Peut-on tout écrire ?

Dans une optique de publication. La semaine dernière, je traînassais sur Twitter quand je vois une blogueuse littéraire hurler son indignation sur un roman, “Outrage” de Maryssa Rachel. Celle-ci dénonçait notamment que ce roman soit vendu par Hugo Roman, spécialisé dans toutes les merdes romantico-perverses de type After où on t’apprend que c’est normal d’être un paillasson maltraité par son mec car l’amour fait souffrir. Tiens, va acheter des dessous Agent Provocateur et des fringues Karl Marc John pour oublier que si tu ne souffres pas, c’est que ton histoire est en mousse. Sauf que là, c’est archi pire… Peut-on vraiment tout écrire ? Quelle est la limite ?

Dark romances par Hugo Roman

 

Je déroule le thread et là, je lis un extrait. Bon, déjà, c’est franchement écrit avec le cul et je manque de décrocher dès la deuxième phrase mais c’est après que ça se corse. Ca raconte l’histoire d’une jeune fille qui explique vivre seule avec son père, qui l’attend le soir en t-shirt-culotte, cuisses écartées… Vous imaginez la suite et je vous épargne les détails jusqu’à la conclusion sordide “les gens ne comprenaient pas pourquoi j’avais autant de mycoses à 7 ans”. 7 ans. 7 ANS ! Alors déjà, sur le côté incestueux, je commençais à froncer méchamment les sourcils mais une enfant de 7 ANS sexuellement active et consentante, ça va pas bien ? Et si j’en crois les commentaires sur Amazon, on a droit à des viols, même une scène de zoophilie… et vendu dans la même collection que les After qui cartonnent chez les adolescentes. Bordel de merde.

Ecrits sombres

Oui, je suis vulgaire dans cet article mais à un moment, y a quelque chose de moisi au Royaume littéraire. Que cette personne ait eu envie d’écrire cette histoire, à la limite, pourquoi pas, chacun ses fantasmes. Qu’ils soient publiés dans des éditions très spécialisées… et non, là, déjà, j’ai du mal. L’autrice et l’éditeur se défendent en citant des précédents célèbres genre Mme Bovary (??) et expliquent que ce livre dérange car il raconte une histoire qui pourrait être vraie. Je vais rester sur la scène incestueuse qui est la seule que j’ai lue pour démontrer à quel point cet argumentaire pue la diarrhée.

Peut-on tout écrire ?

Je vais me référer à quelques oeuvres qui pourraient évoluer dans le même registre qu’Outrage (et je ne parlerai pas de Mme Bovary, cette comparaison est un crachat).

– Desideria de Moravia, roman dont j’ai déjà parlé ci et là qui fut le plus troublant tombé entre mes mains, assez dérangeant puisqu’il est question d’une jeune fille mineure (15 ou 16 ans) qui entend des voix qui la pousse à détruire tout ce qui est perçu comme sacré par la bourgeoisie (l’argent et sa virginité), il y a une scène de viol et une scène supposée d’inceste avec sa mère adoptive. Sauf qu’il n’y a pas de description, Desideria se réveille en se demandant si sa mère adoptive l’a caressée ou non et cela participe à sa colère contre cette femme.

Desideria

– Lolita de Nabokov, évidemment. Pour le coup, on a cette histoire dégueulasse entre Dolores, 12 ans, et son beau père Humbert Humbert. Mais ici, si Dolores joue les petites séductrices, elle regrette ses gestes, finalement innocents, et Humbert, qui raconte le récit, est toujours narré comme un pervers, il sait que ses désirs sont malsains et Lolita essaiera de fuir loin de lui à la moindre occasion, refusant de tout son corps cette liaison.

Lolita, le film

Histoire d’O où nous avons une femme soumise. Ici, le contexte est un peu différent et c’est pour ça que je m’y arrête. Le roman peut être effectivement assez dérangeant puisqu’un homme livre régulièrement sa compagne à d’autres hommes sans l’avertir (on a aussi ça dans Emmanuelle où son amant initiateur la livre à un gagnant de combat de boxe sans lui demander son avis puis l’amène une autre fois dans un bordel où je ne sais plus quoi où elle se fait saillir par plusieurs hommes sans avoir réellement ravie de l’expérience) mais la différence majeure c’est que ce roman n’avait été écrit au départ que pour exciter son amant et pas du tout dans une optique de publication.

Histoire d'O

– enfin le Marquis de Sade. Je n’ai lu que la philosophie dans le boudoir que j’avais trouvé… curieux par moment (y a une scène, j’étais limite à dessiner l’emplacement des personnages tellement ça me paraissait compliqué que tout le monde arrive à s’emboîter tel que décrit), intéressant dès que ça parlait politique, vaguement excitant… et absolument dérangeant et dégueulasse sur la fin. Mais au-delà du caractère purement sexuel de l’oeuvre, il se dessine une volonté politique.

La philosophie dans le boudoir

Dans Outrage, ce qui m’a profondément mis mal à l’aise, c’est le consentement total de la gamine de 7 ans. Dans les romans précédemment cités, les victimes sont victimes et cela nourrit un propos. Même la soumise O. sait que ce qu’elle vit n’est pas normal mais elle l’accepte par amour tout en punissant sa maîtresse occasionnelle en tentant de l’envoyer à Roissy où se situe le manoir où elle était esclave sexuelle. Là, le roman est écrit à la première personne, une enfant de 7 ans excite son père, mouillant en pensant à ce qu’il allait lui faire. Je suis même pas sûre qu’une enfant de cet âge là puisse mouiller. Et c’est absolument tout le problème de ce roman : la légitimisation. Certains mecs malsains n’hésitent pas à minimiser un viol en expliquant que de toute façon, c’est ce qu’on voulait, toutes les meufs fantasment là-dessus. Ici, la pédophilie incestueuse est légitimée parce que “bah, son père ne fait que lui donner ce qu’elle veut”.

L'enfant démon

Alors peut-on tout écrire ? Dans l’absolu, tu écris ce que tu veux, comme pour Histoire d’O., vu que c’était censé rester entre les mains concernées. Mais le publier ? Cracher peperlito à la gueule de toutes les petites filles qui ont subi ça en racontant que ça pourrait être voulu ? A un moment, faudrait peut-être arrêter les conneries, aller dans le toujours plus trash pour vendre plus. Oui, il est des histoires d’amour et de sexe dérangeantes que l’on peut narrer mais pourquoi à tout prix franchir la ligne rouge ? Surtout si c’est pour le mettre entre des mains non averties. Il existe des productions sexuelles très violentes comme des Hentaï mais au moins, en lançant ça, on sait sur quoi on va tomber…

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Etat des lieux

Voici donc mon contrat de location signé, l’appart et moi avons uni nos destinées. Ceci étant, signer un bail, faire l’état des lieux, c’est mieux. Un état des lieux, c’est un peu comme une nuit de noce quand les mariés sont restés vierges : on s’est vus mais là, on se découvre dans les détails et parfois, on se dit qu’on serait bien restés puceaux à vie.


