Non, je connais pas, j’ai plus la télé

Septembre 2014. Profitant de mon intercontrat, je révolutionne mon appart pour gagner plus de place et parce qu’un nouveau départ, c’est bien de le signaler aussi par son ameublement. Durant une des manoeuvres, je bousille la télécommande de ma sfr box. Désomais, je ne peux plus regarder que la chaîne mosaïque avec TF1 format timbre poste. Ah, faut que j’appelle SFR pour leur demander une nouvelle télécommande… ah faut que j’appelle SFR… Ah, j’ai encore oublié d’appeler SFR… Et c’est ainsi que je n’ai plus eu la télé.

eteins-TV

Et ça ne me manque pas. En fait, je n’avais pas une très bonne consommation de la télé : je l’allumais dès que j’approchais de mon ordi et elle tournait. C’est souvent par flemme de zapper et/ou par flemme intellectuelle que je me suis mise à mater de la merde, allant de Secret Story aux Mystères de l’amour en passant par les telenovelas et même quelques épisodiques passages sur Plus belle la vie. J’avais même ouvert un compte Twitter dédié au livetweet légèrement exagéré de ces merdes télés parce que bon, quand même, c’est rigolo. Et je continue à penser qu’il y a quelque chose de drôle, voire d’utile dans certains cas, à caricaturer la télé pour en démontrer les sous textes pervers mais… mais y a tellement plus positif à faire, en fait.

tele-livres

Je n’ai plus la télé. Quand je dis ça, on me regarde comme une sorte d’extraterrestre, une sorte d’intellectuelle gauchiste, sans doute vegan et ultra féministe poilue. J’exagère un peu mais il y a toujours un mouvement de surprise puis un plissement de yeux suspicieux en mode “rah, elle va nous faire chier avec sa propagande anti télé”. Alors déjà, non car je considère que la télé, comme tout autre média, est avant tout ce que tu en fais. Selon ce que tu choisis de regarder, tu peux te laver le cerveau au coca ou apprendre des trucs. D’ailleurs, je n’ai jamais autant regardé Arte que depuis que je n’ai plus la télé. Mais en même temps, pourquoi ne pas avoir la télé ferait de moi quelqu’un de différent, quelqu’un qu’on soupçonne d’être… chiant ?

Intello-vs.-star-du-lycee-qui-gagne-le-mieux-sa-vie

Reprenons. Ma vie, en résumé, c’est rentrer chez moi jamais avant 20h et souvent bien plus tard (pas juste à cause du taf, je vous rassure, j’ai aussi une vie sociale et sportive) donc la télé et ses horaires ne me conviennent plus. Sans parler de ma vie amoureuse : un coup chez Victor, un coup chez moi, comment tu veux que je sois une spectatrice télé assidue ? Sans parler du fait que j’ai toujours trouvé triste de ne pas sortir pour regarder telle ou telle émission. Bref, la télé est un média qui ne me convient pas car avec horaires.

programme-tv

Mais ne plus avoir la télé ne signifie pas non plus “ne plus rien regarder de ce qui passe à la télé”. J’ai pas mal de séries en cours (je suis en train de découvrir The walking dead 6 ans après tout le monde), je mate quelques replays, surtout des reportages… Je regarde des émissions télé, oui, mais je ne regarde plus par défaut, je ne passe plus mes soirées à regarder de la merde en me convaincant que je vais pouvoir m’en moquer sur mon blog donc c’est jamais perdu, non. Et mon horizon culturel s’ouvre… Je connais quasi par coeur tous les épisodes de mayday danger dans le ciel, j’ai découvert des tas de Youtubeurs que j’adore, je consomme de la vidéo, oui, mais différemment. Bon, par contre, pour quelqu’un qui bosse fans le marketing, ne pas connaître les dernières coqueluches télé issues de je ne sais quelle télé réalité de merde ou émission à la con, ça fait un peu tache. Ne pas savoir de quoi on me parle quand on me dit “Y a le client, il voudrait repartir de sa copie télé pour développer un concept sur les réseaux sociaux”, c’est un peu dommage (oui parce que j’ai un adblock aussi, je suis une super e marketeuse). Mais j’ai découvert des tas de gens talentueux qui réalisent des émissions dans leur chambre avec 3 bouts de ficelle et qui prennent la parole comme ils en ont envie, quand ils en ont envie, et nous offrent un spectacle bien plus réjouissant.

francois-theurel

Youtube vs télé… Je vous en reparle la semaine prochaine.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Peut-on rester léger face à  l’effondrement de notre monde ?

