Pourquoi la drague de rue fait chier

Et que vous seriez fort aimables d’arrêter de nous faire subir ça, bordel à queue. J’en ai déjà parlé sur mon blog quelques fois par le passé mais c’était y a longtemps et j’aime à me répéter parfois car comme disait une ancienne collègue commerciale “répéter, c’est convaincre”. Donc on note : la drague de rue, c’est chiant. Et non, ça ne fait pas plaisir, désolée de vous l’apprendre.

Drague de rue

En 37 ans d’existence donc 25 avec des seins, j’ai réalisé un truc, mmmm, intéressant. Je ne me fais draguer que quand je dégage une certaine vulnérabilité. C’est quand je suis en jogging, quand je suis rêveuse et que j’ai baissé mes défenses. Et du coup, maintenant, quand un mec m’adresse la parole pour me draguer, je flippe “merde, j’ai l’air vulnérable”. Alors ouverture des épaules, technique de sophrologie du tigre et on repart. Car la drague de rue se caractérise par son manque de sincérité neuf fois sur dix.

Un homme importune une femme dans la rue pour la draguer

Reprenons. Je suis dans la rue et un mec vient m’aborder. Que sait-il de moi ? Je suis dans cette rue à ce moment donné et à priori, il doit me trouver un peu jolie (ou cherche juste à me rappeler à qui appartient la rue). Point. Et je trouve ça insultant autant pour moi que pour lui. Moi parce que manifestement, l’emballage est suffisant, on s’en fout du reste. Lui parce qu’il ne s’intéresse qu’à l’emballage. Si j’inverse les rôles, pourquoi j’irais draguer un inconnu. Il y a cet homme, bien joli, avec sa petite barbe, ses lunettes, son joli nez, tout ce que j’aime. Mais après ? D’abord, il peut être en couple donc soit il est fidèle et je l’ai juste dérangé pour rien, soit il a une meuf mais j’ai pas forcément prévu d’être sa maîtresse (dans l’hypothèse où il serait réceptif à ma demande). Mais ça, ce n’est qu’une donnée parmi tant d’autres. Peut-être que je vais lui parler à un moment où il est anxieux car il va à un entretien et se le répète dans sa tête. Peut-être est-il en colère. Peut-être est-il en train de tisser une jolie histoire dans sa tête dans laquelle je n’ai rien à faire, peut-être qu’il est triste car il a appris une mauvaise nouvelle… Je ne connais pas son état psychique et peut-être que je vais tomber au pire moment et qu’il n’a juste pas envie de subir ça juste parce qu’il est sorti de chez lui et que je l’ai trouvé fort appétissant. Mais ce n’est pas tout. Peut-être qu’il est raciste et/ou homophobe, peut-être qu’il est violent, peut-être qu’il est macho, peut-être qu’il a des passions dans la vie qui ne me parlent pas du tout, peut-être qu’il adore Hanouna et les anges de la téléréalité, peut-être qu’il écoute Jul en boucle chez lui, peut-être qu’il ne boit pas d’alcool… (c’est pas un défaut ça mais on risque d’avoir un léger souci de compatibilité). Ce que j’aime chez un homme, c’est pas juste sa jolie frimousse et son petit cul frétillant, non. C’est un tout. Alors ce joli garçon, au pire, je le prends en photo mentale et je m’en servirai pour l’un ou l’autre de mes romans. Ou je l’oublierai parce que ce n’est pas très important.

Hernano Fuentes Sense 8 Alfonso Herrera

Ensuite, la drague dans la rue, ça me rappelle ma vulnérabilité, comme je disais. Ça me rappelle ma période de journaliste en plein micro-trottoir. Lors de mon premier micro-trottoir, je me jetais à la tête de tout le monde avec un taux de réussite très bas. Alors j’ai changé mon fusil d’épaule et j’ai pris des gens immobiles : ceux qui attendent, ceux qui rêvent, ceux qui traînent… Bref, ceux qui sont peu attentifs et n’oseront me dire non car ils ne sont pas en action. Une femme l’avait souligné lors de la vidéo indigne de Guillaume Pley en mode PUA “abuser de la confiance des femmes pour les embrasser de force”, vous savez, le “je peux te poser trois questions ?”, cette femme avait relevé que les femmes abordées étaient soient assises soit au distributeur automatique donc pas en position de s’enfuir… donc en position de vulnérabilité.

