Quand les femmes n’ont pas le droit à l’erreur

Coucou les petits choux ! Vous vous souvenez, la dernière fois, y a 15 jours parce que ma vie est horrible en ce moment (enfin, elle est horrible de 9h à 19h à peu près si vous voyez ce que je veux dire), je vous évoquais une conversation Twitter autour des femmes vidéastes. Du coup, après avoir parlé trolls, je vais vous parler du droit à l’erreur des vidéastes femme… Et du fait qu’il n’existe pas, en fait.

Femme humiliée

Despaired secretary picking up some files

Sur ce coup là, je vous renvoie en premier lieu sur le thread de Ginger, vidéaste dont j’ai déjà parlé et qui, étant une féministe assumée, se prend régulièrement des stormshits dans la gueule. Pour ceux qui auraient la flemme de lire le thread, je résume viteuf : quand t’es une femme vidéaste, tu crouleras sous les messages à la moindre erreur ou inexactitude (y compris dans la prononciation d’une ville) alors qu’un mec qui balancera une contre vérité sur un élément, ça passera crème. Et en fait, elle n’a pas tort…

Droit à l'erreur des femmes

Je vais sortir du cadre de l’Internet pour étudier un peu cette vérité dans la vraie vie (même si, sur ce blog, j’ai jamais eu droit à l’erreur non plus, me ramassant parfois des insultes pour une putain de faute d’inattention). Je vais vous parler de Boris, un garçon certes fort sympathique croisé dans une autre vie, dans un cadre pro. Boris était un mauvais exécutif, il multipliait les conneries par manque de soin sur ses dossiers, a réussi l’exploit de faire perdre un client car il l’avait critiqué sur son Facebook (en oubliant qu’il était pote avec ce dernier)… Bref, pas l’employé de l’année. Il est aujourd’hui directeur. Dans la même équipe, des femmes ont été virées pour des bourdes sans réelles conséquences (pas de client perdu) mais bon, tu comprends, ça ne le faisait plus trop, bla bla bla. Y en a une, je crois que je sais même pas ce qu’ils ont pu invoquer pour la virer. Dans une autre boîte, j’ai pu croiser la route d’Antonin, garçon fort sympathique mais brouillon dans son exécution qui fut un jour puni d’une terrible sentence “puisque tu es nul en exécutif, très bien, tu ne feras plus que de la strat !”. Alors que bon, moi, par exemple, dont on louait le sérieux et la rigueur, j’aurais bien aimé passer en strat, justement. C’est peut-être le hasard, me direz-vous. Sauf que…

Une femme en réunion

“Pfff, les féministes, vous vous cherchez toujours des excuses à vos propres échecs”. Ok alors on passe en level hardcore sur le pardon aux fautes des hommes alors que les femmes n’y ont pas droit, c’est parti pour le rayon dégueulasse du sexe et surtout des violences sexuelles voire viols. Si je vous dis Johnny Depp, Roman Polanski, Bill Cosby, même DSK… Ces hommes ont violenté ou violé des femmes et pourtant… rien n’a arrêté leur carrière, ce n’est que très récemment que les lignes ont bougé et encore : Cosby et Polanski restent libres, Depp à l’affiche d’un blockbuster, DSK se fait des tapis rouges avec sa copine à la cool. A côté, prenons Maruschka Detmers. Je ne sais pas si vous connaissez de nom, c’est une actrice des années 80 que j’avais vu pour ma part dans La vengeance du serpent à plumes où elle jouait une italienne alors qu’elle est néerlandaise. En 1986, le festival de Cannes ne parle que d’elle. Pourquoi ? Parce que dans le film Le diable au corps de Marco Bellochio, elle gratifie son partenaire d’une fellation non simulée. L’histoire prétend que ce geste était son initiative mais qu’elle le regretta car non seulement ces quelques secondes ont éclipsé tout son travail sur ce film (que j’ai pas vu donc pas d’avis) mais surtout que sa carrière en a été plombée. Sinon, un épisode de cleptomanie tuera plus sérieusement une carrière que des accusations (et condamnations) pour viol, n’est-ce pas Béatrice Dalle ou Winona Ryder. Une erreur coûte toujours plus cher à une femme qu’à un homme (bien que j’ai du mal à parler “d’erreur’ en matière de viol et de violence, mmm).

Maruschka Detmers

Et en politique ? Qu’une ministre n’ait pas le malheur de bafouiller ou c’est déluge contre elle, alors même que son homologue masculin faisant la même erreur n’aurait pas droit au même acharnement. Un exemple récent qui m’a un peu frappée : l’histoire de l’appartement du couple Corbière-Garrido. Alors juste un point : oui, je sais que leur occupation des lieux n’était pas illégale puisque l’immeuble a été classé HLM bien après leur arrivée et qu’ils auraient tout à fait pu rester là sans qu’il s’agisse d’un arrangement ou autre. Après, moralement, quand on a la thune, c’est sympa de céder sa place à ceux qui n’en ont pas. Mais ce n’est pas de ça dont je veux parler mais du fait qu’elle s’en est pris trois fois plus dans la gueule option insultes sur le physique, bien entendu, alors que c’est quand même lui le député donc qui devrait faire preuve d’une probité sans faille. Vous voyez ? Et je suis sûre que si on analysait la campagne 2007 (Sarko vs Royal), on retrouverait plus d’articles sur ses erreur à elle et écrits de façon fort peu sympathique alors que lui-même en a sorti pas mal.

Ségolène Royal

Et je suis sûre qu’en fouillant, je pourrais multiplier les exemples de journalistes femmes rabaissées pour une coquille alors que PPDA pouvait faire une fausse interview de Fidel Castro sans que ça ne lui coûte sa carrière. En fait, l’explication est assez simple : la parole des femmes ne paraît jamais tout à fait légitime. La moindre erreur et on se foutra de notre gueule à vie. On aura une dette de crédibilité impossible à remonter. Parce qu’on ne veut pas nous donner crédit, de toute façon. Pas plus tard que cette semaine, sur Twitter, une nana qui racontait que lors d’une réunion, elle avait pris la parole et qu’un client ou directeur avait sorti un “ah mais elle connaît son sujet en plus”. Ah oui, un pot de fleur expert, je comprends que ça surprenne, hein… Sur ce sujet, je vous renvoie à tous les tumblr “paye ta”, je vous en avais listé plein, on croule sous les témoignages qui pourraient se résumer à “si tu es jolie, tu ne peux pas être pertinente”. Du coup le moindre caillou qui viendrait conforter cet édifice serait exhibé à outrance. Et on aurait tôt fait de nous enjoindre de façon fort peu courtoise à “rejoindre notre cuisine”, là où serait notre vraie place. Oui, en 2017, on a encore droit à ça. Il serait peut-être temps, messieurs, que vous éduquiez vos potes, non ?

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Pourquoi j’ai peur de Macron ?

Et que je vais vous le dire maintenant avant le second tour des législatives même si je me doute bien que je ne ferai pas changer d’avis les gens. Mais au moins, ce sera fait. Donc oui, j’ai peur de Macron et ce n’est pas une métaphore ou un titre putassier pour vous attirer ici. On entre vraiment dans une ère qui m’inquiète au-delà même du sarkozysme et je vais vous expliquer pourquoi. Attention, c’est un article cri du coeur et je me rends compte qu’il est très long donc un petit café ou thé (je vous conseille le yoggi tea, je sais bien que c’est sans doute de l’attrape nigaud mais il est trop bon), quelques biscuits ou fruits séchés et on est partis.

