Mémé dans les orties d’Aurélie Vallognes

Ceci n’est pas le roman épouvantable dont je parlais quelques jours plus tôt mais un roman, Mémé dans les orties, que… ben j’ai pas aimé. Alors qu’il a bien fonctionné, que les gens en parlent en bien, un peu comme Le mec de la tombe d’à côté, Les gens heureux lisent et boivent du café, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire… Il semblerait que je n’aime pas ,les romans dont le titre est une phrase.

Mémé dans les orties d'Aurélie Valognes

Alors plutôt que de vous raconter l’histoire (celle d’un vieux ronchon, j’aime pas les histoires de vieux non plus manifestement), je vais essayer d’analyser un peu ce qui m’a déplu même si j’avoue que c’est absolument personnel. Mais dans ma démarche de “retiens ce que tu n’aimes pas pour ne pas reproduire », ça me paraît essentiel. Cependant, ce roman, il est pas désagréable en soi à lire, je l’ai trouvé peu utile mais je comprends qu’il puisse plaire, je ne le déconseille pas absolument. Et je reconnais à Aurélie Valognes une très jolie plume tout en admettant qu’il est possible que je sois partie avec un mauvais à priori à cause du vieux qui voulait pas fêter son anniversaire (mais ma maman n’a pas aimé non plus, on est trop pareilles sur nos lectures).

Mariage de vieux

J’identifie trois problèmes majeurs dans ce roman :

– Les personnages pour lesquels je n’ai aucune empathie. Aurélie Vallognes a voulu peindre des personnages hauts en couleur et pour le coup, c’est réussi. Mais j’ai globalement envie de les baffer notamment le héros principal, une petite fille extrêmement mal élevée (et écrite par une personne qui ne fréquente pas d’enfants, vous savez, ce genre d’enfants insupportable qui parlent comme des adultes, même qu’on leur dit toujours qu’ils sont très mûrs pour leur âge. Non, des enfants sont des enfants, si vous voulez qu’ils agissent en adultes miniatures, réécrivez votre personnage en adulte) et la “méchante” de l’histoire mais là, c’est plutôt une bonne nouvelle. Mais du coup, quoi qu’il arrive aux personnages, je m’en fous assez vu que je n’éprouve pas d’empathie pour eux.

Enfant surdoué

– Les rebondissements absolument forcés : ou comment certains personnages changent de personnalité en deux pages pour les besoins de l’intrigue.

Double face Batman

– La beaucoup trop happy end. Je n’ai rien contre les happy ends en soit même si j’aime moyen ça mais pourquoi pas. Sauf que là, c’était toooooo much genre vraiment vraiment trop. Ca m’a rappelé ma prof de français de 4e qui nous avait demandé de faire une rédaction “écrire la suite de Malataverne”, un roman que je n’ai pas du tout aimé à cette époque là (mais j’avais 13-14 ans et j’en ai un souvenir brumeux). Je m’étais ramassé un 9 parce que j’avais tué tout le monde, tranquille. Un autre élève avait également eu une note similaire car pour le coup, il avait ressuscité un mort peperlito en nous expliquant qu’on pouvait défoncer le crâne de quelqu’un sans que ce soit mortel parce que le truc blanc qui en sort, c’est peut-être de la lymphe… La prof ne nous avait pas mis la moyenne car on était tous les deux “trop”, trop blanc ou trop noir, ce qui rendait le récit peu crédible. Faudra que je vous fasse un article sur cette prof, d’ailleurs. Mais là, voilà, c’est trop guimauve, ça donne un peu envie de vomir.

Candy Bar

Après, l’avantage, c’est qu’il est court, je l’ai lu en quelques jours à peine, il sera parfait pour votre prochain trajet en train. Et je serais très intéressée par vos avis car j’ai dû manquer un truc (ou j’étais trop fatiguée, ça me semble un peu crédible en ce moment)

 

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Hé toi, marque, vas-tu encore surfer sur le trendhack ?

J’enfile ma casquette de marketeuse pour vous parler aujourd’hui. Nous sommes le 08 mars, sacro sainte journée des droits des femmes qui devrait être l’occasion pour mes soeurs et moi de crier fort pour réclamer plus d’égalité et plus de droits pour qu’enfin naître femme ne soit plus un mauvais départ dans la vie. Sauf que nos amis marketeurs, eux, ils ne voient pas ça comme ça, ils y voient l’occasion de nous vendre de jolies choses roses et surtout de faire du trendhack.

Buffalo grill offre un cocktail pour la journée de la femme

Je m’étais jurée de pas vomir sur ce concept tant que j’étais dans le social media mais à un moment, faut que ça sorte : je hais les trendhacks. Mais qu’est-ce que donc, vas-tu me demander, toi qui ne bosse pas dans le marketing. Je te remercie pour cette question ! C’est le fait pour une marque dans une discussion populaire : ça peut être des marronniers, des événements sportifs genre l’Euro ou les JO, quelques émissions télés ou parfois, s’intègrent dans des conversations liées à des hashtags populaires de type #tusaisquetesvieuxquand . Twitter est le leader incontesté du sujet, c’est même leur meilleur (leur seul ?) argument vente* : vous êtes dans l’actualité, dans l’immédiat et si vous utilisez les hashtags des matchs de foot et pas ceux de la compétition officielle (parce que ça, c’est puni), vous pouvez profiter de toutes les retombées du match sans débourser un centime ! Malin non ? Alors Twitter a sorti son calendrier “Plan the moment” avec tous les marronniers et autres grands rendez-vous sur lesquels les marques pourront surfer… dont la journée des droits des femmes.