Ceci n’est pas un titre grandiloquant.

La semaine dernière, j’ai vraiment été troublée, la goutte d’eau. Depuis quelques temps, l’actualité me rend enragée. Je ne m’étendrai pas sur la politique française et européenne, tout ça n’est finalement qu’un détail par rapport au drame qui touche d’autres personnes, des populations qui vivent au quotidien dans la violence, dans la peur, qui sont prêts à donner tout ce qu’ils ont pour tenter de survivre ailleurs. Leur sort me fait mal, les réactions déconnectées de ceux qui ne comprennent pas ces “poltrons qui fuient la guerre” encore plus et tout le dégueulis raciste qui l’accompagne me rendent folle. Puis il y a eu cet enfant, ce petit corps sans vie, le même âge que Saturnin, à peu près. La goutte d’eau de trop.

pieta

Et à côté, il y a ma vie. J’ai tout pour être heureuse, entre mon mec, ma nièce à naître incessamment sous peu. J’ai la santé, un boulot, je voyage à travers le monde, mon dernier souci fut une fièvre qui m’a clouée au lit dimanche et qui m’a empêchée de profiter pleinement de Victor. Le grand drame donc. Et j’ai envie d’écrire des tas de banalités, rire des facéties de mon neveu, la semaine à 4 qu’on a vécue avec Victor (nous deux et nos deux chats), mes périples… Bref, les petites choses qui font le sel de la vie.

chattes

Mais peut-on vraiment continuer à faire comme si de rien n’était ? Se réjouir de nos petites vies bourgeoises où on peut obtenir tout ce dont on a besoin ou envie, où on surconsomme. On passe nos soirées à regarder des histoires futiles où un homme et une femme s’aiment mais se compliquent la vie pour des bêtises, des gens qui meurent mais on s’en fiche car ce qui nous intéresse, c’est de savoir qui est le meurtrier. On envoie des SMS pour laisser des gens enfermés dans de fausses maisons ou pour qu’ils continuent à chanter, on regarde les gens qui meurent pour de vrai dans un JT, entre deux pubs pour du Coca ou un iPhone qui coûte plus cher qu’un loyer.

Roger-Gicquel

Peut-on rester léger quand, à côté, des gens, des enfants, voient leur vie réduite en miette ? Qu’ils ne leur restent que des ruines pour espérer se protéger d’un tir de missile ou d’une rafale de kalach ? Peut-on continuer à supporter notre impuissance face à ces drames ? Je veux dire, on peut faire des micro choses, donner de l’argent, apporter un peu de chaleur aux migrants sur notre territoire mais n’est-ce pas déjà trop tard pour eux ? Pour un qui a réussi à arriver sain et sauf sur nos plages, combien sont déjà morts ? Trop tard, trop tard. Evidemment, dès qu’il n’y a plus gaz ou pétrole, les défenseurs des Droits de l’Homme détournent le regard…

les_3singes_de_la_sagesse

Vous me direz que ce n’est pas la première fois que l’Humanité traverse ce genre de crises et que les migrations importantes de populations fuyant une guerre sont presque un phénomène séculier. Il y a 80 ans, c’étaient les Espagnols qui traversaient les Pyrénées pour venir chez nous. Et puis même, si on parle de migration, il suffit d’aller faire un tour du côté de Lampedusa et visiter son musée des Invisibles pour bien voir que ça ne date pas non plus d’hier.

Lampedusa_SOS

Et peut-être qu’on a justement besoin d’un peu de futilités, de petits bonheur, pour ne pas sombrer dans le désespoir ? Je sais pas…

Rendez-vous sur Hellocoton !

Attention ne pas flirter dans l’open space

Il y a quelques temps lointains, je chantais les louanges du crush de bureau, vous savez, ce petit palpitement provoqué par un(e) collègue bien à votre goût que l’on entretient de loin en loin pour avoir une bonne raison de se lever le matin pour aller au travail et toujours paraître au mieux. C’est mignon, c’est frais, ça donne le sourire. Sauf que je n’avais pas pris en compte un élément dans ma petite histoire : les pipelets.


