Etre une femme sur le web : la curée

Semaine dernière, je traînasse mollement sur Twitter entre deux dossiers quand je vois fleurir un article “une Youtubeuse quitte momentanément Twitter après des menaces de meurtre et de viol”. Whaaaaaat ? Alors la Youtubeuse en question, je la connais très bien puisque je suis ses oeuvres vidéo, il s’agit de Ginger, une féministe assumée qui n’hésite pas à monter au créneau. Ici, elle avait expliqué en une demi douzaine de tweets qu’une miniature de vidéos de Squeezie posait problème dans le message qu’il délivrait à son audience (plutôt très jeune) et vlan, des kilotonnes de merdes déversées sur sa gueule. Car oui, être une femme sur le web, c’est souvent s’en prendre plein la gueule pour pas un rond.

ginger_force_adaptation_ être une femme sur le web

Je vis évacuer la dimension “féministe” pour aujourd’hui, j’y reviendrai à l’occase mais là n’est pas mon propos. Je vais juste parler des femmes qui ont l’outrecuidance de s’exprimer publiquement. Commençons par les blogueuses et vlogueuses mode et beauté, exemple ô combien parlant car elle s’en prennent systématiquement plein la gueule. “Idiotes”, “superficielles” et sans parler des attaques sur leur physique, le summum de l’intelligence. Alors je ne dis pas qu’elles sont toujours irréprochables mais sérieusement, arrêtons trente secondes. Une femme qui se maquille peut aussi avoir une culture G bien plus étendue que la vôtre. Quant aux attaques sur le physique… Là, ça touche carrément toutes les femmes. Regardez n’importe quelle vidéo de Youtubeuse et checker les comms, y aura toujours des commentaires sur le physique, soit pour dénigrer, soit des élégantes expression d’un désir brusque de faire des choses sales à la pauvre demoiselle qui n’a rien demandé. Vous avez le droit de ne pas être sensible au charme d’une personne, de là à le lui balancer… Même moi, alors que je n’ai jamais montré ma trombine en ses lieux, je m’en suis pris plein la gueule sur mon physique. Wokééééé…

Voilà, si vous arrivez à juger là dessus, faites-moi signe

Voilà, si vous arrivez à juger là dessus, faites-moi signe

A ce niveau, vous allez me dire que c’est pas grave, qu’il faut pas écouter les cons. Oui mais déjà, à un moment, si tu tapes sur le cuir à répétition, ça finit par l’attaquer. Est-ce que vous imaginez la force de caractère qu’il faut avoir pour réussir à ne pas être blessée par ces attaques incessantes ? Les gros cons limités qui s’attaquent au physique ont-ils seulement conscience du mal qu’ils peuvent faire ? Ont-ils seulement envisagé que la demoiselle qui s’exprime a pu souffrir de complexes physiques graves par le passé, que s’exposer est pour elle une véritable épreuve et que leurs attaques “pour le LOL” peuvent lui faire mal plus que de raison ? Et puis sérieusement, attaquer sur le physique, passé un certain âge, faut passer à autre chose les enfants. Vous n’avez rien d’intelligent à dire sur le fond ? Bah taisez-vous. Et tant qu’on est sur le physique, les remarques sur nos seins, nos formes qui vous mettent en appétit ou sur le fait que ça vous colle la trique et autre joyeusetés, ça ne fait pas plaisir non plus.

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Mais le pire, ce sont les menaces. Parce qu’une femme dit quelque chose qui déplaît, elle se prend des menaces de claques dans la bouche ou pire, de viol. Parce que si on n’est pas d’accord avec l’Homme, c’est souvent qu’on est mal baisées et qu’une bite bien placée nous ferait voir la vérité ou du moins nous dissuaderait de continuer à expliquer en quoi la personne a tort.

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Le problème, in fine, c’est qu’en 2016, on essaie encore et toujours de confisquer la parole aux femmes. Vous allez me dire “oh mais les mecs aussi, ils s’en prennent plein la gueule”. Sincèrement pas autant : ils ne sont pas systématiquement attaqués sur leur physique, sur la profondeur de leurs propos (je suis pas sûre qu’on reproche avec un tel systémisme la superficialité des blogueurs et vlogueurs geeks ou jeux vidéo), sur leur façon de s’exprimer, ils se prennent bien moins de menaces de violence ou de viol dès qu’ils ouvrent un peu leur gueule. La parole de la femme est bien trop souvent dénigrée. Et pourquoi ? Parce qu’une fois de plus, certains refusent à la femme d’occuper une place égale à celle de l’homme sur la place publique (souvent inconsciemment), parce qu’une femme n’aura jamais rien d’intéressant à dire, parce qu’elle sera forcément taxée “d’hystérique”, de “pas pédagogue”, de “mal baisée” et qu’évidemment, elle n’a pas d’humour… C’est fou cette propension d’une classe dominante à toujours vouloir imposer un humour oppressif en refusant de voir ce qu’est le problème.

humiliation

Etre une femme engagée sur le web, c’est dur. Même quand on n’est pas engagées, d’ailleurs. Parfois, on se dit qu’on va juste remballer et partir sur la pointe des pieds, revenir dans la vraie vie ou personne ne nous insulte ou nous menace juste parce qu’on a eu l’audace de partager son avis, de le défendre, de s’affirmer, de souligner qu’un propos de dominant est problématique. Puis on pense aux autres, à celles qui n’osent rien dire, à celles qui se défendent d’être féministes parce que les féministes, ce sont des misandres hystériques (révélation : non). Alors on va laisser Ginger se reposer, profiter des gens de la vraie vie et on va continuer à faire du bruit en attendant. Parce que si ton seul contre argument, c’est attaquer mon physique ou mon sens de l’humour, c’est bien que mon raisonnement est difficilement démontable.

