Hida, au coeur de l’histoire japonaise

Le 15 octobre – 7h15. Le réveil sonne, j’ouvre les yeux et… au vu de la lumière blâfarde qui se glisse paresseusement entre les rideaux, j’ai compris : il fait moche. La météo l’avait bien dit mais je suis du genre têtue : parfois, elle se trompe. Je suis un peu ronchonne : mine de rien, sur 16 jours de présence (enfin, 15, le 30 septembre ne compte pas vraiment), on n’a eu que 7 jours de beau temps, même pas 50%… Bon, vu qu’on a déjà décidé qu’on reviendrait, c’est de suite moins dramatique mais bon, de la pluie, on va en manger.

Takayama un jour de pluie

Hida sous la pluie

Après un bon petit déjeuner (les joies de l’Hôtel),on file prendre un bus pour Hida, village folklorique. Quand je dis “file”, je veux dire “on cherche le bus pendant vingt minutes avant d’échouer à l’office du tourisme”. Hida était le point d’orgue de cette petite escapade dans les montagnes, il s’agit d’un village typique de la région reconstitué. C’est à dire qu’ils ont pris de vieilles maisons existantes et les ont démonté puis toute reconstruites au même endroit. Et le lieu est fort joli, l’automne y a déjà pris place.

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Hida en automne

Hida en automne
On se promène tranquillement vers l’atelier de sculpture au couteau où un homme réalise des pièces assez incroyables. C’est intéressant de le voir travailler d’ailleurs, on a le droit de toucher des oeuvres pas tout à fait finies. On remarquera un splendide Bouddha et un très beau chien-renard. On sort de là pour se rendre à la poterie avec le parapluie emprunté à l’Hôtel. Ici, ils ont vraiment la culture du parapluie et de nombreux endroits en prêtent gracieusement. C’était le cas du Music Forest Museum et la musique était très régulièrement ponctuée des “flouch” des parapluies qui s’ouvrent. L’atelier doit être à 30 mètres max mais la pluie tombe si fort que les glands des arbres au-dessus de nous tombent de toute part, on les entend rebondir sur les toits. Okay… Quelques mètres plus loin, des maisons sont inaccessibles : la route est barrée pour cause d’ours. Wow… C’est une petite balade ou Koh Lanta ?

Hida, village folklorique des alpes japonaises

Le village est super agréable (on n’a pas vu d’ours)(oh, il y avait un panneau serpent, aussi), on se promène dans quelques maisons (sans chaussures) qui sentent bon le feu de bois même si la plupart sont éteints. Minute culture : les feux de bois sont régulièrement allumés dans les maisons pas simplement pour le folklore mais parce que la fumée est parfaite pour éviter une invasion d’insectes, surtout ceux qui aiment le bois.

Hida, maisons folkloriques

On se balade maison en maison en découvrant au passage, quelques infos sur la vie locale d’hier et d’aujourd’hui,on regarde tourner les moulins à eau. C’est très agréable malgré la pluie, mes chaussettes japonaises distendues après un seul lavage que je dois remonter en permanence, mais surtout le froid qui m’attaque les épaules. Dire qu’à peine quatre jour plus tôt, je pestais car mon jean collait trop à ma peau à cause de la chaleur

Torii de la montagne #torii #hida #japan #autumn #mountains

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Hida, vilage folklorique des Alpes japonaises

On arrive en fin de visite dans une petite aire de jeux avec des puzzles casse-tête, bilboquets (je me suis fait un peu mal évidemment) et petits origamis à emporter. Ca aussi, c’est très culturel ici : le matin même, nous sommes allés au bureau de changes et, en plus de notre argent à un taux plus que satisfaisant, on est repartis avec un cygne, une étoile ninja et deux grenouilles bondissantes en origami. J’adore le principe ! Du coup, je me dis que je vais apprendre à en faire (j’ai déjà un livre) et mettre un petit panier à mon bureau et en distribuer à qui viendra me voir. Soit à peu près personne mais bon [C’est très drôle comme 9 mois plus tard, ce point a très fortement évolué].

