayrault et donc qu’on ne peut pas comparer la situation. Certes mais vous ne m’enlèverez pas de l’idée que la lutte présentée comme courageuse de Christiane sur une loi qui devait arriver car ce n’est qu’une évolution logique de la société, c’était juste un argument marketing du gouvernement pour faire croire qu’il avait quelques valeurs de gauche. Ce même gouvernement qui emprisonne les syndicalistes et enlève toujours plus de droits aux salariés… On a volontiers sur-médiatisé les opposants au mariage pour tous, on leur a donné une visibilité hors norme (bien plus qu’aux manifestants à la loi travail qu’on présentait surtout comme des sauvageons violents qui ont blessé un flic, une fois, brûlé une Porsche et cassé trois vitrines), on nous a fait croire que le Moyen Âge était de retour… Et on a réussi à donner vigueur et légitimité aux fachos qui ont trouvé une victime toute désignée (Taubira) et une cause un peu fantoche derrière laquelle se réunir.

Couples gays et lesbiens sur les gâteaux de mariage

Et je sais déjà que quand la campagne va débuter (faut vraiment que je m’expatrie avant, ça me saoule déjà), ce sera brandi comme une victoire, ce mariage pour tous, un label “gauche et socialiste” alors que non. Je ne tomberai pas dans le piège. Jamais de la vie je vote PS en 2017, quel que soit le casting du second tour, c’est bon, j’ai déjà donné. Votre narration d’un gouvernement courageux face aux obscurantismes, je n’achète pas. Parce que j’ai compris que vous aviez allongé la sauce à l’infini pour constituer une belle histoire mais j’espère que les citoyens ne mordrons pas à cet hameçon. Ni à celui du sursaut républicain face à la menace bleue marine (qui sera très certainement au 2nd tour), car si elle est là aujourd’hui, c’est bien grâce à vous (droite comme gauche)

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L’amour n’est-il qu’une question d’ego ?

Récemment, j’ai dû me replonger dans les archives de ce blog pour un déménagement à la mano (over-blog bloque les aspirateurs de site, impossible de constituer une archive xml, je suis pas maso pour rien) et je suis un peu amusée par mes premiers écrits. J’en ai fait du chemin en 5 ans. Mais en relisant ces articles, je me pose une question : l’amour n’est-il pas, finalement, qu’une question d’ego ?


Qu’est-ce que l’amour ? Bonjour la question tarte. Mais c’est vrai, qu’est-ce qu’on intellectualise tout aussi. L’humain reste un animal et il ne semble pas programmé pour être monogame, contrairement à d’autres animaux, on est censés courir après le meilleur reproducteur ou la meilleure génitrice. Et pourtant, on nous a appris que la polygamie et le libertinage, c’est mal, que l’amour, ça rime forcément avec toujours. Même, il est amusant de noter que l’idéal de beauté féminine (extrême minceur) est plutôt opposé au modèle de la génitrice, tout en rondeur. Quoi que faut voir, peut-être que si on faisait des études, on constaterait que les femmes d’une grande minceur sont plus des maîtresses que des mères et les femmes plus girondes des mères que des maîtresses. Enfin, si je prends l’exemple de mon entourage… Ben y a rien du tout à déduire, en fait, la silhouette de mes amies ne semble pas avoir une influence sur leur place dans le cœur ou le lit des hommes…


Bref, il me semble qu’on en a perdu nos bas instincts animaux de reproduction et qu’on a remplacé ça par l’amour, l’amouuuuuuuur. Ce truc qui inspire les poètes, les écrivains, les chanteurs, les peintres… en somme les artistes avec plus ou moins de bonheur. On célèbre l’amour, on le pleure, il est l’ingrédient principal de la plupart des intrigues. Mais en relisant mes vieilles histoires de cœur et de cul, un ingrédient revient souvent, toujours : l’ego. L’amour n’est-il qu’une satisfaction de l’ego ? Une expression d’orgueil. Dans mon passé, plus un mec me disait non, plus je le voulais. Fuis-moi, je te suis ? Non, une volonté de réparer un affront.