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Quand le bashing est sexiste

Depuis quelques années maintenant, se moquer plus ou moins subtilement des blogueuses mode et beauté est un sport dont certain-e-s ne semblent jamais se lasser. Traquant les demoiselles dans leur moindre faits et gestes (jusque sur AirBnB), essayant de deviner si elles sont toujours avec leur mec ou si elles ont grossi ou maigri. Quoi qu’elles fassent, de toute façon, il y aura toujours matière à critiquer. Ok, c’est le jeu quand on s’expose (non, le coup du AirBnB est flippant, certain-e-s devraient sincèrement consulter) mais il y a un vrai souci derrière…

Upset Teenage Girl With Friends Gossiping In Background

Si vous êtes un minimum connecté, vous devez avoir entendu parler d’EnjoyPhoenix, cette jeune youtubeuse beauté d’une vingtaine d’années qui a été éditée en début d’année et qui participe désormais à Danse avec les stars. Alors je vais être honnête : je ne regarde pas ses vidéos. J’en ai maté une, ça ne m’a pas passionnée. Parce que je n’ai plus 20 ans donc les histoires de lycée*, ça ne me parle plus et je ne trouve pas intéressant de mater un tuto beauté si je n’ai pas le besoin spécifique de me faire un chignon ou un smoky eye. De la même façon que je ne lis pas les blogs mode et/ou beauté ni les pages consacrées à ces sujets dans les mags féminins parce que ça ne me parle pas. Chacun sa came. Mais je défends cette fille bec et ongles sur les réseaux sociaux quand on la descend. Pourquoi ? Parce que le principal reproche qu’on adresse à cette jeune fille, c’est d’être futile… And so what ?

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Sur Youtube et les blogs, on a largement le choix des sujets. Parmi les vidéos que j’aime mater : le joueur du grenier, un mec qui joue aux vieux jeux vidéos moisis en vociférant. Je ne suis pas vraiment une gameuse, très loin de là mais je vous jure que quand vous passez une journée un peu chiante mais que vous n’avez pas le droit d’insulter les gens, écouter un mec proférer toutes les insultes qui vous brûlent les lèvres, ça fait du bien. Le joueur du grenier bénéficie d’une belle équipe rédactionnelle intégrant entre autre Karim Debbache pour qui je voue un véritable culte. Mais si je dois être honnête, il n’y a pas de différence en soi entre Joueur du grenier et Enjoy Phoenix : le sujet de base est futile. Sauf que l’un parle d’un truc plutôt attribué aux mecs et l’autre d’un truc de filles. Et qui va donc s’en prendre plein la gueule sur la futilité de son oeuvre?

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On s’est beaucoup indigné qu’elle publie un livre “tuer des arbres pour de telles conneries, quand même”. Mais c’est quoi le souci ? Il est vrai qu’une jeune fille de 20 ans qui publie une autobiographie, ça me fait toujours un peu rire vu que sa vie est plus largement devant que derrière elle (enfin, je le lui souhaite, en tout cas). Mais j’ai entendu beaucoup moins d’indignation à la sortie de l’autobiographie de Justin Bieber, si je dois comparer une jeune personne écrivant sa vie. Je n’ai pas entendu d’avalanche d’insultes à la sortie de la bio de Ribéry. Le foot, c’est moins futile que le maquillage, apparemment, les arbres sont tués pour une plus noble cause, ouf. Et je parle de Ribéry mais j’aurais pu évoquer Anelka ou Dugarry.

Où ça, aussi

Ou ça, aussi…

Alors effectivement, je n’achèterai pas le bouquin d’EnjoyPhoenix (ni les biographies sus nommées) pour me faire un avis parce que je ne pense pas que ce soit ça l’intéressant. Mais je suis désolée, je ne vois pas pourquoi les arbres seraient plus massacrés pour elle que pour d’autres blogueurs mâles qui ont sorti des livres. Je ne vous ai pas bien entendu hurler sur les arbres tués pour les affiches du film ou des spectacles de Norman, les DVD sur lesquels sont gravés ce film (alors que c’est polluant). Pourtant, entre Norman et EnjoyPhoenix, je ne vois pas plus d’utilité à l’un qu’à l’autre. J’irai même plus loin : je trouve beaucoup moins dangereux d’imprimer la vie de cette demoiselle que des romans comme Fifty Shades of grey qui t’apprend que l’amour, c’est trop bien quand on est soumise à un gros connard pervers narcissique tendance psychopathe.