Draguer dans la rue

Et puis, ça me rappelle assez méchamment que dans la rue, je suis pas dans mon espace, j’en ai déjà parlé. En gros, je pénètre un univers masculin, je suis priée d’être disponible, souriante et polie sinon, j’aurai droit à ma petite insulte.

Des hommes matent une femme qui passe

Mais surtout, le point chiant de la drague de rue, c’est le non. Jean-Michel dragueur décide de m’aborder, je lui indique que je suis pas intéressée (quand j’entends, je suis devenue une ninja du j’entends pas…) mais pas de bol, je suis tombée sur la version lourde qui veut savoir pourquoi je ne veux pas aller boire un café avec lui. T’as déjà un mec ? Pas grave, je suis pas jaloux, mouarfffff ! Tu vas bosser ? Ben donne ton numéro, je t’appelle et on se voit après ! Je vous jure, c’est insupportable. Parce que le coup du petit copain, ça m’est arrivé de le sortir en période de célibat par politesse. Parce que oui, j’ai pas forcément envie de dire cash au mec que sa gueule me revient pas et que j’ai pas envie de prolonger cette conversation, merci, au revoir. C’est quand même pas dur à piger, il me semble. “Oui mais si le mec était beau, tu dirais pas ça…”. Non, un mec qui me colle et me saoule, je vois pas trop comment je pourrais le trouver autrement que flippant, en fait…

Krysten Ritter - Jessica Jones

Bref, vous trouvez une femme bien mignonne dans la rue et vous pensez que c’est la mère de vos futurs enfants ? C’est votre droit. Elle vous envoie quelques regards invitant à la conversation ? Vous pouvez lui répondre. Sinon, foutez-nous la paix. Parce que si vous avez le droit de nous trouver jolie, nous avons le droit de ne pas être intéressées et de ne pas prendre d’insultes pour ça ou de devoir se justifier pendant dix bonnes minutes alors qu’on a franchement autre chose à faire. Même si on n’a rien à faire, d’ailleurs, ce sera quoi qu’il en soit plus sympa que de commencer à flipper parce qu’un mec nous colle et qu’on ne sait pas s’il va pas finir par nous agresser parce qu’on n’a pas envie de lui.

Femme agressée dans la rue

Et pour les chouineurs qui comprennent pas la différence entre jeu de séduction et harcèlement, le projet crocodile vous expliquera ça très bien, hop !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Pourquoi j’ai renoncé aux sites de rencontre

[Article qui aurait dû être écrit en novembre, quand j’étais célibataire, pour que ça ait plus de sens mais tant pis]

Un soir de novembre, je me connecte en plein ennui sur OkCupid, je fais mollement défiler les profils. Mpfff, non, non, bof, ah pas mal… Ah non, profil vide, laisse tomber. Non, non… Ah lui, regardons… Profil sympa. Bon, je lui dis quoi ? Bon, je suis pas inspirée, je le favorise et je lui parlerai plus tard. De toute façon, en ce moment, j’ai pas le temps.

Woman peering at her laptop

Et puis je prends conscience : en ce moment, j’ai pas le temps. Je fais défiler des photos de ces hommes et femmes qui vivent leur vie, près de moi, qui aiment la littérature italienne, Moriarty ou la photographie. Qui sont informaticien-ne-s, étudiant-e-s étranger-e-s de passage sur Paris, artistes, photographes ou mythos. Ils sont peut-être là, ce soir, devant leur écran, harassés par l’ennui, ils font défiler les profils. Peut-être que l’un-e d’entre eux cliquera sur ma photo, me jugera jolie et ira fureter sur ma fiche. Peut-être qu’il se dira que j’ai de bons goûts en matière de musique même s’il ne comprend pas ce que vient faire Lady Gaga dans cette liste follement hétéroclite. Peut-être certains s’arrêteront à ma description physique. 1m56, c’est pas grand… Curvy*, ça veut dire grosse, non ? Ah non, elle est bélier, j’aime pas les béliers. Puis elle a un chat et j’y suis allergique. Bref, on fouille, on trouve quelques raisons de se contacter ou non. Plus on traîne sur ces sites, moins on y met les formes. Deux, trois phrases tapées négligemment pour montrer que quand même, on peut être intéressant mais on n’est pas dupe. Ca finira au mieux en plan cul.