Mais revenons à mon état des lieux, ça m’évitera de faire des comparaisons inquiétantes. Mais je vais bien, hein, faut pas croire. J’arrive avec royalement 10 minutes de retard et l’agent immobilier me sermonne gentiment que bon, j’aurais dû l’appeler. Comme si j’avais pensé à prendre son numéro. Ceci étant dit, quand je l’avais appelé par accident car je n’avais pas verrouillé mon clavier, il  n’avait pas accroché, il a écouté ma vie pendant 8mn donc on dira qu’on est quitte. Surtout quand on sait que ces 8 minutes ont dû donner à peu près : « clap clap clap (talons sur le bitume) – arrêt- pfffff – Bonjour, je veux recharger mon navigo pour le mois et je paie en chèque [c’est au moment où j’avais plus ma carte bleue]. – Oui il me faut une carte d’identité. Oh, elle est périmée. Bon, c’est pas grave. Bonne journée ! Merci vous aussi ! ». Clap clap clap. Arrêt. Farfouille dans le sac. Raccroche ». Ca vaut bien la peine de perdre 8 mn de sa vie…


Comme j’ai désormais le statut de locataire qui va donner des sous tous les mois, il est beaucoup plus sympa que quand j’étais une nana qui visitait un appart et qui n’affichait pas son salaire sur son visage… Et surtout celui de son père, évidemment. Des fois, je me demande jusqu’à quand je devrai parler de mon papa pour pouvoir louer un appart (bien que je compte pas rechanger d’appart). Là, je réalise les fameux détails : le parc à côté de chez moi n’a pas vraiment d’espace vert, où je vais m’étaler pour bronzer en été ? Tiens, dans mon souvenir, la salle de bain était plus grande et l’appart aussi… Bon, il reste bien quand même mais là, je panique : y a pas de prise pour la machine à laver, c’est la merde. Je n’avais pas fait attention à la visite (si je faisais attention à tout, ça se saurait mais quand j’avais appelé l’agence, ils m’avaient dit qu’il y avait sans doute ce qu’il fallait. Quels menteurs. Mais tandis qu’on examine la salle de bain, l’agent immobilier me dit :

« Si vous voulez faire des travaux pour mettre la machine à laver, par exemple, vous pouvez. Y a une prise de terre là, il suffit d’enlever le bidet.

– Ah oui mais ils sont où les tuyaux ?

– Ben dans le bidet : y en a un pour l’arrivée d’eau et un pour la sortie.

– … »

C’est beaucoup plus évident quand on s’y connaît. Moi, ma machine à laver, c’est Anthony qui m’a tout mis en place quand j’ai emménagé et j’ai plus jamais touché. Ah sauf la fois où la machine s’est promenée dans la cuisine, arrachant le tuyau d’évacuation et mettant de l’eau partout mais depuis…


Bon, tout est ok et maintenant, je pose the question : « oui et alors pour la place de parking et la cave ? 

– Je ne sais pas lesquelles c’est, c’est écrit sur votre bail. Signez, merci, au revoir. »

Je dis au revoir au monsieur puis je décide de profiter 10 minutes de mon appartement avant de retourner au boulot. Etape 1 : le pipi. Y a déjà du papier, cool. Etape 2, je retourne dans la pièce centrale où il y a une espèce de niche qui irait bien pour mettre le lit mais serait-elle assez grande ? Pour le savoir, je prends des mesures : je me couche par terre, bras tendus. Bon, oui, ça va aller.

Une fois que je me suis roulée par terre, je décide d’aller trouver la cave : mon oncle doit m’apporter le lave-vaisselle qu’il y avait dans mon appart quand j’avais aménagé en 2005 et qui moisissait chez mes parents. Je descends au -2, découvrant au passage que pour aller dans les sous-sols, faut une clé. Ah, -2, pas de cave. Bon -1. Et je les fais toute. Je me retrouve même dans le noir à un moment. Et évidemment, et je vous jure que c’est vrai, ce fut la dernière. J’ouvre et là, surprise ! L’ancienne locataire, qui a refait les murs, m’a laissé les pots de peinture, un « lustre » (enfin un abat jour d’ampoule au plafond, quoi) et même un bout de moquette. Ca tombe bien, je compte la changer…


Je referme ma cave et m’en vais. Prochaine étape : trouver des déménageurs pas chers.

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La série la plus nase du monde… L’invincible

Vendredi soir,Vicky et moi sommes échoués sur son canapé à refaire le monde et nos vies, à potiniser… Enfin, une soirée normale entre filles, Vodka Tonic nous ayant quitté à ce moment là de l’histoire. A un moment, vers tard dans la nuit, notre regard est attiré par l’écran et la série qui vient de débuter, un truc ésotérico-crytique à vue de nez. Puis s’étale en gros le nom de la série : L’invincible dont l’acteur principal est… Lorenzo Lamas. Je sens que ça va être grand.

Au bout de 10 minutes, nous sommes conquises. Au bout de 2 épisodes, on décide que cette chose télévisuelle est collector. Mais qu’est-ce que donc ? Je vous
fais le pitch : Raph’ est un samouraï blanc du XVIIe siècle. Déjà, ça rappelle le Pacte des loups et son Samuel Le Bihan pratiquant le kung fu. Il a à sa disposition un padawan puceau qui s’appelle Tommy et qui ressemble (très) vaguement à Hayden Christensen. Et là, drame, il devient invincible et doit chasser des démons durant toute l’éternité à cause d’une mort, à priori celle de sa chérie japonaise qui se fringue comme une catin mais je suis pas sûre parce qu’il cherche quelqu’un et que je me demande si c’est pas son maître qui est mort et sa fiancée possédée par les
démons. La série se passe au XXIe siècle, en fait, Ralph et Tommy continuent de combattre les démons et sont aidés par Sarah, blonde greluche à gros seins.

Un immortel, un jeune maladroit (puceau) et une blonde, ça rappelle pas un peu quelque chose. Oui. L’invincible, vous l’avez compris, c’est Highlander chez les
démons. D’ailleurs Ralph il a les cheveux longs pareil et un sabre pour se battre, « une lame forgée à la force du poignet », dit-il. Nous, la lame forgée à la force du poignet, forcément, ça nous a fait hurler de rire et on n’a pas arrêté de faire des disgressions cochonnes sur le sujet, même si Ralph, il roule une pelle par épisode mais il a l’air vachement branché asiat parce que quand il embrasse la blonde, c’est juste pour lui faire un choc mais sinon, il lui colle 3 rateaux par épisode. A chaque fois, on a aussi droit à des flash back vers sa vie de samouraï blanc (combien de mecs s’appelaient Ralph et Tommy au XVIIe et partaient apprendre le kendo au Japon ?) pour bien nous perdre dans l’histoire. Genre à chaque fois qu’il prend un
coup sur la tête ou part dans ses pensées, petit flash back. On a même eu droit à un épisode western où il y avait trois niveaux de récit : la vie du XVIIe, la vie du XXe et la vie dans un monde parallèle de démons. Comme celui là, c’est le premier qu’on voyait avec Vicky, on avait un peu de mal à capter… En plus de pomper honteusement Highlander, le Pacte des loups et Bruce Lee et Buffy, on retrouve aussi des scènes odieusement pompées de Matrix. Bref, du vilain copier/coller.

