J’ai testé pour vous : la plage nudiste

Sous titre : la blogueuse chez les culs nus.

Le naturisme et moi, on ne s’était jamais côtoyés. Je n’en pensais rien, c’était juste des images d’Epinal distillées par les 3 reportages et demis que j’ai pu entrevoir sur TF1 et/ou M6. Non qu’ils n’aient réalisés que si peu de reportages, c’est surtout que je ne les regarde pas. Bref, pour moi, naturisme = gens à poils rigolards.

Avril ou mai, Anna, Anaïs et moi décidons de nous offrir une semaine de plongée avec l’UCPA et nous élisons le centre de l’Ile du Levant. Oh mais dis donc, c’est une île moitié militaire, moitié naturiste… Oh ben dis donc, j’ai déjà des images de Louis de Funès s’excitant comme un taré sur son sifflet au milieu des culs et des seins. On va rigoler. Anaïs et moi sommes assez chaudes pour jouer le jeu. Après tout, c’est l’occasion.

Arrivées sur le Levant, on croise du pénis, des fesses et du nibard en veux-tu, en voilà. Sur le port (une dame au paréo inutile se fait réprimander), à la supérette, les culs sont nus. J’apprends que les gens habillés sont des « textiles ». Bien. Première excursion timide un soir, je voulais me promener sur un petit sentier amenant à la plage nudiste, j’entraîne Anaïs, Gabrielle, une camarade de chambrée, et un couple. Arrivés devant le portail nous demandant de nous mettre à nus, on se résoud à faire demi tour mais un jeune couple nu nous invite à les suivre. 10 mètres plus loin, une première remarque sur notre tenue fuse. Ok, demi tour.

Le vendredi, la plongée est annulée pour cause de gros vent et on demande à l’un de nos encadrants quelle est la tenue autorisée à la plage. En gros, le slip de bain, c’est oui ou non ? Ben, c’est bof : si on n’est que peu, c’est envisageable mais pas très conseillé.

Le samedi, jour du départ, nous décidons avec Anaïs de ne pas prendre la même navette que les autres pour profiter de la plage. On veut savoir ce que c’est. Le vent est tombé donc ma pire crainte quant au nudisme s’envole : le sable ne viendra pas taper l’incruste dans mes moindres replis… Non parce que la nudité (la mienne ou celle des autres), je m’en fiche un peu mais j’ai 2 craintes : un coup de soleil sur les seins (je ne bronze jamais topless) et du sable dans la vulve. Bref, on se pose sur la plage d’abord en paréo et slip de bain, un de nos co stagiaires qui traînait par là nous rejoint, simplement vêtu d’un t-shirt. Okayyyy, on papote avec lui, même pas peur.

Ensuite, on se jette à l’eau. Pas très vite parce qu’on est mortes de froid. Une fois que l’eau nous arrive à la taille (20 minutes plus tard), on finit par virer le bas et… mmm, quelle étrange sensation. Je sens du froid dans ma raie des fesses et sur mon sexe quand je nage… Mais pour tout dire, c’est pas si désagréable, assez marrant. Un couple nous parle gentiment de la température de l’eau, ambiance conviviale. On sort de l’eau sans le bas de maillot mais il est déjà l’heure de filer.

Moralité : pas grand chose en fait. J’ai été un peu étonnée par la « tension » textiles vs tous nus, j’ai entendu plusieurs de mes co stagiaires râler du manque de tolérance des naturistes qui ne voulaient pas de textile sur la plage. Bah attendez les gars, vous apprécieriez, vous, des naturistes sur une plage qui ne l’est pas ? Bon par contre, j’avoue avoir triché lors d’une balade sur un sentier dit nudiste mais on n’était là que pour se balader et mon maillot n’ayant pas de bretelles, on pouvait penser que j’étais nue sous mon paréo (plusieurs stagiaires m’ont posé la question d’ailleurs). Mais me balader à poil en forêt (même si les chaussures sont autorisées), ça m’a pas trop parlé. Non mais si je tombe, ça va faire mal quoi (j’avais aussi un short en jean, plus court que mon paréo).

Bref, ça ne m’a ni emballée ni dégoûtée. Je ne pense pas courir les plages nudistes à l’avenir mais je peux tout à fait envisager y retourner. Avec une bonne crème solaire.

