Cynisme et marketing : Banksy, coupable ou victime ?

Je suis perplexe. C’est pas la première fois sur le cas Banksy, on ne va pas se mentir. Cette personne (ou ces personnes je dirais mais tel n’est pas le débat), c’est un énorme point d’interrogation pour moi, je n’arrive pas à décider si c’est un génie… de l’anticapitalisme ou du marketing. Cynisme outrancier ou tentative de dénonciation foirée ? Je sais pas et quand je me perds en conjectures, qu’est-ce que je fais ? Bah, j’écris un article.

Banksy, exposition à Amsterdam

Alors pour refaire très rapidement mon “histoire” avec Banksy, je citerais deux “rencontres”, une plutôt positive et l’autre un peu moins. La première est le documentaire “Faites le mur” mixant petit reportage sur les grands noms du street art et petite arnaque posée de l’ami.e Banksy qui mettait en scène “Mister Brainwash”, un artiste monté de toute pièce grâce à la magie du marketing. Documentaire que j’avais bien aimé parce qu’il m’avait donné matière à réflexion… et que c’est lors du générique de ce petit documentaire (ou documenteur) que nous nous sommes embrassés la première fois avec Victor. Voilà, petit instant neuneu, savourez bien. Et puis il y a eu cette expo à Amsterdam dans un minuscule musée d’art contemporain qui nous avait un peu interpellés avec Victor en mode “mais en fait, est-ce que ces oeuvres ont vraiment vocation à être exposées dans un musée ? » Surtout que l’expo n’était pas très intéressante en soi.

Banksy, exposition à Amsterdam

Et voici donc cette histoire de ventes aux enchères. Pour les trois du fond qui rentreraient de vacances en mode déconnexion numérique (je vous envie) et passeraient sur ce blog avant tout autre réseau ou site (donc ça ne concerne vraiment personne en fait mais passons), il y a eu la semaine dernière une vente d’un tableau de Banksy aux enchères et à peine la vente fut-elle adjugée que le tableau a commencé à s’autodétruire. Sur le coup, j’ai montré ça à Victor, enthousiaste, en mode “putain, c’est génial, il a encore niqué le game !”. Et puis rapidement le doute. Pas sur le “mais comment iel a fait, était-iel dans la salle ? Sotheby’s était complice ?” parce que je vous avoue que je n’ai pas grand chose à dire sur cette partie-là vu que j’en sais rien. Qu’iel ait intégré une déchiqueteuse dans le tableau ne m’interpelle pas particulièrement… qu’elle marche 10 ans plus tard par contre

Destruction d'un tableau de Banksy en pleine vente aux enchères

Et là, soudain, on patauge en plein cynisme. Non seulement le tableau déchiqueté a pris d’autant plus de valeur, ce qui fait totalement perdre la dimension symbolique de sa destruction mais surtout, le marketing a récupéré direct cet événement, le transformant en mème. Toutes les marques ont détourné la scène pour en faire un objet de promotion et voilà-t-il pas qu’on nous sort même des t-shirt déchirés pour rappeler ce coup d’éclat. Et là, je face de palme option creusement de ma ride du lion. Est-ce que tout cela a dépassé Banksy ou est-ce qu’iel savait très bien ce qu’iel faisait au moment où iel le faisait ? Après tout, si on reprend faites le mur, iel mettait précisément en scène un personnage qui se sert du marketing pour faire son beurre sur le marché de l’art.

Détournement de la destruction de l'oeuvre de Banksy par McDo

Et ça m’agace. Profondément. J’ai toujours une certaine méfiance vis à vis de ce que l’on appelle l’art. Traitez-moi de snob si vous voulez mais à partir du moment où le marketing où s’en mêle, toute beauté s’envole. C’est l’histoire de Koons, McCarthy ou Mister Brainwash où tu te demandes si la démarche artistique n’est pas juste un storytelling marketing des familles. C’est Ben qui se fait un fric monstre avec ses phrases à la con déclinées sur des trousses et des cahiers en mode mantra qui fait baver de jalousie n’importe quel “influenceur” LinkedIn à la con. C’est surtout la sensation que nos élans anticapitalistes sont sacrifiés sur l’autel du profit. Banksy a-t-iel vraiment réalisé sa prestation en n’imaginant pas les retombées ? Sommes-nous à ce point cynique que tout, aujourd’hui, n’est plus qu’argument marketing et événement à détourner pour faire du buzz à moindre frais ? Faut-il évoquer le nom de Banksy avec une pince à linge sur le nez parce qu’on ne sait pas vraiment de quel côté il penche ? Et ça fait chier. Ca fait chier parce que sur le coup, j’ai trouvé l’idée géniale et que j’ai juste l’impression aujourd’hui d’avoir été manipulée. Et j’ai un vrai ras-le-bol de Banksy alors que je n’arrive pas à décréter s’il est victime ou complice d’un système que je vomis.

