Les polars suédois : découvrons Asa Larsson

Pendant mes vacances de Noël, je suis allée fureter dans la bibliothèque maternelle pour me faire un petit plein. Hop, un Frank Thilliez (Angor dont j’ai parlé la semaine dernière), le “Je suis Pilgrim” que je n’ai pas commencé et donc Tant que dure ta colère d’ Asa Larsson. Que j’ai pris par accident car on était pressés et j’ai cru que c’était un  auteur islandais. Du coup, j’ai cru que j’allais lire une histoire islandaise, j’étais de retour en Suède. A Kiruna, précisément.

Tant que dure ta colère d'Asa Larsson

Kiruna, je connaissais. Pas personnellement mais c’est aussi là que se déroulait la série “Jour polaire” dont je vous parlerai peut-être un jour, tiens. Je suis toujours un peu circonspecte par rapport aux polars suédois : j’ai adoré Millenium, j’avais aimé le premier opus des Camilla Läckberg, j’étais moyen convaincue par Viveca Sten. En cause dans mes légers agacements : ce que j’appelle le “syndrome Julie Lescaut” genre dès qu’il se passe un truc dans le bled, il y a forcément un lien avec l’héroïne de l’histoire. Genre Ericka sympathise avec une voisine qui vient de débarquer ? Celle-ci sera forcément liée au prochain meurtre. Et pompon sur la Garonne côté Läckberg (je n’ai lu qu’un Sten, j’avoue), Ericka se met systématiquement en danger comme une idiote. Le pire, c’est que pendant tout le roman, son mec, policier de son état, n’arrête pas de dire (ou penser) “non mais tu restes à la maison, tu vas pas renifler la merde, hein ?” “Non,non…”. Et bien dans le dernier quart du roman, de façon systématique, notre amie Ericka se retrouve menacée de mort par un meurtrier ou un membre de la famille de ce dernier qui veut “enterrer” le secret. Ca, c’est plus le syndrome “Charlotte Valandrey dans Cordier juge et flic” (aucun souvenir du prénom du personnage mais j’ai l’impression qu’elle passait son temps à se faire kidnapper/menacer de mort) Si ce n’est elle, c’est donc sa soeur. Donc du coup, je ne vais pas si facilement vers les polars suédois.

Kiruna, Suède

C’est un peu joli Kiruna 😉

Et donc ici ? La petite histoire : Wilma et Simon décident de plonger sur l’épave d’un avion oubliée mais sont assassinés. On va donc suivre l’enquête menée par Rebecka, la procureure, Anna-Maria, la policière… et Wilma. Son fantôme. Puis tous les impliqués. Ce qui fait qu’on en sait long dès la moitié du roman et le reste du temps va consister à exposer les raisons des incriminés et surtout la fin de l’enquête avec Wilma qui guette. Et point positif, gros point positif : les morts ne sont pas liés à Rebecka, encore moins à Anna-Maria donc on sort du syndrome Julie Lescaut. Alleluïa ! Finalement, la proximité des morts, de leur famille et des criminels liés à leur décès… ben ce sont les morts eux-même, Wilma en l’occurence.

Lac à proximité de Kiruna en Suède

Alors, ce roman est bon. Oui. Mais juste bon, en fait. Pas plus. Un délicieux polar avec une ambiance glaciale comme on aime, moi tout du moins, mais… en fait, on s’en fout un peu des morts et des criminels. Il est possible que je n’ai pas commencé par le meilleur, j’ai bien compris par quelques périphrases que ces personnages s’étaient déjà croisés auparavant, on fait référence à des éléments du passé des policiers et de la procureure sans entrer plus dans les détails mais il manque quelques notes de bas de page pour savoir quels sont les romans que j’ai ratés. En fait, à l’arrivée,

Spoiler
on ne comprend pas bien les causes du meurtre. On s’attend à des révélations de dingue, le roman nous pousse en ce sens mais… c’est un pet de mouche pas vraiment sensé. Du coup, c’est sûr que c’était pas la peine de nous faire languir pour savoir qui était le tueur ou la tueuse vu que le pourquoi est totalement abusé. J’insiste : si la motivation des personnages n’est pas solide, le roman retombe comme un soufflé

Paris sous la neige

Ca en vrai, c’est une photo que j’ai prise cette semaine ici même mais laissez-moi croire que je suis partie

Donc ce roman : c’est oui, il se lit vite, parfait pour les vacances… mais un peu tendre, encore. Je ne me précipiterai pas sur le prochain opus.