Quelques tasses de café

En 2007, ce fut une belle gueule de bois quand Sarko remporta l’élection même si sa victoire étant sans surprise, la machine était parfaitement rôdée. Alors évidemment, on pourrait s’attendre à ce que j’ai eu la même réaction pour Macron, élu produit marketing de l’année mais j’avoue que non. Je me targue souvent d’être assez fine dans mes analyses politiques mais j’oublie souvent deux points essentiels : les gens n’ont aucune mémoire et surtout, beaucoup d’électeurs ne sont, de fait, pas politisés. Comme ils n’y connaissent rien ou presque, ils préfèrent voter pour un visage familier et rassurant qu’un projet d’avenir. Sans voir que derrière le joli sourire et la mise en pli impeccable se cache un avenir très sombre pour la plupart d’entre nous. Pas forcément moi, d’ailleurs, mais que voulez-vous, j’ai du mal à m’en foutre du sort de mes petits camarades.

Solidarité

Le problème avec un Macron, c’est qu’on ne le voit pas venir. Un Trump, un Sarko à l’époque, un Berlusconi, on sait qu’ils sont potentiellement mauvais et les banderoles sont prêtes à sortir du placard à la première occasion. On attend le moindre pas de travers pour mordre, on le guette. Alors qu’un Macron, on va toujours lui laisser le bénéfice du doute. C’est un centriste, un “gentil”, il fait le beau gosse avec Trudeau à Taormine, il fait du wordart pour tâcler Trump, ce même Trump qu’il a trollé et à qui il a donné une poignée de main bien virile genre il a révisé avec un coach broyage de main pendant une semaine. Ah oui, parce que c’est ça, Macron : c’est pas de la politique, c’est juste de la comédie. D’ailleurs, le mec a beau jouer les mecs autoritaires “ahah, t’as vu comme je l’ai maté Trumpounet ?”, l’autre s’en bat les coussinets et sort, comme il l’avait prévu, des Accords de Paris. Bon, ok, les Accords de Paris, ce n’est pas un réel engagement écologique, ce n’est pas un réel engagement tout court. Non parce que la COP21, c’est quand même la répression des militants écolos et des tapages dans la main pour dire que ouais, allez, on va essayer de limiter (non pas stopper voire carrément renverser, juste limiter, ce qui nous occasionnera, si tant est que cette gentille promesse soit respectée, des milliers et des milliers de morts. Mais pas chez nous donc ça va) le réchauffement climatique et si on ne fait rien pour que ça arrive, bé, c’est pas grave. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Mais c’est cool car grâce à Trump, Macron, le pro-nucléaire qui veut relancer les chasses présidentielles, est devenu un héros de l’environnement. On avale tellement de conneries, c’est dingue.

Pourquoi j'ai peur de Macron

En un mois de Macronie, on voit déjà les lourds nuages menaçant se former sur notre modèle social, sur notre stabilité professionnelle, sur notre liberté d’expression. Sur notre liberté tout court. J’exagère ? J’ai plutôt envie de dire que vous vous réfugiez dans le déni : toujours moins de cotisation “ouais mais c’est cool, on va avoir plus de sous à la fin du mois et moi, je ne suis jamais malade”. Moi non plus, la pêche… mais c’est vrai que je suis myope, que j’ai des dents fragiles, que je multiplie les rhinites allergiques, que je commence à être un peu dure de la feuille, que je me casse un genou en faisant la fo folle ou que je me fais un peu mal à toujours ce même genou en faisant du foot. Et je ne veux pas d’enfants alors que je suis toujours fertile. Ouais, je suis en bonne santé mais parfois, la vie te prend un peu en traître et je n’ai pas forcément envie qu’à terme, mon entreprise fasse des économies sur ma santé tandis que les mutuelles privées s’engraissent méchamment. Je n’ai pas envie qu’on offre à nos petits frères et nos petites soeurs, voire à nos enfants, un passeport à vie pour la précarité. L’ubérisation de la société est une catastrophe, le rêve de demain, tous patrons, n’est une bonne chose que pour ceux qui en ont déjà les moyens. Si je lançais mon entreprise demain et que je me plantais, c’est mon ego qui souffrirait le plus : mon mec pourrait m’aider, mes parents aussi et même ma banquière. Mais ceux qui n’ont rien à la base, ils font quoi ? Et puis paie ton rêve d’être ton propre patron quand c’est la crise parce que tu as décidé de prendre quelques jours… Salariat déguisé bonjour ! Et salariat où tu payes pour avoir tes propres moyens de production, tellement génial ! D’ailleurs, pour rejoindre mon histoire de santé du dessus, un petit article sur la réclamation des “entrepreneurs” Uber, Deliveroo and co sur les cotisations santé. Formidable non ?

Uber manifestation au siège

Et la liberté d’expression ? Au pays des Charlie, les rédactions se font remonter les bretelles par un Ministre voire carrément traînées en justice parce que la protection des sources, OSEF ! Ah, vous êtes où, tous ceux qui ont clamé au droit à la caricature, qui avez défilé avec des crayons le 11 janvier 2015 ? Quand tu vois qu’aujourd’hui, le “t’es pas Charlie” sert surtout aux oppresseurs de tout poil pour justifier toute “vanne” homophobe ou raciste aux heures de grande écoute, on est bien. On continue de reculer dans le classement RSF sur la liberté de la presse mais ça n’a pas l’air d’inquiéter.

C'est l'encre qui doit couler, pas le sang, question sur la liberté d'expression en France

(c) Benoît Tessier pour Reuters

Et la liberté tout court, enfin. En constitutionnalisant l’Etat d’urgence, aura-t-on encore droit de manifester demain ? “Votez pour Macron, vous pourrez manifester contre lui alors que Le Pen, non !”. Vos gueules, putain, vos gueules. Depuis le fameux Etat d’urgence, on interdit aux syndicalistes, militants d’extrême-gauche ou écologistes de manifester, on interdit à un journaliste, certes très engagé, de faire son travail. Vous vous sentez toujours aussi bien en fRance ? Et puis maintenant, fini les perquisitions autorisées par un juge, ce sera juste sur autorisation du préfet. On va rigoler avec toutes les bavures, moi, je vous le dis ! Oh ben oui, je sais “moi, je m’en fous de l’Etat d’urgence, je suis honnête, j’ai rien à me reprocher !”. Oh bah tu sais, beaucoup de perquisitionnés surprise non plus, n’avaient rien à se reprocher. Mais pas de bol, on (qui “on” ?) les a soupçonnés alors les flics ont débarqué, tout cassé, insulté, avant de partir sans un mot d’excuse. Je n’affabule pas, hein… Et puis Macron nous annonce sans trembler qu’il va ficher tous les militants d’extrême gauche… sans même préciser ce qu’est un militant d’extrême-gauche. Est-ce que mon mec va se faire ficher car il est abonné à la newsletter de France insoumise ? Moi parce que j’affiche clairement mes opinions (que je ne définis pas comme d’extrême gauche au demeurant mais y a pas de définition claire). Risque-t-on un jour de voir débarquer les flics chez nous pour une perquis’ si on se montre trop ? J’exagère ? Oh bah tiens, encore un lien.

