Pourquoi tu votes si tu t’en fous de la politique ?

Bien le bonjour mes amis, voici une question qui me taraude depuis quelques temps. Avant de poursuivre mon raisonnement, petit point : j’espère que cet article ne suintera pas condescendance et mépris (de classe ?) car tel n’est pas mon but et si j’échoue, n’hésitez pas à me taper les doigts en commentaire ou sur les réseaux sociaux, là où on se croise en général. Mais vraiment, alors que la présidentielle arrive en avant-dernière ligne droite, je veux savoir “ pourquoi tu votes si tu t’en fous de la politique ?”

Pourquoi tu votes

Evidemment, on nous a toujours appris que voter, c’est important, droit acquis dans le sang et les larmes, droit d’autant plus important quand on est une femme. J’ai moi-même longtemps conspué les abstentionnistes du premier tour en mode “ohé, zut, c’est important, vote blanc au pire”. Depuis, j’ai raté un deuxième tour des législatives pour cause de Sicile et voté blanc à presque tous les second tours. Cette année, je voterai au premier tout en fonction de mes convictions… et soit par procuration soit pas du tout au second vu que je serai à Barcelone pour faire du yoga. Bref, mon discours sur la nécessité du vote a évolué, non à cause de mes vacances mais parce que je comprends aujourd’hui que face à la bêtise crasse et à la malhonnêteté de ceux qui nous gouvernent, on finisse par laisser tomber. Moi-même, je me demande pourquoi j’insiste… et non, je ne parlerai pas de vote utile ou de front républicain… j’en parlerai un autre jour. Peut-être (oui parce que mine de rien, l’élection, c’est déjà demain, gasp)

Affiches électorales 2007

Je suis donc la campagne de loin, un peu blasée, beaucoup énervée. D’abord par les discours de peur des uns et des autres, technique grossière pour faire croire aux gens que le mal qu’on leur fait, c’est pour leur bien (mais manifestement, ça marche), du rejet de ceux qui ne sont pas comme nous. Saoulée parce que j’ai l’impression qu’ils nous promettent tous les quatre cavaliers de l’apocalypse si on ne se serre pas encore la ceinture un cran de plus… sauf certes Mélenchon et Hamon. Mais surtout, je suis saoulée de voir qu’en France, on n’était pas tellement choqué par les malversations et autres petits combines des uns et des autres (mais bon, surtout de certains) parce que, hé, “tout le monde le fait”. Alors je ne jurerai pas de la totale honnêteté de ceux qui n’ont pas de nuages au dessus de leur tête car je ne sais pas, en mon âme et conscience, s’ils sont totalement honnêtes ou s’ils ont juste réussi à ne pas se faire prendre mais il semblerait que certains aient encore un minimum de conscience. Nous avons donc sur nos onze candidats à la présidentielle deux mis en examen, un avec une enquête préliminaire pour favoritisme (ok, pas lui directement mais le boulet se rapproche) et ces trois là sont en tête de tous les sondages… Alors ok, les sondages ont la valeur qu’on leur donne et je suis à peu près persuadée que Macron, dans six mois, tout le monde aura oublié son existence mais il n’empêche que ça m’interroge… Comment peut-on voter en toute sincérité pour une personne qui vole, triche, ment ? Surtout quand ces gens là nous parlent de faire des efforts parce que tu comprends, la France va mal. Je vais pas trop insister sur ce point, je vais finir par être vulgaire.

La France va mal

Taper « la France va mal » dans google images est une expérience très désagréable…

Et puis il y a les programmes sur lesquels des gens plus experts que moi se penchent, qu’ils t’expliquent que ça et ça, ce n’est pas réalisable, possible, que c’est juste du blabla politicard pour te faire voter pour eux et que, t’inquiète, ça n’arrivera jamais. Et non, je ne parle pas ici du revenu universel, Piketty t’expliquera mieux que moi)(faut vraiment que je lise son bouquin d’ailleurs). Et pourtant, on votera quand même pour elle, pour lui, parce que c’est notre famille politique, tu comprends. Non, je comprends moyen en fait. Alors c’est sûr, à gauche, nous, on a deux candidats (non, pas Macron, non) donc si l’un se révèle pourri jusqu’à la moelle, on peut éventuellement se rabattre sur l’autre. Je parle bien sûr ici de voter en fonction d’une couleur politique et pas d’un programme. Mais si mon champion était impliqué dans what milliards d’affaires judiciaires, non désolée, j’irai au pire voter blanc mais je ne lui donnerai pas ma voix. Parce que voter pour lui parce que “tu comprends, je ne veux pas la droite/la gauche au pouvoir”, non sérieux, faut arrêter. Voter pour une personne qui n’est pas rigoureusement honnête, c’est donner l’autorisation de continuer à s’en foutre toujours plein les poches pendant que nous, on repasse à la caisse pour combler les trous. Je n’ai aucun souci à payer des impôts, juste que j’aimerais que cet argent soit remis à ceux qui en ont vraiment besoin.

La corruption en politique

Alors pourquoi tu votes, toi qui t’en fous des malversations mais qui choisit une couleur politique pour des raisons X ou Y ? Pourquoi tu votes, toi qui t’en fous de t’informer ? Pourquoi je vote, moi qui n’y crois plus ? Je me dis souvent que notre système politique est malade et qu’il faudrait le réformer. Qu’il faudrait trouver un système pour qu’il n’y ait plus de carrière politique, qu’on ne soit plus gouvernés par des mecs qui ne connaissent du monde du travail que ce qu’ils en voient dans les rapports qui échouent sur leurs bureaux. Mais là, c’est trop tard, de toute façon… Et il y a de fortes chances que je vous ressorte le même refrain dans cinq ans. Youpi…

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Petit déjeuner avec un violoncelliste romain à Palerme

Ou « héhé, voici quelques anecdotes de voyage ! ». Zenobie, si j’en oublie, tu peux rajouter en comms, hein !

