S’engager en politique ?

[Article écrit il y a deux ou trois semaines donc je ne connais pas le résultat du premier tour des législatives mais je sens que je vais bien pleurer dimanche soir] Bien le bonjour ! Ca va la Macronie ? Moi ça va mais je ressens comme un fourmillement, une envie au fond de moi, un grondement de plus en plus puissant… Je veux changer les choses. Pour de vrai, pas juste en tapant quelques articles de ci de là sur mon coin du web ou en retweetant à ma communauté des propos qui ne les convaincront que s’ils sont déjà convaincus, en gros. Eduquer, communiquer, ce n’est certes pas rien mais il est temps de quitter son fauteuil de bureau et d’agir “dans la vraie vie”, comme on dit. Je veux m’engager ! Mais comment ? Pourquoi ? Dois-je choisir la voie honnie pour faire bouger les choses à savoir s’engager en politique.

Femme forte

Je n’aime pas la politique, je l’ai déjà dit. Les magouilles, les pousse-toi que je m’y mette, l’oubli de ceux que l’on est censé représenter (les citoyens) pour grimper sa petite échelle, ça, je peux pas. Mais étant, souvent malgré moi, une citoyenne concernée et inquiète, je ne peux pas juste tout balayer d’une main et vivre ma petite vie en me foutant du reste. Ce n’est pas comme ça que ça marche. Alors que je vois le monde qui ne va pas mieux (euphémisme), je me dis que je dois apporter ma pierre à l’édifice, même si celle-ci a plus la gueule d’un caillou mal branlé. Râler derrière son écran, c’est quand même globalement stérile même si des fois, tu peux apprendre quelque chose à quelqu’un. Des fois, pas tout le temps.

Râleuse

Alors s’engager, ok, mais quoi ? Où ? J’avais assisté dans des temps anciens à une réunion de section du PS et j’avais été saoulée d’entrer par la petite bagarre d’egos entre les uns et les autres. Il y avait là une fracture entre les citoyens concernés et ceux qui s’imaginaient une carrière. Fin du game pour moi. Quelques années plus tard, un de mes camarades décide de s’investir dans la lutte contre le nucléaire : d’abord très actif sur les réseaux sociaux, il tombe quelques mois plus tard dans le mutisme. Je lui demande donc s’il est toujours impliqué “non, j’ai laissé tomber. Tous les gens là-dedans, ils sont là parce qu’ils espèrent monter en politique”.

s’engager en politique

Au défilé du 1er mai, je n’ai pas su si la dame avait choisi cette couleur de ballon exprès mais j’avoue que ça m’a fait rire

Alors me voici, là, à me gratter la tête pour savoir quelle direction prendre. Je sais déjà ce que je ne veux pas mais comment être sûre ? J’ai pensé à Greenpeace mais à mon avis, le côté politique est bien présent… Alors je discute, je me renseigne. J’hésite. Je dois définir ma priorité. L’écologie, l’environnement. Oui. Mais l’éducation aussi, c’est important, non ? Je veux dire à quoi ça sert de militer dans son petit coin quand les gens sont murés dans leurs certitudes. Oui, les certitudes ça peut évoluer mais pas toujours. Et puis y a les Migrants, on peut pas laisser faire. Et puis… et puis… Et puis il y a ce parti. Ce parti avec qui je suis quasiment toujours d’accord sur le projet de société, ce parti presque parfait… ne serait-ce l’opportunisme gonflant de ses têtes d’affiche prêtes à s’aplatir pour choper un ministère, voire un secrétariat d’état. Ce parti là qui se souvient de son moteur qu’épisodiquement, dont les têtes de proue se taisent étrangement sur quelques projets gouvernementaux catastrophiques pour l’environnement genre Notre Dame des Landes, Sivens, la ferme des mille vaches… A part quelques fulgurances de ci de là, une Duflot qui monte régulièrement au créneau, un Jadot qui négocie la fin du projet Notre-Dame-des-Landes et la sortie du nucléaire en s’alliant à un Hamon déjà perdant. Par contre, sur le terrain, ça agit, ça vitupère, ça ne laisse pas faire.

S'engager pour l'écologie

Alors oui, je vais y aller. Je vais attendre la fin des élections législatives et puis, j’irai. Surtout que ma candidate EELV locale, elle a l’air bien inspirante. Mais attention, je ne ferme pas les autres portes. Parce qu’il est possible que je finisse dégoûtée comme je le craignais, je dois aussi investiguer les associations… En attendant mon blog citoyen qui arrivera, promis.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Si Marine Le Pen est élue, à qui la faute ?

