Interstellar de Christopher Nolan

Bonjour, j’ai pris l’avion donc j’ai vu plein de films que je n’avais pas vus au cinéma et je viens partager mon avis.

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Interstellar, donc. J’ai un petit intérêt pour les space operas. Dès qu’un film se passe dans l’espace, ça m’intéresse même s’ils sont souvent assez mauvais. Mission to Mars te fait taper la tête contre les murs tellement les ficelles sont grosses, Prometheus m’a fait pas mal lever les sourcils (et m’inquiéter pour la carrière de Charlize Theron qui se Sharon Stonise de plus en plus…), même Albator m’a laissé un peu dubitative sur le scénario (mais pas sur l’animation notamment de l’Arcadia, splendissime). Après avoir maté Gravity au cinéma et en 3D, je voyais en Interstellar, l’occasion de remonter un peu le niveau. Non parce que Gravity, c’était très bien fait, bien malaisant mais le scénario avait été oublié sur Terre.
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Donc Interstellar. On va pas faire durer le suspense : à la première tentative de visionnage, je me suis endormie au bout de 8 mn, j’ai tenu 1h20 la 2e et enfin terminé la 3e. Parce qu’on va pas se mentir : c’est chiant et long.
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L’histoire : Cooper, un ancien pilote d’on ne sait trop quoi (une navette ? Un avion supersonique new generation ?) est devenu agriculteur après avoir planté sa machine mais ne s’est pas remis de cet échec cuisant. Il vit dans une petite ferme avec son papounet et ses 2 enfants : un garçon qui ne sert pour ainsi dire à rien et une fille qui vient réveiller son papa car les fantômes de sa chambre foutent le bordel. Cette enfant, répondant au doux nom de Murphy (si vous n’aimez pas les enfants, n’en faites pas au lieu de leur gâcher la vie avec des prénoms improbables) n’a pas 5 ans mais facilement le double et souffre du syndrome de l’enfant intelligent et fayot qui n’a visiblement pas réglé son complexe d’Oedipe puisqu’elle n’adresse pour ainsi dire la parole qu’à son Père. En résumé, au bout de 10 mn, Murphy me gonfle et pas qu’un peu. Quant à son père, à part serrer les mâchoires et faire son rebelle nostalgique d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, il est à peu près aussi passionnant qu’une réunion sur les résultats financiers de ta boîte un lundi matin à 9h. Donc on part direct sur des personnages sans charisme auxquels tu n’as pas envie de t’attacher. Bien…
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Après quelques scénettes sans intérêt et maladroites pour bien illustrer le monde merdique dans lequel l’Humanité évolue désormais (une chasse au drone totalement inutile et qui n’a pas le moindre sens, un nuage de poussière qui semble fasciner les joueurs de base ball alors que c’est décrit comme un phénomène normal… un peu comme si on restait saisis par une averse, quoi), on passe direct la 3e : Papounet comprend que Murphy délire pas tout à fait avec son fantôme mais en fait, c’est dû à une perturbation de la gravité et après avoir saisi que la gravité lui parlait en binaire, il reconnaît des coordonnées et fonce direct là où on lui dit d’aller. Bon après tout, vu qu’il a des grosses machines automatisées qui s’occupent de ses champs, on va dire qu’il n’a que ça à foutre de rouler des heures pour se rendre à un point dicté par la gravité. La facétieuse Murphy se glisse discrètement dans la voiture mais il s’en rend compte trop tard pour la ramener à la maison. Noyons cette enfant, par pitié.
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Notre joyeux duo finit par arriver devant un énorme bunker et se font embarquer illico presto par des personnes semblant légèrement hostiles parce que merde, comment qu’ils ont trouvé ce bunker introuvable ? On parle donc d’un énorme bâtiment avec une route qui le dessert… Ah ben oui, c’est étonnant que quelqu’un ait fini par le trouver dis donc… Bon bref, notre copain apprend qu’en fait, la NASA qui a été interdite quand il a fallu cultiver des champs pour nourrir l’Humanité a continué ses travaux en secret et même que le bâtiment secret dans lequel ils sont est en fait la structure d’un super vaisseau qu’ils ambitionnent un jour d’envoyer dans l’espace avec toute l’Humanité dedans car on pourra pas survivre sur Terre, c’est mathématique. Ca vous situe la taille du bâtiment « introuvable » au passage… Bref, puisque Cooper est là grâce à la gravité dont tous les scientifiques réunis ici reconnaissent la facétie mais la justesse, on se dit qu’on va tout raconter à Cooper, tiens.
