Réaliser son fantasme à tout prix ?

Il était une fois une fille qui s’appelait Angélique et qui avait au rayon de ses fantasmes le fameux plan à 3. Un jour, via le net, un homme lui propose de s’amuser avec  sa femme et lui. Emoustillée, Angélique dit oui mais voilà, après quelques échanges de photos, le couperet tombe : Angélique ne plaît pas à la femme. Mais le mec est très motivé et lui propose une solution alternative qui consisterait, en gros, à venir, à faire plaisir au couple et à se casser sans demander son reste. Sans que personne ne la touche, elle.



Angélique est partagée. D’un côté, son fantasme, de l’autre, un plan plutôt moisi qui risque de la frustrer, voire de la blesser car coucher avec quelqu’un qui n’a pas du tout envie de vous, ce doit être dur à vivre. Même s’il s’agit d’une femme et qu’Angélique est hétérosexuelle. Donc elle hésite et me demande mon avis. Je lui réponds le fond de ma pensée : « laisse tomber ! ». De un, quitte à faire un plan à trois, autant que ce ne soit pas un pur 2+1. Là, en l’occurrence, Angélique aurait été limite de trop, un élément rapporté qui serait là pour rajouter un peu de piment pour les deux autres sans avoir réellement le plaisir qu’elle est en droit d’attendre d’un rapport sexuel. Vu que le rapport l’excluait plus ou moins de toute façon. De deux, si on veut réaliser un fantasme, il me paraît plus intelligent d’attendre une occasion plus… idéale, on va dire, sinon, ça va être très, très décevant.



J’ai parfois l’impression qu’on est en permanence dans une course à qui a fait quoi en matière de sexe. Le tout arbitré par le fameux test de pureté dont on vante le résultat catastrophique : « je suis dépravée, je suis trop fière ! ». Certes mais le but n’est-il pas plutôt de faire les choses par envie et non pas pour cocher une ligne sur une liste de choses à tenter ? Comme Angélique, il est des fantasmes que je serais ravie de réaliser mais pour autant, je ne suis pas prête à tout pour ça. Il faut quand même que j’y trouve mon compte. Si le seul plaisir à l’arrivée est de gagner quelques points de plus au test de pureté (surtout que passé un certain âge genre le mien, il serait assez ridicule de continuer de se vanter de son score), franchement, c’est assez pathétique.


Plus généralement, j’envisage tout à fait sereinement le fait que tous mes fantasmes ne pourront pas être réalisés. Surtout quand on sait que mon number one, c’est faire du sexe dans l’espace. D’abord, je doute d’aller dans l’espace un jour dans ma vie (j’y crois pas moi aux voyages sur la lune avant ma mort) et puis d’après des études, il semble que le sexe en apesanteur est très compliqué. Je veux bien le croire ! Donc oui, je considère qu’on ne peut pas résoudre tous ses fantasmes. D’abord parce que des fantasmes, ça évolue et qu’on ne peut pas avoir une liste fixe toute sa vie. Et ensuite parce que ce serait bien trop triste. Non mais imaginez un peu qu’à mettons 30-35 ans, voire 40, allez, on se retrouve à avoir testé tout ce qui nous faisait envie. Il nous reste encore la moitié de notre vie. Bonjour l’ennui. Même si je veux bien croire que la libido va décroissant avec l’âge, je ne pense pas que la sexualité s’arrête à 50 ans. Sinon le viagra n’aurait pas le succès qu’on lui connaît.


Finalement, Angélique a dit non. Avec un léger regret, celui d’avoir perdu peut-être la seule occasion de réaliser ce fantasme. Mais franchement, vu comment ça se présentait, je pense qu’elle aurait plus regretté sa réalisation…

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C’’est la mamie attitude !

Dans la vie, on croise toutes sortes de gens. Des clubbeurs, teufeurs, dragueurs, turfeurs, surfeurs, menteurs, amuseurs, arnaqueurs… Enfin, bref, t’as compris quoi. Et puis, il y
a des gens comme Marine ou moi qui nous complaisons dans la mamie attitude. Et ça nous fait trop kiffer.