Pub sexiste Bic Afrique du Sud

Tiens, une tartine de sexisme dans ta face. Et joyeuse journée des femmes, hein !

Alors déjà, pourquoi j’aime pas les trendhacks en général ? Ben parce que c’est lourd. Imaginez, vous êtes en soirée avec vos potes, vous partez sur un délire et là, une personne débarque et essaie de rentrer dans votre jeu sans y avoir été invitée. Déjà, elle n’est pas drôle mais en plus elle te file sa carte de visite pour que tu lui achètes des trucs. Trop forcé… Alors oui, t’en as qui s’en sortent pas trop mal genre Oasis ou Innocent mais neuf fois sur 10, tu regardes ces interventions avec gêne. Et surtout à la fin, tu en as marre. Genre pour Retour vers le Futur, le 21 octobre 2015, y a deux ou trois vannes qui ont pu me faire sourire mais à la fin, j’avais juste envie de leur hurler “ça va, on a compris, vous avez tout cassé, taisez-vous !”. Le pire maintenant c’est que les CM se prévoient de se parler entre eux. Un peu les jerks de la soirée invités on sait pas trop pourquoi, ils ont dû passer par la fenêtre, et qui rient bruyamment entre eux en mode “c’est là que ça se passe” en scrutant bien la foule autour pour s’assurer qu’on les regarde. Ou pas.

Trendhack nescafé game of thrones

Non, laisse nous, s’il te plaît

Et alors pour la journée des droits des femmes, c’est carrément vomi à tous les étages. Déjà les mots “des droits de” a sauté, devenant ainsi journée de la femme et les publicitaires ont vu une bonne occasion de se faire encore du fric, pile entre la St Valentin et la fête des mères, quelle bonne idée ! On va donc en profiter pour essayer de leur refourguer des culottes, des mixeurs, du rose, du rose, encore du rose, ouiiiii ! Peu importent les gamines excisées, peu importent les femmes lapidées, peu importent les inégalités jusque chez nous, tant qu’on peut vendre, on y trouve notre compte ! Au pire, si on n’a pas de promos spécifiques, on leur fera quand même un clin d’oeil avec un statut nul histoire de…

Innocents pour la journée de la femme, fail

Ca vaut le coup de se battre pour des smoothies gratuits

Sauf que non. La journée DES DROITS des femmes, ce n’est pas une occasion pour vous de trouver de quoi poster sur vos réseaux sociaux sans vous fouler ni de nous coller une promo histoire de vendre un peu plus. On s’en fout de vos fleurs, vos chocolats ou vos chaussettes, ce qu’on veut, c’est l’égalité. Ce qu’on veut, c’est la liberté pour TOUTES les femmes, où qu’elles soient nées, de vivre leur vie comme elles l’entendent, qu’elles puissent prétendre aux mêmes destins que les hommes, qu’elles puissent aimer celui ou celle qu’elles ont choisi.e, qu’elles puissent jouir, qu’elles puissent juste être insouciantes, qu’elles puissent être telles qu’elles en ont envie.

Manifestation des femmes contre le sexisme de Donald Trump

Mais aujourd’hui encore, on nous rappellera que pour le marketing, la cause des femmes, ça sert surtout à vendre.

Promo Etam pour la journée de la femme

* Je dis ça mais j’adore Twitter en tant qu’utilisatrice. Par contre, en temps qu’ex CM, j’avoue que c’est assez useless finalement : les gens s’en foutent de ce que tu dis et ils t’affichent à la moindre occasion.

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Folie furieuse de Jérome Attal

Plus jeune, j’ai lu pas mal de chick litt, des romans dévorés en 2h dont tu oublies assez rapidement l’histoire vu que c’est toujours la même histoire : une fille un peu girl next door voit sa vie s’effondrer mais elle rencontre un mec et c’est trop un prince charmant et après quelques péripéties sans intérêt, ils finissent ensemble. Fifty shades of grey est donc un parfait exemple de chick litt, voyez. J’ai dû donc donner l’impression que j’aimais ce genre de littérature (non) puisque j’ai hérité en cadeau de Noël* de Folie furieuse de Jérôme Attal.

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Le principe de base est assez sympa : il s’agit d’un roman de type “ce livre dont vous êtes l’héroïne”, on construit l’histoire en fonction des choix. Commençons donc : c’est l’anniversaire de Meilleure Amie que nous appellerons Agnès car j’ai oublié son prénom mais voilà, souci : on a à la maison Victor, notre fils de 7 ans donc nous voici confrontée à notre premier choix qui implique d’abandonner son gosse pour aller à la soirée d’Agnès parce que bon, elle a 25 ans, on peut pas sécher quoi… Ah oui, voilà, dès le départ, aucun des choix ne me convient, je me vois difficilement abandonner mon enfant fictif de 7 ans quoi… Et ça pose de suite le personnage que je suis censée incarner : une grosse connasse irresponsable et superficielle. Oh que je sens que l’identification va être difficile… D’ailleurs, ça rate pas, au bout de 3 choix, je me retrouve assassinée dans un fossé.