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Donc si l’Humanité reste sur Terre, tout le monde va crever parce qu’on a tout cassé et le maïs qui est la seule céréale qui parvient à survivre va finir par disparaître elle aussi et bon, à partir de là, y aura plus rien à manger. Donc notre demi douzaine d’amis de la NASA, ils se disent que quand même, on peut pas laisser les humains disparaître comme ça donc ils ont mis en place 2 plans : plan A : il y a un trou de ver mis en place par on ne sait qui du côté de Saturne, on y va et derrière, y a 12 planètes possiblement viable. On y a déjà balancé 12 scientifiques et y en a 3 qui émettent toujours donc on va aller voir par chez eux si c’est bien viable, leur planète. Plan B : y a pas possibilité de rapatrier tout le monde mais les prochains scientifiques vont partir avec plein d’ovules fécondés pour  créer une colonie ailleurs (mais ceux qui restent sur Terre meurent, tant pis).
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Vous comprenez pourquoi j’en avais déjà marre… Des mecs qui bossent dans le plus grand secret ont envoyé 12 navettes dans l’espace : personne n’a rien vu (ben tiens) et l’argent et les matériaux doivent pousser sur les arbres à la NASA. Tout ça pour balancer des gens via un trou de ver placé par une entité inconnue pour, peut-être, trouver des planètes viables. Et comme on n’arrive pas bien à communiquer avec ceux qui sont partis, on va re renvoyer des spationautes jeter un oeil et ils prendront des ovules fécondés qui vont certainement pouvoir grandir sans aucun incubateur vu qu’on est dans le futur. Plan moisiiiii. Alors évidemment, on propose à Cooper de piloter le barda parce que bon, on part demain et qu’on n’a personne pour conduire la navette. Merci la gravité, hihi. Evidemment, Cooper accepte, Murphy chiale et veut pas lui dire au revoir, elle lui dit que la gravité lui a dit en morse « reste » (la gravité a du mal à choisir un langage, elle en utilise donc plusieurs) mais Cooper n’écoute pas : tu comprends, il fait ça pour sauver ses enfants.
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La petite troupe part. Dans le vaisseau : Cooper, le Dr Brandt, fille du Dr Brandt, chef de la NASA et qui est donc la seule, en dehors de Cooper, à avoir le droit à un background familial, un docteur barbu et un docteur noir qui ont certes des noms mais on les retient pas parce que… on s’en fout en fait. Nos joyeux drilles sont accompagnés de 2 robots carrés répondant aux doux noms de TARS et CASE, les seuls à avoir un peu d’humour parmi notre bande de scientifiques bien trop investis de leur mission. Ils partent, s’amarrent à une station qui avance en tournant sur elle-même (clin d’oeil SUBTIL à 2001 odyssée de l’espace). Avant leur hibernation de 2 ans (durée pour rejoindre le trou de ver au niveau de Saturne), ils matent les messages envoyés par leur famille et en envoient un. Murphy l’insupportable fait toujours la gueule.
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2 ans plus tard, tout le monde se réveille et on se jette dans un trou de ver, concept gentiment expliqué par le docteur barbu à Cooper, le pilote du vaisseau… C’est à dire que le mec qui est censé conduire à travers le trou de ver ne sait pas ce que c’est ? On retrouve là le problème récurrent de ce film : sous prétexte de poser des éléments, il les explique un peu à tort ou à travers.
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D’ailleurs, de l’autre côté du trou de ver, nos planète soit disant viables gravitent autour d’un trou noir et on est repartis pour un blabla scientifique qui a surtout pour intérêt d’intégrer le temps comme une donnée relative. En gros : la première planète qu’ils souhaitent visiter est très proche du trou noir donc le temps y est fortement ralenti : une heure sur cette planète équivaut à 7 ans sur Terre. Donc on y va quand même mais on reste pas trop pour pas trop trop vieillir et bon, le temps, c’est précieux, la planète Terre est en train de tuer ses habitants. Evidemment, l’expédition qui devait durer quelques minutes se passe mal, le docteur barbu disparaît très mais alors très connement et Cooper et Dr Brandt ne parviennent à repartir qu’au bout d’une heure, soit 7 ans sur Terre… mais en fait non, quand ils arrivent dans le vaisseau, ce sont 23 ans qui se sont envolés. Légère erreur de calcul, dis donc. Le docteur noir les attendait sur le vaisseau et on mesure alors la compassion de la Dr Brandt : quand le docteur noir demande où est le barbu et la scientifique qui a atterri sur cette planète, elle secoue la tête pour dire « nan, ils sont morts. Et mon père ? » « Il est toujours en vie » « aaaah, super ! ». La Dr Brandt et Cooper vont donc écouter les messages envoyés par leurs proches (le Noir n’a toujours pas de famille) car ils peuvent en recevoir mais pas en envoyer. Cooper a droit au journal intime de son fils qui a rencontré une fille puis ils sont mariés puis ils ont un enfant mais il meurt car la Terre est devenu un milieu hostile mais il en a un 2e et tiens, papy est mort la semaine dernière. Quand soudain, en dernière vidéo, qui que voilà ? Murphy ! Voilà, au bout de 23 ans, elle a fini de faire la gueule. Et devinez quoi ? Murphy travaille à la NASA avec le papa du Dr Brandt, c’est foufou !