Rendez-vous sur Hellocoton !

C’est quoi un bon roman ?

Depuis quelques semaines (enfin une puis j’étais en vacances), je vous parle d’un roman horrible mais si on peut tous définir un mauvais roman (le truc qui nous tombe des mains, qu’on oublie sur un coin de la table de nuit en privilégiant une bonne partie de candy crush plutôt qu’une séance lecture). Du coup, un bon roman, c’est quoi ?

Lire avant de dormir

Je vais passer sur les qualités littéraires de l’oeuvre. Je ne suis pas éditrice et je considère le style comme du sel : ça rajoute du goût au plat mais si c’est dégueu à la base, ça ne sauvera pas le tout. L’appréciation est toute personnelle et nous ne sommes pas sensibles aux mêmes choses donc je vais vous parler de ce qui, moi, me fait dire que ce roman, là, il est vraiment au-dessus de tout

Lire allongé

Je ne le lâche pas

Ca paraît évident mais il va quand même falloir un peu nuancer le propos. Il y a des romans que je dévore parce que je suis totalement prise dans l’intrigue, chaque milliseconde de libre dans mon emploi du temps va être consacré à dévorer ce roman. Il m’arrivait, quand j’étais plus jeune et surtout plus célibataire, de passer des nuits blanches sur un roman et j’adorais ça. Aujourd’hui, j’ai un peu moins de temps pour la lecture, essentiellement parce que je bosse huit bonnes heures par jour et que j’essaie d’écrire un peu aussi mais j’adore ces romans dans lesquels je me réfugie avec plaisir, que je trimballe partout en espérant pouvoir voler cinq minutes à ma vie pour grignoter une page ou deux. Oui, un bon roman me rend boulimique… Mais parfois un roman moyen voire pas terrible aussi. Pour filer la métaphore culinaire, parfois, on a faim pour un bon boeuf bourguignon et des fois, on a la dalle et on s’avale des cacahuètes ou un kinder Maxi. C’est pas délicieux mais ça remplit. Et puis surtout, il m’arrive de dévorer un roman moyen voire pas terrible juste pour voir si j’avais raison. Je déteste ne pas finir un bouquin parce que j’ai besoin d’avoir la fin qui peut, parfois, sauver les meubles ou, au contraire, finir de clouer le cercueil. Le pire étant quand la fin ne me surprend pas, quand j’ai deviné qui était le coupable ou comment ça allait se terminer, démontant les rebondissements avant qu’ils n’arrivent. Parfois, je ne le fais pas exprès comme dans le dernier Camilla Läckberg, Le dompteur de lions, où j’avais deviné quasi tout mais sur le dernier plot twist, alors qu’il me restait encore quelques pages, je me disais “ah ben moi, j’aurais fait plus comme ça, ça aurait été un vrai retournement et… ah bah c’est ça en fait.” Idem pour Disparue de Lisa Gardner où j’ai cru avoir deviné, je me suis ensuite dit “ah je me suis peut-être trompée mais du coup, ça me donne une bonne idée… Ah ben si, j’avais raison en fait”. Donc le fait que je le dévore n’est pas un indice infaillible donc quoi d’autre ?