Après le vide intersidéral de ma vie durant une certaine période, à base d’alcool à outrance notamment, j’ai eu besoin de calme, de ressource, de changement. Alors, moi aussi, j’ai
commencé à développer la culture mamie. Mais ceci n’est en rien péjoratif, que les adeptes de cette culture ne se sentent pas insultés. D’abord, j’ai commencé à tricoter. Et j’aime bien d’abord, ça me détend même si des fois, quand les chats viennent m’embêter quand je tricote, c’est un peu chiant. En cette fin d’année 2006, je n’avais qu’une envie : poser mon fessier devant la cheminée familiale et lire ou tricoter ou écrire. Trop rock n’roll, la fille.

 

Dans les faits, depuis quelques temps, ma vie ronronne comme une Kenya. Je n’ai pas foutu les pieds en boîte depuis la soirée en discothèque hétéro et très honnêtement, ça ne me
manque pas du tout. Maintenant, mon truc, c’est les après-midi « papotage autour d’une tasse de thé », c’est si subversif, si trash. Je lis beaucoup, j’ai repris cette habitude depuis
cet été. Maintenant, le samedi soir, c’est lecture et dodo. Il y a quelques temps, justement, je suis allée boire un thé avec miss Drusilla, on s’est quittées vers 21h (on s’est trouvées vers 16h, bonjour les bavardes !), elle m’a demandé ce que je faisais en ce samedi soir. Moi : « ben rien, je rentre chez moi ». Elle : « Quoi ? Mais viens avec moi, tu vas pas rester toute seule ! ». Oh ben si, alors ! Une soirée toute seule, tranquillou mémère dans mon lit avec mon bouquin. Bon, j’étais claquée en plus car j’avais pas beaucoup dormi la veille, j’avais lu tard. Mais bon,c’est vrai que de moins sortir, je me sens plus en forme, forcément, et j’avoue que c’est pas désagréable. Mine de rien, j’ai pas été malade depuis longtemps et en plus, comme j’ai arrêté de fumer, j’ai retrouvé une couleur à peu près normale (oui, y a quand même la pollution).

 

Après tout, où est-il écrit qu’il faut profiter de sa jeunesse pour sortir à outrance ? On ne peut plus s’amuser après ? Bah, quand je vois mes parents quinqua (deuxième
moitié) se déguiser pour des soirées costumées, l’une en lapin ou en pute, l’autre en Luis Mariano ou Demis Roussos, je me dis qu’il n’y a pas d’âge pour l’éclate. Mais ça doit pas être une obligation non plus. Y a-t-il une loi qui m’impose une cuite par semaine, des trémoussements jusqu’au bout de la nuit ? Ben non. Si je préfère boire une verveine-menthe que de l’alcool, c’est mon problème. Et puis mon estomac, il préfère aussi, curieusement (tout comme ma conseillère financière qui a arrêté de se rappeler à mon bon souvenir). Après, ça ne veut pas dire que je ne sais pas m’amuser, ça n’a même rien à voir. Vendredi soir, suis rentrée vers 2h30 après une soirée au bar avec Drusilla et Mo, à boire du champagne et du thé à la menthe. Juste comme ça, pour fêter mon nouvel échec à un entretien. Juste que j’ai moins envie de sortir et plus envie de cocooning.

 