Et pourtant, c’est génial. Les acteurs sont mauvais, les bagarres sont catastrophiquement jouées, les démons sont éliminés en un seul coup de poing, les dialogues sont à hurler (de rire), les histoires déplorables… Mais en fait, cette série joue sur les degrés. Il y a une part d’humour très potache, notamment avec Sarah qui est une gourdasse qui se prend la porte du saloon dans la tronche par exemple. Sans parler de la scène de bagarre où une serveuse du bar se castagne avec des cow boy et se prend même un pain. Autre ressort comique : la virginité de Tommy. 4 siècles sans tremper son biscuit, ça commence à le travailler le petit. C’est même le point essentiel d’un épisode où il est choisi par des démons pour être sacrifié et il
fallait que le sacrifié soit vierge. Là, les démons le soulèvent en scandant : « Virginité ! Virginité ! Virginité ! ». Ben, il a beau avoir 400 et quelques années, on sent bien qu’il ne le vit pas super bien.

Bref, je ne suis pas sûre de regarder de nouveaux épisodes puisque j’ai souvent mieux à faire le vendredi soir mais j’avoue que j’ai trouvé cette chose
merveilleusement drôle. Mais c’est quand même mieux à regarder à plusieurs, histoire de bien se marrer.

PS sans rapport : Ca me tente pas mal le kendo, y a des gens qui en font ?

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Les nouvelles amazones

En ce moment, la mode, ce sont les femmes amazones. Enfin, quand je dis en ce moment, ça date d’il y a un petit moment quand même. Depuis Sex and the city ou peut-être même avant, je ne suis pas sûre. Tiens, je ne suis pas sûre ? Intéressant, creusons un peu.

xena-amazone

Quelle est la femme des années 2000 ? Une femme qui s’assume, yeah. Elle baise, elle jouit, elle se masturbe, elle jette les hommes comme les Kleenex sans complexes ni culpabilité. Quoi que… Moi, j’utilise pas les hommes comme des Kleenex, y en a même que j’essaie de garder parce qu’ils me plaisent bien et que l’idée de faire un bon bout de chemin ensemble me donne des ailes. Bref, la femme des années 2000 est une sexuée fière de l’être et qui revendique son donjuanisme. Sur ce point, je suis d’accord. Mon nombre de partenaires sexuels a deux chiffres (mais on s’en fout du nombre exact) et de ce fait, je pourrais passer pour une salope. Mais à part quelques accidents de parcours, j’ai toujours eu du respect pour ces hommes tout comme ils en ont eu pour moi et les souvenirs que j’en garde sont souvent de bien agréables moments. Parce que même si la plupart d’entre eux ne furent pas des officiels, ça n’empêche pas qu’il y avait quelque chose. Pas de l’amour mais une
certaine affection. Bref, j’utilise pas les hommes comme des godes vivants. Et, ô surprise, beaucoup de femmes libérées raisonnent comme moi.

En ce moment tourne une nouvelle pub meetic, censée représentée la femme des années 2000 et que les hommes regardent en croyant avoir tout compris à la gent féminine. Je ris. Je regarde cette pub et je me reconnais dans peu de nanas. A la limite celles qui matent mais nous sommes beaucoup plus discrètes que ça. Et la black qui fout son mec dehors est géniale (quoi que notez que c’est elle qui a fait la valise comme quoi, rien ne change). Mais après, honnêtement, j’ai un rencard avec un mec, je demande pas de capotes à mon collègue car :

– on va chez moi, j’en ai à la maison

– les trois quarts du temps, le mec en a

– y a des distributeurs dans toutes les stations de métro

– mes collègues n’ont pas à savoir que je baise. Je n’ai pas honte d’avoir une vie sexuelle mais j’aime bien que les choses soient cloisonnées.

Sans parler de la nana qui met les mains de son mec sur ses seins sur la moto, pas sûr que ce soit le meilleur endroit pour s’accrocher et forcément, ça casse tout le charme. Moi, j’aime mieux quand un mec arrive sur mes seins après quelques instants de papouilles, dans la logique des caresses. Non mais c’est vrai quoi…

Bon, bref, on nous fait croire que la femme des années 2000 est donc un vrai mec, si j’ose dire, qui ose s’endormir après le sexe et consomme les hommes comme d’autres les dragibus. Ce qui est bien, c’est qu’on substitue un cliché par un autre, on passe direct de Bree à Samantha, en gros, sans transition aucune. Merci les publicistes. Pourtant, j’ai réfléchi à ce « depuis quand on est des Samantha » et je trouve pas de réponse. Tout simplement parce que la femme des années 2000 n’a rien de nouveau, y a bien que des mecs pour penser ça. Revenons un peu en arrière. Le MLF, les femmes qui brûlent leurs sous-tifs, qui revendiquent le droit à l’orgasme, au contrôle de leur corps…. Années 60-70. Nos mamans. Oui, moi, ma mère, elle a beau être vierge comme le veut les statuts de la secte des immac’ réunis que je suis en train de créer avec Vicky, c’est pas précisément le genre prude. Souvenez-vous, ma mère, cet être merveilleux qui rigole comme une bossue devant un tableau qui s’appelle « La pinède en feu » avec un pompier qui tient fermement sa lance (à incendie) au niveau des reins, qui me répond que c’est pas de sa faute si y a plus de vierges à la maison quand je lui dis qu’on devrait acheter la beeeeeeeelle statue de la Vierge dans la vitrine parce qu’on n’en a pas (c’était ironique), qui me répond, quand je m’indigne que les prostituées ne soient payées que 30 euros la pipe « bah, au moins, elles sont nourries ». Là, voilà, ça, c’est ma maman. Pas hyper coincée du cul (mais toujours vierge). Et même, quand je lis, je constate que des femmes jouissantes et amatrices de sexe, des maîtresses femmes, ça n’a rien de nouveau. Oui parce que faudrait pas croire que l’orgasme, c’est une spécialité des femmes des années 2000, on n’a rien inventé.

Alors, vous allez me dire « ouéééééééé mais attends, on drague plus comme avant, vous êtes plus entreprenantes ». Heu, vous en savez quoi ? Oui alors certes, dans la bourgeoisie du XIXe, la séduction était ultra codée mais vous croyez vraiment qu’à la campagne, dans les bals populaires et autres, seuls les hommes prenaient les devants… Les femmes ne sont pas des saintes vierges (sauf ma mère), il serait temps d’atterrir. Parce que si vous attendez que les publicistes vous donnent une image (fausse) des femmes, vous êtes mal barrés messieurs.