Par contre, j’avoue une admiration totale pour les courageux nudistes de la supérette. Parce que moi, j’y étais habillée et je me gelais pourtant bien les fesses !

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Le sexe, c’était plus joyeux avant

La semaine dernière, en illustrant l’article sur le plan à 3, j’ai découvert un film étrange, le plumard en folie (entre autres, le nom varie selon les époques) dont je vous laisse découvrir la fiche sur nanardland. Si j’avoue que même pour ma rubrique sur l’art du nanard, je ne regarderai pas ce film, il m’a quand même un peu interpellée. Parce que j’ai la sensation qu’on a perdu en légèreté dans le traitement du sexe au cinéma.


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Je n’ai pas connu les années 70 et je n’ai aucun souvenir de la sexualité des années 80 parce que j’étais un peu trop petite pour concevoir le truc. Mais aujourd’hui, est-ce à cause du fameux prisme du « c’était mieux avant », je trouve qu’on a perdu le côté festif, grivois du sexe. Quand je vois les petits films grivois de ce temps où je n’étais point née où les femmes sont topless et trouvent la levrette bien sympas, qui se font tripoter avec le sourire. Ok, je schématise et je pourrais aussi souligner le côté assez machiste de tous ces films mais là n’est pas mon propos.

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Aujourd’hui, dans les films, le sexe est souvent agressif, une forme de subversivité. « Je baise et je t’emmerde, je suis une rebelle de la société ». De la même façon, la levrette grivoise d’antan est devenu signe d’un appétit sexuel certain et, pire, d’une sexualité sans sentiment parce que quand on s’aime, on baise les yeux dans les yeux. Ceci étant, un miroir subtilement placé peut permettre d’avoir les deux en même temps… Mais je m’égare (mais je vous le conseille).

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Alors pourquoi un tel changement allez-vous me demander ? Enfin, vous allez surtout me demander mon avis sur le sujet, j’ai pas fait d’étude sociologique de la question. Et ça tombe bien, j’en ai un. Que s’est-il passé entre cette époque bénie hippie où on s’enfilait sans revendiquer ou sans en rougir et aujourd’hui ? Le SIDA. Oui, le SIDA. IL y a quelques années, j’avais lu quelques articles d’un homme quadra qui racontait l’anecdote suivante :  au début des années 80, il va au resto avec des amis quand il repère une femme qui lui plaît. Ils finissent tous les deux dans les toilettes à s’envoyer en l’air. Et là, le mec précise : à l’époque, on ne parlait pas du sida, ce genre d’aventure était possible. C’est vrai qu’aujourd’hui, j’aurais pas idée de m’envoyer en l’air avec un parfait inconnu sans capote. Et j’en ai pas toujours sur moi (enfin, si, j’en ai une qui traîne au fond de mon sac mais je vais aux toilettes sans sac, en général).

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Du coup, on culpabilise tellement la pratique sexuelle (ça donne des maladies) que ça devient une conduite aussi subversive que prendre de la drogue. Ahah, je brûle la chandelle par les deux bouts, je baise ! Et même pas j’attends d’être amoureuse, même pas j’attends le troisième rendez-vous. Là, par exemple, je suis en train de mater Basic Instinct 2 (ma merdophilie explose en ce moment) et Sharon Stone est une dame trash qui explique à son psy (enfin, je crois, j’ai raté le début) qu’elle se masturbe en pensant à lui et qu’elle adorerait se faire prendre à 4 pattes, la tête dans l’oreiller, par lui. Mais pile ce que je suis en train de dire ! Et voilà héroïne malsaine = sexe déviant = levrette. Mais où a-t-on perdu notre légèreté ? Pourquoi aujourd’hui un film grivois avec des scènes à la limite de l’érotique n’est plus vraiment envisageable, que ce sont toujours des scènes soit intégrées dans un espèce de drame esthétisant soit une tentative souvent merdique de subversivité. Faut pas s’étonner que les gens fassent la gueule et se gavent de médocs, tout ce qui fait plaisir est condamné car mauvais pour la santé.

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Comme disait la blague : « Docteur ! Je ne fume pas, ne mange pas gras, je ne bois pas, ne baise pas et fais du sport, vous pensez que je vivrai
vieux ?

– Je sais pas si vous vivrez vieux mais ça va vous paraître long. »

J’ai envie de dire que le jour où on pètera un coup et qu’on se relâchera un peu, on ne s’en portera que mieux.