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La 1ère planète étant moisie, nos spationautes décollent vers une 2e planète, celle explorée par le Dr Mann qui fait palpiter la culotte du Dr Brandt. C’est une planète où les nuages sont en glace… Oui bah pourquoi pas, la 1ère était une planète recouverte de 50 cm d’eau avec des tsunamis tous les trois-quarts d’heures alors bon… Ils arrivent à localiser le module du Dr Mann, il est dans son sarcophage d’hibernation et là : ouiiiiiii, il est en vie. Bon apparemment, l’élan du coeur du Dr Brandt n’était pas trop partagé vu qu’il ne la calcule pas vraiment. Ca va pas aider à peupler la planète habitable qu’ils vont trouver cette histoire. Le Dr Mann dit que la planète est viable sous les nuages de glace et il va amener Cooper zieuter tout ça. Oui, amener le seul mec nul en biologie du lot voir si une planète est bien viable, ça me paraît un bon plan.
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Et là, on arrive au gros raté du film à mon sens. Nolan choisit de développer en parallèle l’exploration de Cooper et Mann, le docteur noir qui va essayer de réparer le robot de Mann qui est démonté et Murphy qui, au sol, découvre la trahison du Dr Brandt qui a fait exprès de pas intégrer la donnée temps dans ses calculs pour faire partir sa fille et lui permettre de survivre (j’ai pas trouvé ça super clair, j’avoue). Or la trahison de papa Brandt te laisse à penser que ça va pas bien se passer chez les spationautes non plus et ça loupe pas : en fait, Mann a pété les plombs : il a fait croire que sa planète était viable juste pour qu’on vienne le chercher et décide donc de tuer Cooper tandis que le Dr Noir, en voulant réparer le robot qui aurait donc révélé la supercherie, vole en éclat. On est donc dans un rebondissement clé du film et on le voit venir à des kilomètres grâce à un montage grossier. Et le reste est pire : grâce à l’amour d’un père pour ses enfants, Cooper parvient à prévenir la Dr Brandt de sa situation, elle vient le sauver alors qu’il commence à ne plus pouvoir respirer (hey, Gravity !). Mon Dieu est-ce qu’il existe quelque chose de plus tarte que « c’est grâce à l’amour d’un père pour ses enfants que j’ai pu survivre plus de 5 mn dans un air irrespirable » ? Accrochons-nous, nous avons dépassé la moitié du film.
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Mann essaie de s’enfuir à bord du gros vaisseau mais comme il est un peu con, il se loupe et provoque une explosion qui endommage le vaisseau mais pas trop. Au point où ils en sont, ils décident donc de larguer un des robots dans le trou noir pour qu’il puisse dire ce qu’il s’y passe (comment ?) et repartir vers la dernière planète soit disant viable, on ne sait jamais. De toute façon, viable ou pas, ils n’ont aucun moyen de le dire aux autres donc voilà, tout le monde va mourir.
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Mais en fait non ! Parce que Cooper, il est un peu tête brûlée donc il se balance lui aussi dans le trou noir en laissant la pauvre Dr Brandt seule dans l’univers pour aller coloniser une planète qui est peut-être viable… Hmmm… Pendant ce temps, Murphy a soudain une révélation et retourne dans sa chambre de jeune fille, persuadée que la gravité va lui donner la solution au problème du Dr Brandt et sauver donc l’humanité. Hé oui, dis donc parce qu’en fait, son père est tombé dans une sorte de zone étrange construite par on ne sait qui (les mêmes que le trou de ver) qui lui donne accès pile à la chambre de Murphy, incroyable ! C’était donc lui qui lui parlait en morso-binaire dis donc. Comme il est pas si con, il comprend en 2mn30 comment ça marche et lui livre donc en direct la solution à son problème grâce à la montre qu’il lui avait offerte lors de son départ (et qu’elle avait légèrement fracassée contre un mur mais apparemment, c’est du solide). Bon, pendant ce temps, il se passe aussi un truc avec le frère de Murphy mais ça sert juste à mettre de la tension (« est-ce que Murphy arrivera à recevoir le message de son père avant que son frère, ultra vénère qu’elle ait cramé ses champs, vienne lui casser la figure ? » Suspense totalement inutile puisque pour rappel, Cooper navigue dans le temps, justement…).
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Une fois sa mission accomplie, Cooper se laisse dériver dans l’espace dans un plan totalement pompé sur 2001… Mais c’est pas encore la fin (achevez-moi), non non ! Parce qu’en fait, Cooper est ramassé dans l’espace juste avant la fin de son oxygène par l’immense vaisseau spatial qui balade l’humanité et va aller voir du côté du Dr Brandt si y a de la planète viable ou pas. Cooper retrouve donc Murphy (son fils doit être mort, il ne pose même pas la question), vieille dame honorable entourée de tous ses enfants. Ils se font un petit bisou puis Cooper prend un vaisseau rejoindre le Dr Brandt qui est en train de tripatouiller ses ovules fécondées, se pensant seule dans l’univers.