Institutionatiolisation de l'état d'urgence, un risque de voir de plus en plus de perquisitions abusives ?

Je ne décolère pas depuis avril, je suis anxieuse, paniquée… et vraiment méprisante face à ceux qui laissent faire parce que ça les concerne pas. “j’ai rien à me reprocher”, “j’ai un travail”, “y a du travail, ceux qui sont au chômage, c’est parce qu’ils ne veulent pas travailler”. J’en peux plus de cette fRance qui harcèle les femmes qui se couvrent la tête ou les femmes Noires qui veulent rester entre elles pour des ateliers mais qui laisse faire les fachos qui veulent condamner à mort des Migrants ou des dîners entre Blancs. J’en peux plus de cette fRance qui vote pour que les Riches soient toujours plus riches parce que tu comprends “une fois, j’ai connu un mec qui fraudait les allocs”. J’en ai marre de ces fRançais qui avalent tout et n’importe quoi, tellement sensibles à la forme qu’ils n’en voient pas le fond (et vouent au nues un Obama qui a un bilan bien décevant ou un Trudeau plus libéral que jamais mais il met des chemises roses et y a un Ministre Sikh dans son gouvernement alors il est cool. Alors oui, y aussi du bon chez Trudeau, notamment sur l’accueil des migrants même si, en grattant un peu, l’histoire n’est pas si belle… En clair “oui, Trudeau est un beau gosse qui fait des trucs cools mais ça ne fait pas forcément de lui un bon politicien ». Comme Obama, comme Macron. Aujourd’hui, je suis plus paniquée par Macron que par Sarko. Parce que Sarko, on était prêts à descendre dans la rue. Macron, il passe mieux, il fait moins colérique. Et puis de toute façon, pourra-t-on encore manifester dans quelques mois ?

Manifestation du 11 janvier "je suis Charlie"

J’écris cet article sans nuance, un cri du coeur. Un long cri du coeur. J’espère que dans 5 ans, vous me le collerez sous le nez en me disant “mais comme tu avais tort ma pauvre fille”. Oui, vraiment, j’aimerais parce que mon petit ego n’est rien comparé au modèle social français et à notre liberté. Mais y a presque 9 ans, j’avais dit toute la méfiance que j’avais pour Obama, ce président trop cool. L’histoire a prouvé que j’avais pas eu tort… Alors pour me donner tort, on ne laisse rien passer. Levons le poing, le combat débute maintenant.

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La femme sur le net : injonction à l’invisibilité

Alors que les élections approchent à grand pas, l’ambiance devient salement toxiques pour tous ceux qui ne font pas partie de la classe dominante, c’est racisme, homophobie et sexisme à tous les étages. D’autant que les fachos désoeuvrés et violents (du moins avec leur clavier) prennent de plus en plus de place sur les réseaux sociaux, forums ou sites d’actu. Et quand tu es une femme sur le net, tu en prends salement plein la gueule quoi que tu dises. Même quand tu fais un innocent article sur les poches de jeans.

La femme sur le net

En 12 ans (!!) de visibilité sur les Internet, je dois avouer que je me suis pris mon lot d’insultes, de menaces, d’essayer de me faire peur pour que j’arrête de parler… alors que je ne dis quand même rien de bien problématique. Ah oui, je vomis la drague de rue, j’aime le sexe mais j’aime aussi choisir mes partenaires… Pendant longtemps, un oppresseur errait dans les commentaires en m’insultant régulièrement car je couchais sans me poser, honteux ! Répréhensible ! Curieusement, depuis que je suis entrée en monogamie, il a disparu. Sans doute parce qu’à ses yeux, je suis “rentrée dans le rang”. Vous allez me dire “non mais c’est qu’un troll, exagère pas non plus”. Non, il n’est juste qu’un maillon d’un système bien plus large.

machinerie rouages

Cette semaine, deux femmes journalistes spécialistes du jeu vidéo ont vécu l’horreur : Kayane d’un côté, harcelée par un fou depuis de longs mois, qui parvient enfin à le faire arrêter… en vain. La fille raconte cette histoire vraiment épouvantable et réaction d’un gros site de merde “ah bé fallait pas poster de photos en ligne, aussi”. En gros : si tu veux pas attirer l’attention d’harceleurs déséquilibrés, disparais. Vous allez me dire que le conseil vaut pour les hommes sauf que les hommes n’ont pas ce souci de harcèlement, voyez-vous. Eux, ils distribuent leurs photos de bite en érection à qui en veut (ou à qui n’en veut pas, d’ailleurs). Une femme paraît un peu coquine, un peu exhib sur les réseaux sociaux : avalanche de dick pics non sollicitées. Donc pardon, mais le discours “han mais ce sont les hommes et les femmes qui doivent se protéger”, c’est juste une immense hypocrisie. Oh hé, rappel : ce n’est JAMAIS la victime qu’il faut blâmer. L’autre journaliste, c’est Carole Quintaine qui a craqué cette semaine et montré ce qu’elle subissait au quotidien, des gentils “ta gueule grosse pute” dès qu’elle émet un avis sur un jeu vidéo, par exemple. Alors oui, vous allez me dire “han mais l’univers jeux vidéos, c’est un peu macho quand même, c’est pour ça”. Oui mais ta gueule en fait.

Silence tais toi

Parce que ce que subit Marie Kirschen, Kayane ou Carole Quintaine, c’est ce qu’on subit tout le temps et à notre petit niveau. Même moi, j’ai dû porter plainte dans le temps alors que j’ai même pas le 100e de la communauté de ces filles là. Dès qu’un tweet un tant soit peu féministe est repris, y a toujours un connard qui vient m’agresser, se contentant d’une insulte stupide dans le meilleur des cas, de menaces de viol, de violence voire carrément de meurtre ou injonction au suicide dans le pire. “Ouais mais roh, tu sais bien que les mecs, ils feront rien en vrai”. Alors déjà, non, je ne sais pas. Relire l’histoire de Kayane. Relire celle de Christina Grimmie, assassinée à 22 ans par un fan… Mais même si la personne qui menace de me défoncer n’en fera rien, faut arrêter de parler de troll à un moment : c’est trop souvent, jamais la même personne, on est au delà de la simple taquinerie. Surtout que vous, vous ne voyez pas trop le souci de recevoir des dizaines et des dizaines de messages violents mais quand vous êtes la destinataire,je vous jure que même si vous êtes solide, y a un moment où vous ne pouvez plus.