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Vous n’’y échapperez pas

En ce moment, c’est partout, tout le temps. Sur les couvertures de mes magazines et dedans, à la télé, à la radio et même sur les blogs. Y a plus moyen d’y échapper et ça me rend dingue. Ca m’a tellement saoulée que moi, je boycotte et c’est tout. Mais de quoi je parle ? Non, pas des présidentielles parce que même si y a des jours où ça me saoule qu’on ait déjà le nom du vainqueur « car les sondages ont dit ». Non, je parle du film d’Olivier Dahan, La Môme, et de l’omniprésente Marion Cotillard.

la_mome 

Maintenant, je sais. Je sais ce que Marion mange au petit déjeuner, qu’elle a a-do-ré le tournage avec Burton et aimerait bien recommencé, qu’elle pense que la planète est en danger et si je fouille bien dans les articles, je trouverai même la marque de sa culotte. Honnêtement, jusqu’à présent, je n’avais pas vraiment d’envie sur Marion Cotillard, je trouvais qu’elle avait l’air sympa et voilà. Mais en fait, elle est conne. Pas méchante, hein, mais conne. Par exemple, dans Paris Dernière qui lui est consacré, c’est un festival. Xavier Desmoulins, le présentateur à la voix qui ruine les strings (enfin, à mon avis), la suit dans des cuisine où elle fait la popote et lui fait : « mais tu cuisines, toi ? » « Ouais, j’adore ça, tu vois et… Et machin, une pincée de sel, c’est ça ? ». Ok, alors moi qui ne cuisine pas, je sais ce que ça représente une pincée de sel alors Marion, je la crois pas trop… Bon, passons sur ses considérations écologiques (à la limite, je suis un peu d’accord sur le fond) pour passer sur le chapitre Marion n’est pas crédule. Non, Marion, en fait, elle est super intelligente, elle cherche plein de trucs sur le net et elle nous explique que le 11 septembre, c’était que de la manipulation. Non mais en Espagne, des tours ont brûlées et elles se sont pas effondrées alors que le WTC s’est écroulé, c’est trop un complot, ils l’ont détruit parce que ça coûtait moins cher de tout reconstruire que de tout réparer. Il est vrai que n’importe quel immeuble se mangeant un Boeing résiste et tous les pompiers étaient des kamikazes avec des bombes et ciao le WTC ! Elle nous explique aussi qu’en fait, s’il le faut, l’homme, il est jamais allé sur la Lune et que c’était que de la désinformation. « J’ai de la doc dessus, si tu veux », dit-elle à Xavier. Mais c’est pas sa faute, à Marion, ses parents l’ont jamais fait croire au Père Noël donc, voilà, elle est pas crédule et c’est tout.

 

Bon, Marion, elle est tellement partout que je finis par croire que je la connais, que c’est ma voisine. Et évidemment, on s’extasie sur le film trop bien de la mort qui tue sur Piaf qui était trop une super chanteuse et son amour pour Marcel Cerdan et tout le monde qui témoigne et tout ça. Sa nounou, sa voisine, le vétérinaire de son chat. Tout le monde a connu Piaf, tout le monde a quelque chose à dire. Ah, c’était une grande dame, oui, oui, oui. Ce qui est bien avec les gens morts, c’est que ça leur rachète de suite une virginité. Bon, moi, Edith, j’ai pas d’opinion dessus puisque je suis née, elle était déjà morte donc elle était déjà parfaite et merveilleuse.

 

Après, il y a Olivier Dahan, le génie du cinéma, le nouveau Godard, Lelouch, Besson, Chabat… Oui, les artistes sont toujours des nouveaux quelque chose, c’est particulièrement gonflant, ça aussi. Bref, Dahan, rappelons que sa dernière réalisation, c’était les Rivières Pourpres 2. Je ne dirai pas du mal de ce film tellement c’est trop facile. Sans doute Olivier a-t-il progressé, je ne dis pas que La môme est un mauvais film. Je dis juste que c’est comme Amélie Poulain ou le Da Vinci Code, on en parle tellement qu’on en a marre dès le départ. Et encore, moi, le Da Vinci, je l’ai lu au tout début donc j’ai pas été saoulée. Mais là, en plus, ce qui m’énerve, c’est que ce film est estampillé culte alors même que personne ne l’a vu ! C’est une belle performance pour M. Dahan de voir son film classé culte avant d’être sorti mais moi, j’aime pas qu’on m’impose ce que je suis censée aimer ou pas. Alors tant pis si ce film est vraiment génial, que Cotillard est vraiment époustouflante dans le rôle de Piaf, que c’est le film de toute une génération (mais laquelle ??). Encore un film que je ne verrai pas.

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Les jeunes, rebelles du sexe

Il y a des jours, j’aime bien lire des magazines. Oui, d’abord, c’est mon métier mais en plus, c’est fascinant comme on a le sentiment qu’ils sont à côté de la plaque, des fois. Parmi les thèmes qui plaisent et qui font vendre : le sexe. Jusque là, rien de nouveau, j’ai déjà parlé du sexe dans les magazines. Non, moi, ce qui me plaît, c’est la notion de « nouveau » en matière de sexe.

 

Cet été, dans un élan de sérieux, j’ai lu un essai, Génération 69, ou la complainte incessante des trentenaires qui en veulent aux soixante-huitards d’avoir eu une plus belle vie qu’eux. Ouais, moi aussi, ça me fait chier de pas avoir de boulot, de pas être considérée et tout ça mais dans la génération 68, y a notamment mon papa (bon, lui, il a pas manifesté, il était à la plage) qui est ma principale source de revenus donc j’ai un peu de mal à lui reprocher quoi que ce soit. Alors, oui, si on veut, y a conflit des générations mais c’est pas le sujet de l’article, de toute façon. Donc, dans ce livre, arrive un chapitre un peu surréaliste genre « ahah, vous les soixante huitards, vous avez le pouvoir, l’argent et les avantages sociaux garantis mais nous, on a le sexe ! ». Bon alors, messieurs les trentenaires, sachez que si vous avez écrit ce livre, c’est que vous existez et si vous existez, c’est que votre papa a mis son pénis dans votre maman et puis le reste, vous connaissez. Y a que ma sœur et moi qui sommes nées de l’immaculée conception (ah et Jésus, aussi pardon !). Soyons sérieux trente secondes : en matière de sexe, on n’a carrément rien inventé.

Comme je l’ai dit dans un autre article, j’ai fait une histoire de la sexualité et du genre et j’avoue que ça me passionne. Oui, le sexe, c’est pas juste pour  jouir, c’est un sujet follement passionnant. Je pense que les mœurs sexuelles d’une société sont un excellent indicatif de sa santé. Alors regardons un peu l’histoire, la Grèce, par exemple. Alors, là, ça s’enfilait dans tous les sens. Au gymnase, les jeunes éphèbes étaient initiés à toutes sortes de sport. Et encore, se limiter à la Grèce comme exemple, c’est une erreur : allez dans n’importe quel musée antique, vous trouverez forcément un vase, une amphore ou une assiette avec le kama sutra dessiné dessus. Le Kama Sutra, parlons en ! Ca a été écrit au IV ou Ve siècle après JC et ça reste THE référence absolue en matière de sexe. Sinon, on a Sade, aussi, dans le genre « sexe méga pervers » où l’on découvre que les partouzes ne sont pas un concept des tenanciers des clubs échangistes parisiens. Je suis pas une mère la vertu mais je vous avoue qu’à la fin de « La philosophie dans le boudoir », j’avais limite
la nausée. Bon, je vais pas étaler ma culture 107 ans sur le sujet, vous avez compris l’idée.