Mais bon, je dis ça, ma mamie attitude, beaucoup de gens en font autant. Je me souviens, à une époque, avec Guillaume 1er, le samedi soir, on se faisait une belote avec un couple d’amis, c’était bien. On passait la soirée à papoter tout en jouant, on en a fait quelques unes avec Lucie, aussi. L’avantage de ses soirées, c’est que le lendemain, on n’a pas mal à la tête et qu’en plus, on se souvient de la soirée. Mais la mamie attitude, c’est tendance, y a pas à dire, y a qu’à voir le boom des nanas qui tricotent/cousent, des gens qui affirment haut et fort qu’ils n’ont jamais pris une cuite de leur vie et que même qu’au test de pureté, leur score dépasse pas les 100. Et alors ? C’est bizarre comme des fois, dans la jeunesse (dans le sens large du terme), on a parfois l’impression d’une émulation du trash : c’est limite si c’est pas la honte de jamais avoir pris de cuite. Bon, moi, je m’en suis prise quelques unes mais par exemple, j’ai jamais pris d’extasy ou de trucs plus hards et très franchement, si je l’ai pas fait, c’est pas par manque d’occasion mais bien par volonté de ne pas essayer. Bon concrètement, étant allergique à l’aspirine, je vais éviter l’extasy (on sait jamais trop avec quoi c’est fait, ces conneries), je ne pourrais jamais me piquer sans massacrer mon bras avant de choper la veine (si tant est que je la chope et pourtant, j’en ai une un peu inratable) et rien que l’idée de mettre de la poudre dans mon nez, ça me fait mal. Non, non, non, tout ça est inconcevable. Alors tant pis, je saurai jamais ce que ça fait mais je sais pas non plus ce que ça fait de faire pipi debout, je ne volerai jamais, je n’irai sans doute jamais dans l’espace… Bref, y a des tas de choses que je ne ferai jamais et c’est comme ça. Je vais pas m’en excuser de toute façon.

En attendant ce soir ou la semaine prochaine (je suis larguée, les filles !), je fais une petite soirée champagne – éclairs à la framboise at home. Mamies, certes, mais on ne

se prive de rien !

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Comment écrire un article quand on a rien à dire

Des fois la vie, c’est exaltant, il nous arrive plein de choses diiiiiiiiiingues ! Et puis des fois, ça ronronne comme une Kenya, tout va sereinement donc on n’a rien à raconter. Tout blogueur se retrouve un jour sans rien à raconter, même votre humble serviteuse (pourtant très bavarde). Alors voici quelques idées pour remplir un blog. Je précise que cet article se veut humoristique et n’attaque personne (on sait jamais…). D’ailleurs, en la matière, je me moque d’abord de moi-même.


Première solution : le questionnaire. Avant, on les recevait par mails ces foutus questionnaires de mes fesses qui vous demandent des choses essentielles comme « préférez-vous la vanille ou le chocolat ? ». Moi, de savoir ça, ça me change la vision que j’ai d’une personne. Non mais c’est vrai quoi, on imaginait volontiers Jean-Luc s’acheter une Haagen Dasz triple chocolat mais non ! Il préfère la vanille. Ca me bouleversifie cette révélation ! Donc voilà, sur les blogs, des questionnaires, on en trouve, je les copie, je les remplis et les publie quand j’ai rien à raconter. Comme ça, toi aussi, lecteur, tu sauras que je préfère la vanille au chocolat et que je déteste les tomates crues. Des fois que tu m’inviterais à dîner, c’est indispensable à savoir. Dans la même veine, on a le test de pureté (tous les blogs ont publié un jour ça !) ou le test de dépravation (que j’ai fait, je l’avoue).

 

Deuxième solution : les photos. Bon, quand tu as décidé comme moi de rester dans l’ombre, cette solution est assez délicate parce que mettre juste une photo avec ma gueule floutée, c’est pas top bandant… Mais bon, ça économise des mots et une photo floutée fait parfois plus réagir les gens qu’un article hyper élaboré sur un sujet hyper pointu. Oui, faut croire qu’une tête de blogueur, ça inspire plus qu’un article de réflexion sur la fission nucléaire, étrange, étrange… Enfin, je dis ça mais un tel article, j’aurais rien à en dire non plus !