Samedi, lors de l’anniversaire de So Long, elle a prononcé la phrase suivante, concernant la séduction. En fait, c’est une phrase à sortir pour éconduire quelqu’un : « il faut avoir les moyens de ses ambitions ». Bon, évidemment, ça nous a fait rire.  Mais au-delà de la vanne, je me demande si, finalement, on ne touche pas précisément du doigt l’un des ingrédients essentiels de l’amour. Un peu le chocolat dans le moelleux au chocolat, l’amande dans le macaron, le fromage dans la raclette (je suis incroyablement glamour). J’aime me poser la question de nos attirances amoureuses. Pourquoi lui me plaît et pas lui ou lui ? Pourquoi je plais à lui et pas à lui ou lui ? Pour ma part, je sais que j’ai besoin d’une certaine admiration pour le monsieur, de le regarder avec des étoiles dans les yeux pendant qu’il me parle de quelque chose, de préférence d’un truc auquel je ne connais rien. Oui, j’ai pas envie de m’acoquiner avec un mécréant à mes yeux. Le critère n’est pas l’argent ou le pouvoir (le mec qui bosse dans la finance qui fait partie de mes amants à contacter en cas d’envie n’est clairement pas mon chouchou) mais bien la connaissance et la passion. Et donc si ces mecs là me rendent dingue, est-ce pour ce qu’ils sont ou l’image flatteuse de moi qu’ils me renvoient. Genre « oh yeah, ce mec là, il est à moi, quelle belle prise ! ».


Je ne sais pas bien mais il me semble que dans l’amour, il y a de l’orgueil. Ce qui me fait assez flipper vu que ça fait un bon moment que je n’ai pas été amoureuse, juste quelques coups de cœur. Est-ce que je dois en déduire que j’ai plus d’ego ou d’orgueil ? A moins que j’ai placé mon orgueil sur un autre plan, comme le boulot ?

Sinon, en 2010, j’ai décidé de ne plus intellectualiser l’amour, pour voir… Histoire de vivre mes coups de cœur plutôt que de les analyser.

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Comment paraître brillant en société

Un dîner, quelque part dans Paris. Parmi les convives, vous. Le but : paraître brillant et en mettre plein la vue à vos compagnons. Comment faire ? C’est très simple, pour qu’on soit un peu habile et qu’on sache prendre le contrôle de la conversation.

Paraître brillant, ça ne s’improvise pas, ça se prépare. Choisissez trois sujets de prédilection et travaillez les à fond. Ca peut être la peinture de la Renaissance (pour les plus feignants, prenez un seul peintre, genre Michel Ange, Raphaël… Evitez Léonard de Vinci, trop populo depuis le Da Vinci Code), la mythologie nordique… Quoi qu’il en soit, idéalement, prenez un sujet artistique, un sujet sociologique et un sujet géopolitique, le meilleur équilibre selon moi. Une fois vos trois sujets choisis, lisez tout ce qui vous tombe sous la main et qui en parle. N’hésitez pas d’ailleurs à tenir au courant votre entourage de vos passions, ils pourront vous offrir des livres sur le sujet ou vous découper des articles, ça peut toujours servir.

 

Maintenant, revenons au repas. Vous êtes à peu près au point sur vos sujets de prédilection mais vous espérez que les gens à qui vous parlez n’y connaissent pas grand-chose et vous écouteront, admiratifs. Cependant, le souci est de réussir à amener la conversation sur votre domaine de connaissance, il faut être très réactif. Une fois que vous avez attrapé le mot qui vous permet d’embrayer sur votre passion, ne lâchez plus. Monopolisez la conversation, étalez votre savoir et apprécier l’éclat admiratif qui illumine le regard des convives. Evidemment, évitez de choisir des sujets trop populaires car si vous êtes deux spécialistes à la même table, vous perdez votre aura.

Il y a aussi une autre technique qui permet d’être plus généraliste. Lisez les éditos. Tous les éditos que vous trouvez, lisez les. Comme ça, vous aurez un avis sur tous les sujets, un avis argumenté. Vous avez des faits, vous pouvez même avoir une citation classique, vous pouvez dire « René Aron avait une vision des relations internationales qui correspond tout à fait à ce que nous vivons aujourd’hui ». Evidemment, il faut bannir les phrases « je lisais l’autre jour l’édito de machin qui disait… ». Ok, lire les journaux, c’est bien, mais faire croire qu’on a eu ces pensées tout seul comme un grand, c’est quand même mieux. Il s’agit de briller par notre intelligence, pas par notre capacité à lire et retenir. Même si ce n’est pas donné à tout le monde.

Seulement voilà. Méfiez-vous des convives. Il y en aura toujours un pour faire du mauvais esprit du genre « la culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale ». En l’occurrence, il a raison mais ça casse quand même notre belle image d’intellectuel qui sait tout sur tout. Pour peu que l’invité soit sadique, il va vous pousser dans vos derniers retranchement jusqu’à dévoiler votre inculture et là, l’éclat d’admiration disparaîtra au profit d’une moue de mépris.