Et pourtant, chaque génération se croit inventrice d’une sexualité plus débridée que la précédente. Bon, évidemment, on a du mal à imaginer nos parents et leurs amis en train de joyeusement forniquer (mon Dieu, quelle horreur, je me traumatise toute seule, là) mais on n’est pas la première génération à pratiquer un sexe relativement libre (ça dépend des personnes) et, rassurez-vous, on n’est pas la dernière non plus. Quand on étudie l’histoire avec l’impératif de la virginité, faut pas se leurrer, ce sont des normes bourgeoises. Autrement dit, chez les paysans, lors des bals populaires, les garçons et les filles ne se privaient pas pour cafouniter (spéciale dédicace à ma mère qui me lit pas) dans le foin. Bon, les filles mères, c’était la honte mais voilà, à part ça, on pouvait s’ébattre dans les prés sans créer un scandale.

Alors pourquoi ce besoin que chaque génération a de se sentir créatrice d’un sexe débridé ? Non parce que c’est pas nouveau, regardez 68, puisque j’en parlais tout à l’heure,les « faites l’amour pas la guerre » et la réclamation de cités universitaires mixtes… Bon, outre le fait qu’on a du mal à concevoir que les parents aient du sexe, je suppose que quelque part, affirmer sa sexualité et la vivre pleinement, c’est un peu s’affranchir de l’enfance. « J’ai du sexe, je suis adulte ». C’est rompre avec la génération précédente, rejetant ses valeurs morales et tout ça. Evidemment, de nos jours, c’est peut-être plus facile de se trouver des partenaires sexuels, on allume son ordinateur, un coup sur meetic ou assimilé et hop, en une heure,on peut se retrouver avec quelqu’un dans son lit. Enfin quoi qu’à y réfléchir, je pense que chaque génération a eu son « meetic », ses boîtes échangistes où on rentre dans qui on veut, ses soirées privées qui dérivent en partouze, comme toutes les soirées où sont invités les gens de Paris Dernière.

Alors, non, le « nouveau sexe » n’existe pas, nous n’avons rien inventé, tout a déjà été fait, nous ne faisons que redécouvrir, ré expérimenter. Les hommes forniquent depuis que le monde est monde, avec plus ou moins de raffinement. Alors « libéré(e) », oui, « novateur », non. 

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La schizophrénie de la femme des années 2000

En tant que jeune femme des années 2000, je vis dans un bain médiatique permanent. Même si je ne lis pas tous les journaux, en particulier féminins, sans doute parce que j’ai pas que ça à foutre non plus. Mais ça n’empêche pas que les titres me sautent aux yeux. « Comment atteindre l’orgasme à coup sûr », « coucher n’est pas sale », « la vérité sur mon point G », « pourquoi il ne faut pas coucher le premier soir », « le sexe, c’est surfait », « coucher, c’est sain »… Bon, ben si je deviens pas schizophrène avec tout ça…

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Dans le livre d’Anne Steiger, la vie sexuelle des magazines (promis, je vais pas vous saouler 3 mois avec, je suis en train de lire profession stagiaire, je vais vous emmerder avec ça, à la place), la jeune femme met parfaitement en lumière cette espèce de schizophrénie. D’abord, selon les titres, on me parle soit de sexe et de ma misère amoureuse, soit d’histoires de couples. On parle drague, séduction, on dit qu’il faut oser mais pas trop, qu’on peut coucher le premier soir sauf si on veut que ça dure (jamais compris cette théorie). Moi, j’ai du mal à dire dès le premier soir si je veux que ça dure ou pas. Donc voilà, on nous bourre le mou avec l’échangisme, la sodomie, le triolisme, l’amour à la plage, dans la mer, au camping, dans la voiture, à l’hôtel, dans un champ, sur une pelouse, dans une piscine… Et là, on vient m’expliquer que l’abstinence, finalement, c’est top. Si je pouvais m’abstenir de coucher dans tous les lieux sus-nommés et même dans un lit. Il faut pas le faire ! D’abord, si je peux garder ma virginité pour the only one, ce serait mieux.

Bon, j’ai jamais fait ma vie rapport aux magazines mais voilà, on nous dit de coucher avant de nous expliquer qu’être vierge, finalement, c’est mieux. Messieurs dames des magazines, tout d’abord, je tiens à vous informer que la virginité, ça repousse pas. On peut se faire recoudre l’hymen mais j’en vois pas l’intérêt. Et puis je veux bien me réserver pour the only one mais je le reconnais comment. Ah, bon, y a bien quelques magazines qui m’expliquent mais ça marche pas, leur truc. Moi, quand je crois le reconnaître, ben, c’est pas lui. Par contre, je sais très bien reconnaître celui qui ne fera que passer mais s’il me plaît, je vais pas me priver.

Au-delà du diktat des magazines que je ne suis pas, on en revient toujours au même problème : il faut être prude et pute en même temps. Non mais quelle schizophrénie ! Souvent, les hommes veulent la pute pour coucher, la prude pour se marier et se reproduire. Ok sauf que comme dit précédemment, moi, dès le départ, je peux pas savoir si c’est pour une nuit ou pour la vie. Enfin, si c’est un plan cul, si, je le sais, mais si on forme un couple, comment savoir ? Dois-je attendre le moment X avant de sauter le pas ? Si ça dure longtemps, ça
posera pas de problèmes mais si c’est une liaison courte, ça me fera chier de pas en profiter. De la même façon, à partir du moment où je veux faire ma vie avec un mec, ça veut dire que je n’ai plus droit à aucune fantaisie sexuelle ? Parce que je dois être la sainte épouse ? Non mais ça va, oui ? Ok, comme disait Olivier l’autre jour en comm, la sodomie n’aide pas à 
la reproduction mais bon…

 

Alors voilà, les magazines m’expliquent tout et son contraire. Outre ma vie sexuelle, ils me dictent la mode (qui change tous les mois, Seigneur !), ma coupe de cheveux (le problème, c’est que là aussi, on passe d’une brosse à des cheveux très longs en un mois), mon parfum, mes crèmes de soin, mes amis, mon boulot… Bref, toute ma vie est censée être régie par les magazines. Ils m’expliquent tout ce que je dois savoir sur mon propre corps. Que la sodomie est à la mode… Ah mais non, c’est le triolisme maintenant ! Et t’es pas allée en boîte échangiste ? Mais quelle oie blanche, tu devrais avoir honte ! Et puis tes bottes à talons, là… Mais ma pauvre fille, c’est d’un ringard. Ok, tu les as payées 140 euros le mois dernier parce que je t’ai dit de le faire mais la mode, ça évolue…

Des fois, je me demande si les magazines ne se sentent pas un peu ridicules de prôner un truc un mois et pile le contraire l’autre mois mais Anne Steiger analyse très bien l’évolution des titres de mois en mois, c’est proprement hilarant. En gros, c’était du : « tu dragues et tu chopes », mois suivant : « les premiers pas en couple », le mois d’après : « la routine s’installe » puis « comment le quitter » puis « un coup d’un soir, ça fait du bien » avant de revenir sur « comment trouver le bon ».