 

Troisième solution : les histoires de cul. Encore faut-il en avoir. Perso, j’ai pris le parti de pas coucher juste pour remplir mon blog parce que ce serait drôlement triste, quoi. Tout le monde ne peut pas visiter mon intérieur, il est un peu précieux… Bon alors on peut toujours en inventer mais là, c’est le cercle vicieux : un premier mensonge et après, on n’arrête plus. C’est sûr que caché derrière son écran, on peut raconter ce qu’on veut. Si je vous dis que j’ai couché avec Sagamore, vous pourrez pas prouver que c’est faux. Mais faut être culottée. Je peux aussi prétendre que je fais 1m75 pour 52 kg (oui pas 50, les chiffres ronds, c’est un peu suspect), vous pourrez pas prouver le contraire tant que vous m’avez pas vue… Mais bon, là, ça marche plus vu que je rappelle à peu près trois fois par semaine que je culmine à 1m57 (même pas un chiffre rond, pour vous dire que c’est vrai, quoi !).

 

Quatrième solution : parler « culture ». Là, je mets des guillemets parce qu’on peut mettre de tout là dedans. Par exemple, parler de l’Ile de la tentation ou d’une sitcom. C’est facile à écrire, il ne faut que résumer tout en se moquant. Du genre : « Putain, ils sont tous trop cons à l’Ile de la Tentation, ils me font pitié, surtout Emeline et ses drôles de boutons autour de la bouche et Harry, son fiancé qui s’est trouvé une super amie sur la plage : une moule. Ils ont le même QI, ils se sont compris ». Sinon, il y a les sitcoms, rien que résumer l’intrigue, vous avez écrit dix articles. Par exemple, prenez le temps d’expliquer que Brooke a un bébé avec Deacon, le mari de sa fille (donc son gendre) et que son fils est donc le frère et le beau-fils de sa fille et que Deacon est son père et son oncle. Ben rien que ça, ça prend de la place, quoi. Sinon, dans la culture, on peut tout mettre : un film qu’on a vu, un CD qu’on a acheté, un clip chopé sur youtube parce que c’est trop la classe, youtube, on trouve tout ! Nous, ça nous a pris 30 secondes à trouver, le lecteur, ça l’occupe au moins pendant 3mn30. MA-GI-QUE. Puis vous pouvez parler littérature ou expo mais c’est plus casse-gueule ça, ça fait fuir les lecteurs.

 

Cinquième solution : le buzz ou la rumeur. Par exemple « bon, j’ai pas le temps d’écrire un article, je me suis faite brouetter toute la nuit par un blogueur que je ne nommerai pas ». Alors là, double effet : de un, on va attendre d’en savoir plus donc on force le lecteur à revenir pour savoir si le dit blogueur fut un bon amant ou pas. Et puis de l’autre, on va chercher à savoir qui est ce jeune homme. On va se taper tous les blogs pour essayer de trouver un indice. Là, en plus, c’est sympa, vous refilez des lecteurs à vos copains de la blogosphère (enfin, les mecs, désolée les filles). Donc ça génère du trafic et du commentaire, waaaaah ! Enfin, moi, je coucherais avec un blogueur, je le dirais pas, d’abord !

 

Sixième solution : les concours. Voilà, comme ça, ce sont les autres qui bossent pour vous, c’est tout bénef et j’avoue être une pro en la matière.

 

Septième solution : raconter une anecdote à la con sous un titre attirant. Par exemple, si vous voulez raconter une histoire d’accident de machine à laver, ne titrez pas ça
« je suis une mauvaise ménagère » mais « blonde cochonne en string panthère ». Et racontez sans rougir que vous avez oublié un stylo dans la poche de votre pantalon et que votre joli petit string est ressorti tout taché de la machine, taches qui rappellent la fourrure de la panthère (maline, hein ??). La blonde cochonne, ça veut pas dire que je suis une chaudasse mais que je suis étourdie (« blonde ») et que j’ai tâché mon super string en voulant le laver(« cochonne »). Non parce que même quand on raconte du vide, on veut que google nous ramène du monde. Pareil, si vous voulez raconter la conversation téléphonique avec votre maman, ne dites pas « conversation avec ma mamounette chérie » mais « conversation privée entre deux femmes ». Oui, faut savoir que le sexe, c’est ce qui rapporte le plus. Et si vous voulez être au top, vous intitulez votre article « sexe, sodomie, foot et Zinedine Zidane » et là, vous pétez les scores ! Mais bon, bon courage pour trouver quoi dire là-dessous. Franchement, relisez vos blogs préférés (ou pas) et vous verrez comme certains titres sont surtout racoleurs et cachent une anecdote plutôt sage.