Evidemment, certains diront que ce genre de stratagème n’a aucun intérêt et ne procure aucun plaisir si ce n’est que susciter de l’admiration chez des gens qui ne nous connaissent que de loin. C’est vrai. En fait, tout est question de choix entre l’être et le paraître. Personnellement, j’ai tendance à picorer les informations, à apprendre des choses de ci de là donc n’être spécialiste sur pas grand-chose. Même mes sujets de mémoire, depuis, il s’en est passé des choses. Parfois, il me vient une lubie et je me mets à lire tout ce que je trouve surnun sujet mais l’ambition n’est pas de l’étaler en soirée, c’est juste pour moi. D’ailleurs, ma lubie de la Table Ronde, j’ai jamais pu trop m’en servir, à part pour critiquer le mauvais film Lancelot avec Richard Gere. Mais ça, y a pas besoin de vraiment s’y connaitre. Je sais qu’on ne peut pas tout savoir sur tout et Dieu merci, on s’ennuierait ferme, sinon. Mais il est toujours bon de savoir des choses… Histoire de pouvoir contrer celui qui paraît brillant mais qui perd pied dès que la conversation s’évade vers des domaines qu’il ne maîtrise pas.

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Bienvenue en Chômagie

(je débute une série sur le chômage, c’est-à-dire que je recycle de vieux articles écrits pour un autre blog aujourd’hui mort et je complète la série. Mais rassurez
vous, j’ai pas été virée !)

C’est l’histoire d’une fille, moi, qui avait tout prévu dans la vie : elle aurait de bonnes notes, étudierait à la fac, décrocherait des diplômes et aurait un emploi. Tout se déroulait comme prévu jusqu’à la partie emploi. Cette histoire est la mienne mais elle n’a rien d’extraordinaire, elle est même d’une banalité affligeante pour pas mal d’entre nous. Petits, on nous disait « travaille bien à l’école, c’est important », c’est fait. « Passe ton bac et décroche une mention, c’est important », c’est fait. « Les diplômes, c’est essentiel dans la vie ». J’ai deux maîtrises et un master professionnel. « Pars à Paris, c’est là-bas que ça se passe ! », c’est fait. Et pourtant, malgré mes diplômes (avec mention, je croyais que ça avait une importance, avant), mon déménagement, mes stages, mon pres book… La terrible vérité fond sur moi : me voici au chômage. Citoyenne de la chômagie, le pays où personne ne veut aller alors que nous sommes à peu près 2 millions à y résider (juste à l’échelle française), selon les chiffres officiels. Enfin, on dit pas chômeur, on dit chercheur d’emploi, c’est plus encourageant, moins dégradant.
 

On apprend toujours du regard des autres. Quand vous êtes étudiants (en bac++ sinon, ça ne marche pas), on vous regarde avec une certaine admiration. Quand vous dites que vous êtes chômeur, on vous regarde avec un regard soit compatissant, soit méprisant, voire les deux. Oui, ce n’est pas glamour, je sais, mais je fais ce que je peux pour m’en sortir, quoi qu’on en dise. Dans l’esprit collectif, on a vite fait d’associer chômeur (aka celui qui fout rien) et parasite. Je pense que ces gens là n’ont jamais vécu au RMI. Car qui veut vivre avec moins de 500 euros par mois ? Ca ne s’appelle pas vivre mais survivre, surtout dans la capitale. D’ailleurs, ça ne paie même pas mon loyer. Souvent, le chômeur est vite coupable : s’il ne travaille pas, c’est qu’il ne cherche pas. Il est bien connu que l’envoi d’une demi douzaine de CV engendre automatiquement un emploi, c’est Harry Potter à l’ANPE. Si je me penche sur mon cas personnel, l’équation
est la suivante : plusieurs centaines de CV envoyés (candidatures spontanées et réponses aux annonces) = une demi-douzaine d’entretiens = in fine un emploi. Oui car pour moi, l’histoire finit bien, je ne dirais pas par chance car ce n’est que l’aboutissement de ma recherche. Ceci étant, il ne faut pas nier non plus qu’il existe une part de chance parce que quand une centaine de candidats envoient un CV pour un même poste, il faut pas se leurrer, les 100 CV ne seront pas consultés, les premiers arrivés seront les premiers servis.

Etre au chômage est un emploi à plein temps car il y a beaucoup de choses à faire. Et c’est souvent dur de sentir la suspicion de ceux qui ne savent pas, qui n’ont jamais vécu en Chômagie : « tu envoies des CV ? ». Non, j’attends que l’employeur vienne sonner à ma porte, j’ai écrit en gros dessus « jeune femme au chômage cherche emploi ». Les « tu as envoyé un CV là ? », aussi, qui partent d’une bonne intention mais qui, au final, sont agaçants. Je passe mes journées à envoyer des CV là, puis là et là aussi, même là où les chances d’être prises sont infimes, voire inexistantes. Parce que « on ne sait jamais ». Etre au chômage, ce n’est pas juste passer ses journées à dormir et à faire du sudoku. Il y a beaucoup de choses à faire et j’en parlerai dans les prochains articles. Curieusement, j’ai parfois l’impression que le chômage est un tabou qu’on évoque peu en dehors des chiffres, telle une maladie. On dit « mon fils est au chômage » limite comme on dirait qu’il a le sida. Pourtant, 2 millions de chômeurs, ce n’est pas rien, qu’en est-il de leur vie quotidienne ? Sans
tomber dans le misérabilisme ou la complainte, en parler ne fera de mal à personne.