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Sauvons Miss France

Cette semaine, nouveau scandale people (enfin, y en a deux par jour, mais bon…) : on a encore trouvé des photos de miss France topless. Oh mon dieu mais aspergeons la vite
d’eau bénite, cette pécheresse impie ! Brûlons la au bûcher de l’infamie ! Cachez ce demi téton que l’on aperçoit !

Honnêtement, je n’ai jamais eu grand intérêt pour les miss France et surtout leur mère maquerelle, Mme de Fontenay et son chapeau. Je suis même pas sûre d’être capable de donner les prénoms des dernières élues. Alors pourquoi, tout à coup, je m’intéresse à la petite nouvelle, certes très mignonne ? Parce que je suis hallucinée par tout ce que doit subir cette pauvre fille. Petite chronologie des faits : en décembre, Valérie Bègue est donc élue miss France 2008. Sauf que, pas de chance, quelques temps plus tard, on découvre des photos d’elles qu’on présente comme étant des photos de nues. Ouais ben des photos de nues avec des vêtements, alors. Que les photos n’aient pas été forcément classes, d’accord mais de là à faire un tel scandale, à la traiter de pute comme le fait Ardisson (enfin, c’est Ardisson aussi…), à ce qu’un animateur de oui-fm se foute d’elle en léchant du yop sur le bureau, franchement… Et là, paf, nouvelles photos où elle est… topless ! Oh mon Dieu, cette fille a des seins et peut même les montrer, oh my goooooooooooooood !

Bon alors évidemment, la vieille chapeautée, elle en peut plus. Non mais imaginez, elle a déjà trouvé choquant que les miss défilent en bikini pailletés (moi aussi mais juste pour
le côté pailleté) alors là, sa miss topless, elle va nous en claquer dans les doigts. A se demander si son fils n’est pas le fruit du saint Esprit… Alors oui, c’est marqué dans son contrat à la miss qu’elle certifie n’avoir jamais posé nue. Ceci étant dit, sur les dernières, elle a gardé son slip alors elle était pas nue. Bon, vous allez me dire que tout ça est une tempête dans un verre d’eau et qu’on s’en fout. Oui mais j’ai quand même envie de dire que je la trouve géniale, cette nouvelle miss France.

Je ne connais pas Valérie Bègue, je n’ai quasi rien lu sur elle à part ses histoires de photos et quand je dis que je la trouve géniale, je ne parle finalement pas de la personne
mais de ce qu’elle représente. On est au XXIe siècle, on en a presque fini la première décennie même (c’était la phrase qui fait mal) et ça me saoule qu’on nous fasse croire que la demoiselle qui représente la France est une vierge effarouchée. Surtout quand on connaît l’image des Français à l’étranger, hein… Il y a encore quelques années, il était même obligatoire pour les miss d’être célibataires. Pas dans le sens administratif mais bien dans le sens intime du terme. Alors je veux bien croire que la vie de miss ne laisse pas la place à un amoureux mais l’exiger, faudrait voir à pas déconner. Là, je trouve que la Valérie est représentative de la femme du XXIe siècle : une femme qui a aussi une vie intime. Bon, ok, moi, j’ai jamais fait de photos en train de lécher un produit laitier sur un rocher mais y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Et puis, je trouve que cette histoire souligne à quel point l’institution des miss est totalement obsolète dans notre société actuelle. Représenter l’élégance à la française à l’étranger ? Mais c’est l’élégance d’il y a 30 ans (et encore, je suis généreuse). Tout est ringard, suranné… chiant, osons le mot.

 

Grâce à Valérie, on a enfin un peu de trash au milieu des vieilles dentelles qui pue le renfermé. Alors arrêtons de la juger alors qu’on devrait la remercier, finalement. Bien sûr,
je pense que ça n’ouvrira pas la porte à des miss plus rock n’ roll vu comme ce système est verrouillé. Mais je trouve assez minable qu’on harcèle cette fille pour trois photos à peine osées, à mon goût. Valérie est juste une fille comme nous qui s’amuse aussi, des fois. Si on lui fait un procès à elle, on peut fusiller Eve Angeli qui a laissé les équipes de son émission de télé pourrie filmer sa nuit de noce. Quoi qu’à bien y réfléchir…

Une petite vidéo, l’animateur de oui fm « taquinant » cette pauvre miss France (vers 2.50)

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Mettre la photo de son ex à poil sur le net, c’’est pas sport

Aujourd’hui, j’ai pas envie de faire un article sérieux parce que là, je viens de finir un article sur la bataille juridique autour de l’avortement au Portugal (aujourd’hui, c’est encore illégal) et que dès que j’ai fini ici, je passe sur le retour des brigades rouges en Italie. Bref, je m’éclate. Donc légèreté est mon amie, parlons de conneries.