Femme épuisée

Les hommes pensent pouvoir distribuer la parole, ils montent des raids pour empêcher les féministes de parler. On cherche à nous remettre à notre place : à la maison, mutiques et à disposition. Et le pire ? C’est la complicité ou le silence d’autres hommes qui viennent nous expliquer alors qu’on vient de se prendre un violence symbolique inimaginable dans la tête qu’on exagère, que ce n’est que du troll et que ça vaut pas la peine de réagir, de laisser faire, que tous les hommes ne sont pas comme ça. Ca ne leur vient jamais à l’idée d’expliquer au “troll” qu’il ne doit pas agir comme ça non, c’est à nous, les victimes, de prendre sur nous et de, une nouvelle fois, fermer nos gueules. Et c’est là toute la magie de l’oppression masculine : assumée ou insidieuse, quand tu es une femme et que tu oses parler d’un sujet qui est soit réservé aux hommes soit qui dérange leur suprématie (des poches de jeans, on en est là), tu t’en prends plein la gueule mais s’il te plaît, fais le en silence pour ne pas heurter les mâles qui ne comprennent pas bien pourquoi tu vis mal des menaces de sodomie…

Femmes manifestent baillonnées

Du coup, la prochaine fois que vous aurez envie de dire à une femme de ne pas relever les attaques des “trolls”, réfléchissez bien. D’ailleurs, la prochaine fois que vous voudrez utiliser le mot “troll”, réfléchissez bien aussi… On est maintenant très loin de la fonction poil à gratter mais dans une réelle oppression.

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Le débat a-t-il pour réel objectif de faire changer d’avis l’autre ?

De temps en temps, je me lance dans un débat sur Twitter : des échanges d’arguments ponctués d’attaques sur mon ouverture d’esprit et quelques noms d’oiseaux en prime. J’en ressors parfois lessivée et certains me disent “non mais tu ne le feras pas changer d’avis, laisse tomber”. Non. Parce que c’est pas forcément elle ou lui que je vise mais ceux qui lisent l’échange en silence et pourraient être touchés par certains arguments.

chatrier-loges-vides-tennis

Un soir de 2012, deux hommes engoncés dans un costume débattent sous l’oeil torve d’un homme et d’une femme qui balancent aléatoirement des timings. A droite, Nicolas Sarkozy, à “gauche”, François Hollande. Les deux se balancent chiffres, promesses et punchlines sur des sujets lancés par les deux arbitres qui ne servent pas qu’à donner l’heure. Nous voici au coeur du débat d’idées de la Ve République, le fameux débat présidentiel d’entre deux tours qu’on regarde pour… se laisser convaincre ? J’aimerais avoir une étude précise sur la réelle influence du débat d’entre deux tours sur le résultat final… J’en étais restée à environ 10% de l’électorat qui est indécis et qui peut être conquis lors de cette grande cérémonie mais est-ce toujours le cas ? Bref, ça échange, ça débat, ça s’indigne et à la fin, chacun reste campé sur ses positions… Ca vous étonne ? Bien sûr que non, imaginez la scène “Mais… mais vous avez raison en fait. Mais oui, vous venez de m’ouvrir les yeux ! Bah écoutez, vu que vous êtes dans le vrai, j’invite tout le monde à voter pour vous.” Non, non, soyons sérieux deux minutes. Mais alors du coup, pourquoi débattre vu que personne ne lâchera le morceau ?

le débat télévisé de la présidentielle

Parce qu’on ne cherche pas à convaincre son contradicteur direct mais bien l’audience passive. Déjà, admettons assez facilement qu’il est difficile de faire admettre à quelqu’un ses torts en public. Je pense pouvoir plaider coupable, ce moment où tu sais que l’autre a raison mais ça t’arrache la gueule de l’admettre. Mais il y a aussi les autres, ceux qui te répètent en boucle les trois mêmes arguments foireux que tu entreprends de démonter à grand coup d’articles (écrits par d’autres) ou de vidéos qui expliquent en long, large et travers les quelques notions que tu balances de ci de là genre, au hasard, l’humour oppressif (humour oppressif, humour oppressif, humour oppressif, voici mes références habituelles, n’hésitez pas à m’en balancer d’autres au besoin). T’as beau expliquer, gentiment ou plus “énergiquement” le pourquoi de ta colère, tu butes systématiquement sur un mur de “mais je dis ce que je veux”, “j’ai encore le droit d’avoir mon opinion”, “mais moi, je connais quelqu’un qui prouve le contraire de ce que tu dis” (selon la grande loi qui dit qu’une seule exception dans ton entourage nique l’ensemble du travail des statisticiens et sociologues, t’séééé), “moi ça me fait rire, donc c’est drôle”, “ah Coluche et Desproges seraient bien malheureux aujourd’hui”, “on ne peut plus rire de rien” “oh, ça va les minorités, hein !”, “t’es qui pour me juger d’abord ?”, « c’est la liberté d’expression ! » « t’es pas Charlie, toi ! ». Bref, vous avez beau tenter différentes techniques, c’est le bide.

Hé oui, des fois, ça démange un peu de choper l'adresse du crétin qui s'entête pour aller lui en donner une

Hé oui, des fois, ça démange un peu de choper l’adresse du crétin qui s’entête pour aller lui en donner une

Et ce n’est pas grave. Parce que pendant que vous croisez fermement le fer avec Jean Connard (ou Jeanne Connasse), il y a Jean Naïf (Jeanne Naïve) ou Jean-ne “je n’avais pas d’opinion sur le sujet mais à présent que je te lis, j’ouvre les yeux” qui suit l’échange en silence. Et si vous avez bien argumenté, c’est celui là que vous allez convaincre. Si j’en reviens à mon cas personnel, j’ai appris énormément de choses en suivant des débats dans lesquels je n’étais pas impliquée, parfois par manque d’opinion, parfois parce que j’arrivais deux heures après la bataille. Prenons, au hasard, le débat sur le “mademoiselle” que les féministes ont souhaité supprimer des formulaires. Ma première réaction fut à peu près : “mouiiiiiiii ?”. Soit “heu ben appelez moi madame ou mademoiselle, peut me chaut”. Puis j’ai lu des échanges, parfois acerbes, entre celleux qui défendaient cette proposition et ceux qui s’indignaient parce que… ben, c’était soit par coquetterie (“hihi, j’aime qu’on m’appelle mademoiselle, c’est une façon subtile de me draguer, hihi”) et les “mais y a plus important comme combat, putain !” J’ai donc aussi réalisé à quel point les gens qui se foutaient des combats féministes étaient par contre très préoccupé par leur liste des priorités… Parce que c’est bien connu que les féministes sont un bloc monolithe qui ne peut prendre les problèmes que les uns à la suite des autres. Bref, d’un sujet sur lequel je n’avais pas grand avis, je me suis mise à défendre la suppression du “mademoiselle” dans les formulaires car j’ai compris en lisant des argumentaires qui ne m’étaient pas adressés en quoi, effectivement, c’était problématique. Je prends cet exemple mais je pense que ma conscience féministo-gauchiste (et surtout le fait que j’assume l’être, nous en reparlerons) s’est construite grâce à ses débats qui fleurissaient sur ma timeline, sur Twitter ou Facebook.

jeune fille lit sur un écran portable

Alors échange avec Jean-Connard, balance des arguments et tes liens et une fois que tu as bien tout étayé, pars la tête haute, un petit coup pour balancer tes cheveux avec classe par dessus l’épaule (comme c’est virtuel, tu peux le faire même si tu n’as pas de cheveux) et adresse un clin d’oeil complice à celui ou celle qui te lit sans savoir et qui sera convaincu. Limite, sois un troll et quitte Jean-Connard en le remerciant de t’avoir permis d’argumenter et de gagner de nouvelles personnes à ta cause.

Rihanna double doigt d'honneur clip we found love

PO PO PO !!!