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Pourquoi Pokemon Go, c’est bien

 

Retour de vacances, la tête dans le cul, tu reprends un peu ta petite routine. Lever, douche, café, métro, boulot, métro, dîner, dodo. Des bisous et des câlins pour faire passer la pilule. Un nez sur les réseaux sociaux, je commence à voir passer des conversations sur Pokemon go, je ne réagis pas. Puis mon intérêt est titillé : faudrait marcher pour jouer… Marcher, c’est mon truc.

Pokemon go

Je n’ai jamais joué aux Pokemon de ma vie, j’étais presque majeure quand le jeu est sorti, j’ai vaguement regardé quelques épisodes du dessin animé, passant du “oh, c’est trop mignon, Pikachu” à “mais il va fermer sa gueule, le Pika pika, là ??”. Je vois passer quelques vidéos sur Youtube sur le sujet mais vu que je n’y connais rien, je ne m’y arrête pas. Donc forcément, sur le coup, je n’y ai prêté aucune attention jusqu’à ce que je découvre un détail : le jeu marche sur la géolocalisation et la réalité augmentée : plus tu marches, plus ça marche. Marcher ? Ma passion !

pokemon go réalité augmentée chasser dans la rue

Couplé à mon bracelet traqueur d’activité, là, mes 10 000 pas, j’allais les faire, easy ! Et là, je découvre la cerise sur le gâteau : les pokestops. Pour ceux qui n’ont pas joué, j’explique : vous avez régulièrement des Pokestops qui vous permettent de vous ravitailler (notamment en pokeball pour attraper les Pokemons, donc). Or les Pokestops sont placés sur des bâtiments remarquables, des tags… Et c’est ainsi que je redécouvre mon environnement, à coup de petite statue ou curiosité cachée. Alors parfois, il arrive que le tag ou l’hôtel à insecte ait disparu (oui, un nid d’insecte), il peut arriver qu’un Pokestop soit posé sur le logo d’un resto japonais indiqué comme “fresque murale” alors que tu as une énorme oeuvre d’art juste en face mais globalement, j’ai réellement découvert de petites curiosités dans mes quartiers.

Street art Gregos Paris

Alors pour le coup, pas celui là, je l’avais pris en photo il y a longtemps

“Ouais mais ça rend les gens autistes, tout le monde regarde son téléphone et ne regarde plus autour de lui”. Alors déjà, j’aimerais savoir d’où vient toujours ce fantasme d’une société où on se parlerait tous spontanément, entre inconnus, pour le plaisir. Ca n’existe pas. Déjà, je vois pas en quoi Pokemon nous rendrait plus fermé à notre entourage que le simple smartphone. Au contraire, même ! Allez jouer à Pokemon dans le métro, vous… Avec la géoloc, ça ne marche pas, vous allez trop vite pour déclencher quoi que ce soit (sans parler de la légendaire 4G dans le métro). Et pour le coup, moi, j’ai vu l’inverse. Dimanche, on va se balader dans le parc voisin avec Victor : officiellement pour prendre l’air, officiellement aussi pour attraper des Pokemons (mais ma batterie est morte hyper vite donc j’ai pas fait grand chose). Déjà, je suis contente : on sort de l’appart pour se dégourdir les pattes, what a good idea ! Et puis sur le chemin,on croise pas mal de petits groupes en train de jouer, soit assis sur la pelouse, soit en courant partout dans le parc en criant “y a un Bulbizarre, y a un Bulbizarre” (ok, si t’es pas au courant du jeu, tu te demandes ce que font ces gens) et je souris : tous ces gens réunis autour d’un jeu, c’est cool…

jouer pokemon go

Alors pourquoi tant d’indignation ? Facile : parce que c’est nouveau, parce que c’est tendance et écrire/parler dessus, ça fait le buzz. En gros. Dimanche, au parc, j’ai vu des gens passer du temps ensemble : certains jouaient au Pokemons, d’autres aux cartes, d’autres encore au foot, certains font de la capoeira.  Tout le monde passe un bon moment en commentant ce qu’il fait, c’est mal ? “Ah mais les gens ne parlent que de ça, c’est chiant”. Moi, je trouve chiant que les gens parlent d’émissions de merde qu’ils regardent en mode hate watching mais qu’est-ce que j’en ai faire de votre amour de la bêtise humaine (non mais allo quoi !) ? Alors oui, un abruti va aller provoquer un accident de voiture (alors qu’avec les téléphones portables, on n’avait jamais eu ce souci), d’autres vont chasser au Memorial de la Shoah (n’a-t-on jamais eu là-bas des gamins mal élevés qui plantent leurs écouteurs dans les oreilles en attendant que la visite passent ?). Ce n’est pas Pokemon Go qui rend les gens cons, imprudents ou irrespectueux : ceux là l’étaient déjà avant ! “Ouais mais le jeu, il pique les données Google !” Ah tiens, ça vous préoccupe maintenant les connexions entre vos comptes sociaux et une appli quelconque ?