L’autre soir, je regardais la navrante émission Paris Dernière présentée par la voix sexyssime de Xavier De Moulins. Non mais sans déconner, une voix pareille qui vous susurre des mots cochons pendant la brouette, rien que ça, ça vous file un orgasme. Bref, c’est pas le sujet. A un moment, il interviewe un mec que je trouve méga choupi de prime abord, genre brun mal rasé mais là, le mec explique qu’il gère plusieurs sites pornos et de suite, je le trouve moins sex. D’ailleurs il filme une nana topless pas belle du tout qui est là pour se venger de
son mec. En gros : « regarde mon corps, tu l’auras plus jamais ». Ouais, super, ça fait trop rêver…

Du coup, je me dis que je pourrais faire un article sur ma superficialité genre « le mec méga choupi, à partir du moment où je sais qu’il fait dans le porno, ça me refroidit un peu » mais étant curieuse, j’ai cherché sur le net pour trouver le lien du site. Et en fait, y en a deux. Celui de notre ami (Milukman, pour ceux qui veulent chercher) d’abord où faut payer pour avoir accès à pas mal de choses, notamment le top moche « vengeance censurée car filles trop moches » (pourquoi tu les publies alors ?). On apprécie l’élégance de la chose. Bon, bref, c’est surtout un site qui permet de retomber sur tous les sites pornos du monsieur, c’est pas très drôle.

 

J’en ai trouvé un autre un peu plus marrant même si, quand même, c’est un peu bof. Des nanas à poil, des maigres, des minces, des normales et des un peu rondelettes (mais pas énormes non plus). Des photos d’une finesse folle. Bon, je regarde et je lis les textes, c’est rigolo. J’ai beaucoup aimé le « je mets pas ta tête car je te respecte ». Ou le « t’es qu’une sale pute, je veux plus voir ta tête de c******* ». Oui, pute, ça passe mais connasse, ne dépassons pas les bornes. Y a aussi ceux, très courageux « comment j’ai pu me taper un thon pareil ? ». Ben, je sais pas mon gars, à toi de nous le dire. Bon, les filles, si vous avez posé à poil pour votre mec et que vous lui avez fait un coup de pute, allez vérifier… Ou si la rupture s’est mal passée parce que bon, on n’a que la version des indélicats. Quoi qu’il en soit, je trouve pas le procédé très correct. Perso, si je fais assez confiance à mon mec pour poser devant lui à poil, j’ai pas envie qu’il s’en serve comme ça. Perso, les photos de mes exs à poil, je les garde pour moi. Remarque, le seul que j’ai à poil dans toute sa superbe, ça lui ferait une sacrée pub parce que mmmmmmm… elle serait ratée, ma vengeance ! Du coup, à partir de maintenant, je suis officiellement traumatisée et je poserai jamais nue pour un mec. Non parce que pour le coup, vous manquez d’élégance messieurs parce que j’ai beau chercher, y a pas l’équivalent masculin… Parce que très franchement, faudrait vraiment qu’un mec me trompe avec ma sœur et ma mère pour que j’en arrive à un tel comportement. Parce que bon, c’est peut-être rigolo de prime abord mais je trouve ça un peu bof comme vengeance. D’abord parce que ça n’a rien d’original. Ensuite, je me dis que certaines choses doivent rester privées. Puis en plus, une fois la colère passée, vous risquez de regretter mais tout le monde aura vu votre ex à poil, peut-être même son boss.

 

Alors si vous avez des envies de vengeance, vengez vous plutôt des pigeons parce que, ça, c’est des sales bêtes. Ca pue, c’est moche, con, ça envahit tout partout, ça salope tout et en plus, ils me font peur. Oui, quand je passe sous un vol de pigeon (parce qu’ils pullulent à ma gare), j’ai toujours peur de me prendre du guano sur la tronche. Parce que tout le monde s’en prend un jour ou l’autre, surtout quand il faut pas. Genre mon père le jour d’un enterrement, pile sur le smoking noir. Ca aura eu le mérite de faire marrer les gens mais bon… Donc voilà, faites comme moi, détestez les pigeons et vengez vous d’eux !