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Bref, les histoires se croisent, on accumule les clichés : notre héroïne n’a pas de fric mais ne s’habille qu’en marques, citées à longueur de pages histoire qu’on comprenne bien du genre : “je m’installe dans l’avion en faisant attention à ne pas froisser ma robe Maje”, par exemple. On peut s’offrir une aventure avec un pote psychopathe, un vieux camarade de classe passé de moche à beau (donc soudain digne d’intérêt vu qu’on est superficielle, souvenons-nous), une rock star, notre meilleure amie, le voisin un peu insignifiant mais finalement pas si mal,l’ex mari qui décide de nous trimballer en club échangiste et un vampire. Et on a des quêtes super intéressantes : se taper un mec beau (souvent connard mais beau) et gagner une robe de mariée Jean-Charles de Castelbajac. En gros, l’auteur a repris les grandes lignes du journal d’Elsa Linux qui semblait n’être qu’un kinky diary où il fallait suivre une liste précise de situations sexuelles (scène lesbienne, sodomie, plan à trois, gode ceinture, fist fucking, gang bang, cock ring, soumission et un peu de masturbation entre 2 séances de baise) et le jeu Ma Bimbo.

J'avoue, ça fait super envie...

J’avoue, ça fait super envie…

Ce “roman” est intéressant cependant par la vision qui nous donne de la femme ou du moins la vision de son auteur : la femme ne cherche que l’amour, accepte l’inacceptable si le mec est beau, se ruine en vêtements de marque (alors qu’elle n’a qu’un mi-temps et doit élever son enfant) et n’a d’autre rêve que de gagner une robe de mariée haute couture… Mon Dieu mais ce livre est une insulte pour la femme, sérieux ! Et je vous parle même pas du paternalisme de l’auteur. A la fin d’une histoire, l’héroïne finit dans les bras de son voisin avec une petite conclusion “l’amour est peut-être à côté de vous, ouvrez les yeux, les filles (et arrêtez de choisir les beaux connards, prenez le mec lambda)”. Mais on t’emmerde. Par défaut, je ne choisis pas un mec que pour son physique et je pars très vite quand un mec commence à faire son connard, rock star ou pas, donc j’ai pas besoin de ta morale de merde en mode “allez, les filles, je vous livre le secret du bonheur”. Bonheur qui n’est pas obligé de passer par vous, messieurs au passage. Ah oui parce que si notre héroïne finit par coucher avec sa meilleure amie dans certaines variations, ça ne finit pas bien, ce n’est qu’une escapade, elle reviendra aux mâles, rassurez-vous… ou alors elle mourra. Non, je vous jure, c’est vrai…

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Bref, si le concept était intéressant, cette caricature de femme qui se rêve Carrie Bradshaw (on déteste toutes Carrie Bradshaw) m’a violemment donné envie de a) vomir, b) déchirer le livre, c) lui mettre le feu, d) écrire à Jérôme Attal pour lui dire de ne plus jamais, mais alors jamais, tenter de se mettre dans la peau d’une femme. Et s’il s’est inspiré de ces copines pour écrire ça, qu’il change d’amies. Vite.

* Noël… 2013. Je suis si réactive

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La drague,c’est nul

Entre deux dossiers, j’aime à glander sur YouTube histoire de me détendre un peu. Tiens, que me propose-t-on ? Petit ours brun… Ah oui, j’ai gardé Saturnin récemment et j’ai dû lui céder mon mobile. What else ? Ah tiens une vidéo de Norman feat Natoo et Andy sur la drague. Ahah oui, c’est drôle mais cette conclusion m’interpelle « j’aime pas draguer, la drague c’est nul ». Tiens…
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Alors oui, je suis d’accord. Pour moi, la drague n’est un truc cool que dans 2 cas : celui où tu sais avec certitude que ton petit jeu aboutira à quelque chose (ce qui n’arrive à peu près jamais même quand la metacommunication est sibylline) et celui où tu te remémores le petit jeu de séduction qui t’a permis de choper. Sinon la drague, c’est nul et ce pour plusieurs raisons.

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D’abord, la drague est une question de confiance en soi ou plutôt une remise en question de confiance en soi. Je ne vais pas parler ici des dragueurs de rue miteux qui n’ont pas pour but de conquérir une belle mais de prouver leur virilité en rappelant aux femmes que l’espace public ne leur appartient pas. Je parle de la drague de type « je trouve cette personne bien intéressante et jolie, j’aimerais bien partager une intimité avec elle », la drague à enjeu quoi. Souvent, le premier réflexe, c’est de se dire « il/elle est trop bien pour moi, laisse tomber« . Ce qui est d’une subjectivité totale, la personne en face se dit peut-être la même chose.  Mais voilà, draguer, c’est mettre son ego en jeu. Rien de grave dans l’absolu mais il y a des blessures d’ego qui peuvent finir par faire mal et nous pousser à arrêter le game. On passera donc en mode « tous et toutes des connards/connasses« . Alors qu’une personne peut refuser vos avances sans pour autant être associée automatiquement à la lie de l’humanité.

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Minute culturelle : la jonquille veut dire « je te désire ». Cette photo a un symbolisme surpuissant !