Ah oui, je vais faire ça la prochaine fois. Délicieux !

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Oh non, la honte, j’ai mes règles

Elle commença à se dandiner sous son siège, l’envie se faisait de plus en plus pressante, irrésistible. Il était temps. Elle cessa de tapoter sur son clavier et jeta un regard furtif autour d’elle, vérifiant que personne ne lui prêtait attention. Elle tendit discrètement le bras vers son sac, espérant trouver rapidement ce dont elle avait besoin sans avoir à remuer son contenu… Le bruit de clés saisies par inadvertance et déplacées ne manqueraient pas d’attirer l’attention d’une ou deux personnes. Ses doigts palpèrent quelques objets et se refermèrent sur une forme longiligne qu’elle reconnut sans mal. Soulagée, elle tira l’objet du sac, tendant de le dissimuler tant bien que mal malgré ses couleurs fluos. Le glisser dans sa poche… mais elle avait mal anticipé ce moment critique et sa robe n’offrait aucune cachette pour son objet interdit. Légèrement mal à l’aise, elle décida de miser sur la concentration de ses collègues, elle se leva, serrant toujours farouchement le tube dans sa main et tenta d’adopter une démarche tranquille jusqu’aux toilettes. Surtout ne pas attirer l’attention. Une fois à l’intérieur des toilettes, elle s’enferma et soupira avant de desserrer sa main et d’observer un court instant le précieux tube qui allait terminer sa vie la tête la première dans son vagin.

tampon

Le tampon, ah le tampon ! Un petit cylindre pas bien épais qui cristallise à lui seul toute la honte des femmes vis à vis de leur règles. Longtemps, à l’heure de changer mon bout de coton pour éviter un ravage de ma culotte, j’essayais de discrètement cacher mon tampon dans ma main pour cacher ce terrible fait à l’assistance : oui, je suis pubère et je ne suis pas enceinte ! Mon Dieu, non, quelle révélation ! En plus, pour nous rendre la tâche plus compliquée, ces gros trolls de marketeux nous emballaient le tout dans un un emballage bien fluo, aussi discret que Kim Kardashian dans… ben dans tout ce qu’elle fait, en fait. Gros trolls car tout en nous affichant bien avec leur objet tabou qui brille dans le noir, ils nous montrent bien dans les pubs que les tampons, c’est la hoooooooonte…

rgles-honte

Pourtant, si on y réfléchit bien, honte de quoi ? D’être pubère ? Oh, passé 15 ans, c’est pas vraiment une surprise, hein ! Honte de ne pas être enceinte ? Votre boss en est ravi, lui. Puis même si je n’ai pas de stats sous la main, je pense qu’en moyenne, les femmes non enceintes sont largement plus nombreuses que celles qui le sont. Honte d’être en bonne santé ? Ben oui, un cycle régulier est en général signe de bonne santé (sauf évidemment en cas de contraception bloquant les règles). Depuis quelques temps, j’interroge mes copines qui rougissent en avouant avoir leurs règles ou ne sachant comment transporter le tube magique en toute discrétion dans les toilettes. Bon évidemment, certaines me diront qu’avec la cup, on n’a pas ce problème là et je suis tout à fait d’accord mais le sujet n’est pas tellement là : pourquoi ressent-on de la honte à avoir ses règles ?

Kotex

Oui, potentiellement, le sang, ça tache et ça pue, c’est “sale”. Mais est-ce que vous vous enfuyez en rougissant dès que vous vous coupez le doigt ? Ah on me fait signe que le problème est autre : ce sang (impur à cause de cette sale manipulatrice d’Eve, souvenons-nous) sort de la chatte, aaaaaaaah ! Un peu comme le pipi ou le caca, dès que ça végète dans notre culotte ou slip, c’est saaaaale ! Pourtant, qu’il y a-t-il de plus naturel que la déjection ? J’ai bien mangé, j’ai bien bu, mon système digestif a bien travaillé, récompensons le en l’allégeant au plus vite du surplus ! J’ai découvert cette semaine un article proprement hallucinant sur les gens qui n’osaient pas faire caca au boulot. Je ne me permettrai pas de juger mais bon sang, faut aimer se compliquer la vie quand même ! Personnellement, si l’envie m’en vient, je ne me pose pas tant de questions… surtout qu’au vu de mon système digestif susceptible, je n’ose le contrarier. Et par là, on en vient même à ne pas assumer son achat de PQ alors que le fait que vous soyez propre est plutôt une bonne chose, en soi…

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Bref, parfois, on aperçoit que je tiens dans ma main le fameux tube fluo et il peut survenir une blague “ahah, t’as tes règles!” “Oui, et ?” J’attends encore la réponse. Ne rougissez plus de vos menstrues, demoiselles, ce n’est ni sale ni mal, c’est la nature. Du moment que vous laisse les WC propres après votre passage, tout va bien.

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PS : Je sens d’éventuels commentaires sur le tampon donc : oui, j’envisage très sérieusement de me mettre à la cup.

 

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Blogueuse depuis 2005, moi, monsieur !

Et voilà ! Aussi fou que ça puisse (me) paraître, ce blog a donc 10 ans. Et comme je suis une fana des bilans, celui là s’imposait parce qu’il y a 10 ans, alors que je fumais sur le balcon d’un immeuble du 9e arrondissement, je n’imaginais pas qu’en ayant cette idée, j’allais juste changer ma vie. Sans exagérer.

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Vous pouvez acheter ces cuillères sur une boutique Etsy, cliquez sur l’image pour vous y rendre.

 

Le blog, lanceur de carrière

Il y a 10 ans, j’imaginais qu’aujourd’hui, je serais journaliste. Je n’avais pas la moindre idée dans quel canard, tout m’intéressait potentiellement. Raté, j’ai quitté cette voie sans issue pour moi pour emprunter l’autoroute du marketing. Mon premier poste, il y a maintenant 8 ans, je l’ai en partie grâce à mon blog et ma connaissance de l’animation de communauté. Depuis, j’ai grandi, j’ai enchaîné quelques CDI pour finir aujourd’hui consultante social media senior dédiée à la stratégie dans une big agency. En positif, je gagne bien ma vie et je peux faire plein de voyages. En négatif j’ai un langage insupportable, sorte de franglais sans queue ni tête pour les profanes. Mais cette carrière m’a cependant permis d’améliorer mon anglais. Aujourd’hui, j’approche de la fin d’un cycle, j’attends d’avoir une épiphanie sur ma prochaine carrière, je ne suis que doute.

Photo cliché des Philippines en attendant de vous parler, le jour où j'aurai fini de jouer avec mes photos

Photo cliché des Philippines en attendant de vous parler, le jour où j’aurai fini de jouer avec mes photos

 

Le blog, facteur social

Bien entendu, le blog m’a permis de faire des rencontres, des connaissances devenues des ami-e-s proches, mes meilleurs amis. Pour vous situer, parmi les 6 personnes que j’ai conviées à mon anniversaire, j’en connaissais 4 direct via le blog. Il y a aussi Tatiana/Goldie que je n’ai pas rencontré via le blog mais cette expérience commune nous a certes rapproché. Je dois également à ce blog quelques histoires de fesses et même un peu plus. Parmi la liste de mes ex officiels, il y en a au moins 4 que j’ai rencontrés par ici (tiens, c’est drôle, deux fois que le chiffre 4 ressort). Je me suis fait plein de camarades dans ses colonnes, certains sont restés, d’autres sont repartis, on ne change pas tous de la même façon, on n’a pas toujours les mêmes ambitions, c’est la vie. J’avoue qu’avec le recul, je ne regrette in fine personne.