Allez, promis, la prochaine fois, je fais un article plus sérieux.

PS : Ouééééééééé, c’est vraiment la photo de mon ex à poil là, mais j’ai « coupé » l’essentiel… Tant pis pour vous!

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Le physique de l’’emploi

Il y a quelques temps, je lisais le blog de B. qui expliquait que, souvent, les attachées de presse sont des filles super jolies. Dans les faits, je travaille avec deux attachées de presse dans l’asso où je suis, deux brunettes franchement agréables à regarder. En journalisme, selon les rédactions, y a quand même un physique type. Alors, question : est-ce que j’ai le physique de l’emploi.

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Bon, globalement, quand je me regarde dans la glace, qu’est-ce que je vois ? Une fille de 26 ans qui en fait facilement 3 ou 4 de moins avec de longs cheveux châtains clairs incroyablement soyeux (merci Nutri Gloss, ton shampoing, ton masque capillaire…) et de grands yeux bleus. Une vraie tête de bisounours. Je ne sais pas ce que pensent les gens quand ils me voient mais je crois pas faire peur, bien au contraire. Souvent, j’inspire confiance aux gens, ce qui fait que j’ai rapidement droit à des confidences parfois très intimes. Pour le reste, pas grand-chose à dire. Je suis petite avec des épaules larges, des seins assez volumineux, une silhouette charnue. Des fois, j’ai l’impression d’avoir un corps de femme avec un visage juvénile. Bon, alors, ce physique là, qu’en fais-je ?

Mon physique peut être un inconvénient dans mon boulot, surtout ma tête de jeune fille à peine sortie de l’adolescence. On ne me prend pas toujours au sérieux au premier abord. Quand j’étais journaliste rugby, j’avais couvert une des demi-finales pro D2. A la fin du match, je pars dans les vestiaires pour interviewer les joueurs, mon job, quoi. Arrivée devant la porte, le vigile me bloque en me regardant genre : « et tu crois aller où minette ? ». Je sors donc mon papier prouvant que je suis journaliste : « Heu… je voudrais aller interviewer les joueurs, je suis journaliste… ». Souvent, quand les gens me voient arriver, ils sourient, genre : « oh, qu’elle est jolie la petite fille, qu’est-ce qu’elle veut ? ». Heureusement, cet a priori sur ma trombine passe assez vite quand je commence mon métier parce que je suis une pro.

Mais mon physique devient rapidement un avantage. Mon côté « on dirait presque une ado » m’attire la sympathie des gens qui me prennent rapidement sous leurs ailes. Déjà, quand j’interviewe les gens, j’ai le sourire donc ça les met pas mal en confiance. Je me souviens, quand j’ai couvert le match de barrage l’an dernier, je vais voir un joueur d’Aurillac. Pour ceux qui ne suivent pas, Aurillac a fait une très bonne première mi-temps mais suite à une erreur de ce joueur en deuxième mi-temps, ils se sont pris un essai et, à partir de là, ça a été la bérézina, Pau marquant essais sur essais. J’arrive donc à approcher le joueur qui me pleure limite dans les bras. A la fin de l’interview, je lui adresse un ultime sourire et lui fait comprendre que des erreurs, on en fait tous et que leur fin de saison a été impeccable, pas de regrets à avoir.

Les gens me prennent donc sous leur aile. Quand je bossais pour le canard de ma ville natale, j’ai fait un reportage sur un spectacle monté par une troupe de théâtre locale très active. Du coup, la chef de la troupe m’a pris en affection et m’appelait dès qu’il y avait un truc à faire, allant jusqu’à organiser la conférence de presse de la rentrée juste pour moi. Mine de rien, grâce à cette femme, j’ai fait un nombre assez impressionnant de papiers qui m’a valu les éloges du rédac’ chef par intérim (celui qui a pris les rênes du journal pendant les vacances). Lui, il m’adorait. Il a croisé ma mère lors d’un dîner, récemment, il lui a parlé de moi pendant tout le repas. Ca fait plaisir de voir qu’on marque les gens, comme ça. Pareil quand je faisais mon stage rugby, l’entraîneur d’Aurillac m’avait pris sous son aile. Après la finale, j’attendais dans le couloir et il me dit : « Bon, tu veux interviewer qui ? Je te l’envoie ! ». Qu’il est bon de travailler dans ses conditions.

