Où trouver l’homme ? Episode 18 : sur un bateau

[Je rappelle à mon aimable lectorat qui tomberait ici pour la première fois et ceux frappés d’amnésie que toute cette histoire n’est que
fictive. En vrai, je monte pas sur les bateaux hormis les péniches… Et encore, ça fait un bail]


A la recherche du prince charmant

Bon, force est de constater que la plage, c’est un plan moisi : il faut attaquer vite sinon, on ne retrouve jamais sa cible et vu que j’ai tendance à roupiller dès que je m’étale au soleil, non seulement je ne repère personne mais en plus, j’ai des coups de soleil partout [message de prévention : pour la jeunesse de votre peau et pour éviter les cancers de la peau, ne faites pas comme notre dragueuse loseuse, ne vous endormez pas au soleil]. Une fois les coups de soleil apaisés grâce à mon amie la biaffine, je retrouve une copine en villégiature au même endroit que moi et voilà qu’elle me propose un super plan : une soirée sur un yacht au large. Oh ouah !

[générique : la croisière s’amuse. Love, exciting and new, come aboard, we’re expecting youuuuuuuu…]

Me voici donc sur le yacht dans une robe riquiqui qui met en valeur mon sublime bronzage. Si, sublime grâce aux produits de beauté adéquats. Bon, je fais peut-être un peu pétasse mais en général, dans ce genre de soirée, on ne recherche pas tout à fait la distinction. Et vu que je suis bronzée 3 jours et demi par an, il faut bien que je le montre. Par ailleurs, ramener un beau marin à ma mère, ce serait sympa comme idée.

Donc me voici sur le bateau, tout sourire, je roucoule un peu à droite à gauche en buvant du champagne. C’est que la nuit n’est pas encore tombée et j’ai chaud, là. Et puis c’est fou comme je suis plus spirituelle au bout de deux coupes de champagne. Enfin, cette donnée est totalement subjective parce qu’alcoolisé, on se trouve très drôle mais une fois qu’on se remémore la soirée à jeun, on se rend compte à quel point on a été lourdingue. Peu importe, j’ai verrouillé ma cible et je lui parle en lui touchant le bras toutes les nano secondes. Plus subtile, y a pas. Apparemment, il a l’air assez réceptif… A moins qu’il n’ose pas m’abandonner de peur que je tombe à l’eau vu que je ne suis plus vraiment de première fraîcheur. Ah mais qu’il est bon ce champagne, miam !

La nuit tombe et révélation : sur l’eau, ça caille. Et je rappelle que je suis vêtue façon pétasses : sans manches et sans pantalon. Ma cible, polie, propose d’aller me chercher une veste, la sienne. Je suis trop forte, la pêche a été bonne dis donc. Le voilà qui revient et on flirte outrageusement à l’écart des autres invités. Alors que je me sens à mon optimum, je le vois loucher sur ma figure, l’air un peu inquiet : « heu…t’es toute rouge, là, ça va ? ». C’est vrai que là, tout à coup, j’ai un peu chaud. Puis tiens, en bougeant le visage, je me rends compte que ça tire un peu. Hé oui, j’ai un peu omis de me mettre de la crème solaire avant de grimper sur le bateau et la combo soleil plus reflet sur la mer, je suis carbonisée de la figure. Je lui révèle la terrible vérité et rigole un peu mais à dire vrai, j’ai l’impression que quelque chose ne fonctionne pas très bien en mon for intérieur : j’ai très chaud au visage et froid au reste du corps mais genre un froid qui semble ne jamais plus devoir partir. Ok, je crois que le soleil m’a un peu trop tapé sur la tête.

Ma nouvelle conquête semble soudain me trouver moins intéressante et n’a pas l’air fasciné par mes histoires d’insolation. Mais je souffre, je suis en train de mourir et lui, il s’en fout ? Tu parles d’un gendre idéal, ben merci. Alors que la liste de ce qui ne va pas est déjà assez longue, voilà que le champagne me monte, lui aussi à la tête. Et soudain, je me rends compte que ça tangue un peu, quand même, un yacht sur la mer. Ouhlala, nous sommes en pleine tempête, dans l’œil du cyclone, c’est le tsunami de l’apocalypse. Dans un geste précipité, je me penche par-dessus bord et évacue le champagne en urgence de la façon la moins glamour possible. En gros, je vomis.

Le reste de la soirée ? Qu’est-ce que j’en sais, moi, j’ai dormi sur une banquette à fond de cale. En tout cas, mon compagnon de soirée ne m’a pas rappelée… Etrange non ?

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