Et puis quand on drague, on manque parfois de subtilité. On cherche tellement à plaire qu’on se trouve très vite ridicule. Non mais qui n’a jamais vécu cette scène où on entre en interaction avec l’objet de son affection et à la fin de la conversation, on a envie de se donner des baffes tellement on s’est trouvé lourd-e, tarte… Cette sensation agaçante d’avoir ruiné toutes ses chances avec un rire forcé qui ferait passer le pire des psychopathes pour une personne tout à fait charmante, un humour aussi fin qu’un parpaing et d’ailleurs, la vanne, là, elle faisait pas un peu raciste ? La drague, c’est aussi ce moment terrible où tu as l’impression que l’autre ne te rend pas l’attirance mais que, par contre, il est allé parler à cette sale pétasse d’Anne-Laure… Forcément, quand on déballe la marchandise, hein… Oui, accessoirement la drague peut vite rendre agressif-ve

trop-jalousie

Mais surtout, la drague, c’est nul parce que ce n’est pas l’histoire que l’on nous vend. Norman le dit « Je trouve ça nul de devoir forcer les choses ». Dans la plupart des contes de fées et comédies romantiques, l’amour cueille nos protagonistes, le sentiment est évident de  base. L’histoire ne sera jamais celle d’un mec ou d’une nana qui galère pour conquérir l’objet de son affection. La conquête consiste plus à surmonter quelques épreuves de type différences sociales, sorcière, dragon ou proie un peu lente à la détente mais jamais notre héros/héroïne ne dit non à la déclaration. Du coup, ne pas voir l’autre vous rendre immédiatement votre crush paraît difficilement concevable, une anomalie. Et ça rend l’histoire à raconter un peu moins intéressante…

“Dis Papa, comment tu l’as rencontrée maman ?

– Oh bah, c’était à une soirée où nous étions invités tous les deux. Dès qu’on s’est vus, on a su”.

Non, dès qu’on s’est vus, j’ai su mais elle non car elle était un peu bourrée et, accessoirement, elle était venue avec un mec qu’elle avait envie de butiner mais elle comprit un peu plus tard que ledit garçon s’intéressait plus au joli Aurélien qu’il ne lâcha plus de la soirée. Dépitée, elle se servit un autre mojito et fuma quelques cigarettes, beaucoup, parce qu’elle s’ennuyait. A un moment, elle a commencé à se sentir nauséeuse et après avoir fait des politesses à un garçon qui lui proposait de lui donner un cours photo, elle lui lâcha son mail pour pouvoir sortir de cet appartement avant de vomir. Ce n’est qu’au bout de quelques “cours photo” qu’elle se rendit compte que ce garçon était intéressant et qu’elle appréciait son amitié… Et qu’il fallait peut-être lui donner une chance. Lui ramait comme un fou, passait des nuits sur le web à trouver une idée géniale de lieu pour son prochain “cours photo”, il s’est cru friendzoné plusieurs fois mais il s’accrocha, on ne savait jamais. Un peu loser mais finalement, à la fin, il obtint enfin sa belle. Un peu plus long comme histoire et pas forcément valorisant, surtout avec tous les doutes qui assaillent en permanence. Et si, au fond, elle ne voulait pas de moi ?

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Bref, la drague c’est nul car on nous raconte que l’amour, c’est un truc magique qui vous tombe dessus. Alors que,  non, c’est faux…

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Respire de Mélanie Laurent

Il était une fois une actrice que les taquins du web adoraient détester, à égalité avec les hipsters, les blogueuses mode et les roux. Cette jeune demoiselle, c’est Mélanie Laurent qui semble surtout avoir le tort d’être une belle femme qui réussit. J’en reparlerai à l’occase. Comme je n’avais pas fait attention au fait qu’elle était la réalisatrice (merci les mini écrans des avions Air France), j’ai pu donc visionner ce film en toute neutralité. Et j’ai particulièrement apprécié.

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L’histoire : Charlie, une jeune ado de 17 ans, vit sa vie de lycéenne entre délires entre copains et crise conjugale entre ses parents, sa mère étant la victime consentante d’un mari abusif. Un jour, Sarah arrive dans la classe de Charlie et les deux vont nouer des liens très forts, développant une relation fusionnelle qui devient pesante pour Charlie.

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Commençons par les acteurs. Déjà, un film avec Isabelle Carré, ça m’attire, j’adore cette actrice (je suis encore hantée par le film Anna M.), ça part bien. Etant une grande cinéphile (…), je découvre la sérieuse Joséphine Japy et la solaire Louise de Lâage. Cette fille est juste sublime, elle dégage un truc de fou. Les deux jeunes filles fonctionnent très bien ensemble et nous embarquent sans accroc dans l’intrigue.

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Venant en à la réalisation, deuxième film donc de Mélanie Laurent. Et bien, c’est du très bon boulot. Beaucoup de plans sont intéressants, bien travaillés sans être pompeux, la sensation d’asphyxie grandissante est bien amenée par quelques relais qui pourraient paraître grossiers (l’asthme de Charlie dont on apprend soudain l’existence) mais suffisamment bien insérés dans un tout qui ne fait que faire grandir la tension entre les deux jeunes filles. Quand Charlie devient agaçante par son manque de réaction face à des choses qui nous paraissent tout simplement intolérables (Sansa Stark style), ses camarades ne se privent pas pour essayer également de la secouer. Ce film nous embarque on ne sait où, nous bouscule mais nous laisse quand même pris dans le film, on ne peut s’empêcher de se demander comment ça va finir. L’intrigue est parfaitement construite en jouant sur le parallèle entre la relation de la mère de Charlie et son père abusif et celle de Charlie ou Sarah où les mêmes mécanismes se mettent en place. Seul bémol : le jeu sur une éventuelle ambiguïté dans la relation entre les deux jeunes filles alors que pas du tout, sur certaines scènes, ça m’a un peu perdue, je ne voyais pas bien le propos surtout que les 2 demoiselles sont clairement hétéros. Alors pourquoi taquiner cette corde là alors qu’elle ne sert à rien dans l’histoire ?