Qui est le coupable

L’envie d’écrire

Ca, c’est déjà un meilleur indice mais ce n’est pas non plus absolu. Quand je lis un roman (ou vois une fiction, ça marche aussi) qui me touche d’une façon ou d’une autre, ça me donne une violente envie d’écrire. Une histoire dans le même univers, m’en inspirer, faire ma propre version. Par exemple, en ce moment, je lis Dracula de Bram Stoker et je me rends compte que ça me stimule pour écrire. Pas un roman de vampire, c’est pas un sujet qui me branche, mais ce côté journaux intimes et lettres pour tisser un récit, oui, j’aime bien. Pareil pour la série the Handmaid’s tale qui m’inspire un peu sur le côté dystopique, quelques épisodes de Black Mirror… même quand une série me déçoit, genre Lost, j’ai envie de prendre le sujet pour en faire ma version.

Lost : le casting

L’obsession

Et c’est là, je crois, qu’on touche au sublime : la trace que me laisse un roman. Vous savez, quand vous lisez un roman génial et que vous êtes partagés entre la hâte de terminer pour connaître la fin et la tristesse de le laisser sortir de votre vie. Bien sûr, on peut relire mais il n’y aura pas le plaisir de la découverte et, pour ma part, je ne relis quasi jamais un roman, essentiellement parce qu’il y a beaucoup trop d’ouvrages à lire pour ne pas enchaîner. Je respecte ceux qui relisent, bien entendu, c’est pas un débat. Mais parfois, il y a un livre qui laisse son empreinte, je le finis et… j’ai un peu de mal à enchaîner directement. Besoin de digérer, de réfléchir un peu, d’imaginer comment j’écrirais une histoire qui ressemblerait à ça… Parfois, je n’ai pas conscience de suite que je suis marquée. C’est comme Fahrenheit 451, je l’avais trouvé bizarre quand je l’avais lue ado (parce que j’avais pas tous les outils intellectuels, je ne connaissais même pas le nom “dystopie”) mais il a laissé une énorme trace dans mon imaginaire, il est plus ou moins celui qui m’a inspiré une partie de Technopolis (ça et une partie de Batman forever, l’esthétique de Gotham telle que je m’en souvenais car j’ai un jour revu le film et c’était absolument laid).

Gotham cit version Schumacher

J’aime bien l’idée des statues géantes, voilà

Du coup, c’est peut-être ça, la réussite d’un roman : devenir suffisamment viscéral pour ne pas s’arrêter à la dernière page.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee

Je me suis demandée s’il était pertinent de présenter sur ces modestes pages un classique de la littérature américaine mais vu que dans mon entourage, personne ne connaissait et que *spoil* c’est mon coup de coeur de l’été, voici donc “Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur” d’Harper Lee.

Couverture du livre "ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee

Si vous lisez tous les articles de ce blog (ohé, ça va,  y en a moins qu’avant et ils sont plus courts qu’à la grande époque), vous aurez noté que je lis assez régulièrement Society, magazine dans lequel je trouve un peu de tout dont un article sur Harper Lee, écrivaine one shot amie de Truman Capote et, apparemment, génie littéraire. Comme j’aime juger par moi-même et que je trouve le livre comme de par hasard chez Cultura quelques jours après avoir lu l’article, j’y vois un signe et hop, dans ma besace.

Harper Lee lors de sa remise de la médaille d'honneur

C’était trop une mamie Malice, je suis sûre

L’histoire : on suit la jeune Scout, 6 ans, qui vit une enfance plutôt heureuse et insouciante à Maycomb, Alabama, avec son frère Jem et son père, Atticus. Un été, les deux enfants se lient d’amitié avec Dill et font les 400 coups, se créant notamment un scénario sur leur mystérieux voisin, Boo. Bref, ça sent bon le cookie maison trempé dans le verre de lait.

des cookies et un verre de lait

L’enfance va, doucement. Nos jeunes héros sont parfois un peu turbulents, leur père bienveillant jusqu’au basculement. Un jour, Scout se bat à la récréation avec un petit garçon qui lui dit que son père “est l’ami des négros”. Même si elle ne comprend pas ce que ça veut dire, elle se fâche et le frappe. Son père la gronde et on apprend qu’Atticus a été commis pour défendre un jeune Noir accusé de viol. A partir de là, on va assister à la violence raciste ordinaire, le village de Maycomb dans tous ses états puis le procès, le tout raconté par Scout.

