Franck Thilliez : un polar à la française

Aujourd’hui, je vais m’arrêter quelques instants sur un auteur de polar assez en vogue, il me semble, Franck Thilliez. On reconnaît ses polars assez facilement : le titre contient un mot. Je n’ai pas lu toute la prose du monsieur, je dois malheureusement aller travailler au lieu de rester tranquillement à lire, je vous parlerai donc de deux romans : Rêver et Angor.

Franck Thilliez

En fait, je ne vais pas tellement vous parler de ces romans mais plus d’un truc qui m’interpelle mais que je voulais pas mettre dans le 1er paragraphe car des fois, il peut remonter sur des réseaux ou moteurs de recherche et je voulais pas spoiler gratos. Donc si vous n’avez pas lu au moins ces deux romans là mais que ça vous fait envie, quittez cet article à la fin de ce paragraphe. Je vous donne juste mon avis avant : ça fait bien le job, je conseillerai un peu plus Rêver quand même. Oui, lisez Rêver, il est vraiment pas mal.

Franck Thilliez - Rêver

Donc ici, je vais parler un peu plus d’Angor que j’ai lu en second car le vrai sujet est : les feuilles de route de l’écrivain et leur duplication. En gros, quand j’ai lu Rêver, j’étais en découverte de l’auteur. J’avais deviné pas mal d’éléments de résolution de l’enquête (ça commence à me saouler, je lis trop, je pense) mais voilà, je me prends une sorte de happy end dans la face sans surprise mais ça passe. Du coup, en lisant Angor, je reconnais quelques moments clés et c’est mort : je sais que ça finira bien. Et pas qu’un peu. C’est un peu comme dans New York unité spéciale et tous ses avatars, dans chaque épisode, tu as une arrestation musclée à base de suspect qui se barre en courant. Et bien je vous l’annonce : ce n’est pas lui le coupable. A chaque épisode t’as ce mec qui se barre mais en vrai, c’est pas un meurtrier, c’est en général un petit dealer moisi, un truc du genre.

New York police unité spéciale

Du coup, ça te nuit pas mal au plaisir de la lecture. Pour Thilliez, j’aurais pu me planter, je n’en avais lu qu’un avant mais j’étais persuadée que ça finirait en feu d’artifice… Et du coup, ça me motive moyen d’en lire un 3e (même si c’est vraiment parfait pour de prochaines vacances mais j’ai déjà une PAL* bien grasse). Un peu comme Victoria Hislop dont j’avais déjà parlé… Mais faudra que je vous cause de la reine du copier/coller, tiens, ça aussi, c’est un bon sujet.  

 

*Pile à lire

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Plot twist et motivation des personnages : la grande incrédibilité

On parle toujours de mon roman horribilus, bonjour. Heureusement que j’avais pris des notes, c’est fou comme un roman de 160 pages très mal écrit peut susciter comme réaction. C’est un peu mon Uwe Boll à moi (sauf que je cesserai l’expérience à un seul livre, je privilégie la bonne came… et j’ai déjà à peine le temps de lire des livres qui me tentent alors bon…)(c’est pour ça que j’ai jamais fini After, d’ailleurs). Donc après le choix du ton, le personnage débile et l’auto spoiler, on revient sur le suspense avec le plot twist de fin et la motivation des personnages… Parce que j’ai toujours pas compris, en fait.

La motivation des méchants

Donc petit récapitulatif : notre héroïne Mickey et son pyjama troué Hello Kitty (non mais j’en peux plus rien que d’écrire cette phrase) a été embarquée dans un faux camp de concentration par son ex avec fausse exécution et tout. Ca, on le sait parce qu’elle nous le dit, dès le départ. On va donc avoir un plot twist et on le sait… Alors pourquoi pas, dans l’absolu, on est drogués à ça depuis 6e sens, Sex crimes ou je ne sais quoi mais quand on te prépare à un mindfuck, ça ne marche pas. Non mais imaginez, vous allez voir un film au ciné et le mec d’à côté n’arrête pas de vous dire “c’est pas ce que tu crois, c’est pas ce que tu crois”. Du coup, inévitablement, vous ne suivez l’histoire que d’un oeil tout en guettant le moindre indice et quand la vérité explose… ben on avait deviné (sauf si c’est vraiment bien mené mais en général…).