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L’imperfection des gens parfaits

Dans notre entourage, nous avons de tout, des amis, des connaissances, des collègues, des voisins, des connards… Dans tout ce petit monde il y a ceux que l’on admire et qui
nous filent un complexe d’infériorité. Genre celui que l’on trouve extrêmement brillant et qui sait tout, celle qui est tellement jolie que vous voyez pas qui pourrait dire le contraire, celui 
qui réussit tout ce qu’il entreprend, celui/celle qui a toujours la classe quoi qu’il arrive… Bon, bref, il y a de ces êtres parfaits qui nous filent un sacré complexe
d’infériorité.

bavoir-miss-perfect

Je suis du genre à aimer admirer les gens pour des raisons X ou Y. Je ne suis pas du genre fan midinette à deux balles, je parle d’une admiration saine, un « qu’il est intelligent, qu’elle est jolie, qu’ils sont brillants ». Pas un « haaaaaaaaaaaaaaaaaaan comme j’le kiffe troooooooooooo ! ». Cependant, les jours de petite humeur, ces gens me
collent carrément un complexe d’infériorité. Peut-être que je me compare trop aux gens mais c’est humain, non ? Donc ces gens parfaits évoluent dans ma bulle, je sais que je n’arriverai pas à leur cheville mais bon, je suis résignée et non aigrie. Et un jour, c’est le faux pas, ces personnes tombent de leur piédestal de perfection.

Imaginons un ami, on l’appellera Octave parce que les gens parfaits, ils vont pas en plus avoir un prénom qui fait rêver. Donc Octave est docteur es sciences politiques, par

exemple, et il a une culture générale qu’on ne prend jamais en défaut. Ca peut marcher avec un ingénieur, un docteur en droit, chimie, chacun choisit ce qu’il veut, hein. Donc Octave, dès qu’il parle, vous vous sentez ignare, nulle, dépassée. Et un jour, vous vous rendez compte qu’Octave amène toujours la conversation vers les 3 mêmes sujets, qu’il est toujours au courant de l’actualité et de l’évolution de deux ou trois pays. Mais pas plus. Paf, pris sur le fait. Conscient de ce fait, vous avez le pouvoir, vous verrouillez ses trois sujets de prédilection et vous constatez que quand vous parlez de votre domaine, là, Octave n’est pas omniscient. Bon, dit comme ça, ça fait genre Octave est un merdeux mais c’est pas forcément mon propos, certains amènent toujours la conversation sur ce qu’ils connaissent sans s’en rendre compte et coupent les conversations partant sur ce qu’ils ne connaissent pas car ça ne les intéresse pas.

 

Ca marche aussi avec la fille ou le gars que vous trouvez physiquement parfait. Et un jour, en regardant bien, vous voyez un défaut. Rien de grave, rien de repoussant mais un
défaut. En fait, elle a pas de jolies cheveux, il a de la brioche… Ce que vous voulez, on s’en fout. Ca peut paraître méchant mais le but n’est pas là de se moquer mais d’être soulagés :
notre ami(e) n’est qu’un humain et on est son égal. Le must have : quand la personne qui vous paraît supérieure vous fait un compliment genre « non mais je suis pas aussi cultivé que 
toi » ou « tu complexes toi ? Mais comment oses-tu, tu les fais tous craquer ? ».

Parce qu’en fait, dans toutes ces histoires, c’est bien nous qui nous mettons en position d’infériorité par rapport à cette personne, soyons clairs. Les personnes qui me font