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Bref, un bon film avec un casting juste parfait, une deuxième oeuvre dont il faut saluer le sérieux et le respect du téléspectateur : Mélanie Laurent n’a pas cherché un film pour se la raconter mais pour nous raconter une histoire d’amitié abusive. Et quasi un mois après avoir vu ce film, je l’ai encore bien en tête.

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Donc si on pouvait arrêter de vomir gratos sur Mélanie Laurent et se concentrer un peu sur son travail, ça serait mieux pour tout le monde. Surtout que lors de l’avant-première, un ami blogueur de la Critiquerie m’a expliqué avoir été marqué par sa gentillesse et sa disponibilité, elle répondait plus que volontiers aux questions de la salle et ne s’est pas contenté des 20 minutes syndicales.

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Sexy smoke

Résumé des épisodes précédents : motivé à l’idée de trouver l’amour, vous avez choisi de vous inscrire sur un site de rencontre. Mais avant d’accéder à la liste des célibataires avides de vous rencontrer, vous devez franchir un certain nombre d’épreuves : trouver un pseudo, les bonnes photos, répondre à des questions bien indiscrètes sur votre taille, votre poids, votre profession et vos revenus, vos loisirs, votre éventuelle descendance… Et ca continue, vous vous demandez si Meetic, c’est pas la vitrine officielle des RG, à force. Maintenant, examinons la question suivante : tabac, drogue, alcool. Oh oh…
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Est-ce que je bois ? Est-ce que je fume ? Des cigarettes qui font rire ? Evidemment, je connais la réponse mais dois-je mettre en avant dès le départ que je taquine de temps en temps la bouteille parce que, sincèrement, un Daiquiri ou un Chinon, ça fait plaisir. Mais bon après, je bois quasi jamais toute seule (sauf un petit grog de temps en temps quand il fait froid et un petit verre de Martini après une très dure journée mais en ce moment, ça va, mes journées sont plus douces et le vrai froid toujours aux abonnés absents alors bon…). Non parce que bon, je suis certainement une légère alcoolique mondaine comme nous le sommes tous mais pas de quoi s’inquiéter non plus, hein… Et la cigarette ? Dois-je annoncer clairement la couleur ? Sachant que bon, si je peux faire semblant de pas fumer pendant quelques rendez-vous, à un moment, ça va plus être tenable.
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Certains décident donc de l’assumer et l’affichent dès la photo de profil : azy que je me mets une photo de moi visiblement torché, une bouteille à la main ou noyé dans un fog cancérigène. Et là, je me dis que c’est quand même un peu too much. Oh oui, les volutes de fumée bleue, c’est sexy, c’est mystérieux, un peu comme James Dean à l’époque… A l’époque où on n’avait pas la notion de cancer du poumon et tabagisme passif. Puis pardon mais ta sexy fumée bleue, t’es prié de la laisser hors de chez moi, ça pue. Quant à ton alcoolisme, ça me gêne pas tant que tu restes à « joyeux luron ». Là, rien qu’à voir ta photo, le curseur est plus entre « gros lourdingue » et « a vomi dans tes toilettes ». Quant à la drogue : pour la partie cigarette qui fait rire, cf phrases sur le tabagisme ci dessus (on fume pas dans mon appart, sauf à la fenêtre, et c’est non négociable) et pour les drogues plus dures, passé un certain âge, je trouve ça un peu ridicule en fait.

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Bon, alors, on assume ou pas ? Vous avez envie d’arrêter la picole et la clope ? Profitez-en pour affirmer sur votre fiche que non, vous n’avez pas ces vices. Mais soyez bien sûr de votre coup. C’est toujours pareil avec les mensonges : le plus dur, c’est pas de les dire mais de les tenir.

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La plongée aux Maldives, c’est extrême

Enfin quand t’as pas de bol et nous savons tous que la chance m’aime ou me hait sans juste milieu.

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Déjà, au départ, ça s’annonçait pas top vu qu’à 48h du départ, je vomissais tout le gras avalé durant ces quelques jours de vacances familiales. Note pour moi-même : plus jamais de diète juste avant les vacances de Noël. Bon bref. Mon estomac se retape relativement à temps, j’arrive à Male sans encombre, je trouve mes compagnons d’aventure et vogue la galère. Dans tous les sens du terme.

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Il faut savoir que j’ai pas beaucoup de plongées à mon actif, je suis arrivée crânement aux Maldives avec 75 plongées, quasi toutes en Méditerranée. J’imaginais les plongées aux Maldives dans une eau chaude et limpide. Pour le chaud, aucune réclamation. Par contre pour le limpide, tu repasseras. Parce que cette semaine, nous avons affronté… (Musique de suspense) les courants de la mort (tadaaaaaa).