Last Child plot twist bodies for babies

(Hihi)

Concernant notre roman horribilus, j’avais bien vu venir le plot twist genre avec panneaux de néons… mais j’ai toujours pas compris en fait. Pour faire bref : Mickey se retrouve chez la nouvelle Présidente de la République, Ruby Labenne (je suis si fatiguée par tant de subtilité), pour un week-end chasse. Comme notre super autrice nous a bien prévenu que les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être et nous fait bien comprendre que les comédiens du camp de concentration sont tous là, on sent le climax final arriver. Bon, en gros, Mickey se retrouve à assister à l’exécution de la Présidente sous l’oeil de caméras. Pourquoi ? Et c’est là qu’on se met à salement pédaler dans la choucroute.

Témoin muet d'Agatha Christie

Toute cette histoire a donc été organisée par l’ex de Mickey, Esmerald, qui a monté tout un truc très complexe juste pour que Mickey se retrouve au week-end de chasse pour être témoin et écrire ce qu’il s’est passé. Pourquoi ? Parce que “tu es la meuf la plus égocentrique du monde, je savais que tu serais en train d’écrire ton nouveau livre et que tu ne suivrais pas l’actu donc je pourrai monter tout ce traquenard pour te faire venir ici et que tu écrives ensuite sur la mort de ma tante”. Je… hein ? On va juste un peu récapituler : au début du roman, on nous explique qu’à l’élection de la Labenne, des manifestations ont lieu donc on peut supposer qu’il y a un peu plus de 3 opposants… Du coup pourquoi prendre la meuf qui s’en fout le plus au monde (et qui écrit affreusement mal) pour écrire un témoignage sur cette nuit sanglante ? Parce qu’elle avait déjà écrit un roman pour dénoncer le Bloc National (un roman de vengeance de gamine) ? La meuf s’en fout, tout le roman tourne autour du fait qu’elle s’en fout, qu’elle ne pense qu’à elle, qu’elle est réellement stupide et inculte, peut-on imaginer pire comme témoin de l’histoire ?

Egocentrisme

Cette photo est problématique

Bref, déjà que je ne suis pas convaincue de la nécessité d’un plot twist à tout prix car c’est quelque chose de difficile à manier, le faire reposer sur un raisonnement totalement illogique des personnages, ma foi… A la limite, le roman aurait pu avoir de profondeur si le camp de concentration était réel et que Mickey se battait pour sa survie mais même si elle ne sait pas que tout est faux, elle s’en branle. Elle.s’en.branle. Je pourrais aimer l’idée que l’Histoire t’appelle, par exemple. Mais non, là, rien n’a de sens.

Nombril de femmes

Mais je ne vous ai pas encore parlé de la méchante de l’Histoire, la Sorcière au sens propre du terme, à bien y penser : Rubis Labenne. Je vous en parlerai une prochaine fois parce que niveau subtilité, sans surprise, on repassera.

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Big little lies : et si on arrêtait de se stresser avec le suspense ?

J’ai vu une série, j’ai besoin de vous en parler car j’ai une vraie interrogation. Lors de mon retour de Tokyo, j’ai maté les tous premiers épisodes de Big little lies, une série assez proche d’un Desperate Housewives en un peu plus HBO. Si cette série ne m’a pas bluffée plus que ça, je m’interroge : j’avais tellement deviné la fin qu’il me semble impossible qu’ils aient cherché à masquer ce qui allait se passer. Après tout, ne sacralisons-nous pas trop le suspense ?