plan_cul_regulier

Et puis j’en ai eu marre. Marre de voir que je consultais avant tout ces sites par ennui. Marre de jouer toujours un peu le même scénario, on va boire un verre, peut-être qu’on dînera et puis on s’enverra en l’air, on est là pour ça, non. La flemme. La Flemme. La flemme de consacrer des potentielles soirées à ça, de sortir boire un verre et de constater que, tiens, ça le fait pas. Ce moment un peu gênant de flottement où tu espères que cette absence de désir est réciproque pour en finir au plus vite, se faire la bise devant la bouche de métro en se disant qu’on se rappelle alors qu’on sait très bien que non. La flemme de rencontrer quelqu’un de vraiment chouette mais de me casser les dents car lui est dans une autre phase, celle de l’éclate sexuelle incroyable qu’offrent ces sites. En même temps, comment les blâmer, j’ai fait la même à une époque. Et je suis certainement passée à côté de mecs bien, du coup.

accro-au-sexe

Et puis, j’ai tendance à croire que la foudre ne frappe pas 2 fois au même endroit : j’ai eu du bol une fois, voire 2, il serait peut-être temps de découvrir de nouveaux horizons. Laisser un peu faire la vie, le hasard. Je ne renie pas ce que j’ai vécu sur les sites de dating, les rencontres que j’ai pu faire, les choses que j’y ai apprises au détour de conversations avec des personnes d’horizons différents. Des personnes que je n’aurais sans doute jamais croisées autrement. Au fond, les sites de rencontre, ce sont ni plus ni moins que les bals populaires d’antan, on rencontre les gens là où ils sont.

bals-populaires-cafes-concerts-paris-temps

Je clos cette série sur les sites de rencontre, je n’ai sans doute pas abordé tous les sujets mais pour ma part, le tour est fini.

Dès la semaine prochaine, je débuterai ma nouvelle série “guide du savoir être avec son plan cul” (suite presque logique).

*************

* Pour moi non vu que quand je tape curvy dans Google images, ça me sort Beyonce donc bon…

Moi, je veux bien être "curvy" comme ça !

Moi, je veux bien être « curvy » comme ça !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Tu flirtes là ou… ?

Une histoire d’amour ne commence pas au premier baiser mais bien avant, à l’heure des échanges de regards complices, des effleurements volontaires, des doux flirts agrémentés de rires de gorge, jeux de cheveux et sourires en coin. Ces heures de flirt vues comme une douce période… après avoir conclu.

flirt-with-a-guy

Parce que le flirt, c’est quand même compliqué. D’abord, comment savoir si l’autre, en face, est en train de flirter ou s’il est naturellement affectueux, tactile, cordial voire excessivement poli. S’il me demande ce que j’aime lire/écouter/regarder, est-ce parce que ma petite personne l’intéresse ou qu’il entretient la conversation ? S’il met sa main sur mon bras quand il me fait la bise, c’est parce qu’il est tactile ou qu’il a envie de me toucher ? Etc. Etc.