Oui, pipelets parce que les mecs, ce ne sont pas les derniers à bavasser. Voire même les premiers. Avant, j’avais un pouvoir magique, celui de voir, et particulièrement les connivences entre deux êtres qui se cherchent et se trouveront peut-être dans le secret de l’intimité. Je sais pas, j’y serai pas. Mais en général, je partage assez peu mes observations sauf avec mes plus proches collègues car je suis pas une cancanière. Enfin, pas trop… Quand je veux lancer de fausses rumeurs, je dis les choses haut et fort et personne ne me croit. On en rit et on en oublie. Mais depuis qu’on a déménagé, on m’a mis dans un coin où mon pouvoir ne sert très peu puisque je n’ai dans mon angle de vue plus que 4 personnes, tous les autres sont dans mon dos. Heureusement que j’ai un pouvoir annexe : celui d’attirer les pipelets qui me racontent tout. Même quand le tout est le fruit de leur imagination.


Quoi qu’il en soit, la vie d’une entreprise tourne aussi autour des ragots échangés autour de la machine à café et là, attention, c’est parti pour le quart d’heure jugement où les personnes impliquées dans le flirt peuvent être vues comme des garces (“elle drague un mec marié alors qu’elle le sait”), des salauds (“il est en couple mais répond à ses avances”), des queutards (“il se tape n’importe qui dans la boîte, il paraît qu’il a déjà eu une liaison avec Jasmine de la compta/ Kevin du service marketing”…). Rare sont les idylles naissantes, réelles ou supposées, qui ne font pas l’objet de commentaires chuchotés à la cantine et étouffés sous quelques pouffements mal venus.


Parce que faudrait voir à pas oublier deux choses :
– ça ne nous regarde pas.
– nombre de couples se rencontrent au travail, près d’un couple sur deux (mais ça varie selon les statistiques) donc une idylle naissante entre deux dossiers n’a rien de surprenant.


Oui, certes, mais ça n’empêche pas la discrétion. Surtout si l’un des deux est déjà en couple de façon on ne peut plus officielle. Parce que si on a le droit de se conter fleurette dans l’open space (cadre teeeellement romantique), il ne faut pas oublier que ce petit jeu de séduction est une pénétration de la sphère privée dans la sphère professionnelle et ça n’a rien à faire là. Oui, on parle un peu de nos vies privées entre nous, je sais qui est en couple ou qui ne l’est pas, on a des anecdotes mais on en parle entre nous, à la cantine ou en pause. Dans l’open space, on drague pas, on bosse. On rigole aussi mais le problème d’une séduction repérée, c’est qu’elle trouble : sont-ils au top de leur concentration ? A-t-on vraiment envie de voir ça ? Et surtout, si l’une des personnes est en couple comme déjà évoqué, ne sommes-nous pas malgré nous complices d’un adultère possible ?


Quoi qu’il en soit, ça occupe, ça génère de la discussion. Au mieux ça amuse, au pire ça agace. Mais finalement, n’est-ce pas humain ? Tous ces gens passant leur journée ensemble enfermés entre 4 murs, ça finit bien par susciter des rapprochements. C’est le principe même de base de Secret Story et autres TV réalité. Et puis aussi incroyable que ça puisse paraître, les flirts de bureau peuvent se transformer en réelle love story. Genre je connais un couple qui s’est rencontré sur le lieu de travail et ça fait maintenant 35 ans. Même que ce sont mes parents et qu’ils ont bien fait de se foutre du “no zob in job”. Mais même si chacun fait ce qu’il lui plaît, n’oublions pas ce bel adage : pour vivre heureux, vivons cachés.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Les souris sont des hommes

Dimanche soir, petites heures de la nuit, je tapote négligemment sur mon clavier en attendant le sommeil. Bon, en vrai, je joue sur King, ce site est une horreur de chronophagie. Bref, comme tous les dimanches, il est tard et je n’ai pas sommeil, la télé tourne un peu au hasard, sur la chaîne où je l’ai laissée. Quand soudain, Télé m’annonce Secret Story. J’aurais bien zappé mais j’étais un peu trop dans ma partie, on va dire qu’on va laisser tourner.

Et en fait, j’ai bien fait. Je n’avais quasiment jamais regardé, juste un peu l’an dernier et j’avais trouvé cette émission d’un profond sadisme. En fait, je vous résume la fois où j’ai regardé (oui, je n’ai vu qu’un épisode mais le pire, je crois) : pour une obscure raison, Cyril et Alice sont enfermés dans une pièce et espionne les autres. Ces derniers pensent que les deux enfermés sont partis. Or Cyril a entamé une liaison avec Alexandra et Alice avec Matthias. Et là, « la voix », sorte d’ersatz d’un Dieu sadique, demande à Matthias de séduire Alexandra (sans savoir que sa moitié ainsi que celle de la demoiselle sont toujours là, donc). J’étais effarée. Comme je bossais à l’époque sur le site people de TGGP, j’ai aussi appris que cette même voix avait demandé à Matthias de demander à Alice de venir vivre avec lui (mission acceptée) mais Cyril, lui, a refusé de larguer Alexandra pour 10 000 euros. Alors qu’elle était super chiante comme fille.