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Tiens, cette photo m’évoque ça :

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Bref, ce qu’on balance à la gueule d’EnjoyPhoenix aujourd’hui, c’est un peu ce qu’on balançait à la gueule des blogueuses mode d’hier car au fond, ce qu’on leur reproche, c’est d’être superficielles. Oui et ? Leur passion,  c’est la mode ou le maquillage ? Pourquoi c’est mal ? Elles ne font pas des vlogs où elles chassent des animaux en voie de disparition. Surtout que leur passion leur a permis d’apprendre à maîtriser la photo et ou la vidéo. Ce que je suis assez peu capable de faire (photos, ça va mais vidéo…) avec mes passions moins “superficielles”. Si je prends des Betty ou des Garance Doré, on peut se foutre de leur gueule autant qu’on veut mais elles ont fait autre chose qu’aimer la mode, elles ont monté des businesses à part entière. Futiles et superficielles ? Ca, c’est vous qui le dites.

Salut, je suis la meuf qui gagne en un mois ce que tu gagnes en un an. Bisous

Salut, je suis la meuf qui gagne en un mois ce que tu gagnes en un an. Bisous

Le pire, c’est qu’on me répond toujours que non, ça n’a rien à voir avec le sexisme… Encore beaucoup de boulot pour faire ouvrir les yeux, quand même. Non parce qu’on a complètement le droit de critiquer le travail de ces demoiselles mais dans les faits, j’ai toujours vu des attaques sur Marie (EnjoyPhoenix), jamais de critiques un tant soit peu constructives sur son travail. Mais bon, je comprends, c’est toujours plus facile de suivre le troupeau que de s’arrêter pour réfléchir 5 mn.

Ah sinon, dans le genre critique d’un mec qui a quand même un peu lu l’article, qui est un peu mordante mais qui me fait rire :

Et encore mieux, sur la superficialité (avec toujours Masculin Singulier)

*Non, à 20 ans, elle n’est plus au lycée, ce sont de vieilles vidéos

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Folie furieuse de Jérome Attal

Plus jeune, j’ai lu pas mal de chick litt, des romans dévorés en 2h dont tu oublies assez rapidement l’histoire vu que c’est toujours la même histoire : une fille un peu girl next door voit sa vie s’effondrer mais elle rencontre un mec et c’est trop un prince charmant et après quelques péripéties sans intérêt, ils finissent ensemble. Fifty shades of grey est donc un parfait exemple de chick litt, voyez. J’ai dû donc donner l’impression que j’aimais ce genre de littérature (non) puisque j’ai hérité en cadeau de Noël* de Folie furieuse de Jérôme Attal.

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Le principe de base est assez sympa : il s’agit d’un roman de type “ce livre dont vous êtes l’héroïne”, on construit l’histoire en fonction des choix. Commençons donc : c’est l’anniversaire de Meilleure Amie que nous appellerons Agnès car j’ai oublié son prénom mais voilà, souci : on a à la maison Victor, notre fils de 7 ans donc nous voici confrontée à notre premier choix qui implique d’abandonner son gosse pour aller à la soirée d’Agnès parce que bon, elle a 25 ans, on peut pas sécher quoi… Ah oui, voilà, dès le départ, aucun des choix ne me convient, je me vois difficilement abandonner mon enfant fictif de 7 ans quoi… Et ça pose de suite le personnage que je suis censée incarner : une grosse connasse irresponsable et superficielle. Oh que je sens que l’identification va être difficile… D’ailleurs, ça rate pas, au bout de 3 choix, je me retrouve assassinée dans un fossé.

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Bref, les histoires se croisent, on accumule les clichés : notre héroïne n’a pas de fric mais ne s’habille qu’en marques, citées à longueur de pages histoire qu’on comprenne bien du genre : “je m’installe dans l’avion en faisant attention à ne pas froisser ma robe Maje”, par exemple. On peut s’offrir une aventure avec un pote psychopathe, un vieux camarade de classe passé de moche à beau (donc soudain digne d’intérêt vu qu’on est superficielle, souvenons-nous), une rock star, notre meilleure amie, le voisin un peu insignifiant mais finalement pas si mal,l’ex mari qui décide de nous trimballer en club échangiste et un vampire. Et on a des quêtes super intéressantes : se taper un mec beau (souvent connard mais beau) et gagner une robe de mariée Jean-Charles de Castelbajac. En gros, l’auteur a repris les grandes lignes du journal d’Elsa Linux qui semblait n’être qu’un kinky diary où il fallait suivre une liste précise de situations sexuelles (scène lesbienne, sodomie, plan à trois, gode ceinture, fist fucking, gang bang, cock ring, soumission et un peu de masturbation entre 2 séances de baise) et le jeu Ma Bimbo.

J'avoue, ça fait super envie...

J’avoue, ça fait super envie…

Ce “roman” est intéressant cependant par la vision qui nous donne de la femme ou du moins la vision de son auteur : la femme ne cherche que l’amour, accepte l’inacceptable si le mec est beau, se ruine en vêtements de marque (alors qu’elle n’a qu’un mi-temps et doit élever son enfant) et n’a d’autre rêve que de gagner une robe de mariée haute couture… Mon Dieu mais ce livre est une insulte pour la femme, sérieux ! Et je vous parle même pas du paternalisme de l’auteur. A la fin d’une histoire, l’héroïne finit dans les bras de son voisin avec une petite conclusion “l’amour est peut-être à côté de vous, ouvrez les yeux, les filles (et arrêtez de choisir les beaux connards, prenez le mec lambda)”. Mais on t’emmerde. Par défaut, je ne choisis pas un mec que pour son physique et je pars très vite quand un mec commence à faire son connard, rock star ou pas, donc j’ai pas besoin de ta morale de merde en mode “allez, les filles, je vous livre le secret du bonheur”. Bonheur qui n’est pas obligé de passer par vous, messieurs au passage. Ah oui parce que si notre héroïne finit par coucher avec sa meilleure amie dans certaines variations, ça ne finit pas bien, ce n’est qu’une escapade, elle reviendra aux mâles, rassurez-vous… ou alors elle mourra. Non, je vous jure, c’est vrai…