Origamis

Frigorifiés, on retourne à l’arrêt de bus pour revenir au centre de Takayama et celui-ci arrive… avec 15 mn de retard ! J’ai l’impression que la ponctualité des transports au Japon, ça ne concerne que les trains (et encore, on a aussi eu des retards à l’arrivée… Ce n’est pas bien grave mais si je compare avec mes dernières expériences avec la SNCF, le rail japonais est perdant). On se pose dans un café et je dois vous parler de ce concept qu’on doit à tout prix importer en France : pour 500 yens (3,5 € environ), payés à l’entrée, on a accès à une salle “wifi lounge” avec boissons à volonté ! Autant vous dire que j’ai bien dû diminuer la réserve de thé matcha, j’ai aussi pris un petit Fanta melon (inintéressant). On en profite pour trouver un trajet pour le lendemain car on doit se rendre dans un ryokan dans les montagnes de l’autre côté et il n’y a bien sûr aucun trajet direct. Petit obstacle supplémentaire : il faut arriver avant 15h pour prendre la navette. Non parce qu’avant de partir, j’avais prévu tous les trajets en train mais dans mon scénario, on arrive à 15h46. On a bien un trajet qui démarre à 9h40 mais il faut 4 trains dont 2 à 3 mn d’intervalle. Sachant que nous avions 5mn de retard à l’aller, on n’est pas très confiants. On multiplie les hypothèses et on se décide pour un bus Takayama-Toyama qui part à 8h20. Ca va piquer mais tel est le prix de la tranquillité. On se promène en attendant dans les rues de Takayama qui rescelle quelques jolis coins dont des anciennes maisons privées, des maisons conservées dans leur jus transformées en boutique à saké pour la plupart. On trouve aussi de délicieux petits pains fourrés à la purée d’haricots rouges qui réchauffent le corps et une marionnette un peu flippante animée par un minuscule moulin à eau situé juste en dessous.

Ils ont la classe les tonneaux de saké quand même #takayama #japan #sake #memories

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Thé matcha et fanta melon

Takayama, village des alpes japonaises Takayama, village des alpes japonaises Takayama, village des alpes japonaises Takayama, village des alpes japonaises Takayama, village des alpes japonaises Takayama, village des alpes japonaises Takayama, village des alpes japonaises

On décide d’aller faire un tour dans un parc voisin mais la nuit tombe et il y a des ours (encore ?!) donc on fait tranquillement demi-tour. Prudents, on décide d’aller à la gare pour aller réserver tous nos billets. Oui parce qu’avec le JR Passrail, on n’a pas forcément besoin de réserver des places, les trains ont en général un ou plusieurs wagons “non réservés”. Mais on aime bien avoir l’esprit tranquille donc on file à la gare des bus et là “ah non, le bus est plein ! On essaie de trouver une solution, peut-être en passant par Tokyo mais on doit partir à 8h pour arriver à la même heure. Autant tenter le changement en 3 mn, le monsieur du guichet nous rassure “c’est sur la même plateforme, c’est facile !”

Takayama, tombée de la nuit Takayama, tombée de la nuit Takayama, tombée de la nuit

Sushi boeuf

Bon… un ramen, un sushi au boeuf mais surtout une bouteille de saké chaud chacun (on en voulait une pour deux), on rentre en rigolant à l’hôtel. On va attendre un peu pour aller au bain, ce ne serait pas raisonnable, là… Finalement, une fois posés, on a la flemme de bouger. C’est pas grave car demain, c’est ryokan !

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Kyoto, jusqu’à bout de force : forêt de bambou, Arashiyama et jardin impérial

Kyoto, dernière journée et il va falloir faire des choix car nous ne pourrons pas tout voir. Priorité à Arashiyama et sa célèbre bambouseraie, prise d’assaut par les touristes. Cependant, il pleut et j’espère que ça en découragera plus d’un.

Bambouseraie de Kyoto

Notre gare étant située sur la bonne ligne, on est sur place très rapidement, on trouve la bambouseraie. On y entre, on déambule… et ça ne marche pas. C’est bien joli, je ne dis pas, mais j’ai préféré la bambouseraie minuscule du kokoen à Himeji. La balade est plutôt courte, je m’attendais à quelque chose de plus grand. On reste globalement sur une route assez large à part un endroit aménagé pour qu’on puisse approcher d’un peu plus près mais je ne suis pas du tout gagnée par l’atmosphère censément quasi mystique du lieu.

Bambouseraie de Kyoto

Bambouseraie de Kyoto

Un petit temple dédié aux amoureux, comme une bonne partie des temples ici, est situé dans la forêt avec, comme curiosité, un “jardin de mousses”, dixit mon guide. Moi, j’appelle ça un simple bout de terre, re déception. On croise, lors de la balade, un petit train rouge au toit en plexiglas, le train pour Sagano “le trip le plus romantique”. Dans l’absolu, la balade doit être chouette mais il pleut donc ce sera sans nous. D’ailleurs, la bambouseraie est divisée en deux par une voie de chemin de fer, j’espérais y voir ce fameux train rouge qui m’évoquait le petit train jaune des Pyrénées mais non, c’est la ligne régulière… Et je crois que c’est là que s’explique ma déception. Oui, le manque de luminosité a pu jouer ainsi que l’image que je m’en faisais, cf le jardin de mousses. Mais non, en fait, ce qui m’a décontenancée, c’est l’impossible quiétude. Il y avait déjà pas mal de monde malgré la pluie mais ça, on fait avec. Non, le problème, ce sont  les taxis qui passent sur la route qui traverse la forêt que nous devions subir toutes les deux minutes. Non mais imaginez : vous essayez de vous imprégner de la sérénité de la nature et vous devez vous coller au bord de la route pour laisser passer une voiture. Ou entendre le ding dong annonçant le passage d’un train. Même si, ça, j’aime bien parce que c’est le même dans les mangas (forcément) et c’est un peu une petite madeleine de Proust pour moi.