 

Huitième solution : les mots clés. Alors, ça, c’est le truc rigolo, on vous donne les mots clés qui ont permis aux internautes d’atterrir sur le blog. Faut dire que c’est
drôle. Là, par exemple, je regarde et que vois-je ? « les femmes preferent les connard » (je laisse les orthographes fantaisistes), « sunset-beach maria
annie talon », « 
le site ou les lesbiennes racontent leurs ebats », « comment trouvé des film de cul en ftp sur google », « embrasser un ex », « je veut dire joyeux anniversaire a mon fiancé », « des seins partout », « salope 45 centre ». Le meilleur qu’on ait eu, c’est « Peri Cochin topless ». Non mais qui peut chercher ça ? Non pas que je doute du pouvoir de séduction de Mlle Cochin (en fait si) mais comment peut-on même penser qu’elle a fait des photos topless ? Est-ce que je cherche Laurent Ruquier à poil, moi ?

 

Neuvième solution : écrire un article avec plein d’idées pour faire un article quand on n’a rien à dire… Oups, je viens de me trahir !

 

Et en bonus, un youtube!!

 

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Pourquoi j’’aime pas les enfants (babysitting stories)

(Suite à mon premier article sur le sujet, j’en écris un second, en attendant d’écrire celui sur Arnaud.) Pourquoi je n’aime pas les enfants ? La question se pose. Je pense que je n’ai pas à me justifier car, après tout, j’ai le droit de ne pas aimer les enfants comme je n’aime pas les petits chiens. Après tout, pourquoi c’est si scandaleux qu’une femme n’aime pas les mioches ?
 
Jeune, je les adorais (très jeune, je précise). A 16 ans, je rêvais souvent que je m’occupais d’une petite sœur que je n’ai jamais eue… Oui, j’ai une sœur, Alice, mais celle-ci était bébé alors que j’étais adolescente. Alice n’a que 2 ans et demi de moins que moi, je m’en suis occupée dignement quand elle était bébé, je lui ai même sauvé la vie, figurez-vous. Quand Alice est arrivée dans notre petite famille, j’étais folle de joie, apparemment (je ne m’en souviens pas vraiment), je voulais toujours la prendre sur mes genoux et j’assistais avec attention à son bain. Or, un jour, ma mère la met dans son bain, téléphone, elle part répondre. Cinq minutes plus tard, j’arrive dans la chambre et je fais : « Maman, y a Alice qui fait la grenouille ! ». Et voilà comment j’ai sauvé ma sœur d’un drame domestique.
 
Donc, voilà, jeune, j’adorais les gosses. Premier accroc dans ma love story avec ces petits bouts : été 1996. J’avais fait un stage au journal de ma ville natale et la secrétaire m’avait proposé de partir 15 jours avec son mari, un couple d’amis et elle à St Jean de Luz pour garder les petits. Je résume : 15 jours au bord de la mer, nourrie, logée, payée… Bon, il faut garder les enfants mais tout va bien… Bien sûr que j’accepte ! Je ne savais pas dans quelle galère je m’étais fourrée. Le jour J, j’arrive chez la secrétaire, je n’avais pas encore vu les enfants. Je rencontre donc sa fille, 4 ans, assez sage, elle regarde la télé et m’explique un peu le dessin animé, elle me pose quelques questions. Bon, elle, ça va, me suis-je dit.
 
Arrive la femme de l’autre couple. Oui, ces familles sont amusantes : les épouses partent en vacances, les maris viennent de temps en temps faire un coucou (véridique). Me voici en présence de deux petits garçons, un de 5, l’autre de deux ans. Le grand part avec la petite fille dans l’autre voiture, je monte dans celle où il reste le plus petit et le voilà parti en pleine crise d’hystérie. Que se passe-t-il donc ? Sa mère arrive et le petit se calme : « il ne supporte pas d’être seul avec quelqu’un qu’il ne connaît pas. » Super, ça commence bien !
 