Big Little lies

En fait, j’exagère un peu. La construction de la série m’a bien plu : dans le premier épisode, on apprend que quelqu’un est mort et c’est à travers les témoignages des uns et des autres qu’on va reconstruire l’histoire. Mais on ne sait pas qui est mort. Sur ce point là, j’avoue que je me suis un peu loupée. J’avais déterminé assez facilement qui ne mourrait pas (Jane était évidente, un personnage parlant d’elle au présent à un moment, je n’avais pas de doute non plus sur Madeline et Renata. En vrai, moi, je pensais à l’institutrice, ça aurait fait un bon rebondissement) mais j’avais pas la bonne hypothèse sur lae mort.e . Par contre, quelques minutes avant le dénouement final, là, j’avais tout, je balançais ce qui allait se passer une minute avant que ça n’arrive.  Il y avait toute l’histoire autour de Jane notamment, était-on vraiment censés être surpris par la big révélation de fin ?

Le viol de Jane dans Big little lies

Du coup, je me pose la question : quel était le vrai sujet de la série ? L’identité de la victime, certes, mais est-ce que l’histoire de Jane était un élément central du suspense ou juste un fil de la toile pour décrire cette société américaine terriblement bourgeoise et bien pensante qui se sourit par devant et se vomit dessus par derrière ? Mais du coup, était-il utile d’insérer cette histoire là si elle était bâclée ? C’est quelque chose de très symptomatique des séries je trouve : pour durer les 10 épisodes de 45-60 mn que comptent en moyenne une saison (estimation au doigt mouillé, flemme de chercher des infos), faut un peu mettre de gras autour de la colonne vertébrale, quoi… Ce qui n’est pas un mal en soit sauf que j’ai parfois l’impression que ça génère des sous intrigues pas forcément passionnantes… Il m’arrive parfois, en matant des séries, de lever les yeux au ciel quand on passe sur une sous-intrigue en mode “non mais elle m’intéresse pas cette histoire, revient à l’autre, là !” . Bon, cette stratégie de mêler des fils dorés et des fils de basse qualité nous permet cependant d’abandonner peu à peu ces épisodes “filler”, ces épisodes un peu vides et sans intérêt qui sont un peu là pour remplir la saison. C’est pas mal le cas dans The walking dead ou Game of thrones où on est sur un rythme global de “1-2 épisodes de début de saison haletant – milieu de saison chiant avec un peu de relance avant la coupure (surtout the walking dead pour le coup) et final tonitruant”. En général, quand vous regardez ce genre de séries, ça donne à peu près ça “ohlala, ça reprend ce soir, je ne raterai pas le premier épisode – OH MON DIEU C’EST ENORME(bon, pas toujours) – pfff, j’en ai marre de cette série, elle est nulle, il ne se passe rien – OH ENORME CET EPISODE DE MI SAISON, J’AIME TROP CETTE SERIE – zut, je me suis encore endormie pendant l’épisode – OH MON DIEU CE FINAL, JE VAIS PAS POUVOIR ATTENDRE 8 MOIS POUR CONNAITRE LA SUITE !”*

Jane et Madeline dans Big little lies

Ou alors… nous donner un peu de biscuit facile à digérer, ce ne serait pas un peu une façon de nous flatter l’ego et faire passer mieux certaines pilules… Ou juste pour nous faire revenir à la série, juste pour voir si nous avions raison ou non dans nos intuitions (ça a très bien marché avec moi, pour le coup).Au sujet des pilules à faire passer, nous parlerons la semaine prochaine de Dark, la série allemande made by Netflix

 

* Je m’excuse pour cet abus de majuscules

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Peut-on aimer un roman dont l’héroïne est stupide ?

Non ! (générique de fin) . Ecrire un livre est un équilibre difficile à trouver, surtout si tu veux mettre un peu de suspense dans ton histoire. Par exemple, sur tout ce qui est enquête, il faut donner un minimum d’éléments pour faire progresser la narration mais garder suffisamment de mystère pour ne pas se mettre à hurler sur le héros ou l’héroïne “putain mais t’es con, c’est Michel le tueur, tout le monde le sait sauf toi !”. Et dans le roman horribilus, l’héroïne est stupide. Stupide et immature… Peut-on avoir envie de gifler un être de papier. Là, je vous garantis que oui.