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Bref, si le concept était intéressant, cette caricature de femme qui se rêve Carrie Bradshaw (on déteste toutes Carrie Bradshaw) m’a violemment donné envie de a) vomir, b) déchirer le livre, c) lui mettre le feu, d) écrire à Jérôme Attal pour lui dire de ne plus jamais, mais alors jamais, tenter de se mettre dans la peau d’une femme. Et s’il s’est inspiré de ces copines pour écrire ça, qu’il change d’amies. Vite.

* Noël… 2013. Je suis si réactive

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Et si on gardait la tête froide, pour voir

Il y a un truc que je déteste, c’est la surmédiatisation et quand on me parle trop d’un sujet, je finis par être énervée. Exemple type du moment : Obama. Oh mon Dieu, le Messie est noir, alleluïa, paix sur la Terre, il va tout régler en un claquement de doigts. Chantons en cœur avec Beyonce et Aretha Franklin avec la même allégresse que les Noirs dans les champs de coton. Copyright Jean-Claude Narcy pour la fin de ma phrase précédente, il rivalise de crétinisme avec Pernault…



A la base, je suis pro O, dans la mesure du raisonnable. Non parce qu’il est Noir, je ne suis pas aussi superficielle, mais parce qu’après 8 ans de Bushisme, on ne peut qu’espérer un mieux et c’était pas avec le ticket McCain-Palin qu’on allait s’en sortir. Quoi que ce serait drôle que Sarah Palin s’exprime un peu plus, on l’entend plus depuis les élections, on s’ennuie un peu. Heureusement que notre humoriste préférée, Ségolène, est là pour faire de la bonne vanne. Donc, Obama a toute ma sympathie et une part de ma confiance pour le moment même si je reste désespérément aussi cynique et blasée en ce qui concerne la politique. De toute façon, je suis comme Martine Aubry, je ne crois pas en l’homme providentiel. Même s’il est Noir.


Quand je regarde le best of de l’investiture, outre la connerie profonde de Narcy et la sensibilité de la Miss France au nom de saucisse, je commence à être lassée et limite effrayée par cet espèce de fanatisme politique autour d’Obama. Déjà, le côté « on n’interroge que les Afro Américains pour nos reportages télé », ça commence à faire. Obama est le Président de tous les Américains, ça englobe les Noirs mais aussi les Asiatiques, les Blancs, Arabes et tout ce que vous voulez. Si ça avait été Hillary à sa place, on n’aurait interrogé que des femmes ? On aurait parlé que de son sexe ? Non alors par pitié, passons au dessus pour commencer. Mais surtout, ce qui est inquiétant, c’est le pouvoir que donne cette ferveur. Et là, remercions le Ciel ou qui vous voulez qu’Obama ait l’air tout à fait sain, équilibré et doté d’un sang froid à toute épreuve. Parce qu’un tel délire populaire, ça ouvre les portes à beaucoup de choses et dans de mauvaises mains, ça peut amener à des choses dramatiques. Non, je ne ferai pas de point Godwin. Mais imaginons trente secondes ce qu’il se serait passé si c’était Obama qui avait déclenché la guerre en Irak y a quelques années, par exemple. Avec le crédit populaire qu’il a, aurait-on vraiment manifesté aussi fortement contre cette guerre (qui a quand même eu lieu) ? Et comme il est Noir, faut pas le critiquer sinon, c’est du racisme. D’ailleurs, je sens bien que je vais finir par me le prendre en pleine tête, c’est suspect que je ne partage pas l’idolâtrie mondiale.


Enfin, ce qui me fait le plus rire, c’est le paradoxe français. Depuis maintenant presque deux ans, on n’arrête pas de vomir sur le côté bling bling de Sarko avec son concert mégalo à la Concorde suite à son élection, et sa nuit au Fouquets, et ses séjours en yacht et sa grosse montre, ses raybans et sa femme. Je suis la première à être gonflée par tout ça, d’ailleurs. Mais par contre, quand Obama fait un super concert pour son investiture avec pléthore d’artistes (et même pas que des Noirs, Obama va apparemment au delà de la couleur de la peau, lui), va à des dizaines de soirées réunissant le gratin people avec un costard somptueux, sans parler de la robe de son épouse. Mais comme c’est Obamaaaaaaaaa, c’est génial, c’est grandiose, comme tout ce qu’il fait. Mais j’avoue que je suis très déçue de pas l’avoir vu marcher sur l’eau, il craint un peu votre Messie.