bien sentir que je suis une merde, je les fréquente pas. S’ils me méprisent, qu’est-ce qu’ils foutent avec moi ? Sans doute idéalise-t-on toujours l’autre, on le voit fort et beau alors
qu’il est comme nous, ni plus ni moins, avec certes ses forces mais aussi ses faiblesses. Je ne me réjouis pas des faiblesses de mes amis, juste que j’aime me rendre compte que je vaux autant qu’eux, qu’ils me considèrent comme leur égale et pas comme une teu-bê à la culture générale inexistante ou qui s’habille comme un sac. Bien sûr qu’il y a des domaines où je me sais faible, bien 
sûr que je ne suis pas omnisciente et que, forcément, mes amis n’ont pas la même culture que moi puisque chacun ses centres d’intérêt. Moi, je saoule mon monde avec le Canada par exemple. Après, par exemple, je ne pourrai pas me la ramener sur le sujet de thèse de LilVirgo, que je ne connais rien au métier de Vicky et qu’elle a tout à m’apprendre sur le sujet, que je ne connais rien en droit et que je vais toujours saouler Summer ou Alex pour qu’ils répondent à mes petites questions juridiques. Bien sûr. Bien sûr que des matins, j’ai trop la tête dans le pâté pour me rendre compte que mon haut et mon bas ne vont pas du tout ensemble. Le but, quelque part, c’est qu’on s’apporte tous quelque chose, je crois. Mais c’est vrai que quand je vois que tous ces gens que je fréquente et qui me semblent parfaits ont aussi des défauts dans la cuirasse, que des fois, ils me voient mieux qu’eux, ben, ça rassure. On est tous imparfaits et c’est normal.

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Usurpation de personnages

L’autre jour, je lisais le blog de Kamui qui faisait des reviews de divers comics. J’avoue ne pas lire les comics, essentiellement parce que le prix me freine, c’est pas pour autant que je vais pas lire les articles de notre ami blogueur, ça me fera toujours de la culture générale. En fait, les comics, je connais un peu grâce à Guillaume 1er qui m’avait parlé longuement de Spiderman quand le film est sorti. J’ai jamais vu de comics chez lui mais dans le milieu des jeux de rôle, apparemment, c’est un sujet assez courant.

 

Bref, dans sa review, Kamui se désespérait de la reprise de certains personnages qui se comportent de façon totalement incohérente par rapport à leur caractère d’origine. C’est-à-dire que certains comics reprennent des personnages comme Batman ou Superman (entre autres) et leur font faire des trucs déments. Là, ça m’inspire.

En littérature, il est déjà arrivé que des personnages soient repris par d’autres auteurs. Premier exemple qui me vient en tête : notre amie Scarlett O’Hara. Créé à la base par Margaret Mitchell, le personnage est ensuite repris par Alexandra Ripley.Bon, je vais pas faire une revue littéraire mais notre amie Scarlett devient bien insipide sous la plume de Mme Ripley et sa personnalité ne colle pas avec le personnage d’origine. Mais c’est sûr, Scarlett O’Hara, c’est délicieusement vendeur.

Certains personnages marchent d’enfer. Les super héros, les héros mythiques (légendes arthuriennes, c’est vendeur, ça). Deux traitements peuvent être choisis : le mode comique
à la Kaamelot, on prend quelques libertés avec les caractères de base mais c’est pour faire rire. Ceci étant, même dans Kaamelot, on sent qu’il y a quand même un peu de recherche documentaire
puisque certaines histoires ressortent. Par contre, quand on veut faire un livre sérieux sur le sujet, on se documente un minimum. Perso, quand je suis fan d’un personnage, je ne supporte pas
qu’il soit défiguré. Il y a des choses qui ne passent pas, ça rend le récit totalement irréaliste et ça ne donne pas envie de poursuivre.

Au-delà de ça, je me pose une question : pourquoi reprendre des personnages plutôt que de créer les siens. C’est sûr que de reprendre un personnage est un sacré défi et peut être un bel hommage. Je me dis qu’il n’est pas impossible qu’un jour, je me lance à mon tour dans la légende arthurienne, pourquoi pas ? Mais je vais pas raconter n’importe quoi non plus. D’un autre côté, je me demande si c’est pas par pure feignantise et par pure visée marketing. Scarlett O’Hara, elle avait déjà son histoire, inutile de créer son passé, c’est déjà fait. Puis entre le livre et le film mythique (moi, je me suis fais chier mais bon…), c’était le succès garanti.

En tant que scribouilleuse, j’ai plutôt plaisir à créer mes propres personnages et à les faire évoluer. Imaginons que je publie Technopolis 1. Normalement, Technopolis, c’est une quadralogie, j’en suis qu’au deuxième et il est loin d’être terminé. Bon imaginons, je décède avant d’écrire la fin, ce qui serait très triste. Imaginons ensuite qu’un écrivain adore mon Oceany et récupère le personnage pour en faire une affreuse dictatrice. Et bien je me retournerais dans ma tombe, pour sûr ! D’abord, Oceany, j’ai tout prévu du reste de sa vie, j’ai même planifié sa mort.