Gregory Peck est Atticus dans le film tiré du roman "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee

Et ce livre est une pépite. D’abord pour le portrait de cette Amérique blanche et raciste mais surtout pour la finesse d’écriture. Il y a souvent un énorme problème d’écriture sur les enfants à savoir qu’on sent que ce sont des adultes qui écrivent sur des comportements qu’ils pensent que des enfants pourraient avoir. Ca m’avait particulièrement fait grincer des dents dans les romans de Camilla Lackberg où la fille d’Erica et Patrick marche et parle normalement dès son premier anniversaire. Alors je veux bien admettre que niveau puériculture, je suis pas la reine mais si je me base sur mes petits amours de neveux et nièces ainsi que des enfants qui m’entourent, à un an, la notion de cadeau leur est très étrangère et leur vocabulaire se limite à peu près à “maman” et “papa” et éventuellement “bibi” (mon neveu disait Tata mais je crois que c’était un hasard surtout que moi, c’est tatiiiiiiie). Et si mes deux monstrous marchaient bien à leur premier anniversaire, ça restait un peu hésitant (quoi que Pivoine moins mais elle est carrément plus téméraire que son frère et… ciel, que j’ai violemment rippé dans du hors sujet, là). Vous voyez de quoi je parle ? Ces films, séries ou romans où un gamin de 6 ans va te faire preuve d’une maturité qu’un adulte normalement constitué pourrait lui envier, avec un sens du bien et du mal et celui de l’abnégation et du sacrifice incroyablement développés.

Extrait du film ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee

Et bien Harper Lee, elle tombe pas dans ce piège là. Je me suis sincèrement attachée à Scout pendant la lecture qui est juste une petite fille de 6 ans qui essaie de comprendre le monde qui l’entoure avec les difficultés que ça représente pour une enfant de 6 ans qui ne comprend pas trop pourquoi les gens n’aiment pas les Noirs et qui s’en fiche un peu car elle est plus intéressée par ses histoires d’enfant. C’est doux-amer, c’est brillant, c’est le livre qui m’a le plus marqué ces derniers temps et que vous devez lire si ce n’est déjà fait.

ne-tirez-pas-sur-l-oiseau_moqueur-harper-lee-les-enfants

Alors, dois-je parler de grands classiques de la littérature sur ces pages ? Quand c’est un tel coup de coeur, c’est oui, trois fois oui. On ne sait jamais, vous êtes peut-être, comme moi, passé à côté de ce petit bijou.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Les derniers jours de Pompéi de Edward Bulwer-Lytton

Il y a des livres qui donnent envie de voyager comme les polars suédois de Viveca Sten ou Camilla Lackberg qui me donnent envie d’aller manger des Krispolls dans les fjords suédois ou Tolstoï qui me donne envie d’errer à St Petersbourg dans une belle robe et manteau pas en fourrure pour se la jouer Natacha Rostov ou même encore Victoria Hislop et son ‘Une dernière danse” qui m’a donné envie de filer à Grenade voir ce qu’il s’y passe. Je vous parlerai de Victoria Hislop à l’occasion, je dois lire un troisième roman pour me faire un avis définitif. Mais il y a aussi des romans que tu lis parce que tu es allé sur place et que ça te plaît bien de lire une histoire dont tu connais le décor.

les-derniers-jours-de-pompei

Ecrit en 1834 (oui), ce roman n’a pas pris une ride. On a écrit beaucoup de choses sur Pompéi, il y avait eu un reportage-fiction pas mal du tout sur France télé il y a quelques années ou encore ce film hollywoodien étronique avec Jon Snow (non pas Kit Harrington, Jon Snow). Et on a ce roman qui réussit là où le film a échoué : nous intéresser aux personnages et à l’intrigue.