Le problème, ce n’est pas Obama en temps que personne, c’est le piédestal de 40 mètres de long qu’on lui a bâti qui m’inquiète. Parce que selon le mec qu’on placera dessus, le monde tournera plus ou moins bien. Ou mal. Mais non, toujours pas de point Godwin. Et je vais vous dire, au fond, je plains très profondément ce mec car des espoirs si irréalistes sur ses seules épaules, c’est beaucoup trop. 4 ans pour faire la paix dans le monde, régler définitivement le réchauffement de la planète, se débarrasser de la crise, faire disparaître tout le racisme du monde car les Etats-Unis sont un pays merveilleux et tellement modèle. Tiens, c’est marrant, y a encore 6 mois, il fallait les détester plus que tout. Juste pour info, les crimes raciaux ont augmenté depuis l’élection d’Obama. On est loin du pays merveilleux du melting pot… Bref, il faudrait un peu revenir sur Terre, arrêter de comparer cette élection à n’importe quoi (y a quand même une nana qui a comparé ça à la chute du mur de Berlin, mais au secours !) et prendre Obama pour ce qu’il est : un homme, un politicien entouré d’une équipe, qui a une pile de dossiers bien merdiques à régler. Et surtout, Obama, je vous souhaite bon courage pour faire enfin comprendre aux gens que derrière votre peau noire, il y a sans doute autre chose.

Et hop, un petit lien vers un article qui résume de façon lapidaire le fond de ma pensée.

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Un gars, une fille, et moi et moi et moi ?

Je suis ce qu’on appelle une fille qui découvre des trucs trois plombes après tout le monde genre Un gars, une fille. Tout le monde en parlait à la fac, racontait les meilleurs sketches, moi j’étais dépassée. Mais là, ça passe en boucle sur les chaînes de la freebox donc je profite pour rattraper mon retard. Et pif, tiens, j’en fais même un article.

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Revenons aux origines de la série. Tout est parti du Québec où la série est lancée. Les créateurs de la série décident de l’importer en France et moi, déjà, je commence à tiquer. Non parce que faut voir que le Québec a une culture très différente de la nôtre, quoi qu’on en dise, on avait déjà essayé de nous importer un show à l’américaine avec Julie Snyder qui s’est lamentablement vautré. Dans les rôles principaux, Jean Dujardin, que je connais très vaguement grâce au « Nous c nous » et Alexandra Lamy, que je connais pas du tout. La série démarre,
je la regarde pas parce qu’à la même heure y a les Guignols mais je me dis que ça fera pas long feu de toute façon. Finalement, j’ai eu tort (ça arrive même aux meilleures) et voilà que Loulou et Chouchou deviennent des stars, on est tous des Loulous et Chouchoux. Je commence à jeter un œil un peu, j’ai l’impression de voir Guillaume et moi de temps en temps même si Guillaume n’est pas
macho et coureur (juste mateur même pas discret mais bon, c’est pas grave). Depuis, Jean Dujardin est l’acteur bankable du cinéma français, il joue même les Beigbeder dans 99 francs. Alexandra Lamy joue dans quelques comédies romantiques mais rien de bien trippant. En tout cas, à force de jouer les amoureux tous les jours, ils ont fini par sortir ensemble.

 

Bon, maintenant que j’ai fait un petit historique, je vais vous dire pourquoi j’aime cette mini-série. Outre le fait que je mangerais bien Jean à 16h, je trouve qu’au-delà de la caricature, c’est bien vu. Les traits sont bien évidemment grossis, il est macho connard et coureur, elle est jalouse hystérique et superficielle mais on a tous un peu de chouchou et loulou en
nous. Si je suis pas du genre jalouse, je peux être casse-couille à la Alexandra, superficielle et cancanière comme elle. Mais là où je trouve que la série est terriblement juste, c’est dans la complicité du couple. Ils sont gamins qu’ils n’en peuvent plus mais c’est fou comme en couple, on l’est tous. On se chamaille toujours pour de rire, on a nos petits délires totalement incompréhensibles pour ceux qui ne font pas partie du couple (les autres, quoi). Non mais c’est vrai, les couples ressemblent souvent à des chiots qui se mordent l’oreille pour jouer. Ouais, elle est pourrie ma comparaison mais vous voyez l’idée quoi.

Autre chose que j’aime beaucoup dans Un gars, une fille, c’est l’appétit sexuel d’Alexandra. A bien y regarder, deux fois trois, c’est elle qui allume son mec et pas l’inverse et ça, ça me fait plaisir. Et oui, les filles ont aussi des désirs et c’est normal. D’ailleurs dans un épisode, elle menace son mec de faire la grève du sexe et il lui répond du tac au tac : « ouais, c’est ça, tu te lasseras avant moi » et elle lui fait : « Ouéééééééééé, c’est vrai ! ». D’ailleurs y a pas mal de sexe dans la série et de façon pas du tout sous-entendue, plusieurs scènes tournent autour du coït (bon, ça reste soft comme image, on les voit pas en pleine levrette non plus), ça baise, ça parle cul, pipe et même sodomie. Si ! Dans

un épisode, Alex a une grosse gueule de bois et son mec lui raconte à l’oreille ce qu’ils sont censés avoir fait la veille et elle lui répond « ah ben non, ça m’étonnerait ! » « Pourquoi ? » « Parce que c’est à la tête que j’ai mal ! ». Pour une série diffusée à l’origine en access prime time, c’est quand même super osé. Ségolène Royal s’était d’ailleurs émue d’un épisode où Alex convainquait son mec d’aller dîner chez sa mère en lui faisant une fellation. Pourtant, soyons honnêtes, c’est le quotidien d’un couple. Le sexe en fait complètement partie et je trouve ça très bien de ne pas zapper ce gros dossier.