Autre problématique liée : l’adaptation au cinéma. Globalement, nous avons deux types d’adaptation : les fidèles au livre à la virgule près ou les tellement décalés que ça n’a plus rien à voir. Je pense qu’un livre tel quel ne peut être adapté au cinéma, il faut forcément réécrire un peu et c’est normal. Prenons par exemple le film « L’ennui ». Le livre, à la base, est écrit par Moravia, mon auteur préféré, mon dieu de la littérature, mon « putain, il écrit tellement bien, comment j’ose écrire quoi que ce soit, moi, misérable larve sans talent ». Donc je craignait profondément l’adaptation cinématographique, même si y a Charles Berling dedans, le futur père de mes enfants, même s’il ne le sait pas encore. Bande annonce, je hurle : Sophie Guillemin n’est pas du tout le personnage de Cécilia, censée être une femme enfant qui ne semble pas avoir de formes une fois habillée. En plus, y avait Arielle Dombasle dedans dans un rôle qui n’existait pas dans le livre. Bref, je le regarde quand même. Et finalement, même si le roman a été transposé à la France d’aujourd’hui, j’ai retrouvé l’âme du livre, rien à redire. Autre exemple, les Harry Potter (mettre Harry Potter juste après Moravia, je me désespère toute seule). Les deux premières adaptations me semblent correctes mais les deux suivantes, beaucoup moins. Disons qu’heureusement que j’ai lu les livres car il y a tellement de raccourcis et de scènes manquantes qu’on ne comprend pas toujours… Certes, on peut pas tout filmer mais c’est pas la peine d’en faire un récit où l’on sent clairement qu’il manque quelque chose. Autre exemple : Batman. Les deux premiers sont très sombres, Batman, c’est quand même pas un super gentil. Bon, c’est du Tim Burton donc forcément… Les deux suivants sont atrocement flashy et gay friendly. Ok, Joel Schumacher est gay et on a toujours fantasmé sur la relation ambiguë entre Batman et Robin mais filmer le cul de Batman, Robin et Batgirl quand ils se changent, ça n’apporte strictement rien au film. De toute façon, le 4e fut une pure horreur, j’avoue que je m’en souviens à peine, mais on a carrément oublier de traiter de la psychologie des personnages. Georges Clooney campait un Batman insipide au possible. Il suffit pas d’être un brun ténébreux pour jouer le mec sombre, Georginou…

Sinon, nous avons notre ami Superman. Bon, dans le dernier film sorti, il est très franchement fabriqué pour plaire à un public gay, heu… Mais surtout, à force de reprendre ce personnage à toutes les sauces, on arrive à des aberrations. Ainsi dans Smallville, Clark et Loïs se rencontrent dès le lycée. FAUX ! Clark et Loïs se sont rencontrés en travaillant au Daily Planet. Il me semble aussi que la série Loïs et Clark, cucul gnangnan au possible, part dans de grands délires en faisant intervenir HG. Wells qui fait voyager nos héros dans le temps. Hum !

On pourrait multiplier les exemples à l’excès, je suppose que pas mal viendront en commentaire. Qu’on adapte un roman en livre, pourquoi pas, il est vrai que la littérature fourmille d’histoires fascinantes. Au pire, ça fera un bon téléfilm en quatre épisodes pour TF1 et France 2. Après tout, qu’une Cosette ado soit jouée par Virginie Ledoyen, ça ne choque personne alors allons-y gaiement. Mais je ne cesse de m’interroger sur le pourquoi de la démarche. Bon, ça évitera à certains de lire les bouquins originaux ou au contraire, de leur donner envie de le lire. Dans ce sens-là, je trouve ça bien. Ceci étant, quel plaisir peut-on avoir à reprendre un personnage déjà crée pour lui faire vivre d’autres aventures ? Si Margaret Mitchell n’a jamais écrit la suite d’Autant en emporte le vent (elle est morte 12 ans après avoir reçu le prix Pulitzer pour ce roman donc ce n’est pas parce que la mort l’a fauchée avant de pouvoir écrire la suite), c’est que les aventures de Scarlett O’Hara devaient s’arrêter là. Je ne doute pas que Mme Ripley ait une profonde admiration pour le travail de son illustre aînée mais, justement, l’admiration ne passe-t-elle pas par le respect ? Pourquoi avoir repris notre amie Scarlett et en avoir fait une bonne femme aussi édulcorée ? Notre amie Margaret a dû se retourner dans sa tombe !

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J’’ai rencontré Amélie Nothomb

Il y a, dans la vie, des périodes où tout va bien. En ce moment, je suis plutôt dans une phase positive : j’ai terminé un stage pourri, je suis avec un garçon bien sous tout rapport, j’ai la santé, j’ai pas gagné au loto mais on peut pas tout avoir non plus… Samedi, mes parents étaient sur Paris, ils pleuvaient des cordes, peut-être était-ce la fin du monde (private joke, allez voir le blog de Ced…) ? Bon, comme le temps était franchement catastrophique, on renonce à aller se balader où que ce soit, direction les Champs pour faire les magasins. On se rend d’abord à Virgin et là, que vois-je sur une affiche immense ? Mon idole vient signer des autographe ! Elle, en chair et en os, elle sera là, mercredi ! Il est impossible que je rate ça.
 