Seulement voilà, en vrai, ma vie ne suit pas les timing des journaux (comme si j’avais que ça à faire, tiens). Et puis, ça m’agace qu’on m’explique où est mon point G et comment me masturber (je vous ai pas attendus !), qu’il faut que je couche ou pas mais ça dépend si je veux que ça dure ou pas. Aujourd’hui, la femme est bombardée de modèles différents et incohérents, il faut être femme, mère, business woman, épouse, pute, amante, amie, dominatrice, soumise… Au secours, j’ai mal à la tête ! J’exagère ? Ben non. Aujourd’hui, une femme arrive pour postuler à un emploi, si elle approche de la trentaine, ça va faire tilt dans la tête du DRH : 30 ans = un bébé bientôt. Parce qu’une femme doit forcément être mère… Sinon, c’est un non-sens, une hérésie. Toutes les femmes rêvent de bébé, c’est génétique, on vous dit. Parce que ces journaux nous comprennent mieux que nous nous comprenons nous-mêmes. Toutes les filles sont
des salopes qui ont des pulsions. Ok, sauf les frigides mais rassurez-vous les filles, on l’aura toute notre orgasme, un jour. Donc voilà, on consomme du sexe mais au fond, nous sommes toutes des grandes romantiques qui n’attendons que notre Roméo et quand on l’aura, on sera fidèle… ou pas mais quand même si. Parce que c’est le bon, qu’on l’aime, qu’on veut vivre avec et même faire des
bébés. Mais bon, les magazines féminins, ça les emmerde un peu parce qu’à partir du moment où on se reproduit, on les abandonne pour des titres plus… moins… enfin, vous voyez quoi, moins pintades !

Bref, être une femme, c’est pas tous les jours facile, facile. Le plus simple ? Etre soi et se foutre de ce que nous disent ces foutus magazines.

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Faut-il être prude ou chaude pour séduire ?

En tant que fille, je me pose toujours des questions essentielles. Et comme je suis sympa, je partage ça avec mes copines, les plongeant dans des considérations ésotériques et des
abysses insondables de perplexité. Oui, aujourd’hui, j’ai envie de faire mon intello avec des mots de plus de deux syllabes.

 


 

Bon, passons ces délires verbaux et étudions ensemble ma dernière question existentielle en matière de séduction : pour séduire un homme, quelle image donner de soi ? Ou plutôt quelle genre de nanas fait craquer les hommes. Faut-il se la jouer prude ou, au contraire, pro du sexe ? La question peut paraître saugrenue mais non.

 

Posons l’équation : d’un côté, Nina, ENCORE 25 ans (non mais !), célibataire et disponible. De l’autre, des hommes. Le premier se vante, il a couché avec la moitié de la planète et connaît des positions du bout du monde. Mon verdict : peut-être pour une nuit mais guère plus. Un mec qui a eu autant d’aventures (si tant est que ce soit vrai) ne va pas se caser si facilement, même avec la meilleure maîtresse du monde (je ne parle pas de moi, là). Donc, bof. Le second est la pudibonderie réincarnée : aucune vie sexuelle déclarée, ce qui ne veut pas dire qu’il en a pas mais visiblement, il n’est pas porté sur la chose. Certes, un couple n’est pas basé que sur le sexe, c’est pas pour autant qu’on va s’en passer. Le problème, c’est que ce qui en disent trop et ce qui n’en disent rien, difficile de savoir si on ne sera pas déçue par le premier et surprise par le second. Mais idéalement, il me faut une moyenne des deux : un mec qui a suffisamment vu du pays pour pas se servir de moi pour en apprendre plus et me jeter après mais pas un obsédé de la quéquette qui a besoin de changer de copine tous les 15 jours… Maximum.

 

Donc, de là, raisonnement inverse : comment me comporter pour séduire. Bon, honnêtement, je suis pas du genre à jouer les Saintes vierges la vertu, sans pour autant être
nympho à partager ma couche avec 15 mecs différents par mois. Seulement une fille un peu exubérante niveau sexuel ne risque d’elle pas de faire fuir les hommes.


Entre en scène Brad 1. Sans être puceau, Brad 1 n’a pas eu beaucoup de partenaires sexuelles, bien qu’il soit beau comme un Dieu. Est-ce que mon passé sexuel, qui n’est pas si impressionnant que ça quand même, ne risque pas de le castrer un peu ? Je ne suis pas un mec donc je raisonne peut-être par l’absurde mais certains mecs ne peuvent-ils pas être vexée que leur petite amie ait eu plus de partenaires qu’eux donc, a priori, plus d’expérience. Bon, très honnêtement, je ne pense pas que la quantité fasse la qualité mais je me pose quand même la question. Donc si je veux sortir avec Brad 1, faudrait peut-être que je diminue le nombre de mes partenaires.

 

Entre en scène Brad 2. Lui non plus n’a pas beaucoup d’expérience et, justement, il est avide d’apprendre. Donc il se dit qu’une fille qui a couché avec plus de trois mecs (moyenne nationale) amatrice de certaines pratiques pas pratiquées par toutes pourra lui apprendre plein de trucs. Mais le problème de Brad 2, c’est qu’une fois qu’il se sera bien amusé, il s’envolera car de toute façon, il n’est pas sorti pour mes beaux yeux azur mais juste pour s’amuser. Pour séduire Brad 2, il faudrait donc qu’au départ, j’exagère un peu le nombre de mes expériences, même si je me fais plaquer à l’arrivée.

 

Bon, on peut multiplier les hypothèses à l’infini mais la question reste : être prude ou être cochonne ? Sage ou libérée ? Et surtout, comment savoir si le Brad que l’on convoite va être intéressé par l’une ou l’autre de ces versions ? Il y a quelques temps, j’avais fait un article sur la virginité, expliquant que certains mecs préféraient les vierges car elles ne pouvaient pas comparer avec un autre partenaire. Soit. Mais plus on avance dans le temps et plus il est difficile de trouver des vierges. Par ailleurs, je vais pas me faire recoudre l’hymen pour faire semblant. J’ai un passé dont je ne rougis ni ne me vante car le passé est le passé, justement et qu’au fond, ça ne veut rien dire. J’ai presque appris plus avec mon premier amant qu’avec tous les autres réunis. Oui, bon, certes, je ne pouvais qu’apprendre avec lui puisque j’étais vierge mais les expériences furent très nombreuses. Par contre, j’ai appris quelque chose avec Guillaume 1er que je n’aurais pu apprendre ailleurs : que le sexe quand on aime, c’est encore meilleur. Et ça, je n’aurais pas pu l’apprendre avec 50 amants d’un soir, voire d’une semaine. De toute façon, chaque amant a quelque chose à nous apporter puisqu’on ne fait pas l’amour de la même façon selon la personne qui se trouve en face de nous. On peut appliquer les mêmes techniques et les mêmes positions, il y a toujours de l’inédit. Donc mes Brad, ils n’ont pas à rougir de n’avoir couché qu’avec deux filles dans leur vie mais ça, faut arriver à leur faire comprendre.