Bref, dimanche, je regarde et voici un peu le topo, c’est compliqué, il y a des milliards de candidats, des cachés dans une trappe qui rentrent et sortent au gré de la voix et essaient d’éliminer des autres et de découvrir leur secret car ils les espionnent via un écran de télé. Donc samedi, il y a eu l’élimination de Daniela dont je ne sais rien à part qu’elle était vulgaire mais c’est une constante de cette émission. Elle a été victime d’un complot de Léo, qui est un des infiltrés. La voix a profité de la soirée des éliminations pour dégager
Léo que personne n’aimait et mettre à sa place Angie, une fille très naturelle, pas du tout refaite de la tête aux pieds, et Romain qu’est beau gosse. Et puis là, on fait rentrer un type qui n’était pas dans l’émission jusque là, qui s’appelle Martin. Dans le sas de la maison, la voix explique à Martin qu’il va devoir remplir une première mission : faire croire qu’il est le mec de Cindy. Une nana qu’il n’a donc jamais vu de sa vie. Donc Cindy l’attend dans l’entrée et ils mettent au point leur plan. Bon, voilà, le reste de l’épisode est globalement sans intérêt, les absents se font casser du sucre sur le dos comme toute bonne émission de télé réalité (et comme dans la vie), ça se drague, les filles rivalisent de classe et d’élégance (ahahah)…





En fait, cette émission a quelque chose de fascinant. En fait, les secrets de base, on s’en fout : avec le net, ils durent au mieux 2h. Ce qui est plus marrant, ce sont les nouveaux que la prod via la voix impose aux candidats. J’ai trouvé assez énorme qu’un mec entre dans un jeu et se retrouve au rang de petit ami d’une nana assez vulgaire (mais oui, ok, elles le sont toutes). J’aime ce côté un peu manipulation de tout le monde qui se ment juste à l’arrivée pour gagner de la tune. Sexe, argent et manipulation, c’est un bon cocktail. Sauf qu’évidemment, c’est présenté par Castaldi qui me donne toujours envie de le frapper. Ce mec me paraît faux mais d’une force ! Je suis totalement persuadée qu’il n’est absolument pas sympa et qu’il manque totalement la dimension 2nd degré de ce show. Quant aux candidats, c’est la foire au plus pseudo trash vulgaire. Toutes les nanas ont posé seins (siliconés) à l’air dans Entrevue, FHM et co, elles manquent terriblement de raffinement, d’humour 2nd degré et je ne parle pas de la maîtrise approximative de leur français. Et chez
les mecs, ce sont exactement les mêmes, la silicone en moins. Genre le Romain, là, il est beau gosse de prime abord mais après trois jeux de sourcils genre « je suis trop un ténébreux », on se rend compte qu’à part choper de la dinde en boîte le samedi soir, il n’a rien de bien intéressant à offrir. Mon chouchou étant Léo, un ex SDF si j’ai bien tout suivi, qui se la joue grand machiavélique et qui n’a pas tout à fait tort vu qu’il a réussi à éliminer Daniela juste en manipulant les gens. Mais bon, aux pays des idiots, c’est pas bien difficile d’être le plus manipulateur.

Bref, je regrette finalement que pour cette émission, ils recrutent pas des candidats d’un meilleur niveau, genre des mecs supra cynique sur l’émission, qui sont parfaitement conscients de leur rôle de rat de laboratoire et essaient de battre la voix à son propre jeu même s’ils ne peuvent pas communiquer entre eux. Parce qu’avec des gens un peu plus… heu… on va dire évolués et sans Benjamin Castaldi, ce jeu pourrait être un pur monument de manipulation mâtiné de sadisme. Et là, je peux vous jurer que j’en raterais pas un
épisode !

Rendez-vous sur Hellocoton !

La télé nous prend-elle pour des cons ?

Il y a des jours où je suis émerveillée par la télé française, en particulier les émissions genre télé réalité mais pas comme la Star Ac (déjà que…) mais ces espèces d’émissions documentaires avec de vrais gens dedans comme « on a échangé nos mamans » ou je ne sais plus quoi d’autre. Facile à faire, pas cher, tout bénef’ pour la chaîne.

