Camilla Läckberg, petits meurtres en famille

Aaaaaah la Suède ! Un pays qui m’attire pour diverses raisons et s’il  n’y avait pas un léger souci d’ensoleillement 6 mois sur 12, j’aurais déjà appris la langue de Nobel pour partir m’installer là-bas. En attendant, je lis quelques polars issus du froid en me disant que j’irais bien y passer quelques jours de vacances (en été).

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Je vous ai parlé de Viveca Sten la semaine dernière, je vous présente Camilla Läckberg qui nous a concocté une série de romans qui se déroulent de la charmante station balnéaire de Fjabalka… Fjalabalka… Fjalbacka… Fjällbacka. Je n’ai pas la moindre idée de la prononciation du truc. Lors du premier roman, nous faisons la connaissance d’Ericka, fille du pays qui découvre le cadavre d’une de ses amies d’enfance. Le jeune Patrick Hedström est chargé de l’enquête et ce qui devait arriver arriva : ils tombent amoureux.

A noter que Cyanure est un roman à part mettant en scène Martin, le policier qui aide Patrick et qui attire aussi pas mal les psychopathes

A noter que Cyanure est un roman à part mettant en scène Martin, le policier qui aide Patrick et qui attire aussi pas mal les psychopathes

En fait, chaque roman mêle à la fois un élément du passé (une vieille histoire qui a un rapport avec l’enquête en cours), la dite enquête… et la vie privée d’Ericka, Patrick et tous leurs amis. Vous vous souvenez quand je disais que j’étais toujours un peu saoulé par le syndrome Julie Lescaut où tout crime est forcément lié de pas si loin à l’enquêteur ? Et bien là, c’est absolument systématique.

Image tirée de la série "les enquêtes d'Erica"

Image tirée de la série « les enquêtes d’Erica »

Sur la partie vie privée, donc, il y a pas mal de choses assez agaçantes. En un le bonheur un peu too much de nos héros. Ericka et Patrick tombent amoureux et se mettent à faire des bébés dans tous les sens et des bébés plutôt intelligents puisque leur fille de 1 an maîtrise plutôt bien le langage. Autour d’eux, on a droit au boss de Patrick, une caricature de chefaillon aussi incompétent qu’autoritaire et fier de lui, la nuance, c’est pour les faibles. Même si Läckberg essaie de lui fournir une évolution intéressante sur les derniers romans. Autre personnage hyper gonflant : Anna, la soeur d’Erica. Läckberg lui a concocté une vie bien pourrie : un mari violent et pervers narcissique qu’elle finira par assassiner avant de se mettre à la colle avec le meilleur ami d’Erica, un enfant perdu, dépression, dépression, dépression. Parce que faut savoir qu’à part Erica et Patrick, ça chie pas mal dans la colle pour leurs amis, entre stérilité et cancer tueur, ça ne rit pas tous les jours à Fjällbacka. Mais ça se reproduit beaucoup (sauf le personnage stérile), on a au moins 5 bébés parmi les personnages récurrents plus une grossesse qui se termine mal sur 8 romans, ça fait beaucoup. Ok, bon, Erica a eu des jumeaux, ça fait de suite plus, mais quand même…

Ca se reproduit pas mal dans la série, on dirait

Ca se reproduit pas mal dans la série, on dirait

Bref, la vie privée des personnages prend beaucoup de place dans le roman, sans doute parce que tous les meurtriers du coin sont reliés d’une façon ou d’une autre à Erica, son mari, sa soeur… Non mais en fait, cette fille porte une poisse noire. Elle sympathise avec sa voisine ? On noit l’enfant de celle-ci. Elle va voir un spécialiste de vieux objets nazis ? Il se fait buter. Elle sympathise avec le bibliothécaire ? Il publie un livre et ça devient la merde totale dans sa vie. A un moment, je serais son mari, je lui empêcherais de parler à qui que ce soit, ça lui évitera de gérer tous les meurtres du coin.

Harriet Andersson, Claudia Galli

Harriet Andersson, Claudia Galli

Mais revenons en au polar en lui-même. L’écriture est efficace mais, une fois de plus, je réussis à mettre les pièces du puzzle en place à temps, n’étant donc guère surprise à l’heure du twist final. Mention particulière cependant à “Le gardien du phare” qui a vraiment réussi à m’avoir, faisant donc de ce roman mon préféré de la série et de très loin. Le dernier aussi m’a pas mal surprise… Est-ce qu’à force de pratiquer, Camilla est devenue très bonne pour gérer les fausses pistes et ménager les révélations ? Pas impossible. Car malgré le côté “j’en ai un peu marre d’Ericka qui est au centre de tout” (et de sa soeur boulet), ça reste un moment de lecture agréable que je ne saurai que conseiller. Ne serait-ce que parce que ça donne furieusement envie d’aller à Fjackabala, Fajkaballa… Enfin, là-bas quoi.