Pokemon dans la réalité

Bref, pour le coup, j’avoue avoir été attrapée par le jeu et je sais que dans un mois max, je serai passée à autre chose. En attendant, je marche, je vais me balader avec mon mec et je croise plein de gens avec qui nous partageons un regard de connivence… Et puis, au vu de l’actualité, parler de Pikachu, ça nous fait respirer 5 mn pendant que le monde s’écroule. Est-ce si criminel que ça ?

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De la verdure au milieu du macadam

Lors de mon périple à New York, j’avais en tête de liste Central Park. Parce que j’en ai tellement entendu parler que je devais voir de mes yeux. Et puis en plus, on m’a parlé des écureuils, j’ai envie d’aller voir ça.

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Le jeudi matin, je rentre donc fièrement dans le fameux parc, je croise d’entrée un couple qui joue de la musique, ça sent la cacahuète caramélisée, sympa ! Je repère quelques ponts, c’est vraiment très joli mais… mon Dieu mais qu’est-ce qui bouge ? Un écureuil ! Un écureuil qui grignote tranquillement sa noisette au pied d’un banc, dans l’indifférence totale du mec assis dessus. Oh mon Dieu mais quelle chance, je trouve un écureuil dès mon arrivée dans ce parc ! Je le mitraille avec mon appareil, mes 2 téléphones, je suis extatique, c’est trop mignon*.

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Je fais quelques pas de plus et je découvre un 2e écureuil. Mais voilà que je suis vernie, ahah ! Central Park me gâte. Photos, photos, je me retourne et… ah mais y en a un là, aussi… Ah oui, ok, en fait, c’est pas rare du tout…Effectivement, tout au long de mes 3h de balade, j’en ai croisés un bon paquet mais aussi des tortues, de beaux oiseaux (je suis nulle en ornithologie donc vous m’excuserez de ne pas les citer), des canards et même un petit rat. Non mais toute cette nature au milieu des buildings, c’est fou quand même !

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Oui parce que Central Park, y a vraiment des moments où tu te sens déconnecté. Oui,  à l’horizon, tu vois ces momumentaux buildings mais tu es tellement loin, sans les bruits et l’odeur de la ville, comme je disais… C’est juste magnifique. Et particulièrement immense : je pensais en faire le tour en 2h, j’ai renoncé au bout de 3 sans faire l’extrême nord du parc. Mais j’ai vu les principaux lacs, l’étrange château en toc du Belvédère et plein, plein, plein d’écureuils.

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Tant que je parle de parc, faisons un petit focus sur mon parc adoré aussi : Union Square. C’est beaucoup plus petit, voire franchement incomparable mais c’est très mignon, avec des écureuils et plein de petites souris partout ! On y trouve des petites tables et petites chaises, parfait pour se poser en fin de journée. Il y a également pas mal de personnages atypiques qui égaient les abords du square. Le tour est certes fait en 10 minutes mais c’est charmant et tu reconnais facilement les touristes, ce sont ceux qui courent après les écureuils avec leur mobile à la main (genre moi, quoi).

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Trouve l’écureuil sur cette photo

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(et c’est tout parce que j’avais plus de batterie sur mon numérique et j’ai jeté les photos prises avec  mon iPhone, pensant qu’elles étaient parties sur le cloud mais non. iPhone, c’est très franchement de la merde)

J’ai aussi croisé la route de Bryant Park, un charmant parc rincé certes par la pluie au milieu des buildings, une taille digne des squares parisiens.

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Et que serait New York sans la high line ? A Paris, on a la coulée verte, à New York, c’est la high line : une vieille voie de chemin de fer réhabilitée en promenade avec pas mal de verdure plantée. On l’a faite à la nuit tombée, chopant ainsi un beau coucher de soleil. Malgré nos pieds morts, on l’a remontée dans son intégralité, de la 14th à peu près à la 30th… puis demi tour car on voulait dîner dans un resto précis dans Greenwich Village. Soit 2.3 km aller puis 2.3 km retour (oui, 4,6 km avec des pieds douloureux), pour vous dire à quel point c’est sympa ! C’est assez étrange de déambuler entre des immeubles, pas mal de street art vous attend ici et là, il faut le faire.