FIIIIIIN

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Alors oui, j’ai trouvé ce film ennuyeux d’abord parce que les personnages sont stéréotypés et absolument pas attachants. Quand Cooper apprend que son père est mort et que son petit fils aussi, il chiale comme un perdu… et moi je ne comprends pas bien de qui on parle. Quand Murphy lui parle enfin, je me dis juste « et bien, 23 ans de boudage, record battu ». Les relations entre personnages sont mal ficelées : hormis l’amour entre Murphy et son père (au détriment d’un fils dont on se demande presque à quoi il sert à part garder la ferme familiale et expliquer le retour de Murphy 23 ans plus tard), les autres relations sont mal mises en place et les rebondissements qui y sont liés tombent à plat : le Dr Brandt est prêt à sacrifier l’humanité pour sauver sa fille mais les 2 personnages n’interviennent quasi jamais ensemble à l’écran. La même Dr Brandt est amoureuse du Dr Mann mais cet élément disparaît à partir du moment où elle le retrouve et n’est moteur de plus rien. Cooper abandonne sa fille (certes grabataire) en fin de film pour rejoindre la Dr Brandt avec qui il n’a jamais été question de relations plus profondes que du professionnel. Mouais…

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Mais le plus violent reste les trous dans le scénario. Certes, on ne peut pas tout expliquer dans un film de 3h mais le côté « oh bah y a des gens qui ont construit ci ou ça, on sait pas qui ni pourquoi mais on va partir du principe que c’est pour nous et notre bien ! ». Heu… De la même façon, il y a un vrai souci avec cette histoire de gravité magique : dans la chambre de Murphy, il s’agit donc d’une intervention de son père flottant dans le trou noir. Pourquoi pas. Mais ces perturbations sont également à l’origine du crash de son vaisseau en tout début de film et ça, on ne sait pas pourquoi. De façon générale, les personnages prennent tout avec une placidité assez troublante : Cooper découvre la base secrète de la NASA, on lui explique que la Terre est condamnée et qu’il faut aller piloter un vaisseau, le mec dit oui sans discuter et va enfiler sa tenue.  Au passage, j’aimerais savoir comment ils auraient fait pour piloter cette fameuse navette sans la providentielle gravité. Quand ils découvrent des planètes aux vertus scientifiques étonnantes (les tsunamis avec 50 cm d’eau ou les nuages en glace), ils ne cherchent pas à comprendre : c’est comme ça et point. Quand la Dr Brandt touche une perturbation de la gravitation dans le vaisseau (en fait Cooper qui remonte le temps dans son trou noir), elle touche et point. Personne ne lui demande ce que ça fait, à minima. C’est-comme-ça. Pour des scientifiques, je trouve qu’ils manquent cruellement de curiosité.