C’est triste à dire mais le physique est un atout dans ce métier quand on est amené à rencontrer des gens. Un journaliste qui fait la gueule et qui balance ses questions sans faire attention au mec qui répond en face, ça va pas passer. Pour moi, une bonne interview, c’est celle où le mec en face de moi finit par oublier le cadre strict de l’interview et se lâche un peu. Le problème, c’est que le journalisme passe de plus en plus par téléphone aujourd’hui (ou pire, par Internet) et que, mine de rien, ces médias cassent un peu la sympathie qui peut se créer entre l’interviewé et le journaliste. Dans ma vie, j’ai croisé pas mal de journalistes, par la force des choses et, souvent, ce qu’il en ressort, c’est que le journaliste est quelqu’un d’aspect peu soigné. Vous auriez vu la touche de mon prof de journalisme à l’IEP, une pure catastrophe. Il était très sympa mais la première fois qu’il nous a fait cours, j’ai cru qu’il était venu en pyjama… Personnellement, je suis toujours soignée, question d’habitude, je trouve que c’est une question de politesse. Je me vois mal rencontrer quelqu’un avec le cheveu sale et habillée comme pour aller au supermarché. De toute façon, j’ai jamais les cheveux sales, c’est un truc que je ne supporte pas (tout comme le reste de ma personne, d’ailleurs). C’est con mais il est plus facile de se confier à une personne avenante. Et pas la peine de dire : « han, mais non, le physique ne compte pas ! ». Quand vous rencontrez quelqu’un, c’est la première chose que l’on voit et quelqu’un qui se néglige, ça fait de suite mauvais effet.

Encore, moi, j’ai de la « chance », je veux pas faire de télé donc j’ai pas d’impératif physique. Il y a quelques années, j’avais maté avec Anne un « Ca se discute » spécial « les femmes journalistes ». Invitée (entre autres) : Elisabeth Quin, la madame cinéma de Paris Première. Je suis pas super fan de la demoiselle, ça me fait un peu rire de casser l’intellectualisme d’un film dans un verbiage pompeux qui ne veut pas dire grand-chose, une fois analysé. Mais peu importe. La demoiselle explique qu’elle sort toute pimpante de son école de journalisme et explique qu’elle veut faire de la télé et là, on lui répond qu’elle n’a pas trop la tête pour. Bon, je ne suis pas une experte de la beauté féminine mais Elisabeth Quin me paraît pas repoussante. Alors, c’est sûr, elle n’a pas le glamour d’une présentatrice de LCI mais c’est super révélateur. Pour être journaliste à la télé, faut d’abord être canon. Tous les soirs, je regarde le 20 heures sur Direct 8 : y a que de nanas plutôt jolies mais pas forcément très douées. Entre les cafouillages et les phrases tellement longues qu’on ne sait plus où elles commencent et où elles finissent et surtout qui ne veulent rien dire… Mais je note. Plutôt que d’investir dans des cours de diction et de français, je vais investir chez L’Oréal, ses shampoings et ses soins pour le visage me rendront esthétiquement capable de présenter un JT. J’exagère ? Vous avez déjà vu une présentatrice de JT moche, vous ? Oui, bon, ok, y en a mais de moins en moins, la nouvelle génération se doit d’être glamour et topless dans Voici.

Le journalisme, c’est un travail qui intègre pas mal de relations avec l’autre (le public, l’interviewé, la personne qu’on va micro-trotter…J’adore les néologismes). C’est sûr que quand on travaille à Elle qui est l’image même du Glamour quadra, on peut décemment pas bosser avec le cheveux sale et le jean sans marque informe. Mais quand même, la première qualité du journalisme n’est-elle pas d’informer ? Perso, j’ai pas suivi de cours de stylisme durant ma formation et pourtant, je sais que mon physique doit véhiculer l’image du journal ou de l’entreprise pour laquelle je bosse. Quelque part, le journaliste est le VRP de son titre.
Sur ce, je vais ramer un peu, suis pas sûre que des bras flasques soient bons pour la marque du futur journal qui m’embauchera.
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