derniers-jours-de-pompei-1960-02-g

Il n’est pas facile d’écrire une histoire dont tout le monde connaît la fin. Oui, on sait que Pompéi finit enseveli sous la lave du Vésuve donc, techniquement, on lit une histoire de gens en sursis et on pourrait juste se foutre de leurs atermoiements puisque l’on sait qu’ils vont mourir bientôt.

le-dernier-jour-de-pompei

Mais revenons à l’histoire, je m’égare. On observe donc la société pompéienne à travers la vie quotidienne du bel Athénien Glaucus, de sa passion pour la belle Ione, le tout observé par Nydia, une jeune esclave aveugle amoureuse de Glaucus. Mais tout n’est pas rose car Ione est convoitée par l’Egyptien Arbacès, un vil prêtre prêt à tout pour se débarrasser de Glaucus pour récupérer la belle.

Mimmo Palmara, Steve Reeves

Alors dit comme ça, on a envie de dire que ce n’est pas follement original. Et c’est vrai. Glaucus et Ione peuvent même être fatigants tant ils sont neuneu dans leur amour, Nydia a souvent des réactions excessives et pas forcément cohérente, Arbacès est vraiment très très méchant… Mas ça marche. On a pourtant une intrigue très proche de l’horrible film Pompéi, l’esclave aveugle en moins mais là ça marche parce que… Parce qu’on ne sait pas quand va survenir l’éruption. Honnêtement, je dévorais les chapitres en me demandant à quel moment la petite vie de nos personnages va s’arrêter car le volcan entre en action. Et pour le coup, Edward Bulwer-Lytton n’oublie jamais son sujet. Même si l’éruption n’intervient que dans le dernier quart du roman, il dissémine dans le récit quelques signes avant coureur : un étrange nuage sur le sommet du Vésuve, des tremblements de terre…

derniers-jours-de-pompei-1960-01-g

Evidemment, je ne suis guère objective, j’aime les romans historiques, j’aime ressentir des ambiances d’un autre temps, pour peu que l’auteur me dépeigne correctement les tableaux de la vie quotidienne de l’époque. Et là, Edward Bulwer-Lytton y arrive très bien. Donc à lire, vite. Et pour ceux qui ont une liseuse, il est même disponible gratuitement donc aucune excuse.

derniers-jours

“Oui mais sinon, tout le monde crève ou bien ?” Et bien, lisez et vous saurez.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Camilla Läckberg, petits meurtres en famille

Aaaaaah la Suède ! Un pays qui m’attire pour diverses raisons et s’il  n’y avait pas un léger souci d’ensoleillement 6 mois sur 12, j’aurais déjà appris la langue de Nobel pour partir m’installer là-bas. En attendant, je lis quelques polars issus du froid en me disant que j’irais bien y passer quelques jours de vacances (en été).

suede_1

Je vous ai parlé de Viveca Sten la semaine dernière, je vous présente Camilla Läckberg qui nous a concocté une série de romans qui se déroulent de la charmante station balnéaire de Fjabalka… Fjalabalka… Fjalbacka… Fjällbacka. Je n’ai pas la moindre idée de la prononciation du truc. Lors du premier roman, nous faisons la connaissance d’Ericka, fille du pays qui découvre le cadavre d’une de ses amies d’enfance. Le jeune Patrick Hedström est chargé de l’enquête et ce qui devait arriver arriva : ils tombent amoureux.

A noter que Cyanure est un roman à part mettant en scène Martin, le policier qui aide Patrick et qui attire aussi pas mal les psychopathes

A noter que Cyanure est un roman à part mettant en scène Martin, le policier qui aide Patrick et qui attire aussi pas mal les psychopathes

En fait, chaque roman mêle à la fois un élément du passé (une vieille histoire qui a un rapport avec l’enquête en cours), la dite enquête… et la vie privée d’Ericka, Patrick et tous leurs amis. Vous vous souvenez quand je disais que j’étais toujours un peu saoulé par le syndrome Julie Lescaut où tout crime est forcément lié de pas si loin à l’enquêteur ? Et bien là, c’est absolument systématique.