 

Quelque part, je trouve ça assez curieux cette espèce de défi statistique. Je parlais l’autre jour avec un gars qui a passé près de 10 ans avec sa petite amie, elle fut sa première
partenaire et il me fit remarquer : « j’ai peut-être eu qu’une partenaire dans ma vie mais au nombre de brouettes, je n’ai pas à rougir. » Ben, c’est pas faux. Je ne sais pas combien de fois j’ai fait l’amour avec Guillaume 1er puisque Dieu merci, j’ai pas passé quatre ans et demi à tenir des compte mais on explose largement la centaine, voire les cinq cents, voire les mille… Oui, après calcul, 4 ans faisant 1460 jours, on doit effectivement être plus proche des mille mais peu importe. J’ai donc fait l’amour plus de fois avec lui qu’avec tous les autres réunis mais que retiendra-t-on ? Si je dis que je n’ai couché qu’avec deux hommes dans ma vie, ce qui était le cas après ma rupture avec Guillaume 1er, on va me regarder comme une mère la vertu. Je dis que j’ai eu une dizaine de partenaires, hop, je suis l’experte en sexe de service. En plus, franchement, une dizaine, c’est rien du tout, si on considère le nombre de mecs qu’une fille peut connaître intimement entre 18 et 25 ans. Oui mais voilà, c’est toujours ce chiffre du partenaire que l’on retient. Et c’est celui qui attirera sans doute Brad 2 et fuir Brad 1.

 

En juin, j’avais dîné avec une copine qui se vantait d’une vie sexuelle bien remplie (elle fait l’armée, ça aide…) et elle me dit : « tu vois, j’ai eu 15 partenaires sexuels dans ma vie, je peux me caser maintenant. » Bon, vu ce qu’elle racontait, je pensais qu’elle en avait eu bien plus mais elle soulève un point important. Au lieu de croire qu’un nombre (relativement) élevé de partenaires n’indique-t-il pas au contraire que la demoiselle, ou le monsieur, a enfin envie de se caser, ayant eu l’occasion de rouler sa bosse, si j’ose dire ?

 

Mais au fond, pour choisir entre Brad 1 ou 2 ou un autre Brad, le seul critère n’est-il pas justement que Brad s’en fout du nombre de partenaire que j’ai eus ? Car au fond,
c’est moi qu’il est censé aimer, pas ma vie sexuelle.

 

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L’art de dire non (opposé à celui de ne pas le comprendre)

Comme tu le sais lecteur, il y a un mois, j’ai décidé en mon âme et conscience de m’offrir une nouvelle virginité. Et bien, je m’y tiens, je ne veux point offrir mon corps à n’importe qui, je veux que ma prochaine brouette soit anthologique parce que j’aurai envie de mon partenaire mais pas que de son corps, de lui tout entier. Dans mes contacts MSN, il me reste un plan brouette qui ne possède pas le mot « non », dans son vocabulaire. Plus je refuse, plus il me veut.
 
Souvenons-nous de Laurent : mignon, passionné de plongée, plutôt bon amant (et sacrément équipé pour). A peine rentrée de Bretagne et à peine ai-je décidé de ma nouvelle virginité que le revoilà sur MSN. Il me veut, il a envie de moi mais la réciproque n’est pas vraie. J’ai de bons souvenirs de lui mais plus envie d’une brouette gratuite, si j’ose dire. Donc quand il me propose de folles galipettes, je lui explique que ma libido est au point mort, ce qui était vrai à l’époque. Et là, j’ai découvert à quoi pouvait être près un mec pour juste une brouette et, lui, c’est un champion du monde. Suite à mon refus, il commence à dire qu’il ne me reconnaît plus, ce qui me fait un peu grincer des dents : comment peut-il me reconnaître alors qu’il ne me connaît pas ? Il essaie tout : et si je me contentais de juste le branler ? Oh que c’est romantique ! Juste un petit touche pipi et on arrête là, allez ! Non. Et là, on tombe dans le grandiose : si je veux, on peut faire ça à 3 voire carrément une partouze. Curieusement, là, le refus fut très facile. Alors que je lui raconte ma vie (ô combien passionnante), il me balance : « je pense à tes seins ! ». Pourquoi je ne lui demande pas de m’épouser à celui-là ? Le pire c’est qu’il serait capable d’accepter juste pour me sauter.
 
Il me supplie de penser à lui en se masturbant, ce qu’il fera. Sauf que moi, on m’impose pas mes fantasmes, d’autant que durant ces derniers, je ne vois pas de visages précis. Le lendemain, le revoilà qui réinsiste (genre ma libido est revenue dans la nuit) et il m’explique ce qu’il imaginait me faire pendant sa branlette (c’était ma fête !), il m’explique comment il veut que je lui fasse sa prochaine fellation, je m’ennuie. A un moment, voilà que je lui explique que la seule chose dont j’ai envie à l’heure actuelle, ce sont de longs baisers langoureux : « Je peu te faire ça puis je me branle après ». Alors, là, j’imagine le tableau et je préfère en rire, plutôt qu’en pleurer ! J’arrive à détourner la conversation sur nos noms de famille (je suis un génie quand je m’y mets) et à un moment, silence radio. Bon, je me dis qu’il a compris et là, j’ai droit à « l’au revoir » le plus glamour de ma vie, j’en pleure d’émotion rien qu’en y repensant : « Bon, j’ai joui, bonne nuit ». Voilà que l’autre, il se masturbe pendant que je lui parle de son nom de famille alors que j’ai mis la photo de ma Kenya en avatar.
 
Pendant une semaine, il ne me parle plus : aurait-il compris la leçon ? En fait, non, il était parti en vacances… Et je ne m’en étais même pas rendue compte. Au début, conversation très soft, il essaie de me faire deviner où il était parti en vacances et je trouve très vite… C’est énervant de voir que je m’entends très bien avec ce garçon quand nous avons des conversations normales mais, inévitablement, il en revient au sexe, encore et toujours. Ah ben quand il m’a dit que c’était un obsédé, il ne m’avait pas menti. Cependant, je crois voir dans cette conversation anodine une nouvelle approche, plus subtile. Après tout, en y allant cash, il se prend veste sur veste alors en endormant ma méfiance…
 
Et bien, je surestimais le jeune homme, il me demande à nouveau quand on se voit, quand je suis libre, si ma libido est revenue. Pour le calmer, je lui explique que j’ai trouvé un jeune homme qui me plaît bien, le résultat est totalement inattendu : « super, ça veut dire que ta libido revient ! ». Biiiip, mauvaise réponse ! Enfin, techniquement, elle revient un peu, effectivement, mais pas avec lui.
 
Je gagne quelques jours avec ma gastro mais uniquement parce que je peux facilement le convaincre que je ne suis pas en forme (ce qui est totalement vrai). Mais lui, coucher avec une fille malade et même pas épilée, ça ne le rebute pas. Pourtant, à une époque, ma goutte au nez l’avait profondément dégoûté… Une fois guérie, il attaque : « on se voit demain soir ? » Toujours pas, mon gars ! Comme je lui explique que je pars chez mes parents pour le week-end, il me fout la paix trois jours mais hier, attaque à nouveau : « tu rentres quand ? ». Et là s’ajoute un nouvel élément : l’ordinateur de mes parents est relié à une webcam, le voilà tout émoustillé. Sauf qu’il est au boulot ! Il veut que je me foute à poil devant la webcam alors qu’il bosse, mais je rêve ! Je réponds un poli : « non, je suis en jogging, pas maquillée avec mes lunettes puis suis même pas épilée, d’abord » mais je crois que même avec la varicelle, il n’aurait pas dit non. Donc suivant les conseils de Guillaume, au courant de toute l’histoire, j’ai fini par le bloquer.
 