Personnages en papier journal

a few cut out figures made of newspapers

Je récapépète pour ceux qui découvrent le roman horribilus sur cet article (vous pourrez remonter ensuite sur les quelques articles que j’ai pu pondre sur le sujet) : l’héroïne est raflée quand la candidate du Bloc national est élue présidente, tout ça parce qu’elle a écrit un pamphlet sur le parti… Pas par conviction politique, juste pour se venger de son ex qui est le neveu de la nouvelle présidente. Oui, notre héroïne, Mickey de son doux surnom (non mais déjà, je sais le problème : l’autrice hait son personnage, je ne vois pas d’autres explications pour lui avoir donné un sobriquet aussi nul)(non parce que parenthèse de scribouilleuse : mes héroïnes ont toujours un prénom que j’aime bien genre j’aurais une fille, je l’appellerais Ofelia ou Svea… Mais c’est pas à l’ordre du jour), Mickey, donc, est une écrivaine sur Amazon (??) et quand on la largue, elle se venge via l’autopublication. Et elle se la pète putain de grave, en fait. Genre c’est une écrivaine, quoi, elle ne parle que de ça, tout le temps, et oublie même que le monde continue de tourner autour de ça… Non parce que la meuf est tellement occupée avec son nouveau roman qu’elle n’a même pas suivi qu’il y avait une élection présidentielle. Je… Alors je peux comprendre qu’on ne se passionne pas de politique, je dis pas, mais quand même…

L'héroïne est stupide

Je m’excuse auprès d’Eve Angeli d’avoir choisi cette illustration. Mais son personnage public colle bien au personnage, en fait

Bref une fois raflée, elle se retrouve dans un camp de concentration où elle pleure tout le temps sur son pyjama troué. Oui, elle a été raflée alors qu’elle portait un pyjama Hello Kitty troué à l’entrejambe et ça la gêne. Je sais qu’en cas de traumatisme, on peut focaliser sur sur des choses sans intérêt, s’accrocher à des détails. Mais je sais pas, je vois une nana se faire abattre suite à un acte de résistance, je ne suis pas sûre que mes principaux problèmes soient un trou dans mon pyjama et de partager une chambre avec mon ex, je crois que ce serait plutôt ma propre survie. Mickey ne comprendra jamais rien durant tout le moment, focalisant sur l’accessoire, l’autrice cherchant clairement à nous semer pour pas qu’on devine la fin… Sauf que si on ne la devine pas, c’est surtout qu’elle n’a aucun sens mais j’y reviendrai.

Pyjama Hello Kitty

Ce qui m’interpelle le plus, c’est de faire de l’héroïne une idiote immature et ridicule. Je veux dire dans quelles conditions je veux bien lire une histoire avec une héroïne avec un pyjama Hello Kitty troué (élément qui revient plusieurs fois) ? Un article de blog, une histoire sur Twitter mais pas un roman en entier, non. Je peux comprendre la démarche de l’autrice qui veut un peu faire de son héroïne une anti héroïne, elle n’est pas surpuissante, elle est juste humaine… Ce que j’aime bien sur le papier, je l’ai déjà souligné pour Juliette de Silo, Rainie de Disparue… Sauf que là, c’est plus une anti héroïne, c’est une héroïne de blague : prénom et surnom ridicule, tenue ridicule aussi, QI de poulpe (la version morte du poulpe), égocentrisme… On dirait l’antagoniste d’une héroïne sympa qu’aurait imaginé une enfant de 8 ans, peut-être 10, allez. Une fois de plus, on est dans le trop forcé et finalement, à la fin, t’es un peu déçue qu’elle ne soit pas morte… Ca, ça aurait été du Plot twist. D’ailleurs, à propos de plot twist… Nous en reparlerons une prochaine fois.