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La plongée

Ah oui, ça, c’est un des trucs essentiels, je crois. Je dois effectivement la pratique de la plongée à ce blog. Je vous raconte, tiens. Fin 2009, j’écris un article sur les difficultés de faire des rencontres amoureuses dans la vie. Je suis alors contactée par Camille (ex rue 69, actuelle Sexpress) qui me dit que si je veux, il/elle peut me présenter quelqu’un. Me voici donc embarquée pour un dîner chez une personne que je ne connais pas qui va jouer les entremetteurs/euses. Durant la soirée, je discute de mon baptême de plongée en Martinique et explique que j’aimerais bien en faire. Ni un ni deux, Camille décroche son téléphone et appelle un de ses amis qui plonge justement. Bon ben me voilà au pied du mur. Pour finir l’anecdote, cet ami, c’était Amant Chouchou devenu ensuite l’Amoureux puis l’Ex. Et c’est à la plongée que j’ai rencontré Anaïs aussi.

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Le bébé

Alors ça, pour le coup, c’est mon “coup de maître”, j’ai envie de dire. Ce blog a permis la naissance d’un bébé. Alors pas de moi, je n’ai pas caché de grossesse hein mais 2 de mes lecteurs se sont rencontrés dans des fils de commentaires, une idylle est née. Presque 9 ans plus tard, ils viennent d’avoir un enfant. Bon, il y eut aussi quelques coucheries entre lecteurs à l’époque où on squattait les commentaires mais vous imaginez, ce blog a permis la vie. Rien que pour ça, cette aventure valait le coup.

Oui bon, ok, ça, c'est le poing de mon neveu...

Oui bon, ok, ça, c’est le poing de mon neveu…

 

Mettons aussi deux ou trois points négatifs histoire que le bilan soit complet

Les haters

Bon plus le temps passe et plus le pluriel me semble abusé, il me semble que je suis toujours la “victime” d’une seule et même personne qui s’amuse à changer de style pour m’agresser, jouant tour à tour le mec hyper lettré ou le débilos qui fait des fôtes. Mais les agressions sont globalement les mêmes, je vous renvoie à l’article sur le sujet, il a aussi une certaine obsession pour ma soeur (?), se persuadant que j’envie sa vie et que je morfonds sur la mienne en comparaison. Je ne sais pas bien d’où il tient ça parce que bon, je peux éventuellement envier sa carrière, oui, surtout à l’époque où, moi, j’étais au chômage mais sa vie matrimoniale… J’adore mon neveu, je suis heureuse quand je m’en occupe mais j’ai trop envie de voyager pour me reproduire, actuellement. Bref, ça doit bien faire 9 ans que le mec vient troller ici et j’avoue que ça continue à me dépasser, je ne comprends pas ses motivations, surtout que je ne publie pas ses commentaires. On pourrait y voir une volonté de me blesser mais quand le mec se met à répéter à longueur de comm que j’avais été virée de Pubilon et que je mentais, je vois pas comment quelque chose que je sais être faux sans aucun doute possible peut m’atteindre.

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La blague est cependant allée assez loin et quand j’ai vu un blog parodique (un morceau de poésie tout à fait charmant) du mien publier ma photo sur une pierre tombale, ça a fini au commissariat.

Je reste très circonspecte sur ce phénomène de hating. Je ne parle pas que de mon cas (même si à mon niveau, c’est encore plus incompréhensible vu que je ne représente rien, je ne gagne aucun argent avec mon blog donc je ne peux susciter aucun sentiment de jalousie, il me semble), il semble de bon aloi de se réunir en troupeau de hyènes pour vomir sur les autres, ceux qu’on a choisi pour cible. Du genre les blogueuses mode ou les hipsters, les vegans et autres… J’avoue que sur ce point, j’ai même été cruellement déçue de voir que certaines personnes que j’estimais ne pouvaient s’empêcher de mordre les chevilles de leurs victimes dès qu’elles passent à portée. Mais payez vous une vie, putain !

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Pas le livre

Ca, c’est le gros raté de ce blog, je dois l’avouer. En 2006, j’avais été contactée par deux éditeurs pour écrire un livre tiré de mon blog, je n’ai pas écrit une seule ligne de cette adaptation. A ma (très légère) décharge, ces propositions sont tombées à un moment de ma vie où j’allais très mal, j’étais engluée dans une vie faite d’inactivité totale (coucou le chômage), de coeur brisé et de beaucoup trop d’alcool. Aujourd’hui encore, quand je repense à ce moment de ma vie, je me sens mal à l’aise. Mais j’ai loupé le coche et franchement, c’est bien fait pour ma gueule. J’ai longtemps attendu qu’on vienne me chercher, je n’ai jamais bien travaillé mon sujet et toutes les portes que ce blog auraient pu m’ouvrir, je les ai refermées.

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Mais rien n’est inéluctable alors peut-être que… Non, pas maintenant, cet article est bien trop lu, je vous parlerai de ma vision du blog lundi, promis.

En tout cas merci à vous, les fidèles et les occasionnels. Vous m’avez apporté bien des choses, plus que ce que j’aurais cru quand j’ai commencé cette aventure il y a 10 ans.

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De la mise en scène du soi sur Internet

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Eté 2013, je discute avec un charmant jeune garçon sur un site de rencontre et, je ne sais plus comment, nous venons à parler de l’un de mes rêves fous : écrire une thèse sur la mise en scène du soi sur Internet. Tout ça me vient bien sûr de mon métier ou plutôt de ce que j’observe en périphérie, jugée sur ma vigie virtuelle : ceux qui se posent en intellos, en mères et pères parfaits, en bombasse absolue, en ci, en ça. Quelle que soit notre utilisation des réseaux sociaux et des espaces Internet de prise de paroles (forums ou blogs), on se donne tous un certain éclairage, de façon plus ou moins consciente. Quand je prends la parole sur un sujet plutôt qu’un autre, ce choix est mu par une envie de mettre en avant une connaissance, un élément de ma personnalité.

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Prenons un exemple : sur mon Facebook perso, j’ai souvent une utilisation passive, passant plus de temps à lire les bribes de vies de mes camarades plutôt que de raconter la mienne (plus présente sur Twitter et dans une moindre mesure sur ce blog). Mais de temps en temps, je prends aussi la parole et ce sur divers sujets : des photos de mes voyages ou balades, de rares articles de gauchissssses (sur le mariage pour tous essentiellement), quelques images drôles croisées et surtout des articles (écrits par d’autres) sur le Social Media Management, diffusé auprès d’une liste de contacts pros. Je commente aussi certains articles, surtout pour m’insurger sur la place de la femme de la société. En gros, sur mon Facebook, si je résume, je suis consultante social media bien informée, souvent en vadrouille, mais aussi une gauchisse très pro mariage pour tous et féministe hystérique qui aime bien poster des comms agressifs sur les statuts des magazines féminins (j”avoue, y a des jours où je suis d’humeur un peu troll). Ah et in love total de son neveu trop choupinou même si je poste très peu de photos de lui (et jamais sans l’autorisation de sa mère, évidemment.) Côté vie privée, hors le neveu, on ne sait rien du tout et ça me va.