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(Et il faut que je chope la série, rien que pour les paysages)

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La Reine de la Baltique de Viveca Sten

Ou “comment je me mets aux polars suédois”

Ce que j’aime le plus dans la lecture, c’est de varier les plaisirs. Mais un genre me laisse toujours un peu dubitative : le polar. J’aime les polars quand ils sont bons et que je suis embarquée dans l’histoire, c’est une lecture parfaite pour les vacances. Mais si j’arrive à deviner le coupable avant la fin, terminé, déception.

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Après avoir dévoré Millenium, ma dealeuse de littérature (ma maman) me conseillait donc “La Reine de la Baltique”, un polar suédois, donc. Effectivement, je l’ai dévoré en quelques jours.

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L’histoire : Un corps est retrouvé sur la plage de Sandhamn, au large de Stockholm. L’inspecteur Thomas prend l’affaire en main, secondé par Nora, sa meilleure amie qui n’est pas policière mais avocate. Alors que l’enquête avance, un nouveau corps est trouvé…

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On a donc une multiplication des meurtres dans une petite ville où tout le monde se connaît, la suspicion est partout. Ca ressemble presque au téléfilm policier du samedi soir pour France 3. Et c’est un peu là que le bât commence à blesser. Si l’enquête est intéressante, on est noyés de scènes sans intérêt sur la vie privée des personnages : pendant que Thomas pleure sur l’enfant qu’il a perdu d’une mort subite du nourrisson et sur le divorce qui a suivi, Nora est en pleine crise conjugale avec son mari peu compréhensif. Vous allez me dire que ça sert pour poser la psychologie des personnages. Ok, soit.

Un téléfilm de France 3

Un téléfilm de France 3

Mais nous avons aussi un souci de “syndrome de Julie Lescaut” ou toutes les fictions TF1, pour ce que j’en connais. Vous savez, dans un épisode de Julie Lescaut (ou la famille Cordier, Navarro et tutti quanti), il y a toujours une intrigue à la con qui implique systématiquement une des filles de Julie, sa voisine, sa pote, la copine d’un de ses lieutenants… Bref, dans ce genre de série, on crache joyeusement à la gueule de la théorie des 6 degrés de séparation, tous les criminels de Paris sont à maximum 2 degrés de séparation de notre super inspectrice. De la même façon, dans les Cordier, le fils juge ou la fille journaliste étaient systématiquement pris en otage par le vilain de l’histoire*…Chez Viveca Sten, c’est un peu pareil. Je veux bien croire que l’île de Sandhamn n’a pas un million d’habitants mais qui va trouver un cadavre en allant se baigner tranquillement ? Mais oui, c’est notre amie Nora. AH BEN CA ALORS !

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Et malheureusement, j’avais deviné l’identité du tueur avant la fin alors que je ne suis pas particulièrement douée en la matière, du moins sur la lecture d’un premier roman. J’avais chopé le schéma type de Mary Higgins Clark étant ado puis celui d’Agatha Christie parce que j’en avais lu un certain nombre (et pour MHC, j’ai pas trouvé de suite car j’avais 15 ans). Alors je ne sais pas si j’ai trouvé parce que c’était facile ou parce que j’ai appliqué ma stratégie du “y a un personnage qui sert pas à grand chose, là, ce serait-il pas lui l’assassin ?” mais du coup, à l’heure du twist final, te voilà légèrement désappointé.

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Mais ne crachons pas trop dans la soupe non plus. Ce livre se lit rapidement et agréablement et ça me donne toujours violemment envie de me faire un petit trip en Suède et un livre qui me motive à aller quelque part ne peut être tout à fait mauvais.

Mais ce roman servait surtout d’apéritif avant d’entamer la série des 8 polars de Camilla Läckberg…

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Je vous en parle bientôt !

 

* Bon ok, je dois confesser que je n’ai pas vu beaucoup d’épisodes, je matais ça chez ma grand-mère, petite, quand on y allait une fois par mois mais on va dire que je sais de quoi je parle.

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Le cercle de Bernard Minier

En vacances, je lis. Donc dans ma valise, on retrouvait notamment « le cercle » de Bernard Minier, suite de Glacé. On suit toujours les aventure de Martin Servaz, lieutenant de police à Toulouse qui doit cette fois ci qui a tué la belle Claire, professeure à la très fameuse prépa de Marsac.

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J’étais plutôt contente de retrouver Minier qui déroule ses histoires dans mon sud ouest adoré. Niveau suspense, l’enquête reste développée avec brio même si le twist final (que je ne raconterai pas bien sûr) m’a un peu laissée pantoise. On retrouve donc Servaz, ses adjoints Esperandieu et Samira Cheung, la gendarmette Irène Ziegler et l’ombre menaçante du serial killer Julian Hirtmann. Minier est sympa, il pense à ceux qui n’auraient pas lu son premier opus et rappelle qui est qui. Parfois un peu lourdement mais bon, ça passe. Mais revenons en à l’intrigue parce que les personnages, c’est sympa mais ce n’est pas le cœur du polar.