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Bref, le film est bien fait, les effets spéciaux sont bons. Je suis un peu surprise du parti pris de filmer les navettes en plan très serré, on ne doit les voir dans leur globalité qu’une fois ou deux mais après tout, pourquoi pas. Mais je suis pas rentrée dedans du tout. Moralité : je vais me remater 2001, odyssée de l’espace.

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Le soir où j’ai compris

Par Gauthier

Je viens de balancer mon téléphone à travers la pièce. J’ai avalé une barrette de lexo. J’ai allumé une clope. J’ai changé mon pseudo msn. J’ai raconté ma soirée à Nina. Et j’ouvre une page word (tout en allumant une deuxième cigarette) pour vous parler…

 

Ça fait trois mois que je me voile la face. J’attends que connard d’ex me donne de ses nouvelles, qu’il me dise qu’il m’aime, qu’il veut revenir pour de bon avec moi, qu’il a repéré un super petit T3 rive gauche et qu’il m’attend pour signer les papiers… Mais j’ai beau insulter mon téléphone dans toutes les langues pour qu’il affiche « Connard d’ex appelle », rien ne vient…

 

Alors ce soir je décide de prendre ce maudit moyen de communication entre mes frêles mains, et j’appelle. Répondeur ! Ben voyons… Il filtre forcément, je l’insulte 30 sec, et je raccroche. Il rappelle dans la minute. Là c’est clair ce bâtard filtre ! Merde j’ai promis de pas appeler pendant 2 mois, je tiens 3 mois, et encore il trouve le moyen de pas prendre mon coup de fil…

 

Je lui demande de me dire ce qu’il doit me dire parce que j’estime que je mérite de l’entendre, je mérite qu’il prenne 2 min de sa vie pour me dire qu’il ne m’aime pas et qu’il ne veut pas se remettre avec moi. Comme c’est un garçon poli il le fait, dans des termes d’une froideur et d’un détachement que je ne pensais pas possible chez l’homme que j’aime.

 

Tout s’effondre. Absolument tout. On parle une heure. Je pleure à moitié, je ris un peu, comme d’hab on parle de tout mais surtout pas de ce qui fâche. Je finis par lui demander de ne pas me rappeler avant le nouvel an. Que j’ai besoin de plus entendre parler de lui. Lui, le seul homme qui m’a brisé le cœur trois fois.

 

Je m’en veux pour ma naïveté, je lui en veux pour sa façon de me traiter, je nous en veux de n’être capable que de nous faire du mal, alors qu’on ne veut que le bonheur de l’autre.

 

Il ne changera jamais, je ne changerai plus, je l’ai suffisamment fait. Je vais pas me faire greffer un vagin pour qu’il puisse me présenter à sa mère. Il ne va pas devenir gentil pour me faire plaisir…

 

L’amour et la haine se mélangent, et il en ressort un sentiment étrange, un sentiment que je n’avais pas éprouvé depuis très longtemps, un sentiment que je déteste par-dessus tout : l’envie d’en finir.

 

Je me suis juré de ne jamais mettre fin à mes jours, pourtant si je pouvais mourir ce soir j’en serais heureux. Dieu si tu m’entends, la rupture d’anévrisme c’est quand tu veux…

 

Alors voilà, c’est fini, 5 ans de ma vie qui prennent fin en un coup de fil de 52 min, sans larmes réelles, sans cris, sans joie, sans rien d’autre que d’avoir l’impression que le monde est trop difficile à supporter, que plus rien n’est beau ici bas, que la nuit est partout ou je regarde, que mon regard n’accroche que du vide, que je ne suis que du vide, que je ne suis rien. Je ne suis rien à tes yeux, je ne suis rien aux yeux du monde, je dois faire correspondre cet état de fait avec la réalité.