 
Amélie et moi
 
Comme une rock star…
Hier, me voici donc à faire la queue pour avoir un gribouillis sur mes livres. J’avais hésité à lui écrire une lettre, je ne l’ai pas fait, de peur d’être ridicule : cette femme est connue, elle n’a pas que ça à faire de se pencher sur mon admiration sans bornes pour elle. J’avais quand même pris mon appareil photo, il ne faut pas déconner. J’arrive un peu avant l’heure, soit à 16h45, la dédicace commence à 17h et il y a déjà une queue monstre. Je me pose tranquillement dans la queue, j’allume une cigarette en faisant attention à ne cramer personne mais comme je suis en fin de queue, j’ai de l’espace. J’observe discrètement la foule, je me ravis de voir autant de jeunes : qui a dit que la jeune génération ne lisait plus ? Je m’extasie sur ces jeunes lycéens équipés de leur Eastpack, je me dis : « C’est grandiose, ils sont venus ici directement en sortant de cours ! ». Puis je me suis souvenue qu’on était mercredi, calmons notre enthousiasme.
 
La foule est bigarrée, il y a des jeunes et des moins jeunes, des demoiselles aux cheveux roses (Maliki ?), des demoiselles qui lisent Cosmo, des monsieurs tatoués, des mamans et leur fille, un monsieur avec un beau bouquet… Si j’avais su, je l’aurais écrite, ma foutue lettre. Je constate que beaucoup ont le dernier livre d’Amélie, Acide sulfurique, sagement rangé dans une poche Virgin. La question que je me pose est la suivante : combien ont acheté leur livre le jour même car ils ont découvert la dédicace au dernier moment ? Ceci étant, du moment qu’ils lisent le bouquin, peu importe. D’ailleurs, beaucoup en entamaient la lecture en faisant la queue. Personnellement, j’ai préféré m’abstenir : lire un livre debout au milieu de la foule n’est pas des plus agréables, je n’ai pas envie de gâcher mon plaisir (je l’ai commencé plus tard le livre et j’ai bien fait d’attendre).
 
Madame je-sais-tout
La foule était divisée en plusieurs sections : une queue qui s’étalait sur les champs et deux à l’intérieur. Les gens avancent donc par groupe de dix ou quinze : ça avance peu mais quand ça avance, on fait un sacré pas en avant très motivant. Rapidement, je me retrouve près du monsieur au bouquet qui sympathise avec un jeune lycéen et une bonne femme et les voilà qui se mettent à discuter. Je trouve le monsieur au bouquet assez intéressant mais la bonne femme ne lui permet pas d’en placer une. Au début, je la trouve assez marrante mais au bout de dix minutes, je la trouve franchement gonflante. Au départ, elle se met à tout critiquer : « ah, la bonne femme qui a écrit Harry Potter, elle avait le chapeau qui parle, là, c’était ridicule ! ». Je me dis : « en voici une qui déteste Harry Potter » mais finalement, voilà qu’elle avoue qu’elle attend le sixième avec impatience. Bref, rien ne lui plaît, rien ne lui convient, elle parle avec une voix nasillarde avec un niveau sonore impressionnant : je suis obligée de l’entendre. En fait, c’est le genre de bonne femme qui pose des questions afin d’étaler sa science, du genre : « vous êtes allés à New York ? Moi oui ! ». J’ai donc appris que son ami vivait à Boston depuis janvier, qu’elle avait un chat, les livres qu’elle aimait ou non, la fois où elle avait passé la nuit dans un palace londonien parce que l’avion qu’elle devait prendre pour San Francisco avait une panne… Je regrette de ne pas avoir su la couleur de sa culotte. Ce qui était fascinant, c’est que, dès que ses camarades abordaient un thème qu’elle ne pouvait soutenir, elle y mettait un point définitif. Exemple : « Ah non, moi, les Fourmis, je l’ai jamais fini, il m’a gonflée, je préfère lire des livres tels que Patricia Cornwell… » Et la voilà partie sur Mme Cornwell et ciao Bernard Werber et ses fourmis ! Pendant deux heures, j’ai dû entendre ses considérations sur tout et n’importe quoi, surtout sur Amélie : « Ah, elle picole, bah elle va être bien ! Non mais y en a qui lui font la bise, je rêve ! Ah non, pas de photos, ça nous retarde ! Quoi, elle fait une pause ? Mais elle a pas le droit, ahahahah ! » Pfffffff ! En plus, c’est dommage qu’elle ait monopolisé la conversation comme ça, le monsieur au bouquet, tout calme, semblait autrement plus intéressant à écouter. Pour dire à quel point elle ne permettait pas aux autres d’en placer une : le vigile, certes mignon, passait son temps à papoter avec les demoiselles. Quand nous sommes arrivés à notre hauteur, il s’est retrouvé à côté de notre amie et est resté cois.  Dieu Merci, le vigile a eu la bonne idée de nous séparer à un moment, quel doux calme, tout à coup ! Je me retrouve avec deux sœurs (dont celle qui lisait Cosmo) qui papotent tranquillement de leur cours d’éco et de leurs amourettes, c’est autrement plus reposant surtout que là, je ne suis plus obligée d’entendre.
 