 
L’autre soir, je regarde distraitement la fameuse « on a échangé nos mamans », une émission qui me fascine, ou presque. Ce n’est pas l’émission en elle-même, c’est le
concept. Comment on peut décemment accepter de se prêter au jeu ? Comment peut-on accepter de faire subir à ces gamins (souvent petits) ce traumatisme ? Je me souviens d’une femme qui pleurait toutes les larmes de son corps car elle abandonnait son bébé. Oui, il faut savoir que dans cette émission, on aime les femmes qui pleurent. Mais là, désolée, je vais pas être triste pour elle, je n’ai jamais entendu dire que les gens participaient de force à cette émission. Donc je me demande ce qui pousse les gens à faire ce genre de truc, d’autant qu’on sait très bien que les deux familles seront montrées du doigts : parents trop laxistes contre parents trop autoritaires, toujours ! Il y a plus ou moins les gentils et les méchants. A la limite, je veux bien croire que ces familles veulent montrer leur façon de vivre et devenir un modèle du genre mais je crois surtout que c’est la seule volonté de passer à la télé. Vous noterez que j’ai pas d’enfants mais je crois que je ne voudrais absolument pas les foutre devant une caméra. Non mais ils doivent être un peu traumatisés, quand même…

Ceci étant, je me demande dans quelle mesure tout ça n’est pas complètement bidon. Dans l’émission que j’ai vue, deux familles sur les quatre (sur deux épisodes) n’avaient pas la télévision. Et là, je tique : mais comment ils peuvent participer à une émission de télévision qu’ils ne regardent pas ? En connaissent-ils même l’existence ? Y avait par exemple un couple avec dix enfants très vieille France (mais alors vieille, même Jeanne Calmant n’a pas connu) : mais comment ces gens ont-ils pu avoir vent d’une telle émission ? Arrêtez de vous foutre de nous, là, c’est trop gros. Et puis, le schéma est toujours le même : les nouvelle mamans ne s’entendent pas avec le conjoint de leur remplaçante, elles passent leur temps à dire : « je ne comprends pas comment ils peuvent vivre comme ça ! » mais elles adorent les enfants qui, en général, le leur rend bien. Enfin, les petits, les ados, ils sont plus cons. En général, les enfants des « méchants » adhèrent aux principes de vie de la gentille maman mais l’inverse n’est pas vrai. Et puis les mamans, elles pleurent, elles pleurent, tout le temps. Et qu’est-ce qu’on aime les montrer ses larmes de crocodile, on les passe même au ralenti, au cas où le spectateur n’aurait pas compris. Déjà, là, oui, la télé nous prend pour des cons. Sur cette émission, j’avais vu un arrêt sur image avec un participant qui expliquait que le montage ne montrait que les conflits, les engueulades, les personnes sont caricaturées au possible. Exemple : la scène importante de l’émission, c’est quand les mamans arrivent dans la maison vide et découvrent leur nouvel univers. Mais comment on peut laisser une inconnue pénétrer notre univers comme ça ? Ça me dépasse. Et même, pour la bonne femme qui se retrouve dans une maison inconnue toute seule, c’est d’un glauque… Donc l’équipe tourne et pousse la maman à commenter la décoration et le « manuel de vie », un petit texte présentant la vie quotidienne de la famille, soigneusement rédigée par l’équipe qui souligne bien les différences de vie. Genre la maman athée lit le manuel de vie : « nous faisons la prière tous les soirs avant le repas, c’est impératif. » Et là, forcément : « Non mais c’est quoi cette famille ? ». Et si la nouvelle maman peut dire que l’autre famille a une déco de merde, c’est génial, c’est vendeur, c’est top. Tout ça est trop gros pour être vrai.