Suite à cette petite histoire, j’en viens à me demander comment un mec peut être à ce point en manque pour accepter de se prendre trois à quatre non par conversation, tous les jours ou à peu près… C’est peut-être parce que je suis une fille mais un seul non suffit, mon ego ne peut en supporter plus (sauf si c’est un « non, ce soir, je peux pas mais demain ok »). Comment peut-on se vendre à ce point pour une seule brouette ? Comment peut-on avoir envie d’une fille malade et même pas épilée ? Tout ceci me dépasse, quelque part, et me désole. J’aurais aimé partir sur une relation amicale, il est clair que ça ne sera jamais le cas. Ce gars se fout de moi, il ne s’intéresse qu’à mon corps et se passe de toute la politesse (si j’ose dire) que l’on est en droit d’attendre d’un homme. Je ne suis pas un jouet sexuel et même si apparemment, je suis une partenaire très agréable, je pense que quand je dis non, c’est suffisamment clair pour ne pas insister. Après tout, si j’ai envie de le retrouver, je sais très bien où aller, j’ai son nom, son adresse, son numéro de téléphone, son MSN… Non, vraiment, cette insistance me dépasse. Au fond, je suppose que je ne peux m’en prendre qu’à moi-même : il m’a eue (trop) facilement au départ, il ne doit pas comprendre pourquoi il n’en est plus de même aujourd’hui.
 
Ceci étant, cette petite (més)aventure ne m’est pas inutile, je me rends compte à quel point je suis résolue dans mes choix de privilégier la complicité et la tendresse à du sexe pur et dur. Comme Benoît, il finira bien par comprendre que je ne serai plus sa partenaire de brouette, même pas une camarade puisque ça ne l’intéresse pas. Au fond, je ne le regrette pas, cette insistance m’a profondément gonflée et je ne vois pas ce que je pourrais dire à ce garçon, finalement. Puisqu’il ne comprend pas le non, il comprendra peut-être mon silence et mon absence.
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La saleté

Par Gauthier
Minuit : bilan de la journée, levé à 14h, je traîne tout l’après midi en sous-vêtements, nourriture : nicotine et caféine. Je réponds à mes mails. Je passe sur les chats, je vérifie le blog. Je pars manger à l’extérieur. Des gens me regardent dans le métro, d’autres m’ignorent. Tout est normal, Paris est pleine de gens seuls qui ne communiquent qu’à travers des regards dans le métro. Merveilleuse avancée technologique que le portable, on peut parler, mais pas directement, pas avec les gens que l’on croise, uniquement avec ceux de notre cercle. Ces gens-là, assis en face de moi, ce sont les « autres », je ne les regarde que pour avoir matière à analyser, ou critiquer, ou montrer mon indignation. Ils sentent mauvais, ils ne sont pas beaux. Les « autres » c’est la saleté.
 
Cette saleté me poursuit, s’insinue partout en moi. Elle me dérange. Je dois encore mettre ma main sous mon nez pour respirer du parfum. Je dois détourner le regard, la saleté est visuelle : les SDF, les pauvres, les cons, tout sent mauvais, tout est saleté.
 
Je passe la soirée sur le net, je ne parle qu’aux gens qui m’intéressent, les gens beaux, les gens que je connais déjà, mes amis. Je zappe les autres, toujours ces autres, ils sont partout, la saleté est chez moi. Je me sens agressé, j’ai la nausée. Comment puis-je retrouver le sourire ? Comment pourrais-je avoir envie d’aller vers les autres ? C’est impossible. Je dois conserver ce que je suis, ceux que j’aime, je dois me protéger.
 
Je me sens seul. Personne ne me regarde chez moi, personne ne me parle, personne ne respire mon air, je me protège trop ? Non si j’ouvre la porte les autres vont entrer, et je serais sali.
 
Un homme veut venir se faire baiser. Encore un, c’est le quatrième ce soir qui me le propose. J’accepte, j’ai besoin d’un miroir dans lequel me trouver beau, me trouver important, même si ça ne dure qu’une heure. Je prends une douche, je dois me débarrasser de la saleté, des odeurs, des sensations, je dois être neuf, presque vierge, pour supporter que quelqu’un me touche, me sente, me baise… Je frotte, je commence déjà à me transformer, je le sens. Je suis beau, je suis désirable, je suis cet homme à qui j’aimerais tant faire l’amour, à qui j’aimerais tant donner, sans rien attendre en retour. Comment pourrait-il résister ? J’ai besoin d’être sûr qu’il soit séduit au premier regard, qu’il me déshabille avec ses yeux, qu’il me regarde avec ses mains.
 
La sonnette retentit, avant d’ouvrir la porte je regarde une dernière fois ce visage dans le miroir, j’aime ce reflet. Je mouille mes lèvres quand j’ouvre la porte. Mon cœur s’emballe quand je pose mes yeux sur lui. Il entre en me souriant, il me regarde, il a une lueur dans les yeux. Mais il ne me voit pas, il ne voit que cet homme que j’offre à tous ces amants de passage. Je suis devenu celui que j’aspire à rencontrer, celui que je ne suis pas. Il flatte un étranger, il lui dit les choses qu’il a besoin d’entendre pour se laisser aller. Je deviens complètement l’autre, je sais qu’il est à moi, je l’ai séduit, je le tiens. On s’étend, on se caresse. Nos transpirations se mélangent, nos râles se synchronisent. L’odeur de sa peau, l’odeur de son sexe, l’odeur de son excitation, l’odeur de son plaisir, tout m’envahit et me transporte. Je lui donne tout, je viens en lui, le voile se déchire et je retombe.
 
Je me retire, fébrile, et tel un puceau découvrant l’orgasme je m’effondre sur le lit, je ne le regarde pas, il me parle encore, il me flatte toujours. Je ne suis plus là, je ne veux plus être là. Je touche mon ventre, mon torse, mon sexe, tout est moite, tout est sali. La saleté, elle est encore là, elle vient de moi, elle vient de lui, elle vient de nous. Je ne la subis pas, je l’ai désiré, je la chéris. Pour la première fois de la journée je ressens et j’exalte, bref je vis.
 
Qui sont les autres ? Cet homme dans le métro qui me sourit, cette femme qui rajuste le blouson de son bambin dans la rue, ce SDF qui parle tout seul avec sa bouteille de vin à la main, cet homme que j’invite chez moi à 2h du matin, ce reflet dans le miroir de ma salle de bain ? La saleté c’est les autres, oui, mais c’est moi aussi, elle m’empêche de m’ouvrir, mais j’en ai besoin pour me sentir vivant. Je dois devenir ces « autres » pour la supporter.
 
La vie n’est-elle qu’un cercle où je suis en train de me perdre ?
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