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Leçon d’écriture 1 : ne pas s’auto-spoiler

Je vous l’avais promis [il y a un mois], nous allons aujourd’hui parler d’un des pires romans qu’il m’ait été donné de lire. Ou plutôt de ce que j’estime des défauts rhédibitoires parce que bon, le roman en lui-même, je vais vous le résumer en deux lignes : un parti genre FN gagne les élections de mai dernier, l’héroïne Michelangela dite Mickey (déjà, rien que ça) est déportée en tant qu’opposante politique sauf qu’en fait non, elle a juste autopublié un roman pourri sur sa liaison avec Emerald, petit fils de la famille Labenne (Labenne, La benne, Le Pen… vous suivez ?) mais en vrai, c’est pas un vrai camp de concentration, c’est un plan tordu de Emerald. Et je vous spoile rien, l’autrice vous raconte ça elle-même. Oui, je n’avais jamais vu ça mais l’autrice torpille son suspense en s’auto-spoilant toutes les 10 pages.

Spoiler alert - s’auto-spoiler

Un exercice particulièrement compliqué dans l’écriture, c’est de ménager son suspense. On doit amener son lecteur là où on veut qu’il aille tout en lui plaçant subtilement des oeillères pour qu’il ne devine pas où on veut l’amener avant la fin. C’est le cas des polars et autres thrillers mais pas que : dans un roman, si je sais comment ça se finit, mon enthousiasme sera somme toute relatif. Sauf quand c’est bien écrit, ce qui n’est absolument pas le cas dans le roman qui nous occupe aujourd’hui. On y reviendra. Donc ici, on suit le périple de Mickey dans un camp de concentration, elle suit une sorte de cours de propagande quand une élève se rebelle et est tuée. Là, c’est la tension, tu te dis “ah Merde, ça rigole pas… tu peux flinguer l’héroïne du coup ? Elle est vraiment trop stupide”. Sauf que juste après, l’autrice t’explique sans trembler qu’en fait, elle apprendrait que tout ça, c’était du chiqué et que personne n’est mort, que le camp est un coup monté et que la fille n’est pas morte. Pardon ? Alors certes, on me dira que c’est juste déplacer le suspense de “Mickey va-t-elle survivre au camp” à “mais pourquoi il a fait ça Emerald”… sauf que l’enjeu n’est pas tout à fait le même (spoiler : la raison est absolument merdique en plus).

Papy fait de la résistance

Oui, j’allais pas mettre une photo de camp de concentration en illu, j’ai préféré Papy fait de la résistance

Autre point : les fusils de Tchekhov. Pour ceux qui ne regardaient pas Karim Debbache que je cite très souvent (allez regarder !), petite explication : Tchekhov expliquait que si l’on évoquait dans l’acte 1 la présence d’un fusil, il doit servir dans l’acte 2 ou 3 sinon, il est inutile de le mentionner. Ici, l’autrice nous en saupoudre à droite, à gauche… Mais à l’arrivée, le fusil est enrayé. Exemple : elle évoque un garde qui a une sorte de grain de beauté au coin de la bouche. Quelques pages plus loin, elle se retrouve en réception chez la nouvelle présidente de la république et repère un mec qui a un bout de peau près de la bouche et elle est là, “mmm, il me dit quelque chose ce garçon”. Comme on n’est pas trop cons, on percute de suite qu’il s’agit du gardien… Tu le sais d’autant plus que tu sais déjà que toute cette histoire de camp n’était qu’une mise en scène avant même que l’héroïne ne le sache. Mais le pire, c’est qu’après avoir insisté sur cet homme et son bouton à la bouche, elle n’en fait rien. Du coup, pourquoi ? Je veux dire, elle fait l’effort de changer de vocabulaire pour parler de ce grain de beauté, volonté de nous perdre ou de nous faire comprendre que l’héroïne ne percute pas ? Etions-nous censés faire le lien ou non ? Je suis perplexe… On répète : si tu mets un fusil en évidence dans l’acte 1, il doit servir dans l’acte 2 ou 3 sinon, jette. Bon, personnellement, j’ai un peu envie de nuancer ça… Ah ben tiens, je vais écrire un article dessus un de ses 4. Mais si je ne suis pas 100ù d’accord avec Tchekhov sur ce point, là, pour le coup, je comprends qu’un fusil de Tchekhov mal géré, ça crée plus de confusion que nécessaire dans l’esprit du lecteur.