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(pardon pour la qualité des photos, c’était le même jour que Union Square donc plus de batteries)

Conclusion ? Pourquoi on n’a pas de verdure et d’écureuil à Paris ? Et me parlez pas des buttes chaumont, y a trop de gens sur la verdure en été pour qu’on puisse encore la voir. Du coup, le week-end prochain, je vais faire un tour au bois de Boulogne (la partie balade, vous méprenez pas), j’essaierai de trouver des écureuils ! **

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Mais bon, en banlieue parisienne, y a des spots verts, aussi. Y en a même une qui a été prise à Paris-même, trouveras-tu laquelle ?
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* Oui, j’ai un vrai souci avec les animaux mignons

** Par souci d’honnêteté, je précise que j’avais vu un écureuil au bois de Vincennes

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Week-end romantique à Rome – Day 2

Le dimanche, on repart fièrement à… midi. Oui pardon mais il pleuvait, on s’est pas pressés. Direction Piazza di Spagna… en métro. Oui, Victor et moi, on est du genre à tirer les leçons de nos erreurs. En plus, c’est bien, ils ont des tickets de métro 24 ou 48h… qui durent bien 24 ou 48h. Donc notre ticket nous permettra en plus de prendre le métro le lendemain pour prendre l’avion. Alors sur la Piazza di Spagna, beaucoup de monde et surtout une affiche dégueulasse Kia tout au sommet, ça m’a pas mise de très très bonne humeur mais nous en reparlerons dans un prochain article, tiens. On décide de déjeuner dans le coin, nous trouvons un charmant petit restaurant pas tout à fait gastronomique mais pas mal et on se fait plaiz : des putains de pâtes à la truffe avec des vrais petites rondelles de truffes noires, j’ai un orgasme gustatif rien que d’y repenser, un délice, une tuerie. On arrose ça d’un petit verre de Merlot, tiramisu maison et petit café. Je pars aux toilettes en annonçant à Victor qu’à midi, c’était moi qui régalais. Je reviens 5 minutes plus tard, il m’invite à m’asseoir avant d’ouvrir la note : 90 euros. 90 euros à 2… Mais que… Ah mais oui, suis-je sotte ! En Italie, tout se paie : pain, eau, service. Donc 12 € de service (légèrement plus de 15% de service, on se fait plaisir), 3 € de pain qu’on a distraitement boulotté en attendant nos plats, 3 € de carafe d’eau avec un bouchon qui n’arrêtait pas de tomber, notamment dans le café de mon cher et tendre qui a donc eu un fond de ce délicieux ristretto à 2 €.

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Voilà, c’était l’anecdote : “attention aux faux frais en Italie” (je le SAVAIS en plus putain).

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Ceci est un Facepalm Romain

 

On repart, plus ou moins sous la pluie : jardins de la Villa Borghese, piazza del Popolo, on remonte à nouveau Castello dell’Angelo, Piazza Navona, on va cette fois ci au Panthéon puis on part vers la Fontaine Trevi, en travaux. Mais du coup, ils ont installé des planches et nous pouvons passer au plus près des magnifiques statues de la Fontaine. Cool. Sauf que des pauvres vigiles sont payés pour permettre la fluidité des passages et que devant nous, on a quelques dindes accros aux selfies (ça aussi, faut que j’en reparle) qui nous retardent et j’ai même pas le temps de prendre, moi, des photos correctes. Scrugnugnu ! On fait une pause goûter, je prends un chocolat chaud… mais en fait, on n’a pas tout à fait la même définition du chocolat chaud vu que je me retrouve à déguster une sorte de crème au chocolat chaude. Pas comme le chocolat chaud espagnol où tu as quand même une partie liquide, là, non, tout est solide. Bon, au moins, ça me réchauffe vu qu’on est bien humides à ce moment là de l’histoire (et je dis pas ça rapport à l’aspect “week-end à 2”).

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On repart vers la gare Termini en passant vers la Piazza della Reppublica qui est assez mignonne, on checke les horaires de train pour le lendemain (non, on ne reprendra pas le taxi à 48 €) puis, motivé par la proximité du métro, Victor décide que, tiens,on pourrait partir dans le sud de Rome et remonter à pied jusqu’au Trastevere. Vous vous souvenez la veille quand on a marché 2h pour relier le Trastevere à notre petit appart ? Et bien, on a remis ça… la pluie en plus. Donc on sort du métro dans un quartier mort ou à peu près, on croise quelques oeuvres de street art sympas puis on marche. On marche. On marche. J’ai froid, mes pieds sont mouillés, j’y vois rien avec ma capuche (de toute façon, il fait nuit). On finit par en avoir marre et Dieu merci, on trouve un resto qui n’a pas l’air incroyable mais on s’en fout, on a froid, on a faim. Et c’était pas si mal.