– On est des super héroïnes avec Zeno. Non rapport à les soupers pouvoirs réels ou imaginés mais parce qu’on a évité un drame de la route. Si ! Samedi matin, nous errons dans les rues de Syracuse en attendant notre bus pour Catane. On prend une petite rue pour se rendre au supermarché acheter une bouteille d’eau (une histoire passionnante), une voiture est en train de faire marche arrière, on se pousse. Je jette un œil nonchalant à la voiture et… Il n’y a personne dedans. Il-n’y-a-personne-dedans. Donc je crie, on court après la voiture qui fonçe sur un rond point. J’ouvre la portière avant qui heurte le rebord du rond-point, me permettant de pousser afin de ralentir la voiture tandis que Zeno met le frein à main. Zéro blessés dans l’aventure et les félicitations de deux spectateurs de la scène.

– Même jour, à Taormine cette fois-ci, on se rend bien évidemment au théâtre grec, monument incontournable et pour cause, c’est assez impressionnant : entre les ruines du colossal théâtre et la vue directe sur l’Etna qui fume, prends-toi en plein la vue. À un moment, Zeno voit un mec écrire sur le mur et va donc lui expliquer que ça ne se fait pas. J’entends qu’un bout de la conversation, j’entends que le mec lui répond en français et je commence à partir dans des considérations de type « les Français à l’étranger sont des cons« . Le mec la rembarre bien sûr. On continue notre promenade, on voit le gars et sa copine prendre leur « œuvre » en photo. On finit notre visite et en arrivant en bas, on signale à la fille qui gère l’entrée (c’est à dire qui reste assise sous un parasol à papoter avec ses amis) ce qu’il vient de se passer, photo à l’appui. Bon, j’apprends alors que le couple n’est pas français mais québécois, mon patriotisme respire un peu. Je ne suis pas sans savoir que c’est pas la joie niveau liberté d’expression au Québec en ce moment mais faudrait voir à pas pousser. Et là, c’est le vrai drame à l’italienne, la fille interpelle une demi-douzaine de personnes, qui en appelle d’autres, tout le monde se met les mains sur les hanches en criant à l’incivilité. Bon, à la fin, le couple canadien à été arrêté par Giovanni, le responsable de la sécurité qu’on n’arrivait pas à trouver. Pendant qu’on l’attendait, le Canadien nous expliquait qu’il pensait qu’on pouvait puisque « tout le monde le faisait » (en l’occurrence, à ce moment précis, y avait que lui et pas mal de briques étaient encore vierges. Merci du con). Zeno et le mec s’engueulent en français, je traduis à la nana du parasol qui me sort « non mais les gens, ils se croient tout permis parce qu’en Sicile, ils pensent qu’on n’est pas disciplinés… Bon, ok, c’est vrai mais c’est pas une raison ! » Bref, un joyeux bordel. Je sais pas ce qui est arrivé à nos amis Canadiens mais j’espère qu’ils vont l’encadrer, la photo de leur « œuvre » (en l’occurrence, leur prénom et peut-être une date ?), vu le prix qu’elle aura coûté.

– On a fait de jolies rencontres aussi dont Andrea, tenancier du B&B où nous sommes descendues à Palerme. Un mec absolument adorable (et beau, soulignons-le) qui avait aménagé quelques chambres de son sublime appart. Du coup, on avait un peu la sensation d’être à la maison, il nous a présenté sa femme, son chien… D’ailleurs sa femme est instructice PADI, c’est bon à savoir pour mon prochain séjour plongée (j’insiste). Le mardi soir, en arrivant, nous sommes accueillis par sa femme et on entend quelques notes de violoncelle s’élever. Tiens, le,violoncelle, c’est ce qui manquait un rendre cette maison parfaite. Le lendemain matin, on se lève pour petit déjeuner, je note que trois couverts sont dressés autour de la table. Mon incroyable sens de la déduction me permet d’affirmer que nous ne sommes pas seules mais qu’il y a une troisième personne au B&B. Alors qu’Andrea nous sert nos cappucinos, arrive un homme qui nous salue : le violoncelliste. Et nous voici partis à discuter de tas de choses : les Italiens, les Français, communisme et Moravia. Genre la discussion parfaite. Et en italien, je vous prie ! On loue la gentillesse des Italiens mais Andrea et Francesco nous expliquent qu’à Rome, les gens ne sont pas aussi ouverts. Effet capitale, je suppose.

– Être française, ça sert. Ainsi, on a pu laisser nos sacs de voyage chez Interbus (plutôt que de courir à la gare) et pas trop cher (4 € chacune, je vous dis tout). Et oui, le mec qui nous a rendu ce service était tunisien donc parlait français donc a été sympa. La francophonie, c’est beau.

– Sur la plage de Cefalù, nous avons assisté à une scène trop mignonne. Alors que le soleil décline, les plagistes rentrent chez eux, ne restent que quelques personnes. Arrive une fille qui se promène avec… Un chaton ! Carrément. Elle le pose sur la plage, il la suit comme un toutou, elle peut même le prendre dans ses bras au bord de l’eau. Moi, perso, je ferais ça avec Kenya, elle me déchirerait l’épaule de trouille. Alors même que ma stagiaire qui me l’a gardée a dit « j’ai jamais vu un chat aussi bien élevé ! ». Heu… Ah ?

Voilà, de bien belles histoires, petites anecdotes qui font le sel du voyage.

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