Enfant confuse

Du coup, on se retrouve avec un roman qui te présente une histoire avec un gros enjeu (l’arrivée d’une potentielle dictature en France) mais qui se désamorce lui-même toutes les 10 pages. Ah et il faudra que je vous parle du ton, aussi. A suivre !

 

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Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand

Dans la vie, j’ai trois passions  : lire, écrire et boire du café. Bon et puis voyager, dormir, rire, câliner… Mais restons sur les trois premières citées. En me baladant dans les rayonnages étroits d’une librairie, j’aperçois un livre qui m’interpelle : Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand … Un livre publié par une vraie maison d’édition après avoir cartonné en auto édition. Quelle belle histoire, voyons ça de plus près.

Couverture du livre "les gens heureux lisent et boivent du café" d'Agnès Martin-Lugand

L’histoire : après avoir perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture, Diane se laisse sombrer, s’occupant à peine de sa librairie “les gens heureux lisent et boivent du café”. Un soir de spleen total, elle trouve une vieille Guinness dans le frigo qui appartenait à son mari, elle la boit et décide de partir vivre en Irlande. A côté de chez elle, un bel homme qu’elle déteste d’emblée, il le lui rend bien mais le chien du monsieur l’aime bien elle et crée un rapprochement et…

setter irlandais race de chien

Heu stop. STOP ! Pardon ? Un livre qui parle de lire et de boire du café ne parle ni de livre ni de boire du café, en fait ? C’est juste une comédie romantique lue et relue 50 fois de type “au début, ils se détestent, à la fin, ils s’aiment ?” avec des rebondissements aléatoires et une psychologie des personnages totalement foirée (en deux pages, vous passez vraiment de “ah, je le déteste le voisin” à “oh bé il me propose de partir en week-end avec lui, j’accepte !”) ? Le livre me tient deux jours (les vacances permettent de lire vite) et je le range au fond de ma valise, me sentant trahie.

Village de pêcheurs en Irlande

J’aimais cette histoire de petite écrivaine caféinomane et bibliophage qui écrivait son petit roman, un roman forcément intelligent parce qu’il y a une librairie dedans et je me retrouve avec une resucée de “Mange,prie, aime”, sans la nourriture et la prière, à peu près. Et pourtant, j’aime l’Irlande, ce qui aurait pu me rendre indulgente avec le roman mais j’avoue, les bluettes, je déteste ça surtout quand on passe aussi brutalement de la haine réciproque à une tendresse voire un amour qui sort de nulle part. L’héroïne est censée être dévastée mais je ne ressens rien pour elle, en fait, aucune empathie. Elle est juste chiante comme la plupart des héroïnes de ce type de roman et je parle pas de son nouveau prince. Et évidemment, le traditionnel coup de théâtre qui remet tout en question, le gros drama où tout aurait pu être réglé en 5 mn si les gens s’étaient parlés un minimum mais non, personne ne fait jamais ça dans ce genre d’histoire et tu as envie de tous les frapper.

Lady Gaga prestation live Monster Tour

Alors vous allez me dire que je suis dure avec ce livre et c’est sans doute vrai mais je me suis sentie trahie et arnaquée. Parce que le (super) titre du livre, c’est juste le nom de la librairie où Diane ne va in fine jamais, JAMAIS. C’est un peu comme le roman de Gilles Legardinier lu y a quelques années que ma mère m’avait acheté car elle avait trouvé la trombine du chat de la couv trop mignonne…

Couverture du livre demin j'arrête de Gilles Legardinier

Et ouais j’avoue mais ce chat n’égalera jamais mon nouveau crush félin absolu : Rosie, le chat husky (je l’ai même mise en fond d’écran de mon pc du bureau à la place de Batman qui faisait un thumb up mais je vous jure que la tête de ce chat me rend heureuse instantanément)

Rosie, le chat qui se prend pour un husky

Mais le roman était nul, tu sais dès le départ comment ça va se finir… Enfin non parce que j’ai cru qu’il allait se passer un truc mais non… J’aime pas les bluettes romantiques, sorry.

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