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Pour rentrer, on joue la carte des transports en commun, on finit par trouver un bus qui nous ramène à la gare centrale. Et là, on découvre que le métro s’arrête à 23h30 et il est… 23h30. Mais heureusement, une annonce nous prévient que le prochain métro est le dernier. Ca sert des fois de parler italien. On finit par rentrer chez nous, épuisés et gelés, dodo. Le lendemain matin, on repart vers l’aéroport, on galère à la gare vu que le train pour l’aéroport est indiqué partout, absolument partout. Quand je dis partout, ça veut dire que tu as une flèche qui te dit que c’est tout droit, tu te retournes et tu constates qu’une autre flèche t’indique que le train est tout droit… dans l’autre sens donc. Bon, on finit par trouver, on est à la bourre, on met deux heures à acheter ces putain de billets. Point organisation : on n’a pas achetés les billets la veille car sur les bornes, il était question d’horaires et on n’était pas sûrs d’avoir celui de 8h50 (effectivement, on a eu celui de 9h05). Et bien en fait, les horaires ne figurent pas sur le billet donc on aurait pu les acheter la veille et être plus cools). Non parce qu’on est arrivés à la porte d’embarquement, ils annonçaient déjà le boarding (bien vu le checking online avant le voyage sinon, on repartait pas). Retour Paris, la déprime.

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Voilà, ce week-end fut juste parfait, même si on a tellement marché que mes mollets ont été hors service quelques jours, même s’il a plu. Evidemment, y a encore plein de choses à voir, faudra que je vous reparle de ma nouvelle conception des city breaks.

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Prochaine destination : les Philippines, je décolle le 13. Pas en City Break et pas avec Victor, je le troque contre Anaïs pour des plongées que j’espère magiques !

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Lisbonne, capitale du Street Art

C’est assez drôle comme certains thèmes reviennent parfois dans ma vie. Genre le street Art. En septembre, quand je me suis rendue à Belfast, je me suis dit “oh waaah, c’est trop  la ville du Street Art”. Mais en fait, non, pas tant que ça. Du moins moins que Lisbonne qui souhaite vraiment occuper une place de choix dans cette production culturelle si particulière.

Street art version Lisbonne

Street art version Lisbonne

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Street Art version Belfast

 

Début décembre, me voici donc à Lisbonne pour rendre visite à Goldie qui est devenue en moins d’un mois guide sur le thème du Street Art. Le week-end où je suis venue, elle avait précisément une visite “que je pouvais faire si ça m’intéressait”. Ben un peu que oui ! En voilà une façon originale de découvrir la ville et j’avais eu un petit aperçu lors de mon passage à Santa Appolonia.

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Samedi après-midi, donc, nous voici sur une place dont j’ai oublié le nom pour récupérer notre groupe : des Anglais, des Allemands, des Français, le melting pot. Goldie prend les choses en main et commence par nous amener dans un centre commercial. Heu ? Alors en fait, c’est l’anniversaire du centre commercial et, pour l’occasion, le sous-sol est ouvert aux street artists qui ont créé trois ambiances spécifiques. Surprenant ? Oui mais Goldie allait nous amener dans un lieu encore plus surprenant…

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… Un parking.

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Ce Parking de 6 étages est entièrement décoré par des street artists portugais, invités par la GAU* à recouvrir les murs moches du parking de leur oeuvre. On retrouve les oeuvres de Ram, Mar, Miguel Januário, Paulo Arraiano et Nomen.  Chacun a un étage pour s’exprimer, on découvre des oeuvres mêlant graff et street art, chacun y met son empreinte. Puis au rez-de-chaussée, les artistes ont collaboré, mêlant leurs styles pour nous offrir de belles fresques.

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On repart ! On file dans les petites rues découvrir de nouvelles fresques dont un bel hommage au Fado (que je n’aime pas du tout en tant que musique au demeurant) dans le quartier de Mouraria.

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On repart, petit tour par une place au pied du château, divinement mis en lumière par le soleil couchant. Je mitraille le spectacle tandis que notre petite troupe commence à fatiguer un peu.

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Au stop suivant, voici un bel hommage à la révolution des oeillets de 1974 avec des fresques représentant différentes révolutions (dont la révolution féministe qui a suscité pas mal de commentaires parmi les femmes du groupe). Cette oeuvre, réalisé cette année (74-2014…) est déroulée dans une petite rue étroite où montait autrefois un tram, typique de la ville

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On continue, ça fatigue un peu. Petit tour pour voir le Cheval d’Aryz puis on termine dans la zone des anciens théâtres. Il fait déjà nuit, une ambiance un peu particulière. On y croise d’ailleurs M. Chat, des fois que je me sente un peu dépaysée…

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(pardon pour la photo, il faisait vraiment nuit à ce moment là de l’histoire)

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Pendant la visite, on a aussi croisé des conteneurs tagués, attribués également par la GAU : vous envoyez votre projet et s’il est validé, vous récupérez un conteneur et à vous de jouer !