 

Je vais plonger dans la nuit, me perdre en elle, et ne plus jamais accrocher la lumière qui m’est, dorénavant, insupportable.

 

La fin est là, je la touche, je la frôle, je la sens, elle m’appelle, je vais lui répondre. Les sentiments humains ne sont rien quand ils sont happés par un trou noir, tout est mâché, aspiré, détruit, et tout devient vide. Je suis vide. Sans mon amour pour toi je suis vide.

 

Sors de ma vie, sors de ma tête, sors de mon cœur, va-t-en et ne reviens jamais. Laisse-moi ici, vide, déjà mort, laisse-moi crever dans ton souvenir, me vautrer dedans jusqu’à ce que l’écoeurement de mon insignifiance me permette de me libérer.

 

Oh non bien sûr tu n’as rien à te reprocher, je n’ai malheureusement rien à ne me reprocher non plus. Et le vide prend toute sa place.

 

Plus rien n’est beau, plus rien n’a de goût, plus rien ne me donne envie d’ouvrir les yeux, je vais donc les laisser fermer.

Je vais vider mon corps de tout ce qui l’attache sous la lumière pour laisser la nuit entrer dans mon vide.

 
C’est la fin.
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Temple solaire quand tu nous tiens…

Par Gauthier
Une fin d’année 2005 à la hauteur de l’année écoulée. En effet il reste encore 3 jours avant 2006 et je ne sais toujours pas si on va y arriver. Océane vous a expliqué dernièrement que par sa faute, et son entière et exclusive faute, l’année 2005 fut longue, extrêmement longue… Je ne vais pas revenir sur le pourquoi du comment, mais il n’empêche que je ne comprends toujours pas comment en ce 28 décembre 2005 je suis encore en vie. Pour ceux qui ont pris le blog en route vous pouvez toujours vous reporter à mes articles précédents. Rien que cet été ce fut mémorable…
 
Donc que se passe-t-il dans ma vie actuellement pour que je n’en vois pas le bout de c’te putain d’année de mes deux … Je suis actuellement en vacances, et pour fêter ça, je suis redescendu dans ma belle ville rose. Je vis donc chez papa-maman (ouais je sais ça fait bizarre mais mes parents n’ont toujours pas divorcé, je sais je ne suis pas normal), et ce pour 17 long jours. J’ai eu du mal à m’habituer à Paris, mes amis me manquaient, mes parents aussi quelque part, mais là je dois vous dire quelque chose de très sérieux, la prochaine fois que je reviens à Toulouse, je vais à l’hôtel !
 
PUTAIN MAIS QU’ILS ME GONFLENT LES VIEUX !
 
J’en parlais à Océane cette semaine et elle me répond « mais Gauthier, en fait, là, tes parents considèrent que tu as encore 15 ans, ils t’empêchent de sortir, de prendre le voiture, de te coucher tard, de vivre ta vie comme tu veux, et ça te fais chier ? Ben écoute réagis comme si tu avais 15 ans, tu vas voir ça va les calmer.. » Ben je dois avouer que c’est pas con du tout comme idée, donc me voilà lundi soir à faire… le mur ! Si j’ai 24 ans, et je fais le mur une fois que mes parents sont couchés…  Mais où va le monde ?
 
Pourquoi ça se passe mal avec eux ? Bon vous connaissez ma tendance à l’alcoolisme festif, et donc le week-end où je suis revenu ils m’ont prévenu « on te prête les voitures, mais si tu en abîme une, c’est fini tu roules à pied ». Ok message reçu… Déjà le soir même Mister Big vomit sur la voiture que j’utilise (à savoir celle de ma mère). Pas bien ! Mais ils ne disent rien. Le jeudi de la semaine suivante je vais en boite, la boite où Océane travaille, et on se met complètement minable. Je finis à parler à des gens dans une langue qui m’appartient, je suis tellement saoul que je ne sais pas ce que j’ai fait 70% de la soirée (ça fait un gros trou ça quand même). Et en sortant sur le parking un gentil monsieur me parle, on papote de je-ne-sais-plus-trop-quoi, et en même temps je me retrouve à fumer un joint qui sort de je ne sais où ! Là je suis fini. Mais encore faut-il traverser Toulouse, qui conduit ? Personne ? Bon tant pis c’est moi… Et dans une avenue suffisamment large pour passer trois semi remorque de face, j’accroche un rétro… aïe… Là Mister Big qui connaît mes parents, me dit « tu t’es fait arracher le retro sur le parking pendant que tu étais dans la boite, tu t’es fait arracher le retro sur le parking… » Et il me le répète à peu près 20 fois dans l’espoir que je m’en souvienne le lendemain. Quand j’ai raconté ça à mon père bizarrement il ne m’a pas cru, moralité, j’ai plus droit de toucher aux voitures.
 