Image tirée de la série "les enquêtes d'Erica"

Image tirée de la série « les enquêtes d’Erica »

Sur la partie vie privée, donc, il y a pas mal de choses assez agaçantes. En un le bonheur un peu too much de nos héros. Ericka et Patrick tombent amoureux et se mettent à faire des bébés dans tous les sens et des bébés plutôt intelligents puisque leur fille de 1 an maîtrise plutôt bien le langage. Autour d’eux, on a droit au boss de Patrick, une caricature de chefaillon aussi incompétent qu’autoritaire et fier de lui, la nuance, c’est pour les faibles. Même si Läckberg essaie de lui fournir une évolution intéressante sur les derniers romans. Autre personnage hyper gonflant : Anna, la soeur d’Erica. Läckberg lui a concocté une vie bien pourrie : un mari violent et pervers narcissique qu’elle finira par assassiner avant de se mettre à la colle avec le meilleur ami d’Erica, un enfant perdu, dépression, dépression, dépression. Parce que faut savoir qu’à part Erica et Patrick, ça chie pas mal dans la colle pour leurs amis, entre stérilité et cancer tueur, ça ne rit pas tous les jours à Fjällbacka. Mais ça se reproduit beaucoup (sauf le personnage stérile), on a au moins 5 bébés parmi les personnages récurrents plus une grossesse qui se termine mal sur 8 romans, ça fait beaucoup. Ok, bon, Erica a eu des jumeaux, ça fait de suite plus, mais quand même…

Ca se reproduit pas mal dans la série, on dirait

Ca se reproduit pas mal dans la série, on dirait

Bref, la vie privée des personnages prend beaucoup de place dans le roman, sans doute parce que tous les meurtriers du coin sont reliés d’une façon ou d’une autre à Erica, son mari, sa soeur… Non mais en fait, cette fille porte une poisse noire. Elle sympathise avec sa voisine ? On noit l’enfant de celle-ci. Elle va voir un spécialiste de vieux objets nazis ? Il se fait buter. Elle sympathise avec le bibliothécaire ? Il publie un livre et ça devient la merde totale dans sa vie. A un moment, je serais son mari, je lui empêcherais de parler à qui que ce soit, ça lui évitera de gérer tous les meurtres du coin.

Harriet Andersson, Claudia Galli

Harriet Andersson, Claudia Galli

Mais revenons en au polar en lui-même. L’écriture est efficace mais, une fois de plus, je réussis à mettre les pièces du puzzle en place à temps, n’étant donc guère surprise à l’heure du twist final. Mention particulière cependant à “Le gardien du phare” qui a vraiment réussi à m’avoir, faisant donc de ce roman mon préféré de la série et de très loin. Le dernier aussi m’a pas mal surprise… Est-ce qu’à force de pratiquer, Camilla est devenue très bonne pour gérer les fausses pistes et ménager les révélations ? Pas impossible. Car malgré le côté “j’en ai un peu marre d’Ericka qui est au centre de tout” (et de sa soeur boulet), ça reste un moment de lecture agréable que je ne saurai que conseiller. Ne serait-ce que parce que ça donne furieusement envie d’aller à Fjackabala, Fajkaballa… Enfin, là-bas quoi.

Sweden-Roadtrip-Day-1-Fjallbacka-24

(Et il faut que je chope la série, rien que pour les paysages)

Rendez-vous sur Hellocoton !