Bon, évidemment, tout n’est pas rose, hein. La plupart des sketches me font marrer, certains sont pas bons mais au vu du volume, le contraire aurait été étonnant. Je regrette juste la fin, du gros n’importe quoi puisqu’ils plaquent tout pour partir vivre à Ste Anne (l’Ile, pas l’hôpital psy). Quand on voit comment Jean est un acharné du boulot pendant toute la saison, qu’ils viennent d’acheter une maison et tout, je trouve dommage que sous prétexte de mettre des décors plus sexy, on gâche le plaisir de retrouver les petites histoires de ce couple ordinaire en se disant que tel sketch nous rappelle quand avec notre chéri(e) à nous, on a vécu une situation similaire.

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Je crois que je t’aime…

Par Jane

C’est drôle, quand j’ai demandé à Nina comment on pouvait traduire « je suis amoureuse » en version amicale, nous sommes tombées sur une faille linguistique. Il n’y a rien. « Je suis amicale », oui, certes, mais ce n’est pas ce que je veux dire. Reprenons donc le « je suis tombée en amour » de nos cousins québécois, ce qui donnera « je suis tombée en amitié ».

Non, ça ne fait même pas mal! Et même plutôt du bien.

L’amitié, c’est quoi? Une forme d’amour, ni plus ni moins. Mais un amour auquel on aurait enlevé toute la dimension sexuelle et l’attraction des corps. Non parce que faut pas non plus déconner, je ne couche pas avec tou(te)s mes ami(e)s pour leur prouver que je les apprécie. Se dévouer, parfois c’est bien, mais pas toujours totalement nécessaire… Et l’amitié quand il y a une attirance physique, ce n’est pas de l’amitié. « Non, je ne veux pas franchir le pas avec Maurice, ça gâcherait notre amitié », quelle excuse bidon! S’il y a attirance pour Maurice, ce n’est clairement pas de l’amitié. On se contente d’amitié en espérant qu’un jour il se rendra compte qu’on en voudrait bien un peu plus.

L’amitié, c’est être là pour l’autre. Sans juger. Ok, on peut parfois dire « écoute, tu ne vas pas aimer, mais je pense honnêtement que tu déconnes là » Ce n’est pas juger, parce que quelle que soit la décision de l’autre, ça ne changera rien au regard qu’on porte sur elle/lui. L’image de l’autre ne compte pas. Je suis parfois profondément superficielle, mais je ne crois pas à la grande love story avec un homme qui ne me plaira pas un minimum. En amitié, l’image, on s’en fout. Ma meilleure amie m’a vue en jogging indatable, les cheveux en vrac, le maquillage ayant coulé. Mes exs, assez
rarement (ça fait beaucoup d’un coup à encaisser quand même) Je lui ai tenu les cheveux un soir d’abus alcoolique, sans qu’elle perde une once de glamour à mes yeux, parce que je m’en fous royalement! Je connais la beauté intérieure de mes amis, et c’est tout ce qui compte à mes yeux.

Une autre amie a été mon point fixe lors d’une rupture douloureuse. Elle m’a inlassablement écouté rabacher les mêmes idioties pendant un temps fou. Elle m’a inlassablement rassuré. Elle est inlassablement là quand j’ai besoin d’elle pour me dire que si si, je suis quelqu’un de génial, ou que là, je joue avec le feu. Je sais qu’elle a parfois (dire toujours me ferait vraiment trop mal à l’ego) raison, mais elle ne se formalise pas quand je décide de me casser la gueule toute seule comme une grande. Et elle ramasse les morceaux. J’essaye d’en faire autant pour elle.

Paradoxalement, je suis bien plus exigente en amitié qu’en amour. Peut-être justement à cause de ce détachement de l’image. Nos personnalités doivent être compatibles. Se compléter et s’harmoniser. Je dois apporter quelque chose à l’autre, et vice et  versa. Et comme je suis atrocement rancunière, je ne pardonne pas les faux pas. Oui, c’est bête et méchant. Mais comme en amour, j’ai eu des ruptures amicales très douloureuses. le moment où on se rend compte qu’une personne qu’on croyait être une amie nous lache. Je digère ces ruptures là beaucoup moins bien que les ruptures amoureuses. Parce que la personne avait toute ma confiance, et en a abusé. Ou parce que j’ai beaucoup donné, pour me rendre compte qu’il n’y a personne en face quand j’ai besoin d’une épaule solide et affectueuse. Je ne marche pas au compteur, mais parfois, un minimum syndical est exigé.

Je me rappelle d’une amie pour laquelle j’ai mis ma vie entre parenthèses pendant de longs mois. Elle traversait une période difficile, se retrouvait sans rien, et complètement désarmée. j’ai canalisé sur moi pas mal de l’énergie négative qui l’entourait. Elle s’est servie de moi quand elle en avait besoin, et a du jour au lendemain arrêté de répondre à mes appels, alors qu’elle s’était relevée, et que j’aurais eu besoin d’elle à mon tour. Etrangement, quand on me donne de ses nouvelles, et qu’on me dit qu’elle voudrait me revoir, je réponds que je n’ai aucune envie qu’elle revienne dans ma vie. La rupture fut trop douloureuse.