Satisfaction-astrologie

Parce que tout est question de prisme. Petite mise en situation parce que j’aime ça et vous aussi (si, si, vous le savez pas forcément mais vous aimez ça). Donc imaginons que j’ai en vue un jeune homme, Henry (comme Cavill oui parce que comme dit Loxy, je place super bien mes crushes people). Comme je suis pas tout à fait godiche, j’arrive à adresser la parole au jeune homme qui discute tranquille avec moi. Une interaction humaine tristement classique. Sauf que moi, je suis à fond les ballons donc mon décodeur amoureux s’emballe. Il se passe la main dans les cheveux ? Il me veut. Il me regarde dans les yeux ? Il me veut. Il me sourit ? Il me veut. Il termine la conversation par un “bon ben à plus”, il me sur-veut, la preuve, il dit qu’il souhaite me revoir. Alors que dans les faits, il en a peut-être juste rien à faire de moi, a passé sa main dans ses cheveux par tic, me regarde dans les yeux car je le fixe direct dans les pupilles, il sourit par par politesse. Quant au “bon ben à plus”, je m’attendais à quoi “Bon ben dégage connasse et à jamais, j’espère”.

usain-bolt

Simple interaction ou signe manifeste d’un intérêt ? Peut-être que Henry, il me trouve bien jolie, qu’il a passé sa main dans ses cheveux pour montrer qu’ils sont soyeux, s’est noyé dans mes grands yeux bleus, m’a adressé des sourires complices et que son “bon ben à plus” voulait bien dire “à très vite et puis tiens, on irait pas au ciné demain pour se rapprocher l’air de rien dans le noir ?”. Bref, chacun de nos gestes est-il une invitation ou un mouvement anodin sujet à interprétation ?

logo-bodylanguage

Evidemment, on me dira que si on veut savoir, on n’a qu’à demander. Mais toute histoire d’amour qui se respecte comporte toujours cette zone d’incertitude, ce “je te parlais sans savoir si je t’intéressais ou pas, tu comprends…”. Et puis y a des moments où c’est pas si évident de faire le premier pas non plus. Reste donc à décoder, décoder, décoder. Comment parle-t-il aux autres filles ? Est-ce qu’il se retrouve souvent proche de moi ? Est-ce que son bavardage est poli ou réellement intéressé ?

fert

Heureusement, la plupart du temps, on finit par démêler le réel du fantasmé. Et au pire, on se prend un râteau mais c’est pas si grave… Des garçons avec qui minauder en se demandant s’ils flirtent ou sont juste cordiaux, ça ne manque pas.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Sab

Un petit plan drague bien foireux qu’a vécu ma copine Sab, je ne pouvais pas ne pas vous le raconter.

La terrasse de café. Un jour où il faisait beau, miss Sab et sa copine prenaient un café sur une terrasse. Passe un type bizarre qui rôde autour avant d’aller parler à deux filles à côté d’elles. Quelques instants plus tard, voilà le monsieur qui se plante devant leur table et commence son plan drague. Il interpelle Sab et lui fait: « Hé, regarde, je t’ai piqué ton portable! » En effet, le monsieur avait constaté qu’ils possédaient le même modèle de mobile mais la demoiselle ne s’en laissa pas conter et lui dit qu’elle savait qu’il mentait.

Sans se démonter, le mec continue son plan drague et lui dit qu’il la trouve très jolie, enfin, rien de très original. Elle lui répond qu’elle n’est pas intéressée et, là, erreur fatale, il se tourne vers son amie et répète la manoeuvre. Et là, il en a pris pour son grade: « Non, mais attends, tu crois quoi? Tu viens draguer les nanas à côté et après tu viens nous voir? Non mais t’as vu ta gueule?

– Quoi ma gueule?

– Non mais je veux même pas parler de ça avec toi.

– Pourquoi? J’ai l’air en manque, c’est ça?

– Ouais t’as l’air en manque, tu vas draguer les nanas à côté puis nous mais pas de chance, y en a plus! Ah, si, y en a deux, au fond, là-bas, tu veux pas tenter? »

Et le gars qui y va, en la remerciant pour le tuyau.

C’est agaçant les mecs qui draguent tout ce qui passe du moment que c’est équipé d’une paire de seins.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Nina

Je suis assez habituée aux cas sociaux, ceux qui ne savent pas quoi inventer pour me draguer alors que, précisément, je ne leur demandais rien, si ce n’est me laisser tranquille. Les transports en commun sont des lieux particulièrement propices à la drague…

 

Le sourd. Hier, je me rends à la gare pour descendre sur Paris, tous suçons dehors, si j’ose dire. Je fais quelques pas et un mec assis sur un banc m’interpelle. Je le regarde, pensant qu’il voulait un renseignement mas vu son regard de merlan frit, je comprends que ce n’est pas du tout le cas. Alors, quand le monsieur me demande: « je te dérange », mon incroyable spontanéité me pousse à répondre « oui ». Tout homme normalement constitué m’aurait lâché mais lui enchaîne : « je peux venir avec toi? ». Je soupire et lui répond que non, je dois déjà rejoindre quelqu’un (mes parents, en l’occurence). Alors :

– quelle partie du mot « oui » il n’a pas comprise? Si je lui dis qu’il me dérange, c’est que, a priori, je n’ai aucune envie qu’il me suive.

– et si j’allais chez mon podologue, il m’aurait suivi? Il prend des risques, lui. Franchement, suivre comme ça des filles rencontrées à la gare, c’est le summum du plan drague foireux!

 

Le parc. Il y a un mois et il faisait une chaleur torride. Avec des amis, on décide d’aller se prélasser au soleil dans un parc à l’occasion d’un pique-nique. Arrivée en avance, je m’assois dans un coin et patiente. Arrive alors un jeune homme qui me fait: « je peux vous demander un renseignement? » Je lui réponds gentiment que oui mais je ne garantis pas la réponse : je ne connais absolument pas le quartier où je suis. Là, il me sort: « vaut-il mieux être maître ou esclave de ses sentiments? » Forcément, ça me fait rire donc je lui réponds : « maître ». Et là, son introduction, pas trop mal trouvée, est ruinée par sa réflexion suivante: « et ça veut dire quoi? ». Jeune homme, ma seule réponse aurait dû te suffire, je n’avais pas à y ajouter une explication de texte. Je lui explique néanmoins ce que je veux dire et, après un baise-main, il m’offre une cigarette particulièrement appréciée, vu que je n’en avais plus. Je le remercie en l’embrassant sur la joue (à sa demande) puis quand il apprend que je suis journaliste, il m’explique qu’il cherchait justement une journaliste pour promouvoir je ne sais quel projet qu’il a (un disque, je crois). Heureusement, ma copine est arrivée à ce moment-là…Au moins, j’aurai gagné une clope! 🙂

 

Le bar. Un soir, avec la copine citée dans le plan drague précédent, nous étions en train de boire un verre au bar à côté de la fac après une réunion de notre master très mouvementée. En effet, nous devions travailler sur la composition de notre journal et les discussions avaient été parfois houleuses. Alors que mon amie se plaignait du comportement de la gent masculine de notre groupe, un type, franchement pas séduisant, s’approche et nous demande quels sont nos griefs envers les hommes. Je lui réponds en replaçant les choses dans leur contexte et le voilà qui s’installe avec nous, nous expliquant que dans notre école, il fallait pratiquer le sexe librement sous peine d’être exclues. Grand n’importe quoi ! Mon école n’est pas un club échangiste, ça se saurait… Mais bon, il est lancé, la conversation est tendue avec mon amie qui explique qu’elle préfère être fidèle tandis que je fais des bulles dans mon demi. Et là, c’est le drame : voilà qu’il me trouve jolie et décide d’attenter à ma vertu. Comprenant que je ne m’en débarrasserai pas si facilement, je lui file une fausse adresse mail (quelle idiote, un e a disparu!) mais refuse de filer mon numéro de téléphone : c’est professionnel. Il fallait vraiment qu’il soit idiot pour pas comprendre que je n’étais pas intéressée puisqu’il savait pertinemment que j’étais étudiante. Avant de partir, il explique à mon amie qu’elle doit « lui donner ma main », c’est à dire me convaincre de sortir avec lui…Mais bien sûr ! Evidemment, cette histoire s’est achevée avant même d’avoir commencé. Pour l’anecdote : un jour que je me promenais à la fac avec cette même amie, on croise le gars en question qui se permet de lâcher un immonde rot alors qu’on le croise… Quel loveur celui-là!

 

La prof de danse. J’ai découvert les boîtes de ma nouvelle ville, récemment, et je me suis rendue compte que toutes les boîtes de France possédaient le même type de personnes : les losers de la drague. Samedi dernier, je me démenais sur la piste de dans quand arrive un mec en costard plus petit que moi. Je précise à mon aimable lectorat que je culmine à 1m56. Donc voici ce jeune homme qui se plante devant moi et commence à entreprendre une conversation. N’ayant pas entendu sa première réplique, je lui fais répéter et là, grand bonheur : « Tu es prof de danse? » Forcément, j’éclate de rire et je lui réponds que non. Pas dépité par cette réponse négative, il en remet une couche: « Ah, c’est dommage car je cherche une prof de danse. Je t’aurais payée un bon prix! » Et voilà l’argument qui tue. Résumons : ce monsieur cherche soit-disant une prof de danse mais il est évident qu’il est plutôt à la recherche d’une camarade de brouette. Ceci étant, il était prêt à me payer… Ca ne s’appelle pas de la prostitution, ça? De toute façon, à peine lui ai-je signifié mon refus qu’il est parti jeter son dévolu sur une autre… A 6h du matin, je l’ai aperçu rôdant encore dans la boîte. C’est confirmé : son plan drague ne fonctionne absolument pas!

 

Le supermarché. Voilà également un haut lieu de drague, je ne comprends pas bien pourquoi ! Un après-midi d’été, je rentre dans la supérette voisine. J’avais passé la journée à travailler et je n’étais pas forcément de très bonne humeur. Alors que j’étais en train de fureter dans un rayon, un jeune homme s’approche de moi et me fait : »Hé ! On se connaît, non? » Bon, alors, je tiens à préciser aux hommes qui nous lisent que cette technique d’approche est franchement agaçante, trouvez autre chose. Je lui réponds donc que, non, nous ne nous connaissons pas mais il insiste alors je lui vante mon sens de la physionomie. Pas franchement refroidi par mes réponses, il me propose alors d’aller boire un verre ! Je lui réponds donc avec un grand sourire que mon fiancé m’attend à la maison et qu’il ne serait pas vraiment ravi d’apprendre que je suis allée boire un verre avec un autre… C’était un demi-mensonge : j’avais effectivement rendez-vous avec mon copain mais ce n’était pas mon fiancé. Je le quitte donc et pars dans un autre rayon mais le jeune homme est tenace! Il me retrouve dans le rayon et me donne sa carte, au cas où… Je la range dans mon sac sans la regarder. Fin de l’histoire. J’avoue l’avoir regardée plus tard : ce monsieur était prof de gym à domicile…J’imagine le style d’exercice qu’il comptait me faire faire! Décidément, les cours à domicile fournissent une grande part de ces plans drague foireux!

 

Le sondeur. Ca m’est arrivé hier soir, j’ai toujours une chance folle avec les losers de la drague. J’étais tranquillement en train de ne rien faire sur mon ordinateur en attendant que ma série adorée ne commence. Soudain, je tourne la tête et je vois qu’un type est planté devant ma fenêtre et m’interpelle (oui car j’ai la chance de vivre au rez-de-chaussée côté rue). Je ne pouvais plus feindre de ne pas l’avoir vu et je pensais, au départ, qu’il s’agissait d’un camarade de promotion que je n’avais aucune envie de voir. J’ouvre ma fenêtre et je tombe nez à nez avec un parfait inconnu qui m’explique qu’il fait partie d’un institut de sondage et qu’il souhaite me poser des questions. A côté de lui, un jeune homme noir qui semble s’ennuyer ferme. Souhaitant me débarrasser rapidement de ces intrus, j’accepte de répondre à leurs questions, erreur fatale! Ca a duré une bonne heure, bonjour la galère. Bon, déjà, il avait l’élocution et la culture que j’aime, son explication de « sondage d’opinion » fut un grand moment de poésie. Bon, je réponds patiemment aux questions, le mec en profite pour me questionner sur ma vie sous le regard hagard de son compagnon de sondage qui semblait en avoir aussi marre que moi. Après avoir répondu à des questions sur ma consommation de cigarettes, de yaourts et de DVD, le jeune homme me dit: « Tu sais, si tu es en galère pour mater un film, un soir, tu peux venir chez moi, j’habite à côté! » Donc, là, forcément,j’ai explosé de rire, lui indiquant que j’avais tout ce qu’il fallait à la maison! Franchement, le gars, ça faisait une heure qu’il me saoulait avec ses questions, sans compter son parfum qui évoque vaguement les poubelles de mon immeuble et il croit que je vais aller voir un film chez lui? A dégager!

 

– L’histoire du lapin. A peine arrivée dans cette nouvelle ville, je rencontre mon premier loser de la drague. Avant de narrer cette folle aventure, je précise : j’ai une peluche lapin accrochée à mon sac. Je monte donc dans la rame et j’entends une voix masculine qui me fait: « Oh, attention, vous avez un bugs bunny accroché à votre sac ». Et moi, malgré cette intro calamiteuse, je réponds. J’ai cette mauvaise manie de répondre quand on me parle… Donc je me retourne et je tombe face à un mec au pouvoir de séduction très…hum… inexistant. Donc je lui réponds une phrase d’une intelligence folle : « non, ce n’est qu’un lapin ». Et le voilà parti sur des considérations générales sur les lapins qu’il collectionne car ça porte chance.  « Sauf en amour », précise-t-il. Sentant le but réel de cette conversation pour le moins hallucinante, je réponds froidement: « L’amour, c’est pas important, c’est la carrière qui compte! » Mais ça ne l’a pas refroidi, mon bonhomme, le voilà qui s’extasie sur le fait que nous avons tous les 2 un point en commun : les lapins. Je réponds froidement que ce lapin que j’ai à mon sac est un cadeau et que je l’aurais accroché pareil si ça avait été un nounours ou une otarie mais le monsieur est parti, il veut me brouetter donc il commence à m’expliquer que le lapin symbolisait la luxure au Moyen Age… On peut d’ailleurs le voir sur le tableau de la Dame à la Licorne. S’extasiant du fait que je connaissais cette oeuvre (oui, je suis blonde mais ça m’empêche pas d’être cultivée!), il me propose de m’amener au musée la voir, en vrai. Mais, pas de chance, je suis arrivée à ma station. Au revoir, monsieur!

 

Le barman. Encore une histoire dans le métro. Il était tard, minuit et demi, j’étais partie en courant de chez Victoire, pensant ne plus avoir de métro mais, ô merveille, il marchait encore. J’étais donc plantée sur le quai quand un jeune homme s’approche de moi pour me demander l’heure. Polie, je réponds. La rame arrive, je m’assois dans un coin, le jeune homme se pose pas loin de moi. Les portes se referment et là, le voici qui se penche vers moi et me fait: « dites, je peux vous payer un verre? » Je réponds poliment que non car je dois attraper le dernier train pour rentrer chez moi. Malgré ce refus, le jeune homme s’installe à côté de moi et me raconte qu’il est barman. D’ailleurs, l’été, il descend à St Tropez. Ca doit impressionner pas mal de filles mais, personnellement, ça me laisse de glace et je réponds que, pour moi, St Tropez, c’est un défilé de beaufs. Il me demande mon prénom, je ne lui demande pas le sien mais il ne s’en rend pas compte, il est fou de moi… Décidé à me brouetter, il m’accompagne jusqu’à mon train car, « la nuit, la gare, ça craint » (pas celle-là, jeune homme). Il continue donc de discuter avec moi pendant que j’attends que le train veuille bien partir, il m’offre gentiment une cigarette puis le huhulement électronique indiquant que le train va partir retentit donc je saute dans le wagon, ravie de ne pas avoir à l’embrasser (j’ai cru que je n’y échapperais pas, honnêtement) puis il me précise gentiment qu’il boit souvent des verres au café de la gare. Mon ami, si j’avais voulu te revoir, je t’aurais demandé ton prénom et ton numéro, je t’aurais invité à me rejoindre dans le wagon et, accessoirement dans mon lit. Si je n’ai rien fait, c’est que je ne suis pas intéressée.

Rendez-vous sur Hellocoton !