La Reine de la Baltique de Viveca Sten

Ou “comment je me mets aux polars suédois”

Ce que j’aime le plus dans la lecture, c’est de varier les plaisirs. Mais un genre me laisse toujours un peu dubitative : le polar. J’aime les polars quand ils sont bons et que je suis embarquée dans l’histoire, c’est une lecture parfaite pour les vacances. Mais si j’arrive à deviner le coupable avant la fin, terminé, déception.

9782253000495-T

Après avoir dévoré Millenium, ma dealeuse de littérature (ma maman) me conseillait donc “La Reine de la Baltique”, un polar suédois, donc. Effectivement, je l’ai dévoré en quelques jours.

Young attractive woman with book

L’histoire : Un corps est retrouvé sur la plage de Sandhamn, au large de Stockholm. L’inspecteur Thomas prend l’affaire en main, secondé par Nora, sa meilleure amie qui n’est pas policière mais avocate. Alors que l’enquête avance, un nouveau corps est trouvé…

sandhamn-hotel

On a donc une multiplication des meurtres dans une petite ville où tout le monde se connaît, la suspicion est partout. Ca ressemble presque au téléfilm policier du samedi soir pour France 3. Et c’est un peu là que le bât commence à blesser. Si l’enquête est intéressante, on est noyés de scènes sans intérêt sur la vie privée des personnages : pendant que Thomas pleure sur l’enfant qu’il a perdu d’une mort subite du nourrisson et sur le divorce qui a suivi, Nora est en pleine crise conjugale avec son mari peu compréhensif. Vous allez me dire que ça sert pour poser la psychologie des personnages. Ok, soit.

Un téléfilm de France 3

Un téléfilm de France 3

Mais nous avons aussi un souci de “syndrome de Julie Lescaut” ou toutes les fictions TF1, pour ce que j’en connais. Vous savez, dans un épisode de Julie Lescaut (ou la famille Cordier, Navarro et tutti quanti), il y a toujours une intrigue à la con qui implique systématiquement une des filles de Julie, sa voisine, sa pote, la copine d’un de ses lieutenants… Bref, dans ce genre de série, on crache joyeusement à la gueule de la théorie des 6 degrés de séparation, tous les criminels de Paris sont à maximum 2 degrés de séparation de notre super inspectrice. De la même façon, dans les Cordier, le fils juge ou la fille journaliste étaient systématiquement pris en otage par le vilain de l’histoire*…Chez Viveca Sten, c’est un peu pareil. Je veux bien croire que l’île de Sandhamn n’a pas un million d’habitants mais qui va trouver un cadavre en allant se baigner tranquillement ? Mais oui, c’est notre amie Nora. AH BEN CA ALORS !

Sandhamn-Beach

Et malheureusement, j’avais deviné l’identité du tueur avant la fin alors que je ne suis pas particulièrement douée en la matière, du moins sur la lecture d’un premier roman. J’avais chopé le schéma type de Mary Higgins Clark étant ado puis celui d’Agatha Christie parce que j’en avais lu un certain nombre (et pour MHC, j’ai pas trouvé de suite car j’avais 15 ans). Alors je ne sais pas si j’ai trouvé parce que c’était facile ou parce que j’ai appliqué ma stratégie du “y a un personnage qui sert pas à grand chose, là, ce serait-il pas lui l’assassin ?” mais du coup, à l’heure du twist final, te voilà légèrement désappointé.

Disappointed-Little-Girl

Mais ne crachons pas trop dans la soupe non plus. Ce livre se lit rapidement et agréablement et ça me donne toujours violemment envie de me faire un petit trip en Suède et un livre qui me motive à aller quelque part ne peut être tout à fait mauvais.

Mais ce roman servait surtout d’apéritif avant d’entamer la série des 8 polars de Camilla Läckberg…

bibliothèque_école_des_finances_personnelles

Je vous en parle bientôt !

 

* Bon ok, je dois confesser que je n’ai pas vu beaucoup d’épisodes, je matais ça chez ma grand-mère, petite, quand on y allait une fois par mois mais on va dire que je sais de quoi je parle.

Rendez-vous sur Hellocoton !