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Bref, n’étant que peu au jus du monde du street art (qui m’intéresse de plus en plus), je n’avais pas conscience de ce que Lisbonne pouvait receler en la matière. J’ai adoré et j’en ai tiré deux leçons : 1/ me pencher sérieusement sur l’univers du street art (hors Banksy, Mister Brainwash, Space Invader, M. Chat, Shepard Fairey ou Miss Tic, je veux dire), 2/ me renseigner sur les visites insolites de Paris (street art mais pas que). Non parce que y a bien que comme ça que tu vas dans un parking pour y découvrir des oeuvres d’art, quoi !

Grâce à Goldie et sa connaissance du street art, on a aussi croisé cette maison à Caiscai le dimanche

Grâce à Goldie et sa connaissance du street art, on a aussi croisé cette maison à Caiscai le dimanche

 

Bref, pour conclure sur Lisbonne, j’ai aimé et j’y retournerai. Au futur, c’est une certitude, sans doute au printemps, si Goldie veut bien me promener un peu. Et cette petite escapade m’a fait un tel bien que je me dis que je dois vraiment, vraiment gérer mon budget au mieux pour m’offrir un max de week-ends de ce type. Quitte à partir toute seule puisqu’après tout, je m’en sors pas si mal.

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Gérer son budget, ça sonne comme une résolution, ça, non ? Tiens, on en parlera mardi (lundi, c’est bilan de fin d’année, ouééééé !)

PS : Si ce tour vous intéresse, bien entendu, contactez-moi par mail et je vous dirai comment vous inscrire

*organisme en charge des murs “à peindre” de la ville, on va dire : un mur, un projet, si le projet est choisi, fais-toi plaisir. En gros. Mais rassurez-vous, certains s’expriment aussi en dehors des cadres.

 

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Lost in Lisbon

(en vrai, je me suis pas perdue mais je trouvais que ça sonnait bien)

Tout a commencé fin septembre. Rentrée de Belfast, j’avais légèrement le cafard à l’idée de ne plus partir de l’année. Parallèlement à ça, Goldie prenait ses petites affaires pour s’installer à Lisbonne. Ni un ni deux : elle avait envie qu’on vienne lui rendre visite, j’avais envie de bouger, trois clics plus tard : Lisbonne me voilà !

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Je vais pas faire durer le suspense : j’ai aimé très très fort. Est-ce la ville ? Est-ce le temps splendide ? Est-ce les Portugais qui sont tellement piles dans mon style de mec que je comprends pas pourquoi je ne connais aucun Portugais alors que paraît-il, ils sont plus d’un million en France ? Le côté ville méditerranéenne même si on est au bord de l’Océan ? Un tout ? Je ne saurais dire. Mais laissez-moi vous raconter mon périple.

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A peine arrivée à Lisbonne city, je suis embarquée dans un resto burger très à la mode avec Goldie et une de ses amies portugaises, Andreia. On papote en anglais puis on part dans le centre de Lisbonne rejoindre d’autres amis, majoritairement français, de Goldie. Ca monte, ça descend. Oui, à Lisbonne, c’est vallonné donc on note : si vous avez une petite fatigue dans les pattes, c’est pas la destination rêvée. On se retrouve tous dans un bar de Santa Appolonia avec une terrasse géniale avec vue sur le Jésus local (plus petit qu’à Rio) et leur joli pont rouge, les fauteuils sont de vieux sièges de train. On écoute un concert en sirotant du gin (grosse boisson à la mode, là-bas) mais on tombe un peu de fatigue donc un taxi plus tard, me voici dans mon petit lit de l’Hostel. Un des habitants a organisé une fiesta mais je suis tellement épuisée que je m’endors quand même.

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Photos Instagram prises avec mon iPhone alors que je tenais mon cocktail, pardon pour la qualité

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Lendemain matin, réveil à 9h30, je traînasse jusqu’à 10h avant d’aller me doucher tout en me flagellant : raaaah, je suis une merde, j’avais dit que je devais partir à 10h pour profiter un peu, je me suis même pas levée, je suis trop nulle. Je finis de me préparer et saisis mes deux téléphones* pour les passer en wifi. Petite énigme : un des téléphones affiche 9h40, l’autre 10h40. Heu, mmmm… Sachant qu’au Portugal, il y a une heure de moins qu’en France, à priori, le bon téléphone est celui qui m’affiche 9h40… Ou comment gagner une heure de son temps en ne vérifiant pas les paramètres de son téléphone.**