Le trajet se passe sans encombre, je joue avec le petit pour qu’il s’habitue à moi. On arrive sur place et, là, le cauchemar commence : les deux aînés font les cons, ils décapitent les fleurs, ils hurlent. Je prends cinq minutes pour appeler mes parents, le petit en profite pour se faire la malle mais on le retrouve vite. Bon, j’ai compris : j’ai pas intérêt à le lâcher car sa mère n’a pas l’air super attentive. Je joue un peu avec les aînés. Mon défi, si je l’accepte : les empêcher de jouer avec des bâtons, youpi ! J’avoue que j’ai eu de bons résultats à ce niveau. J’y reviendrai.
 
Premier soir (un samedi), les mères se cassent au casino, me laissant leur marmaille pour une des soirées les pires de ma vie. Le petit hurle à la mort quand sa mère s’en va, il est inconsolable, il pleure tellement qu’il me vomit sur la moquette (oui, sur le carrelage, ça n’aurait pas été drôle). Pendant que je m’occupe de lui, les deux autres se battent comme des chiffonniers, me voici donc avec trois gamins qui chialent, au secours ! Agacée, je fous tout le monde au lit (à 21h, c’est tard pour les enfants, de toute façon), je parviens à calmer le petit, les deux garçons vont se coucher sans trop de problème. Mais j’ai fort à faire avec la petite fille, une épreuve atroce m’attend. La pauvre gamine souffre de mycose mais celles-ci ne sont pas aux pieds, nan, nan. Avant de partir, ma mère m’explique que je dois lui glisser un truc dans le vagin pour la soigner. Je vous jure qu’à 16 ans, c’est assez dur à vivre surtout que ça lui fait mal à la petite et elle pleure, elle ne veut pas. J’ai développé des trésors de diplomatie pour y arriver mais j’ai trouvé ça atroce, la pauvre… A 4 ans, devoir se faire soigner son intimité par une inconnue, y a vraiment pas plus glauque. Je lui raconte une histoire et elle s’endort. Mais ce n’est pas fini : je dois nettoyer le vomi sur la moquette… Sauf que je ne sais pas où sont les produits de nettoyage, je fais ça avec du papier toilette et de l’eau, je manque à plusieurs reprises de rajouter mes propres miasmes au pâté du petit…
 
Les autres soirées ont été plus calmes mais ces gamins étaient des monstres pourris gâtés. Les parent sortaient tout le temps et achetait l’affection de leurs gamins à coup de cadeau. Le couple avec les deux garçons ne s’entendait pas, ils s’engueulaient tout le temps et le père finissait toujours ses phrases : « j’ai pas raison, Nina ? » Je suis obligée de prendre parti ? Je me souviens notamment de ce drame : les enfants ont attrapé des poux pendant les vacances. Dialogue.
Femme : Elle est dégueulasse, la plage de St-Jean-de-Luz, y a des serviettes hygiéniques qui traînent !
Mari : T’es conne ou quoi ? Les poux, ça s’attrape pas par les serviettes hygiéniques (certes, mais c’était un exemple de saleté).
Dès qu’on rentre, on désinfecte tout, on amène tous les draps à la laverie.
Non, mais ça va, ils ont trois poux, un shampoing et c’est bon ! Hein, Nina?
Nina : Euh…
Voilà, on s’éclate ! Côté conneries, les gamins étaient infernaux. Leur grand jeu, à la plage, c’est de courir dans tous les sens et de jeter du sable sur les gens. Le problème, c’est qu’ils étaient deux et j’étais seule, donc ils ne partaient jamais dans le même sens, je ne pouvais en courser qu’un à la fois. Le pire, ce fut le jour où j’ai grondé le grand garçon je ne sais plus pourquoi. « Puisque c’est ça, je te fais pipi dessus ! » Et là, il me sort son tuyau et met sa menace à exécution ! J’évite le jet mais, furieuse, je lui en colle une. Or le papa n’était pas loin. Il faut savoir qu’une des premières choses que ce monsieur m’a dit fut : « t’hésite pas à leur en coller une s’ils déconnent ». Sauf que moi, la violence, je supporte pas, c’est plus fort que moi. Là, il me voit faire et comprend que son gosse a dépassé les bornes, il me demande ce qu’il vient de se passer et met une trempe pas possible au gamin. Moi, du coup, je plaignais un peu le gosse, j’ai indiqué qu’il en avait déjà pris une et ce n’était pas la peine d’en rajouter. Maintenant, lecteur, je me demande si je dois compter cet incident comme une « golden shower », ce qui ferait augmenter mon score (pas franchement glorieux) au test de pureté… Hum ! Sinon, chaque matin, même rituel : les mères me jettent leurs gamins à huit heures et demi pour que je m’en occupe pendant qu’elles terminent leur nuit, je dois les tenir jusqu’à midi dans le salon sans qu’ils hurlent, sachant qu’il a plu à peu près tout le temps… Ô joie ! Franchement, Tom Cruise, il me fait marrer dans Mission Impossible, c’était rien, à côté, surtout qu’il y en avait toujours un qui tentait de m’échapper pour aller voir papa et maman…
 