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Côté Twitter, je retweete beaucoup, un peu dans le même goût, finalement : du gauchisse (je me lasse pas de ce terme), du féministe, du très drôle, quelques infos sur les derniers crashes et incidents aériens (chacun sa passion), un peu de musique, parfois un peu de passivité agressive (ça, c’est mal), du sport, de la misanthropie (bien trop), des articles de blog et mes photos Instagram. Un puzzle un peu fouillis de prime abord mais qui donne une vue d’ensemble un peu plus complète de mon moi en rajoutant une couche amicale par rapport à Twitter et parfois, entre deux tweets, on peut même deviner si j’ai quelqu’un en ce moment ou non.

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Bref, stoppons là cette auto analyse sans aucun intérêt. Donc on choisit ce que l’on raconte. On va parler de sa tenue du jour pour signaler gentiment qu’on est plutôt au fait de ce qui se fait en matière de mode et parce qu’on la trouve jolie. Par contre, les jours de “j’ai ouvert mon placard et j’ai pris les 2 premiers trucs qui me sont tombés dessus”, on va juste se taire. On va tweeter à 9h l’air de rien qu’on est déjà au boulot mais se taire quand on arrivera vaseux ou vaseuse le lendemain à 9h45-10h (quoi, je parle encore de moi, là ? Mais enfin… oui). On va parler du super documentaire vu la veille sur Arte mais taire le fait qu’on s’est couchés à 2h du mat car on matait les replays des feux de l’amour (là, non, c’est pas moi, je suis trop larguée pour tenter de regarder à nouveau, malgré mon amour ancien pour les soaps). Même les tweets et statuts en mode bourré n’ont rien d’innocent.

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Donc je racontais ça au jeune homme qui, intéressé, me demanda de lire quelques uns de mes écrits sur le sujet. Mais jeune homme, je n’en ai point, tu crois que j’ai le temps de faire une thèse ? Entre 2 longueurs de piscines, un bilan social, 2 audits d’écosystèmes sociaux et 3 recos ? Mais, me répondit-il, si le sujet te plaît, écris dessus, tu t’en fous de faire une thèse ou non.

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Un an plus tard (quelle réactivité), je me décide donc. A partir de maintenant, quand j’aurai le temps, je me pencherai sur la folle vie de nos cyber egos. Prochain épisode : le syndrome Prom Queen (rien que ça).

 

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Le projet Audrey

Veux-tu jouer avec moi ?

Reprenons l’histoire : il y a presque 9 ans, quelque part en mai 2005. En plein stage, je vais me griller une petite clopinette sur un balcon du 9e arrondissement. Alors que j’observe nonchalamment les passants en bas, une idée me frappe. Les idées me frappent souvent et j’aime ça. Et si je créais un blog un peu à la Sex and the city avec à la place des personnages, mes amis et moi. Même que ça s’appelerait les Vingtenaires parce que y’en a marre des galères amoureuses des trentenaires ! Nous aussi, on en chie parfois. Souvent. Ca tombe bien, en plus : nouvelle dans la grande ville, je découvre les joies de Meetic et l’incroyable univers du plan cul. Oui, moi, je fais les choses à l’envers : je me suis mise en couple toute jeune pour m’éclater à 25 ans.
rihanna
Puis comme je le disais, ça a évolué. En bien, en mal, à chacun de voir. Ma vie sentimentale est passé d’essentielle à accessoire. Les hommes qui étaient le coeur de mes histoires, de nos histoires, ne sont aujourd’hui que des personnages secondaires qui passent et n’ont même plus droit à des prénoms. Je ne m’en étais pas rendue compte avant d’écrire cette phrase mais je suppose que c’est assez symptomatique. Mais peu importe, on n’est pas là pour me psychanalyser, hop ! Des fois, ça me plairait bien de raconter des petites anecdotes mais j’avoue avoir fermé ces chapitres à force de me faire traiter de sale pute et compagnie par les trolls. Oui, c’est triste mais y a des choses qu’on n’a pas envie de se prendre dans les dents, même si ce n’est pas forcément justifié. Non non, pas d’énième chapitre sur les trolls, j’en ai assez parlé par le passé.

troll_ego01Maintenant, le problème se pose autrement : mon blog est (relativement) connu par mes collègues certes adorés à qui je sors de la vanne de cul à la moindre occasion mais on ne sait jamais qui peut obtenir le lien et je n’ai pas forcément envie que tous mes collègues curieux soient au courant de mes folles nuits. Alors que faire si je me censure ? Quelle est ma porte de sortie ?

venezia
La fiction. Semi fiction, on dira. Un bougli bougla d’histoires qui me sont arrivées, qui sont arrivées à  mes potes ou aux potes des potes… On reprend la base : 4 personnages (au moins) mais une seule voix qui parle, celle d’Audrey, 27 ans ? Pourquoi Audrey ? Parce que j’aime bien ce prénom. Pourquoi 27 ? Parce qu’il fut un temps où j’avais la (vague) idée d’écrire un one woman show qui se serait appelée 27 ans, célibataire, vit seule avec son chat, sa mère pense qu’elle est lesbienne. Mais bon, c’est bien joli d’avoir de folles idées mais je sais pas jouer la comédie et je sais pas écrire pour la scène quoi qu’il en soit. Mais du coup, en remixant un peu tout ça, hop, voici Audrey. J’espère que vous l’adorerez. J’espère que je réussirai l’exercice. Ou je m’en lasserai aussi vite que mon projet One day one pic.

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L’amour, c’est l’orgueil

Des fois, j’aime à me poser sous le grand cerisier en fleur du jardin pour penser à la vie. Envoûtée par la voûte rosée et le parfum délicat, mon esprit vole loin, loin… En vrai, je suis dans mon appart qui sent le M. Propre avec mon chat qui pioute pour avoir un câlin mais un peu de bucolisme ne nuit pas.

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Donc l’amour. Je sais pas vous mais quand je sors avec quelqu’un, si mon cœur bat plus fort, y en a un autre qui parade fièrement : l’orgueil. Comprenez bien que je ne suis pas du genre à choisir un bellâtre pour me promener en accrochant mon doux éphèbe à mon bras et si j’aime les mecs intelligents, j’évite les pédants prétentieux qui prend les gens de haut parce que tu comprends, ils n’ont aucun avis sur la pensée d’Alain appliquée à la téléréalité (l’article lié n’est lui pas prétentieux et très intéressant pour le coup. Mais finissez mon article avant d’y aller, merci). Surtout si les gens en question sont mes amis… Mon mec doit d’abord me plaire à moi et j’ai tout à fait conscience qu’il n’y a rien de plus subjectif que les goûts et les couleurs. Donc non, je n’exhibe pas mon mec comme un trophée. De la même façon, j’évite de trop étaler mon bonheur en mode « mon mec est trop parfait, hihihi ! ». Essentiellement parce que ça gonfle. Et que plus une personne va me chanter la mélodie de son bonheur plus je vais me demander quelle est la noirceur qu’elle tente de dissimuler. On me la fait pas à moi.