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(photo piquée sur le site de Bernard Minier himself)

Le jeune Hugo est retrouvé, hagard, au bord de la piscine de Claire, sa prof. La jeune femme a été tuée de façon atroce : attachée puis plongée dans sa baignoire où elle s’est noyée, une petite lampe enfoncée au fond de sa gorge. Dans sa piscine flottent ses poupées de porcelaine. Hugo prétend avoir été drogué et qu’il n’a pas tué la jeune femme, il ne comprend pas… Servaz est appelé par la mère du jeune homme qui est, incroyable, le grand amour de sa jeunesse. Servaz va donc mener l’enquête qui va le conduire dans la très prestigieuse prépa de Marsac où étudie comme de par hasard sa fille. Oui, le léger côté Julie Lescaut qui m’avait fait un peu tiquer revient à fond les ballons dans ce deuxième opus et ça gâche pas mal le plaisir…

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Sans parler de la sanctification de Servaz. Là, ça devient franchement agaçant. On apprend que le flic était le meilleur de la fameuse prépa de Marsac qu’il a dû abandonner suite au suicide de son père (élément cohérent avec le premier tome). Pendant l’enquête, il croise d’anciens camardes qui ne cessent de lui répéter à quel point il était beau, doué, le meilleur d’entre eux. Je serais presque tentée de résumer par un : toutes les femmes hétérosexuelles le désirent, tous les hommes l’envient. Pourtant, notre héros a un potentiel gros con assez élevé, son allergie à la modernité est limité gonflante : il vomit le rock, le foot, les téléphones portables, tout ce qui n’est pas musique classique (Mahler, le reste, il n’a pas l’air d’apprécier non plus) lui file des boutons. Ce qui est assez curieux, c’est qu’en contraste, les autres n’écoutent que du rock des plus bourrins…

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Bref, l’enquête se laisse suivre sans problème même si je la trouve moins bien ficelé que la première et j’avais eu l’intuition du vrai coupable en partant dans un délire total. La fin laisse penser à un 3ème volet que je lirai, en espérant que Super flic soit un peu moins le meilleur du monde…

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Les mondes parallèles

Le week-end dernier, j’ai visionné environ les 2/3 d’Inception, film dont il faudra que je mate la fin même si j’avoue ne pas avoir accroché plus que ça. C’est souvent le problème avec ce genre de films oignons où il faut perturber le spectateur afin qu’il ne sache plus où il est : je suis généralement déçue.

Pourtant les niveaux de conscience, ça m’excite l’imagination et pas qu’un peu ! Peut-on être sûr de la réalité de ce que l’on voit, ce que l’on sent, ce que l’on vit ? Sommes-nous pleinement éveillés ? Ou endormis, prisonniers d’une machine ou d’un univers virtuel ? Les héros de ces fictions naviguent en général entre 2 niveaux, conscients de leur inconscience jusqu’à un certain point.

Dans cette catégorie, j’ai vu 4 films : eXisTenZ (Cronenberg, pas excellent mais le personnage féminin (ou était-ce son interprète) m’a gonflée), Matrix (le 1er m’a saoulée avec la scène hystérique et sans intérêt où ils débarquent dans l’immeuble du méchant et canardent tout le monde, peinards. Sacré bon plan !), Dark city (celui-là, je l’ai aimé) et Inception (pas fini de le voir). En série, on a Lost en un sens si on lit la scène finale comme une révélation

Spoiler
, tout de déroule dans l’imagination de l’agonisant Jack. On a un épisode de Lois et Clark comme ça aussi où ils sont prisonniers d’un univers virtuel (référence !) et dans Stargate SG1 il me semble. Chacun me donne des palpitations à l’idée de les découvrir, mon imagination fait des bulles et… Plof.

Oui, plof. Parce que j’ai souvent la sensation d’une facilité scénaristique. On voyage entre les différents niveaux de conscience et à la fin, twist final « votre conscience était en fait un premier niveau d’inconscience, huhuhu ! » Oh ouah, on a tellement jamais vu ça « mais tout ceci n’était qu’un rêve M.heros du film ». Quoi qu’encore, je pensais qu’il y avait un autre niveau de conscience dans Matrix quand Neo tombe dans le coma mais non. Quel film pourri. Bref t’en vois un, tu te plaques les mains sur les joues, bouche bée et tu t’extasie sur cet incroyable ressort scénaristique. Au bout du 3ème, tu soupires : oh ouah, je m’y attendais tellement pas… Je vais aller faire pipi. Et encore, c’est une non cinéphile qui vous parle, je n’ose imaginer les dizaines de film de ce type que j’ai manqué.

Pourtant, quand mes doigts fourmillent, c’est notamment pour raconter une histoire de ce type. Alors forcément, je suis très exigeante quant à ces films. Un peu comme les films imaginant une société du futur… Ce que je fais moi-même dans la plupart de mes embryons de romans. Du coup, j’attends d’être éblouie, malmenée par le scénario, perdue dans les différentes strates. Et m’épargner le « mais tout ceci n’est qu’un rêve M. Machin ».

Mes lecteurs chéris, si vous avez des conseils cinématographiques (ou littéraires) à ce sujet, partagez les !

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