Maintenant, les gens que j’aime d’amitié, je le leur dis. Autant j’ai du mal à dire « je t’aime » en amour, autant ça me vient facilement en amitié. ca peut parfois surprendre. Non, le fait que je te dise que « je t’aime toua tu saiiiiiiiiiiis » ne veut pas dire que « j’ai envie qu’on milite pour le mariage gay une fois qu’on aura notre labrador chérie, tu fais quoi ces 20 prochaines années? » Ca veut juste dire « ton amitié m’est précieuse, j’apprécie tous les moments qu’on passe ensemble et notre complicité. J’aime ce que tu es, ta personnalité, et tu as une place importante dans ma vie. » Parce que des fois, c’est bien de dire aux gens qui nous entourent qu’ils comptent pour nous… et qu’on les aime!

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Le dilemme du savon

Aujourd’hui, c’est férié, certains d’entre vous seront à la mer ou en vadrouille parce qu’il fait beau. Devais-je donc m’abstenir d’écrire sous ce prétexte fallacieux que la plupart d’entre vous ne seraient pas là, oubliant ceux qui jetteront un œil par ici, espérant un nouvel épisode des tribulations de Nina ? (oui, j’aime penser que votre vie tourne autour de moi). Naaaaaaaaaaan !

 

Ceci étant, qui dit jour férié dit article léger. J’aurais bien fait une BD mais j’ai pas mon matériel (mouahahah !). J’aurais bien fait une photo de mon maquillage mais j’ai pas tout chez mes parents. J’aurais bien fait une photo de ma nouvelle coupe mais c’est demain que je vais chez le coiffeur. Bon, j’ai pris une photo de mes cadeaux d’annif mais bon…

 

Alors aujourd’hui, j’ai décidé en mon âme et conscience de faire un post de pouffe. La vraie pouffe, celle, superficielle, qui se pomponne et tout ça. Aujourd’hui, je vais vous parler d’un terrible dilemme que je vis tous les jours. Le dilemme du savon.

 

En tant que fille, je fais attention au savon que je choisis. Il doit sentir bon et faire la peau douce et la nourrir, la protéger. Non parce qu’une peau, c’est fragile, quoi. Alors je suis sous ma douche (lalalala), je suis mouillée et voici l’heure de se savonner. Qu’avons-nous actuellement en rayon ? Un Dove classique, sent bon le savon et rend la peau bien hydratée. Sinon, j’ai deux Bourgeois, un aux billes de bambou pour raffermir la peau (été oblige) et un aux extraits de gingembre pour exciter les hommes (hihihi). Ensuite, j’ai aussi un savon lush qui sent bon le savon et un savon Nuxe qui donne des orgasmes à ma peau. Alors lequel choisir ? Tout dépend de ce que je vais faire après ma douche. Si rendez-vous galant, on va mettre le truc au gingembre, sinon, c’est selon mes humeurs.

 

Sortie de la douche, une fois séchée, il est (encore) temps de m’occuper de ma peau. Alors que vais-je lui faire ? J’ai le choix entre mon hydratant Mixa Bébé, mon hydratant auto bronzant Dove et mon huile précieuse Nuxe. Bon, alors, j’ai mis de l’hydratant hier, je pourrais mettre de la Nuxe aujourd’hui ou alors la garder pour quand j’aurai ouverture parce que ça fait la peau tout douce ? Avec quelle odeur je veux dormir ? Avec quel savon ça se marie le mieux ? De quoi à besoin ma peau ? De couleur ou de douceur ou les deux ?

 

Bon sang, être une fille, c’est difficile. Alors, certes, je pourrais arrêter d’acheter savons et hydratants mais je suis une fille. En plus, cette semaine, faut que je m’achète le nouvel amincissant L’Oréal avec le truc qui fait rouler/palper !

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Fille désespérée cherche homme sur blog (et aussi 2nd degré)

Par Emma et Nina 


           Presque un an d’aventure bloguesque, il s’en est passé, des choses. Mais le
trait le plus récurent et le plus fatigant, c’est cette propension que certains lecteurs ont à nous prendre pour des pauvres filles désespérées qui écarteront les cuisses devant le premier mâle consentant.

 

            Dans la vie amoureuse, il y a différentes périodes : celles où nous sommes amoureuses et celles où nous le sommes pas, celles où on vit super bien notre célibat et celles où on se pose a question : pourquoi je suis seule ? C’est humain, après tout. Mais pourtant, certains voient des messages subliminaux dans ces articles, genre : « je suis désespérée, envoie ta candidature pour me sauter ». Et là, je dis stop ! Je n’ai pas crée ce blog pour choper, sinon, j’en aurais fait un blog adulte avec des photos de moi à poil. J’ai crée ce blog pour raconter ma vie et faire part de mes réflexions sur l’amour au sens large du terme et parfois sur la vie en général.