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Direction Santa Appolonia pour une matinée en solo. Bon, grâce au métro, c’est assez facile, c’est direct. Petit aparté : le métro de Lisbonne étant plus large que le métro français (grâce à un écartement des rails plus important, je l’ai appris plus tard), on a de l’espace et c’est bien plaisant. De façon générale, j’ai trouvé qu’on avait de la place un peu partout à Lisbonne et ça, vraiment, j’ai kiffé. Bref, me voici à Santa Appolonia, je sirote un café en dégustant un pasteis de nata (je dois apprendre à cuisiner ça, c’est trop bon) puis je pars à l’assaut du quartier ou plutôt de ses hauteurs. Erreur de débutante : j’adopte la démarche parisienne donc je grimpe la côte limite en courant et j’arrive en haut limite en mourant. J’y retrouve un charmant marché aux puces joliment surnommé “le marché aux voleurs”. Si on te tire ton mobile, tu peux l’y retrouver en vente, par exemple.C’est très bric et broc, ça me rappelle la Braderie de Lille, je me régale. Au loin, le soleil scintille sur le Tage. Je me perds un peu dans les petites rues, quelques surprises m’attendent comme un étrange jardin avec un vespa au milieu, un oranger chargé de fruits, des fontaines. Près du Tage, les street artists s’expriment sur les murs des docks, c’est joli et coloré.

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Je m’amuse à me perdre mais pas tant que ça, je dois retrouver Goldie. Un petit tour par la praça do comércio et ses symboles phalliques (mais si !), je prends deux, trois trams en photo histoire d’assurer le pittoresque et je récupère Goldie. On revient sur la dite place, on se promène, on monte, on descend, on remonte. On se pose dans une cafétéria brésilienne puis on va prendre un peu le soleil sur une terrasse au sommet de la ville, en attendant le début du tour Street Art. Car oui, en moins d’un mois, la demoiselle a déjà trouvé un job : guide pour un tour street art qui va nous occuper l’après-midi. Mais j’en parlerai dans un article à part.

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la croix au fond, c’est le Jésus de Lisbonne

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Tour de Street Art, donc (article à suivre). Le soir, un peu claquées, on va dîner chez Andreia puis on repart dans le centre prendre un verre dans un bar très branché situé au sommet d’un parking. Vue superbe, cocktails fameux, bonne soirée.

 

Sans rapport mais j'aime bien

Sans rapport mais j’aime bien

Le dimanche, on part à la mer ! Enfin à l’Océan. Même si le Tage a tendance à faire illusion, il faut prendre le train pour aller tremper ses petons dans l’Océan. Expérience que je n’ai moi-même pas tentée, on était le 07 décembre quand même. Mais il fait quand même très chaud. Petit tour à Cascais où on se pose au soleil puis au retour, petit passage par Belém. Je n’ai pas le temps de monter à la Tour mais c’est pas grave, j’ai vu la mer. Au passage, je sème mon écharpe, histoire de continuer à faire mon boulet.

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De retour au centre, on récupère Andréia, on va s’acheter quelques pasteis, il y avait trop de monde pour ceux de Belém hyper réputés et j’avais un avion à prendre. Une fois à l’aéroport, on réalisera alors que j’avais mal lu les infos : mon avion à l’aller n’atterrissait pas à 19h20 mais à 18h45 (mais on a eu du retard donc ça collait), pas plus que mon retour ne décollait à 18h45 mais à 19h20… Oui, j’avais plié mon billet papier de sorte qu’on ne voyait plus les dates donc j’ai un peu tout mélangé. Boulet, je disais donc.

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Vendredi, je vous parlerai de la balade street art et concluerai ce petit périple Lisbonnais. Bisous !

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* Pro+perso mais le pro est un iPhone 5S vs mon perso tout pourri (un Samsung trend, n’achetez pas) et à l’étranger, le 1er est bien plus utile.

** Cette histoire est d’une rare insignifiance

 

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L’art, le cash, le fake, Banksy

Ouais, je fais des titres Kamoulox, j’ai pas trouvé de chanson nase dont le titre pourrait illustrer mon article.

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Samedi dernier, je me suis rendue en charmante compagnie au Forum des Images afin de voir le docu « Faites le mur », réalisé par Banksy, une soirée « carte blanche » du Gorafi. Pour ceux qui ne savent pas qui est Banksy (bien que je vois son nom absolument partout depuis 10 jours), c’est un street artist au visage masqué dont on ne sait rien ou presque. Ses oeuvres sont assez variées, je n’en retiendrai qu’une parce que si vous voulez en savoir plus, y a Wikipedia (même si on sait qu’il y a pas mal de conneries dessus). Il a réalisé plusieurs oeuvres sur le mur encerclant la Palestine, des oeuvres que je trouve incroyablement poétiques.