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Mais il y a de l’orgueil en amour. Cet autre que nous avons choisi, nous lui prêtons bien des qualités. Un homme si incroyable qui me choisit comme petite copine, ça fait ronronner l’égo. Mais quand survient la rupture, si le cœur saigne, l’ego fait sacrément la gueule. Parce que comment ose-t-il jeter une fille aussi bien que moi, ce gros nase ? Il pense vraiment trouver mieux ? Oui, la rupture peut transformer un homme tout parfait en gros beauf, voyez… Et puis va falloir assumer aux yeux du monde qu’on a failli et ça, ça fait un peu chier. Même si le monde fait en général un peu preuve d’empathie et évite de vous crucifier d’un « Ben ouais, il t’a larguée, normal, t’es une grosse merde » (sauf les trolls).

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En octobre, quand j’allais chez la naturopathe et que nous parlions de prince-charmant-devenu-crapaud, elle me demanda si je l’aimais. Et je répondis honnêtement : »non ». J’étais attachée à lui, j’étais amoureuse de l’image que j’avais de lui mais je ne l’aimais pas non. Cette histoire me faisait du mal d’une part parce que je ne comprenais pas mais surtout parce qu’il m’avait prise pour une conne. Et parce qu’à chaque rupture subie, on se demande pourquoi . L’autre n’est plus qu’un élément dans le drama narcissique qui se joue en notre for intérieur.

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C’est marrant comme en amour, on a du mal à accepter de perdre la face alors que des fois, ça ne le fait juste pas. Il m’est arrivé de rompre juste parce que ça ne fonctionnait pas entre nous. Le mec n’était pas en cause en tant que tel, c’est juste le lui+moi qui est boiteux. Mais des que la décision ne vient pas de nous, l’autre devient un connard. Non mais regardez le nombre de rupture où le plaqué vient déverser son chagrin sur votre canapé en sortant la phrase ultime « Non mais quel connard ! ». Alors que non, il a juste été honnête. Mais là, ce n’est plus votre cœur qui parle, c’est votre orgueil.

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Finalement, aimer, est-ce choisir un autre miroir qui vous renverra une image de vous que vous aimez ? Vous avez trois heures.

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Etre dans l’opposition rend-il forcément con ?

(Titre troll)

Avant, mes opinions politiques étaient celles de l’opposition. Puis le 6 mai, grâce à la victoire de François Hollande (et surtout celle de la gauche aux Législatives,hein…), on change de place : me voici dans le camp du gouvernement et les gens de droite dans l’opposition. Et c’est là qu’on découvre que changer de place ne rend pas plus intelligent.


Quand Sarkozy était au pouvoir, je me suis énervée plusieurs fois contre les attaques physiques à son encontre, les points Sarko, ce moment où on lui colle des responsabilités qu’il n’a pas (genre « un enfant renversé par un chauffard, c’est encore la faute de Sarko). Maintenant que les rôles sont échangés, je constate avec une pointe de soulagement que nos amis de droite ne font pas une opposition plus fine. Passons sur les histoire de Flamby, à nouveau, on constate que notre Président et son gouvernement sont la cause de tous les maux. Et cette nouvelle opposition tombe dans tous les pièges, exaltée par son nouveau rôle. Gueuler contre le gouvernement quand on reçoit son 3e tiers des impôts. Heu, pardon les enfants mais les impôts, vous les avez déclarés avant la fin des législatives, quand la France était encore à droite. Et disons le une fois pour toutes : ça vous fait peut-être mal au cul de payer des impôts mais toutes les aides dont vous avez bénéficiées (moi aussi d’ailleurs) dans votre vie, ça tombe pas du ciel. On a reçu quand on avait besoin, on donne quand on le peut, normal.  Vous allez me dire, les gens de droite n’applaudiront jamais le travail de Hollande, c’est normal. J’ai pas du beaucoup dire en 15 ans de droite « ah mais ça, c’est bien », même si je me force à essayer d’être la plus honnête possible parce que je ne supporte pas la politicaille primaire, de quelque bord qu’elle soit. Tout ce que fait la droite/la gauche, c’est caca beurk ! Oui bien mais tu n’aurais pas un petit argument pour me dire pourquoi c’est de la merde ? Ah ben non. Manifestement, le fait d’être un€ abruti(e) fini(e) qui s’y connaît à peu près autant en politique que moi en biologie moléculaire ne t’encourage pas à fermer ta gueule. Et depuis que tu es dans l’opposition, c’est pire que tout, tu regardes le bout de ton nez avec obstination en te disant que la gauche t’en veut, à toi perso et fait tout pour te pourrir la vie. Même quand tu es un joyeux expat installé en Suisse qui manipule tous les pigeons en omettant de rappeler que tu as été bien proche de l’équipe Sarko à l’époque.


Mais là encore, disons que c’est normal. Mais le pire, le pire, c’est bien la néo opposition composé de ceux qui ont voté Hollande comme ils auraient voté Obama s’ils avaient été Américain en se disant que demain, tout sera différent. Je rappelle à toutes fins utiles qu’un homme politique (ou une femme, tiens) est avant tout un humain, il n’a pas de pouvoirs magiques. En mai dernier, nous étions au beau milieu d’une crise et aucun prévisionniste n’avait envisagé sa fin dès le 07 mai. Notre nouveau gouvernement récupère donc un pays dévasté ou à peu près et va falloir cravacher dur pour remonter la pente. Si vous prenez 15 kilos avec des bourrelets dégueulasses, c’est pas en claquant des doigts que vous allez les perdre, faut faire des efforts. Là, on doit tous se serrer la ceinture. Tous. Les riches plus que les pauvres, c’est au moins juste ! Mais jamais ô grand jamais il n’a été question de ne plus payer d’impôts ! Alors quand je lis le témoignage d’une petite connasse pourrie gâtée sur Rue89 (ce site est devenu une immonde merde où les egos se précipitent pour se la raconter. Une vraie revue d’articles de blog finalement) qui est scandalisée d’être moins payée suite à la fin de l’exonération des heures supps, c’est intolérable, elle a voté Hollande, merde ! Ah ? Ah mais pardon, j’avais pas du tout compris que ça marchait comme ça ! Non parce que moi aussi j’ai voté Hollande alors bon, je dois aller où pour réclamer une exonération d’impôts ? Et qu’il fasse voter les lois qui me plaisent à moi puisque je lui ai donné ma voix. Quoi ? C’est pas comme ça que ça marche ? Je vais payer tous mes impôts l’an prochain ? Oh ben vu ce que j’ai gagné cette année, ça va me faire très mal au cul, je suis scandalisée. Néo opposition, attends-moi ! J’ai tellement envie de grossir les rangs des gros débiles incultes qui ont cru que la gauche ferait sauter les impôts… Juste pour rappel : les impôts ne sont pas une punition.


Bref, tout ça pour dire qu’en ce moment, j’ai vraiment envie de faire marcher la machine à baffe.

PS : J’ai découvert le site « Je suis stupide j’ai voté Hollande » en préparant cet article… via une pub Google Ad ! Ben dis donc, les entrepreneurs saignés à blanc à les entendre ne savent plus quoi faire de leurs sous…

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