Le soir, ils ne faisaient pas trop d’histoire pour aller au lit, sauf le petit qui passait son temps à me demander : « où il est papa ? Où elle est maman ? » parce que je lui répondais et il savait que je m’occupais de lui. Un soir, il commence enfin à s’endormir et son frère, qui dormait au dessus (lits superposés) me fait : « dis, je peux te chanter une chanson ? » Je l’y autorise, trouvant ça mignon, et le voilà qui se met à hurler : « C’EST L’HISTOIRE DE LA VIE !!! » (version très personnelle, je précise). Du coup, l’autre : « et il est où, papa ? » Et merde !
 
Bon après, il y a eu quelques bons moments. La première fois que je vois le papa des petits garçons, je bave comme une folle (qu’il était beau, Seigneur !), il arrive dans le salon où j’étais avec le petit et il me dit : « Alors, c’est toi, Alexandra ? » « Non, pas du tout, je suis Nina. » Quelques jours après, j’ai compris d’où venait la méprise. Le petit garçon arrive et me fait : « tu connais Sandra ? C’est la fille qui a les mêmes yeux que toi ! ». Là, j’avoue que j’ai trouvé ça trop mignon. Sinon, j’ai appris à la petite fille à faire des bracelets brésiliens mais bon, ce n’est pas très facile pour son âge donc je lui en fais un qu’elle donne à sa maman en disant que c’est elle qui l’a fait, elle était super fière. Mais mon préféré restait le petit qui a fini par s’habituer à moi. Il y avait une pente juste derrière l’immeuble en herbe, il la dévalait en courant et je devais le rattraper, c’était marrant.
 
Quelque part, je plains ses gosses qui ne savent pas ce qu’était l’autorité parentale. En quelques jours, j’avais plus d’autorité sur eux que leurs propres parents. Un jour, on regardait la télé dans le salon, les deux grands jouaient dehors et le garçon arrive en courant dans le salon avec un bâton dans la main et, là, il me voit et lâche de suite son jouet, sachant très bien qu’avec moi, ça ne passait pas… Alors que ses parents, il s’en foutait. Pour la petite histoire, l’année suivante, ils ont pris une autre baby sitter (curieusement, ils en changeaient chaque année) et ce fut proprement catastrophique : la mère des garçons s’était trouvé un amant au casino donc elles sortaient encore plus. Au dernières nouvelles, l’aîné est très perturbé et a eu du mal à apprendre à lire. Tu m’étonnes !
 