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Bon, on va pas se mentir, les courants aux Maldives, c’est comme la pluie à Paris, ça n’a rien d’exceptionnel. Première plongée, ça commence déjà à bien t’embarquer, je râle un peu intérieurement. C’est un peu chiant, le courant, j’aime pas trop ça. 2ème plongée, on nous a donné un crochet histoire qu’on s’arrime au sol pour mater les requins tranquillou. J’avais attaché le mien à ma ceinture… Et Ben, ça n’a pas aidé à atténuer ma cambrure, la vache ! Mais là, c’était encore mignon…

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31 décembre. Plongée raies manta, le dive master annonce qu’il y a énormément de courant et que c’est très couillu de la faire. Je préfère passer mon tour tout en consolant le dive master désolé de la situation. Stadire que c’est la nature, mec, spatafaute, je vais aller lire, tout va bien. Au final, quand ils sont arrivés sur le site, plus de courant. L’après-midi, on enchaîne, une plongée sur un site où devrait pas trop y avoir de courant. ET BAH PUTAIN ! Ça tangue tellement que le dhoni n’arrive pas à nous larguer sur le site. Ah oui parce que la veille, on avait eu du mal à remonter sur le bateau, y avait trop de vagues : dès qu’on essayait de s’accrocher aux lignes de vie le long du bateau, on se faisait méchamment soulever avant de devoir lâcher et vite se tirer pour pas se faire fracasser le crâne par ledit bateau. Donc bref, on descend comme des brutes, j’ai du mal à suivre à cause de mes oreilles, j’arrive enfin en bas essoufflée, y a un courant de malade, je vais mourir. En fait, y a tellement de courant que pour avancer, on s’accroche aux rochers au sol pour se tirer à la force des bras. Voilà, c’est de la varappe à l’horizontale, c’est original. Au bout de 15 mn, l’encadrant arrête la plongée, on remonte pour retenter de sauter sur le site. Descente de brute, je traîne, mon binôme et moi perdons le reste de la palanquée, on est récupérés par la suivante avec le dive master. Re varappe au sol. Ce qui est drôle, c’est que pas mal de rochers ne sont pas du tout arrimés au sol, donc tu le saisis pour avancer et il te reste dans la main. Ahahah, tuez-moi. En surface, le dive master dit « je plonge rarement dans des conditions aussi difficiles ! ». Tu me rassures…

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Le lendemain matin, 1er janvier, plongée avec un requin baleine, un inédit pour moi. Ca tombait bien, on avait essayé d’en attirer un le lundi soir en braquant des spots à la surface pour attirer krill et plancton, la nourriture de la bête. Et là, on s’est pris une pluie diluvienne, fin de l’expérience. La plongée est cool, je retrouve ma consommation d’air habituelle. Mais l’enfer était à venir. Tudum. Plongée de l’après-midi. Un encadrant nous la vend comme une des plus belles plongées des Maldives, devrait pas y avoir de courant. Déjà, on ricane, le courant étant devenu notre sujet de vanne préféré… Ben on aurait mieux de fermer nos bouches. Pourtant, ça partait bien, petite descente parfaite, une jolie raie aigle qui s’envole alors qu’on atterrit, on palme gaiement vers l’arche et là, c’est le drame. On doit relancer notre varappe horizontale, on passe difficilement, on est aspirés de suite après dans un courant de folie. On s’accroche avec désespoir aux rochers, je m’écorche les jambes, une fille part valdinguer dans du corail vert. Ok, l’encadrant nous signale la fin de plongée. On commence à palmer pour remonter mais c’est bizarre, j’ai mal aux oreilles… Je regarde mon ordinateur : je suis en train de descendre. Je… Quoi ? Comment puis-je descendre alors que je suis en train de palmer pour remonter ?

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Bienvenue dans la machine à laver des Maldives ! Le truc qu’aucun plongeur ne veut rencontrer : en gros, t’es prisonnier du courant, tu peux te faire aspirer à la surface ou au contraire repousser vers le fond. On arrive à s’en sortir sans dommage mais nos bulles volent tout autour de nous : dessus, dessous, à l’horizontale… C’est le bordel. Allons donc plonger plus loin.

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Comme j’avais peu consommé d’air durant le marasme de la « plongée » précédente, je peux repartir. On file en dérivante, ça défile vite mais ça gère. Vers la fin de la plongée, 2 de la palanquée remontent car ils sont sur la réserve, je poursuis avec l’encadrant. Soudain, on entend des coups répétés. On se regarde, pensant que l’autre veut nous montrer quelque chose mais ça vient pas de nous… Et merde, ça vient du bateau. Ça veut dire « accident, sortez immédiatement ». On trace comme des malades sous l’eau pour sortir sous le bateau. Je grimpe et là, je vois une plongeuse étendue au sol sous oxygène. Pierre dans l’estomac. Tout le monde tire une putain de gueule, le dive master est au bord du suicide. Bon, je vous rassure, tout est bien qui finit bien : la plongeuse va bien, elle n’arrivait plus à respirer à cause d’une grippe. En remontant sur le bateau, je papote avec la coloc qui avait fait la même croisière 2 mois plus tôt et qui était hallucinée par les conditions, elle avait limite plus peur du courant là qu’au Komodo… Au moment de désigner le chat noir du bateau, je plonge le nez dans mon bouquin. Spamoi !

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Heureusement, ça s’est calmé sur la fin même si nous n’avons pas vu la queue d’une Manta sur les Mantas points mais le soir, elles étaient au rendez-vous sous le bateau. 40 mn à les regarder voltiger, gueule béante. Y en a même une qui m’a touchée !

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A la fin, jolie conclusion avec une plongée de 97 mn en légère dérivante. Alors oui, j’en ai chié mais j’y retournerais demain si je pouvais. Et je suis vraisemblablement prête pour les Komodos. Faudrait juste que je trouve un boulot au salaire 50% supérieur au mien avec 10 semaines de congés par an. Je suis pas rendue !

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Meurtrière !

Cette semaine, je me sens un peu d’humeur féministe donc je vais vous gratifier non pas d’un mais au moins de deux voire trois articles sur le sujet. Je suis comme ça, moi. Entamons donc cette dilogie/trilogie avec un sujet déjà évoqué par le passé mais apparemment, rien ne change : l’avortement.