Voilà pour la petite histoire. Mais s’il y n’y avait que ça… Donc je passe mes journées à me faire grave iech dans ma banlieue lointaine (à 20km de Toulouse ya rien à faire…) et pendant ce temps que se passe t il dans la civilisation ? Océane et Mister Big cumulent les problèmes… Surtout Mister Big le pauvre, il lui en arrive des vertes et des pas mûres en ce moment, d’ailleurs je profite de notre notoriété pour lancer le grand « Mister-Big-o-thon » Donnez, donnez, Dieu vous le rendra… Mais il vous racontera ses malheurs mieux que moi.
 
Donc fin d’année pourrie, pas de zizi. Oui hier je devais retrouver un chouchou pour aller faire des galipettes. Enfin quelque chose de positif pendant mes vacances, on doit se retrouver au sauna vu que chez mes parents on ne peut pas, et chez lui non plus. Donc je me pointe dans un sauna glauquissime de ma belle ville rose à l’heure dite. J’attends, j’attends, j’attends, je fini par rentré parce qu’il fait -15°C, je me retrouve à thon-land. Que des vieux à poils en train de s’enculer dans tous les coins, ça sent le vieux sperme, le vieux cul, bref je suis aux anges… j’attends toujours. Là je reçois un texto « j’ai cassé ma voiture je suis rentré chez moi pour pleurer », ben ma fin d’année pourrie est contagieuse en plus ! Super !!! Donc je suis seul, nu, au milieu de vieux qui s’enculent… Je décide de baiser quoiqu’il m’en coute. Et merde après tout j’ai fait 30 km pour arriver là, je mérite ma pipe. Je cherche un mec de moins de 35 ans, et je fini par en trouver un, il a mon âge, il est beau, il me plaît, et à mon avis je lui plais puisqu’il me suit partout (oui un jour je vous ferai un article consacré aux saunas, ce merveilleux monde à part). Je rentre dans le hammam, il me suit, je m’assoie, un mec s’assoit à coté de moi dans le brouillard et commence à me caresser. Je me laisse faire, il m’embrasse, je me laisse faire, il me prend par la main pour m’emmener dehors et se trouver une cabine, je me laisse faire. Retour à la lumière : ARGH C’EST PAS LE BON ! Et me voilà devant un mec de 35 ans mais bien bien sonnés qui m’entraîne dans une cabine, et moi avec mon érection rouge de honte à ne pas savoir quoi dire (il vient quand même de me tripoter pendant 15 min sans que je ne proteste). Je m’esquive prétextant un besoin urgent de me laver ! Et puis je réfléchis « après tout il est bien aussi, un peu âgés, mais bon je le répéterai pas… ». Et je m’enferme dans une cabine, il me fait comprendre qu’il veut se faire sodomiser, je m’exécute, mais ça ne rentre pas, même à grand renfort de poppers ça ne passe toujours pas, il passe sur moi et il s’assoie comme un bourrin sur mon sexe, forcement avec l’élan là ça passe, bon je n’ai pas souvent mal quand je baise, mais cette fois je me suis fait défoncer le pubis, bref il prend son pied, il jouit en deux min et se sauve… Et moi je fais quoi ? Bon ok j’ai compris je me branle et je vais me coucher. SOIREE DE MERDE !!!!
 
Donc programme de la fin de semaine, je prépare le réveillon, je refuse de rencontrer de nouvelles personnes, je refuse de prendre la voiture, je refuse de baiser, je refuse de boire, je refuse de respirer, bref, en fait je vais peut être me coucher et attendre 2006 sous ma couette… Parce que à notre niveau le suicide collectif n’est pas loin, mais alors pas loin du tout, surveillez votre télévision, si vous entendez parler d’un nouveau « Temple solaire » sur Toulouse, c’était nous 😉
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