Dieu merci, je ne suis pas restée sur cette expérience. Quelques temps plus tard, j’ai gardé un bébé de trois mois trop mignon, il s’est endormi dans mes bras. Ses frères et sœurs avaient le droit de regarder le premier reportage de Thalassa et après, dodo ! Je les laisse regarder la télé me disant : « tu regarderas la télé à telle heure pour vérifier qu’ils ne grugent pas ». Pas la peine, ils sont allés au lit d’eux-mêmes ! Une autre fois, j’ai gardé des petits franco-américains tout aussi adorables. A 21h30, je fais : au lit ! Et bien, ils ont obéi sans discuter !
 
Dernier baby-sitting en date, il y a deux ans, les enfants de l’associé de mon père. Je les déteste, ceux-là, de vrais petits monstres. Normalement, c’est Alice qui les gardait mais ce soir-là, elle ne pouvait pas. Elle m’avait prévenu mais je ne m’attendais pas à ça. On ne peut pas dire que ces enfants sont mal élevés, ils ne sont pas élevés du tout mais il ne faut pas les contredire, les petits chéris ! Ma sœur n’a pas été rappelée après avoir donné une fessée bien méritée.
 
A 20 ans, je rêvais d’avoir un enfant, sentir cette vie grandir en moi. Aujourd’hui, plus du tout. Bien sûr, les enfants dans la rue me gonflent mais je crois que ce dégoût vient plus de mon entourage. En effet, je connais des filles qui se sont retrouvées mères alors qu’elles n’avaient pas la maturité pour et je crois que je crains tellement pour l’avenir des enfants que ça m’a dégoûtée d’en avoir. Je ne parle pas d’Océane, je parle plus précisément de ma cousine (trois enfants en deux ans, aucun jumeaux) ou une copine de lycée qui a appelé sa fille Samantha en hommage à Madame est servie (ça vous situe le niveau). A 20 ans, j’étais choquée quand l’une de mes amies, très grande et très costaud, se sentaient mal dès qu’elle était en présence d’enfants. Au début, je ne comprenais pas mais maintenant, je sais : un enfant, c’est cruel, ça peut dire du mal et être méchant. Personnellement, je n’ai pas de soucis à ce niveau-là, les enfants m’aiment bien. Le neveu d’Anne est fou de moi, un autre m’a consciencieusement draguée dans le train l’autre jour à coup de sourires enjôleurs (avant de se tourner vers la Black en face de moi, salaud, va !). A 19 ans, je me suis crue enceinte, je pensais à ce petit être qui existait peut-être en moi et j’étais terrassée à l’idée d’avorter. Dieu Merci, ce ne fut qu’une fausse alerte.
 
Mais je n’aime pas les enfants et ça m’énerve qu’on veuille m’imposer ce sentiment d’amour que je suis censée avoir pour ces êtres, comme si mes ovaires prenaient la place de mon cerveau dès qu’un bébé entre dans la pièce. Ça m’énerve que ma cousine me colle ses bébés dans les bras en rigolant alors que je ne sais pas quoi en faire (il dort, le bébé, ou il végète, super intéressant), qu’elle me demande de lui donner le biberon alors que je m’en fiche, moi, de le nourrir. Pourtant, j’adore son fils aîné, j’ai des dizaines et des dizaines de photos de lui, je le trouve très beau et très éveillé, même si je pressens le futur gamin insupportable. En effet, sa mère lui a inventé une mystérieuse maladie, elle n’en a que pour lui, tant pis pour son frère et sa sœur. Pareil pour mon cousin, que j’adore aujourd’hui : j’ai commencé à l’adorer le jour où il a eu 16 ans, qu’on a échangé nos adresses MSN et qu’on a longuement parlé de son homosexualité. Il faut dire que mon cousin était particulièrement insupportable, petit : ma tante ne parvenait pas à l’engueuler, fils unique. De plus, il est arrivé dans la famille juste après le décès d’un de mes oncles dont tout le monde s’est un peu consolé en reportant son affection sur lui. Ce fut pareil pour le fils de ma cousine : on a appris que ma cousine était enceinte le jour du décès de sa mère.
 
Aujourd’hui, je pense que la seule chose qui peut me faire à nouveau aimer les enfants sont mes futurs neveux et nièces. Eux, je serai ravie qu’on me les colle dans les bras.
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