Lundi, un compte intitulé “pro vie” quelque chose a débarqué sur Twitter. Je m’abstiendrai de vous le linker, pas besoin de faire de la pub à ce compte qui, rien que par son intitulé me débecte. Pro vie, ça veut dire quoi ? Qu’une femme qui choisit de ne pas poursuivre une grossesse est une anti vie ? Une meurtrière ? Tout noir, tout blanc, le gris est parti en vacances. Je vomis ce terme comme je vomis ceux qui refusent le droit de choisir, un droit voté il y a 40 ans mais qui peut vite se révéler compliqué à appliquer.

Je n’ai jamais avorté. Des amies, des membres de ma famille ont dû y avoir recours par contre et selon les cas, c’est pas toujours si simple. Les praticiens pratiquant l’avortement ne sont pas légion, les plannings familiaux ferment à tour de bras et je ne vous parlerai même pas de certains regards réprobateurs. Pourtant je ne peux qu’applaudir ces femmes qui ont eu le courage de ne pas faire naître un malheureux de plus. Quel enfant peut s’épanouir dans un contexte où il n’était pas désiré ? Je me dis que si demain, je tombe enceinte et que je donne vie à ce foetus, le pauvre gosse part avec un sacré handicap dans la vie. Même si le fait qu’il existe malgré les capotes et le stérilet fait que dès le départ, je l’appellerai Jésus. Je ne suis pas actuellement quelqu’un capable d’assumer et d’élever un enfant. Droit à la vie, super, mais droit au bonheur ?

En fait, ce que je trouve dramatique, c’est que 40 ans après, je me rends compte que ce droit reste toujours aussi discuté. Prenons le débat typique pro/ anti avortement. Le pro avortement se sentira toujours obligé de sortir un argument à base de “et si elle se fait violer et qu’elle tombe enceinte, tu trouves pas horrible qu’elle doive le garder ?” ou le moins extrême et tellement plus probable : “50% des femmes qui avortent le font car leur moyen de contraception était défaillant”. Ca, ok, c’est un fait. Sauf que j’ai envie de dire qu’on chercher à justifier un acte censé être légal, reconnu. Un droit. DROIT. On n’a pas à placer le choix de la femme dans un contexte particulier. Peu importe que l’avortante ait été violée, ait connu un problème de contraception ou n’avais juste aucune info sur la reproduction (ça arrive aussi), y a pas à légitimer. C’est son histoire, son choix, il n’y a pas à lui demander pourquoi elle a décidé ceci ou cela. Ca ne nous regarde pas.

La femme est seule maîtresse de son corps et de sa vie. Avoir un enfant implique une masse de responsabilités et nous ne nous sentons pas toujours à la hauteur pour les assumer. Moi, en tout cas, je ne me sens pas d’attaque et j’ai pas envie qu’un enfant souffre de mon immaturité sur ce point. Ce serait un choix raisonnable. Dieu Merci pour moi, Durex et Gudrun m’ont toujours protégée de cette éventualité. Mais si un jour, je choisissais de ne pas donner vie à cet amas de cellule dans mon ventre, je refuse de justifier quoi que ce soit. Ni les circonstances de cette grossesse accidentelle ni ma décision de ne pas la mener à terme. C’est mon histoire intime, la seule personne avec qui je devrai éventuellement en débattre c’est le géniteur.

Aujourd’hui, on légifère sur tout. Sur la reconnaissance de certains faits et on pénalise le fait de nier cette reconnaissance. Aujourd’hui, si je nie le génocide arménien, je suis condamnable. Par contre, si je fais la guerre à des femmes qui utilisent un droit qu’on leur a donné y a près de 40 ans, c’est complètement normal.

PS : Quand je vois les horreurs postés par les « pro vies », ces monceaux de désinformation dans google images quand tu tapes avortement, je me dis qu’il serait largement temps de légiférer sur le sujet.

PPS : Vu la mésaventure de la dernière fois, si un forum pro vie s’amuse à me linker comme un blog « anti vie » (oui, je suis une serial killer) et que tous ses membres viennent pourrir mes comms :  ceux-ci sont automatiquement modérés et je ne les publierai pas. On a le droit d’avoir son avis, je veux bien débattre mais à 100 contre une, c’est pas du débat, c’est de la propagande.

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La chasse est une longue traque

J’ai une stratégie de séduction : la chasse subtile. C’est à dire que , bien qu’on m’ait traitée de femme castratrice (pas-du-tout), je ne me jette pas au cou des hommes dont j’ai très envie de tester la couette, non, non, non. J’agis en douce, je me rapproche lentement de ma proie… Tellement lentement que parfois, elle s’envole avant que j’ai eu le temps de la croquer.


Je me définis souvent comme une personne féline. Non tant par rapport à ma souplesse, due en réalité à mon hyperlaxie mais je ne l’ai découvert que le mois dernier, non, je parle de mon comportement. Comme un chat, je dors souvent, je m’étire en permanence, je baille à m’en décrocher la mâchoire, je suis collante quand j’ai envie d’un câlin mais fuyante quand j’ai envie d’avoir la paix. La seule différence, c’est que, moi, j’ai pas peur de l’aspirateur, je me cache pas sous le lit à la moindre occasion (essentiellement parce que je ne passe pas dessous) et je ne vomis pas mes poils. Donc pour la drague, j’agis de même, je me rapproche lentement, sans bruit, de ma proie, je la guette, je l’étudie. Est-elle venue seule ou accompagnée ? Non parce que si ma proie est venue avec sa moitié (ou équivalent), ne provoquons pas de drame. Puis un verre de vin en pleine face, ça tâche et ça laisse une odeur persistante peu séduisante. La cible est manifestement seule et ne semble pas s’intéresser à une autre donzelle (sans quoi on passerait pour le boulet 3 tonnes de service) ? Go !