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Bref, le docu nous offre une plongée dans le monde du street art filmé par Thierry Guetta, un doux dingue français qui vit un peu en dilettante et qui a une passion : la vidéo. Il filme tout, tout le temps, sans jamais s’arrêter. Un été, il filme son cousin, un street artist qui colle des space invaders partout dans Paris. De retour aux Etats-Unis où il vit, il rencontre Shepard Fairey, un street artist collant sur les murs une immense affiche « obey » puis d’autres street artists qu’il filme et aide à faire leur art. Puis un jour, il rencontre le grand Banksy. Il filme, il filme et Banksy lui demande de réaliser un film sur le street art. Il en sort un « truc », Life remote control, 1h30 d’images en mode stroboscopique comme si un épileptique faisait une crise, la télécommande à la main. Banksy se dit donc « on va récupérer les images et occuper Thierry pour pas qu’il s’en rende compte ».Banksy conseille donc à notre french guy de tenter lui même l’aventure de l’art. En quelques mois, Thierry devient Mister Brainwash et devient un artiste prétentieux copiant-collant en détournant à peine le boulot de ses copains street artists et vendant ses « oeuvres » réalisées par d’autres à des prix délirants tout en expliquant que « ben, moi, j’ai l’idée, eux, ils font la réalisation ». A la fin du film, on est partagés entre la sympathie qu’on avait pour Thierry en début du film et l’antipathie qu’inspire Mister Brainwash et sa prétention sans nom.

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Suite au film et au débat avec 2 membres du Gorafi, mon compagnon de virée et moi-même poursuivons le débat au resto. Ce film est une mine de réflexion sur l’art, le fric, la production facile, la prétention culturelle…

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(très jolie illu réalisée par (c) Tricia Kleinot)

Donc l’art. Ce film nous questionne sur notre rapport à l’art pour commencer. Ce que j’aime sur le street art, c’est son côté accessible, signifiant et éphémère. J’aime les space invaders, j’aime certains graffs, à partir du moment où ils ont une signification (donc pas ceux comportant des noms tracés de façon dégueulasse à la bombe). J’aime le travail de Banksy sur le mur de Palestine et la force de ce que ça représente. Ce documentaire a un incroyable effet poil à gratter : dans un premier temps, on découvre tout un tas de doux dingues qui font les choses avant tout par passion, par envie. Thierry filme tout ce qui bouge car il aime filmer, les street artists veulent diffuser un message, ils ont un projet, ils veulent un peu secouer les consciences. Jusque là, tout va bien.

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Sauf que la naissance de Mister Brainwash fait violemment entrer la question du cash dans le documentaire. Pour être 100% honnête, je me demandais comment le street artists pouvaient se payer des virées au Japon tranquilles mais ce n’était pas le coeur du docu, loin de là. On voit une cabine téléphonique pliée en deux réalisée par Banksy vendue 500 000 dollars (bim!) mais c’est avec Thierry qu’on s’en prend méchamment plein la gueule : le mec vend ses « oeuvres » réalisées par ses assistants en reprenant les idées de ses potes street artists en y collant un prix au pifomètre. « Celui ci ? Heu 16 000 ! Celui là ? Hmmmm… 32 000 ». Tu saupoudres ça de l’interview d’une riche collectionneuse qui a des tableaux de la plupart des grands artistes contemporains dont un de Kandinsky qu’elle explique ne pas aimer (je suis pas sûre de l’artiste mais peu importe) et tu as légèrement envie de vomir. Même si c’est très certainement un fake comme la plupart du documentaire, ça me rend dingue.

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Car si ça ne me dérange pas en soi que les artistes gagnent leur vie, ce qui me dérange plus, c’est que certaines oeuvres dorment au chaud chez de riches collectionneurs alors que pour moi, l’art appartient à tout le monde. Bien entendu, les collections privées permettent de conserver les oeuvres en bon état et ces dernières circulent entre les différents musées mais l’idée que des oeuvres majeures ronronnent dans des salons privés me fout salement les boules.

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Par ailleurs, ce documentaire met en lumière le côté « enchères et marché » de l’art. Evidemment, de la part de Banksy et de sa cabine tordue, ça peut légèrement paraître hypocrite mais le reportage montre très bien la fabrique d’un artiste : en se faisant recommander par ses copains street artists et en décrochant une bonne interview dans L.A Times, Mister Brainwash crée le buzz et parvient à vendre des oeuvres à prix délirant avant même l’ouverture de son expo. Pour illustrer le côté hyper creux des hipsters qui se jettent à cette expo, un mec interviewé lâche « j’ai aucune idée de ce que je fais là mais je suis tout excité ». Ou comment les médias te créent une envie.

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Et aujourd’hui, je colle ça à l’actualité, à la fameuse Tour13 que j’ai finalement pas vue qui, lors des derniers jours, recevait tellement de visiteurs qu’il fallait faire entre 4 et 10h de queue pour y faire un tour. Ce qui est étrange, c’est que la Tour était ouverte au public depuis le 1er octobre et ce n’est que sur les derniers jours que ça a été la folie. Effet de foules, moutons de la tendance, je suppose. Au fond, peut-on réellement dénoncer un système avec lequel on joue et dont on vit ? Cracher dans la soupe ou essayer de changer les règles du jeu ?

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La semaine prochaine ou plus tard, je vous parlerai de l’art « facile ». Bisous.

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