Amélie apparaît
Je me concentre sur les écrans au dessus de nos têtes qui montrent Amélie en train de signer les autographes. J’ai peur alors que le moment s’approche… Et si elle était conne ? Et si mon modèle absolu en  matière de littérature m’était antipathique ? Au fur et à mesure que je m’approche, je la vois sur l’écran, elle pose aimablement pour les photos, elle sourit, elle discute avec les gens… Je suis un peu rassurée. Comme je suis petite, je n’arrive pas à voir la fin de la queue. Tout à coup, le monsieur avec le bouquet se décale et, là, je la vois ! Elle est même pas à cinq mètres de moi, mince ! Je sors mon appareil photo et lui vole un premier cliché. Là, ça file à toute vitesse, les gens arrivent, elle signe, leur adresse deux, trois mots avec le sourire. Les deux sœurs montent sur l’estrade et, après, c’est à moi, je demande au mec qui s’occupe la vidéo de me prendre en photo avec elle, il me fait une petite blague : « ah mais non, alors ! Non, je rigole ! ». Trop drôle…
 
Je monte sur l’estrade, je lui dis bonjour en souriant (oui, je suis polie), on pose pour la photo (j’ai une photo de ma personne avec Amélie Nothomb !) puis elle me demande mon prénom. « Ah, mais bonne fête car c’est bientôt ! ». Amélie Nothomb m’a souhaité ma fête… AMELIE NOTHOMB M’A SOUHAITE MA FETE ! Je la remercie cent cinquante fois, j’en profite pour glisser deux autres livres en disant :
« Oui, j’abuse, et encore, je les ai pas tous amenés.
– Oui, c’est vrai !
– C’est parce que je viens de déménager, mes livres sont restés chez mes parents.
– Ah ? Et vous venez d’où, Nina ? (oui, elle a dit mon prénom !)
– De Toulouse.
– Et bien, Nina, merci d’être venue à moi ! »
Là, je n’ai pas pleuré mais ce n’était pas loin. Cette femme est grandiose ! Ça peut paraître anodin ces quelques mots mais quand on sait que je suis passée presque deux heures après le début de la dédicace, c’est beaucoup. L’effort qu’elle fait d’appeler les gens par leur prénom est très significatif : cette femme est attentive à ses fans et je trouve ça essentiel. Beaucoup lui ont fait un cadeau, je regrette de ne pas lui avoir écrit cette fameuse lettre, je vais l’écrire plus tard et la publier ici, peut-être lui enverrai-je ensuite.
 
C’est le bonheur
J’ai été sur un petit nuage ensuite, j’ai regardé plusieurs fois les dédicaces, trois différentes : une classique, une où elle me souhaite une bonne fête et, enfin, une avec un idéogramme japonais. En rentrant chez moi après une réunion gonflante, je me trouve à Châtelet. En fait, j’ai prétexté aller chez Arnaud pour abandonner mon chef de rubrique qui m’horripile, je n’aime pas sa façon de parler, sa façon de me regarder avec ses yeux de merlans frits, sa manie de me coller tous les sujets parce que je suis la seule pigiste à aller aux réunions… Donc je chemine sur le tapis roulant de Châtelet, tenant fermement ma poche dans laquelle sont rangés mes précieux livres dédicacés quand un homme me croise et se retourne vers moi : « que vous êtes rayonnante ! ». Je suis un peu surprise car je l’avais pas vu arriver. « Vous semblez fatiguée mais pourtant, vous êtes lumineuse, quel bonheur ! ». Il me demande la raison de cette lumière, je lui réponds que j’ai rencontré quelqu’un de merveilleux, dans la journée. Le monsieur me remercie une nouvelle fois et s’en va sans me taxer mon numéro ou autre.
 
Tu vois, Amélie, grâce à toi, grâce au bonheur que tu m’as apporté, j’ai apporté un peu de lumière à quelqu’un.
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