Ou pourquoi j’en ai marre de la menace frontiste et l’appel au vote utile/républicain. J’ai choisi mon camp depuis que Jadot s’est retiré (et non, je ne le suivrai pas, plus de PS, j’ai dit, malgré ma sympathie pour Benoît Hamon) et je n’en bougerai pas. Et surtout, je ne voterai pas au second tour pour quelqu’un qui n’incarne pas à minima mes valeurs. Si Marine Le Pen est élue, ce sera donc ma faute ? Bah tiens !

Marine Le Pen

Je reste dubitative quant à la possible arrivée de Mme Le Pen à l’Elysée. Je sais que c’est possible et je sais aussi que beaucoup de gens ne referont pas le même sketch que 2002 à aller voter l’autre par peur. Et pardon une nouvelle fois mais vous voulez vraiment que j’aille voter pour un mec pourri jusqu’au tronc ou un ambitieux narcissique qui me paraît très dangereux pour notre bien-être ? Vraiiiiiiiiiment ? Parce que c’est précisément mon point. Si la mère Le Pen est si haut dans les sondages et sera très certainement au second tour, je ne veux pas entendre que ce sera peut-être de ma faute si elle est élue présidente.

loutre mignonne

Ayant déjà mis assez de photos de la Le Pen dans cet article, je mets une loutre mignonne à la place, c’est meilleur pour notre journées à tous

Si on écoute un peu l’électorat déclaré de Mme Le Pen, on constate que ce qui fonctionne, ce ne sont pas tant ses idées (ce qui rassure un peu) que l’envie de donner un coup de balai. Et ce point là, je peux le comprendre, marre des oligarques corrompus qui nous culpabilisent pour un arrêt maladie mais détournent des centaines de milliers d’euros sans trembler. Et ça tombe de tous les côtés, tous les jours, à droite comme à gauche, des emplois fictifs, des voyages au frais de l’Etat, des erreurs de déclaration dans le patrimoine. Et je ne vous parle pas des connivence médias-politiques qui décident plus ou moins du casting du second tour. Car en France (pas que, certes), on a un pouvoir magique : il faut tuer la Bête. La Marine. Alors on demande aux gens d’être raisonnables, de voter pour un candidat crédible, qui nous déplaît pas tant que ça parce que lui, il a des chances d’aller au second tour et qu’entre lui et l’autre moisi d’en face, franchement, est-ce qu’il y a à hésiter ?

moisissure de salle de bain

Le changement incarné par Mme Le Pen m’échappe. D’abord parce que les récentes péripéties judiciaires ont démontré si nous en doutions qu’elle n’était pas plus blanche que les autres (au contraire) mais surtout quel changement, réellement ? A part durcir tout ce qu’on subit depuis bien dix ans, je ne vois pas trop… Ca ne rendra pas riche les plus pauvres, les déclassés qui la voient comme l’incarnation d’un lendemain meilleur mais qui resteront sur le bord de la route. Ca changera, sans doute, mais en pire.

plat de coquillettes

Mais voilà, j’en entends dire que si elle passe, ce sera de ma faute car quoi qu’il se passe, je refuse de voter Fillon ou Macron au second tour. Et je suis désolée mais si la Le Pen est aussi puissante aujourd’hui, ce n’est pas ma faute. J’ai longtemps diffusé des articles mettant en cause l’intégrité et la dangerosité du programme du FN, j’ai arrêté car ma communauté est quand même plutôt à gauche donc à part les trucs marrants, pas grand intérêt, je n’avais déjà plus personne à convaincre. Mais si les gens en ont marre de tout ce cirque, de la corruption, des politiques qui se foutent de leur gueule et des médias “menteurs”, ce n’est pas ma faute. C’est celle des politiciens corrompus qui refusent de quitter la partie alors qu’ils sont plongés jusqu’au cou dans une merde nauséabonde et nous salopent le tapis. C’est la faute de tous ces démagogues qui changent de discours selon les interlocuteurs. C’est la faute des médias qui laissent parler Marine et ses potes sans les coincer, les mettre face à leurs contradictions, à quelques exceptions près. C’est la faute des chaînes d’infos en continu qui ont tellement besoin de remplir leurs plateaux qu’ils vont prendre les bons clients, ces politiques toujours prêts à venir débattre chez eux genre Philippot.

Florian Philippot invité chez Jean-Jacques Bourdin

Des fois, je me dis que la solution serait justement de la laisser arriver au pouvoir pour casser l’argument du “eux, on les a jamais essayés” pour que ça n’arrive plus. Sauf que 5 ans, c’est long, bien trop long. Et que j’ai pas eu le temps d’apprendre le Suédois pour me barrer là bas.

Stockholm en Suède

Hallå !

Rendez-vous sur Hellocoton !