Ascension, où comment une bonne idée peut donner une série nulle

Je suis une boulimique de fictions. Je les lis, je les écoute, je les regarde. Récemment, n’étant plus vraiment occupée au travail, j’ai un peu fouillé les catalogues Netflix et OCS. Bon, là, j’ai arrêté car c’est pas bon pour la concentration mais j’ai remplacé par des vidéos de coaching de vie, des fictions audios, des sketches québécois… maintenant, c’est rigolo, la voix dans ma tête parle avec un accent québécois. Bref, en fouillant Netflix, je tombe sur Ascension, une sorte de space (soap) opera que je prends pour une mini série façon Unbelievable ou The I-land. Et je me fais attraper par les premiers épisodes… jusqu’à ce que.

Des humains dans l’espace

Je vous raconte l’histoire : dans les années 60, une fusée habitée est balancée dans l’espace pour se rendre vers Proxima du Centaure, un voyage qui prendra 100 ans. Une centaine Américains (forcément) sont sélectionnés pour habiter le vaisseau, sachant donc que ce seront leurs petits enfants qui arriveront sur place. Alors que la fusée est partie cinquante ans plus tôt, un meurtre a lieu. La première enquête spatiale a lieu. Alors jusque là, ok, sympa mais cette série m’a accrochée suite au twist de folie qui a lieu à la fin du 2e ou 3e épisode. Comme je suis parfois gentille, je ne vais rien vous en dire mais je vous jure que de suite, j’ai trouvé un super intérêt à cette série. Jusqu’à ce que.

Un beau potentiel mais…

Parce que voilà tout le problème : une bonne idée ne fait pas une bonne fiction quoi qu’il en soit. Dans le cas d’Ascension, y avait un potentiel de dingo. Mais c’est si mal écrit, my lord ! En fait, on est dans le cas typique d’un bon squelette sur lequel on a voulu rajouter de la chair mais on l’a fait sans réfléchir. On a droit à des intrigues politiques sur Terre et dans le vaisseau, des intrigues psychiques, des manigances que je n’ai pas bien comprises… c’est touffu, touffu. Et évidemment, à l’ère post HBO, on te met du cul dans tous les sens  parce que. Moi, j’aime bien le cul mais quand ça tombe sous le sens, quand c’est évident. Pas quand un mec avec un chronomètre dans la main remarque qu’on n’a pas vu un nichon ou une fesse depuis trente minutes et qu’il est temps d’en glisser un peu. 

C’est quoi le nom du perso déjà ?

Je trouve les échecs narratifs toujours intéressants. Point numéro 1 : les personnages et leurs noms. J’avais parlé du cas Sophie Dumond dans le Joker, on a un peu la même ici. Alors j’admets que je suis incapable de regarder une série sans faire autre chose à côté genre écrire ou jouer à Mario Kart Tour ou Luigi Mansion (très joli ce jeu au passage). Mais là, j’avais du mal à comprendre qui était qui. Des noms s’égrénaient dans les dialogues et j’étais à me demander de qui on parlait. Il y a même un personnage qui avait l’air un peu important (Ophelia) mais je n’ai même pas compris pourquoi. D’un point de vue des sentiments, également, c’est fort confus. Au milieu de tout ce micmac, on a quelques passions amoureuses mais ça ne marche pas vraiment. Alors qu’il devrait y avoir de l’enjeu et de la tension, c’est plutôt l’ennui. 

De façon générale, les personnages manquent de nuance. On a droit à quelques femmes hautement sexuelles (il faudra que je vous parle de ça) qui sont forcément manipulatrices. Je sais pas d’où vient cette tendance façon Sexcrimes (que j’avais bien aimé, j’avoue) où des personnages très érotisés se trahissent en permanence. Ou façon Catherine Tramell de Basic Instinct… mais je suppose qu’une femme qui aime le sexe est forcément suspecte… c’est chouette qu’on en soit encore là en 2019. 

D’ailleurs, 9 photos sur 10 sur Google Images tournent autour de ces deux femmes
Un bel enjeu mais une mauvaise écriture

En fait, ce qui est dramatique dans cette série, c’est que nous avions un joli enjeu de départ (la survie de l’humanité façon Interstellar) mais les personnages sont si mal écrits qu’on dirait des intrigues de lycée avec des personnages qui se croient investis d’une mission quasi divine. Et c’est là, je crois, la synthèse du grand foirage : ils n’arrêtent pas de s’inquiéter de leur survie car c’est la seule chance de l’humanité d’implanter une colonie… puis ils se chamaillent pour des conneries. Tout en ayant conscience qu’eux-mêmes ne verront jamais cette nouvelle planète mais qu’ils font ça pour leurs enfants. D’ailleurs, c’est amusant. Ils parlent d’enfants, il y a une loterie pour décider quel couple va se reproduire puisqu’il faut maintenir dans la fusée (oui, comme dans Silo)… sauf qu’on ne voit jamais d’enfants à part une gamine d’une dizaine d’années avec des pouvoirs mystiques que la série essaie d’expliquer mais j’ai rien compris.

L’erreur du mille-feuilles narratif

Je crois que la leçon majeure ici, c’est de ne pas se lancer dans un mille-feuilles narratif sans réfléchir à son propos. Les magouilles et manipulations dans une population d’une centaine de personnes enfermées dans l’espace, ça peut marcher. Mais en rajoutant des histoires sur Terre, des amourettes sans intérêt et les pouvoirs de la gamine dont on se fout… La série s’arrête au bout de huit épisodes et se termine clairement sur un cliffhanger… mais il n’y aura jamais de suite. Et franchement, c’est pas grave. Mais regardez quand même les premiers épisodes car si les personnages sont osef, le twist est franchement pas mal. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *