De tes lèvres sur les miennes

Je vais pas vous mentir : j’aime les baisers. Surtout le premier. Et encore plus précisément ce moment précis où vous échangez un regard brûlant avec l’objet de votre désir, que vous savez que ça va arriver, que votre coeur s’emballe pendant que vos lèvres se rapprochent. Ah oui, vraiment, j’aime ce moment.

Le premier baiser de Buffy et Spike

Après, on n’a pas tous les jours un premier baiser, surtout quand on est dans une relation amoureuse de type monogame. Mais pour compenser, on a la fiction et les scènes de premiers baisers romantiques, on en a quelques unes à se mettre sous la dent. Jane the Virgin en a même fait une sorte de private joke, Jane a ses plus beaux baisers sous une tempête de fleurs ou sous la neige, alors même qu’elle habite à Miami (mais c’est drôle, regardez vraiment cette série). Mais justement, la fiction a parfois tendance à enrubanner le premier baiser d’un tas de flonflons et paillettes alors que dans la vraie vie, on n’a pas toujours tout le tralala et j’en viens à me demander : c’est quoi un premier baiser réaliste ?

Jane the virgin  : baiser sous la neige entre Jane et Michael

Dans mes petits écrits, je mets des relations amoureuses ou sexuelles, ça dépend. D’ailleurs, nous reviendrons une prochaine fois sur leur nécessité ou non dans une histoire. Et le problème que je rencontre souvent, c’est tout le chemin qui amène à ce premier baiser. Alors certes, je pourrais écrire un “y en a un qui saute sur l’autre et baiser surprise” . Je crois que dans Technopolis, c’était absolument comme ça que ça se passait entre Oceany et Ethan (elle avait également été embrassée par Juan de la même façon et finit d’ailleurs par s’en agacer). Mais j’avais 20 ans et depuis, j’ai pas mal progressé en compréhension du consentement. Et d’ailleurs, je suis la première à hurler devant ces premiers baisers imposés. Du coup, puisque le consentement, c’est encore plus sexy, comment on amène à ce premier baiser ?

Emily et Maya, premier baiser

En fait, peu importe. Là encore, je vais me répéter, tout est dans la tension. Reprenez vos propres relations, la dernière fois que vous avez grave kiffé quelqu’un, que vous guettiez chaque occasion de vous trouver seul.e avec lui ou elle en espérant que la prochaine fois sera ce moment béni où vos yeux se croiseront et dans vos regards ardents, vous savez tous deux que ça va arriver, là, maintenant. Vous savez, ces quelques secondes où plus aucun ne parle, attendant l’ultime signe de l’autre pour se lancer, silence qui peut se clore par un petit rire gêné avant le baiser. Quand j’étais ado (et adulte aussi mais j’assume moins), je pouvais passer des heures à rêvasser de ce premier baiser (qui n’avait in fine pas lieu dans pas mal de cas mais on s’en fout). Aujourd’hui, je regrette un peu de ne pas tenir un carnet des petites fantaisies de ce genre que je pourrais coller dans l’un ou l’autre de mes romans. Parce que je suis désolée mais pour moi, encore plus crucial qu’une scène de baise, il y a ce premier baiser qui est comme le signal de départ d’une relation qui évolue, la première étincelle du feu d’artifice à venir. Ce moment où le spectacle commence enfin sous les “aaaaaaah” satisfaits du public.

Feu d'artifice au château de Versailles

Mais j’ai pas fini avec ce sujet, il va falloir qu’on se pose la question : une romance dans un roman non romantique, pourquoi faire ?

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Leçon d’écriture 1 : ne pas s’auto-spoiler

Je vous l’avais promis [il y a un mois], nous allons aujourd’hui parler d’un des pires romans qu’il m’ait été donné de lire. Ou plutôt de ce que j’estime des défauts rhédibitoires parce que bon, le roman en lui-même, je vais vous le résumer en deux lignes : un parti genre FN gagne les élections de mai dernier, l’héroïne Michelangela dite Mickey (déjà, rien que ça) est déportée en tant qu’opposante politique sauf qu’en fait non, elle a juste autopublié un roman pourri sur sa liaison avec Emerald, petit fils de la famille Labenne (Labenne, La benne, Le Pen… vous suivez ?) mais en vrai, c’est pas un vrai camp de concentration, c’est un plan tordu de Emerald. Et je vous spoile rien, l’autrice vous raconte ça elle-même. Oui, je n’avais jamais vu ça mais l’autrice torpille son suspense en s’auto-spoilant toutes les 10 pages.

Spoiler alert - s’auto-spoiler

Un exercice particulièrement compliqué dans l’écriture, c’est de ménager son suspense. On doit amener son lecteur là où on veut qu’il aille tout en lui plaçant subtilement des oeillères pour qu’il ne devine pas où on veut l’amener avant la fin. C’est le cas des polars et autres thrillers mais pas que : dans un roman, si je sais comment ça se finit, mon enthousiasme sera somme toute relatif. Sauf quand c’est bien écrit, ce qui n’est absolument pas le cas dans le roman qui nous occupe aujourd’hui. On y reviendra. Donc ici, on suit le périple de Mickey dans un camp de concentration, elle suit une sorte de cours de propagande quand une élève se rebelle et est tuée. Là, c’est la tension, tu te dis “ah Merde, ça rigole pas… tu peux flinguer l’héroïne du coup ? Elle est vraiment trop stupide”. Sauf que juste après, l’autrice t’explique sans trembler qu’en fait, elle apprendrait que tout ça, c’était du chiqué et que personne n’est mort, que le camp est un coup monté et que la fille n’est pas morte. Pardon ? Alors certes, on me dira que c’est juste déplacer le suspense de “Mickey va-t-elle survivre au camp” à “mais pourquoi il a fait ça Emerald”… sauf que l’enjeu n’est pas tout à fait le même (spoiler : la raison est absolument merdique en plus).

Papy fait de la résistance

Oui, j’allais pas mettre une photo de camp de concentration en illu, j’ai préféré Papy fait de la résistance

Autre point : les fusils de Tchekhov. Pour ceux qui ne regardaient pas Karim Debbache que je cite très souvent (allez regarder !), petite explication : Tchekhov expliquait que si l’on évoquait dans l’acte 1 la présence d’un fusil, il doit servir dans l’acte 2 ou 3 sinon, il est inutile de le mentionner. Ici, l’autrice nous en saupoudre à droite, à gauche… Mais à l’arrivée, le fusil est enrayé. Exemple : elle évoque un garde qui a une sorte de grain de beauté au coin de la bouche. Quelques pages plus loin, elle se retrouve en réception chez la nouvelle présidente de la république et repère un mec qui a un bout de peau près de la bouche et elle est là, “mmm, il me dit quelque chose ce garçon”. Comme on n’est pas trop cons, on percute de suite qu’il s’agit du gardien… Tu le sais d’autant plus que tu sais déjà que toute cette histoire de camp n’était qu’une mise en scène avant même que l’héroïne ne le sache. Mais le pire, c’est qu’après avoir insisté sur cet homme et son bouton à la bouche, elle n’en fait rien. Du coup, pourquoi ? Je veux dire, elle fait l’effort de changer de vocabulaire pour parler de ce grain de beauté, volonté de nous perdre ou de nous faire comprendre que l’héroïne ne percute pas ? Etions-nous censés faire le lien ou non ? Je suis perplexe… On répète : si tu mets un fusil en évidence dans l’acte 1, il doit servir dans l’acte 2 ou 3 sinon, jette. Bon, personnellement, j’ai un peu envie de nuancer ça… Ah ben tiens, je vais écrire un article dessus un de ses 4. Mais si je ne suis pas 100ù d’accord avec Tchekhov sur ce point, là, pour le coup, je comprends qu’un fusil de Tchekhov mal géré, ça crée plus de confusion que nécessaire dans l’esprit du lecteur.

Enfant confuse

Du coup, on se retrouve avec un roman qui te présente une histoire avec un gros enjeu (l’arrivée d’une potentielle dictature en France) mais qui se désamorce lui-même toutes les 10 pages. Ah et il faudra que je vous parle du ton, aussi. A suivre !

 

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Sois gentille, même si c’est pas toujours facile

 

Ce blog vire dangereusement rose guimauve, faudrait que je m’énerve un peu sur l’actu, on va finir par croire que j’ai perdu toute acidité. Mais tant qu’à parler de bien être et de gens gentils, poursuivons. Depuis mon retour du Canada, je ne supporte plus les Parisiens mais j’essaie tant bien que mal d’être charmante et polie. Sois gentille, c’est pour le bien commun.

Sois gentille

Commençons par deux anecdotes :

  • Philippines, avril 2015 : au 3e hôtel, Anaïs et moi héritons d’une chambre avec vue directe sur le parking quand les autres filles ont des chambres installées autour de la piscine. En fait, les chambres étaient réparties avant notre arrivée et on a changé car Anaïs et moi voulions être ensemble donc du coup, nos colocs prévues respectives étant légèrement du style vindicatif, il devenait difficile de leur refiler la chambre du parking donc les gentilles en ont hérité, ce qui m’a bien BIEN saoulée sur le coup

piscine_philippines

  • Pays Basque, juin 2015 : stage de yoga, avant-dernier jour. Lors de ce stage, nous étions responsable de la propreté des lieux avec des consignes claires quant à la vaisselle notamment. Ce matin là, on se lève et catastrophe : lave-vaisselle pas lancé et évier plein, le propriétaire de la maison, un de ses invités et deux stagiaires ayant passé la soirée à picoler sur la terrasse (mon imagination a brodé 35 histoires au moins autour de ça). Pour éviter tout drame, je prends donc sur moi de faire la vaisselle. Jusque là tout va bien. Mais après le repas, la prof m’interpelle : “tiens, Nina, passe le balai dans la maison”. Heu ? C’est à dire que je me suis déjà tapé toute la vaisselle que je n’aurais jamais dû faire, est-ce vraiment nécessaire d’en remettre une couche ? “Imagine que tu chasses tes mauvaises pensées à chaque coup de balai”. Y en avait pas mal pour toi meuf*…

pays-basque-guethary

Dans ces anecdotes, la conclusion semble être “trop bonne, trop conne”. Non mais c’est vrai, regardez le nombre de situations dans le quotidien où il faut rester ferme pour pas se laisser bouffer : dans le métro, par exemple. Je parle même pas d’avoir une place assise mais par exemple, combien de fois il faut lutter pour juste se tenir à la barre centrale vu qu’un-e gros-se boulet-te étale tranquillement son dos sur ladite barre. On se sent spolié dans son bon droit parce que, pardon mais cette barre n’est pas à toi, monsieur-madame et je vais enfoncer mes doigts dans ton dos, je m’en fous… Alors oui, on peut demander gentiment et même une fois sur deux, vous obtenez ce que vous voulez sans énervement aucun. Mais l’autre fois, vous ferez remarquer à une personne qu’elle pourrait lâcher le strapontin vu la foule et elle vous répondra par sa plus grande indifférence (au mieux…)

Photo empruntée à Christophe Lhomme qui semble très énervé par les gens qui restent assis en cas d'affluence (on comprend pourquoi)

Photo empruntée à Christophe Lhomme qui semble très énervé par les gens qui restent assis en cas d’affluence (on comprend pourquoi)

Quand je vois ce qui passe à la télé (ouais, ok, je vois plus rien, je l’ai plus mais faisons semblant), les émissions de téléréalité où on se met des quenelles, où on se la fait à l’envers, où les gentils sont vite éliminés, les séries télé ou les films où on kiffe le personnage bad boy/girl irrévérencieux, l’omniprésence de chroniqueurs “mordants”… et à l’inverse les “gentils” présentés comme des faibles, des victimes éternelles, des gens fades et sans intérêt…

Ok, je connais très peu Community

Ok, je connais très peu Community

Et pourtant… Pourtant, quand tu vois comme les gens sont plus détendus dans un pays où la politesse est la norme dans les relations, que tu vois comme ça te met de bonne humeur quand tu as une interaction agréable avec quelqu’un dans la rue, dans les transports. Ou alors, c’est moi qui suis Bisounours mais ça me rend de très bonne humeur, quand le caissier ou la caissière de ma supérette est poli, s’il est de bonne humeur et chantonne ou fait une blagounette… Ben, ouais, ça fait une différence. Vous n’imaginez pas quel niveau de bonheur j’atteignais au Québec, quand il était normal de saluer le chauffeur, que les serveurs te tapent gentiment la causette parce que c’est normal mais qu’ils s’imposent pas non plus. Tu oublies ton réflexe de jouer à la plus connasse pour pas te faire avoir.

Connasse est la parfaite illustration de "l'adoration" autour des personnages détestables (j'ai détesté le peu que j'ai vu)

Connasse est la parfaite illustration de « l’adoration » autour des personnages détestables (j’ai détesté le peu que j’ai vu)

Mais au fond, est-ce si grave ? Oui, parfois, c’est gonflant de voir un mec arriver en même temps que le bus et pousser tout le monde pour pouvoir s’asseoir alors que vous qui étiez là bien avant devez un peu pousser les gens pour avoir une mini place mais après… Après le trajet va durer quoi, 15 mn ? 20 mn ? Une goutte d’eau dans ma journée. Par contre, si je m’énerve, la tension va bien me durer une heure ou deux. Et vous aurez noté qu’en général, quand on est de mauvaise humeur, on peut causer mal à quelqu’un, tout prendre mal, c’est un cercle vicieux.

mauvaise-humeur

Etre gentille… Résolution des 36 ans, tiens. Et franchement, ça va pas être si facile.

* Ce stage de yoga va finir par devenir “Cosette chez les yogi”, j’ai l’impression… Faut dire que je suis tellement retombée en amour avec le yoga depuis mon expérience marocaine que j’ai beaucoup de rancœur contre la prof qui a failli m’en dégoûter.

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Remplacer le besoin par l’envie

Est-ce le mauvais temps ? Cette pluie incessante qui nous rince depuis des mois et des mois, ne nous offrant que quelques jours de répit ? Toujours est-il que je ressens comme une tension, une grande envie de rupture entre les salariés et les entreprises. Entre les sphères dirigeantes et les sphères salariales, ça passe plus très bien. Je vous propose donc une petite trilogie d’article sur le sujet, histoire de.

Quand on était petit, on nous demandait toujours quel métier on avait envie de faire plus tard. Moi, selon les jours, je répondais écrivain, architecte, archéologue, prof, coiffeuse ou assistante sociale (mais je savais pas trop ce que ça voulait dire). J’ai même caressé l’idée pendant une dizaine de jours de devenir opticienne parce que les illusions d’optique, c’est ultra cool… Bref, petits, si on nous présente le travail comme un passage obligé (je n’ai jamais entendu un enfant répondre « rien, je veux pas travailler), il était associé à une envie.

25 ans plus tard, je fais un métier qui n’existait pas à l’époque où on me posait ce type de questions et je me rends compte que les enfants qui répondaient hier avec enthousiasme sont complètement blasés. Écoutez vos collègues, vos amis, lisez les forums ou les blogs. Écoutez la longue litanie des soupirs, des « j’en ai marre de ce taf/de cette boîte », « j’ai pas envie d’aller bosser » qui ne tiennent pas du caprice mais bien d’une lassitude. Entendez ceux qui n’en peuvent plus, prêts à démissionner sans avoir de nouveau contrat derrière, les « s’ils me refusent les vacances, je démissionne ! ». On ne travaille plus par envie mais par besoin, pour gagner sa croûte. Faites ce simple test « si tu gagnes au loto, tu t’arrêtes de bosser ? ». Qui vous répondra non sans nuance ? La nuance étant « non mais je vais monter ma boîte » ou « je vais bosser dans une ONG ».

Oh évidemment, ça n’a rien de neuf, mais j’ai la sensation qu’avec la crise, c’est pire qu’avant. Ça m’agresse. Non parce qu’en tant qu’empathique, les manques d’élans me contaminent. Partout, l’envie a trépassé. A-t-elle seulement existé ? Les joyeux salariés ne sont-ils pas une utopie ? Un mensonge institutionnalisé pour qu’on fasse la roue à la signature de notre premier CDI, qu’on accepte sans broncher de passer 10h de notre journée à trimer ? Et encore, moi, ça va, j’ai le cul posé sur une chaise toute la journée, seuls les yeux ont morflé pour le moment. Quelqu’un croit-il encore à cette mascarade ? Les salariés sourient-ils en dehors des soirées corporate abondamment arrosées, séminaires et photos institutionnelles ? Les RH sont-ils réellement convaincus de nous donner les clés du paradis quand ils nous offrent un contrat ? La seule façon d’être heureux au boulot est-il de créer sa propre boîte ou d’abandonner la moindre ambition, d’exécuter mécaniquement ses tâches en pensant avec envie à nos activités annexes ?

En attendant, salariés et patrons se livrent une guerre insidieuse, multipliant fourberies et coups bas. Parce que oui, autant le dire, y’a des coupables dans les deux camps. Je vous parlerai de ça jeudi et vendredi (parce que mercredi, c’est encore et toujours mariage).

PS : cette trilogie est une facétie de ma part : je la publie pile pour ma dernière semaine de vacances ! Oui, j’aime prendre mes vacances pendant que vous retournez au boulot, tout déprimés.

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SOS Vol 534

Un téléfilm avec un avion en perdition, mon péché mignon.

Un téléfilm sur un avion en perdition commence toujours par une scène anodine sur l’un des personnages clé comme là, on voit un mec, pilote d’avion, qui a eu un atterrissage difficile. On sent le traumatisme et on sent qu’il va prendre un avion qui va mal aller. Tension.

Pendant ce temps là, les gens entrent dans l’avion, on nous présente l’air de rien les personnages : les hôtesses dont Alexandra Paul, la fille sans seins d’Alerte à Malibu, dont on devine qu’elle va être une des grosses héroïnes de l’histoire, un groupe de jeunes un peu foufous, une star, un homme d’affaire bourru et revendicatif, un repris de justice menotté, un jeune couple et une femme enceinte. Tout le monde s’assoit, l’homme d’affaire fait deux ou trois scènes.

L’avion est en retard, tu sens qu’il va y avoir un problème de vérification ou un décollage précipité, un homme de bureau est inquiet car il doit vite faire décoller l’avion et il décide de balancer le monsieur stressé de la première scène en tant que copilote. Le pilote, capitaliste, veut pousser l’avion pour réduire le retard. Toutes les conditions sont réunies pour que ça se passe mal : précipitation, capitalisme et poissard font mauvais ménage. D’ailleurs, des fois qu’on soit un peu cons ou pas habitués au films du genre, on nous montre que la soute à bagage a du mal à fermer. OH MON DIEU MAIS QUE VA-T-IL SE PASSER ? Quand le pilote sort de façon arrogante « il n’y a jamais de hic sur mes vols », tu sais déjà que ça va péter (y aurait pas de film sinon). Et puis tant qu’on y est, les techniciens secouent un peu violemment l’avion en s’y arrimant pour le tracter. Du coup, réel suspense : aura-t-on un problème avec la soute ou avec le train d’atterrissage ?

En attendant que l’avion décolle, nous découvrons qu’Alexandra est un peu troublée par le copilote poissard, on sent qu’elle lui a montré sa culotte. Donc on sait déjà qu’à la fin du film, ils se rouleront une pelle sur le tarmac en se réjouissant du fait qu’ils sont toujours en vie.

Mais n’anticipons pas. Le décollage se passe pas trop mal malgré les commentaires de nos deux hôtesses « ohlala, j’aime pas les décollages, hihi » mais l’avion arrive à son altitude de croisière et les passagers se détendent des fesses. Mais on voit qu’en soute, c’est pas la joie, la porte vibre un peu et un chien qui traîne par là chouine un peu. Bon, ils se refont vite le fessier car y a des turbulences mais les pilotes son sereins, les turbulences, c’est comme les bugs pour nous, les travailleurs du web.

Le vol se poursuit, plein de scènes de papote sans intérêt où les gens dissertent sur leur peur de l’avion ou sur le fait de s’être tapé le copilote. Notre petite Alexandra est tellement stressée à l’idée de le croiser qu’elle va lui amener un café. Oui, bon, stratégie d’affrontement de sa peur, c’est la mienne aussi, on va dire que ça reste cohérent.Ca commence à sentir mauvais, le copilote apprend qu’il est le 13e avion à passer dans une zone de tempête. Oh mon Dieu, là, c’est officiel, c’est la merde. Heureusement que c’est un chien en soute, pas un chat noir.

Mais ils sont malins les scénaristes, ils nous étourdissent avec des histoires de soute, de chien, de tempête, de numéro 13 et d’ex pour qu’on oublie notre repris de justice qui trouve un flingue dans les WC (déposé par un complice). Mais comme le pilote capitaliste continue à faire son connard et veut pas contourner la tempête pour pas perdre de temps, on sent qu’on va avoir une combo repris de justice armé+ tempête + porte de soute défectueuse. Plus un chien énervé éventuellement. Tout ça dans un même téléfilm ? Je suis gâtée.

Mais c’est finalement la porte de soute qui pète, grosse dépressurisation avec papiers qui volent, gens qui crient et hôtesse accrochée à un siège pour pas se faire aspirer mais curieusement aucun masque à oxygène qui tombe. Donc soit les fims des compagnies aériennes mentent, soit ce film est peu réaliste…En tout cas, ça crie, le pilote est assommé, c’est la merde. Au passage, je me suis toujours dit que ce devait être un peu cool de jouer ce genre de scène « allez Coco, aie l’air de te pisser dessus ». Pas de bol, le flic aussi est K.O (le seule passager HS de tout l’avion, c’est VRAIMENT pas de chance). Le vol se stabilise au palier, l’homme d’affaire fait une scène à base de « hé mais vous savez pas qui je suis ! » et le mec du couple est, OH MON DIEU QUEL HASARD, ingénieur en aéronautique donc il va aider nos amis à mener l’avion à destination.

Dans tout film du genre, il y a une accalmie. Genre « huhu, j’ai repris l’avion en main et je vais même aller atterrir en Islande parce que c’est un vol transatlantique, lalala ». Bon, le pilote se réveille et fout un peu le souk mais le copilote l’attache pour le calmer. Tranquille, quoi. Et l’homme d’affaires fout toujours le bordel, il est particulièrement fatigant dans ce film là… Tellement qu’Alexandra fout des calmants dans son scotch pour avoir la paix. Merci Alex ! Mais déjà, super hôtesse doit aller au fond de l’avion car le seul passager qui a une licence de pilote est… Ben oui, notre repris de justice… C’est vraiment le vol de la lose. Du coup, le voilà aux commandes pendant que notre copilote et l’ingénieur en aéronautique vont faire un tour en soute au milieu des papiers qui volent. Question au passage : d’où y a tout un tas de papiers dans une soute d’avion ne contenant que des valises et un chien un peu énervé ?

Le copilote reprend sa place et l’ingénieur descend en soute avec le repris de justice qui sort son revolver et fait « ahah, je voulais détourner l’avion parce que je suis pas trop trop innocent en fait. Mais comme je suis un bon gars, je vous aide, voilà ».

Résumé de la situation par l’hôtesse : « Non mais y a un trou de la taille d’une voiture dans l’avion, on est en pleine tempête et le pilote s’est écrasé lors de son dernier vol ! ». Heureusement, Alex lui raconte sa vie sentimentale parce que c’est tout à fait le moment, oui.

Mais ça chauffe en soute. La star, un sportif qui avait peur de l’avion, rejoint notre duo pour aider à fermer la porte. Là attention, des humains courageux sont proches du vide, il va y en avoir un qui va mourir, c’est toujours comme ça. Nous avons une star, un jeune marié et un repris de justice coupable. Mais qui donc va mourir, hein ? Hé oui, c’est INCROYABLE, c’est bien le repris de justice. Allez zou, dans le vide, aaaaaaaaaah.

Mission réussie, c’est pile le moment où il faut amorcer la descente, incroyable. Mais le copilote devenu pilote a un peu de mal et demande à l’hôtesse de l’assister. Ben oui, piloter un avion, c’est à la portée de la première hôtesse sans brevet de pilote venue, hein… La descente est compliquée, l’aiguilleuse islandaise du ciel est stressée mais à eux trois, ils trouvent les solutions, l’avion descend, descend… Je me demande combien de passagers ont mouillé leur siège à ce moment là du film. En tout cas, ils geignent toujours et crient un peu.

L’avion s’approche sur une musique qui accroît le suspense, est-ce qu’ils vont y arriver ? Evidemment que oui et là, grande liesse, tout le monde applaudit, Alexandra et le copilote n’attendent même pas d’être sur le tarmac pour se rouler une pelle. Les hôtesses disent au revoir au passager, le flic semble un peu embêté d’avoir perdu son prisonnier, l’homme d’affaire remercie Alexandra, un jeune invite l’autre hôtesse à prendre un café. Célébrons la vie, hihi. Scène classique d’un final de film d’avion en perdition avec ambulances sur le tarmac et couple principal qui s’embrasse.

C’est ça qui est magique avec ce genre de film, c’est que t’es jamais déçu vu que c’est tout le temps le même. Je me demande si tous les acteurs télé ont obligation d’en faire un…

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Gomorra, de Matteo Garrone

Par Bobby

Gomorra, c’est un film italien comme on aimerait en voir plus souvent. A travers six personnages, six destins, on entre dans les réseaux de l’enfer de la Camorra, la mafia qui sévit à Naples et s’étend dans toute l’Italie du Sud. Une mafia toute puissante, sur laquelle l’Etat n’a pas d’emprise. C’est elle qui dirige et tire les ficelles : trafic de drogue, textile, recyclage des déchets, banques, guerilla… Tout y passe.

Le film traite ce sujet avec un réalisme choc. Les personnages sont empêtrés dans un système inextricable, où le danger menace à chaque instant, où la mort s’abat sans prévenir sur les individus, où le sang coule parfois à flot sous les yeux des voisins ou des proches.

Un jeune garçon rejoint les rangs d’une armée souterraine, manipulé par tous, deux adolescents font bande à part, armés jusqu’aux dents et immatures à souhait, un jeune homme découvre l’horreur du recyclage et les ravages sur l’envirronement, un homme cherche à s’en sortir dans l’industrie textile en venant en aide à des chinois en secret, et un vieil homme distribue de l’argent aux membres d’une des deux « tribus » adverses, risquant sa peau un peu plus chaque jour.

Je ne vous le cacherai pas, ça finit mal pour chacun d’eux, à des degrés très différents. Chacun se retrouve face à un dilemme impossible à surmonter, que seule la violence peut résoudre, brutale et tragique.

J’ai trouvé, personnellement, qu’un film de ce genre, qui reste une fiction même s’il a une portée quasi documentaire, a bien plus d’impact que les fades docu-fictions dont on nous bassine à la télé. Ce sont tous des personnages, certes, mais des personnages vivants, palpables. Ils nous immergent dans un monde sous tension, et dénoncent une horreur de notre monde, terriblement meurtrière au quotidien, et pas si loin de chez nous.

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