La technique est simple, elle joue sur la mobilité. Le but est de provoquer une discussion avec la personne “par hasard”. En se déplaçant régulièrement, on noue un nombre croissant d’interactions sociales et les chances de se retrouver dans le même groupe de discussion que la proie va croissant. Une fois l’interaction sociale créée, le but est d’arriver à lancer une conversation suffisamment intéressante pour que votre proie ne navigue pas vers d’autres cieux et de créer une sorte d’intimité pour que le groupe de discussion se réduise à deux personnes : lui et vous. Après, il sera plus simple de battre des cils, de le gratifier de quelques rires de gorge et de lui toucher le bras sans pour autant baisser l’intérêt de la conversation, attention. En soirée, on est tous régulièrement interpellés par les uns ou les autres, il faut lui donner envie de rester. Et une dinde qui cligne des yeux en rigolant et en tripotant le biceps, ça ne donne pas très envie de rester avec.



Mais ma technique a quand même quelques gros défauts. Le premier, le majeur, c’est si la victime est hyper mobile. Du coup, on se croise sans se parler et voilà que le soleil se lève, il est temps de partir et il ne connaît même pas mon prénom. Même pas sûre qu’il ait eu conscience de ma présence. A l’inverse, une proie trop immobile peut être difficile à atteindre : elle parle souvent avec le même groupe de personnes, un groupe hermétique et si tu tentes l’incruste, tu vas sentir un gros silence gêné t’accueillir genre “bon, t’es mignonne mais on parlait, là…”. Oui bon ben je vais aller me resservir un verre, hein, histoire de repartir en toute dignité… Car c’est en fait tout l’intérêt de cette technique, jamais tu ne perds la face. Mais de fait, j’ai pas de super stats de réussite. Parce que le moment où ma cible et moi on arrive enfin à se parler peut ne jamais arriver parce que j’ai mal géré…



Bon, à la prochaine soirée, je tente une nouvelle approche… Mais je sais pas laquelle en fait.

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La plongée, quel sport de con !

Michel, un encadrant de mon club, 25 avril 2011.

Depuis que j’ai entamé la plongée, je ne vous en ai parlé qu’en mode bisounours genre « han mais nager au milieu des poissons c’est kro kro bien ». Ça je le maintiens. Mais souvent, avant d’arriver au pays des poissons, tu te demandes toujours ce que t’es venu faire dans cette galère.

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Les vacances plongée, c’est d’abord se lever à l’aube (6h30-7h). Ouch quoi. Après un solide petit déjeuner (je ne déjeune jamais en temps normal parce que le matin, j’ai PAS faim), on file au centre de plongée, parfois avec un gros sac sur le dos pour récupérer une bouteille d’air d’une bonne vingtaine de kilos qu’on charge sur un camion.

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Sur le bateau, la place est minimale. Et encore quand je dis bateau, il faut parfois s’entasser sur un Zodiac donc t’as intérêt à optimiser ton rangement : tout à portée de main ! Tu te faufiles dans une combi très près du corps en Néoprène qui agace la pulpe des doigts, tu t’attaches une ceinture de plomb de plusieurs kilos autour des hanches et tu enfiles ton gilet muni de la bouteille pré citée. Oui, tu as bien compris, ton matériel te fait prendre 20 à 30 kg (voire plus) en quelques secondes. Les poches de ta stab (le gilet) débordent de
matériel en tout genre, tu es légèrement engoncé. Et encore, ça, c’est la plongée du matin, celle de l’apres-midi, tes vêtements de plongée sont encore humides et froids.

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Puis tu te jettes à l’eau, une claque entre 13 et 20° dans ta face. Parfois l’eau est si froide que ça t’en coupe le souffle. Elle se glisse, insidieuse, entre la combi et ta peau. A ce moment précis, tu te demandes vraiment ce que tu fous là et je ne t’ai même pas parlé de houle et de tangage. Car les plongeurs ça vomit aussi.

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Puis tu descends (attention les oreilles) et tu croises un mérou, une dorade ou un barracuda, une murène te surveille du coin de l’oeil. Les anémones et gorgones fleurissent, tu furètes dans les rochers pour essayer de trouver des poulpes (j’en ai pas vu un seul cette semaine alors qu’un de mes camarades qui savait que je voulais en voir m’en avait trouvé un mais ma palanquée traçait). Et là tu te souviens. Que les 20/30 kg sur ton dos te permettent de cumuler deux plaisirs : celui de voir toutes ces merveilles de la nature et d’évoluer en 3D. A présent que je maîtrise ma stabilisation (mon gros point faible), je peux en jouant avec mes poumons monter et descendre sans le moindre effort. La sensation de voler.


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Alors oui, le matériel et son poids, le bateau, l’eau froide, toute la théorie à maitriser pour, tant qu’à faire, ne tuer personne, ça peut décourager son homme. Mais une quarantaine de minutes à naviguer au milieu des mérous et des poulpes (mes 2 chouchous de la mer), ça les vaut amplement.

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