Temple des amoureux d'Arashiyama : jardin de mousses Temple des amoureux d'Arashiyama Temple des amoureux d'Arashiyama Temple des amoureux d'Arashiyama : jardin de mousses

Bambouseraie d'Arashiyama à Kyoto : foule de touristes

Forêt de bambous de Kyoto : au milieu, passe le train

 

Un peu dépités, on sort de là pour faire un tour dans ce que nous appellerons Gogoland, la zone marchande pleine de souvenirs trop chers. Tu peux même payer en euros si tu veux ! On fait un tour du côté de la rivière pour s’offrir une jolie vue sur la montagne puis retour Kyoto.

Montagne d'Arashiyama Montagne d'Arashiyama

Retour à la gare centrale, plus précisément. Il faut savoir que la gare de Kyoto est monumentale. Littéralement. Un peu curieuse, j’ai envie de monter tout en haut des escalators et nous découvrons une superbe vue panoramique de la ville, limite plus belle que celle qu’on a eu au temple Inari, ne laissant qu’entrevoir la ville à travers la brume.  Même si cette highway centrale dans une ville rendue fantomatique m’active l’imagination puissance 1000 ! Un petit coucou à la tour de Kyoto franchement laide mais hyper pratique pour se repérer. Je remarque également un gros temple à côté… Initialement, j’avais prévu de faire un tour à l’est de la ville dans le quartier des temples mais Victor en avait un peu assez des temples (moi-même, j’avoue…) donc nouveau plan : on va visiter ce temple là puis on trace au Palais impérial pour flâner dans les jardins.

Gare centrale de Kyoto Locomotive en gare d'Arashiyama

Tour de Kyoto Kyoto, vue du temple Higashi Honganji Kyoto, panorama du haut de la gare

Le temple Higashi Honganji est un temple bouddhiste plutôt colossal avec le plus grand toit en bois du monde. On retire nos chaussures pour entrer dans un lieu au sol recouvert de tatamis, c’est assez agréable de marcher dessus. La salle est divisée en deux parties : les deux-tiers où vous pouvez vous asseoir pour prier et une dédiée aux autels et petites mises en scène. Note pour moi-même : me remettre à jour sur les pratiques bouddhistes… Entre les deux bâtiments, une petite histoire du temple qui a évidemment brûlé et été reconstruit (une constante dans la plupart des monuments que nous avons visité), on a aussi droit à une petite maquette nous montrant des travailleurs descendant une énorme tronc de la montagne enneigée avec un glissement de tronc et des pauvres ouvriers enfoncés dans la neige avec juste les jambes qui dépassent. J’ai de légers doutes quant à leur survie…

Temple Higashi Honganji à Kyoto

A présent, on fonce vers le Palais impérial. On marche, on marche, on marche… et on finit par prendre le métro. C’est là qu’on mesure toute la différence entre nos tous premiers jours de voyage et notre état au deux-tiers du séjour : au début, on faisait tout à pied et quand on prenait le train ou le métro, on était genre “ok ok, on va pas s’asseoir pour deux stations !”. Là, on en est à prendre et à s’asseoir pour une seule station. Bref,on arrive afin dans le jardin impérial, un jardin aux très grandes allées un peu austères, rien à voir avec celui de Tokyo… Les jours de beau temps, ça doit être fort charmant, surtout qu les pelouses ne sont pas interdites.

Jardin impérial de Kyoto Jardin impérial de Kyoto Jardin impérial de Kyoto Jardin impérial de Kyoto

Pour se remettre un peu de nos émotions et nous reposer les pieds, nous décidons d’aller boire un verre. Encore une grande aventure ! Manifestement, les Japonais, ils sont moyen branchés bar ou alors nous étions dans le mauvais quartier mais on a marché bien une demi-heure avant de trouver… un pub. Oui, on se retrouve donc dans un pub au Japon, qu’est-ce qu’il y a ? En fait, les gens ont l’air de boire et de manger au même endroit mais on ne veut pas manger, nous ! Bref, je me prends un petit daiquiri des familles qui me donne bien chaud aux joues, on mate distraitement un championnat de fléchettes à la télé. On retourne enfin à la gare de Kyoto à pied en suivant la Tour. Enfin l’appart, on déguste des noodles lyophilisées (en vrai, j’adore) et des desserts bizarres genre du pain au melon (farce bonne mais contour beaucoup trop pâteuse), une crème de potiron (bonne mais pas autant que la mienne) et un espèce de loukoum complètement gluant au thé matcha… dégueu.

Loukoum japonais au thé matcha

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