Autre émission qui m’a interpellée, un truc tout nouveau appelée « les bonnes manières ». Alors, là, c’est le défilé des clichés ! En gros, on prend des nanas totalement vulgaires pour en faire des demoiselles de la haute société. Les trois quarts sont blondes décolorées, elles se maquillent à la truelle et disent « putain, ta race comme je le kiffe trop » toutes les trois minutes. Evidemment, elles sont coiffeuses, vendeuses ou secrétaires et mâchent du chewing gum, ce qui donne : « Oh putain, gniak gniak, comme elle me prend trop la tête, gniak gniak. Ça me saoule, gniak, gniak, putain ta mère ! ». Et puis ces pauvres filles sont moches. C’est pas charitable de dire ça, je sais, mais c’est vraiment le prototype de nanas que je trouve pitoyable, qui croient qu’un haut pailleté moule-bourrelet et des bottes rend sexy. Aucune classe, aucun charme. Mais que de rimmel ! Je suis sûre qu’elles perdent trois kilos au démaquillage. Et puis alors les deux coiffeuses ont une coupe de cheveux, aïe ! Moi, ma coiffeuse, elle est classe, j’adore sa façon de s’habiller (dans le style cop copine) elle a une coupe parfaite… orange mais ça lui va bien. Là, nos deux coiffeuses ont des cheveux épouvantables, fourchus, coupés à la tronçonneuses avec des racines très visibles. Je veux pas dire mais si une fille m’accueille comme ça dans un salon, je pars en courant. Enfin, quand je vois ça, je me dis que je suis contente de pas être coiffeuse, je pense que je l’aurais mal pris…

Et alors on y va dans les clichés : la fille de Marseille qui rêve de se marier et de faire des enfants, la lesbienne de Montauban, la nana du 9-3, la merdeuse parisienne qui allume tout ce qui bouge, même la plante verte, la beurette de Barbès qui fout la merde. Oui parce que la sauvageonne est forcément colorée, c’est M6… Et là, je me dis : non mais ils se foutent de nous ! Prenons le cas de Céline, la tellement garçon manquée qu’on dirait vraiment un mec, elle n’a même pas de seins. Ceci étant, dommage que ce soit pas un mec, il aurait été bien mignon. Cette demoiselle est l’une des plus sympathiques du lot, essentiellement parce qu’elle ne parle pas, ce qui lui évite de dire « putain sa race » tous les deux mots. Ceci étant, qu’est-ce qu’elle fout là ? La gagnante de l’émission doit participer à un super bal genre le bal des débutantes… Notre amie masculine n’a jamais mis une robe de sa vie, j’ai du mal à croire qu’une telle personne ait envie de participer à cette émission. Des 8 candidates, y en a qu’une qui me paraît vraiment jolie et peu vulgaire, mais elle ne parle pas beaucoup non plus.

Côté « aristocratie », que dire ? Les profs ont tous un balai dans le cul et puent la naphtaline. Y a une dame qui les invite à un cocktail dans un château voisin, c’est vraiment la vieille aristo cliché, qui ouvre la bouche en rond quand elle est choquée, qui ne cesse de reprendre les candidates gentiment. Alors, il faudra qu’on m’explique, au passage, pourquoi il ne faut pas dire « bonne journée » avant de couper court à une conversation téléphonique. Moi, quand on me le dit pas, je trouve ça impoli. Mais le mieux, ce sont les aristos invités au cocktail de la vieille, des hommes libidineux qui sont « princes de Russie » comme moi, je suis duchesse de Pologne et qui ne sont là que pour se sauter les candidates. D’ailleurs, celles-ci se feront traiter de « filles faciles » par les profs car elles ont fait la bise à nos princes libidineux. Pourtant, aucune coucherie n’a été signalée dans le jardin de la vieille.

Toutes ces émissions me font l’effet d’un « trop ». Trop gros, trop caricatural, c’est pas possible. Bien sûr, une vendeuse de fringues vulgaire à Barbès, ça existe. Evidemment, une famille très vieille France, ça existe aussi. Mais tous ces clichés collés les uns sur les autres dans une même émission, ça me fait douter. Alors je scrute, je cherche la faille. Le travail de montage est nickel, le tout porté par la BO de Requiem for a dream (non mais quel gâchis). Déjà, à l’époque, il avait été démontré que des acteurs participaient à « C’est mon choix ». Non, sans blague ? Je me serais pas doutée, tiens ! Idem pour l’émission de déballage sur une chaîne du câble (RTL9, je crois), des Belges qui récitent bêtement leur texte : « quoi-tu-m’as-trompé ? » « Oui-je-t’ai-trompé. » « Que-je-suis-malheureux, je-ne-pensais-pas-que-tu-me-ferais-ça » « Oui-mais-tu-as-une-petite-bite ». C’est tellement mal fait que c’est même pas drôle.

La télé nous prend-elle pour des cons ? Oui ou alors je ne suis pas en phase avec les gens qui ne ratent aucun numéro de cette émission, en tirant des leçons pour leur vie. La seule leçon que je retiens, moi, c’est que je n’exposerai jamais mes gamins comme ça. Enfin, ces émissions marchent, c’est donc que les gens y croient… A moins que ce soit moi qui suis trop parano.
Rendez-vous sur Hellocoton !