 

            Mais voilà, certains n’ont pas compris. Parce qu’on parle librement de sexe, voilà qu’on nous prend pour des Marie couche-toi là. Suis-je obligée de coucher avec tous les candidats potentiels uniquement parce que j’ose prononcer le mot « fellation » ? Me prenez-vous à ce point pour une obsédée que vous pensez qu’il suffit de faire la queue pour me brouetter ? Pensez-vous que je suis à ce point désespérée pour ne pas regarder qui me besogne courageusement ? Et je vous renvoie l’argument imparable à la figure : si vous êtes prêt à vous taper une pauvre désespérée dont vous ne connaissez même pas le visage, c’est que vous devez avoir quelques problèmes auprès de la gent féminine.

 

            Mais comment peut-on même désirer une fille qui n’est finalement qu’un amas de mot ? Je suis Nina mais pas que, Emma est Emma mais pas que. Nous sommes bien plus complexes que ce que nous laissons paraître ici. Et ce n’est pas parce que nous nous posons des questions sur notre solitude que nous sommes prêtes à rencontrer tous ceux qui nous bavent dessus, sans même savoir à quoi nous ressemblons ni qui nous sommes.

 

            L’amour, ça se commande pas. J’ai essayé de le provoquer pendant deux mois sur Meetic, ça n’a pas fonctionné. L’amour, ça nous tombe dessus par hasard et le chercher en se servant d’un blog me paraît hautement casse-gueule. D’ailleurs, mes brèves expériences à ce sujet m’ont prouvé que j’avais amplement raison. L’amour, ça nous tombe dessus par hasard, pas parce qu’on a répondu à l’appel du premier candidat qui passait. L’amour, c’est une attirance physique et spirituelle. Sur le blog, il ne peut y avoir l’attirance physique, déjà, nous sommes de purs fantasmes mais personne ne sait à quoi nous ressemblons, vous pourriez être déçu. Mais se taper Nina ou Emma juste pour la gloire, ça doit être excitant, je suppose.

 

            Mais arrêtez de croire que vous êtes les seuls à pouvoir nous apporter le bonheur, que vous êtes les seuls à encore vouloir de nous. Je ne suis pas désespérée, loin de là, et je ne coucherai pas avec le premier venu juste pour me rassurer. De toute façon, désolée de vous l’annoncer mais mon cœur vient tout juste d’être subtilisé par un beau brun au sourire ravageur.

 

            A mon tour de remettre les points sur mes ‘I’. Un grand nombre d’entre vous lit mes articles, et j’espère, les apprécie. Ce que j’y raconte est une partie de moi, une partie de mon histoire, une partie de ce que je suis dans ma globalité. Tout ce que je dis ici est vrai, authentique, mais ne prends pas toute la place dans ma vie, et ne constitue pas toute ma vie. Si j’ai choisis de ne jamais parler des choses essentielles à chaud, ou des choses profondément difficiles pour moi, c’est parce que je me protège, et refuse de me livrer toute entière sur ce blog. Je garde une partie de mon univers complexe pour moi seule, c’est mon choix. Donc, évidemment, Emma n’est pas entièrement MOI, ni une caricature de MOI.

 

            C’est pour raison qu’il faut lire mes articles en gardant bien ceci en mémoire. J’écris avec du recul sur ce qui m’est personnel, avec beaucoup de 2nd Degré, et c’est ainsi qu’il faut comprendre mes textes. Lecteur, lis-moi en pensant à la distance que j’ai sur moi-même, et on sera certainement sur la même longueur d’onde.

 

            C’est aussi pour cette raison que j’accepte l’échange autour de mes articles, les critiques constructives, les questions, l’humour. Mais je ne supporte pas les interprétations hâtives, les conclusions de ceux qui se croient plus fins que les autres, les raccourcis absurdes. Je sais bien que c’est un risque que je prends en écrivant ici, mais je me permets de vous le signaler, je ressens le besoin de vous le rappeler.

 

            Donc, je ne suis pas une superficielle nénétte sexy et extravertie qui cherche désespérément un homme. Ne vous méprenez pas sur Emma. Je suis une jeune femme qui travaille tous les jours au contact de la folie, qui a son appart à elle et qui bricole seule dedans, qui s’occupe d’un festival tout au long de l’année, qui est entourée d’amis différents, fidèles et merveilleux, qui adore faire la fête mais aussi s’isoler des jours entiers dans sa tour d’ivoire, qui a aimé, vécu, qui vit encore et se pose des milliers de questions.

 

            Quand je parle du célibat et du Prince Charmant dans mes articles, c’est la
même chose. Je suis bien dans ma vie, je suis une solitaire et plutôt zen comme ça. Bien sûr que je voudrais trouver l’Amour, construire une vie à deux. Bien sûr que je réfléchis sur tout cela, j’ai souffert, j’ai peut-être aussi fait souffrir, j’ai besoin d’aimer et d’être aimée comme tout le monde. Mais le ton que je peux employer lorsque je parle de ceci est mal interprété par certains. Je n’écris pas au 1er Degré. Comment vous l’expliquer autrement, je ne vais pas vous faire une explication de texte en direct ici !

 

            Tout ceci pour faire passer ma colère, commune à celle de Nina. Ne jugez pas Emma
trop vite, sans réfléchir, ne pensez pas connaître tout ce qu’elle est si facilement que ça. J’aime écrire dans ce blog, j’espère que vous appréciez me lire, mais n’oubliez pas qui JE
suis.

 

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